Vive les coffres-forts!

 Téléchargez ici l'édition spéciale de L'Hebdo: "Le taux plancher: Krach historique" 

Les vendeurs de coffres-forts vont faire de très bonnes affaires ces prochains temps. Où sinon où mettre les piles de billets de banque que nous allons entasser dans nos doux foyers?

C'est une conséquence directe du virage sur l'aile pris par notre banque nationale. Avec la hausse du franc, les prix baissent. Cela commence avec les articles importés soumis à forte concurrence comme les vêtements, l'essence, les voyages à l'étranger ou les voitures. Moins visibles, les rendements de l'épargne, déjà au plancher, vont encore diminuer. Il faut désormais oublier les misérables 0,25% servis sur les comptes en banque. Ce sera désormais 0% (éventuellement 0,1% sui vous êtes un bon client). Et en plus, il faut payer des commissions. Avoir un compte en banque va coûter de plus en plus cher.

Est-on condamné à payer si on a des économies? Non. Il suffit de vider son compte d'épargne et de stocker chez soi tous les billets ainsi retirés au bancomat. On peut le faire sous le matelas, bien sûr. Mais le coffre, c'est quand même plus sûr.

Avoir des billets chez soi, cela ne coûte rien (hormis, évidemment, l'achat et l'installation du coffre…). Et ça rapporte, même. Car dans six mois, dans un an, les prix des vêtements, de l'électronique, des voitures, et peut-être même des logements, aura certainement baissé. Tandis que la valeur des billets n'aura, elle, pas été amoindrie par les frais bancaires! Ce phénomène est largement connu, il s'appelle la déflation.

Il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps quand même. Car la déflation signifie aussi souvent crise économie, baisse des affaires, chômage. Et quand les prix baissent, les salaires finissent, souvent, par baisser aussi.

 

 

Quatre (nouveaux) trucs pour devenir riche ;-)

En décembre, ce blog livrait les clés de la réussite financière pour 2015. Mais nous sommes en janvier et le monde a changé. Mais vraiment changé. Le franc redevenu libre, tous les scénarios de placement sont à revoir et on planche dur dans les banques et ailleurs pour les remettre à jour. La rédaction de L'Hebdo, qui est évidemment beaucoup plus futée que toutes les institutions financières de ce pays, a ainsi le plaisir de vous livrer ses bons conseils. En primeur, bien sûr:

1) Ne thésaurisez surtout pas d'EUROS. Bien sûr, il a chuté de près de 20% en moins d'un jour. OK, c'est super pour faire les courses et skier (où est la neige?) en France. Mais pas pour basculer tout un compte d'épargne. Pourquoi? Parce que l'euro va ENCORE BAISSER, pour une raison simple: jeudi prochain, la BCE va annoncer un nouveau programme d'assouplissement quantitatif (achat pour 700 milliards d'euros de dettes souveraines), qui a pour but de faire encore baisser la monnaie unique. Certains voient le cours se stabiliser aux alentours de 0,95 centimes.

2) Précipitez-vous sur les ACTIONS suisses. Un krach de 14% en deux jours, un SMI ramené au niveau d'il y a un an et demi, cela offre de belles perspectives. Le monde ne s'est pas effondré, il n'est même pas certain que la Suisse entre en récession. Certes, les analystes réduisent les prévisions bénéficiaires de certaines entreprises. Mais pour d'autres, c'est juste l'espoir de hausse du dividende qui est remis en cause. Cela ne justifie pas de telles chutes des prix des actions. De plus, les rendements des dividendes sont montés en flèche avec ce krach.

3) Laissez tomber les OBLIGATIONS. Savez-vous que, depuis le 16 janvier, il faut payer pour prêter à 10 ans à la Confédération? Et cela risque de durer. Tant que les taux d'intérêt négatifs seront en vigueur, tant que la déflation minera l'économie, tant que la zone euro n'aura pas retrouvé des couleurs, les capitaux rechercheront les placements à zéro risque, dont les emprunts de la Confédération sont l'emblème.

4) Ne pariez pas sur l'OR ni le PETROLE. Certes, ils se sont tout deux appréciés cette mi-janvier en raison de la tourmente mondiale. Mais le métal jaune se remet mal de l'éclatement de sa bulle de 2013 et le second poursuit sa chute entamée en juillet.

Ces brillants conseils n'émanent évidemment que de journalistes qui, c'est bien connu, passent leur temps à se tromper. Ces avis ne valent évidemment rien et le lecteur est prié de s'en remettre aux jugements éclairés des vrais professionnels de la finance qui, eux, ont toujours vu juste.

 

Taux plancher, la RTS à côté de l’Histoire

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Hier à 13h15, c'est sur la TV alémanique qu'il fallait se brancher pour suivre la conférence de presse de la Banque nationale sur la fin du taux plancher. Du côté de la RTS, rien de tel. Le 12h45, bulletin d'information habituel, a certes fait son boulot. Puis les autres programmes prévus ont suivi, comme si de rien n'était: talk show sur la première chaîne, reprise du 12h45 et de la météo sur le 2e canal. Il fallait aller sur internet pour suivre cet événement historique.

Les sarcasmes ont immédiatement fusé: "C'est plus facile de traduire la descente à ski que les propos de Thomas Jordan, le président de la BNS", entendait-on dans les banques.

Dans n'importe quel pays, un tel événement entraîne un bouleversement immédiat des programmes. Mais pas à la RTS, qui n'en voit pas la raison. Pourquoi? Est-ce que l'économie, et pire encore, lorsqu'il s'agit de finance, ô horreur!, est à ce point snobée par notre service public? Est-ce qu'il prend ses téléspectateurs pour des ignares, incapables de s'intéresser à un événement majeur pour le pays? La DRS, au moins a fait son boulot, même si les conditions étaient très basiques.

C'est du provincialisme que nous fait la RTS. Qui s'intitule "suisse" mais est incapable de lever le nez lorsque survient un événement majeur de portée nationale.

Retour au sommaire: suppression du taux plancher

Vive la liberté!

“Charlie Hebdo” n’a jamais figuré parmi mes magazines préférés. Son humour m’a trop souvent paru un brin trop graveleux pour me faire vraiment rire, et son goût de la provocation m’a plus d’une fois semblé surfait. Mais ces quelques réserves ne sont rien face à l’horreur que sa rédaction a subi ce mercredi 7 janvier, et encore moins face à l’ignominieuse attaque contre la liberté de la presse conduite par cet assaut armé.

Que l’on s’indigne contre des publications jugées déplaisantes est une chose, que l’on porte atteinte à la liberté d’informer, de commenter, que l’on s’en prenne à l’intégrité des individus en est une totalement différente. La critique, la satire sont des droits fondamentaux comme ceux de bénéficier de l’amour des proches et d’une éducation complète. Ceux qui s’en prennent à ces droits cherchent à nier ce qui fait la beauté et la richesse de la vie en société, la pluralité.

Les journalistes économiques ne sont pas en première ligne des attentats tel que celui commis par deux terroristes masqués en plein Paris contre la rédaction de “Charlie Hebdo”. Mais ils subissent aussi maintes pressions visant à les faire abandonner leur propos critiques concernant les sujets de leurs articles, ou du moins les atténuer. On s’en prend pratiquement jamais à leur vie, mais on les soumet, parfois, à des menaces sur leur crédibilité, leur emploi, voire leur vie privée.

Les sociétés modernes se sont dotées d’arsenaux très complets visant à limiter le champs de l’expression démocratique, au nom de la protection de la personne. Ces arsenaux reposent sur un équilibre instable, sans cesse redéfini, qui laisse des victimes aussi bien du côté des journalistes, blogueurs et tous les autres auteurs de prises de parole que de leurs sujets, qu’ils soient puissants ou misérables. Mais il n’est jamais question de mettre fin de manière radicale aux droits fondamentaux en matière d’information et d’expression.

L’assaut contre “Charlie Hebdo” est donc une attaque directe contre toutes les personnes, quel que soit leur bord politique, leurs préférences personnelles, leurs goûts, qui prennent la parole en public pour exprimer leur avis. C’est la négation de siècles de dure conquête du droit fondamental à la liberté d’expression. L’expression du totalitarisme. La version extrême de toutes les tentatives de censure, qu’elles passent par les armes ou par des pressions plus subtiles, plus insidieuses.

Retrouvez toutes les réactions et hommages de nos journalistes, blogueurs et caricaturistes

Comment devenir riche malgré tout ;-)

Y a-t-il encore un espoir de tirer un quelconque rendement d'un placement de nos jours? Après cinq ans de répression financière, l'introduction annoncée de taux d'intérêt négatifs par la BNS semble enfoncer le clou. L'épargnant moyen doit-il abandonner définitivement toute idée de toucher quoi que ce soit?

S'il ne mise que sur son compte d'épargne, c'est un espoir qu'il peut oublier. Avec de la chance, il touche un intérêt misérable de 0,25%, souvent de 0,1%, parfois de 0,00000% s'il n'a qu'un compte salaire. Qui font évidemment tous l'objet de frais bancaire. Ni avec des placements obligataires sans risque. Prêter à la Confédération à 10 ans, c'est pire qu'un compte d'épargne: le rendement n'est que de 0,23%. Et il y a des coûts de transaction, des droits de garde, etc. Inutile même d'y songer, c'est un placement pour caisses de retraites qui ne peuvent pas faire autrement.

Restent les actions. Pour autant que l'on pense qu'elles ne plongeront pas dans les prochaines semaines, après avoir perdu 10% en moyenne depuis octobre. Il y a quelques idées à creuser, à la condition de ne pas parier uniquement sur d'éventuelles hausses de cours et de se concentrer sur les rendements des dividendes. On y trouve quelques perles, qui redonnent goût au placement à long terme.

Rien que dans les grandes valeurs suisses, le plongeon de Swisscom (-8% juste avant Noël) donne de la couleur au dividende: 2,74%! Mais l'été dernier c'était mieux, ce rendement flirtait avec les 3%. Pas mal, pour un titre étatique (Swisscom appartient toujours à 2/3 à la Confédération).

Mais il y a mieux: Credit Suisse offre 2,79%; Adecco 2,97%; ABB 3,39%; et, au sommet de la pyramide, Zurich Insurance Group promet du 5,58%. De quoi donner à l'actionnaire le sentiment d'investir dans un hedge fund!

Attention quand même. Ces taux sont basés sur les paiements des dividendes de cette anée, basés sur les résultats de 2013. Cela ne sera peut-être pas la même chose pour 2014, dont les résultats seront publiés entre la fin janvier et avril 2015. Ainsi, Zurich Insurance Group a déjà prévenu d'un rétrécissement de ses marges. Quant à voir si cela impactera le dividende, c'est encore à voir.

Amis investisseurs, nous vous souhaitons beaucoup de plaisir.

Adieu les bisounours

Les événements se précipitent sur les fronts boursiers et des changes depuis le début du mois de décembre. Le pétrole a perdu près de la moitié de sa valeur de septembre, le rouble plus de 20%, et la livre turque semble engagée dans la même spirale baissière. On en viendrait presque à oublier les secousses des bourses, qui ont plongé de 5 à 10% ces trois dernières semaines.

Que de tels événements surviennent la semaine précédant les vacances d'hiver est surprenant. En d'autres temps, cette période de l'année était plutôt haussière sous le surnom de "rally de Noël", comme si nous vivions un monde de bisounours. Mais la chute des prix du pétrole, la persistance de signes de fragilité des économies de la zone euro et le manque de tonus de pays importants comme l'Inde et le Brésil ne rassurent pas des investisseurs nourris depuis des mois à la crainte du gonflement d'une bulle des actifs financiers sous l'impact de politiques monétaires ultra-expansives.

Ces inquiétudes risquent de n'être qu'un avant-goût de ce que nous réservent les premiers mois de 2015. Comment les marchés financiers vont-ils digérer le grand rééquilibrage entre l'euro et le dollar qui se profile? Le premier est promis à la dépréciation sous l'effet de la politique monétaire ultra-expansive annoncée – après des années de patience! – par la Banque centrale européene. Les taux, au plancher, vont inciter les investisseurs à aller placer leurs fonds ailleurs. Aux Etats-Unis par exemple, où la Fed, satisfaite des résultats de sa propre poltique de soutien, s'apprête à durcir ses propres conditions et à relever ses taux, peut-être déjà au premier semestre.

Dans l'immédiat, cette crise touche déjà les économies les plus fragiles et les plus déséquilibreées, celle de la Russie et de la Turquie. La première e raison des sanctions, la seconde à cause de son haut niveau d'endettement malgré une croissance encore soutenue. Le passé a montré l'impact dévastateur sur l'économie mondiale que peut avoir le plongeon dans la crise de deux grandes économies émergentes. Il serait encore plus grand si d'autres pays, l'Inde, la Chine et le Brésil, aux énergies faiblissantes et aux systèmes financiers mal assurés, basculaient eux aussi dans la crise. La grande crise financière de 2008 et celles qui ont suivi ont enseigné au monde les désastres qu'entraînent les contagions.

Meilleurs voeux pour les Fêtes.

 

L’Afrique, loin d’ebola

"Vous allez en Ethiopie? Vous n'avez pas peur d'ebola?" Question standard posée à celui qui s'apprête à voler vers Addis Abeba. Une question qui trahit surtout l'ignorance de celui qui la pose et la force des préjugés qui perisstent sur ce pays. L'Ethiopie est aussi éloignée de la zone de l'Afrique affectée par ce terrible virus que ne l'est la Suisse. C'est comme si l'on vous demandait si, en Suisse, vous n'êtes pas effrayé par le conflit en Ukraine.

Ce que l'on découvre à Addis Abeba, c'est une capitale en plein boom, où les gratte-ciel poussent comme des champignons, où les rues sont un chaos indescriptible à cause d'une circulation qui explose et des chantiers innombrables. Où les zones industrielles ne cessent de s'étendre et où les journaux annoncent régulièrement de nouvelles implantations. Bref, un marché émergent, un vrai.

Avec ses problèmes, nombreux: La corruption (114e au classement de Transparency), la répression (tout le monde vous prévient de la police secrète), l'inégalité criante entre les happy fews et les autres, le maldéveloppement. Et encore, je n'ai pas vu le reste du pays.

Mais ce pays n'est plus celui de la famine des années 1980 ni de la guerre civile ni des épidémies ravageuses. Il est temps de réviser fondamentalement notre vision de l'Afrique subsaharienne.

On ne change pas une BNS qui gagne

Le cours de l'or était en baisse de 1,84% sur les marchés internationaux dimache soir après le rejet net, clair et massif de l'initative visant à contraindre la BNS à en détenir au moins 20% de ses réserves. Ceux qui, sur la planète entière, ont cru bon spéculer sur des achats massifs de métal jaune par la banque centrale en ont ét pour leurs frais… et cette tendance risque de durer, vu que l'on ne voit pas ce qui, à court terme, pourrait pousser les prix vers une reprise.

Outre celle des spéculateurs, la défaite est celle des fétichistes, qui étaient prêts à sacrifier la prospérité économique du pays à leur obsession, celle du retour des politiques monétaires du XIXe siècle qui voulaient que chaque sou en circulation soit couvert par une forte garantie-or. Ces gens avaient juste oublié que c'est la rigidité de ce système qui avait approfondi la crise des années 1930 et provoqué les désordres monétaires des années 1970…

Le message des votants est simple: on ne change pas un équipe, en l'occurrence une formule, qui gagne. En l'occurrence, la BNS a réussi à maintenir l'économie suisse à l'écart  de la crise – pour l'essentiel. Et cela précisément grâce à une politique monétaire innovante. Ce n'est donc pas le moment d'en changer. Par son vote, le peuple a témoigné qu'il en est conscient. Le soulagement est réel.

Le rally de Noël, et puis après

C'est tout inquiet que ce collègue est venu vers moi l'autre jour: "As-tu vu les volumes de l'action UBS? Ils n'ont jamais été aussi bas!". Il est vrai qu'avec moins d'un million de titres échangés sur une journée, elle a touché un plancher rarement atteint. Beaucoup d'autres actions sont pareillement concernées. Les bourses, dans l'ensemble, sont d'un calme ces jours… et pas uniquement en raison du férié américain de Thanksgiving, qui freine l'activité fin novembre. Il y a autre chose.

Les niveaux des indices franchissent des records. Surtout aux Etats-Unis, où le Dow Jones tutoie les 18'000 points., du jamais vu. En Europe, c'est moins évident. Mais le Stoxx 50, qui rassemble les plus grandes sociétés cotées du continent, plafone aux alentours de 3200 points, son sommet depuis la crise financière de 2008-2009. En Suisse, le SMI, qui vient de franchir la barre des 9000 points, n'est plus très loin de son record absolu de mai 2007. Alors, où est le problème?

C'est précisément ces prix fous qui font peur. Tout le monde sait que cinq ans après la crise financière, l'économie ne s'est pas encore vraiment rétablie. La croissance est revenue aux Etats-Unis, mais pas en Europe. Et même là où l'économie progresse, c'est à un rythme ralenti, au point que l'on parle désormais d'une tendance à long terme, déjà baptisée "stagnation séculaire" par de beaux esprits comme Larry Summers.

Aussi, les prix des actions paraissent-ils de moins en moins soutenables. Mais qu'est-ce qui pourrait inverser la tendance? Un arrêt des injections de liquidités es banques centrales? La Fed le fait depuis quelques mois, mais l'effet ne se lit pas vraiment dan sle marché… Au contraire, la BCE va accroître encore ses engagements, la BNS aussi, inondant encore davantage les marchés financiers de liquidités toutes fraîches. Pas de raison, donc, que la hausse ne s'arrête.

Elle est encore alimentée par deux facteurs, la stagnation des prix des obligations d'entreprises aux Etats-Unis (traditionnellement, les oblig' baissent quand les actions montent et vice-versa) et la baise du cours de l'or (pen raison du même phénomène) – quoique c e dernier pourrait remonter quelque peu si l'initiative sur l'or est acceptée en Suisse. Enfin, la baisse des prix du pétrole alimente l'espoir d'une reprise économique dans beaucoup de pays.

Mais il y a bien un moment où les choses vont se retourner. A cause des prix surfaits des actions, des risques géopolitiques (Ukraine, Russie, Syrie, Iran…), d'un effet retard de la fin du quantitative easing américain, etc. Le plongeon pourrait partir des Etats-Unis avant de s'étendre chez nous et dans le reste du monde (ça sent le déjà vu, ça…).

Mais pas avant l'année prochaine. Traditionnellement, les dernières semaines de l'annnée sont haussières, sous le joli nom de "rally de Noël". On aime bien se raconter de belles histoires à la bourse aussi. Cependant, peut-être bien que cette fois, les intervenants seront bien moins nombreux que d'habitude.

Les Pays-Bas, meilleurs que la Suisse

Un grand étonnement. Interrogés sur les avantages fiscaux qu'offrait leur pays aux entreprises étrangères, les Néerlandais répondaient par un air de surprise au journaliste suisse venu chez eux leur demander pourquoi ils étaient si forts. "Vous, les Suisses, vous nous considérez comme des concurrents? C'est vous la grande puissance en la matière", répondaient-ils. C'était en 2008. Depuis, les Pays-Bas peuvent regarder notre pays de haut.

Ils sont les premiers à offrir un domicile aux multinationales américaines à la recherche de juridictions à la fois sûres et fiscalement attractives. En 2013, ils sont même passés devant les Caraïbes et l'Irlande en matière de domiciliation des bénéfices… et donc loin devant notre pays, qui se classe néanmoins au cinquième rang, derrière le Luxembourg mais à une courte tête devant Singapour.

Qui le dit? L'économiste français Gabriel Zucman, spécialiste des flux financiers vers les paradis fiscaux, dans un article publié dans le "Journal of Economic Perspectives". Certes, cet économiste n'a pas toujours eu la main heureuse, notamment au moment d'estimer la part de la Suisse dans cette économie de la pénombre. Mais il s'est acquis une solide réputation internationale en matière de chiffrage des flux mal connus.

La Suisse peut donc respirer, ce n'est pas elle qui sera l'objet de la prochaine offensive fiscale américaine. Mais elle peut aussi regretter, cyniquement d'une certaine manière, de ne pas avoir su jouer tous ses atouts dans l'univers impitoyable de la concurrence fiscale mondiale.