Un bref communiqué en allemand signé Wegelin & Co. Privatbankiers annonce la clôture officielle de la procédure judiciaire lancée par le procureur de New York Preet Bharara contre la banque privée saint-galloise. Il informe simplement de l’officialisation par le juge Jed S. Rakoff de la Cour fédérale de Manhattan de l’accord extra-judiciaire conclu le 3 janvier entre le procureur et la banque, et qui levait toute poursuite moyennant le paiement d’une amende de 74 millions de dollars et de la disparition de cette entité.
RIP donc la plus vieille banque de Suisse, des ambitions de son patron emblématique Konrad Hummler, et du secret bancaire pris dans son acceptation la plus archaïque, celle qui lui attribue une origine vertueuse, la mise à l’abri des fortunes des Juifs poursuivis par les nazis en Allemagne avant la Seconde guerre mondiale.
Or, la réalité a été bien différente, comme on le sait, et le secret bancaire, instrument permettant l’évasion fiscale dès ses débuts dans les années 1930, est mort de la volonté de moins en moins contrôlée de quelques banquiers d’avoir été trop gloutons. Konrad Hummler a précipité la disparition de sa banque parce qu’il s’est cru plus fort que l’administration américaine et gagner quelques millions supplémentaires sous forme de commissions de gestion.
Pour avoir chatouillé l’Oncle Sam, pour s’être crus plus forts que le reste du monde, certains banquiers suisses ont oublié leur tradition de prudence. Et le paient très cher aujourd’hui.