L’empreinte climatique des jeunes ? Mauvaise question.

Le 18 janvier, 22’000 gymnasien·ne·s, apprenti·e·s et étudiant·e·s ont défilé dans diverses villes de Suisse, dont 8000 à Lausanne, pour manifester en faveur du climat. À la suite de cette mobilisation sans précédent, certains commentateurs et médias ont jugé bon de rappeler que l’empreinte climatique des jeunes est loin d’être irréprochable, et que ceux-ci feraient bien d’y faire un peu plus attention s’ils comptent changer les choses. Une telle remarque tombe complètement à côté du problème.

Le changement climatique est par nature un problème collectif qui ne sera résolu que par une réponse collective. Nous n’avons tout simplement plus le temps, ni le luxe, d’attendre que chacun et chacune veuille bien changer ses habitudes personnelles. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est d’un soulèvement démocratique qui tire la classe politique, et en particulier la droite, de sa léthargie. Les jeunes, eux, l’ont bien compris. Que les manifestants se déplacent en vélo ou en voiture, qu’ils passent leurs vacances dans le pacifique ou au bord du lac Léman ne change rien à l’affaire. Le changement doit être systémique et toutes les voix pour le dire sont légitimes.

Que l’on me comprenne bien. Les efforts pour verdir son mode de vie sont désirables et utiles. Ils permettent de faire évoluer les valeurs de la société dans son ensemble et d’expérimenter des modes de vie nouveaux. Si suffisamment de gens les adoptent, ils préparent les esprits aux changements à venir et donnent un signal fort aux décideurs. Mais en aucun cas avoir une faible empreinte carbone n’est un prérequis pour demander une action politique ambitieuse contre le changement climatique. Si seules les personnes exemplaires en la matière pouvaient s’exprimer, très peu de monde aurait voix au chapitre.

 

Des attentes irréalistes

Faire reposer la résolution du problème climatique uniquement sur les changements de comportement individuels serait d’ailleurs totalement irréaliste. Cela demanderait un niveau de coordination que seules des politiques publiques peuvent fournir dans une société aussi nombreuse, complexe et dépendante des énergies fossiles que la nôtre. L’histoire des problèmes environnementaux nous montre qu’aucun problème écologique d’une certaine ampleur n’a été résolu par une accumulation de petits gestes. Que l’on songe à l’impact du DDT sur l’environnement et la santé humaine, au trou dans la couche d’ozone lié à l’usage des gaz CFC ou aux problèmes de pollution au dioxyde de soufre responsables des pluies acides. Tous ces problèmes ont été résolus par la mise en place d’un cadre légal ambitieux, parfois associé à des incitation économiques, et non par l’addition de petites actions individuelles. L’histoire environnementale compte bien quelques exemples de boycotts qui ont été couronnés de succès, mais la plupart sont des cas isolés et de petite ampleur comme le retrait d’un produit ou l’abandon d’un projet d’infrastructure, pas des changements de paradigme.

D’autre part, se focaliser uniquement sur les changements personnels fait reposer une responsabilité démesurée sur les individus. Les jeunes qui ont manifesté le 18 janvier, tout comme leurs aînés, ont grandi dans une société fondée sur l’usage intensif des énergies fossiles et l’hyper-consommation. Tout y est organisé pour engendrer des attentes toujours renouvelées et perpétuer des fonctionnements dévastateurs pour l’environnement. Le problème est donc structurel. Dans ce contexte, diviser son empreinte climatique par quatre ou plus n’est pas toujours possible, et demande des efforts considérables. L’idée que la responsabilité de résoudre l’un des plus gros problèmes de notre temps repose en premier lieu sur les individus est une farce, alors même que l’industrie fossile et ses investisseurs continuent à détruire la planète en touchant des milliards de francs de subvention. Cette vision des choses ne pourrait pas être plus déconnectée de la nature même du problème climatique, et cela au moment où nous avons plus besoin que jamais d’une réponse commune extrêmement vigoureuse.

Les individus ont bien-sûr leur part à jouer, mais cela commence par faire entendre leur voix et accepter la nécessité d’une transition énergétique et écologique rapide.

 

Changer tous ensemble c’est plus facile

En vérité, changer tous en même temps est à la fois plus efficace, plus efficient et plus équitable. Plus efficace, car le but étant d’arriver à zéro émissions nettes de COd’ici la seconde moitié du siècle, seule une action concertée nous permettra d’atteindre cet objectif. Tant que les réductions radicales d’émissions resteront le fait d’une minorité de précurseurs, la lutte contre le changement climatique sera vouée à l’échec. Or, il est illusoire de penser qu’un changement de comportement spontané de cette ampleur, dans une société qui nous conditionne à faire exactement l’inverse, puisse toucher l’ensemble de la population.

Plus efficient ensuite, c’est à dire moins coûteux économiquement, pratiquement et moralement, car les modes de vie à très faibles émissions de carbone sont beaucoup plus faciles à adopter dans une infrastructure adaptée à cet effet. Que ce soit dans le domaine de l’énergie, de la mobilité ou de l’alimentation, les technologies sobres en carbone sont beaucoup moins chères lorsqu’elles sont utilisées à large échelle. Pour les individus, il est beaucoup plus aisé de se déplacer sans voiture dans une ville adaptée au vélo et équipée d’un bon réseau de transports publiques ; plus facile de se passer de viande lorsqu’il y a une vaste gamme de plats végétarien à choix ; et moins dur de voyager moins souvent, ou différemment, lorsque tout le monde est à la même enseigne.

Plus équitable enfin, car il est injuste qu’une petite partie de la population prenne sur elle la plus grande part du fardeau climatique, qui est rappelons-le par essence un problème commun, alors que la majorité s’en désintéresse. Certaines parties de la population, en particulier les plus défavorisées, ne devraient pas non plus être les laissées pour compte de la transition énergétique, pendant que d’autres achètent le maintien de leur mode de vie énergivore.

Pour toutes ces raisons, le traitement de la crise climatique doit passer, et passera, par l’adoption de politiques climatiques ambitieuses qui permettent des changements systémiques dans le fonctionnement même de notre société. Et si les élu.e.s ne prennent pas leurs responsabilités, c’est aux citoyen.ne.s de les leur rappeler, dans la rue et dans les urnes, quelle que soit leur empreinte carbone personnelle.

Le vrai moteur du changement sera le citoyen, bien plus encore que le consommateur.

Augustin Fragniere

Augustin Fragniere

Augustin Fragnière travaille à l'Université de Lausanne et fait partie du conseil scientifique de la Fondation Zoein. Docteur en sciences de l'environnement et philosophe, il a mené des recherches sur les enjeux éthiques et politiques des problèmes environnementaux globaux en Suisse, en France et aux États-Unis. Ses réflexions portent en particulier sur les questions de justice climatique et environnementale et sur les théories de la durabilité.

26 réponses à “L’empreinte climatique des jeunes ? Mauvaise question.

  1. 366’000 étudiants au secondaire II en Suisse.
    22’000 manifestants (dont de nombreux universitaires)
    Taux de participation à la manif: maximum 6%
    Aucun journal n’a relevé cette faible participation, préférant titrer sur LE message des jeunes
    Que pensent les 94% des jeunes qui n’ont pas manifesté? Voilà une question qui devrait intéresser les médias. Les manifs, c’est bon, on les a vues.

    1. Bonjour,
      Une participation de 6% me semble plutôt très élevée pour une manifestation. Rapporté à la population Suisse, cela ferait près d’un demi-million de personnes dans la rue. Du jamais vu. De plus, cette manifestation avait la particularité d’être organisée en très grande partie par les jeunes eux-mêmes, ce qui vaut la peine d’être relevé. Quant aux 94% restant, il serait effectivement intéressant de savoir ce qu’ils en pensent. Libre à eux de s’exprimer.

    2. Oh mais c’est vrai que c’était une manifestation exclusivement réservées aux jeunes et aux universitaires ! Vous étiez où, vous, les “”””adultes”””” ? Combien de % représentiez-vous samedi dernier ? Certainement bien moins que 6%.
      De toute façon, vous ne serez jamais content, vous avez une telle aigreur envers les jeunes générations que quoi qu’ils fassent, vous trouverez toujours à redire. (Je ne vous vise pas vous particulièrement, mais de manière générale).
      Au moins, les jeunes se bougent, ils essaient comme ils peuvent de se faire entendre pour que la politique de ce pays change et devienne plus responsable. Les politiques, tous autant qu’ils sont, ne savent pas gérer ce problème tel qu’il devrait être géré, c’est-à-dire urgemment.

      Certes, ils ont les derniers modèles de téléphone, ils sont bien fringués, ils voyagent, … Mais c’est les parents qui font l’éducation, et qui sont ces parents ? La génération d’avant ; la boucle est bouclée.

      Arrêtez de vouloir chercher la petite bête, tout ça parce que ça vous énerve que ces “jeunes” aient la prétention de vouloir être entendu, et de faire bouger les choses.

  2. Très éclairant, merci. Je faisais partie de cette catégorie qui trouvait bien que les jeunes fassent une manifestation, avec la réserve de “qu’est-ce que vous faites, vous?”. Je vous approuve sur toute le ligne. Les individus seuls ne sont rien pour résoudre un problème si vaste. Et malheureusement, nous n’en prenons pas le chemin (de la résolution…)
    une retraitée un peu désabusée…

  3. “Tant que les réductions radicales d’émissions resteront le fait d’une minorité de précurseurs, la lutte contre le changement climatique sera vouée à l’échec.”
    Donc changer les comportements en Suisse seulement est voué à l’échec. Seul un changement coordonné au niveau mondial pourrait atteindre le but recherché.

    1. Oui, une coordination au niveau international est indispensable. Par contre la dynamique entre pays est très différente de la dynamique entre individus. Les deux cas ne peuvent pas vraiment être comparés. S’il y a des milliards d’individus sur la planète, il n’y a qu’environ 200 pays. Un pays ou un petit groupe de pays qui ont une politique ambitieuse de réduction de leurs émissions et qui montrent que cela est possible peuvent avoir une influence considérable. Cela est d’autant plus vrai pour des pays comme la Suisse qui ont une économie avancée et dont les émissions par habitants sont parmi les plus élevées de la planète (voir mon article de blog précédent à ce sujet). D’autre part, un pays est une unité politique et fonctionnelle qui possède une taille suffisante pour mettre en place des solutions à large échelle, ce qui rend le changement plus facile et moins coûteux pour les usagers.

  4. Ces braves jeunes veulent changer et sauver le monde mais ils sont incapables et surtout ils n’ont pas le temps de descendre la poubelle quant on leurs demande. C’est vraiment une jeunesse étonnante !

  5. Ou comment sortir une évidence… c’est beau. Sans quoi, tout le monde doit faire des efforts, les jeunes compris. Car juste manifester mais ne pas se remettre en question au niveau des ses propres impactes écologique est inutile et contre-productif. C’est un peu comme être alcoolique et dire aux autres de ne pas boire car ça fait des dégâts aux foie. Alors oui, votre article ne fait que refléter le fond bien pensant de base, par contre il faut aussi remettre en question la manière et les moyens utilisés pour un réel impact.

    Se focaliser que sur le message est bien, mais la manière de le faire est, quand à elle, bien plus importante étant dit que celle-ci est pour une cause noble et se doit d’être exemplaire

    1. “Si seules les personnes exemplaires en la matière pouvaient s’exprimer, très peu de monde aurait voix au chapitre.”

      M. Fragnière donne une réponse assez claire à votre message. Et ce n’est pas qu’une “cause noble”, c’est une nécessité qui devrait mobiliser tout citoyen, peu importe son empreinte écologique…

  6. Une analyse extrêmement pertinente.

    je passerai sur les remarques “et vous, vous faites quoi?” qui permettent justement de justifier l’inaction. De plus, une manifestation est avant tout un message politique indiquant que ces jeunes demandent des changements radicaux. Ce qui ouvre le débat sur les décisions confédérales à prendre.

    La Suisse peut-elle donner l’exemple dans ce domaine? Ne le fait-elle pas déjà pour la démocratie? La Suisse devrait-elle revenir sur sa constitution sous prétexte qu’ailleurs dans le monde, c’est moins bien? La Suisse est un exemple de pays pacifique, démocratique et dynamique. Elle n’a pas de passé colonial et peut donc engager bien plus facilement un dialogue avec des pays émergents pour ouvrir une voie nouvelle. Elle a des universités prestigieuses, des écoles polytechniques reconnues et très en avance, une vraie crédibilité internationale sur sa volonté de non-ingérence (Que n’ont ni les Français, ni Les Anglais-anciennes puissances coloniales- ni les Américains ou les Russes), et elle accueille déjà beaucoup d’institutions internationales dont l’OMM.
    La Suisse pourrait ouvrir la voie, changer de mode de développement, partager ses expériences, mettre en open source des innovations en low tech.
    Amis suisses, vous avez un potentiel immense!

  7. Bravo ! Voici un article très juste qui prend adéquatement le contre-pied des interventions d’aigris de tous bords qui se sont affairés à chercher des poux aux jeunes mobilisés. En faisant grève et en manifestant, ces derniers ont déjà fait plus que les générations précédentes, malgré les contradictions qu’ils partagent avec nous tous.

    Aux différents arguments que vous soulevez, on peut encore ajouter tous ce qui dépend d’un système économique dans lequel le simple citoyen ne peut presque pas intervenir pour décider. Quand la viande d’agneau française est vendue en Angleterre pendant que la viande d’agneau anglaise est vendue en France, quand les chaussures fabriquées en Allemagne sont envoyées au Portugal pour être lacées avant de revenir dans les magasins allemands, quand l’eau minérale voyage sur des centaines de kilomètres en camion pour être servie dans les restaurants, quand l’aviation bénéficie d’une exonération internationale de taxes sur les huiles minérales, quand le gouvernement suisse négocie un accord de libre-échange avec l’Indonésie favorable à notre industrie mais défavorable à notre santé et à nos paysans… (je pourrais allonger sans fin cette liste), on voit très bien que l’essentiel des décisions ne se fait à un niveau pour l’essentiel inaccessible aux citoyens. Nous avons besoin de décisions collectives, donc politiques.
    De fait, on ne devrait pas parler de “libre-échange”, mais de “l’interdiction de ne pas échanger”, puisque les accords internationaux empêchent de développer en priorité une consommation locale.

  8. Combien de Jeunes vont voter le 10 pour le Mitage. Combien sons engagés pour la initiative les GLACIERS, où la fin des pesticides, des plastiques dans les marchés. MULTINATIONALES RESPONSABLES.
    Il faut créer une initiative contre toutes les lobbys des élus, avec de contrants penals.
    ….. Peut-être ont peut changer quelques choses.

  9. Je me posais cette réflexion sur le libre choix du mode de vie. Je te rejoins sur le fait que la politique doit changer les incitatits vers les énergies vertes, avec subvention, etc… que la vertu ne suffira pas.
    Le problème c’est que cela doit se faire à un niveau international. Du coup, soit on table sur un accord international, mais vu la situation de l’Europe, c’est pas gagné, soit on fait des lois nationales, lesquelles?
    -Taxe sur le kérozène: est–ce faisable de faire une législation en Suisse sans entrer en conflits avec d’autres États?
    – Protectionisme pour limiter les importations (transports) et encourager la production locale, mais il y a un risque de guerre économique, mais pk pas?
    – Taxes divers (impacts les plus pauvres, sans empêcher les riches de polluer).
    – Contraintes hardcore, genre pas le droit de consommer plus de X litre d’essence par année. Demanderait des frais pour la surveillance, surtout si on fait un truc complexe, mais moi je suis un lénisiste dans mon genre je dis pk pas.

    D’autre part, on sait très bien que les voyages d’avion son surtout faits pas des business man, que les countainers marins polluent 100x plus que la voiture, au fond le problème c’est la croissance, on pourra jamais recouvrir le monde panneau solaire.

    1. Merci pour votre commentaire. Un accord international sur le climat existe déjà. Il s’agit de l’Accord de Paris dont tous les pays du monde sont signataires (les USA et le Brésil en font encore officiellement partie malgré leurs annonces de vouloir en sortir). Certes, cet accord n’est pas très contraignant et se base surtout sur l’espoir qu’une dynamique positive s’engage entre les différents pays. C’est pourquoi il est extrêmement important que de nombreux pays montrent l’exemple et prennent des mesures sérieuses pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Quant aux taxes écologiques, l’expérience montre que dans la plupart des cas cela fonctionne. Lorsqu’elles sont bien conçues et sont pourvues de mesures d’accompagnement (p.ex des taxes progressives ou redistribuées à la population) elles n’ont pas un impact pas disproportionné sur les pauvres. Voir: https://blogs.letemps.ch/adele-thorens/2018/11/29/gilets-jaunes-prix-de-lessence-et-loi-sur-le-co2-le-problematique-est-elle-la-meme-en-suisse-quen-france/

    2. Au niveau des taxes, nous avons laissé passer la chance d’introduire la taxe sur l’énergie nécessaire TEN en remplacement de la TVA (qui taxe le travail). En incluant l’énergie grise que contiennent les fraises et autres asperges sur les étals en février (avec trop souvent un panneau “actuel” en évidence!), mais également celle contenue dans tous les produits (véhicules neufs, smartphone, etc..),la Suisse, loin de plomber son économie, aurait offert à ses producteurs et artisans un bol d’oxygène leur permettant de redevenir concurrentiels.
      Les produits locaux, de saison, voir bio (les engrais et pesticides nécessitent une quantité considérable de gaz naturel ou de pétrole) et la réparation des objets plutôt que le “prêt à jeter” auraient retrouver un attrait bienvenu. Cette initiative aurait eu le mérite de dévoiler, au travers des prix, la débauche d’énergie ahurissante que nécessite la plupart des produits “bon marchés”, dont le coût est par contre exorbitant pour la santé et l’environnement.
      Une telle taxe permettrait d’internaliser les externalités et favoriserait une descente énergétique. Elle aurait permis d’orienter par le porte-monnaie (puisque c’est le meilleur moyen à ce jour d’orienter les achats) vers des produits plus “durables”.
      A priori, cette idée si rudement balayée par le peuple suisse serait en passe de revenir avec moins de vertus, mais tout de même, ce serait un début, gageons que cette fois la carte partisane laisse la place au besoin de plus en plus pressant d’un changement de paradigme que cette proposition pourrait amorcer!

  10. Merci pour l’article, et je dirai d’abord que je ne peux qu’aprouver les mesures anti-CO2 déjà instaurées en Suisse.
    Cela dit, je reste très sceptique:
    – L’accord sur le climat n’engage en rien; tant qu’il n’y a pas de contrainte, et de possibilité d’appliquer la contrainte, c’est une blague. L’expérience le prouve déjà, le WEF cette année (organisé en Suisse je souligne) est le climax de cette blague. L’idée d’exemplarité et du bon élève ensuite, est encore une blague, les États-unis se foutent totalement de ce que fait la Suisse, leur lobby du pétrole et consorts s’en moquent éperdumment.
    – Produire et consommer sont liés, si on consomme des produits chinois et américains, la Suisse n’est ni absoute, ni réllemment efficace dans sa lutte contre le CO2, même si elle fait sa part au niveau de la production. Les quotas d’échange carbones, lorsqu’ils ne deviennent pas frauduleux appartiennent à la même hypocrisie, ceux qui veulent et peuvent polluer le feront.
    – Enfin, je dérive, mais la Suisse est une vitrine bien polie qui cache un magasin plein de merde. C’est la schizophrénie: Glencore, Nestlé, Monsanto, etc… sont accueillis bras ouverts alors qu’ils pourrissent le monde.
    En résumé, dans le libéralisme effrenné qui a court aujourd’hui, croissance + liberté totale des échanges, j’ai l’impression qu on soigne un cancer avec du thé à la menthe. Dsl je veux pas du pessimiste primaire, mais je pense qu’un constat lucide permet de mieux comprendre les enjeux.

  11. Article intéressant qui recentre le débat sur les vrais actions tout en remettant en question le bashing incessant de personnes qui critiquent sans cesse les actions et changements pour mieux rester dans le déni de la réalité. Critiquer les actions des autres et répandre le pessimisme est juste le reflet de l’incompétence de certains à se remettre en question.

    Il est vrai que la Suisse est très loin d’être un exemple mais agir personnellement est le meilleur moyen de (1) diminuer sa frustration, (2) mettre fin à l’immobilisme, (3) donner tort aux donneurs de leçons, (4) se rapprocher de ses convictions, (5) mettre en mouvement votre entourage et (6) prendre le risque de changer pour le meilleur!

    1. J’aimerais être d’accord avec vous, mais plus j’agis, plus la frustration augmente face au constat du caractère dérisoire de mes actions en regard de ce qui m’entoure (1) et je ne sais si la mise en mouvement trop relative de mon entourage (5) découle de cet aspect dérisoire, mais le regard condescendant ou les réflexions “il faut bien vivre tout de même ” ne font qu’augmenter la frustration ou plutôt le sentiment d’impuissance, de vanité (ce qui est vainc).

      Dans ce tableau, la mise en mouvement des jeunes est une lueur d’espoir bienvenue. Gageons qu’elle se traduise en résultats concrets et qu’ils tiendront leur os. Nous pouvons les soutenir!

      1. Je suis d’accord avec vous sur le sentiment d’impuissance mais être en accord avec ses convictions est déjà la meilleure manière de ne pas lâcher cet engagement, c’est en tout cas ce dont je suis convaincu. Quant à l’application, c’est en effet plus facile à dire qu’à faire, mais ce n’est pas impossible!

        Je vous conseille la vidéo Youtube “Jean-Marc Jancovici et Philippe Bihouix : Croissance et Effondrement [EN DIRECT]” et tout particulièrement les 5 dernières minutes, très intéressant et inspirant!

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