Bouger pour méditer

Jusqu’à aujourd’hui, mes billets ont essentiellement parlé de sport, d’effort, d’entraînement et de compétitions. Comme vous le savez, je suis une triathlète. Qui dit triathlon, dit natation, vélo et course à pied. En plus de la diversité des sports, le temps passé à s’entraîner est long. Le triathlon demande de l’endurance et pour l’entraîner et l’améliorer les séances d’entraînements ressemblent le plus souvent à des demi-journées de sport plutôt qu’à une ou deux heures de sport par ci, par là.

Dimanche, lors de mes deux heures trente minutes et 70 km de vélo (qui ont ensuite été suivies par 30 min de course à pied en fractionné), j’ai eu le temps de réfléchir. Autant je ne suis pas très douée pour méditer dans la vie quotidienne, je veux dire, quand je me sens pas très bien. Je peine à fermer les yeux, à me concentrer sur moi-même et sur mes pensées, mais dès le moment où je commence à m’entraîner, dès que mon pouls s’accélère sous l’effet de l’effort, sans que je le veuille mon esprit entre en état méditatif.

“Au fil des kilomètres qui défilent sous mes roues, j’ai compris qu’en plus de constamment espérer un meilleur futur, un lendemain plus excitant, nous nous comportions de façon stratégique.” Coraline Chapatte, crédit photo : Berk Mercanci

L’impatience.

Le temps se réchauffe gentiment. Le printemps est finalement en train de s’installer. L’hiver a été long. Froid. Il a plu. Neigé. Nous attendions tous le soleil. Des journées plus chaudes. Nous attendions peut-être aussi des nouvelles. Des réponses. Attendre n’est pas facile. Pour moi, l’attente est un peu terrifiante. Je n’aime pas attendre. J’ai l’impression de perdre mon temps quand j’attends. C’est peut-être pour cela que j’ai tendance à être en retard.

Depuis quelques années, nous avons accès à tout de façon immédiate. Grâce à nos téléphones, aux médias sociaux, à internet. Nous avons oublié ce qu’est l’attente. Être impatient est devenu une norme. Nous préférons envoyer un message sur whatsapp plutôt qu’un mail car la réponse sera plus rapide. Nous avons oublié la patience et surtout sa valeur. La petite chose, le petit extra qu’elle donne à ce que nous attendons. Oui, lorsque nous allons recevoir ou finalement vivre ce dont nous avons tant espéré et attendu, nous allons alors mieux l’apprécier. Le sentir plus intensément. L’aimer plus fort.

La stratégie.

Ne rien précipiter. Ralentir. S’arrêter peut-être même. Ce sont les mots-clés. Ré-apprenons à apprécier les moments creux. A se laisser porter par le courant de la vie. Au fil des kilomètres qui défilent sous mes roues, j’ai compris qu’en plus de constamment espérer un meilleur futur, un lendemain plus excitant, nous nous comportions de façon stratégique. Nos actions sont de moins en moins spontanées et s’ancrent dans ce que nous croyons être une logique ou une rationalité juste.

Le vent s’écrasait sur mon visage. Il a commencé à pleuvoir tout à coup. Les éléments s’étaient mis à pleurer pour moi. Je n’étais pas particulièrement triste ni mélancolique. Mais, je me sentais bizarre. Presque vide. Comme si je flottais à quelque centimètres du bitume. J’ai alors compris que j’étais en train de mettre le doigt sur quelque chose d’important. J’ai continué de pédaler. Et tout à coup, j’ai compris. Laisser faire les choses. Faire confiance à la vie. Écouter sa voix intérieure. Des choses que j’essaie de faire depuis des mois. Et je ne suis pas la seule. La plupart des gens avec qui j’interagis parlent d’énergies, de destin, de pensée positive et d’être sur la même longueur d’ondes. Mais en même temps, nous n’avons jamais autant qu’aujourd’hui agi de façon stratégique. Dans notre interaction avec les autres.

Les règles du jeu.

Mais qu’est-ce qui nous pousse donc à tenir des comptes concernant nos paroles et nos actions ? Venons-en au faits. Pourquoi est-ce si difficile en 2017 d’exprimer ce que nous ressentons ? De dire avec des mots ce que notre cœur essaie d’exprimer. Pourquoi tenons-nous deux discours différents ? « Oui, je me laisse porter par le courant de la vie et je crois au destin » et en même temps, « non, ce n’est pas moi qui vais lui envoyer un message en premier car c’est à lui/elle de me contacter en premier » Voilà la manière dont nous nous comportons et exprimons notre intérêt pour l’autre. Nous fixons des règles, nos propres règles, les appliquons et puis jouons.

Je sais. Un sourire est en train de naître sur vos lèvres. Mais il en est ainsi. Je n’ai pas l’intention de d’apporter ici des solutions toutes faites ni mêmes des réponses. Ou même encore de faire sentir qui que ce soit coupable. J’ai simplement envie de nous faire réaliser que nous devrions arrêter de jouer avec nos propres sentiments et par extension avec ceux des autres.

“Écoutez votre voix intérieure. Respirez profondément et arrêtez de jouer un jeu dont les règles sont écrites nulle part. Il est temps de commencer à vivre. Et de méditer.” Coraline Chapatte, crédit photo : Semih Berk

Stop.

Vivre c’est partager. Être dans le moment présent. Envoyer de bonnes ondes. Faire des surprises. Des fois, c’est aussi prendre des risques. Mais ce n’est pas calculer le nombre de jours après lesquels vous pouvez rappeler quelqu’un avec qui vous pourriez peut-être tomber amoureux, mais en fait vous n’en êtes pas vraiment sûrs parce que la copine de votre copine vous a dit qu’il ou elle aurait dû vous envoyer un message dans l’heure qui a suivi le deuxième café que vous avez pris ensemble après avoir annulé trois fois de façon délibérée une précédente rencontre… Vous comprenez où je veux en venir ? Stop. Stop. Fermez les yeux. Écoutez votre voix intérieure. Respirez profondément et arrêtez de jouer un jeu dont les règles sont écrites nulle part. Il est temps de commencer à vivre. Et de méditer. Que ce soit de façon « traditionnelle » ou comme moi sans vraiment vous en rendre compte lors de vos entraînements.

La petite voix.

J’ai posé mon vélo, changé mes chaussures et me suis élancée pour mes 30 minutes de course fractionnée. Une fois terminé, j’ai synchronisé ma montre, jeté un coup d’œil aux données d’entraînement, mais pour une fois ni ma vitesse, ni mon rythme cardiaque n’avaient vraiment d’importance. Car rien ne peut mesurer la joie de parvenir à laisser sa petite voix s’exprimer et surtout d’oser l’écouter.

La découverte de soi par l’effort

Découvrir son intériorité. Être maître de ses émotions. Se rendre compte de l’impact de ses pensées. Nous pensons tous nous connaître et surtout nous sommes tous persuadés de savoir gérer nos émotions. Et puis tout à coup, un petit grain de sable arrive et c’est l’explosion, un haussement de voix ou un mot de travers. Et puis les regrets et les excuses. Nous avons beau dévorer des livres de psychologie, suivre des séminaires de développement personnel, la perte de contrôle arrive trop vite.

7

Je ne dérogeais pas à la règle. Pire que cela, l’an dernier pour la première fois de ma vie, je flirtais constamment avec la colère et l’exaspération. Au moindre accroc, je me sentais démunie. Personne ne s’en rendait compte peut-être. Mais à l’intérieur, c’était un ouragan que je n’arrivais pas à faire taire. Durant cette période, j’ai participé à un ultra marathon : 250 km durant 6 jours. Le premier jour, les participants prennent le départ avec sur leur dos la nourriture et l’équipement pour toute la semaine. Chaque jour, les kilomètres défilent sous leurs semelles : entre 35 et 45 km avec comme étape finale 105 km.

Le soir arrivé, campement. Chacun sort de son sac sa nourriture, prend une douche et puis s’endort. Et le lendemain le pèlerinage continue. Car oui, participer à un ultra-marathon demande certes des ressources physiques, mais le « tout est dans la tête » prend alors tout son sens.

ultra marathon voie lycienneLes kilomètres défilent. Vingt, puis trente, cinquante. La tête s’habitue. Et surtout, elle n’a plus peur de la notion de distance. En même temps, un certain détachement se produit. Au fil des kilomètres, l’esprit se balade. Les yeux dévorent le paysage, mais l’esprit lui voyage dans d’autres dimensions. Je me rappelle avoir vu le vent. Impossible de vous dire maintenant à quoi cela ressemblait, mais au moment où je l’ai vu, je me rappelle m’être dit que le vent était quelque chose de magique et magnifique.

Passer de longues heures dans un état d’effort et pour la plupart du temps seul donnent le temps de réfléchir. De revenir sur certains épisodes de vie. De les revivre peut-être.

L’ultra marathonien passera de la joie à la colère, de l’euphorie à l’énervement. Alors que dans la vie quotidienne, nous avons tendance à accuser l’autre en cas d’un quelconque problème, le coureur longue distance n’a pas le luxe de trouver un coupable à ses états d’âme. Il vivra ses émotions jusqu’au bout. Et surtout les acceptera.

Le soleil, la fatigue, la solitude, la faim, le découragement et puis la motivation qui revient. La joie de passer la ligne d’arrivée. Autant de moments qui rythment un ultra-marathon composé de plusieurs jours de course.

coraline chapatte arrivée étape voie lycienne
Chaque jour, le bonheur d’avoir atteint la ligne d’arrivée et surtout une énorme joie d’en avoir découvert un peu plus sur soi-même.

Pas le temps non plus de passer trop de temps à se lamenter. Il faut avancer. Aller de l’avant. Chaque jour, je me sentais plus forte. J’avais l’impression de revenir aux sources. De retrouver mon caractère brut.

A certains moments, je me glissais dans la peau d’une héroïne d’un autre temps. Aujourd’hui, parée de chaussures de course à pied développées selon les dernières technologies, je parcourais le mystique parcours de la Voie lycienne au Sud de la Turquie. Et si dans un autre temps j’avais déjà longé cette magnifique côte méditerranéenne ? Plusieurs fois, j’ai eu l’impression d’avoir déjà emprunté ces sentiers caillouteux. Mon cerveau me jouait-il des tours ?

Chaque jour, c’est un nouveau départ, de longues heures passées seul dans l’effort. Les jambes avancent, aucun souci de ce côté-là. Le gros travail se passe dans la tête. Se motiver soi-même, courir au lieu de marcher, comprendre quand le corps a faim, s’écouter et reconnaître le besoin de s’arrêter quelques minutes pour reprendre ses esprits.

Et puis les 260 km sont bouclés. Tel le pèlerin qui arrive au sanctuaire tant espéré, la ligne d’arrivée finale est coupée. Retour dans la vie quotidienne. Embouteillages, stress au travail, magasins bondés. La vie continue. Avec le stress et les impératifs. Mais à l’intérieur, un nouveau calme. Une nouvelle force. Une tranquillité. Avais-je découvert une forme d’héroïsme moderne? En effet, j’avais l’impression d’être devenue l’héroïne de ma vie. Qui résistait mieux au stress et aux contraintes. Et qui souriait sans raison. Rien ne me paraissait désormais impossible. Les doutes et les peurs que j’avais depuis l’enfance avaient disparu. La brume qui pesait sur ma confiance en moi avait commencé à se dissiper.

L’endurance. Le dépassement de soi. Le courage de se lancer dans une telle aventure. De continuer quand la tête veut s’arrêter. Avec à la clé : gagner la chance d’être soi-même. Quelle victoire.

coraline chapatte départ 100 km voie lycienne
Départ au milieu de la nuit de l’étape finale de 100 km. Le courage de se lancer dans une telle aventure. Avec à la clé : gagner la chance d’être soi-même.

J’évoquerai entre autres cette aventure ainsi que la thématique du sport et des médias sociaux (évoqué dans mon précédent billet « Le sportif : nouveau héros digital »ce soir vendredi 2 septembre à 17 h dans le cadre de l’événement « Le livre sur les quais » à Morges. J’aurai la chance d’intervenir dans le débat réunissant le célèbre psychologue français Boris Cyrulnik qui présentera son dernier ouvrage intitulé « Besoin de héros ? Sport et connaissance de soi. » et Mark Milton, fondateur et directeur de la fondation suisse Education 4 Peace. Pour plus d’informations et pour réserver vos places, vous pouvez consulter le site internet du Livre sur les quais.

cyrulnik-le livre sur les quais

Le sportif : nouveau héros digital

Passage de la ligne d’arrivée. L’espace d’un instant le temps s’arrête. Les frissons s’emparent du corps. La tête est légère. Et vide. Une accolade. Un saut de joie. En une seconde, toute les difficultés sont oubliés. Et puis, tout s’accélère. Une photo. Et puis une autre. Synchroniser sa montre avec son téléphone. Et partager. Immédiatement. Avant même de prendre sa douche. Tel le messager d’antan qui apportait la missive sur son cheval, le héros des temps modernes partage son exploit sur les réseaux sociaux.

Le sportif de 2016 est-il toujours un héros dans l’effort physique ? Ou est-il devenu un héros digital ? Plus besoin de monter sur les marches du podium pour occuper le devant de la scène et être pris en photo. Un selfie par ci, un collage de quelques photos par là accompagné d’une célèbre citation, le tout partagé avec les bons « hashtags » et le nombre de « followers » et de « likes » s’envolent.

sportif 2016_hero digital le livre sur les quais coraline chapatteEt on ne parle pas uniquement de la compétition, la simple session d’entraînement devient une représentation, dont le public sont les followers. Des anonymes pour la plupart qui likeront la #photooftheday ou le #runningselfie du jour. Chausser ses baskets, enfiler ses écouteurs, courir, se dépasser, transpirer, avoir envie d’abandonner et puis penser à la photo qui sera partagée, likée et commentée. Et la motivation revient en l’espace d’un instant.

Décriés les médias sociaux ont ajouté une finalité supplémentaire à l’effort. Pas seulement l’athlète, mais l’Homme a besoin de motivation intrinsèque et extrinsèque pour s’améliorer. Les médias sociaux sont devenus pour le sportif une source « gratuite » de motivation extrinsèque. Le sportif des années nonante devait compter sur sa famille et ses amis pour toucher sa dose de motivation. En 2016, des anonymes des quatre coins du monde sont devenus la raison de se dépasser de beaucoup de sportifs.

Oui, partager sa vie de sportif sur les réseaux sociaux est source de motivation, mais lorsque le nombre de followers atteint plusieurs milliers, une prise de conscience s’opère inévitablement. Tout à coup, de l’anonyme qu’il était, un « influencer » devient un modèle, une source d’inspiration pour ceux qui le suivent, likent et commentent ses photos. Il n’est pas rare qu’à l’issue d’une course, les autres concurrents ou les spectateurs l’approchent en lui disant « Vous ne me connaissez pas, mais je vous suis sur Instagram. Merci de partager votre motivation avec nous. » Pour un sportif qui devient un héro sur les médias sociaux une véritable écoute de soi et une démarche de réflexion sont alors nécessaires. Une photo partagée est bien plus qu’une photo. Le message qui est donné a un réel impact sur la vie d’anonymes.

Être une source d’inspiration contraint une gestion adéquate des émotions lors d’une victoire. Impossible également de rester silencieux et absent des réseaux sociaux durant plus de trois ou quatre jours d’affilé – sinon les followers stopperont de suivre le sportif. Alors que généralement les athlètes peinent à parler des coups durs dans leur vie personnelle ou à évoquer les périodes de blessure, partager ces moments sur les réseaux sociaux est en fait une magnifique opportunité de devenir un héros accessible. D’expliquer son cheminement, partager ses émotions, raconter ses faiblesses. Avec en bonus une meilleure connaissance de soi, mais également des messages d’encouragement et de soutien.

J’évoquerai cette démarche dans le cadre de l’événement « Le livre sur les quais » à Morges, durant lequel j’aurai la chance d’intervenir le vendredi 2 septembre à 17 h  dans le débat qui réunira le célèbre psychologue français Boris Cyrulnik qui présentera son dernier ouvrage intitulé « Besoin de héros ? Sport et connaissance de soi. » et Mark Milton, fondateur et directeur de la fondation suisse Education 4 Peace. Pour plus d’informations et réserver vos places, vous pouvez consulter le site internet du Livre sur les quais.

cyrulnik-le livre sur les quais

Réussir son premier triathlon

Comme je l’évoquais dernièrement dans mon article « Le passage de la course à pied au triathlon », devenir triathlète rime avec une organisation irréprochable et une motivation sans faille. Aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous des conseils pratiques concernant la planification et la gestion de l’entraînement.

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Le triathlon ne forge pas le caractère, il le révèle. Photo credit: Baris Sonmez

Suivre un plan d’entraînement
Il est primordial de suivre un plan d’entraînement. Alors qu’il est possible, même si non recommandé, de s’entraîner « selon la motivation du jour » lorsque l’on est coureur à pied, la préparation d’un triathlon nécessite un plan d’entraînement. Plusieurs options s’offrent à vous : programmes gratuits ou payants disponibles sur internet, suivi personnalisé par un coach ou être membre d’un club de triathlon.

Si vous utilisez un plan d’entraînement gratuit ou payant téléchargé sur internet, il couvre généralement 8 ou 16 semaines. Pour chaque semaine, le nombre et le détail des sessions est donné. Je vous recommande de prendre le temps chaque dimanche d’insérer toutes les sessions d’entraînements de la semaine à venir dans votre programme professionnel et social. Sans cela, il sera impossible de parvenir à effecteur la totalité des sessions car vous serez rapidement pris de cours.

Distances plus courte, intensité plus élevée et séances journalière multiples
Pour l’athlète d’endurance que je suis et qui avais l’habitude de courir parfois durant douze heures d’affilée, des séances courtes mais intenses ont été une grande nouveauté durant la préparation de mon premier triathlon.

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Les sessions d’entraînement fractionné sont primordiales pour augmenter la résistance à l’effort et l’endurance générale. Photo credit: Baris Sonmez

Au niveau de la course à pied, une session d’entraînement fractionné peut par exemple être des 1500 m rapides, suivis de 1000 m faciles et ceci répété quatre fois. Si vous êtes un adepte de course à pied, vous comprendrez immédiatement la difficulté d’un tel entraînement. Imaginez maintenant que quelques heures après, vous devez monter sur votre vélo et roulez durant une heure avec une cadence de 90 rpm sans oublier que le soir d’avant vous aviez déjà nagé 1500 mètres non-stop et fait 20 min de drills.

 

Rien que de lire cela, vous vous sentez fatigués et commencez à transpirer ? Vous avez raison, cela paraît fou mais il m’a fallu une semaine d’adaptation. Aussi intéressant que cela paraisse pour moi, c’est devenu comme un jeu. Mais un jeu qui nécessite une organisation parfaite.

 

 

Proximité des lieux d’entraînement
Un des conseils que je peux donner à toutes les personnes qui veulent se lancer dans la préparation d’un triathlon, plus la piscine ou le lac dans lesquels vous vous entraînez, le vélodrome ou votre parcours vélo, la piste d’athlétisme ou votre parcours de course sont proches l’un de l’autre et de votre domicile ou de votre lieu de travail, plus la tâche sera facile. En général, une session d’entraînement, dans le cas de la préparation d’un triathlon de distance olympique (1500 m natation, 40 km vélo et 10 km course à pied) ne dépasse pas 90 minutes. De façon raisonnable, nous sommes quasi tous à même de trouver 180 minutes de libre par jour dans nos vies quotidiennes, mais c’est le temps utilisé pour se rendre sur le lieu de l’entraînement qui peut rendre l’organisation très compliquée.

Natation : apprentissage et persévérance
Pour les coureurs à pied, la natation reste généralement la discipline la plus difficile à s’adapter. En Suisse (au contraire d’autres pays tels que la Turquie où je vis), nous sommes habitués à faire du vélo. Même si ce n’est pas pour faire de la performance, nous savons utiliser un vélo et le passage au vélo de course et à l’entraînement sur route se fera généralement en douceur. Par contre, la natation demande de la technique et de la persévérance.

coraline chapatte triathlon pool swimming

Dans mon cas, j’ai toujours nagé la brasse coulée et en novembre dernier, je nageais au maximum 200 mètres en crawl. Mentalement, la natation est difficile. Pour moi, chaque séance d’entraînement représentait un combat contre l’eau qui m’empêchait de trouver mon rythme de respiration. J’ai sincèrement failli abandonner plusieurs fois ma préparation et ma participation à mon premier triathlon à cause de la natation.

Je m’entraîne donc avec un club de natation et cela a été capital dans ma progression. Je pense qu’il est vraiment incontournable de travailler avec un entraîneur personnel de natation ou de nager avec un club sous la supervision d’entraîneurs à moins que vous ne soyez un nageur ou un ancien nageur.

En effet, la natation ne s’apprend pas en regardant des vidéos sur internet ou dans un livre. Une technique juste est primordiale. Et personnellement, pour la motivation également, la supervision par un coach est un réel avantage. Aligner les longueurs dans un bassin requiert vraiment une énorme force mentale. Et pour un coureur à pied qui a l’habitude de profiter du paysage, se retrouver dans un bassin et faire des allers-retours deviennent vite un défi mental en plus d’être physique.

Moins de blessures et fini le mal de dos
Comme je l’évoquais dans mon précédent billet « Le passage de la course à pied au triathlon », le fait de jongler constamment entre trois disciplines a un effet positif sur l’ego. Au niveau physique, passer d’une discipline à l’autre évite de solliciter constamment les mêmes muscles, donc moins de surcharge musculaire et par conséquence de blessures pour un volume d’entraînement identique ou plus élevé qu’un coureur à pied effectuerait. La natation permet en plus de renforcer les muscles du dos que les coureurs à pied et cyclistes ont tendance à négliger. Finis les maux de dos à répétition dont bon nombre de personnes passant leur journée assis devant un ordinateur sont victimes !

Pour terminer, je vous propose encore quelques derniers conseils et réflexions en vrac :

  • Dans la mesure du possible, faites vos « longues » sorties de vélo en groupe. Accompagné d’autre cyclistes, vous aurez tendance à avoir un tempo plus élevé que vous si étiez seuls et c’est également un plus en termes de sécurité.
  • Mêmes si pour les débutants, les séances d’entraînement de briques (enchaîner deux disciplines durant le même entraînement avec le minimum de temps de pause et idéalement sans temps de pause, ex. course à pied directement après un entraînement de vélo) peuvent paraître intimidantes, elles sont primordiales pour habituer les muscles à s’adapter aux transitions entre les disciplines.
  • Soyez prêts à entendre des railleries par rapport à vos marques de bronzage, particulièrement au niveau des jambes (short cycliste) et pour nous les dames au niveau du dos (maillot nageur).
  • La récupération est primordiale. Pour supporter deux sessions d’entraînements par jour, votre corps et votre esprit doivent être reposés. Mettez une croix sur les longues soirées TV jusqu’à une heure du matin si le lendemain à 6h, une séance d’entraînement de vélo vous attend.
  • Veillez à ne pas « saouler » votre entourage avec des conversations tournant uniquement autour du triathlon. Cette discipline prendra une telle place dans votre vie que si vous n’y prenez pas garde, vous n’aurez que cela sur les lèvres.
  • Il est fort possible que vous ne retourniez pas à la course à pied. Certes vous courrez toujours dans le cadre de votre entraînement, mais il est fortement possible que votre programme de courses annuel soit composé uniquement de triathlons !
coraline chapatte triathlon bike
Accompagné d’autre cyclistes, vous aurez tendance à avoir un tempo plus élevé que vous si étiez seuls. Tout bénéfice pour améliorer sa vitesse et sa cadence sur le long terme.

Le passage de la course à pied au triathlon

Comme évoqué dans mon premier article pour le blog du Temps « Le mental du sportif blessé », j’ai été victime d’une fracture de fatigue à la suite de l’ultra marathon de la Voie lycienne dans le Sud de la Turquie en octobre 2016, course durant laquelle j’ai parcouru en six jours 250 km (le récit de la course en anglais se trouve sur mon blog). Durant la période où je ne pouvais pas courir, j’ai commencé à nager régulièrement afin de préserver ma condition. Puis une fois totalement rétablie, j’ai ajouté le vélo dans le but de préparer ma saison de course à pied. Et j’ai rapidement profité des bénéfices de l’entraînement croisé que j’évoquais dans mon dernier billet « Cours moins, fais plus de vélo ».

triathlon antalya may 2016_Coraline ChapatteTout à coup, je ne courrais plus seulement, mais je nageais et faisais du vélo. Pas besoin de laisser planer le mystère plus longtemps, vous l’avez déjà deviné, la coureuse à pied que j’étais était en train de devenir une triathlète. Ou du moins en avait l’intention!

Je vais partager, sous la forme de deux volets, comment s’opère une transition de la course à pied au triathlon.

Dans ce billet, je traiterai de mon expérience personnelle et aborderai les questions d’ordres psychologiques et mentales d’un tel changement. Dans le second article à venir, je vous livrerai mes observations et les clés pour réussir son premier triathlon.

 

Duathlon d’abord, triathlon ensuite

En mars dernier, après être monté une dizaine de fois sur mon nouveau vélo de route, j’ai participé à un duathlon à Izmir, sur la côte de la Mer Egée. Un duathlon se déroule sous la forme suivante : course à pied, vélo et course à pied. Il y a plusieurs formats possibles en termes de distances. Celui auquel j’ai participé consistait en 5 km de course, 20 km de vélo et 2.5 km de course. Les distances sont courtes certes, mais le véritable challenge consiste à gérer les transitions. Pour moi, c’était ma première expérience dans la gestion de multiples disciplines dans une même course.

Je peux vraiment conseiller à tout futur triathlète de faire un premier test en combinant deux disciplines avant de passer à trois. Duathlon comme dans mon cas ou alors aquathlon (nation et course à pied). Cela permet de se préparer mentalement et en douceur à l’adaptation à trois disciplines et de découvrir les contraintes auxquelles il va devoir faire face.

Pour ma part, j’ai tout de suite réalisé à l’issue de mon premier duathlon – qui ne s’est pas mal passé soit dit en passant puisque j’ai raté le podium pour 2 secondes – que la préparation d’un triathlon demanderait une sacrée organisation pour combiner non pas deux disciplines comme pour le duathlon, mais trois : natation, vélo et course à pied.

 

Organisation et planification

Pour la coureuse à pied individualiste et solitaire qui préparait ses entraînements par elle-même et qui la plupart du temps courait selon ses envies et de façon spontanée, une nouvelle ère commençait : collaborer avec un entraîneur. Vivant en Turquie, j’ai contacté l’entraîneur de l’équipe nationale turque de triathlon, l’italien Andrea Gabba. Il a directement accepté de devenir mon coach.

Comme vous le savez peut-être, en plus d’écrire et d’être une athlète, je donne des cours de sport et entraîne moi-même plusieurs sportifs. Alors « être de l’autre côté » allait être une expérience intéressante.

Mon premier triathlon avait lieu le 16 mai au Sud de la Turquie au bord de la Mer méditerranée, à Antalya. Mais auparavant j’avais dans mon programme annuel un ultra marathon de 90 km: l’Iznik Ultra à la mi-avril. Je me suis concentrée sur cette compétition entre le duathlon d’Izmir et la course. Bref, de la longue distance et des longues heures d’entraînement à vitesse lente puis courir 90 km en une seule fois laissent des traces à la fois dans l’organisme et au niveau mental.

Mais avec le temps, j’ai appris à considérer cela comme « normal » et tant mes muscles que mon cerveau savent maintenant récupérer rapidement : 45 heures après avoir passé la ligne d’arrivée, je donnais un cours de spinning. L’un de mes prochains billets pour Le Temps traitera de la récupération, ce sera donc l’occasion de développer ce sujet plus longuement à ce moment-là.

Entre cet ultra marathon de 90 km et mon premier triathlon, il y avait exactement un mois. J’ai plein d’amis triathlètes dans mon entourage et à les entendre, faire du triathlon était quelque chose d’hors du commun : ils ne parlaient que de leurs multiples séances d’entraînement et insistaient sur le fait que l’organisation était primordiale. Sincèrement, je pensais que c’était un style qu’ils se donnaient! Qu’est-ce qui pouvait bien être si difficile ?

Evidemment, il y a trois disciplines, mais cela fait des années que je pratique différents sports (fitness, cours de spinning, randonnée, course à pied, un peu de vélo) pour travailler mon endurance et préparer mes courses à pied de moyenne et longue distance.

bike antalya triathlon Coraline Chapatte

A mon retour de l’ultra marathon d’Iznik, j’ai ouvert mon programme d’entraînement préparé par Andrea Gabba. Je me suis immédiatement dit que ça allait être génial : chaque jour deux sessions de sport et plein de sessions avec des intervalles (j’y reviendrai dans mon prochain article). Pour moi qui avait généralement l’habitude de chausser mes baskets et de courir à rythme moyen deux heures ou trois, ça allait faire du changement !

Je dois immédiatement dire que sans un programme d’entraînement préparé par une tierce personne, je n’aurais absolument rien fait la semaine après mon ultra marathon ! Il est toujours très facile de trouver des excuses et surtout de se reposer sur ses lauriers après une course. Mais voilà, je découvrais les premiers avantages de travailler avec un entraîneur : pas d’écart possible, faire ce qui est écrit sans tout remettre en question.

 

Mettre de l’ordre dans le chaos

La première semaine a été un peu chaotique, j’étais évidemment “un peu” fatiguée de mon ultra et jongler entre les trois disciplines me stressait vraiment. Mon organisation laissait fortement à désirer, je réussissais difficilement à trouver le temps nécessaire pour mes sessions d’entraînement. Moralement, j’étais exténuée ! En réalité, je découvrais la vie de triathlète… Donc mes amis n’exagéraient pas en disant que s’entraîner pour un triathlon était difficile.

Le week-end avant la seconde semaine, je me suis assise, pris mon programme d’entraînement entre les mains et planifié jour après jour et heure après heure ma semaine à venir en tenant compte des mes obligations professionnelles. Le programme préparé par mon coach m’indique chaque jour quelles sessions j’ai à faire, mais sans planifier chaque journée heure par heure aucune chance d’arriver à le respecter.

Une des difficultés du triathlon est que vu le nombre élevé de sessions d’entraînement par jour, si vous en manquez une, il est impossible de la faire le jour suivant car le lendemain, deux autres entraînements sont déjà prévus. Une organisation parfaite est incontournable !

 

La disparation de l’ego

Ma préparation pour mon premier triathlon, comme je l’ai dit plus haut, a duré en tout et pour tout un mois. Même si je fais du sport depuis mon plus jeune âge, j’ai réellement l’impression que ces quatre semaines m’ont enseignée beaucoup plus que ce que la course à pied m’a appris en trente ans.

Le fait de jongler constamment entre trois disciplines a un effet très positif sur l’ego. Vous ne pourrez immanquablement pas être au top dans tous les sports. Vous passerez constamment du sentiment de « oh, aujourd’hui j’ai fait un super entraînement » à celui de « mais dans quelle aventure me suis-je lancé ? » en passant par « moi le sportif de longue date qui croyait tout connaître de moi-même, comment est-ce possible d’avoir de telles défaillances ? »

 

Jour J : organisation, visualisation et plaisir

La course en elle-même mériterait un billet séparé, donc je vais faire court et m’en tenir aux points forts ici. Si vous avez envie de lire tous les détails, vous trouverez le récit détaillé de la course sur mon blog en anglais. L’organisation et le sens du détail sont importants. Avant la course, il faut veiller à bien préparer son espace dans la zone de transition et d’organiser ses différentes affaires : casque, lunettes de soleil, chaussure vélo, chaussures de course à pied et gels/bars afin de ne pas perdre de temps lors du passage de la natation au vélo et puis du vélo à la course à pied.

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Avant la course, il faut veiller à bien préparer son matériel.

Mentalement, des exercices de visualisation et la méditation m’ont aidé à arriver calme et sereine sur la ligne de départ. La visualisation est particulièrement importante pour fixer dans le cerveau les différentes étapes de la course et réaliser les opérations de changement de matériel dans le bon ordre lors des transitions.

Au niveau de la motivation et du plaisir, une course de triathlon apporte des sensations différentes celles que lors d’une épreuve de course à pied. J’ai trouvé la gestion de l’effort au point de vue mental plus facile car l’on passe d’un sport à l’autre. Durant les trente-six minutes qu’ont duré la natation, je me motivais en me voyant pédaler sur mon vélo par exemple. Automatiquement le cerveau séquence l’effort en trois parties. Revenir deux fois dans la zone de transition est aussi l’occasion de recevoir des encouragements des proches et des spectateurs.

award ceremony antalya triathlon 2016
Troisième rang dans la catégorie 30+

Pour moi, mon premier triathlon s’est tout simplement déroulé comme dans un rêve. J’avais beaucoup d’appréhension quant à la natation et tout s’est passé merveilleusement bien puisque je me suis hissée sur la troisième marche du podium de la catégorie d’âge 30 ans et plus.

La semaine prochaine, j’évoquerai avec un peu plus de détails la façon dont je me suis entraînée et partagerai avec vous des conseils pour rendre votre passage au triathlon et la préparation de votre première compétition plus facile.

Cours moins, fais plus de vélo

Comme vous le savez depuis mon précédent article «Le mental du sportif blessé», je suis une coureuse à pied avec une préférence pour la longue ou très longue distance. A la différence de beaucoup de coureurs, j’essaie de diversifier le plus possible mes séances d’entraînements : natation, fitness, marche et depuis quelques mois le vélo. On appelle cela le «cross-training» ou en français entraînement croisé.

Avant de continuer, arrêtons-nous un instant sur ce type de préparation : l’entraînement croisé consiste à améliorer sa condition en pratiquant d’autres sports que sa discipline principale. Pour un nageur, c’est par exemple courir ou faire du ski de fond; pour un cycliste, nager ou faire du fitness et pour un coureur à pied, faire du vélo ou nager.

L’avantage de l’entraînement croisé se situe tant aux niveaux physique que mental. En diversifiant les disciplines, on sollicite des muscles différents : un muscle utilisé comme «principal» sera «secondaire» dans un autre sport et vice-versa. On minimise ainsi les risques de blessure en plus de développer les muscles complémentaires en pratiquant le «cross-training». Quant au niveau mental, on évite ainsi la routine en mixant plusieurs disciplines – quoi de pire que de rechigner à s’entraîner à cause de l’impression de toujours faire la même chose ? Et cerise sur le gâteau, pratiquer plusieurs sports amènera inévitablement à exceller dans certains et à être moins bon dans d’autres. Très bon pour l’égo et le dépassement de soi !

velo de route

 

Les bénéfices du vélo pour les coureurs à pied

Pour les coureurs à pied, les sports les plus appropriés pour l’entraînement croisé sont la natation, le vélo durant la belle saison et le ski de fond en hiver. Avec les beaux jours qui reviennent, penchons-nous aujourd’hui sur le vélo.

  • Zéro impacts
    Le vélo est un sport sans impacts où – logiquement – le risque de blessure est minimisé. De plus par rapport à la course à pied, le cyclisme demande une période de récupération plus courte. L’organisme sera moins fatigué et moins mis à contribution et vous pourrez faire votre prochaine session d’entraînement plus rapidement. Pouvoir s’entraîner à intervalles plus courts permet in fine d’avoir un volume total d’entraînement plus élevé.
  • Entraînement de récupération
    Après un entraînement difficile de course à pied ou une compétition, choisissez une petite vitesse et utilisez votre vélo pour la récupération. Pédaler est sans d’impact et active la circulation sanguine dans les muscles, donc accélérera la ré-oxygénation des tissus musculaires.
  • Amélioration de la capacité d’endurance
    Pédaler longtemps à vitesse moyenne permet d’augmenter l’endurance. Les coureurs sont toujours curieux de l’équivalence effort-durée entre le vélo et la course à pied. En fait, il n’y a pas de formule unique. Mais pour faire court, nous pouvons dire que deux heures de vélo équivalent à une heure de course à pied. Évidemment cela change selon la vitesse d’exécution de l’entraînement. Si vous pédalez lentement, deux heures et demie ou trois heures correspondront à une heure de course à pied. Si cela vous intéresse particulièrement, vous trouverez sur internet des formules détaillées pour calculer l’équivalence d’effort course à pied et vélo.
  • Entraînement fractionné
    Le vélo est un excellent moyen de pratiquer l’entraînement fractionné. Petit rappel, l’entraînement fractionné consiste à alterner des périodes d’efforts soutenus avec des périodes de récupération dans le but d’améliorer la capacité aérobie, l’endurance et la vitesse. Les intervalles seront définis selon la condition physique du sportif : par exemple une ou deux minutes à vitesse élevée, suivies de deux à cinq minutes à vitesse normale.
  • Amélioration de la puissance musculaire
    Le vélo est aussi un bon moyen d’améliorer la puissance musculaire. En choisissant un braquet élevé dans les montées, vous pourrez développer la musculature du quadriceps et des ischio-jambiers dans la cuisse et dans les muscles du mollet en particulier le soléaire et le muscle triceps.

 

Comment un coureur à pied peut-il commencer à pratiquer le vélo ?

  • Un bon moyen de vous familiariser avec la pratique du vélo est de participer à des cours de vélo en salle. Appelées « indoor cycling » ou « spinning », ces leçons se déroulent sur un vélo fixé au sol, donc le moyen parfait pour gagner en confiance avant d’utiliser une bicyclette à l’extérieur.
  • Si vous ne possédez pas votre vélo et avant de sauter le pas de l’achat, vous pouvez en louer un pour un ou deux jours. Ceci est un bon moyen de décider quels types et quelles marques vous achèterez. Avant de passer à l’utilisation d’un vélo de route, essayez un vélo de ville ou un VTT qui offrent plus de stabilité.

 

Idées d’entraînement de Cora

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Commencez par pédaler à vitesse moyenne durant quinze minutes. Le but est d’augmenter la température des muscles et d’élever le rythme cardiaque. Sans changer le rapport de braquet (si vous avez l’impression de pédaler dans le vide augmentez un peu la résistance), pédalez à vitesse élevée durant une minute. Vous devez avoir l’impression de sprinter. Votre rythme cardiaque va s’élever. Au bout d’une minute, revenez à une vitesse normale pour deux minutes ou au maximum cinq minutes. Durant la première session d’entraînement, répétez cela trois fois et par la suite, augmentez chaque semaine d’une répétition supplémentaire (semaine numéro deux, quatre fois une minute, semaine numéro trois, cinq fois une minutes). Le deuxième mois, revenez à trois répétitions, mais diminuez l’intervalle à vitesse normale entre les répétitions. Terminez votre session d’entraînement avec quinze minutes à allure faible et un petit braquet pour permettre à votre rythme cardiaque de ralentir et revenir au calme.

 

Quelques précieux conseils

  • Portez un casque. Et oui sécurité avant tout. Et attention il ne suffit pas de poser le casque sur la tête, il faut bien fixer et serrer la bride sous le menton. Un bon moyen pour connaître la bonne tension de la bride de casque, c’est de pouvoir passer deux doigts sous la bride en position debout avec la tête droite.
  • Portez des gants. Ils permettent de protéger du frottement et empêchent la formation de corne dans les mains.
  • Portez des lunettes. Cela évitera aux petits moucherons d’entrer dans vos yeux et au vent de vous faire pleurer. Et selon l’état de la chaussée, les lunettes vous protégeront d’éventuels gravillons et poussières.
  • Portez un short équipé d’un insert (anciennement appelée peau de chamois). Sincèrement, aucune raison d’y renoncer. C’est une question de confort et l’idéal pour éviter les traditionnels problèmes d’irritation, principale cause de «blessure » chez les cyclistes !
  • Emportez avec vous une gourde remplie d’eau et buvez régulièrement.
  • Avec le retour des beaux jours et du soleil, n’oubliez pas d’appliquer de la crème solaire. En pédalant et avec l’effet du vent, on se rend difficilement compte des rayons du soleil.
  • Dans la circulation, ne cherchez pas à jouer aux héros. Les voitures, camions, autobus seront toujours plus grands et plus forts que vous. Il est donc absolument pas nécessaire d’entrer dans ce jeu-là et soyez à chaque instant attentif. Afin de pouvoir vous concentrer sans danger sur les phases d’entraînement citées ci-dessus, il est important de déterminer un parcours évitant au maximum le trafic.

Bon week-end sportif. Les beaux jours sont revenus, plus aucune excuse, enfilez vos basket et filez vous défouler !

Le mental du sportif blessé

Chers lectrices et lecteurs du Temps, pour mon premier billet j’ai décidé d’évoquer la gestion mentale d’une blessure sportive.

Sportive depuis mon enfance avec un parcours allant de la danse classique au volley-ball, en passant par l’athlétisme, le ski, la gymnastique et même l’escrime durant mes années universitaires, la course à pied a toujours été un fil rouge dans ma vie quotidienne et sportive. Depuis trois ans, j’ai augmenté la distance et suis passée à la discipline que l’on appelle l’ultra-marathon (distances supérieures au marathon traditionnel de 42 km). Au mois d’octobre dernier j’ai participé à l’ultra marathon de la Voie lycienne dans le Sud de la Turquie. Durant six jours, j’ai couru 250 km en transportant mes vêtements et ma nourriture. Vous pouvez retrouver le récit de cette aventure (en anglais) sur mon blog www.runcora.com.

Pour avoir porté des chaussettes inappropriées, j’ai terminé la course… avec une fracture de fatigue ! Qui dit mauvaises chaussettes pensent immédiatement cloques. Et lorsque la course dure plusieurs jours d’affilée, les conséquences deviennent rapidement importantes. Les lésions à chaire vive ont rendu impossible la pose du pied de façon naturelle et correcte. L’articulation de la cheville a été un peu trop sollicité et crac, fracture de fatigue.

Pour la petite histoire, une fracture de fatigue n’est pas une réelle cassure mais plutôt un œdème dans l’os. Une telle blessure nécessite généralement trois à quatre mois de guérison, alors qu’une fracture réelle nécessite un mois. Je ne m’en sors donc finalement pas si mal, puisqu’il m’aura fallu trois mois pour que ma cheville soit à nouveau totalement fonctionnelle. Même si je fais du sport depuis mon plus jeune âge, j’ai été très rarement blessée : ces trois mois durant lesquels j’ai dû freiner mon activité sportive ont été une bonne opportunité de développer certaines stratégies pour revenir au sport plus rapidement sans connaître la baisse de moral que les sportifs blessés vivent en général.

J’aimerais donc aujourd’hui partager ces stratégies pour vous permettre aussi de gérer au mieux une possible période de blessure et de récupération.

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Stopper l’activité sportive. Si vous sentez une douleur, la toute première chose à faire est de vous arrêter. Imaginez que vous êtes en train de faire votre longue sortie de 30 km hebdomadaire : au douzième kilomètre, alors que vous courrez à allure modérée, une douleur surgit. Vous continuez quelques minutes, mais la douleur ne disparaît pas. Aucun autre choix que de vous arrêter, marcher et retourner chez vous. La plupart du temps, appliquer de la glace sur la partie douloureuse vous fera du bien. Ensuite, aller chez le médecin.

Beaucoup de sportifs ne veulent pas entendre les signaux émis par le corps et ne s’arrêteront pas. Continuer l’effort dans la douleur aggravera la situation. Une douleur ressentie n’est rien d’autre que le signal nerveux envoyé par un membre afin de signaler au cerveau que cette partie du corps est endommagée et doit être réparée. De la même manière que le pneu d’une voiture doit être réparé avant de pouvoir continuer, la blessure devra être soignée.

Apprenez quelle est votre blessure. Allez chez le docteur, apprenez de quoi vous souffrez et comment vous soignerez votre blessure. Ce sont généralement les orthopédistes qui sont le mieux à même de traiter les blessures dues au sport. Si possible, demandez conseil pour trouver le bon docteur. Vos amis sportifs ont eux aussi très certainement et malheureusement été victimes de blessures et ils seront de bons conseils. Une fois un docteur trouvé, écoutez-le attentivement et posez-lui toutes les questions que vous aurez. Comprendre de quoi vous souffrez et vous imaginer le plus réellement possible la blessure sont essentiels pour accepter la blessure et la guérir.

Visualisez votre guérison. Si vous souffrez d’une fracture, passez cinq ou dix minutes à visualiser la guérison de l’os. Imaginez dans votre esprit les globules rouges approvisionnant la partie endommagée de l’os pour faciliter la réparation de l’os. Il n’y a pas de preuves scientifiques garantissant l’accélération de la guérison, mais tentez l’expérience et vous pouvez être sûrs que vous vous sentirez prendre le contrôle de votre guérison et de façon générale, vous gagnerez en positivisme.

Soyez tristes. Oui. Donnez-vous le droit d’être triste. Ne refoulez pas vos sentiments. Pour un sportif, être blessé est une situation triste. Pour guérir plus rapidement, l’athlète doit accepter la blessure et vivre et ressentir ses émotions.

Ne vivez pas dans le monde du rêve et de l’utopie. Vous êtes blessé et vous devrez rester éloigner des terrains d’entraînement, renoncer à participer à plusieurs courses ou peut-être même à disputer une saison entière de championnat. Lorsque vous consultez les résultats d’une course à laquelle vous auriez dû participer, ne vous dites pas « Si j’avais pu courir, j’aurais terminé en x minutes » ou encore « Si j’avais participé, c’est clair que j’aurais terminé au troisième rang. » Utilisez plutôt votre énergie pour soigner votre blessure plutôt que spéculer sur des performances et des événements auxquels vous ne pouvez pas participer.

Gardez un rôle actif durant la guérison. Mettez la même énergie dans votre rééducation que celle que vous mettiez pour vous entraîner. Investissez-vous totalement dans votre traitement de physiothérapie. Si votre médecin vous prescrit des exercices, faites-les. Cela paraît simple, mais beaucoup de sportifs renoncent à les faire par paresse ou alors parce que par rapport à leur entraînement habituel, ces exercices paraissent faciles. Un peu comme ils ont tendance à sauter les étirements après leur entraînement. Nous ne sommes pas dans le domaine de la performance, mais dans celui de la rééducation. Oubliez votre égo et faites vos devoirs.

Passez du temps avec amis sportifs et coéquipiers. Allez assister aux courses, voir les matches. Peut-être pourrez-vous vous rendre utile d’une autre façon. Par exemple, en étant bénévole aux points de ravitaillement d’une course à pied ou responsable des médias sociaux pour votre équipe. Pour beaucoup sportifs, les coéquipiers ou leurs concurrents le temps de la course sont aussi des amis. Si vous vous éloignez du milieu sportif lorsque vous êtes blessés, vous perdez en même temps le contact avec vos amis. Or vous aurez plus que jamais besoin de soutien et d’attention durant cette phase.

Continuez de vous entraîner. Si votre blessure vous permet de continuer une partie de votre entraînement, faites-le ! Je me permets d’évoquer ici ma propre expérience : pour soigner ma fracture de fatigue au pied gauche, je devais porter une attelle sous la forme de botte. Mon médecin m’a demandé de continuer de m’entraîner en portant mon attelle. Évidemment, pas de sauts, mais j’ai pu continuer le quatre-vingts pour-cent de mon entraînement musculaire. Et pour conserver ma condition, j’ai choisi de nager. Au final, je n’ai pas seulement conserver ma condition, je l’ai améliorée et me suis rendue compte qu’ajouter de la natation à mon plan d’entraînement habituel était bénéfique. Je l’ai adapté pour pouvoir y ajouter deux sessions de natation hebdomadaires après avoir guéri de ma blessure. Bien sûr, chaque cas est différent et avant de continuer de vous entraîner lorsque vous êtes blessés, parlez-en avec votre médecin.

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Blessée, attelle au pied, l’entraînement continue.

Fixez-vous de nouveaux buts et des objectifs réalistes. Les succès que vous atteindrez durant votre période de guérison seront différents. Marcher sans béquilles sera peut-être votre première victoire. Et la seconde ne plus ressentir de douleurs. Un beau jour, vous courrez à nouveau deux kilomètres (alors que normalement votre distance d’entraînement est de 30 km). Chaque progrès sera un succès en soi et devra être fêté comme tel. Vous devrez totalement oublier vos anciens objectifs.

Et lorsque vous pourrez faire votre retour, fixez-vous alors un objectif réaliste mais qui sort du commun. Une course à l’étranger ou une randonnée sac au dos de plusieurs jours. Il ne s’agira pas seulement d’un défi sportif, mais d’une organisation qui vous occupera et apportera une motivation supplémentaire à votre entraînement.

Soyez patients. Ne brûlez pas les étapes. Il ne sert absolument à rien de vouloir recommencer deux semaines plus vite que prévu. Il est important que votre blessure soit totalement soignée avant de reprendre l’entraînement. Si vous n’attendez pas suffisamment, vous courrez le risque que votre blessure devienne chronique. Allez-y lentement, mais arrivez au but plus vite !

Utilisez ce que vous avez appris par le sport dans la vie de tous les jours. Pour être un athlète de bon niveau, vous avez depuis des années fait preuve de motivation et détermination, vous avez appris à gérer votre temps, à faire des sacrifices. Utilisez ces qualités hors du commun dans la vie de tous les jours et votre vie quotidienne.

Quoiqu’il arrive, soyez positif. La pensée positive accélère le processus de guérison et diminue la douleur émotionnelle que vous ressentez. Quand vous entrez dans une phase de négativisme, vous ralentissez le processus de guérison, vous péjorez votre moral et tout cela aboutira au fait que vous sentirez encore plus mal. C’est entre vos mains. Évitez tout simplement la pensée négative, elle n’apporte rien de bon.

En cas de besoin, demandez de l’aide. Si vous vous sentez déprimé, que vos habitudes alimentaires changent ou que vous souffrez de trouble du sommeil, demandez de l’aide de la part d’un professionnel car cela signifie que votre propre énergie n’est pas suffisante pour surmonter la douleur émotionnelle provoquée par la blessure. Avoir recours à un psychologue n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt de force.

Chers lectrices et lecteurs, n’oubliez pas qu’avant de gagner, d’accumuler les succès, le premier but du sport est d’être en bonne santé. Ecoutez-vous, ayez du plaisir lorsque vous faites du sport et courrez le sourire aux lèvres !

Je vous souhaite à toutes et à tous une belle fin de semaine placée sous le signe du sport.