Vive les coffres-forts!

 Téléchargez ici l'édition spéciale de L'Hebdo: "Le taux plancher: Krach historique" 

Les vendeurs de coffres-forts vont faire de très bonnes affaires ces prochains temps. Où sinon où mettre les piles de billets de banque que nous allons entasser dans nos doux foyers?

C'est une conséquence directe du virage sur l'aile pris par notre banque nationale. Avec la hausse du franc, les prix baissent. Cela commence avec les articles importés soumis à forte concurrence comme les vêtements, l'essence, les voyages à l'étranger ou les voitures. Moins visibles, les rendements de l'épargne, déjà au plancher, vont encore diminuer. Il faut désormais oublier les misérables 0,25% servis sur les comptes en banque. Ce sera désormais 0% (éventuellement 0,1% sui vous êtes un bon client). Et en plus, il faut payer des commissions. Avoir un compte en banque va coûter de plus en plus cher.

Est-on condamné à payer si on a des économies? Non. Il suffit de vider son compte d'épargne et de stocker chez soi tous les billets ainsi retirés au bancomat. On peut le faire sous le matelas, bien sûr. Mais le coffre, c'est quand même plus sûr.

Avoir des billets chez soi, cela ne coûte rien (hormis, évidemment, l'achat et l'installation du coffre…). Et ça rapporte, même. Car dans six mois, dans un an, les prix des vêtements, de l'électronique, des voitures, et peut-être même des logements, aura certainement baissé. Tandis que la valeur des billets n'aura, elle, pas été amoindrie par les frais bancaires! Ce phénomène est largement connu, il s'appelle la déflation.

Il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps quand même. Car la déflation signifie aussi souvent crise économie, baisse des affaires, chômage. Et quand les prix baissent, les salaires finissent, souvent, par baisser aussi.

 

 

Yves Genier

Journaliste économique depuis le milieu des années 1990, historien de formation, je suis particulièrement intéressé aux questions bancaires, financières, fiscales et, naturellement, macroéconomiques et leurs conséquences politiques et sociales.