Bulle de peur

Lorsque le cours de l’or s’est effondré mi-avril, les marchés, une fois sortis de leur stupeur, ont désespérément cherché des raisons. Ils en ont trouvé plusieurs, allant du retrait progressif des hedge funds à l’annonce de ventes massives par la banque centrale chypriotes, mais sans toucher à l’essentiel. En fait, c’est le rôle de valeur-refuge du métal jaune qui a disparu. L’or n’est plus cette valeur sûre, intangible, que l’on s’arrache quand tout va mal, il est redevenu un métal (presque) comme les autres.

C’est donc à l’explosion d’une bulle que l’on a assisté. Comme celle d’Apple, qui est revenu à son cours d’il y a deux ans après avoir perdu 40% de sa valeur. Parce que les investisseurs n’ont plus avec Tim Cook ce sentiment de sécurité absolue que leur donnait encore feu Steve Jobs et ses appareils électroniques si géniaux. Et on risque d’en voir d’autres: les autres matières premières, les actions américaines, les emprunts souverains lorsque les banques centrales décideront de s’en retirer, etc.

Et que se passera-t-il en Suisse lorsque la bulle de peur du secret bancaire aura explosé? La toute fraîche conversion de l’ASB à l’échange automatique d’informations fiscales ouvre une nouvelle ère. Certes, ce n’est pas pour demain et les banques auront largement le temps de s’y adapter, lorsque ce n’est pas déjà fait. Mais l’effondrement définitif du mur du secret pourrait mettre un terme à la crispation de la place financière helvétique sur la question de la protection de la sphère privée. Et libérer les esprits, les rendre enfin plus ouverts à l’aventure, plus inventifs. Pour rendre les financiers aussi innovants que tous les autres entrepreneurs de l’économie réelle.

Confusion fiscale

Entre les révélations d’Offshore Leaks, l’annonce de la conversion par le Luxembourg, l’Autriche et le Liechtenstein au mode d’échange automatique d’informations fiscales, et l’affaire Cahuzac en France, il y a de quoi semer une large confusion dans les esprits. Mercredi soir, le Grand Soir Trois, émission d’informations de la 3e chaîne de TV française, commettait cette suprême confusion: c’est à cause de l’affaire Cahuzac que le Luxembourg abandonne son secret bancaire: Et un coup de cocorico pour couronner le tout!

Cahuzac, pour la Suisse, sonne comme une revanche. Souvent accusée (non sans de bonnes raisons) par les Français de bloquer les canaux judiciaires permettant la transmission d’informations bancaires, c’est elle qui a fourni les renseignements qui ont fait plonger le ministre. Et qui montre sa disponibilité à livrer d’autres documents à même de déstabiliser d’autres hauts responsables politiques hexagonaux, aussi bien à gauche qu’à droite. La panique qui s’est emparée de la scène politique parisienne en est la meilleure démonstration.

La conversion annoncée du Luxembourg à l’échange automatique d’informations représente un enjeu bien plus important pour la Suisse car elle annonce la vraie fin du secret bancaire. Il sera difficile de prolonger son agonie longtemps au-delà du 1er janvier 2015, date retenue par le Grand-Duché pour appliquer le nouveau système. L’objectif, pour Berne, sera de négocier le dernier recul avec un minimum de dégâts faute de pouvoir obtenir beaucoup de contreparties de la part de ses voisins et partenaires. Elle paye encore le prix de la grave erreur commise au cours des années 2000, lorsqu’elle sous-estimait la volonté internationale d’en finir avec le secret bancaire.

Nombre de réactions politiques, aussi bien en France qu’en Suisse, sont du théâtre. Le projet de “moralisation” du président Hollande n’est qu’une reprise de projets de lois en cours d’approbation devant le parlement, et ne convainc donc guère. En Suisse, la confédération et les banques se préparent depuis plusieurs mois, voire un an, à l’échange automatique. Mais il y a un grand risque: que le théâtre parisien appelle une victime expiatoire, et que celle-ci soit, justement, la Suisse.

Offshore mis à nu

Quel que soit le contenu de la masse d’informations contenue sous le label “offshoreleaks”, la mise à jour de dizaines de milliers de documents hautement confidentiels sur les méthodes couramment employées par les très riches et puissants pour amoindrir leur fardeau fiscal s’avère déjà comme un changement paradigmatique majeur. Désormais, la réalité tangible des montages complexes de structures juridiques destinées à opacifier les patrimoines et les flux financiers apporte la preuve, attendue depuis si longtemps, d’une réalité connue mais demeurée largement abstraite.

Le fait de savoir que Madame ou Monsieur X, ou la famille Y, ou la fondation Z, honorablement connus dans leur pays ou leur région, minimise ses responsabilités fiscales par des méthodes certes légales mais peu morales, va accroître la frustration de citoyens-contribuables contraints de tout déclarer et toujours plus soumis à la pression de la mondialisation et de mesures d’austérité. Un changement de ton politique en ressortira immanquablement.

Certes, les personnes riches et puissantes, accompagnées des banquiers, avocats, gérants ou autres structurateurs de patrimoines, qui vivent très confortablement de ce business, vont se draper dans la dénonciation de l’atteinte à la liberté individuelle. Ils se défendent déjà en arguant de la légalité de ces montages.

Mais il leur sera désormais bien difficile de plaider, comme le font les banquiers suisses, la sauvegarde du “lien de confiance entre le citoyen et l’Etat” pour empêcher la mise en place d’un échange d’informations fiscales entre autorités cantonales. Se prévaloir d’un tel lien lorsque l’on aide les gens à échapper au fisc, même légalement, n’est évidemment pas soutenable.

Le ridicule finira par tuer la zone euro

L’économie de Chypre est comparable, par sa taille, à celle du canton de Lucerne. Son besoin urgent de financement, qui occupe tant la zone euro et les marchés financiers internationaux, représente la moitié de l’aide dont UBS a bénéficié de la Banque nationale suisse en octobre 2008. Quant à la partie de cette aide qui devrait être financée par des apports chypriotes – taxes sur les comptes, transferts des fonds de retraite, etc. – ils représentent entre trois et quatre fois la somme que le canton de Genève a injecté dans sa banque cantonale en faillite en 2000.

Les montants dont ont besoin les Chypriotes ne sont donc pas le problème. La Suisse a su, dans un passé récent, les mobilier toute seule sans que sa solidité ni sa crédibilité ne soient remis en cause. Certes, les proportions sont différentes. l’aide à UBS ne représentait “que” 8% du PIB de la Suisse. Les besoins urgents de Chypre atteignent 80% de sa richesse nationale. Mais la Suisse était seule. Chypre est membre de l’un des blocs monétaires les plus riches au monde depuis cinq ans. Qui, certes, l’empêche de dévaluer sa monnaie comme a pu le faire l’Islande en octobre 2008, mais qui, au moins, est censée lui prodiguer un appui.

La pantalonnade à laquelle nous assistons, impuissants, depuis la mi-mars n’est donc pas un problème de chiffres mais tout simplement un manque cruel, flagrant, de conscience des obligations d’une monnaie unique: une prise en charge des problèmes du membre le plus fragile de la communauté et, en contrepartie, un abandon de souveraineté de chaque pays membre pour tout ce qui concerne les grandes questions financières. L’UE a empoigné cette question il y a plus d’un an, notamment en faisant avancer le projet d’union bancaire. Mais celui-ci s’ensable en raison des égoïsmes nationaux, notamment allemands.

Faudra-t-il que les Etats-Unis ou la Chine menacent ouvertement d’intervenir directement dans ce dossier qui empoisonne la planète pour que les Européens se réveillent? Pour qu’ils sortent de la logique du compromis a minima de dernière seconde qui a conclu toutes leurs crises précédentes, et sur laquelle celle de Chypre devrait aussi aboutir? Ou va-t-on réellement vers l’explosion définitive de la zone euro? La pusillanimité et le ridicule des dirigeants européens dans cette affaire le laisse vraiment croire.

Derniers râles de secret bancaire

Le Lobby des citoyens est une de ces organisations nées de l’effondrement du secret bancaire traditionnel entre 2009 et l’an dernier. Constituée, comme Swissrespect, principalement de gérants de fortune indépendants genevois, elle prône le retour au modèle suisse d’antan, fait de discrétion, d’armée de milice et d’autres valeurs conservatrices. Ce mouvement se dit apolitique. Mais sans surprise, il est proche de l’UDC, qui est en train de la satelliser, principalement avec l’aide du conseiller national genevois Yves Nydegger.

Cette organisation est l’un des moteurs de l’initiative populaire visant à ancrer le secret bancaire dans la Constitution fédérale qui a été lancée à la mi-mars par le banquier zurichois Thomas Matter avec le soutien non seulement de l’UDC, mais aussi du PLR et du PDC.

Que veut cette initiative? empêcher les gouvernements cantonaux à accéder aux informations bancaires de leurs contribuables dans les autres cantons.Autrement dit, laisser une porte ouverte à l’évasion fiscale à l’intérieur de la Suisse, ultime rempart du secret après son effondrement à l’étranger, et donc introduire un biais fiscal au détriment des finances publiques suisses.

Le pari des initiants est d’obtenir l’adhésion des quelque 86% de personnes se disant attachées à la défense de la “sphère privée financière”, selon un récent sondage de l’ASB, ce qui lui donnerait assurément une claire victoire en cas de votation populaire.

Mais le combat se trompe de cible. La Suisse est contrainte, que cela lui plaise ou non, d’adhérer aux règles du jeu mondial en matière d’échanges d’informations et de transparence fiscales, comme elle est heureuse que le reste du monde respecte d’autres règles du jeu très lucratives pour l’économie suisse, comme le respect de la propriété intellectuelle et du rapatriement des bénéfices. Toute tentative visant à retarder, voire inverser le cours de l’histoire, n’est qu’un combat d’arrière-garde qui ralentit les efforts du pays de garder sa position à la pointe de l’innovation, notamment financière.

Chypre: Les épargnants subventionnent les banques

L’accord conclu entre la Troïka (UE, BCE et FMI) avec le gouvernement chypriote le samedi 16 mars au matin marque une nouvelle étape dans le cynisme avec lequel des solutions sont apportées à la crise financière européenne. Après avoir imposé des mesures d’austérité conduisant des millions de personnes au chômage, les négociateurs – la Troïka d’un côté, les gouvernements surendettés de l’autre – contraignent les déposants à payer pour assurer la solvabilité d’un Etat aux abois afin de garantir sa dette, détenue principalement par des banques commerciales. En d’autres termes, les épargnants sont appelés à subventionner les banques, une forme de socialisation des pertes.

Pourquoi? Il y a bien sûr la rigidité de la Troïka, qui évacue toute idée d’un abandon même partiel des dettes souveraines (à l’exception de la Grèce il y a un an). Mais il y a aussi une forme de lâcheté, voire d’incompétence des dirigeants récipiendaires des aides. Dans le cas de Chypre, le nouveau gouvernement a préféré n’emprunter que quelque 10 milliards d’euros et de chercher plus de 5 milliards auprès des épargnants, dont beaucoup de Russes, plutôt que d’emprunter la totalité de ses besoins, lesquels atteignent la quasi-totalité de son PIB.

Chypre, en tant que place financière, est finie. L’île ne se remettra jamais de cette atteinte à sa réputation. Son gouvernement  rejoint ses homologues grec, espagnol, italien et autres méridionaux dans le club des cyniques incompétents. Quant à l’UE, sa légitimité en tant que défenderesse des intérêts des peuples vient de subir un nouveau coup. Le retour de manivelle n’en sera que plus fort.

Des taux au plancher, à jamais!

Inflation, où es-tu? La Banque nationale a beau la chercher, elle ne la trouve pas. Elle ne la trouve tellement pas qu’elle a même dû abaisser ses prévisions de hausse des prix pour ces deux prochaines années dans sa dernière “appréciation de la situation économique et monétaire” publiée ce jeudi 14 mars. Pour résumer, les prix baisseront encore cette année (-0,2%). Ils se redresseront certes l’an prochain, mais dans une marge si minime (+0,2%) que cela ne vaut même pas la peine d’en parler…

Une banque centrale ne détermine certes pas les taux de rendement des emprunts de longue durée (obligations de la Confédération, (etc.), mais les conditions qu’elle pose exerce mécaniquement un effet sur cette partie du marché de l’argent. Aussi, l’absence de perspective nette de reprise de l’inflation maintient, et pour un, voire deux ans encore en absence de crise aiguë de la zone euro, les taux longs à des niveaux fort bas.

Bref, ce sont tous ces propriétaires immobiliers, qui se sont précipités sur les prêts hypothécaires à dix ans à des taux “historiquement bas”, voisins de 2,2 à 2,4% en moyenne, qui se retrouvent pris au piège de leurs contrats. Pensant se couvrir contre une hausse brutale du loyer de l’argent, c’est une mauvaise surprise qui les attend: celle d’être scotchés à des prêts finalement pas si bon marché que cela alors que le coût d’un emprunt à plus court terme – certes plus risqué – reste désespérément au plancher.

Moralité: il vaut toujours la peine d’attendre encore un peu. Quitte à se mordre les doigts au cas où un événement inattendu invaliderait tout ce qui précède.

La City, Minder et les bonus

Si le vote de dimanche dernier sur les salaires des managers a eu un retentissement mondial, il a été particulièrement remarqué dans la City de Londres. Pas une discussion ne peut impliquer le Suisse de passage dans la première place financière au monde sans que le vote ne soit commenté, le plus souvent positivement! C’est que la solution Minder paraît bien plus pragmatique aux banquiers de Canary Wharf que la formule retenue ce début de semaine par les ministres de l’Union européenne. Cette dernière, plutôt que d’accorder les pleins pouvoirs aux actionnaires, a opté pour une formule limitative: la part variable des rémunérations ne pourra pas dépasser le montant du salaire fixe. Ou, éventuellement, en représenter le double si une large majorité d’actionnaires l’accepte.

Pour les Britanniques, c’est un nouvel obstacle à la compétitivité de leur place financière qui est en jeu. Comment convaincre un manager de travailler pour un établissement britannique, même à Hongkong (où la règle s’appliquera aussi vu qu’elle s’étendra à toutes les implantations d’une banque basée dans l’Union), alors que ses concurrents d’autres régions du monde seront libres de fixer leurs rémunérations comme elles l’entendent? George Osborne, le ministre des Finances britannique, a été complètement minorisé sur ce sujet face à ses collègues européens, ce qui lui permet – au passage – de s’afficher comme le défenseur acharné des intérêts de son pays. Mais sur les rives de la Tamise, on relève qu’il aurait pu faire preuve d’encore plus de conviction.

Néanmoins, des solutions sont déjà imaginées pour accommoder l’industrie financière à la future règle. Notamment: relever massivement les salaires fixes afin d’éviter de baisser la rémunération totale. Et de changer chaque année le niveau de la rémunération fixe. Mais tous les barons de la finance accepteront-ils de soumettre leurs rémunérations à de telles acrobaties, génératrices d’incertitudes (qu’ils détestent, cela d’autant plus que leurs intérêts personnels sont en jeu)? Le risque majeur pour la place financière, c’est d’assister à une ossification des structures salariales dans les banques, à haut niveau, ce qui rendra les managers et leurs traders vedettes encore moins sensibles aux risques qu’ils feront encourir à leurs banques.

Les banquiers britanniques partagent de nombreux traits avec leurs confrères helvétiques. Lorsque le politique ou le régulateur interviennent lourdement dans leur domaine, ils trouvent toujours que l'herbe est plus verte chez le voisin.

Wegelin est morte et enterrée – RIP le secret bancaire

Un bref communiqué en allemand signé Wegelin & Co. Privatbankiers annonce la clôture officielle de la procédure judiciaire lancée par le procureur de New York Preet Bharara contre la banque privée saint-galloise. Il informe simplement de l’officialisation par le juge Jed S. Rakoff de la Cour fédérale de Manhattan de l’accord extra-judiciaire conclu le 3 janvier entre le procureur et la banque, et qui levait toute poursuite moyennant le paiement d’une amende de 74 millions de dollars et de la disparition de cette entité.

RIP donc la plus vieille banque de Suisse, des ambitions de son patron emblématique Konrad Hummler, et du secret bancaire pris dans son acceptation la plus archaïque, celle qui lui attribue une origine vertueuse, la mise à l’abri des fortunes des Juifs poursuivis par les nazis en Allemagne avant la Seconde guerre mondiale.

Or, la réalité a été bien différente, comme on le sait, et le secret bancaire, instrument permettant l’évasion fiscale dès ses débuts dans les années 1930, est mort de la volonté de moins en moins contrôlée de quelques banquiers d’avoir été trop gloutons. Konrad Hummler a précipité la disparition de sa banque parce qu’il s’est cru plus fort que l’administration américaine et gagner quelques millions supplémentaires sous forme de commissions de gestion.

Pour avoir chatouillé l’Oncle Sam, pour s’être crus plus forts que le reste du monde, certains banquiers suisses ont oublié leur tradition de prudence. Et le paient très cher aujourd’hui.

Petits accrocs à l’optimisme ambiant

La crise est derrière nous, affirmait début janvier José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. La hausse des valeurs boursières va encore se poursuivre, ont surenchéri les prévisionnistes bancaires. Ce début d'année a marqué un retour prononcé de l'optimisme dans la manière de considérer l'avenir. Marre de toutes ces années de crise, de noirceur. Sur la bae de quelques indicateurs, les milieux économico-financiers ont acquis la conviction que, désormais, l'avenir allait être de plus en plus rose.

Mais en sont-ils si sûrs? La chute de 5% de la Bourse italienne au lendemain de l'élection parlementaire transalpine fin février a largement contredit cette nouvelle vision d'avenir. Et cet avertissement boursier n'était pas le premier: la semaine précédente, les marchés financiers avaient déjà subi un heurt sérieux, à savoir une chute de 2% des principaux indices boursiers sur la base de la simple suspiscion que la Fed, la banque centrale américaine, pourrait remonter ses taux d'intérêt plus vite que prévu, soit avant 2015… tout cela parce que la question avait été soulevée lors d'une réunion du conseil des gouverneurs, dont le compte-rendu a été publiés fin février.

Dans ce dernier cas, il a suffi à son président Ben Bernanke d'asséner quelques déclarations bien carrées sur le "soutien absolu" de la banque centrale en faveur du redressement de l'économie américaine pour que les esprits se calment. Mais la crise italienne, c'est autre chose. Qui, à Rome, peut se prévaloir de la même crédibilité: Silvio Berlusconi? Beppe Grillo?

Au-delà de l'Italie, de l'accroissement du risque qu'elle fait peser sur la zone euro et de la perspective (toujours très lointaine) d'un redressement des taux d'intérêt aux Etats-Unis, les à-coups des marchés de cette fin février mettent en lumière le peu d'adeptes du nouvel optimisme officiel.

Certes, on peut croire, comme on aime à le dire à la Commission européenne et dans les banques, que le pire est derrière. Mais personne n'est dupe: les vrais problèmes, ceux qui ont amené l'Europe et les Etats-Unis au bord du gouffre (surendettement, croissance molle, voire nulle, manque de détermination à mettre en oeuvre des solutions), sont encore loin d'être réglés.