Le chamanisme : une maladie mentale ou une voie inspirante ?

Le néo-chamanisme est une pratique qui semble avoir le vent en poupe à en croire les articles de plus en plus en plus nombreux qui apparaissent sur le sujet. Dans la série d’été 2020 du Monde, consacrée à « La France des oasis », le journaliste Nicolas Truong restitue le regard et l’interprétation des membres d’éco-lieux sur leurs propres pratiques, dont des rituels d’inspiration chamanique. Dans l’article intitulé « Ne laissons pas le réenchantement du monde aux mystiques », le dessinateur et chercheur en sciences cognitives Alessandro Pignocchi explique que le rituel est important pour décupler l’énergie engagée dans la défense de la faune et de la flore.

En effet, nommer la forêt, reconnaître les oiseaux, est une manière de se rapprocher de cette nature perçue comme une alliée, une ressource à protéger. Les juristes s’engageant pour l’écocide se réfèrent à la « personnalité juridique » d’un fleuve, d’un arbre, d’une montagne ou de terres ancestrales considérées comme sacrées. Les livres inspirés du chamanisme, dont celui du chef Almir Surui, diplômé en biologie (Sauver la planète: Le message d’un chef indien d’Amazonie, Albin Michel, 2015) ou encore de l’ethnomusicienne Corine Sombrun (Mon initiation chez les chamanes, une parisienne en Mongolie, Essai, Poche, 2006) connaissent un franc succès, ce dernier ayant même fait l’objet d’une adaptation cinématographique.

Pourtant, les dérives existent aussi, y compris avec le chamanisme business : un moyen pour les populations indigènes en précarité – à cause du système d’exploitation des ressources en cours – de trouver une source de revenu suffisamment lucrative en proposant des services dit chamaniques aux touristes occidentaux en mal d’être. Fatigue, dépression, burn-out et mal d’être, besoin de « trouver sa voie », autant de motivations pour s’extraire de nos sociétés consuméristes et chercher des voies autres, loin de nos contrées. D’où le succès du tourisme chamanique, dont certaines en quelques semaines prétendent revenir guérisseurs.

Mais qu’en est-il anthropologiquement parlant ? Le chamanisme est-il une arnaque ou une véritable piste de recherche scientifique et culturelle, voire spirituelle ? Je proposerai une réponse appuyée en partie par mes notes de lecture de l’anthropologue Jérémy Narby (Le Serpent Cosmique, éd. Georg, Genève, (1995) 2012).

Anthropologie et chamanisme : un début chaotique

Selon Narby (p. 18), l’anthropologie fut fondée à la fin du 19e siècle en vue d’étudier les sociétés dites, selon les termes de Charles Darwin dans son ouvrage de 1871, « primitives », « inférieures », « vivant à l’âge de pierre ». Certains des « sauvages » auraient même, selon Edward Tylor que reprend Narby (p.19), « perdu le caractère raisonnable qu’ils nous semblent avoir possédé à leurs premières origines. Jugé du point de vue de notre standard moderne de connaissance, qui est en tout cas à un niveau élevé par rapport au leur, la plupart des choses qu’ils croient être vraies doivent être établies comme fausses. »

Parallèlement, les premiers anthropologues auraient inventé le mot « chamanisme » (celui de « chamane » serait d’origine sibérienne) pour précisément répertorier « les pratiques les moins compréhensibles des primitifs ». A ce titre, le saman, dans la langue toungouse, joue du tambour et guérit les gens en entrant en transe. Dès le début du 20e siècle les anthropologues répertorient (Afrique, Amazonie, Indonésie) des chamanes qui dansent, jouent, guérissent en buvant des décoctions de plantes.
Mais ils sont immédiatement qualifiés de malades mentaux. Georges Devereux décrit le chamane comme « un être gravement névrosé ou même un psychotique en état de rémission temporaire » (p. 21).

Avec une telle perspective sur les sociétés primitives, l’anthropologie met en place, pour s’élever elle-même au rang de science, « l’observation participante » décrite par Bronislaw Malinowski : on observe avec une forme d’éloignement dans le regard, mais de proximité dans le lieu de vie, les pratiques de ces sociétés, des indigènes afin d’y mettre de l’ordre, du sens.
Toutefois, ce faisant, la voix des « sauvages » ne compte pas, puisque supposés incapables d’analyse « savante ».

Des fous ou des savants d’un genre nouveau ?

Ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que les anthropologues réalisent que les chamanes ne sont peut-être pas aussi fous que leur discipline les a enclins à le présupposer, et qu’ils parviennent à réellement guérir les gens. Commencent alors, sous l’impulsion de Lévi-Strauss, le début d’un virage méthodologique : de fou, le chamane devient psychothérapeute, « créateur d’ordre » et « maître du chaos ».

Dans les années 1970, certains affirment que le chamane pourrait occuper n’importe quelle profession, de médecin à avocat, en passant par philosophe et astrologue. Une décennie après, c’est l’inverse, et certains anthropologues perçoivent les chamanes comme « des créateurs de désordre » !

Comment s’y retrouver ?

Tout d’abord, rappelons un double problème central de la discipline : d’une part, la difficulté grandissante au fur et à mesure du développement de trouver des indigènes sans contact avec la civilisation occidentale ; d’autre part, la difficulté de tenir une position d’observateur à distance sans interférer.

Pour Narby, la relation que l’anthropologie entretient avec le chamane témoigne d’une projection d’elle-même comme un effet miroir (pp. 22-23) :

« lorsque l’anthropologie était une jeune science naissante, pas encore à l’aise avec elle-même, inconsciente de la nature schizophrène de sa méthodologie, le chamane a surtout été perçu comme un malade mental. Puis, lorsque l’anthropologie (« structurale ») prétendit accéder au rang de science et que les anthropologues s’affairaient à trouver de l’ordre dans l’ordre, le chamane est devenu créateur d’ordre. Depuis que la discipline vit une crise d’identité (« poststructuraliste »), ne sachant plus si elle est une science ou une forme d’interprétation, le chamane s’est mis à exercer toute sorte de métiers. Finalement, certains anthropologues ont récemment commencé à remettre en question la recherche obsessionnelle d’ordre de leur discipline, et ils ont vu des chamanes dont le pouvoir réside précisément dans la ‘sape de recherche de l’ordre’. Il semblerait ainsi que la réalité qui se cache derrière le concept de ‘chamanisme’ renvoie systématiquement le regard de l’anthropologue, quel que soit son angle d’approche. »

Que dire aujourd’hui, ajouterais-je, des rapports scientifiques, bien au-delà de la seule anthropologie mais aussi par des chercheurs en biologie, en climat, en physique qui, à travers les rapports sur la biodiversité se réfèrent en les valorisant aux travaux des peuples premiers ?

Citons le rapport explicite du GIEC et les explications reprises dans leur communiqué de presse de septembre 2019 :

« Le Rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique présente les connaissances scientifiques disponibles les plus solides dans l’objectif de donner aux gouvernements et aux communautés les moyens d’agir, en intégrant ces connaissances scientifiques sur les changements inévitables et les futurs plausibles dans leurs propres perspectives, afin de limiter l’ampleur des risques et des impacts climatiques.

Le rapport donne des preuves des avantages qu’il y a à associer les connaissances scientifiques et les savoirs locaux et autochtones, afin de développer des options appropriées pour gérer les risques liés au changement climatique et améliorer la résilience. Il est le premier des rapports du GIEC à souligner l’importance de l’éducation pour améliorer les connaissances de base dans les domaines du changement climatique, des océans et de la cryosphère.

« Plus nous agirons rapidement et de manière décisive, plus nous serons en mesure de faire face aux changements inévitables, de gérer les risques, d’améliorer nos vies et d’assurer la durabilité des écosystèmes et des populations du monde entier – aujourd’hui comme demain» a déclaré Debra Roberts. »

Et pour marquer le lien entre une alliance des savoirs scientifiques et traditionnels, impossible à prendre en compte dans l’état de notre paradigme idéologique actuel, je me réfèrerai à ce que synthétise en quelque sorte Narby (p. 17-18) :

« Voici donc des gens sans microscope électronique ni formation en biochimie, qui choisissent les feuilles d’un arbuste parmi les quelque quatre-vingt-mille espèces amazoniennes de plantes supérieures, contenant une hormone cérébrale précise, qu’ils combinent avec une substance bloquant l’action d’une enzyme précise de l’appareil digestif, trouvée dans une liane, dans le but de modifier délibérément leur état de conscience. 

C’est comme s’ils connaissaient les propriétés moléculaires des plantes et l’art de les combiner.

Et lorsqu’on leur demande comment ils savent ces choses, ils répondent que leur savoir provient directement des diverses plantes hallucinogènes.

Rares sont les anthropologues, ou les ethnologues, qui se sont penchés sérieusement sur cette énigme. Toutefois ce blocage ne se limite pas à l’Amazonie. Au cours du siècle dernier, les anthropologues ont examiné les pratiques chamaniques du monde entier, sans jamais vraiment en saisir l’essentiel. »

Voilà donc une énigme issue d’une analyse anthropologique qui, en tant que scientifiques nous questionne. Comment l’interpréter au sein d’une théorisation « moderne » encore à construire de notre lien au vivant ? La question reste entière.

Vision, inspiration et vibration

Par ailleurs, avec l’Encyclique, Laudato Si, un grand virage théologique semble s’être amorcé aussi : sont évoquées « nos frères et sœurs, la Terre, la Lune ». Les sauvages ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Les peuples premiers ont simplement suivi une autre voie que la nôtre, purement technologique, en continuant de guérir la Terre, à l’instar du peuple des Indiens Kogis en Colombie (Eric Julien, Les Indiens kogis : La mémoire des possibles, Actes Sud, 2007) et de bien d’autres. Cette connexion à la Terre, au vivant, au cosmos, nous avons juste oublié d’en prendre soin. Alors nous l’avons perdue. Et, comme l’explique poétiquement David Abram, alors la Terre s’est tue.

Et j’ajouterais, la voix des Esprits aussi s’est tue… Cette ou plutôt ces voix inspirantes dont les femmes et hommes chamanes se faisaient les échos. Et auxquelles les cosmologies des différentes traditions chamaniques se référèrent pour expliquer l’origine du monde, comme l’œuf primordial contenant les eaux de l’Univers en germe.



Un œuf, mais aussi souvent un serpent, emblématique des analyses de Narby qui y perçoit un lien évident pour lui à la découverte moderne de l’ADN. Une pré-connaissance des peuples sauvages plus en avance au fond que nous le pensions à la fin du 19e siècle et pouvant nous en apprendre encore sans doute. Cela suppose d’écouter et de prendre vraiment au sérieux leur bibliothèque du vivant, dont les derniers gardiens sont aussi en train de s’éteindre sans que la relève des jeunes et de la transmission ne soit pourtant encore assurée. Les jeunes délaissent aussi certaines coutumes et quittent les villages et les terres natales pour la ville et un mode de vie plus « développé ».

Et si, nous aussi, à plus large échelle, en tant qu’êtres humains, sans nécessairement nous déplacer à la campagne ou devenir maraîchers experts, on reprenait néanmoins les choses sous un angle commun ? En faisant un arrêt sur image. Le temps de capter une émotion, une intuition, une envie … d’autre chose (que de passer sa vie à devoir la gagner dans un emploi qui nous fait horreur ou qui nous oblige à passer notre temps seule derrière un écran) ?

Une envie de « vision » pour comprendre le sens de sa vie, de notre époque, de l’avenir et du présent, pour nous-mêmes déjà ? Que transmettra-t-on à nos enfants ?

Dans nos contrées, en Europe, les savoirs ancestraux pourraient être mobilisés pour nous aider à comprendre notre passé, nous y reconnecter, et nous inviter à penser le présent pour préparer le futur. Être dans ces deux types de savoir, la technologie et le savoir traditionnel, oser et assumer l’hybridité.

En avons-nous les moyens, l’envie ? Nous ferons-nous confiance pour faire le saut de la foi en nous, renouer avec notre spiritualité, indissociable de notre culture ? Saurons-nous relire l’histoire sous un angle bienveillant mais nouveau, faire émerger une autre relation à nous-même, aux autres, au Monde ?

Après tout, nous ne risquons pas grand-chose … si ce n’est d’expérimenter une voie parmi d’autres, inspirante pour qui veut découvrir un autre paradigme. Alors soyons dans le pari pascalien, jouons, découvrons et invoquons notre droit à la déconnexion pour mieux nous connecter à nous-même, sans dépendre exclusivement de la 5G, mais avec un alignement vivifiant ! Un alignement qui prendrait en compte une double dimension de la spiritualité, verticale (corps, mental, esprit) et horizontale (relation aux mondes animal, végétal, minéral) sans craindre l’emploi d’un terme « spiritualité » qui ne se limite pas à la religion.

Au contraire, poser la question de la spiritualité invite à renouer, sans prosélytisme, avec ses racines culturelles, et des savoirs ancestraux.

Des oasis européennes spirituelles et drôles ?

Or, c’est précisément une tentation que sont enclines à suivre de plus en plus de personnes dans certaines grandes métropoles d’Europe, à commencer par la capitale française que bon nombre de jeunes, de couples – avec ou sans enfants – ont choisi de quitter pour fuir vers les campagnes. Un choix que le confinement sanitaire a d’ailleurs renforcé.

Ainsi, une partie des « néoruraux » se retrouve dans des écolieux et, comme cité précédemment dans la série d’été 2020 du Monde, dans ces « îlots de résistance », on retrouve des « prières laïques, moments de gratitude ou fête du solstice d’été ». Il s’agit de « renouer avec des temps de spiritualité qui piochent dans toutes les traditions religieuses. Le but : se reconnecter à soi, aux autres, et à la nature ». 

Voici une partie des propos recueillis par le journaliste Nicolas Truong :

« Les oasis renouvellent les rituels et réinvestissent le spirituel. Des rituels parfois christiques ou animistes, bouddhistes ou chamaniques, des cérémonies souvent bricolées et rarement dogmatiques. Au centre Amma, dans l’Eure-et-Loir, tourné vers la spiritualité indienne, on découvre, au milieu d’un jardin forestier où poussent des rangées touffues de poireaux perpétuels, un sanctuaire des abeilles, maison hexagonale dont les murs en paille intègrent des ruches vitrées. « Un lieu idéal pour le recueillement et la méditation », témoigne Pierre, ingénieur de 34 ans, pour qui cette reconnexion avec la nature est « bouleversante ».

Emblème de la monnaie locale dans la région de Villeneuve-sur-Lot ou objet d’un culte au centre Amma, l’abeille peut être considérée comme un symbole, une mascotte ou un totem des oasis, parce qu’elle est l’insecte pollinisateur le plus menacé par les pesticides néonicotinoïdes, mais aussi l’un des plus féconds en matière de production et d’imaginaire. « Un homme est fait pour planter, construire une maison et s’occuper des abeilles », déclare religieusement Pierre, qui fait également des maraudes à Paris et envisage l’approche des sans-abri comme un « état de présence et de vigilance » proche d’une « pratique spirituelle ».

Peut-on toutefois, me demandé-je, sans être initiée, faire une cérémonie avec un totem d’abeille, d’ours ou d’escargot sans prendre le risque de « se marrer », (un peu comme les enfants de chœur à l’Église derrière le dos du curé) ?

De fait, les propos de l’un des autres protagonistes de la série d’été du Monde sont intéressants à citer pour ne pas se prendre trop au sérieux non plus et garder de la distance, l’humour y aidant toujours :

« A partir du moment où l’on considère, comme c’est le cas sur la ZAD, qu’une forêt, une mare et un groupe de tritons ont des intérêts qui leur sont propres et qu’on en tient compte, on est davantage dans l’animisme que dans le naturalisme occidental. Mais aucun d’entre nous n’est animiste au sens où un Jivaro peut l’être. Les Jivaros considèrent que les plantes et les animaux ont une vie sociale semblable à celle des humains, avec leurs rituels, leurs shamans, et qu’ils viennent en parler avec les humains lors des rêves et des transes hallucinatoires. Lorsqu’on intègre des éléments de ce type dans nos rituels, c’est bien sûr avec humour et second degré. »

(Question du journaliste) La mise à distance de la cérémonie par l’humour n’empêche-t-elle pas de la vivre pleinement ?

« Absolument pas, c’est ça qui est étonnant. Selon les anthropologues, beaucoup de rituels sont d’ailleurs accomplis avec une forme de second degré. C’est flagrant chez les Jivaros. Lorsque je suis chez eux et que je leur demande s’ils croient à ce qu’ils sont en train de faire, par exemple lors d’un rituel shamanique, ça les fait rire. Lors d’une pratique rituelle, même sur des sujets graves, ils peuvent paraître très sérieux à un instant donné, et en rire aux éclats l’instant d’après. Il ne s’agit pas de mettre des garde-fous par le biais de l’humour, mais plutôt de ne pas laisser le terrain du réenchantement du monde aux mystiques. Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une forme ou une autre d’obscurantisme pour tendre vers des relations aux plantes, aux animaux et aux milieux de vie qui se colorent de toutes les nuances de la vie sociale. Les rituels sont un outil de lutte, parmi de nombreux autres, pour s’attaquer à la suprématie de la sphère économique et au rapport utilitaire au monde qu’elle impose. »

Pour terminer sur une touche personnelle, je témoignerais avoir moi-même cherché à « enquêter » sur le chamanisme, (notamment pour la collection Nouvelles Terres aux Puf) avec un doute très ancré sur ce que j’allais ou non découvrir. Et je révèlerai ici le souvenir d’un énorme fou rire avec un ami cher m’accompagnant dans ce stage découverte durant les explications sur la coupe de branches d’arbres en forêt. Nous en rions encore souvent, et je n’évoque pas même l’expérience de la hutte de sudation. Pour être honnête, je ne suis pas certaine du tout que nous ayons tout à fait parfaitement compris – et surtout suivi – les consignes de coupes en forêt, mais je pense que nous avons bien expérimenté le sens profond de l’exercice : chercher à nous faire sentir la reliance. De la tête aux mains, jusqu’aux racines des arbres. Respecter les cycles de la nature. Protéger le vivant. Et le tout en riant. A commencer de nous-mêmes.

N’est-ce pas le socle d’une spiritualité de la transition ? Apprendre l’humilité, qui a la même racine que humus, la terre ?

En ce sens, la pratique du chamanisme, comme celle que propose Gilles Wurtz par exemple (Chamanisme celtique, une transmission de nos terres, Véga, 2013), mettant en garde contre le charlatanisme et se resituant dans une perspective celtique ancrée dans notre histoire, helvète ou gauloise (!), peut constituer, anthropologiquement parlant, au même titre que d’autres pratiques spirituelles traditionnelles ou revisitées, une voie inspirante sur le chemin très personnel et pourtant universel des transitions.

 

Cet article a été publié le 24 octobre 2020 sur le site de la Revue de la pensée écologique

Sophie Swaton

Philosophe et économiste, Sophie Swaton est enseignante-chercheure à l'Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne où elle coordonne le master en fondements et pratiques de la durabilité. Elle préside également la fondation d'utilité publique ZOEIN, signifiant vivre en grec, qu'elle a créée en 2017 pour promouvoir en Suisse et à l'étranger des initiatives solidaires de transition écologique et solidaire (https://www.zoein.org). Sophie Swaton co-dirige également la collection "Nouvelles Terres" aux Presses Universitaires Françaises, partenaire éditorial avec la Revue de la pensée écologique de la fondation Zoein.

4 réponses à “Le chamanisme : une maladie mentale ou une voie inspirante ?

  1. Ayant fait, il y a environ vingt ans, un tableau intitulé, “Chaman” des morceaux de verres brisés avec de la peinture acrylique sur même support, je l’ai offert à une amie, à laquelle il plaisait tant.

    Une année après, elle s’est suicidée.
    Depuis, je pense qu’il faut rester prudent, avec nos croyances!

  2. Merci pour cet article complet, riche et intéressant. Et pour rebondir, surtout sur la conclusion avec le rattachement aux traditions celtiques, je vous invite à découvrir le livre d’Ernst Zürcher “Les arbres, entre visible et invisible” (Actes Sud), une approche spirituelle et scientifique de l’Arbre qui peut renvoyer à ce lien à la nature, à l’arbre, que nos ancêtres les Celtes, les Gaulois, entretenaient par leur druides notamment.

    1. Merci beaucoup à vous pour le rappel de cet auteur clé que je connais bien (et apprécie énormément) en effet et qui illustre parfaitement le lien entre science et histoire en abordant la spiritualité par la culture aussi.

  3. Merci Sophie pour nous partager le fruit de tes recherches, réflexions et expériences.

    Chamanisme et intuition font le fruit de recherches scientifiques. Voir p.ex. https://noetic.org/ (ou en Suisse http://www.issnoe.ch/).

    Malheureusement, souvent il y a confusion entre science et matérialisme. La présente crise COVID-19 n’est pas tant un échec de la science, que du modèle de pensée matérialiste et déterministe.

    Et nous aurions à gagner à nous inspirer, comme tu le décris, des traditions ancestrales. Pourquoi? Parce ce que les limites, en particulier du système de santé, sont en passe d’être dépassées: nous constatons que celui-ci pourrait ne plus être en mesure, de manière irréversible, de fournir tous les soins à toute la société, de manière égalitaire.

    L’adaptation à un futur dégradé ne sera pas possible grâce à plus de technologie, rendu impossible par manque d’énergie et de ressources, mais plutôt un retour à (en fait une évolution vers) des pratiques desquelles nous nous moquons aujourd’hui, qui ont toutefois un très grand avantage: elles sont couplées à un sens. Et de cela, nous avons terriblement besoin…

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