Courir 5 km sans s’arrêter: l’entraînement

Allez, c’est le moment de se lancer ! Le contrôle médical a été fait, l’entourage informé (Courir 5 km sans s’arrêter : avant de commencer) et les chaussures achetées (Courir 5 km sans s’arrêter : choisir ses chaussures de course à pied). C’est le moment d’enfiler ses chaussures et de commencer votre entraînement.

Notre but final est de courir 5 km sans s’arrêter dans deux mois. Chacun a, évidemment, un niveau différent. Le programme que vous trouverez ici s’adresse aux débutants qui n’ont jamais couru ou à ceux qui, après une longue pause, désirent se remettre à la course à pied.

L’entraînement sera réparti sur 3 jours et le temps à y consacrer sera d’au maximum 3 heures par semaines.


Organisation des jours d’entraînements :
– Espacez vos trois jours de course à pied avec au moins un jour de repos entre deux entraînements. Ex. lundi, mercredi et samedi
– Si vous pratiquez d’autres sports, évitez si possible de les pratiquez le même jour que vos entraînements de course ou alors pratiquez vos autres sports à un moment différent de la journée. Ex. yoga le matin et course le soir, course le matin et football le soir


Recommandations :
– utilisez si possible une montre indiquant à la fois le temps écoulé (chronomètre), la distance parcourue (GPS) ainsi que la fréquence cardiaque
– si vous utilisez une montre indiquant la fréquence cardiaque, les périodes de course seront effectuées dans la zone cardiaque 3 ou 4 et ceux de marche dans la zone 1 ou 2. Si vous n’utilisez pas de moniteur cardiaque, gardez en tête que quand vous courrez, vous devriez toujours pouvoir tenir une conversation; si ce n’est pas le cas, ralentissez un peu votre allure.
– à la fin de chaque entraînement, consacrez au moins 10 minutes aux étirements


Le plan d’entraînement :
Dans le cadre de chaque session d’entraînement, commencez avec 10 minutes de marche rapide et ensuite enchaînez avec le programme du jour en question. Une fois le programme terminé, terminez avec 10 minutes de marche rapide et la session d’étirements.

Semaine 1
Entraînement no 1 : 5x 1 min. course / 2 min. marche (total: 15 min)
Entraînement no 2 : 8x 1 min. course / 2 min. marche (total: 24 min)
Entraînement no 3 : 5x 1 min. course / 2 min. marche, 5x 1 min. course / 1 min. marche (total: 25 min)

Semaine 2
Entraînement no 1 : 10x 1 min. course / 1 min. marche (total: 20 min)
Entraînement no 2 : 5x 1 min. course / 1 min. marche, 5x 2 min. course / 1 min. (total: 25 min)
Entraînement no 3 : 8x 2 min. course / 1 min. marche (total: 24 min)

Semaine 3
Entraînement no 1 : 3x 2 min. course / 1 min. marche, 3x 3 min. course / 1 min. marche, 3x 2 min. course / 1 min. marche (total: 30 min)
Entraînement no 2 : 6x 3 min. course / 1 min. marche (total: 24 min)
Entraînement no 3 : 2x 3 min. course / 1 min. marche, 3x 4 min. course / 1 min. marche (total: 23 min)

Semaine 4
Entraînement no 1: 6x 4 min. course / 1 min. marche (total: 30 min)
Entraînement no 2: 4x 5 min. course / 1 min. marche (total: 24 min)
Entraînement no 3: 1x 10 min course / 10 min. marche rapide (total: 20 min)


Semaine 5
Entraînement no 1: 6x 5 min. course / 1 min. marche (total: 36 min)
Entraînement no 2: 2x 6 min. course / 1 min. marche, 3x 5 min. course / 1 min. marche (total: 32 min)
Entraînement no 3: 3x 7 min. course / 1 min. marche (total: 24 min)

Semaine 6
Entraînement no 1: 3x 8 min. course / 1 min. marche (total: 27 min)
Entraînement no 2: 5x 8 min. course / 1 min. marche (total: 45 min)
Entraînement no 3: 3x 9 min. course / 1 min. marche (total: 30 min)

Semaine 7
Entraînement no 1: 1x 15 min / 10 min. marche rapide (total: 35 min)
Entraînement no 2: 2x 10 min. course / 2 min. marche (total: 22 min)
Entraînement no 3: 1x 20 min course / 10 min. marche rapide (total: 30 min)

Semaine 8
Entraînement no 1: 2x 15 min. course / 2 min. marche rapide (total: 32 min)
Entraînement no 2: 1x 25 min course / 15 min. marche rapide (total: 30 min)
Course 5 km ou entraînement 5 km sans s’arrêter !

Mon prochain billet parlera de la partie mentale de l’entraînement et je partagerai avec vous des tuyaux pour garder la motivation. D’ici là, sortez vos agendas, planifiez vos jours d’entraînement et commencez à courir !

Je me réjouis de suivre vos progrès sur les médias sociaux. Utilisez les hashtags #LeTemps5km et #5kmAvecCora lorsque que vous partagez vos expériences sur Twitter et Instagram. Vous pouvez également me mentionner dans vos « stories » et « posts » sur Instagram (www.instagram.com/coraline_chapatte) ou dans vos tweets (www.twitter.com/coraline_ch).

Courir 5 km sans s’arrêter : choisir ses chaussures de course à pied

Que diriez-vous de terminer l’année en courant 5 km sans vous arrêter ? Les raisons qui vous poussent à vouloir commencer la course à pied peuvent être multiples : vous faire des amis, perdre du poids, vous remettre au sport, passer du temps seul.

Vous trouverez dans mon précédent billet « Courir 5 km sans s’arrêter : avant de commencer », les trois étapes obligatoires avant même de fouler votre tout premier kilomètre : le contrôle médical, le choix de l’équipement et la gestion des proches.

Parlons aujourd’hui de l’achat des chaussures de course à pied.

 

Les 4 règles d’or de l’achat d’une paire de chaussures de course à pied

– Le prix n’est pas forcément un signe de qualité.
– La marque ou le modèle préféré d’untel n’est pas nécessairement la marque ou le modèle qui vous conviendra.
Essayez toujours vos chaussures avant de les acheter. Donc oui, c’est une mauvaise idée de commander ses chaussures de course à pied sur internet !
– Le type de chaussures varie selon le terrain. Une chaussure pour courir sur l’asphalte n’a pas les même spécificités techniques qu’une chaussure utilisée en forêt.

 

L’achat en magasin

Le mieux est de se rendre dans un magasin offrant la possibilité d’effectuer une analyse de la foulée et des particularités anatomiques du pied (pronation, supination) pour trouver le modèle adapté à votre pied.

Emmenez avec vous des chaussettes de sport (non, pas de jolies et fines soquettes, mais de vraies chaussettes de sport) et portez-les pour essayer vos futures chaussures. Lorsque vous avez trouvé le modèle qui vous convient, demandez impérativement à essayer le pied gauche ET le pied droit. Ceci est important, car il est fréquent qu’un pied soit un peu plus grand que l’autre.

Si possible, gardez le modèle choisi aux pieds au moins dix minutes et promenez-vous avec dans le magasin. Si vous n’êtes pas sûrs à 100%, revenez le lendemain et essayez à nouveau les chaussures ou allez dans un autre magasin pour essayer d’autres modèles. N’achetez jamais une paire de chaussures sans en être totalement convaincue.

 

Conseils d’utilisation et d’entretien des chaussures de course à pied

– N’utilisez pas une chaussure « trail » (destinée aux sentiers et aux chemins forestiers) sur l’asphalte. Vous glisseriez sur l’asphalte et en plus, vous abîmeriez bien trop rapidement la semelle spécialement fabriquée pour être utilisée sur les chemins de terre.
Ne lavez jamais vos chaussures dans la machine à laver. Si elles sont un peu sales ou boueuses, laissez-les sécher et un coup de brosse suffira. Si elles sont vraiment très sales, lavez-les sous un filet d’eau ou dans un seau mais ne les laissez pas tremper plus de 10 ou 15 minutes. Utilisez du shampoing pour les nettoyer (l’assurance que le produit n’est pas trop agressif).
– Ne faites pas sécher vos chaussures sur un radiateur (risque de durcissement des matériaux utilisés), ni en plein soleil.

 

Mon prochain billet vous proposera un plan concret d’entraînement pour courir 5 km sans vous arrêter en deux mois. D’ici là, si ce n’est pas encore fait, lisez mon premier billet « Courir 5 km sans s’arrêter : avant de commencer » et… trouvez une paire de chaussures de course adaptée à vos pieds.

Vous pouvez partager vos expériences sur Twitter et Instagram en utilisant les hashtags suivant #LeTemps5km et #5kmAvecCora. Il sera ainsi plus simple pour moi de suivre vos progrès et de vous motiver !

Courir 5 km sans s’arrêter : avant de commencer

De plus en plus de personnes souhaitent s’adonner à la course à pied. Les raisons sont multiples. Avoir un mode de vie plus sain. Perdre du poids. Passer du temps seul avec soi-même ou alors au contraire courir pour rencontrer de nouvelles personnes. Peut-être même devenir un modèle pour ses enfants.

Pour beaucoup courir représente quelque chose d’impossible. Voire même d’inimaginable. Et il n’est pas rare d’entendre, « Après deux minutes, je suis à bout de souffle. », « J’arrive au maximum à courir 1 km sans m’arrêter. », « Je me demande bien comment ils font pour courir un semi-marathon. ».

Allons-y étape par étape, que diriez-vous de parvenir à courir 5 km sans vous arrêter ? Et en bonus avec le sourire sur les lèvres ? Si vous êtes prêts, allons-y.

Durant les deux prochaines semaines, je vous livrerai tous les tuyaux pour courir sans s’arrêter 5 km en l’espace de deux mois. Premier volet aujourd’hui : les trois étapes incontournables avant d’enfiler, pour la toute première fois, ses chaussures de course à pied.

1) Le contrôle médical
Avant de commencer toute activité physique, il est recommandé de prendre rendez-vous avec votre médecin et de lui parler de vos projets. Selon les antécédents médicaux familiaux, il pourra vous demander d’effectuer un électrocardiogramme ou diverses analyses.

 

2) L’équipement
Il est primordial de courir avec des chaussures de… course à pied. Une chaussure de course à pied possède certaines particularités que l’on ne retrouve pas dans d’autres types de chaussure : absorption des chocs, adhérence au sol, tenue du pied, matériel permettant au pied de transpirer. Il n’est pas forcément nécessaire d’acheter la plus chère chaussure mais laissez-vous conseiller et surtout essayez plusieurs modèles avant de faire votre achat. Je reviendrai plus longuement dans mon prochain billet sur le choix des chaussures de course à pied.

Au niveau des vêtements, pas de coton mais des textiles permettant la régulation de l’humidité produite par la transpiration. Le coton, une fois mouillé, sèche difficilement et l’on risque de prendre froid lorsque l’on ralenti ou que l’on s’arrête et en plus, il devient lourd.

 

3) Les proches
Parlez de votre projet avec vos proches. Votre partenaire, vos enfants, votre meilleur(e) ami(e) pourront soit avoir le rôle de « motivateurs » ou de « stoppeurs » dans l’accomplissement de votre projet. Il est donc nécessaire d’identifier qui pourrait vous mettre des batons dans les roues avant de commencer. Tout comme qui sera d’un soutien inconditionnel. En cas de baisse de motivation, il vaudra mieux alors vous tourner vers les « motivateurs » et rester éloigné des « stoppeurs ».

Si vous êtes prêts, d’ici mon prochain billet qui s’intitulera « Courir 5 km sans s’arrêter : choisir ses chaussures de course à pied », prenez rendez-vous avec votre médecin, équipez-vous de vêtements respirant et identifiez les « motivateurs » et les « stoppeurs » qui vous entourent.

 

Vous pouvez partager vos expériences sur Twitter et Instagram en utilisant les hashtags suivant #LeTemps5km et #5kmAvecCora. Il sera ainsi plus simple pour moi de suivre vos progrès et de vous motiver !

Que manger après le sport ?

Entraînement terminé. Une douche et hop, on file au bureau ou à la maison. STOP. On se douche, ON MANGE et ensuite seulement on vaque à ses occupations. L’alimentation après une séance de sport est tout aussi importante que celle la précédant.

 

La semaine dernière, dans mon billet “Que manger avant le sport ?”, j’ai partagé avec vous des idées de snacks et de repas à consommer avant un entraînement ou une compétition. Parlons aujourd’hui de nutrition après l’effort.

Le contenu et le moment de la prise de nourriture sont primordiaux. Il est recommandé de manger durant les 30 à 60 minutes suivant l’effort car c’est à ce moment-là que les dépôts de glycogène sont à leur niveau le plus bas.

Si vous en avez la possibilité, il est même préférable de manger quelque chose durant les 20 premières minutes suivant l’entraînement. Vous pouvez boire un verre ou une petite brique de lait chocolaté ou manger une banane. Tous les deux accompagnés d’eau minérale.

 

 

Et, entre 30 et 60 minutes, vous pouvez choisir parmi les idées de repas ci-dessous :

  • Poulet grillé accompagné de légumes et d’une tranche de pain complet
  • Omelette avec un demi-avocat
  • Un bol de pois chiches cuits à la vapeur, un bol de yoghourt grec, salade d’épinards crus ou salade verte et 3 ou 4 cuillères à soupe de sarrasin
  • Salade verte avec thon light et une tranche de pain complet
  • Œufs brouillés aux épinards et au sarrasin (3 ou 4 cuillères à soupe de sarrasin préalablement cuit)
  • Salade d’épinards crus, ricotta (non grasse) avec une poignée de pois chiches préalablement cuits
  • Salade verte, 4 cuillères à soupe de quinoa et un bol de yoghourt grec
  • Un bol de lentilles vertes, un verre de lait, salade verte et une tranche de pain complet

 

 

Les petits conseils de Cora en termes d’alimentation avant et après le sport:

  • Quand vous faites du vélo, mélangez de l’eau normale avec de l’eau minérale dans l’une de vos gourdes (apports de minéraux).
  • Durant les longs entraînements, veillez à varier les suppléments que vous utilisez. Par exemple, consommez en alternance gels et figues/dattes (votre estomac vous en sera reconnaissant).
  • Au réveil, buvez deux verres d’eau et juste avant de vous couchez, un verre d’eau.
  • Avant vos entraînements, ne consommez pas toujours la même chose, mais variez les snacks et découvrez lesquels vous conviennent le mieux.
  • Faites attention aux quantités d’amandes et de noix que vous consommez (de façon générale 5 – 8 amandes crues et 5 – 8 noix sont suffisantes)

 

 

 

 

 

 

  • Veillez à ajouter avec attention l’huile dans vos salades, 1 à 2 cuillères à café d’huile par personne sont suffisantes (ne versez pas directement l’huile depuis la bouteille dans le saladier !). Si vous ne désirez pas ajouter d’huile à vos salades, vous pouvez la remplacer par 5 amandes ou 5 ou 6 olives.
  • Buvez de l’eau! Lorsque vous ne faites pas de sport, buvez au minimum 1.5 litres d’eau par jour. Lorsqu’il fait chaud ou que vous faites du sport, vous pouvez consommer jusqu’à 2.5 – 3 litres d’eau (sans compter l’eau que vous buvez durant l’entraînement).
  • Veillez à dormir suffisamment. Lorsque vous êtes reposé, vous aurez moins faim (lorsque nous sommes en manque de sommeil, nous avons constamment faim) et des nuits longues de 7 heures et plus ont un effet bénéfique sur le brûlement des graisses par le corps.
  • Ne soyez pas trop durs avec vous-mêmes. Nous ne sommes pas des machines et même quand nous essayons de faire le mieux possible, il arrive que nous fassions des écarts. C’est tout à fait normal.

 

 

Remarque: Je ne suis pas diététicienne, mais sportive depuis de longues années et je partage avec vous mes expériences. Si vous avez des problèmes de santé ou alimentaires, veuillez s’il-vous-plaît discuter avec votre docteur ou diététicien.

Le prochain thème que j’aborderai sera un sujet traité en plusieurs volets : “Comment courir 5 km sans s’arrêter ?”. D’ici là, mettez en pratique ce que vous avez appris concernant l’alimentation AVANT et APRÈS le sport et ne négligez pas vos heures de sommeil… A bientôt !

 

Que manger avant le sport ?

N’importe qui faisant du sport l’a déjà vécu: vous êtes sur le point de commencer votre entraînement et votre ventre gargouille. Que faire ? Manger quelque chose, avec le risque d’avoir des crampes d’estomac ? Ou alors ne rien manger, mais avec un peu de chance vous vous retrouverez sans énergie en plein milieu de votre effort ? Et si vous décidez de manger quelque chose, que préférer? Une barre protéinée, une poignée de noix ou un fruit ?

Il faut garder en tête que l’alimentation pré-entraînement ne devra jamais vous donner le sentiment d’être ballonné. De façon générale, il est important de manger quelque chose avant de s’entraîner (on abordera les situations dans lesquelles cela pas nécessaire plus tard). En effet, faire du sport avec l’estomac vide peut conduire dans le pire des cas à une rupture du tissu musculaire, car sans énergie apportée par de la nourriture les muscles seront transformés en glucose pour fournir l’énergie dont a besoin le corps. Et que l’on veuille augmenter la masse musculaire ou perdre de la graisse, ce n’est définitivement pas l’effet recherché.

Lorsque l’on veut parler de nutrition pré-entraînement, les deux notions fondamentales suivantes sont à garder en tête: moment et intensité.

1) Le moment
La règle générale est la suivante : « plus l’entraînement est proche, plus le repas devra être simple ». Si vous mangez deux ou trois heures avant, la nourriture aura le temps d’être absorbée par votre appareil digestif, transformée et acheminée dans le sang et les organes. Pour cette raison, vous pouvez choisir un repas contenant des protéines, des fibres et des corps gras qui demandent du temps à être digérés. Donc si seule une heure vous sépare de votre entraînement, vous devez manger quelque chose qui se digère et sera absorbé rapidement par le corps. Si vous mangez un aliment qui ne se digère pas rapidement, cela ne servira à rien en termes d’énergie mais cela alourdira en plus votre estomac et pourra conduire à des crampes et un état de somnolence. Tout le contraire de ce que l’on recherche lorsque l’on veut tirer le meilleur d’une séance d’entraînement.

2) L’intensité
Le deuxième paramètre à garder en tête est l’intensité de l’entraînement. Il serait faux de penser que chausser ses baskets justifie un copieux en-cas ! C’est l’effort que vous allez mettre dans votre entraînement qui va définir ce que vous allez manger avant d’aller transpirer. Plus l’effort est intense, plus la nourriture doit être digérée facilement et rapidement. Et plus, elle doit absorbée et transformée par le corps avant l’entraînement. La raison ? Vous aurez envie que tout votre énergie soit dédiée à l’effort et non pas que votre corps utilise une partie de son énergie pour la digestion.

Un entraînement à faible intensité comme par exemple une marche de 30 minutes ne requiert aucune alimentation préalable. Il en va de même pour une leçon de Pilates ou de yoga ou un jogging à allure modéré ne dépassant pas une heure. Non, il n’est nécessaire de vous alimenter avant une session d’entraînement de faible intensité ! Un exemple en chiffres peut-être ? Vous prévoyez de passer une soixantaine de minutes sur une vélo elliptique et vous brûlerez 350 calories ? Renoncez à consommer un snack de 200 calories avant ! Beaucoup de personnes font l’erreur de ne pas tenir compte de l’intensité de leur entraînement lorsqu’il s’agit de s’alimenter.

Autre conseil, si vous faites du sport entre deux et quatre heures après un repas principal, il n’est pas nécessaire de consommer quelque chose de supplémentaire avant celui-ci. Dans ce cas, une bonne idée de repas pourra être : blanc de poulet, salade et quinoa ou riz complet.

 

Idées de snacks avant le sport

2 – 3 heures avant un entraînement d’intensité moyenne, vous pouvez manger un repas complexe, car le temps est suffisant pour la digestion. Exemples:

  • sandwich au pain complet avec fromage non gras, tomates et persil
  • sandwich au pain complet avec dinde ou poulet non gras, feuilles de salade
  • blancs de poulet / dinde, riz complet / quinoa / 1 – 2 tranches de pain complet, salade mêlée

 

1 – 2 heures avant un entraînement d’intensité moyenne, il faudra préférer des aliments se dirigeant et étant intégrés rapidement dans le sang et par les organes. Des flocons d’avoine ou du sarrasin mélangé à du lait ou du yoghourt sont un bon exemple de snacks car ils se digèrent facilement et les produits laitiers apportent en plus suffisamment de protéines. Vous trouverez quelques autres idées ici:

  • 4 cuillères à soupe de flocons d’avoine et une petite banane
  • une barre protéinée (faites attention à la composition, particulièrement à la teneur en graisse et en sucre)
  • entre 1/3 et 1/4 d’une tasse de pois chiches préalablement cuits
  • 2 blancs d’œuf
  • 1/4 tasse de fruit secs (abricots, ananas et baies)
  • 1 tranche de pain complet tartinée avec une cuillère à café de confiture, miel ou beurre de cacahuète
  • 4 cuillères à soupe de flocons d’avoine trempés dans l’eau et un fruit frais coupé en morceaux
  • 1 tranche de pain complet avec dessus une banane coupée en morceaux et saupoudrée de cannelle
  • 4 cuillères à soupe de flocons d’avoine dans un bol de yoghourt ou de lait, le tout saupoudré de cannelle
  • un bol de yoghourt avec 5 ou 6 amandes crues ou 3 ou 4 noix
  • 1 pomme (de préférence verte) et une cuillère à café de beurre de cacahuète

 

Moins d’une heure avant un entraînement d’intensité moyenne, les options sont moindres car il reste peut de temps au corps pour digérer et absorber les nutriments. Un verre de lait light au chocolat ou une petite banane sont des snacks rapides et pratiques lorsqu’il vous reste peu de temps avant votre entraînement.

 

Notes :

  • Pour tout entraînement ne dépassant pas une heure et fait à une faible intensité, il n’est pas nécessaire de manger quelque chose avant. Si vous avez envie, vous pouvez boire un café filtre sans lait. Mais si votre entraînement dure plus d’une heure ou qu’il sera fait à une forte intensité, vous pouvez choisir un snack parmi les exemples ci-dessus.
  • Si votre entraînement dure longtemps, par exemple 2 h de course à pied, plusieurs heures de vélo ou un entraînement combiné de triathlon, il est recommandé de façon générale de consommer entre 30 et 60 grammes d’hydrates de carbone par heure. Vous pouvez utiliser des gels et des barres protéinés ou consommer des figues ou des dattes.

Remarque: Je ne suis pas diététicienne, mais sportive depuis de longues années et je partage avec vous mes expériences. Si vous avez des problèmes de santé ou alimentaires, veuillez s’il vous plaît discuter avec votre docteur ou diététicien.

J’aborderai dans mon prochain billet la question de l’alimentation après le sport (“Que manger après le sport ?”). D’ici là, testez ces différents snacks, enfilez vos baskets et transpirez bien…!

Nage en eau libre: un papillon dans la machine à laver

L’eau. Qui glisse le long du corps. Le corps qui glisse dans l’eau. Ce corps propulsé en avant par les jambes qui sans discontinuer battent de haut en bas. Respiration à gauche. Trois rotation de bras. Respiration à droite. Une vague qui arrive. Deux rotations de bras. Une nouvelle respiration. L’eau qui devient résistance. Lourde. Immuable. Les jambes qui continuent de battre. Une respiration. Un coup d’œil à la surface. De l’eau encore et toujours. Une vague. Deux gorgées salées avalées. La légèreté tout à coup. Le sentiment de ne faire plus qu’un avec elle. L’eau. Un retour instinctif aux sources. Primitif. Intemporel. Magique.

Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Zeynep Sezerman
Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Zeynep Sezerman

 

La longue route de l’apprentissage

Mi-mai, j’ai participé aux Championnats Aquamasters de natation à Marmaris en Turquie. Comme je l’avais déjà évoqué brièvement dans un précédent billet (Réussir son premier triathlon), la natation est pour moi un sport relativement nouveau. Bien sûr comme tout enfant suisse, j’ai appris à nager la brasse depuis mon plus jeune âge. J’ai même, pendant deux ans, fait partie du club de sauvetage de ma commune. Mais autant étonnant que cela puisse paraître, je n’ai jamais appris à nager le style libre (que nous appelons tous le crawl).

L’an dernier quand j’ai passé de la course à pied au triathlon (Le passage de la course à pied au triathlon), j’ai vite compris que si je n’apprenais pas à nager en style libre, j’allais perdre un temps et une énergie considérable durant les compétitions de triathlon. La première fois que je suis allée à la piscine, je pouvais au grand maximum nager 150 mètres en crawl. Et ensuite un sentiment de suffocation et d’étouffement s’emparait de moi. Quand ça ne tournait pas à la panique. J’ai eu la chance de travailler durant trois ans comme guide de plongée et photographe sous-marin au Sud de la Turquie, donc j’étais totalement sûre que je n’avais pas peur de l’eau. Je pouvais également nager les bassins sans les compter en brasse coulée. Mais nager le crawl semblait tout simplement mission impossible.

A raison de deux ou trois fois par semaines pendant des mois, me rendre à la piscine était un peu comme aller au bagne. Bonnet de bain, lunettes de natation et une heure à me battre avec l’eau. Et je crois sincèrement que toute seule je n’y serais pas arrivée. Je nage avec une équipe amateur de natation, Yüzmemania. Pour un adulte qui désire améliorer sa technique de natation, nager sous la supervision d’un entraîneur est primordial.

 

Un pouls qui joue au yo-yo

Ne faire plus qu’un avec l’eau. C’est le sentiment que j’ai eu après environ vingt minutes passée dans l’eau. Aux championnats internationaux à Marmaris, j’ai pour la première fois en compétition nagé trois kilomètres en mer. Mais avant de ne faire plus qu’une avec elle, je suis passé par des états d’âme étonnants. Pour vous aider à comprendre, imaginez une plage de laquelle s’élancent en même temps 650 personnes. Avant le début de la course, contrôle obligatoire et individuel de chaque participant : les ongles doivent être coupés très courts, boucles d’oreille, montres classiques ou montres GPS, bracelets sont interdits. Donc, c’est un peu comme se retrouver à nu. Le coup de pistolet claque dans l’air et c’est une masse indistincte de bras, jambes et de bonnets colorés qui entre dans l’eau. L’excitation de la course fait galoper le pouls. Et puis tant bien que mal chacun essaie de s’éloigner de la plage. Un vrai entrelacs de jambes et de bras. Les coups fusent. Le sentiment d’être dans une machine à laver dont le programme d’essorage est au maximum. Le rythme cardiaque augmente encore un peu plus. Un peu d’espace devant soit et finalement il est possible de commencer à nager correctement. Le pouls redescend un peu. Le cerveau essaie de prendre contrôle de la situation. Le regard essaie tant bien que mal de distinguer la première bouée indiquant donc le cap à tenir pour la rejoindre. Les capteurs sensoriels commencent à transmettre au cerveau que l’eau n’est pas si chaude que cela. S’en suivent quelques secondes de tétanie. La première bouée paraît soudainement tellement loin. A gauche et à droite des nageurs qui passent. De l’eau partout.

Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Aquamasters

 

Respecter la force de la mer

La première image qui m’est venue à l’esprit à ce moment-là : nous étions tous les rescapés d’un navire qui a coulé et nous essayions de rejoindre une hypothétique terme ferme. Chacun est seul. Passées ces trente secondes de tétanie qui m’ont semblé durer de longues minutes, j’ai essayé de retourner dans ma routine. Deux mouvements de bras, une respiration, parfois trois et une respiration. Les vagues dictent le rythme. La première clé se trouve là. Nager en pleine mer c’est tout d’abord respecter sa force à elle. Elle est par nature plus forte que nous. La sentir. L’aimer. Ne pas résister à cette eau qui défile.

Les minutes passent. La première bouée se rapproche. Elle est contournée. Deuxième bouée en vue. Et tout à coup, tout devient facile. Étonnamment facile. Comme si se retrouver au beau milieu de la mer avec la terme ferme la plus proche à un kilomètre était la chose la plus naturelle. Ces trois km en mer ont pour moi duré une heure et dix-sept minutes. Et ils m’ont permis d’entrer dans un magnifique état méditatif. Une transe. Profonde et passionnante. Mais impossible à traduire en mots.

Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Wiltrud Kip
Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Wiltrud Kip

 

Dépasser le choc

Oui, nous sommes clairement des être terriens. Nous nous sentons en sécurité sur la terre ferme. Nous nous y déplaçons facilement. Ceci est indiscutable et n’a nul besoin d’être remis en question. Une fois que nous nous retrouvons dans l’eau, le corps subit un espèce de choc. Il a besoin de s’adapter. Cela peut être déroutant, inconfortable et pour avoir discuté avec des nageurs expérimentés, tout le monde passe par un temps d’adaptation pouvant aller de quelques secondes à plusieurs minutes. Surmonter cette période peut être un peu difficile pour les nageurs débutants car le sentiment d’inconfort peut se transformer en panique, d’où donc la nécessité de nager en groupe et sous supervision. J’ai essayé de comprendre pourquoi nous vivions cela. J’ai eu l’impression que c’était comme si le corps, le système nerveux, notre être en entier dans un premier temps refusaient le passage de la terre ferme à l’état liquide. Mais qu’une fois que nous avions accepté et surtout fait comprendre à notre cerveau que nous étions dans l’eau et loin de la terre ferme de façon volontaire et que tout était sous contrôle (ceci est une de clé pour ne pas céder à la panique), il se passe un phénomène intéressant. Ou du moins, j’ai vécu quelque chose de curieux et presque métaphysique.

Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Zeynep Sezerman
Aquamasters Marmaris, 2017. Photo credit: Zeynep Sezerman

 

Du cocon au papillon

J’ai tout à eu l’impression de ne faire plus qu’un avec l’eau. Je veux dire il n’y avait plus de résistance, ni la moindre once de peur, je nageais de façon totalement automatique. En fait je ne me sentais pas nager, c’était ça le plus étonnant. Je pense que j’ai de nouveau vécu une expérience de flow, concept que j’avais évoqué dans mon dernier billet (Le peak flow ou l’élixir de l’effort). Mais ce flow-là était un peu différent. C’était comme si mes gènes avaient conservé une trace de leur passage de neuf mois dans le liquide amniotique avant mon arrivée sur la terre ferme. Je me sentais dans un cocon de sérénité. En osmose parfaite avec les énergies, le soleil, les vagues.

La côte s’est tout à rapproché, sous mon corps soudain le fond est réapparu. Il était temps de sortir du cocon. Et tel un papillon qui déploie ses ailes, j’ai posé mes pieds sur le sol et suis sortie de l’eau. Un peu chancelante. Mais profondément heureuse. Après avoir passé une heure et dix-sept minutes dans les flots, tout s’est accéléré : la soif, la faim, les muscles ont commencé à tremblé sous l’effet du relâchement musculaire. Quelques petites larmes aussi. De bonheur, de fierté et d’émotions. Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de vivre un voyage aux sources de sa vie.

 

Notes :
La course des 3 km en mer constituait ma sixième et dernière compétition dans le cadre des championnats Aquamasters de Marmaris en mai et j’ai pris le quatrième rang dans ma catégorie d’âge. Au total durant ces championnats internationaux, j’ai gagné cinq médailles: 50 m brasse (bronze), 100 m brasse (argent), 200 m brasse (bronze), 400 m nage libre (bronze), 4 x 500 m relais en mer (bronze).

Si vous êtes curieux d’en savoir un peu plus sur la façon dont je m’entraîne et me suivre durant mes prochaines compétitions, vous pouvez me suivre sur Instagram et Twitter

Le peak flow ou l’élixir de l’effort

Soudainement, le temps n’existe plus. Tout comme la sensation d’effort. La tête est vide. Mais tout est aussi plus intense. Logique. Comme si le moment avait déjà été vécu. Un sentiment de bonheur apparaît. Pas futile, mais profond. Une ivresse sobre.

Devenir le moment

J’ai vécu ce moment lors du Gloria Ironman 70.3, à Antalya, au Sud de la Turquie, en octobre dernier. Après les 1.9 km de natation en mer, au cinquantième kilomètre des 90 km du parcours vélo, je suis entrée dans cet état. C’était littéralement magique. Je disputais mon premier Ironman 70.3 et voilà que j’avais le sentiment d’avoir déjà participé à l’édition de la course dans laquelle je me trouvais. Un sentiment de déjà vécu troublant mais agréable. Lancée à près de 30 km/h sur mon vélo de course en position de contre-la-montre, le vent claquait sur mon visage et j’étais là sans être là. Par moment, je me voyais depuis en haut pédaler sur mon vélo. Par fraction de secondes, je me dématérialisais. Je n’avais plus besoin de commander à mes jambes de pédaler, ni à mes mains de changer les vitesses, ni même encore à faire attention à un éventuel obstacle ou concurrent. J’étais en osmose totale avec le moment présent. J’étais devenue le moment. Sans en être consciente, j’avais atteint le peak-flow. Cet état reconnu pour la première fois en 1990 par le psychologique hongrois Mihaly Csikszentmihalyi.

“L’atteinte du peak flow, c’est devenir le moment lui-même.” Coraline Chapatte

Pour la petite histoire, je suis en train de préparer un Master en psychologie du sport à l’Université de Marmara à Istanbul (Université la plus réputée dans le domaine du sport en Turquie) et dans le cadre d’un des cours que je suis, j’ai choisi comme sujet le « peak flow » sans exactement savoir à quoi cela correspondait. Lors de mes recherches, j’ai alors découvert que cette notion en psychologie, je la connaissais bien en fait.

Entrer dans la zone

Csikszentmihalyi a défini le flow comme un phénomène se manifestant quand un individu perçoit un équilibre entre ses compétences personnelles et la demande de la tâche. Non seulement les sportifs entrent de ce que l’on appelle aussi la « zone », mais les musiciens, particulièrement les solistes et les étudiants quand ils sont en séance de répétitions intenses, par exemple, connaissent des états de flow.

Ayrton Senna, en 1988 avait durant les qualifications du GP de Monaco, déclaré avoir l’impression de piloter sa voiture au-delà des ses limites, de ne plus la conduire de façon consciente, mais de façon inconsciente.

Pour moi, ce qui a été absolument bluffant et incroyable a été d’expérimenter cet état si facilement. J’ai ensuite compris dans le cadre de mes recherches à l’Université que la visualisation mentale que j’effectue avant chaque compétition a en fait une importance primordiale pour atteindre cet état. Je reviendrai plus en détail sur la préparation psychologique d’avant-course dans un prochain billet.

Il semble aussi que nous ne soyons pas tous égaux à l’aptitude d’entrer dans le flow ou non. Pour illustrer cela concrètement, pensons à la vie quotidienne. Réfléchissez, quel est votre degré à vous investir dans une activité sans en attendre de récompenses extérieures (un compliment, un cadeau, un salaire, etc.) ou sans y être contraint ? Qui parvient à réaliser une activité pour la simple gratification qu’elle procure en elle-même ? On parle d’autotélisme. Et lors d’une activité sportive entrer dans le flow, c’est en fait simplement vivre une expérience autotélique.

Evidemment, personne ne peut vivre constamment dans cet état, car nous sommes tous obligés par nécessité ou par devoir de faire des choses qui ne nous plaisent pas. Csikszentmihalyi a même établi une gradation entre les gens qui n’ont presque jamais l’impression de se faire plaisir et ceux qui considèrent presque tout ce qu’ils font comme important et valable en soi.

Je ne m’hasarderai pas à affirmer que le sport favorise l’autotélisme, mais je peux affirmer que le sport est un bon moyen de découvrir cet état. Et en le reconnaissant et en l’apprivoisant, peut-être que vous pourrez comme moi y entrer plus facilement dans la vie de tous les jours et ainsi parvenir à vous détacher des attentes récurrentes que la société nous pousse à avoir. A vivre l’instant présent. Et à le savourer pour son essence.

Bouger pour méditer

Jusqu’à aujourd’hui, mes billets ont essentiellement parlé de sport, d’effort, d’entraînement et de compétitions. Comme vous le savez, je suis une triathlète. Qui dit triathlon, dit natation, vélo et course à pied. En plus de la diversité des sports, le temps passé à s’entraîner est long. Le triathlon demande de l’endurance et pour l’entraîner et l’améliorer les séances d’entraînements ressemblent le plus souvent à des demi-journées de sport plutôt qu’à une ou deux heures de sport par ci, par là.

Dimanche, lors de mes deux heures trente minutes et 70 km de vélo (qui ont ensuite été suivies par 30 min de course à pied en fractionné), j’ai eu le temps de réfléchir. Autant je ne suis pas très douée pour méditer dans la vie quotidienne, je veux dire, quand je me sens pas très bien. Je peine à fermer les yeux, à me concentrer sur moi-même et sur mes pensées, mais dès le moment où je commence à m’entraîner, dès que mon pouls s’accélère sous l’effet de l’effort, sans que je le veuille mon esprit entre en état méditatif.

“Au fil des kilomètres qui défilent sous mes roues, j’ai compris qu’en plus de constamment espérer un meilleur futur, un lendemain plus excitant, nous nous comportions de façon stratégique.” Coraline Chapatte, crédit photo : Berk Mercanci

L’impatience.

Le temps se réchauffe gentiment. Le printemps est finalement en train de s’installer. L’hiver a été long. Froid. Il a plu. Neigé. Nous attendions tous le soleil. Des journées plus chaudes. Nous attendions peut-être aussi des nouvelles. Des réponses. Attendre n’est pas facile. Pour moi, l’attente est un peu terrifiante. Je n’aime pas attendre. J’ai l’impression de perdre mon temps quand j’attends. C’est peut-être pour cela que j’ai tendance à être en retard.

Depuis quelques années, nous avons accès à tout de façon immédiate. Grâce à nos téléphones, aux médias sociaux, à internet. Nous avons oublié ce qu’est l’attente. Être impatient est devenu une norme. Nous préférons envoyer un message sur whatsapp plutôt qu’un mail car la réponse sera plus rapide. Nous avons oublié la patience et surtout sa valeur. La petite chose, le petit extra qu’elle donne à ce que nous attendons. Oui, lorsque nous allons recevoir ou finalement vivre ce dont nous avons tant espéré et attendu, nous allons alors mieux l’apprécier. Le sentir plus intensément. L’aimer plus fort.

La stratégie.

Ne rien précipiter. Ralentir. S’arrêter peut-être même. Ce sont les mots-clés. Ré-apprenons à apprécier les moments creux. A se laisser porter par le courant de la vie. Au fil des kilomètres qui défilent sous mes roues, j’ai compris qu’en plus de constamment espérer un meilleur futur, un lendemain plus excitant, nous nous comportions de façon stratégique. Nos actions sont de moins en moins spontanées et s’ancrent dans ce que nous croyons être une logique ou une rationalité juste.

Le vent s’écrasait sur mon visage. Il a commencé à pleuvoir tout à coup. Les éléments s’étaient mis à pleurer pour moi. Je n’étais pas particulièrement triste ni mélancolique. Mais, je me sentais bizarre. Presque vide. Comme si je flottais à quelque centimètres du bitume. J’ai alors compris que j’étais en train de mettre le doigt sur quelque chose d’important. J’ai continué de pédaler. Et tout à coup, j’ai compris. Laisser faire les choses. Faire confiance à la vie. Écouter sa voix intérieure. Des choses que j’essaie de faire depuis des mois. Et je ne suis pas la seule. La plupart des gens avec qui j’interagis parlent d’énergies, de destin, de pensée positive et d’être sur la même longueur d’ondes. Mais en même temps, nous n’avons jamais autant qu’aujourd’hui agi de façon stratégique. Dans notre interaction avec les autres.

Les règles du jeu.

Mais qu’est-ce qui nous pousse donc à tenir des comptes concernant nos paroles et nos actions ? Venons-en au faits. Pourquoi est-ce si difficile en 2017 d’exprimer ce que nous ressentons ? De dire avec des mots ce que notre cœur essaie d’exprimer. Pourquoi tenons-nous deux discours différents ? « Oui, je me laisse porter par le courant de la vie et je crois au destin » et en même temps, « non, ce n’est pas moi qui vais lui envoyer un message en premier car c’est à lui/elle de me contacter en premier » Voilà la manière dont nous nous comportons et exprimons notre intérêt pour l’autre. Nous fixons des règles, nos propres règles, les appliquons et puis jouons.

Je sais. Un sourire est en train de naître sur vos lèvres. Mais il en est ainsi. Je n’ai pas l’intention de d’apporter ici des solutions toutes faites ni mêmes des réponses. Ou même encore de faire sentir qui que ce soit coupable. J’ai simplement envie de nous faire réaliser que nous devrions arrêter de jouer avec nos propres sentiments et par extension avec ceux des autres.

“Écoutez votre voix intérieure. Respirez profondément et arrêtez de jouer un jeu dont les règles sont écrites nulle part. Il est temps de commencer à vivre. Et de méditer.” Coraline Chapatte, crédit photo : Semih Berk

Stop.

Vivre c’est partager. Être dans le moment présent. Envoyer de bonnes ondes. Faire des surprises. Des fois, c’est aussi prendre des risques. Mais ce n’est pas calculer le nombre de jours après lesquels vous pouvez rappeler quelqu’un avec qui vous pourriez peut-être tomber amoureux, mais en fait vous n’en êtes pas vraiment sûrs parce que la copine de votre copine vous a dit qu’il ou elle aurait dû vous envoyer un message dans l’heure qui a suivi le deuxième café que vous avez pris ensemble après avoir annulé trois fois de façon délibérée une précédente rencontre… Vous comprenez où je veux en venir ? Stop. Stop. Fermez les yeux. Écoutez votre voix intérieure. Respirez profondément et arrêtez de jouer un jeu dont les règles sont écrites nulle part. Il est temps de commencer à vivre. Et de méditer. Que ce soit de façon « traditionnelle » ou comme moi sans vraiment vous en rendre compte lors de vos entraînements.

La petite voix.

J’ai posé mon vélo, changé mes chaussures et me suis élancée pour mes 30 minutes de course fractionnée. Une fois terminé, j’ai synchronisé ma montre, jeté un coup d’œil aux données d’entraînement, mais pour une fois ni ma vitesse, ni mon rythme cardiaque n’avaient vraiment d’importance. Car rien ne peut mesurer la joie de parvenir à laisser sa petite voix s’exprimer et surtout d’oser l’écouter.

La découverte de soi par l’effort

Découvrir son intériorité. Être maître de ses émotions. Se rendre compte de l’impact de ses pensées. Nous pensons tous nous connaître et surtout nous sommes tous persuadés de savoir gérer nos émotions. Et puis tout à coup, un petit grain de sable arrive et c’est l’explosion, un haussement de voix ou un mot de travers. Et puis les regrets et les excuses. Nous avons beau dévorer des livres de psychologie, suivre des séminaires de développement personnel, la perte de contrôle arrive trop vite.

7

Je ne dérogeais pas à la règle. Pire que cela, l’an dernier pour la première fois de ma vie, je flirtais constamment avec la colère et l’exaspération. Au moindre accroc, je me sentais démunie. Personne ne s’en rendait compte peut-être. Mais à l’intérieur, c’était un ouragan que je n’arrivais pas à faire taire. Durant cette période, j’ai participé à un ultra marathon : 250 km durant 6 jours. Le premier jour, les participants prennent le départ avec sur leur dos la nourriture et l’équipement pour toute la semaine. Chaque jour, les kilomètres défilent sous leurs semelles : entre 35 et 45 km avec comme étape finale 105 km.

Le soir arrivé, campement. Chacun sort de son sac sa nourriture, prend une douche et puis s’endort. Et le lendemain le pèlerinage continue. Car oui, participer à un ultra-marathon demande certes des ressources physiques, mais le « tout est dans la tête » prend alors tout son sens.

ultra marathon voie lycienneLes kilomètres défilent. Vingt, puis trente, cinquante. La tête s’habitue. Et surtout, elle n’a plus peur de la notion de distance. En même temps, un certain détachement se produit. Au fil des kilomètres, l’esprit se balade. Les yeux dévorent le paysage, mais l’esprit lui voyage dans d’autres dimensions. Je me rappelle avoir vu le vent. Impossible de vous dire maintenant à quoi cela ressemblait, mais au moment où je l’ai vu, je me rappelle m’être dit que le vent était quelque chose de magique et magnifique.

Passer de longues heures dans un état d’effort et pour la plupart du temps seul donnent le temps de réfléchir. De revenir sur certains épisodes de vie. De les revivre peut-être.

L’ultra marathonien passera de la joie à la colère, de l’euphorie à l’énervement. Alors que dans la vie quotidienne, nous avons tendance à accuser l’autre en cas d’un quelconque problème, le coureur longue distance n’a pas le luxe de trouver un coupable à ses états d’âme. Il vivra ses émotions jusqu’au bout. Et surtout les acceptera.

Le soleil, la fatigue, la solitude, la faim, le découragement et puis la motivation qui revient. La joie de passer la ligne d’arrivée. Autant de moments qui rythment un ultra-marathon composé de plusieurs jours de course.

coraline chapatte arrivée étape voie lycienne
Chaque jour, le bonheur d’avoir atteint la ligne d’arrivée et surtout une énorme joie d’en avoir découvert un peu plus sur soi-même.

Pas le temps non plus de passer trop de temps à se lamenter. Il faut avancer. Aller de l’avant. Chaque jour, je me sentais plus forte. J’avais l’impression de revenir aux sources. De retrouver mon caractère brut.

A certains moments, je me glissais dans la peau d’une héroïne d’un autre temps. Aujourd’hui, parée de chaussures de course à pied développées selon les dernières technologies, je parcourais le mystique parcours de la Voie lycienne au Sud de la Turquie. Et si dans un autre temps j’avais déjà longé cette magnifique côte méditerranéenne ? Plusieurs fois, j’ai eu l’impression d’avoir déjà emprunté ces sentiers caillouteux. Mon cerveau me jouait-il des tours ?

Chaque jour, c’est un nouveau départ, de longues heures passées seul dans l’effort. Les jambes avancent, aucun souci de ce côté-là. Le gros travail se passe dans la tête. Se motiver soi-même, courir au lieu de marcher, comprendre quand le corps a faim, s’écouter et reconnaître le besoin de s’arrêter quelques minutes pour reprendre ses esprits.

Et puis les 260 km sont bouclés. Tel le pèlerin qui arrive au sanctuaire tant espéré, la ligne d’arrivée finale est coupée. Retour dans la vie quotidienne. Embouteillages, stress au travail, magasins bondés. La vie continue. Avec le stress et les impératifs. Mais à l’intérieur, un nouveau calme. Une nouvelle force. Une tranquillité. Avais-je découvert une forme d’héroïsme moderne? En effet, j’avais l’impression d’être devenue l’héroïne de ma vie. Qui résistait mieux au stress et aux contraintes. Et qui souriait sans raison. Rien ne me paraissait désormais impossible. Les doutes et les peurs que j’avais depuis l’enfance avaient disparu. La brume qui pesait sur ma confiance en moi avait commencé à se dissiper.

L’endurance. Le dépassement de soi. Le courage de se lancer dans une telle aventure. De continuer quand la tête veut s’arrêter. Avec à la clé : gagner la chance d’être soi-même. Quelle victoire.

coraline chapatte départ 100 km voie lycienne
Départ au milieu de la nuit de l’étape finale de 100 km. Le courage de se lancer dans une telle aventure. Avec à la clé : gagner la chance d’être soi-même.

J’évoquerai entre autres cette aventure ainsi que la thématique du sport et des médias sociaux (évoqué dans mon précédent billet « Le sportif : nouveau héros digital »ce soir vendredi 2 septembre à 17 h dans le cadre de l’événement « Le livre sur les quais » à Morges. J’aurai la chance d’intervenir dans le débat réunissant le célèbre psychologue français Boris Cyrulnik qui présentera son dernier ouvrage intitulé « Besoin de héros ? Sport et connaissance de soi. » et Mark Milton, fondateur et directeur de la fondation suisse Education 4 Peace. Pour plus d’informations et pour réserver vos places, vous pouvez consulter le site internet du Livre sur les quais.

cyrulnik-le livre sur les quais

Le sportif : nouveau héros digital

Passage de la ligne d’arrivée. L’espace d’un instant le temps s’arrête. Les frissons s’emparent du corps. La tête est légère. Et vide. Une accolade. Un saut de joie. En une seconde, toute les difficultés sont oubliés. Et puis, tout s’accélère. Une photo. Et puis une autre. Synchroniser sa montre avec son téléphone. Et partager. Immédiatement. Avant même de prendre sa douche. Tel le messager d’antan qui apportait la missive sur son cheval, le héros des temps modernes partage son exploit sur les réseaux sociaux.

Le sportif de 2016 est-il toujours un héros dans l’effort physique ? Ou est-il devenu un héros digital ? Plus besoin de monter sur les marches du podium pour occuper le devant de la scène et être pris en photo. Un selfie par ci, un collage de quelques photos par là accompagné d’une célèbre citation, le tout partagé avec les bons « hashtags » et le nombre de « followers » et de « likes » s’envolent.

sportif 2016_hero digital le livre sur les quais coraline chapatteEt on ne parle pas uniquement de la compétition, la simple session d’entraînement devient une représentation, dont le public sont les followers. Des anonymes pour la plupart qui likeront la #photooftheday ou le #runningselfie du jour. Chausser ses baskets, enfiler ses écouteurs, courir, se dépasser, transpirer, avoir envie d’abandonner et puis penser à la photo qui sera partagée, likée et commentée. Et la motivation revient en l’espace d’un instant.

Décriés les médias sociaux ont ajouté une finalité supplémentaire à l’effort. Pas seulement l’athlète, mais l’Homme a besoin de motivation intrinsèque et extrinsèque pour s’améliorer. Les médias sociaux sont devenus pour le sportif une source « gratuite » de motivation extrinsèque. Le sportif des années nonante devait compter sur sa famille et ses amis pour toucher sa dose de motivation. En 2016, des anonymes des quatre coins du monde sont devenus la raison de se dépasser de beaucoup de sportifs.

Oui, partager sa vie de sportif sur les réseaux sociaux est source de motivation, mais lorsque le nombre de followers atteint plusieurs milliers, une prise de conscience s’opère inévitablement. Tout à coup, de l’anonyme qu’il était, un « influencer » devient un modèle, une source d’inspiration pour ceux qui le suivent, likent et commentent ses photos. Il n’est pas rare qu’à l’issue d’une course, les autres concurrents ou les spectateurs l’approchent en lui disant « Vous ne me connaissez pas, mais je vous suis sur Instagram. Merci de partager votre motivation avec nous. » Pour un sportif qui devient un héro sur les médias sociaux une véritable écoute de soi et une démarche de réflexion sont alors nécessaires. Une photo partagée est bien plus qu’une photo. Le message qui est donné a un réel impact sur la vie d’anonymes.

Être une source d’inspiration contraint une gestion adéquate des émotions lors d’une victoire. Impossible également de rester silencieux et absent des réseaux sociaux durant plus de trois ou quatre jours d’affilé – sinon les followers stopperont de suivre le sportif. Alors que généralement les athlètes peinent à parler des coups durs dans leur vie personnelle ou à évoquer les périodes de blessure, partager ces moments sur les réseaux sociaux est en fait une magnifique opportunité de devenir un héros accessible. D’expliquer son cheminement, partager ses émotions, raconter ses faiblesses. Avec en bonus une meilleure connaissance de soi, mais également des messages d’encouragement et de soutien.

J’évoquerai cette démarche dans le cadre de l’événement « Le livre sur les quais » à Morges, durant lequel j’aurai la chance d’intervenir le vendredi 2 septembre à 17 h  dans le débat qui réunira le célèbre psychologue français Boris Cyrulnik qui présentera son dernier ouvrage intitulé « Besoin de héros ? Sport et connaissance de soi. » et Mark Milton, fondateur et directeur de la fondation suisse Education 4 Peace. Pour plus d’informations et réserver vos places, vous pouvez consulter le site internet du Livre sur les quais.

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