Nous avons la responsabilité d’offrir la possibilité d’un avenir à chaque enfant

Le lundi 13 janvier, un groupe de militant.e.s et des jeunes mineurs non-accompagnés sans domicile fixe, ont investi la Maison des arts du Grütli. Un geste destiné à attirer l’attention sur une problématique trop longtemps ignorée, ou tout cas largement sous-estimée. Un geste un peu désespéré face à une situation inacceptable, voyant des adolescents mineurs dormir dans la rue ou dans des conditions qui ne pouvaient plus durer.

Une occupation qui a réussi. Elles et ils ont réussi à attirer l’attention sur la situation de ces jeunes, dont le statut est clairement protégé par la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant, dont nous venons de marquer les 30 ans en novembre 2019. Vendredi, grâce à l’engagement exceptionnel des équipes de la Ville de Genève (mon département et celui de ma collègue Esther Alder, en charge de l’action sociale), avec l’appui précieux d’Olivier Baud, ancien secrétaire général de la FOJ comme expert et médiateur, nous avons pu trouver un lieu temporaire sûr où dormir pour ces jeunes gens, et leur éviter de dormir à la rue. Ils ont pu être officiellement enfin enregistrés au SPMI. Une rencontre a pu être agendée avec la Délégation compétente du Conseil d’Etat.

Mais ce n’est aucunement une solution. Si l’occupation a pris fin, ce qui est en soi positif car le Grütli n’était certainement pas un lieu adéquat pour héberger des mineurs dans la durée, nous restons mobilisés pour qu’il leur soit proposé un encadrement pédagogique et des lieux d’hébergement adaptés et durables. Comme cela a toujours été précisé, et alors que la Ville fournit déjà un effort de plus 12 millions de francs par année pour l’accueil d’urgence des sans-abris, l’enjeu des MNA est clairement du ressort des autorités cantonales. Le Collectif a démontré sa détermination à faire avancer cette cause et sa volonté à travailler de concert pour trouver des solutions. J’espère vivement que le Conseil d’Etat saura la saisir au bond, prendre ses responsabilités et mettre les moyens nécessaires pour que plus aucun jeune mineur ne se retrouve laissé à lui-même.

Une position qui est d’ailleurs valable aussi bien pour les migrant.e.s que pour toutes et tous les jeunes qui habitent à Genève. L’enjeu n’est pas seulement un logement décent, besoin existentiel pour tout être humain, mineur ou pas. La formation est une étape qui détermine souvent toute notre vie. Il est de notre responsabilité de contribuer à leur donner la possibilité de se construire un avenir.

(photo Jasmine Caye)

Sami Kanaan

Sami Kanaan

Sami Kanaan est Maire de Genève 2014-2015 et 2018-2019, Conseiller administratif en charge du Département de la culture et du sport, Président de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse, Vice-président de l'Union des villes suisses et de l'Union des villes genevoises.

19 réponses à “Nous avons la responsabilité d’offrir la possibilité d’un avenir à chaque enfant

      1. Alors, s’agissant du débat unilatéral sur le blog de Mme Caye, est-ce que les autorités genevoises préviennent officiellement les parents de la présence de ces enfants sur le territoire genevois et informent dûment les autorités de protection de leur pays d’origine (p. ex. l’Algérie) pour trouver avec eux une solution dans le meilleur intérêt de l’enfant (retour au sein de leur famille, accueil temporaire, accueil définitif à Genève, …) ???

        ou ne font-ils que leur payer un abonnement natel avec l’indication qu’ils peuvent appeler leurs parents, s’ils le souhaitent… et détourner les yeux de leurs trafics, pour ceux – les rares – qui s’y adonnent… ?

        1. Merci de votre commentaire qui met le doigt sur un problème essentiel. La trajectoire de ces jeunes est quasiment toujours marquée par des ruptures importantes et de la maltraitance, souvent déjà dans leur pays d’origine. Pour le pays que vous évoquez, les échos obtenus de la part des responsables concernés en Suisse dénotent une absence de volonté de coopérer pour le bien de l’enfant. Les autorités genevoises doivent donc bien, comme vous le mentionnez, examiner les meilleurs solutions pour donner un avenir à ces jeunes déjà durement marqués par la vie.

    1. Quelle excuse? Nous prenons nos responsabilités par rapport à des jeunes qui sont ici, que nous le vouions ou non; c’est une réalité objective. Je vous rappelle que ce ne sont pas des “gauchistes” qui sont en charge de la problématique au niveau fédéral (Mme Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale membre du PLR) ni au niveau genevois (M. Mauro Poggia, Conseiller d’Etat issu du MCG). J’assume donc entièrement, comme d’autres d’ailleurs, le fait de ne pas laisser des jeunes gens dormir dehors en hiver et le fait d’exiger qu’une formation et un encadrement adaptés soit mis en place pour les mineurs sur notre territoire, quel que soit leur parcours.

      1. Il n’appartient ni à la suisse, ni à aucun pays européen de participer à une nouvelle filière d’immigration en acceptant que des mineurs, dont les parents sont les responsables premiers partout sur terre, viennent sous couvert d’être des mineurs, pour in fine, soit faire venir leur famille plus tard, soit leur envoyer de l’argent.

        Parce que le hasard hein veut qu’ils viennent en europe, ils ne vont pas s’exiler dans les pays africains voisins.

        Comme par hasard.

        Donc comme leurs parents ne sont pas idiots, ils savent que les plus jeunes ont plus de chances d’atteindre l’eldorado imaginaire et comme ce sont des mineurs, les droits de l’hommistes de les expulseront pas.

        Et après le gite et le couvert il faut leur trouver un travail, un logement, et bientôt le passeport suisse.

        Que c’est beau les droits de l’homme.

  1. Du moment où le canton affiche année après année des déficits budgétaires, pour 2020 d’ailleurs insupportable à 600 millions, vous n’avez tout simplement pas le droit d’exiger des dépenses non-budgétées au canton.

    Il est navrant que la gauche genevoise se spécialise dans la sape et le démantèlement de l’autorité de l’Etat. Les malheureux qui ont envahi le Grütli ne savaient certainement pas que cela était possible, sans l’aide active de nos fauteurs de troubles indigènes. Vivement que le peuple genevois se réveille avant mars 2020 pour bien choisir ses représentants dans les communes et à la Mairie de la ville.

    1. Avons-nous le droit de laisser des jeunes mineurs (ou même des personnes majeures, si on pense à la situation de l’accueil d’urgence, assumé aujourd’hui quasiment par la seule Ville de Genève) dormir dehors en plein hiver, au risque de leur vie? Il ne s’agit pas de dépenser des millions! Et sur un budget cantonal annuel de plus de 8’000 millions de francs, il existe certainement des solutions.

      1. Le seul endroit adéquat pour des mineurs c’est de vivre avec leurs parents. Les garder ici relève de l’enlèvement. Vous nous mettez dans des situations impossibles. L’humanitaire devrait se limiter à des actes précis de court terme. Merci d’avoir répondu à mon commentaire et vous prie de recevoir mes meilleures salutations,

  2. Avec près de 5 milliards pour renflouer les caisses de pension des fonctionnaires (que j’imagine de tous partis), on ne peut que s’étonner que certains contestent un avenir suisse pour ces jeunes en situation plus que précaire et qui ont déjà vécu plus d’horreur que la plupart d’entre nous.

    La Genève internationale en serait-elle arrivée à ce point de cynisme?

          1. Vous trouve bien grincheux, moi je trouve la démarche sympathique et innovante.
            Mais plaire à tout le monde est mission impossible, surtout si l’on en est resté à la paléontologie gauche – droite.

            Quand à Pipilotti Rist, cette dame est grosjean comme devant.
            Elle reproche déjà l’ardoise, mais n’a jamais vu les tarifs de la pipilot!
            (où va se nicher le snobisme partisan)
            🙂

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