Et si l’humanité évoluait ?

Presque tous les scénarios futurs qui nous sont proposés sont des dystopies. Comme si l’humanité était destinée à vivre dans un monde sans nature et rempli de robots incarnant les folies suprémacistes de l’homme.

Il est certain que nous allons traverser dans un futur proche le plus grand défi de l’histoire de l’humanité et toucher l’héritage d’une longue domination du cerveau reptilien et d’un égoïsme aveugle. Il est aussi très possible que tout le travail sur soi accompli par de nombreux êtres humains porte ses fruits. De nombreuses personnes se libèrent des traumatismes et pathologies qui étaient auparavant simplement transmises, avec une couche supplémentaire, à la génération future. Cette libération, qui a un impact transgénérationnel, permet à la prochaine génération d’être libre de certaines limitations.

Et si le futur était peuplé de personnes qui vivent et agissent à partir des fonctions exécutives supérieures ? Des personnes qui, n’étant plus dominées par la peur, l’ambition ou l’ignorance, mettent leur intelligence, leur volonté et leurs qualités au service du tout.

Les dinosaures, qui très certainement dominaient le monde, ont fini par disparaitre ; l’évolution continue sont chemin. Après eux de nombreuses espèces nouvelles ont pu voir le jour et s’épanouir.

Le futur sera peut-être glorieux, celui d’une humanité qui a fini de traverser son adolescence turbulente pour faire preuve d’une maturité lumineuse, de courage et de sagesse – qualités que nous portons tous en nous-même, comme la graine porte en elle l’arbre millénaire.

Fabrice Dini

Fabrice Dini est cofondateur de deux écoles et l’auteur d’un ouvrage préfacé par Matthieu Ricard "Une éducation intégrale pour grandir en s'épanouissant". Il intervient dans de nombreuses écoles et entreprises en Suisse romande. Fabrice s’est formé au CFM de l’Université du Massachusetts et enseigne la pleine conscience, la gestion du stress et l'éducation intégrale.

12 réponses à “Et si l’humanité évoluait ?

  1. Dans le monde qui vient, l’amour est un organisateur et le pouvoir un désorganisateur.
    Tous les systèmes et repères anciens sont en train de s’effondrer et c’est un processus d’évolution naturel qu’il est sage d’accepter. Commençons donc par ramener de l’humanité dans le système de soins actuels. Exit donc les hiérarchies verticales déshumanisantes. Redevenons une société trauma-informée, qui est en mesure de nous amener vers une guérison profonde et l’intégration des multiples dimensions de notre être. Retrouvons le sens du sacré (honorons la Mère-Terre et la toile de la vie), car nous partageons la même essence (Anima mundi). Forcément, les anciens systèmes de pouvoir vont tenter de résister encore quelques temps, avant de finir par disparaitre, emporté par l’entropie élevée qu’ils ont eux-mêmes créés. Osons tourner la page d’une époque délirante (hubris) et retrouvons ensemble le bon sens, celui qui favorise le lien, la vie, le beau, et une certaine capacité de transcendance…

  2. En fait, l’Homme a toujours essayé de dominer son prochain (force, argent, technologies, etc) en utilisant toujours plus les ressources terrestres et imposant des systèmes politiques qui servaient juste à asseoir une domination sur ses propres peuples ou d’autres.
    Seulement, maintenant l’Homme est face à son ultime destin, qui est l’épuisement de sa Terre nourricière; et c’est donc intéressant de voir comment il va gérer “le Game-Over”.
    Cela sera-t-il l’ultime domination barbare au missile hypersonique ou au virus impitoyable (je n’ai pas dit COVID19), ou l’Homme a-t-il atteint la maturité nécessaire pour être assez Intelligent (AI?) et comprendre que c’est la recherche perpétuelle d’augmenter les gains financiers qui détruit tout?
    Va-t-il inventer un nouveau modèle qui profite à tous?
    Il est permis d’en douter, mais la vraie intelligence se voit au comportement des personnes face à une situation nouvelle qui n’a pas été apprise.
    L’Homme va peut-être nous surprendre, espérons-le….

  3. Très intéressante réflexion. Je me rappelle un séminaire sur la possibilité de communiquer éventuellement avec des espèces intelligentes extra-terrestres (ce à quoi je ne crois pas personnellement, sur la base de simples calculs de probabilités) où on butait sur un paramètre important, la durée dune “civilisation intelligente” avant qu’elle ne s’auto-détruise. Albert Ducrocq avait fait l’hypothèse qu’il pouvait y avoir des “civilisations folles”, qui s’auto-détruisaient assez rapidement, disons en quelques millénaires au plus, et des “civilisations sages”, qui se développaient à un rythme permettant leur survie à long terme. L’objection à l’hypothétique existence de “civilisations sages” est que , malheureusement, c’est sa “folie” qui a permis à l’Homme, pas spécialement bien équipé pour la survie par la nature à part son cerveau, de survivre, prospérer et “dominer” la Terre entière aujourd’hui. Maintenant qu’il est arrivé à ce stade, peut-il basculer avant qu’il ne soit trop tard vers une “civilisation sage” en faisant table rase de l’acquis de son passé bien incrusté dans son cerveau? La question est posée.

  4. > S’il est certain que nous allons traverser dans un futur proche le plus grand défi de l’histoire de l’humanité et toucher l’héritage d’une longue domination du cerveau reptilien et d’un égoïsme aveugle.

    Il serait temps de s’intéresser à ce que nous racontent les sciences de la cognition animale (dont nous faisons partie, et de l’histoire longue et passionnante du genre homo (20 milles siècles quand même). Ça permettrait de fonder des raisonnements sur des bases un peu plus solides.

    Juste deux pistes, parmi quantité d’autres :

    PICQ, Pascal, 2019. Sapiens face à Sapiens : la splendide et tragique histoire de l’humanité. Paris : Flammarion. Champs histoire. ISBN 978-2-08-024350-8.
    WAAL, Frans de, 2018. Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux ? Arles : Actes Sud. Babel, 1550. ISBN 978-2-330-10323-1. 591.513

  5. J’ai entendu quelque chose de ce genre: si nous élevons nos enfants les premières années sans traumatismes, en satisfaisant leurs besoins, avec gentillesse, ils prendront mieux les décisions par la suite.

    1. Oui, cela aide, c’est certain. Et puis il faut aussi entrainer l’endurance, la résilience, la volonté, le caractère, etc. Les défis et les difficultés offrent aussi de nombreux bénéfices….

  6. Observant l’intelligence émotionnelle, la capacité de communique, le sens de la symbolique et même de l’humour d’animaux réputés insignifiants mais qui sont en réalité extrêmement proche d’un ancêtre commun, je me suis lancé dans une longue réflexion pour parvenir à ce résultat: tout animal ou humain peut être défini par un ensemble de passions fondamentales, lesquels sont la voix de l’espèce et par là un héritage de l’évolution.
    Celui qui se choisit un chien, choisira la race en fonction du caractère attendu de l’animal. Cela revient à faire confiance à la génétique quant aux caractéristiques mentale de l’animal. Il est extrêmement prétentieux d’affirmer qu’il en va autrement pour les humains.
    Parmi les éléments caractéristiques des passions particulièrement développées chez l’humain, il y a les passions identitaires. Nous sommes fortement conditionnés par nos rêves et nos visions d’enfants. La religion joue aussi sur cet aspect. Devenir adulte consiste notamment à savoir prendre du recul. Il n’y a pas de plaisir à se confronter à des rêves dont nous sommes prisonniers.
    La manière la plus rapide d’évoluer et de grandir en maturité est donc de se faire plaisir en prenant du recul pour se libérer de ses visions et rêve enfantins. Par exemple: libérons-nous du rêve d’une vie confortable dans une prospérité sans fin.

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