Se méfier des fausses bonnes idées. Du RBI

En temps de crise, il y a des idées qui ressurgissent avec force, témoignant presque d’un idéal identitaire. L’idée d’un revenu de base inconditionnel fait partie de ces idées, depuis plus de deux siècles. Pourtant, si elle séduit dans le principe, elle ne convainc pas dans les faits. Notons avant tout qu’il s’agit d’un débat d’idées : toute personne devrait avoir droit de la naissance à la mort à un revenu sans condition du fait de son identité d’être humain et de son appartenance à la Terre. Ensuite, chacun pouvant disposer comme il veut de ce revenu, cela pourrait permettre, non seulement de lutter contre la pauvreté et le chômage, mais aussi de libérer le développement d’un secteur d’activités non marchand. Ces trois principaux arguments sont en vogue depuis les années 1990, une trentaine d’années donc, avec une multitude de variantes quant à la forme : revenu socle, flat tax, fusion des minima sociaux etc. Quant aux arguments philosophiques, des arguments libertariens à la critique communautarienne, les publications foisonnent. Toutefois, le rapport Belorgey (1999) n’a pas retenu cette proposition en France : jugée non concluante quant à son impact sur le chômage ou la pauvreté notamment, les politiques de l’époque lui ont préféré au bout du compte le revenu de solidarité active (RSA), remplaçant lui-même le revenu minimum d’insertion (RMI).

Dans la dernière décennie, le RSA s’est vu critiqué pour la complexité notamment des démarches administratives afin de le percevoir, laissant de côté un grand nombre de ses ayant-droits. De fait, les partisans d’un revenu de base inconditionnel (RBI) sont revenus en force, en 2016 en Suisse (à travers une votation) et 2017 en France (avec un candidat à l’élection présidentielle). Or, étonnamment, ce sont les mêmes arguments qui prévalent que dans les années 1990. S’y ajoutent les problèmes du numérique et de la robotisation qui risquent de créer une nouvelle montée du chômage, massive et touchant à toute la population, dont les précaires et ceux qui n’auront pas de capacités techniques jugées suffisantes pour trouver un emploi trop hautement qualifié dans une société de plus en plus High-Tech. Même les fondateurs d’Ebay et de Tesla défendent l’idée d’un RBI.

En outre, certains des théoriciens du RBI plaident pour une refonte totale du système de protection sociale en place et pour l’instauration d’une taxe unique / imposition unique (flat tax) qui supprimerait aussi la relation de face à face qu’entretiennent les plus précaires avec les assistantes et assistants socials.

Quant à l’écologie et à la nécessité de valoriser précisément des activités à la fois plus sociales, humaines, centrées sur les personnes, moins énergivores et inscrites dans les limites planétaires, elles ne sont pas plus mises en avant dans les arguments actuels en faveur du RBI que la nécessité de relancer la croissance. Le modèle d’un financement du dispositif par une rente pétrolière à l’instar du modèle en Alaska reste valide, économiquement et éthiquement parlant, avec une extension des financements à des taxes sur les robots ou un prélèvement sur le taux de croissance à niveau européen le cas échéant.

De fait, à mon sens, on passe malheureusement complètement à côté de l’impératif écologique de devoir produire et consommer dans la limite des ressources naturelles disponibles. Se prévaloir d’un droit sur la nature n’a pas de sens quand cette nature elle-même est menacée et nous menace au point d’éteindre notre espèce pour la première fois depuis l’histoire de l’humanité. Avec la crise sanitaire et économique que nous traversons, il n’est donc pas étonnant de voir ressurgir cette fausse nouvelle idée d’un RBI : donner à tout le monde un revenu, comprenant ou pas une monnaie locale, sans proposer un modèle économique durable alternatif, pour simplement permettre aux gens de consommer, et aux entreprises d’avoir des liquidités. Est-ce vraiment avoir compris le fond du problème qui est désormais écologique (au-delà des partis politiques) ?

Or, une mesure comme le RBI est défendue aussi bien par la droite de la droite et les partisans de l’ultralibéralisme – au nom d’une restructuration de nos mécanismes de protection sociale –, que par ceux qui croient vraiment à la fin du travail, pensée comme une activité uniquement spoliatrice, reflétant l’exploitation des travailleurs. Mais peut-on tenir ensemble, dans une seule mesure autant d’arguments contradictoires ? De plus, en complément de l’urgence climatique, est-ce vraiment la fin du travail, et de quel travail parle-t-on ?

Deux conceptions du travail

En France en particulier, en Europe en général, ce sont deux conceptions du travail qui s’affrontent : celle prônant un travail qui aliène et dont il faut s’affranchir dans une société post-capitaliste ; une société dans laquelle chacun serait à même de mener les activités de son choix. Et une autre conception du travail, perçue comme facteur de reconnaissance et d’émancipation, auquel tout le monde a droit. Dans cette dernière conception du travail, l’épanouissement a un sens et un travail choisi peut avoir plus d’attrait qu’un loisir.

Car, qu’on le veuille ou non, le travail reste un fort facteur de reconnaissance sociale, et peut encore être un facteur d’épanouissement. C’est précisément le cas pour cette vague de plus en plus forte des actrices et acteurs de la transition qui se lancent dans de nouveaux métiers, compatibles avec une empreinte écologique faible. Ces initiatives s’organisent autour de communs à protéger, sur des territoires bien identifiés. Ce sont des communs sur chaque territoire qu’il s’agit de repérer (eau, forêts, ressources naturelles), pour les protéger et en s’appuyant, ce qui est fondamental pour son acceptabilité, sur les dispositifs et ressources humaines déjà existantes : collectifs de citoyens engagés, élus motivés, municipalités, associations actives et ONG.

Cela est rassurant, car ce qui nous attend avec le dérèglement climatique et la destruction de nos écosystèmes, c’est une multiplication des problèmes sanitaires, mais pas seulement. Avec des températures à 50 degrés dans l’arc indopakistanais, au Sud du Maghreb et en Espagne en 2018 puis en 2019, si nos organismes ont du mal à s’adapter, certains insectes ravageurs en profitent pour proliférer ; ainsi, au-delà des conséquences sur notre santé, les récoltes elles-mêmes ont été touchées : en Ukraine, la production de céréales en 2019 a chuté de près de 30 % ; en Australie de 66 % pour le riz et le sorgho. Aujourd’hui, avec la crise sanitaire en cours, impliquant la fermeture des frontières et le manque de main d’œuvre dans les champs, c’est de nourriture dont nous risquons de manquer à court-terme dans les magasins. Que dire alors des prochaines décennies, quand on sait que les épisodes caniculaires vont se rallonger, sans même évoquer les autres catastrophes « naturelles », du type inondations hors normes, méga-feux, cyclones au plafond de la catégorie 5, etc. Ce que nous vivons aujourd’hui, en termes de confinement forcé et de ressources alimentaires sous pression, nous donne donc un aperçu de ce que nous ne voudrions surtout pas vivre pour l’avenir.

Des secteurs clés à soutenir

De fait, dans ce contexte, s’il est vraiment bien compris (et pas juste mentionné pour ajouter plus de poids à un plaidoyer identitaire déconnecté des réalités écologiques en cours), proposer encore et toujours une même vieille fausse solution tout faite, plaquée sur une réalité mal appréhendée, est-ce bien raisonnable ? Une version basique (revenu de subsistance) de cette idée peut avoir un sens transitoire pour les millions de personnes sans terres ni emplois des mégapoles du tiers-monde, mais certainement pas pour les anciens pays industriels aux modes de vie destructeurs. Quand on lit les rapports du GIEC et de l’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), ceux de l’OIT annonçant des millions d’emplois dans la transition, est-ce éthiquement et raisonnablement fondé de défendre encore aujourd’hui l’idée d’un versement à tout le monde, un même droit à un revenu unique ? Lequel serait payé à un pilote de ligne sur vol low cost comme à une infirmière présente au front 80h par semaine, un magasinier dans un supermarché de quartier, un bénévole pour ATD, ou encore à une maraîchère sans vacances assurant le maximum de production pour que nous mangions ?

Alors le bon côté de la crise sanitaire que nous traversons, confinées, aujourd’hui, c’est que nous pouvons ressentir dans notre corps les joies, mais aussi les limites à long terme d’un enfermement qui n’est pas que monétaire, mais psychologique, social, personnel en se disant que certes travailler a du bon, ainsi que le télétravail, mais les interactions sociales aussi, avec les assistantes sociales et les médecins que valorisent les précaires dans les personnes qui les aident à s’émanciper. A ce titre, même les plus précaires, auxquels ces débats d’idées que monopolisent les théoriciens du RBI, ne donnent jamais la parole, ne souhaitent justement pas un revenu inconditionnel, mais un emploi rémunéré, qui leur donne l’occasion de participer à la vie citoyenne, de se sentir utile, de rencontrer d’autres personnes, comme l’ont révélé les témoignages livrés dans le rapport des TZCLD (Territoires zéro chômeur de longue durée).

In fine, réduire la crise écologique et sanitaire à une solution de distribution d’un revenu universel, sans contrepartie, est non seulement socialement problématique, et éthiquement difficilement acceptable, mais surtout cela manque complètement le tournant d’une transition écologique et solidaire. La transition s’appuie précisément sur le besoin urgent d’emplois rémunérés et de productivité dans des secteurs clés bien repérés.

Car, ne nous voilons pas la face, c’est 20 à 30% des emplois dans les champs dont nous aurons besoin pour assurer une autonomie sur le long terme, dans une société énergétiquement sobre ! Nous sommes à 1 à 3% en Europe seulement. L’incitation est donc fondamentale dans ce secteur-clé, mais pas seulement : nous manquons de soignantes et de soignants dans les campagnes désertifiées, alors que l’on a besoin de terres fertiles à cultiver ! Nous avons aussi besoin de repenser la mobilité, les circuits-courts, les constructions (avec moins de béton et plus d’espaces végétalisés et de panneaux solaires à la fois). Ce sont tous les métiers qui sont à revoir sous le prisme de l’urgence, à commencer par l’agriculture, la logistique, la santé et l’habitat.

En période de « guerre », pour autant que la métaphore soit adéquate, c’est un État fort qui est requis. Pas un État autoritaire, mais surtout doté d’un capital public suffisant pour faire face à une prochaine pandémie, et assurer notre survie, à court terme, et plus encore à long terme. Cela signifie investir massivement, mais non pour « relancer la croissance », une croissance responsable de la destruction du capital naturel et qui, à terme plus ou moins court, causera notre perte. Cela signifie donc aussi investir dans le renouvelable et surtout investir avec et dans les territoires et les régions.

En effet, c’est au niveau local que se fait déjà et se fera la résilience, avec les entreprises, ONG, collectivités de terrain qui font déjà souvent le travail de la transition en cours, mais qui ne sont pas suffisamment aidées aujourd’hui, financièrement et dans la valorisation de ce qui se joue en termes de création de richesses et d’innovation sociétale.

Les freins à la « transition », il faudrait dire plutôt les freins au nécessaire basculement désormais dans une société écologique et solidaire, sont d’ordre psychologiques, mais aussi idéologiques et politiques. Méfions-nous donc des solutions trop faciles qui ressortent en période de crise et mettons une bonne paire de lunettes, celles qui nous font vraiment voir le tsunami qui arrive, afin de nous préparer à temps.

 

Article également publié dans la Revue de la Pensée Ecologique le 31.03.2020

 

Sophie Swaton

Sophie Swaton

Philosophe et économiste, Sophie Swaton est enseignante-chercheure à l'Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne où elle coordonne le master en fondements et pratiques de la durabilité. Elle préside également la fondation d'utilité publique ZOEIN, signifiant vivre en grec, qu'elle a créée en 2017 pour promouvoir en Suisse et à l'étranger des initiatives solidaires de transition écologique et solidaire (https://www.zoein.org). Sophie Swaton co-dirige également la collection "Nouvelles Terres" aux Presses Universitaires Françaises, partenaire éditorial avec la Revue de la pensée écologique de la fondation Zoein.

11 réponses à “Se méfier des fausses bonnes idées. Du RBI

  1. Que ce soit votre excellent projet ou le RBI, chère Sophie, tout ça ne sera pas possible sans une toute nouvelle architecture financière mondiale.

    Le déséquilibre de richesse s’accroit de la même manière que croît le danger sur la non-durabilité.
    Toutes les preuves sont là que les OGM liés aux herbicides, non seulement détruisent la planète mais donnent un rendement final négatif, au seul profit des actionnaires des dites multinationales.

    Et il en va de même pour toutes les matières premières et le système boursier, sensé garantir les retraites.

    Si on voit de désastre du fracking, autant écologique que financier, il faut vraiment être positif pour penser que 8 milliards de terriens (très vite 10) aux intérêts totalement contradictoires vont pouvoir composer ensemble, la seule manière de résoudre l’équation insoluble!

  2. Nous avons vraiment besoin d’emplois utiles. Cependant, je me demande quelle proportion de la société devrait y être employée. Nous devrions faire durablement baisser le niveau de la pollution à Paris et les émissions de CO2 au niveau actuel, du confinement. La mesure unique la plus spectaculaire à ce niveau a été d’arrêter les avions. Je pense que le revenu minimum nous y aiderait aujourd’hui, il permettrait d’économiser les aides aux entreprises, la construction de routes et d’infrastructures pour le travail, les entreprises qui reçoivent des aides pour le développement d’un nouveau produit polluant produit en excès sur la Planète, et les aides pour la compétition entre ces entreprises, et permettrait aux chômeurs de longue ou à répétition de faire autre chose, et de vivre une vie heureuse, dans une ville en désertification. J’imagine une fraction importante de la population, peut-être la moitié. Ces personnes auraient du temps mais peu d’argent. La société devrait alors comporter des lieux de rencontre et de loisirs gratuits, des centres d’échange d’objets bon marché, qui assureraient le recyclage et la réparation, des jardins communautaires. Ils auraient aussi plus le temps de bricoler, d’entretenir leur maison, etc. Beaucoup de ces changements sont souhaitables et éviteraient le gaspillage actuel, la perte de ses affaires en courant au travail, l’achat précipité d’objets de mauvaise qualité, etc. J’imagine que si la priorité absolue du travail disparaît, ces personnes prendront une part plus active à la vie de la société, à la politique, et que la société en sera améliorée. Je propose en fait un revenu citoyen comportant une petite obligation de travail utile à la communauté https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2020/04/12/un-revenu-citoyen-disponible-pour-chacun/

    1. Bonjour,
      merci de me faire part de votre blog. Alors les débats d’idées que le RBI suscitent sont très très anciens et invitent à bien préciser ce dont on parle pour éviter les malentendus. Emplois, revenu minimum, aide aux entreprises, travail, revenu citoyen ne sont pas interchangeables. Le fait que votre proposition de “revenu citoyen” s’appuie sur “une petite obligation de travail utile à la communauté” suffit à exclure l’inconditionnalité: il y a bien une contre partie à ce que vous proposez. Ensuite, une femme ou un homme au foyer, une bénévole travaille ! Ce n’est pas de travail dont on manque mais d’emplois rémunérés. Et dans l’urgence écologique et sociale dans laquelle nous sommes, nous avons besoin d’emplois, partant des compétences et des désirs des personnes qui ont besoin d’accompagnement et de mutualisation pour non pas seulement bénéficier d’une aide monétaire mais créer un nouveau modèle économique inscrit dans les limites planétaires avec d’autres personnes dont les précaires. J’ai écris 2 livres sur le sujet en 2018 et 2020 qui détaillent respectivement tous les arguments et critiques du RBI depuis plus de 30 ans et ce que je mets en ce moment en oeuvre sur des territoires en France, (bientôt en Suisse) et qui n’a rien à voir avec un RBI : des coopératives de transition écologique. Si l’on veut survivre au plus grand défi que l’humanité n’ait jamais rencontré, c’est maintenant ou jamais que nous avons besoin de soutenir celles et ceux qui font déjà pour que nous puissions ne serait-ce que manger. Pour une sécurité alimentaire, la proportion d’agricultrices ou agriculteurs devrait grimper de 1 à 20-30%…C’est pour vous donner une idée des enjeux. La fenêtre d’action existe mais elle est faible. Le temps est à l’action.

  3. Nos vieilles structures politiques nous forcent encore et toujours à penser en gauche-contre-droite alors qu’il me semble que cela soit complètement dépassé.
    Le RBI en est un exemple parmi d’autre. Parce qu’il – soi-disant – réduit les inégalités et la précarité social du travail en fournissant un revenu inconditionnel, donc une idée “de gauche”, il sera forcément bon pour la transition écologique, “de gauche” également. On voit bien la contradiction : réduire les inégalités sociales en distribuant un revenu à chacun serait criminel car ne ferait qu’augmenter la demande et finalement l’offre et la production industrielle tout azimut.

    Ce dont nous avons réellement besoin et que vous décrivez admirablement dans ce billet, c’est d’une réorientation de nos incitations. Personnellement, je reste un libéral convaincu et je crois qu’il est beaucoup plus utile de mettre l’efficacité d’une économie libérale au service de nouveaux objectifs de préservation de notre environnement en réalignant les incitations économique et financière des gouvernants, entreprises et particuliers.

  4. Merci pour cette analyse qui nous montre lrs limites de la fausse bonne idée qu’est le RBI. Comme vous j’ai vu ressurgir cette utopie dans les débats à propos de la crise sanitaire. Cela m’a quelque peu surpris car je ne voyais pas le lien de la question de la redistribution avec la pandémie.

  5. L’idée du revenu de base inconditionnel (RBI) est à la fois généreuse et séduisante. Mais dès lors qu’il s’agit de la concrétiser, elle suscite réserves et méfiance dans sa prétention à lutter contre la pauvreté et l’inégalité .

    Ciblée sur des publics les plus fragiles de la société, cette idée pourrait gagner en crédibilité. En effet, les mesures universelles ne semblent pas adaptées au cas particulier de la pauvreté, à moins de supposer que le progrès technique va faire basculer une grande partie de la classe moyenne dans la régression sociale, ce qui est fort improbable.

    Par ailleurs, une allocation universelle ne pourrait pas sinon supprimer du moins atténuer les inégalités en matière de revenu et de patrimoine. En effet, en attribuant la même allocation à tout le monde sans tenir compte des données patrimoniales et de la disparité des revenus, on renonce à augmenter le bien-être du pauvre dans la proportion souhaitable, dans le seul souci de susciter l’adhésion du riche à un mécanisme de répartition de la richesse supposé équitable et conçu par-dessus le marché comme une panacée à la raréfaction des emplois. Force est de constater que les avocats du RBI réservent un traitement égal à des inégaux.

    En conséquence, il serait souhaitable de moduler l’attribution du revenu de base (RB) selon les capacités des individus. En clair, transformer le revenu de base inconditionnel en un revenu de base d’incitation pour les bénéficiaires de l’assurance-chômage et de l’aide sociale, et réserver le RBI dans sa version initiale aux invalides, aux malades en perte d’autonomie et aux personnes âgées avec une petite pension de retraite.

  6. “même les plus précaires, … ne souhaitent justement pas un revenu inconditionnel, mais un emploi rémunéré” Et bien c’est très relatif, plusieurs bénéficiaires RI / ORP auxquels j’ai causé voient le travail de manière passablement négative, c’est à dire souvent dénué de sens (je pense au bull-shit jobs) et accélérateur de vieillissement!! Mais évidemment dans un contexte qui peut être répressif et face à des gens qui travaillent et les entretiennent ce n’est pas un discours facile à tenir!

    1. Oui je l’ai aussi constaté. Mais les lignes bougent et je vois aussi des décideurs /décideuses politiques investi.e.s dans le social qui ont une “vision” de l’écologie comme levier pour le social, et sur 10 ans, pas juste pour des élections..le tout est de pouvoir travailler avec les bonnes personnes partageant cette expérience et cette volonté de tenter des expérimentations sans mettre en péril le système de protection social existant mais pour être encore plus pertinent dans l’aide aux précaires. Pourquoi ne pas (re)trouver directement un emploi qui fasse sens pour soi et pour la planète ?

  7. Pourquoi donc mes 2 réponses précédente pro RBI ne sont elles donc pas publiée sur votre blog madame Sophie ? Cela pourrait éclaircir le débat qui n’a pas vraiment lieu puisqu’il n’y a que le béni-oui-oui RTE qui sont publiés.
    a) Le RBI s’adresse à l’intérêt général (automatique, avec moins d’état, respect de la sphère privée) et permet à chacun-e la responsabilisation et l’engagement à la transition écologique
    b) le RTE ne s’adresse qu’à une partie de la population (avec coûts administratifs importants, plus d’état et de contrôles) et ne permet pas à tous de participer à la modernisation du contrat social, économique et transition écologique pourtant bien nécessaires.

    1. Bonjour, tous les commentaires sont publiés de ma part avec des tentatives de répondre au mieux si le commentaire l’appelle; et bien entendu sauf s’il agit de spams, de mails pour échange privé complémentaire, ou si les commentaires devaient être insultants pour des personnes. Je viens de réaliser que beaucoup de commentaires, et autres que les vôtres, que j’ai pourtant lus et bien reçus n’avaient pas été publiés, de mon erreur technique simplement 🙂 Mea culpa pour ce point donc toutes celles et ceux qui ont pris le temps de lire et de réagir à ce blog !
      En revanche, cher.e.(s) “Brinde Lucidité”, votre erreur d’appréciation du débat que vous vous acharnez à faire entre RTE et RBI vient je le crains d’une méconnaissance totale de mes travaux sur le sujet en dehors de ce blog..(deux ouvrages dont un suite à une thèse de 4 ans portant en partie sur l’allocation universelle); et surtout au détriment des actrices et acteurs de terrain qui se mettent en 4 pour parvenir à réaliser leur projet de vie selon leur appropriation et mise en oeuvre d’un RTE. Je vous invite à écouter les podcasts qui sortent sur le sujet ainsi que la presse au moins pour Grande-Synthe notamment.
      Au plaisir de pouvoir un jour mettre un nom ou un visage sur votre pseudo durant la lecture de nombreux commentaires identiques souvent que vous postez sans vous identifiez (je me souviens d’une conférence en ligne pour Noé 21 où l’une des organisatrices vous demandaient de vous présenter, à défaut de la caméra, par son..sans même avoir une réponse..ce qui me fait vous renvoyer votre question : pourquoi ne pas vous dévoiler sans crainte ? êtes vous une agence de lobbying ?). Belle journée et avec mes respectueuses salutations

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