« L’Europe doit attirer plus de talents pour ses start-up! » L’appel des entrepreneurs aux élus

Bonne nouvelle: les start-up européennes s’intéressent à la politique. Plus de 30 entrepreneurs de référence viennent de lancer un appel aux élus du Vieux-Continent: « L’Europe doit attirer plus de talents dans ses start-up », affirment-ils dans une lettre ouverte intitulée « Not Optional ». Sur la base d’un constat: « La disponibilité limitée de talents (…) est un sérieux obstacle à la croissance. C’est pourquoi nous, fondateurs et dirigeants des principales entreprises technologiques européennes, exhortons maintenant les décideurs politiques à placer les talents au sommet de leurs priorités ».

Il manque 100’000 talents, sans compter les start-up à naître 

Le point de départ de la lettre est d’abord positif: l’Europe de la tech n’a jamais été aussi forte, et elle a les moyens de concurrencer la Silicon Valley. « Nous ne manquons ni d’ambition, ni de capital », disent les entrepreneurs. « L’Europe pourrait être le continent le plus entrepreneurial au monde, mais la disponibilité limitée de talents pour nourrir et alimenter son écosystème de start-up en plein essor constitue un sérieux obstacle à la croissance ». Ils chiffrent les besoins actuels à 100’000 employés supplémentaires, sans compter les entreprises à naître. Mais ils dénoncent un obstacle de taille: une législation décourageante. « Sans plus tarder, nous appelons les législateurs à corriger les règles inégales, incohérentes et souvent punitives qui régissent l’actionnariat salarié ».

Le problème: une règlementation punitive pour les options

Les fameux plans de participation de collaborateurs, essentiels pour une start-up qui ne peut pas concurrencer les salaires de multinationales ou de certaines PME. Or, la législation européenne est dissuasive. Voire punitive pour ces plans: « Certains sont tellement punitifs qu’ils désavantagent nos start-ups par rapport aux entreprises de la Silicon Valley, avec lesquelles nous sommes en compétition pour les meilleurs designers, développeurs, chefs de produits, ou autres », dénoncent les signataires. Avant de tirer la sonnette d’alarme: « Si nous n’agissons pas, nous pourrions assister à une fuite des meilleurs et des plus brillants cerveaux d’Europe ».

La Suisse, un mauvais élève (quoi qu’en dise l’administration) 

La Suisse est pointée du doigt comme mauvais élève. Dans la catégorie « Ripe for change » (mûre pour le changement), en 15e position d’un classement établi par Index Ventures publié hier, le fonds de capital risque basé à Genève qui pilote cette opération. Un classement qui tombe à point nommé: le Parlement vient de charger le Conseil fédéral de simplifier les plans de participations de collaborateurs. Contre son gré: en réponse à la motion, en mai 2017, le Conseil fédéral estime qu’il n’y a, je cite, « aucune raison de prendre des mesures » dans ce domaine, et que « en vertu du principe de l’égalité de traitement, les options des collaborateurs ne doivent bénéficier d’aucun avantage particulier ». No comment. 

L’Europe prend le risque d’un incroyable gaspillage

Le Conseil fédéral, qu’il le veuille ou non, devra donc travailler sur un changement de nos règles en la matière. La lettre des CEO tombe donc à point nommé, puisqu’elle propose six pistes pour une régulation et une taxation encourageant les plans de participations. L’administration fédérale peut et doit s’en inspirer. Nous y veillerons: ce point central fait partie du Manifeste que nous faisons, nous aussi signer en ligne. Comme le concluent les patrons de start-up: « Si nous ne résolvons pas la pénurie de talents, nous risquons de gaspiller l’incroyable élan que la technologie européenne a créé ces dernières années. Le prochain Google, Amazon ou Netflix pourrait bien venir d’Europe, mais pour cela, la réforme des règles de l’actionnariat salarié n’est certainement pas facultative ». Not optional.

NB: Les fondateurs et CEO de start-up peuvent signer la lettre Not Optional ici jusqu’au 7 janvier. Au niveau suisse, les entrepreneurs peuvent aussi signer le Manifeste pour les start-up suisses ici jusqu’au 15 janvier

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