Startupers de Suisse, exprimez-vous!

La Suisse prend enfin conscience de l’importance de ses start-up. L’administration fédérale a compris qu’elles méritent un soin particulier, et… elle demande leur assistance. Elle les consulte. Une petite révolution. Deux exemples récents illustrent cette nouvelle tendance salutaire.

Le Conseil fédéral veut aider les start-up, mais Economiesuisse n’en veut pas

D’abord, le Département des finances. Les fonctionnaires des impôts deviennent visionnaires… qui l’eut cru? Certes, le Parlement les a un peu bousculés, mais ils jouent le jeu. Ils nous ont donc consultés pour améliorer la fiscalité des start-up. Nous avons relayé vos revendications: défiscaliser l’investissement et les participations de collaborateurs. Etonnamment, lors de la séance, il a fallu se battre contre… économiesuisse. Qui estime qu’il faut aider tout le monde ou personne. L’administration veut soutenir les start-up, mais économiesuisse répond que ce n’est pas la peine… Le monde à l’envers. Il manque décidément une organisation faîtière des start-up suisses. Nous y travaillons. On a du pain sur la planche… 

Exporter nos start-up, importer des talents et du capital-risque 

Autre signe du réveil bernois: le soutien au développement international des start-up. Présence Suisse a lancé la campagne #SwissTech. Objectif: faire savoir que la Suisse n’est pas qu’un pays de banques et de montres, mais aussi le berceau des meilleures start-up dans la santé, la mobilité, la robotique ou la cybersécurité. Berne veut soutenir le développement international de nos start-up, et attirer en Suisse les meilleurs chercheurs, entrepreneurs, ou investisseurs. Exporter nos start-up et importer des talents. Et du capital-risque. Une remarquable initiative.

La campagne a démarré cette année au CES de Las Vegas. Elle passe aujourd’hui à la vitesse supérieure, avec une collaboration inédite entre les principaux acteurs du secteur: Présence Suisse, Switzerland Global Entreprise (S-GE), Innosuisse, et digitalswitzerland. Autour d’une même table, avec un objectif commun: la Suisse doit être visible dans les principaux salons internationaux avec ses meilleures start-up. 

Transformer l’usine à gaz en task force pour nos start-up

Reste à consolider la collaboration entre les acteurs publics. Présence Suisse, S-GE et Innosuisse dépendent de trois administrations différentes: les affaires étrangères, le secrétariat d’Etat à l’économie, et celui de la recherche. La coordination est faible (le mot est faible, lui aussi). Bien que chacun veuille mieux faire avec l’opération #SwissTech. Le Conseil fédéral lance justement une enquête de satisfaction sur S-GE à l’occasion du renouvellement de son mandat, c’est l’occasion d’améliorer le fonctionnement de l’ensemble. Renforcer le pilotage commun, et transformer l’usine à gaz actuelle en une vraie task force pour nos start-up. 

Une vraie politique d’innovation pour la Suisse

Définir une stratégie commune, avec un pilotage commun et un objectif commun. Soutenir nos start-up, les aider à s’exporter, et attirer en Suisse talents et investisseurs. Une politique d’innovation, en somme. Berne demande de l’aide? Aidons-là. Créons une organisation faîtière des start-up suisses. Participons aux consultations, et répondons aux questionnaires. Startupers de Suisse, exprimez-vous! 

 Participez à la consultation S-GE sur LeRéseau.ch

Hoi zäme, c’est quoi une start-up?

L’administration fédérale est une tête de mule (avec tout le respect que je lui dois). Voilà sept ans que je lui demande de définir une start-up en « bernois fédéral ». Pour la différencier, par exemple, d’une multinationale. Mais… comment dire? C’est compliqué. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) est convaincu que toutes les entreprises doivent être soumises au même traitement, qu’elles fassent un millier ou un milliard de chiffre d’affaires. Le Seco considère donc qu’une définition n’est ni possible, ni souhaitable, car une start-up est une entreprise comme une autre, point barre. Ce qui est faux: une start-up n’est pas une entreprise comme une autre. Car en fait, ce n’est pas une entreprise.

Il faut définir les start-up, des entreprises pas comme les autres…

Qu’est-ce qu’une start-up? Sans entrer dans un débat juridique inutile (on l’a déjà définie à Washington, Bruxelles ou Delémont, on devrait donc aussi y arriver à Berne), interrogeons-nous sur son utilité. A quoi sert une start-up? Essentiellement à développer l’innovation issue d’un laboratoire scientifique, en vue de la commercialiser. La start-up ambitionne donc de devenir une entreprise, mais elle ne l’est pas encore: elle est le véhicule économico-scientifique d’un chercheur entre son labo et le marché. La start-up occupe ainsi le terrain qu’aucune entreprise, PME ou multinationale, ne peut ou veut occuper. Elle est au cœur de la capacité d’innovation d’une économie. Centrale et fragile, elle mérite donc un soin particulier. Tous les pays développés l’ont compris.

Or, Berne ne veut pas définir les start-up…

En 2013, constatant que tous nos concurrents prenaient soin de leurs start-up, j’ai proposé au Conseil fédéral de se mettre à jour. Mon postulat a été adopté, et a servi de base à l’embryon de politique d’innovation naissant en Suisse. Ce qui est bien, à un détail près: le Seco a refusé de donner une définition des start-up (alors que le Parlement le lui demandait). Il n’a donc rien proposé pour elles, puisqu’elles n’existent pas. Logique. Deux ans plus tard, rebelote du Seco, en réponse à une autre motion. Argument: « Les start-up ont les mêmes soucis qu’une multinationale, car elles évoluent sur des marchés internationaux ». Les têtes de mule ont de l’humour. 

Pourtant, Berne devra quand même définir les start-up

L’année dernière, tout aussi têtes de mule, nous avons adopté une motion pour soutenir fiscalement les start-up. Le Parlement redemande donc une nouvelle fois à l’administration de les définir. Cette fois, le Département des finances prend la relève (sans les dogmes du Seco) et lance une procédure de consultation inédite, avec cet appel : « Comment distinguer les start-up des autres entreprises? » Nous sommes donc passés de: « C’est impossible », à « Dites-nous comment faire ». Un progrès notable. Profitons-en.

Les start-up doivent maintenant s’unir et mieux faire entendre leur voix

Les start-up doivent faire entendre leur voix, avec un discours clair. Le nouveau ministre de l’économie me demandait récemment qui parlait au nom de start-up à Berne. Bonne question. Ce n’est ni Economiesuisse, ni l’USAM. Cette consultation est donc une occasion unique de signaler que les start-up existent, parlent d’une seule voix, et sont un partenaire privilégié du Conseil fédéral.

Participez, zäme!

La consultation a lieu le 27 mars à Berne. Contributions bienvenues ci-dessous, ou par mail à info@lereseau.ch.

La Suisse n’est pas (encore) le paradis des start-up

« Les conditions sont parfaites pour les start-up, en Suisse! » Parfaites, ni plus ni moins. Dans le silence studieux d’une salle de commission bernoise, une élue lucernoise tranche: nos startuppers sont heureux, tout va bien, ne faisons rien. Une analyse toute en finesse reposant sur la lecture… d’un article. Aucun entrepreneur ne lui a dit ça, mais elle l’a lu dans le journal, dit-elle. C’est très flatteur pour le journal, moins flatteur pour la rigueur parlementaire. 

En vérité, ma collègue ne s’est volontairement pas renseignée. Elle dresse ce portrait idyllique par dogme: elle combat ma proposition, contraire à ses convictions. Devant la commission de l’économie du Conseil national, je propose de supprimer l’impôt sur l’outil de travail. Une taxe à la création d’emplois que tous les pays abandonnent. Même la France (c’est dire). Mais ma collègue tient mordicus à cette spécialité suisse. Au final, la commission me soutient à une large majorité. Une excellente nouvelle pour les entrepreneurs. Et un signe que tout n’est peut-être pas si parfait en Suisse. 

La Suisse peut devenir le paradis des start-up

Non, notre pays n’est pas le paradis des start-up. Je me suis ainsi permis de compléter les lectures de ma collègue, en lui remettant quelques témoignages de plus. Six cents témoignages, pour être précis, les six cents signataires du Manifeste pour les start-up suisses. Ils proposent dix mesures pour améliorer les conditions présumées parfaites. Dix mesures simples pour encourager l’investissement ou l’immigration de talents. Dix mesures neutres, sans idéologie ni dogme, pour créer davantage d’entreprises innovantes. Dix mesures soutenues par les principaux acteurs de l’écosystème: pas juste un témoignage lu dans le journal, mais six cents signatures de toute la Suisse. Six cents acteurs non politisés, unis pour dire: « Tout n’est pas parfait. Nous pouvons être meilleurs. Nous devons être meilleurs ».

Sortir des dogmes, et stimuler l’innovation

Et c’est possible. Notre pays n’est pas encore le paradis des start-up, mais il peut le devenir. Les choses bougent. Nos start-up ont ainsi levé plus de 1,2 milliards de capital-risque l’année dernière (un record absolu), et neuf entreprises suisses sont dans le classement des 50 scale up européennes les plus dynamiques du Tech Tour Growth 50 (un record absolu, encore), sans oublier le lancement du Swiss Entrepreneurs Fund. Ça bouge, tant mieux. Mais tout reste à faire. Accélérons le mouvement, car la concurrence est féroce. En Asie, aux Etats-Unis, ou en Israël, un pays de notre taille qui lève chaque année cinq fois plus de capital-risque que nous.

La Suisse est donc presque le paradis des start-up. Elle peut, et doit le devenir. En ce début d’année, tous les indicateurs sont au vert, transformons l’essai. En prenant des initiatives pragmatiques et rapides, loin des dogmes partisans. Notre défi est simple: il faut plus de talents et plus de capital-risque en Suisse. Pour un pays sans matière première, dans un monde bouleversé par la révolution numérique, c’est une urgente nécessité. Notre avenir en dépend. 

Quand la Confédération s’engage (enfin) pour ses start-up

L’Etat peut soutenir le développement de ses entreprises, même dans un pays libéral. Il peut le faire passivement, en simplifiant la vie des créateurs d’emplois. Mais il peut aussi le faire activement. Notamment quand ces entreprises sont fragiles, dans des secteurs hautement stratégiques, concurrentiels, et instables. La Suisse l’a compris, et brillamment démontré la semaine dernière au CES de Las Vegas. Une délégation officielle a permis à plus de 30 jeunes start-up d’accéder avec succès au plus grand salon tech du monde. Une réussite impensable il y a douze mois, et qui nous doit nous inciter à repenser l’ensemble de notre politique d’innovation.

Travailler tous ensemble… pour les entreprises!

Présence Suisse a emmené la délégation, fédérant les principaux acteurs de la promotion économique suisse derrière elle: Switzerland Global Entreprise (SGE), Innosuisse, Digitalswitzerland, et les acteurs régionaux. « On doit travailler tous ensemble, comme ici à Vegas, souligne Nicolas Bideau, le patron de Présence Suisse à l’heure du bilan. L’objectif est d’aider les entreprises, et elles l’apprécient! Je n’ai jamais vu autant d’entrepreneurs convaincus du soutien de l’Etat. Pour les start-up, un coup de pouce est nécessaire ». Comme le confirme, entre autres, Karim Choueriri, co-fondateur de Wecheer: « Nous ne serions jamais venus s’il n’y avait pas eu le pavillon suisse. Le résultat business est exceptionnel, et cela vient du travail de Nicolas Bideau et son équipe en amont ». Un constat positif partagé par l’essentiel des start-up sur place (lire les témoignages sur notre blog).

Sans oublier les romands, au coeur de l’écosystème

Tout n’est bien entendu pas encore parfait, mais le modèle est le bon. Fédérer les acteurs autour de Présence Suisse et SGE, dans une structure simple, légère et bon marché. En mode start-up. Et en intégrant la Suisse romande, un moteur central de l’écosystème à start-up suisse. Ce fut le cas à Las Vegas avec une majorité de romands, mais… le rappel s’impose quand on lit la mise au concours du futur patron de SGE, publiée dans le Temps le 4 janvier: une offre rédigée en allemand, dans un journal romand, pour une structure nationale financée par le Confédération. En précisant que de bonnes connaissance en français sont souhaitées. Surréaliste.

Un effet contagieux sur l’ensemble de notre politique d’innovation   

Restons positifs. Et il y a de quoi l’être. L’opération Las Vegas est une première, appelée à se répéter dans les cinq ou six plus grands salons mondiaux. C’est l’objectif de Nicolas Bideau, avec un signal fort: la Confédération veut soutenir ses start-up. Et si elle le fait pour la promotion économique, elle peut le faire dans d’autres domaines, comme nous le demandons dans notre manifeste (consultable et signable sur LeReseau.ch). Dix mesures. L’une d’entre elles est donc mise en oeuvre, c’est bien. Il en reste neuf, pour le capital-risque, la fiscalité ou les talents. Plus de 100 personnalités romandes l’ont déjà signé, dont les principales start-up, Mindmaze, Sophia Genetics, Bestmile, Abionic et beaucoup d’autres, ainsi que des personnalités comme Patrick Aebischer et Edouard Bugnion (EPFL). 

L’opération Las Vegas, et le Manifeste, peuvent ainsi avoir un effet contagieux sur l’ensemble de notre politique d’innovation. Une belle opportunité pour notre nouveau ministre de l’économie… romand.

« Magique », « génial », « incroyable »: l’enthousiasme de quatre start-up romandes au CES

Après 48 heures de CES, à Las Vegas, les start-up présentes au Pavillon suisse sont ravies. Les témoignages recueillis ce mercredi sont en fait… dithyrambiques! Que ce soit pour les contacts établis en si peu de temps, ou pour la visibilité du pavillon, son design chaleureux et feutré qui tranche avec le blanc froid de l’Eureka Park. Nous avons posé deux questions à quatre start-up. L’une sur le CES, l’autre sur le pavillon suisse. Leurs réponses… enthouisiastes.  

L’expérience CES est-elle à la hauteur de vos attentes? 

Laurence Besse et Pascal Zellner, co-fondateurs de BeCare

« Dès la première matinée on a fait carton plein, c’est magique! Des rendez-vous avec des entreprises, des multinationales, ou des contacts avec des entreprises électroniques intéressés à tester la méthodologie BeCare. Et à l’instant, nous sortons d’une séance avec un groupe chinois intéressé à acheter la techno. Il sont passés hier, ils ont semblé intéressés et ont envoyé un mail hier soir pour reprendre rendez-vous ce matin. Et maintenant, ils veulent aller de l’avant… Alors certes, il faut transformer l’essai, mais le salon permet une accélération phénoménale ».

Karim Choueriri, co-fondateur Wecheer

« C’est génial. Simplement génial. On ne savait pas du tout à quoi s’attendre, mais c’est mieux que tout ce que j’imaginais. On a des contacts totalement uniques. Ce matin, par exemple, deux personnes d’Amazon sont venues à notre stand, ils sont intéressés à mettre notre produit sur leur plateforme. Impossible à faire depuis Lausanne! Le calibre des gens que nous rencontrons est impressionnant. Je ne m’attendais pas à ça ». 

Matthias Vanoni, CEO Biowatch

« Je sors d’un rendez-vous avec une entreprise australienne dans le domaine médical, visiblement très très intéressée… au point de parler déjà de contrat! Ça, c’est l’effet CES! Des clients qui cherchent un objet précis, veulent aller vite et passer une pré-commande. En l’occurrence on parle de 5’000 devices… Si cela se concrétise, c’est cinq fois plus que ce que j’avais prévu pour l’année entière! Ce n’est pas encore gagné, mais on a des raisons d’espérer. Et ce qui est certain, c’est qu’on n’aurait jamais rencontré cette entreprise si nous n’étions pas venus au CES. »

Guillaume Catry, CEO de Windshape

« C’est absolument incroyable! On a déjà eu plusieurs contacts avec des partenaires existants et à venir, ainsi que des centres de tests pour drones ici aux Etats-Unis. On en a rencontré déjà un, et d’autres sont prévus. On a également eu de très bons contacts avec des investisseurs, c’est aussi pour ça qu’on est là. Notamment des grandes groupes, dont je ne peux pas vous donner le nom, mais c’est du lourd ». 

Et le Pavillon suisse? Est-il à la hauteur, lui?

Pascal Zellner et Laurence Besse Co-fondateurs BeCare

 « C’est magnifique. Le pavillon est très différent des autres, il est attractif, il y a de la place, les gens passent, c’est remarquable et très positif à tous les niveaux! ».

Karim Choueriri, co-fondateur Wecheer

« D’abord, nous ne serions jamais venus s’il n’y avait pas eu le pavillon suisse. Mais en plus, tout le travail fait par Nicolas Bideau et son équipe est génial. Ils nous ont aidé pour les contacts avec les médias, les personnes importantes… les trois quart du travail viennent du pavillon! ».

Matthias Vanoni, CEO Biowatch

« On apprécie que ce soit un des pavillons les plus luxueux, élégants. Ça donne le ton, pour des produits comme le nôtre c’est précieux. Cela permet de bien positionner la qualité et le Swiss made. C’est mieux que le côté « cage à poule » de nombreux stands… Les gens se sentent bien, et ça permet d’avoir de bonnes interactions. Et le drone show est précieux: il attire du monde, que nous captons à la fin du show. On « scanne » les badges, et on les arrête chez nous… »

Guillaume Catry, CEO de Windshape

« C’est simplement le plus beau stand de l’Eurekapark! Il est magnifique, très bien fait, et nous avons la chance d’être vraiment bien mis en valeur sur le stand ».

Une délégation suisse à Las Vegas, une première! Et le début d’une promotion internationale de nos start-up…

C’est une première: la Suisse officielle sera présente au plus grand salon de l’électronique de divertissement du monde, le Consumer Electronics Show (CES), à Las Vegas du 8 au 11 janvier 2019. Une première, initiée par Le Réseau et digitalswitzerland, organisée par Présence Suisse et Switzerland Global Enterprise. Un soutien précieux pour les start-up participant à ce gigantesque rendez-vous de la tech mondiale, que nous suivrons dès lundi. Toutes saluent l’opération, et les débuts d’une politique de promotion internationale de nos start-up. Témoignages.

Rencontrer des clients, des partenaires et des investisseurs

Présent pour la deuxième année à Las Vegas, Biowatch sera sur la pavillon suisse avec son premier produit, baptisé « Le Bracelet » (ndlr: toute votre identité numérique à votre poignet, pour ne plus avoir à vous souvenir de mots de passe, notamment).  « L’année dernière, nous sommes surtout venus comprendre le CES », explique Matthias Vanoni, CEO de Biowatch. « Cette année, c’est autre chose, avec Le Bracelet, le CES est crucial pour passer à la phase d’industrialisation ». En trouvant des investisseurs? « Ce n’est pas l’objectif, nous cherchons surtout des partenaires. Nous avons d’ailleurs déjà des rendez-vous hors salon. Cela dit, si nous devons rencontrer des investisseurs, ce serait une excellente nouvelle, mais ce n’est pas le but premier ». 

Rencontrer des partenaires, entretenir des relations existantes et en démarcher de nouvelles, c’est aussi l’objectif de l’expérimentée Bestmile (véhicules autonomes), déjà présente sur le marché américain. « Nous sommes ravis de venir nous présenter au pavillon suisse, explique le CEO Raphaël Gindrat. Cela dit, pour nous, l’essentiel du travail se fait hors salon, nous n’avons pas de stand, mais nous avons loué une salle de réunion dans un hôtel ». Et l’agenda est déjà plein: « Tous nos principaux partenaires sont présents au CES, nous avons jusqu’à 8 rendez-vous par jour du mardi au vendredi! ». 

Windshape (soufflerie pour drones) sera pour la première fois à Las Vegas, tout comme OneVisage (solutions de biométrie faciale). Pour les deux, le CES sera une découverte, avec l’espoir de rencontrer des partenaires, des clients et des investisseurs. Et pour Windshape, un stand visible est absolument essentiel: « Nous avons une technologie très visuelle et explicite lorsque nous faisons des démonstrations, explique le CEO Guillaume Catry. C’est pourquoi nous misons beaucoup sur des démonstrations en live, bien plus parlantes qu’une page sur internet ou même qu’une video. C’est lors d’événement comme celui-ci que nous avons le plus de facilité à faire des connections importantes ». 

« Sans cette opération, nous n’aurions pas pu venir à Vegas » 

Tous les acteurs présents saluent l’opération. « Les délégations nationales sont excellentes pour soutenir la logistique extrêmement chère d’une première participation » explique Patrick Thévoz, CEO de Flyability, une des vedettes du Drone Show du Pavillon suisse. Même constat pour Matthias Vanoni: « Pour moi c’est un immense soulagement. Je n’ai pas à m’inquiéter de toute l’organisation. Tout est bien en place, avec un stand qui s’annonce magnifique! Ça me libère du temps et l’esprit. On peut se concentrer sur le travail. En plus, ça générera un trafic qualifié ». 

Pour Guillaume Catry, c’est simple: Windshape ne serait pas venu à Vegas sans l’opération: « Sans le support de l’État de Genève et de Présence Suisse, nous ne pourrions pas nous permettre d’exposer aux États-Unis. Pour que ces soutiens continuent d’être adaptés aux besoins des start-up, il est crucial qu’une délégation suive l’évolution de la technologie à l’échelle internationale. À mon sens, WindShape est un potentiel atout économique et stratégique pour Suisse et je me réjouis de pouvoir le montrer à nouveau à la délégation Suisse qui sera présente au CES ».

Les prémisses d’une politique de promotion des start-up

La participation de la Suisse à Las Vegas s’inscrit dans une campagne de Présence Suisse visant à positionner le pays comme un pôle d’innovation et de technologie, et le rendre plus attrayant pour les investisseurs internationaux et les entreprises étrangères. Une démarche que salue Christophe Remillet, CEO de OneVisage: « La Suisse a une place à défendre. Nous devons faire savoir qu’on ne fabrique pas que des montres et du chocolat. Dans cette perspective, la campagne de Présence Suisse est une excellente initiative ». Pour attirer talents et investisseurs, au delà de la seule durée du salon. L’occasion, comme le disait Nicolas Bideau dans Le Temps, « de repenser notre capacité à promouvoir notre innovation ». Si possible de manière souple, rapide, agile. En mode start-up, en somme. A suivre.

Toutes les informations sur la délégation suisse au CES ici.

Startupers de Suisse et d’Europe, unissez-vous!

C’est l’histoire du verre à moitié plein. Ou vide. La Confédération en fait tellement peu pour nos start-up que le moindre geste est une fête. Il y a cinq ans, le Parlement demande au Conseil fédéral de lancer un fonds de capital-risque alimenté par les caisses de pension. La semaine dernière, le Conseil fédéral répond… qu’il veut bien autoriser un report fiscal illimité des pertes. Ce n’est pas sujet, mais c’est déjà ça – cette mesure fait partie de nos revendications depuis longtemps. Champagne. Et le fonds? Ça, désolé, mais « l’Etat ne peut pas inciter les caisses de pension à prendre des risques qu’elles ne sauraient supporter ». Texto. On classe la motion, et on oublie le fonds. Le verre est vide, rangez le champagne.

La Suisse refuse, par principe, de lancer un fonds de capital-risque

Soyons honnête, ce n’est pas une surprise. La Confédération n’a jamais manifesté la moindre intention de soutenir quelque fonds que ce soit. L’Etat n’intervient pas, par principe. Et quand le Parlement le lui demande, il fait comme si de rien n’était. Il affirme que « l’organisation et le financement d’un produit par l’État ne faisaient pas partie intégrante de la motion ». C’est faux, le texte demande bien au Conseil fédéral de « lancer un fonds ». Mais il l’ignore et conclut que, de toute manière, il n’est pas nécessaire d’intervenir car « les choses commencent à bouger ». Sans rire.

C’est vrai que des aventuriers se battent pour ce fonds depuis des années, sans résultat pour l’instant, dans le pays le plus riche du monde. Et l’Etat ne bronche pas. Alors qu’ailleurs, ça bouge. En 1993, il y a 25 ans, Israël a créé une des plus puissantes industries du capital-risque au monde en mettant 100 millions sur la table. De l’argent largement récupéré depuis, et multiplié par quelques millions, selon un modèle simple: l’Etat investit, attire des investisseurs privés, et se retire quand le fonds est mûr. Ce n’est pas compliqué, et ça reste libéral.

Notre pays reste peu attractif pour les talents

Interrogé, le Conseil fédéral reconnaît que la Suisse a pris du retard sur Israël. On admet qu’on a du retard, mais on ne fait rien pour le rattraper. Le capital-risque attendra. C’est pareil pour les talents, l’autre poumon des start-up. Dans une lettre ouverte publiée récemment, les principaux startupers européens dénoncent l’impossibilité d’attirer des talents sur le Vieux-Continent à cause de la fiscalité des options. Et la Suisse est pointée du doigt. Qu’en pense le Conseil fédéral? « Il n’y a aucune raison de prendre des mesures ». Point final.

Hasard du calendrier, le Parlement vient de lui demander de changer de stratégie. Mais il est probable que, dans quelques années, il décide… de ne rien faire. Parce « les choses commencent à bouger ». Et pendant ce temps, l’Asie et l’Amérique auront creusé l’écart. Heureusement, les start-up se mobilisent. Une lettre ouverte en Europe, et en Suisse notre manifeste. Dix revendications pour maintenir la pression sur nos autorités. Les startupers de Suisse et d’Europe doivent unir leurs discours, et les faire entendre. Pour éviter que notre continent ne prenne un retard irrattrapable. Et pour remplir nos verres, au passage.

« L’Europe doit attirer plus de talents pour ses start-up! » L’appel des entrepreneurs aux élus

Bonne nouvelle: les start-up européennes s’intéressent à la politique. Plus de 30 entrepreneurs de référence viennent de lancer un appel aux élus du Vieux-Continent: « L’Europe doit attirer plus de talents dans ses start-up », affirment-ils dans une lettre ouverte intitulée « Not Optional ». Sur la base d’un constat: « La disponibilité limitée de talents (…) est un sérieux obstacle à la croissance. C’est pourquoi nous, fondateurs et dirigeants des principales entreprises technologiques européennes, exhortons maintenant les décideurs politiques à placer les talents au sommet de leurs priorités ».

Il manque 100’000 talents, sans compter les start-up à naître 

Le point de départ de la lettre est d’abord positif: l’Europe de la tech n’a jamais été aussi forte, et elle a les moyens de concurrencer la Silicon Valley. « Nous ne manquons ni d’ambition, ni de capital », disent les entrepreneurs. « L’Europe pourrait être le continent le plus entrepreneurial au monde, mais la disponibilité limitée de talents pour nourrir et alimenter son écosystème de start-up en plein essor constitue un sérieux obstacle à la croissance ». Ils chiffrent les besoins actuels à 100’000 employés supplémentaires, sans compter les entreprises à naître. Mais ils dénoncent un obstacle de taille: une législation décourageante. « Sans plus tarder, nous appelons les législateurs à corriger les règles inégales, incohérentes et souvent punitives qui régissent l’actionnariat salarié ».

Le problème: une règlementation punitive pour les options

Les fameux plans de participation de collaborateurs, essentiels pour une start-up qui ne peut pas concurrencer les salaires de multinationales ou de certaines PME. Or, la législation européenne est dissuasive. Voire punitive pour ces plans: « Certains sont tellement punitifs qu’ils désavantagent nos start-ups par rapport aux entreprises de la Silicon Valley, avec lesquelles nous sommes en compétition pour les meilleurs designers, développeurs, chefs de produits, ou autres », dénoncent les signataires. Avant de tirer la sonnette d’alarme: « Si nous n’agissons pas, nous pourrions assister à une fuite des meilleurs et des plus brillants cerveaux d’Europe ».

La Suisse, un mauvais élève (quoi qu’en dise l’administration) 

La Suisse est pointée du doigt comme mauvais élève. Dans la catégorie « Ripe for change » (mûre pour le changement), en 15e position d’un classement établi par Index Ventures publié hier, le fonds de capital risque basé à Genève qui pilote cette opération. Un classement qui tombe à point nommé: le Parlement vient de charger le Conseil fédéral de simplifier les plans de participations de collaborateurs. Contre son gré: en réponse à la motion, en mai 2017, le Conseil fédéral estime qu’il n’y a, je cite, « aucune raison de prendre des mesures » dans ce domaine, et que « en vertu du principe de l’égalité de traitement, les options des collaborateurs ne doivent bénéficier d’aucun avantage particulier ». No comment. 

L’Europe prend le risque d’un incroyable gaspillage

Le Conseil fédéral, qu’il le veuille ou non, devra donc travailler sur un changement de nos règles en la matière. La lettre des CEO tombe donc à point nommé, puisqu’elle propose six pistes pour une régulation et une taxation encourageant les plans de participations. L’administration fédérale peut et doit s’en inspirer. Nous y veillerons: ce point central fait partie du Manifeste que nous faisons, nous aussi signer en ligne. Comme le concluent les patrons de start-up: « Si nous ne résolvons pas la pénurie de talents, nous risquons de gaspiller l’incroyable élan que la technologie européenne a créé ces dernières années. Le prochain Google, Amazon ou Netflix pourrait bien venir d’Europe, mais pour cela, la réforme des règles de l’actionnariat salarié n’est certainement pas facultative ». Not optional.

NB: Les fondateurs et CEO de start-up peuvent signer la lettre Not Optional ici jusqu’au 7 janvier. Au niveau suisse, les entrepreneurs peuvent aussi signer le Manifeste pour les start-up suisses ici jusqu’au 15 janvier

En Israël, la start-up est une arme. En Suisse, c’est un gadget

« Tu nous gonfles, avec tes start-up ». « Va te faire f… le monde de la start-up ». J’ai reçu une vingtaine de messages de ce type en réaction à mes chroniques. On y dénonce « des entreprises dont le but avéré est de faire un maximum d’argent ». Au Parlement, c’est (presque) pareil. Un collègue en veut à « mes gaillards qui gagnent des milliards sans payer d’impôts ». C’est emblématique d’une tendance de fond: en Suisse, les start-up ne sont pas populaires. Dans un pays d’assureurs, on se méfie de tout qui se développe de manière moins prévisible qu’une complication horlogère. Conséquence logique, l’Etat ne fait rien pour les start-up (qui n’existent pas, lire notre dernière chronique).

En Israël, c’est tout autre chose. J’y suis retourné pour le séminaire parlementaire d’ICT Switzerland. L’occasion de mesurer l’ampleur du fossé qui nous sépare de la « Start-up nation ». L’Etat israélien investit massivement, sur tous les fronts: 500 millions de dollars par année d’aides directes aux entreprises (de l’argent qu’elles ne devront pas restituer en cas de faillite), une prise en charge d’une partie des salaires (20% de tous les nouveaux jobs sur le parc scientifique de l’université du Néguev, par exemple), des centaines de millions pour la recherche, des mesures fiscales pour les VC, sans oublier l’armée (le principal incubateur à start-up du pays)  ou les énormes fonds d’investissement qui dopent le capital-risque (comme Yozma, créé par l’Etat en 1993, privatisé depuis). Et d’autres mesures encore. Dont aucune n’existe en Suisse. 

Israël investit pour encourager ses entrepreneurs à prendre des risques. En Suisse, on fait l’inverse

L’Etat israélien n’est pas dépensier, il investit. Nuance. Et ça rapporte. A la tête de l’agence de promotion de l’innovation, Uri Gabaï résume l’état d’esprit: « Nous sommes là pour inciter les entrepreneurs à prendre des risques ». C’est tout l’inverse en Suisse. Pour trois raisons: 1) une aversion au risque; 2) des dogmes intouchables (l’Etat ne doit surtout pas intervenir); 3) une autosatisfaction aiguë (nous sommes les meilleurs du monde). Résultat: les Israéliens ont créé un des plus puissants écosystèmes à start-up au monde, alors qu’ils n’avaient rien. La Suisse n’y est pas parvenue, alors qu’elle avait tout. Et le problème est là: tout va trop bien, en Suisse. A la fin des années 80, Israël est un pays pauvre – et en guerre – qui vit d’exportation d’oranges. « Nous sommes en survival mode, explique Dana Gavish, à la tête du parc d’innovation de l’Université Ben-Gurion du Néguev. Que ce soit pour l’eau potable, ou notre sécurité, nous avons besoin de technologie et d’enfants ». Des cerveaux et des start-up, voilà les armes d’Israël, pour sa sécurité et sa prospérité. Un programme stratégique de l’Etat.

De quoi inspirer notre politique d’innovation? J’ai posé la question à un haut fonctionnaire bernois en voyage avec moi à Tel Aviv. Réponse: « Non. La Suisse n’est pas Israël ». Ça valait bien la peine de faire le voyage. En effet, la Suisse est un pays riche, et en paix. Une start-up est donc un luxe. Un gadget. En Israël, c’est une arme. N’attendons pas d’être en guerre, ou pauvre, pour corriger le tir.

Un manifeste pour les start-up suisses (car elles existent, quoi qu’on en dise à Berne…)

Toutes les puissances économiques soutiennent leurs start-up. Toutes, sauf la Suisse. Car à Berne, on considère que les start-up n’existent pas. Il y a cinq ans, je demandais au Conseil fédéral un coup de pouce fiscal pour ces entreprises particulièrement fragiles, et fondamentales pour notre force d’innovation. Réponse: exclu. Impossible, car la catégorie « start-up » n’existe pas dans l’administration fédérale. Pour elle, ces PME ont les mêmes problèmes qu’une multinationale. Pourquoi ? Parce qu’un jour, « elles créeront des filiales à l’étranger » m’a écrit le Conseil fédéral. Sans rire. Fort heureusement, en Suisse, c’est le Parlement qui commande. Et le mois dernier, nous avons imposé au Conseil fédéral un soutien fiscal aux start-up (lire notre article à ce sujet). Il devra donc définir une start-up. Les Etats-Unis, l’Union européenne ou le Jura ont réussi à le faire. Ça devrait donc aussi être possible à Berne.

L’administration fédérale ne consulte pas les start-up

La réticence helvétique n’est pas surprenante: l’administration fédérale n’a jamais montré un enthousiasme débordant pour les start-up. Par exemple, elle ne leur parle pas. On ne veut pas trop savoir ce qu’elles ont à dire. Et comme les start-up ne cherchent pas vraiment à parler aux fonctionnaires, le dialogue est mal en point. Du coup, comme nous le révélions le mois dernier, le Conseil fédéral n’a consulté aucune start-up pour sa stratégie Suisse numérique. Aucune. Ça fait peu. Certes, une d’entre elle, Bestmile, est mentionnée à la page 8 du plan d’action, au chapitre « véhicules autonomes », mais elle n’a jamais été contactée. On la cite pour son projet pilote avec les CFF, à Zoug. Mais personne ne lui a jamais rien demandé. On préfère s’adresser aux CFF, dans le bureau d’en face. Autre exemple: nous n’avons aucune stratégie de promotion internationale de nos start-up. Toutes les puissances économiques en ont, sauf nous. D’imposantes délégations nationales sont présentes dans les grands salons, mais jamais suisses. Encore un exemple: les marchés publics échappent toujours aux start-up, comme Domosafety dans le Canton de Vaud… En résumé, nous n’avons aucune politique de soutien aux start-up, car elles n’existent pas.

Nous remettrons le manifeste au futur ministre de l’économie  

Heureusement, les temps changent. Même à Berne. Une délégation suisse sera au prochain CES de Las Vegas, grâce à une heureuse collaboration entre Présence Suisse, SG-E et digitalswitzerland. Et puis, suite au récent coup de pouce fiscal du Parlement, nous allons devoir définir les start-up. Du coup, elle existeront enfin, pour l’administration. Nous passerons alors aux choses sérieuses, et nous proposerons 10 mesures urgentes au Conseil fédéral. Faciliter l’accès au capital-risque, aux talents, ou aux marchés public. Entre autres. Un manifeste pour les start-up suisses. Un premier projet est en préparation, lire ci-dessous. Commentez, participez. Nous élaborerons ensemble les prémisses d’une politique d’innovation, que nous remettrons en décembre au Conseil fédéral. Ça tombe bien, nous aurons un(e) nouveau(elle) ministre de l’économie. Le hasard fait bien les choses.

 

Un manifeste pour les start-up suisses 

  1. Définir et établir une catégorie « start-up » dans notre politique économique

Le Conseil fédéral doit soumettre un projet de définition des start-up, afin que ces entreprises particulièrement fragiles et centrales dans notre capacité d’innovation bénéficient de conditions concurrentielles en comparaison internationale.

  1. Défiscaliser les investissements privés dans les start-up

Un montant plafonné investi dans une start-up doit être déduit de l’imposition du revenu et/ou de la fortune. Ce montant serait taxé seulement lorsque l’investissement est récupéré.

  1. Autoriser un report fiscal illimité des pertes

Les entreprises peuvent déduire de leur bénéfice net les pertes subies lors des sept exercices précédant une période fiscale. Un délai trop court pour les entreprises fondées sur la science, qui nécessitent parfois plus de 10 de recherche et développement avant un exercice bénéficiaire.

  1. Encourager et faciliter les plans de participation de collaborateurs 

Le Parlement a chargé le Conseil fédéral de mettre au point une formule attrayante et concurrentielle sur le plan international pour le traitement fiscal des start-up et des participations détenues par leurs collaborateurs. Ceci doit être mis en place rapidement.

  1. Introduire un « Start-up visa » pour les talents, entrepreneurs et investisseurs

Faciliter la venue de cerveaux, d’investisseurs et d’entrepreneurs, avec un permis de travail attractif et facilement communicable à l’étranger dans le cadre notre politique migratoire.

  1. Encourager la création d’un fonds de fonds de capital-risque

Le Conseil fédéral doit encourager (par des mesures incitatives, des aménagements fiscaux ou d’autres mesures) la création d’un fonds de fonds de capital-risque. Il étudiera notamment la possibilité d’encourager les caisses de pensions à investir dans ce fonds.

  1. Mettre en place une stratégie de promotion internationale des start-up

Réformer les structures existantes (Présence Suisse, SGE, et cantons) afin de doter la Suisse d’une stratégie de promotion internationale simple, efficace et gratuite pour les start-up, en terme de visibilité à l’étranger, dans les médias ou lors de grands salons internationaux.

  1. Faciliter l’accès aux marchés publics (Small business Act)

Mettre en place des mesures facilitant l’intégration de start-up dans les appels d’offres des collectivités publiques ainsi que dans celles des grandes entreprises. A l’image du Small Business Act américain.

  1. Consulter les start-up dans l’élaboration de lois les concernant

L’administration (fédérale ou cantonale) doit consulter les start-up dans le cadre des réformes les concernant, comme la stratégie numérique suisse, ou pour toute grande réforme économique et fiscale.

  1. Créer une Darpa suisse

Comme le fait l’armée américaine, l’armée suisse doit se doter d’une agence de financement de la recherche susceptible d’investir dans des projets stratégiques à long terme capables de générer des innovations de rupture.

Commentez ces dix points, complétez-les, ou ajoutez des revendications dans vos commentaires sur ce blog, ou dès lundi 8 octobre sur www.lereseau.ch.