Apparemment, il en faudrait bien plus pour freiner la hausse des prix des maisons et appartements que les obstacles administratifs posés par les autorités fédérales aux emprunteurs hypothécaires. Les prix, en moyenne nationale, ont continué de progresser au premier semestre de cette année en dépit d'un certain fléchissement. Mais c'est peut-être le chant du cygne de la prospérité des promoteurs.
Les régions les plus "chaudes", à commencer par l'Ouest lémanique et le lac de Zurich, connaissent depuis plusieurs mois uneinversion de tendance illlustrée par le cas de cette commune de l'extrême-ouest vaudois contrainte de rabattre le prix de vente de ses terrains à un bâtisseur de logements, qui peine (!) à trouver des acquéreurs.
Une autre statistique va accélérer cette inversion de tendance: celle des logements vides. En 2013, ces derniers ne représentaient que 0,96% du total du parc. A la fin du premier semestre 2014, elle avait bondi à 1,08%. Cela ne paraît pas spectaculaire en soi, mais cela représente néanmoins une forte progression des habitations disponibles.
Cette tendance devrait se poursuivre avec d'une part la mise sur le marché de tous ces logements bâtis ces deux deenières années grâce à des taux d'intérêt proches de zéro et la prise de conscience collective de l'urgence qu'il y avait de construire. Ajoutez-y le frein à l'immigration que constitue déjà l'impact psychologique du 9 févroer et tous les ingrédients sont réunis pour une augmentation de l'offre de logements. Et face, les acheteurs se font moins nombreux, ou visent des objets moins chers en raison des frins mis à la conclusion d'hypothèques.
Tout est donc en place pour une inversion de la tendance à l'échelle nationale, avec une chute des prix dans les régions les plus spéculatives (Léman, Zurich, etc.), suivie par un contre-coup dans les zones périphériques. Qui voudra d'une villa trop chère à Pétaouchnok?
Et comme une bulle immobilière peut en cacher une autre, les fonds de placement immobiliers vont baisser eux aussi, avec des conséquences bien plus marquées pour leurs investisseurs. Dans l'ensemble, ils sont achetés entre 10% et 15% plus cher que la valeur de marché de leurs parcs de logements. Si ces derniers baissent, les agios (différence entre la valeur boursière et la valeur d'inventaire) va se creuser. Les investisseurs, inquiets, vont vendre. Toute la question est: à quel rythme? On est peut-être plus proche de la panique qu'on le croit.