La guerre en Ukraine visible depuis l’espace…et observable par tous

Le 24 février à trois heures du matin, un groupe de chercheurs a détecté bien avant les annonces officielles le début de la guerre en Ukraine : Google Maps indiquait un trafic perturbé entre la ville de Belgorod et la frontière ukrainienne. Ces 40 kilomètres de ralentissements étaient causés par le mouvement des troupes russes en direction de l’Ukraine.

Les chercheurs observaient cette zone car des images radar avaient montré que l’armée russe s’était positionnée en colonne le long de la route. Ces images indiquaient une formation différente d’une troupe à l’arrêt, installée pour camper plusieurs jours. Ayant constaté ces différences, les chercheurs ont alors observé le trafic visible sur Google Maps et ils ont découvert un embouteillage causé par le mouvement de ces véhicules russes en direction de la frontière. Ces déplacements de chars empêchaient les habitants de la région de circuler normalement et les GPS de leurs téléphones portables ont remonté automatiquement l’information sur l’application de Google.

Cette observation a été immédiatement communiquée par un tweet du professeur Jeffrey Lewis, membre de ce groupe de recherche du Middlebury Institute of International Studies en Californie.

La combinaison de plusieurs données ouvertes permet de montrer la situation sur le champ de bataille

La terre est en permanence photographiée par des centaines de satellites. La résolution est de plus en plus grande et les nouveaux satellites équipés de technologies radars peuvent même observer la terre lors de conditions météorologiques défavorables avec d’épais nuages.

Ces technologies de pointe ne sont plus uniquement accessibles par les gouvernements. Ce sont des sociétés privées qui opèrent ces satellites et qui commercialisent les images. Les outils d’analyse sont également disponibles pour tous. C’est ce qui a permis à ce groupe de chercheurs de publier cette information sur les réseaux sociaux. Cet institut travaille depuis quelques années sur l’analyse de ces données satellites appelées « Synthetic Aperture Radar » (SAR). Cette nouvelle génération de satellites permet d’observer la terre de nuit et sous les nuages : ils émettent des ondes radar et mesurent ensuite les signaux réfléchis en retour, principe similaire à celui utilisé par les chauves-souris pour voler dans le noir.

Ces images satellites peuvent être combinées avec d’autres données. Les réseaux sociaux sont une source importante d’informations au travers des images, vidéos et textes postés par la population. Les mouvements aériens sont aussi accessibles grâce à des réseaux communautaires d’antennes radio qui captent les signaux émis par les transpondeurs des avions. Cette approche de renseignement s’appelle « l’Open Source Intelligence » ou renseignement de sources ouvertes en français.

Une nouvelle arme pour montrer la vérité

Ces nouvelles techniques de renseignements posent certaines questions :

  • Quel est le rôle de ces chercheurs ? Leurs actions les mettent dans une situation inconfortable, ils deviennent impliqués dans cette guerre ;
  • Faut-il continuer à fournir ces données lors d’un conflit ? Les informations libres peuvent être utilisées par les deux camps et nuire à la population. Récemment, Google a par exemple décidé de bloquer certains services de Google Maps sur le territoire ukrainien ;
  • Pour les entreprises qui vendent ces données, il y a des conflits d’intérêts. Faut-il honorer un contrat avec un gouvernement qui en attaque un autre ? Si une société décide de prendre position pour une des parties, risque-t-elle d’être attaquée par l’autre ? L’armée russe ayant notamment les moyens de détruire des satellites.

Cette guerre est aussi une guerre de communication, avec la diffusion de désinformations et de « fake news ». Faire appel à ces technologies pour observer la réalité sur le terrain est une « arme » efficace pour montrer la vérité. En espérant qu’au final l’utilisation de ces outils permette d’arriver à une résolution plus rapide du conflit.

 

Image des troupes russes prise par Capella Space et le Middlebury Institute of International Studies à la frontière ukrainienne :

Peut-on créer une intelligence artificielle qui distingue le bien du mal ?

Nous interagissons, de plus en plus, parfois sans nous en rendre compte avec des agents conversationnels, chatbots en anglais. Pour les rendre plus humains, ils portent souvent un prénom. Les plus connus, Siri d’Apple et Alexa d’Amazon. On échange avec eux de deux manières, soit en leur posant des questions par écrit, soit en leur parlant, si ce sont des assistants vocaux. Leur utilisation est en forte croissance. 147 millions d’assistants vocaux ont été vendus en 2019 selon Strategy Analytics. Cela représente une croissance de 70% par rapport à 2018.

La confidentialité des données est cependant un frein à leur adoption. Selon un sondage de Voicebot.ai de 2020, 53% des personnes interrogées sont préoccupées par le risque de voir leurs données utilisées ou vendues par les entreprises qui fournissent ces solutions.

Le deuxième problème tout aussi important est les biais et l’immoralité que peuvent avoir ces agents conversationnels. Au départ, ces solutions étaient utilisées de façon très restreinte, par exemple dans un centre d’appels pour poser des questions simples afin de faciliter le triage et mettre le client en contact avec la bonne personne pour résoudre son problème. Cependant, les chatbots deviennent de plus en plus sophistiqués et ils sont capables de répondre à des questions complexes. Imaginez que demain Zoom ou Teams vous proposent, lors de votre vidéo-conférence, d’utiliser un agent conversationnel qui traduira en simultané les propos de votre interlocuteur dans votre langue. Est-ce que ce robot algorithmique devra s’abstenir de faire la traduction si les propos de votre interlocuteur sont racistes ou offensants ?

Avant de répondre à cette question, il faut savoir s’il est possible de créer une intelligence artificielle capable de faire des jugements moraux.

Développer une « machine éthique »

C’est le défi de recherche lancé par Allen Institute for AI , qui a mis en ligne en octobre dernier un prototype dans le but de comprendre les limites actuelles des algorithmes de traitement automatique du langage naturel et d’ouvrir de nouveaux axes de recherche sur ce sujet. Les questions sont notamment :

  • Quels types de principes éthiques et moraux une machine peut-elle apprendre lorsqu’on l’entraine ?
  • Comment peut-on identifier des normes génériques acceptées par une majorité de personnes sur la base de millions de données collectées ?
  • Comment peut-on définir des principes qui prennent en compte la diversité culturelle, idéologique et sociale ?

L’institut a, dans un premier temps, construit une base de données de 1,7 million d’exemples de jugements éthiques effectués par des gens. Ces informations ont été utilisées pour entrainer leur intelligence artificielle. On peut interagir avec elle par écrit, en lui posant des questions. Comme tout chabot qui se respecte, elle a aussi été baptisée, elle s’appelle Delphi.

Le résultat est loin d’être parfait et il dépend également beaucoup des données d’entrainement utilisées. Les paramètres de « moralité » proviennent du jugement de millions de travailleurs américains instruits pour cette tâche et qui l’ont effectuée entre 2020 et 2021. Ces paramètres reflètent donc une norme spécifique à une population dans la période actuelle et elle ne peut pas être généralisée. L’objectif était d’avoir un prototype de recherche et non pas une application commerciale.

Ce projet permet d’ouvrir le débat et il démontre que des systèmes qui ne sont pas entrainés pour raisonner de manière éthique ou morale acquièrent de manière implicite des principes de moralité qui sont biaisés et parfois nocifs.

Ayant testé Delphi, je trouve déjà le résultat intéressant car elle distingue certaines nuances :

  • Est-ce que c’est acceptable si je manipule le lecteur en me référant intentionnellement à des informations fausses dans mes articles ? C’est mal
  • Est-ce que c’est acceptable si je manipule le lecteur en me référant accidentellement à des informations fausses dans mes articles ? Ce n’est pas okay

Et comme l’humain, il est en constante évolution. Dans la dernière mise à jour, il a appris à répondre « ce n’est pas clair » s’il a une hésitation sur la réponse à donner.

Vers une généralisation des agents conversationnels

Les chatbots devenant omniprésents dans nos vies, il est important de comprendre les enjeux. Le développement technologique de ce qu’on appelle les « Large Language Models » est très rapide. On reproche souvent à ces assistants de résoudre des problèmes très spécifiques, mais cela va changer et l’implication sur nos vies est encore difficile à saisir. Contrairement au GPS et aux technologies de géolocalisation qui sont maintenant partout, mais pour lesquelles nous connaissons bien les risques comme l’illustre la caricature ci-dessous publiée dans le New Yorker, les chatbots, qu’ils s’appellent Alexa ou Delphi restent encore bien mystérieux. Ils rentrent cependant dans notre quotidien par de multiples canaux : le dernier rapport de Voicebot.ai indique que 127 millions d’Américains utilisent un assistant vocal dans leur voiture. Sans pouvoir maîtriser les principes moraux qu’ils acquièrent, il devient dangereux d’être assisté par ces machines.

Assistant biométrique, de Big Brother à Big Mother

Vous prenez l’avion dans quelques jours. Pour simplifier les démarches, imaginez que vous activez un assistant biométrique à reconnaissance faciale : après avoir scanné votre carte d’identité et enregistré votre profil biométrique du visage sur une application mobile, vous pouvez ensuite vous rendre à l’aéroport et être identifié à chaque étape uniquement en restant quelques secondes devant une caméra. Vous déposez ainsi vos bagages, passez le contrôle de sécurité et finalement rentrez dans l’avion sans présenter aucun document et en évitant les files d’attente. En complément à ce service d’identification, cet assistant numérique vous permet également de réserver une place de parc et de vous guider depuis votre maison jusqu’au terminal, en optimisant votre temps de voyage.

Ce service existe déjà près de chez vous, il s’appelle Mona et il est proposé par Vinci à l’aéroport de Lyon, comme l’illustre la vidéo à la fin de mon article.

 J’ai découvert cette solution il y a quelques semaines en participant au jury du concours Le Meilleur du Web. Ce concept développé par l’agence Atipik a gagné dans la catégorie Technologie. La solution technique est très bien implémentée, connectée à tout un écosystème pour simplifier la vie du client. Cependant, cet assistant biométrique pose beaucoup de questions sur le déploiement massif de ces technologies de reconnaissances faciales.

Mona m’a d’ailleurs immédiatement fait penser au lancement en octobre dernier de Face Pay, le système de paiement par reconnaissance faciale du métro de Moscou. Les six millions de passagers quotidiens peuvent maintenant prendre le métro sans utiliser de ticket ou de carte à l’entrée. Une caméra capture leur visage et le compare avec une base de données, afin d’effectuer le paiement de manière automatique et en quelques secondes. Dans ce cas également, l’objectif affiché est de désengorger les stations et de fluidifier votre parcours.

Des caméras « dopées » à l’intelligence artificielle

La reconnaissance faciale est présente dans les films de science-fiction depuis des décennies. Elle s’impose aujourd’hui comme la mesure biométrique la plus utilisée grâce aux développements des techniques d’intelligence artificielle et l’accès à des milliards de données d’entrainements de visages, facilement accessible sur internet. Selon le NIST, l’organisation américaine des standards et normes, la précision des logiciels de reconnaissance a été multipliée par 50 en l’espace de 6 ans, avec un taux d’erreur de 0.08% mesuré en 2020. Les algorithmes s’auto-améliorent en permanence.

Le débat s’oriente souvent sur les risques que l’algorithme se trompe, mais la fiabilité est de plus en plus grande et les meilleurs algorithmes n’ont plus de biais démographiques. La question est plutôt : est-ce qu’on veut banaliser cette technologie et la diffuser partout dans la sphère publique avec toutes les dérives possibles de les utiliser à des fins de surveillance ? Dans la ville de demain, est-ce que l’anonymat va disparaitre ?

De la promesse de fluidifier nos déplacements aux dérives de la surveillance de masse

L’écrivain de science-fiction Alain Damasio résume bien la situation : « La technologie ce n’est plus Big Brother, c’est Big Mother, il s’agit d’un pouvoir maternant, couvant, qui anticipe et répond à nos besoins ».

En effet, on justifie l’utilisation de ces technologies pour simplifier notre quotidien, notamment dans nos déplacements. Mais les risques de dérives sont élevés. Faut-il alors s’en passer ou plutôt essayer de l’encadrer ? Le World Economic Forum travaille depuis quelques années sur la question, pour définir une utilisation responsable des technologies de reconnaissance faciale en fonction des applications.

Il sera intéressant de suivre le débat et de voir comment le cadre législatif va évoluer. En attendant, il me semble judicieux de s’abstenir d’utiliser de tels systèmes, surtout si l’on n’est pas sûr de savoir où se trouvent nos données biométriques. Contrairement à un mot de passe, il est plus difficile de changer de visage si le système d’authentification a été corrompu ou utilisé dans un autre but que celui voulu.

La ville de demain : tous en e-bike connecté

Je commence une série d’articles qui décrypte de nouveaux modèles d’affaires innovants qui vont permettre de façonner la ville de demain. Commençons ce chemin à vélo électrique.

Imaginez que vous venez d’acheter un e-bike et qu’après quelques semaines d’utilisation, celui-ci soit volé. Aucun souci, l’entreprise qui vous l’a vendu s’occupe de tout : elle traque le voleur et si elle ne le retrouve pas, elle remplace votre vélo par un nouveau. Ce service s’appelle « Peace of Mind » littéralement tranquillité d’esprit.

Cette solution est proposée par VanMoof, une entreprise néerlandaise qui vient de finaliser un nouveau tour de financement de $128 millions dans l’objectif de passer de 200’000 vélos vendus à 10 millions d’utilisateurs dans les cinq prochaines années. Pour y arriver, elle ne se limite pas à la création de nouveaux modèles de vélos, elle réinvente également le modèle d’affaires, en proposant de nouveaux services.

Le risque de vol, un frein à l’achat d’un vélo haut de gamme

Le vol de vélos est un fléau qui n’épargne aucune ville. Sachant qu’un vélo de VanMoof coûte plus de 2000 CHF, nous sommes nombreux à hésiter à investir un tel montant. Afin de résoudre ce problème, l’entreprise a intégré une solution de géolocalisation pour pouvoir localiser votre vélo en tout temps. Elle a mis en place un réseau de « chasseurs de vélos », les bike hunters, qui se lancent à la recherche de votre vélo s’il a été dérobé. Il vous suffit de signaler le vol sur l’application mobile et des chasseurs de vélos se mettront au travail. Si après deux semaines ils ne l’ont pas retrouvé, VanMoof remplacera votre vélo par un autre dans un état équivalent.

Proposer une maintenance proactive

C’est toujours compliqué de savoir à quel moment il est judicieux de contrôler les freins ou de faire remplacer la chaine. Comme votre vélo électrique est connecté et équipé de capteurs, l’application mesure en permanence les distances parcourues et vous invite à faire un contrôle au moment opportun. Le but est d’anticiper les problèmes en effectuant des contrôles préventifs basés sur votre utilisation. Ce service s’appelle « Entretien » et il est mis en œuvre en développant un réseau de « Bike Doctors » qui s’occupe de maintenir votre vélo dans un état optimal.

Vers une économie du partage

Votre vélo VanMoof se « pilote » avec une application mobile. Vous souhaitez partager votre vélo avec un ami, vous pouvez l’inviter par email à se connecter sur l’application et lui donner l’accès, en choisissant la durée d’utilisation. Si vous êtes inquiets pour votre vélo, vous pouvez en tout temps le localiser.

Faire du vélo le moyen de transport par défaut

On observe une combinaison de plusieurs facteurs : nous devons adapter notre mode de déplacement pour réduire notre empreinte carbone. Les villes investissent dans l’aménagement de nouvelles pistes cyclables et elles renforcent la sécurité des cyclistes. Nous avons accès à une nouvelle génération de vélos connectés intégrant de nouveaux services. En conséquence, dans la ville de demain, on circulera autrement. Faire du vélo le moyen de transport par défaut dans le monde entier est d’ailleurs la mission que s’est fixée l’entreprise VanMoof.

 

Comment devenir plus résilient ?

La période actuelle est propice au développement personnel. La résilience fait partie des termes qui reviennent régulièrement, à la fois dans le contexte des villes, des entreprises mais également du point de vue individuel.

La résilience est notre capacité à faire face aux crises et aux défis de la vie quotidienne à l’aide de nos ressources personnelles et sociales et à les utiliser comme une opportunité de développement. Plus simplement, c’est notre capacité à rebondir selon l’origine latine « resilire ».

Ayant dernièrement suivi un cours sur le sujet, je souhaite partager quelques idées pratiques intéressantes.

Pour renforcer sa résilience, on peut travailler sur 8 facteurs représentés sur la roue de la résilience que je vous mets en référence en bas de l’article. Ces facteurs peuvent être regroupés en quatre axes :

  • Donner une direction : optimisme et orientation vers l’avenir
  • Maintenir un équilibre : pleine conscience et créativité
  • Être dans l’action : orientation solution et responsabilité
  • S’appuyer sur ses relations : orientation réseau social et acceptation

Commencer par identifier les facteurs importants pour soi

« Puisqu’on ne peut pas changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter ses voiles », Aristote. Cette citation utilisée par la formatrice Mélanie Hindi m’a fait réaliser que sur la base de cette roue, il fallait se concentrer sur l’essentiel et identifier ce qui avait le plus d’impact pour soi.

En effet, lorsqu’on navigue sur un voilier, on a plusieurs cordages qui nous permettent d’ajuster sa voile, par exemple le hale-bas, la bordure et l’écoute. Tous les réglages n’ont pas le même impact. L’écoute, qui permet de régler l’angle de la voile par rapport au vent est essentielle : en cas de rafales, c’est l’élément qui vous permet d’éviter de chavirer.

Par analogie, quels sont donc les facteurs essentiels sur la roue de la résilience qu’il faut actionner pour affronter la perturbation actuelle ?

Se focaliser sur son niveau d’énergie

Parmi les outils présentés, le « tonneau d’énergie » qui consiste à gérer son niveau d’énergie me semble indispensable. Cet outil intègre à la fois la notion d’optimisme, de pleine conscience et l’orientation solution.

L’objectif est de recharger et entretenir ses sources d’énergie. On s’assure chaque jour qu’on effectue des activités qui nous ressourcent et on « cultive » les émotions positives.  Par exemple en tenant un journal des expériences positives ou en prenant des pauses régulières pour respirer profondément et identifier les aspects positifs de l’instant présent.

En même temps qu’on s’occupe à entretenir son énergie positive, il faut aussi travailler sur les « voleurs d’énergies ». Tout d’abord, il est important de les identifier. On peut ensuite les catégoriser entre les problèmes que l’on ne peut pas changer et ceux que l’on peut contrôler ou au moins influencer. L’idée est de se focaliser sur ce qui est contrôlable pour y trouver des solutions. Il faut aussi accepter ce que l’on ne peut pas changer. Pour accepter les éléments frustrants sur lesquels nous n’avons pas d’influence, un ancrage avec un geste physique peut aider à lâcher prise : imaginer avoir l’objet de votre frustration dans la paume de vos mains et balancer alternativement vos deux mains par-dessus vos épaules.

Apprendre à ajuster sa voile

Cette pandémie qui affecte de nombreux aspects de notre quotidien est donc une opportunité d’apprendre de nouvelles techniques pour « naviguer » plus sereinement dans notre vie en évitant de se retrouver face au vent. Essayer de maintenir un niveau d’énergie élevé me semble être important pour affronter les défis du quotidien.

J’espère que ces idées vous inspireront à explorer d’autres éléments qui peuvent vous aider à renforcer votre force mentale. N’hésitez pas à partager vos connaissances en postant un commentaire. On deviendra ainsi collectivement plus résilient.

Source : Resilienz Zentrum Schweiz

Trois changements à effectuer lorsqu’on va retourner au bureau

Depuis maintenant plusieurs semaines, si nos activités le permettent, nous travaillons à 100% depuis notre salon (parfois aussi dans la cuisine comme je l’observe lors de certaines conférences). Cette solution nous permet de réduire les risques d’attraper le coronavirus, cependant, en passant des heures en vidéo-conférence, on n’échappe pas à un autre effet, la « Zoom fatigue ». Problème auquel des chercheurs de Stanford ont identifié les causes et proposent des moyens simples pour améliorer notre quotidien : arrêter de se regarder (effet miroir), éviter d’observer les participants en gros plan, éteindre parfois la vidéo et écouter sans regarder l’écran.

Cette situation extrême est temporaire et on se réjouit de pouvoir revenir au bureau…parfois.

Certaines entreprises ont décidé d’adapter leur règlement pour proposer une flexibilité complète. C’est le cas de Spotify qui vient d’annoncer le concept « Work from Anywhere » : chaque employé peut décider de travailler tout le temps à la maison, venir tous les jours au bureau ou faire un mixte des deux.

Mais comment décider ? Et surtout, comment faut-il adapter notre manière de travailler si l’on souhaite rester plus souvent chez soi ? Voici trois pistes de réflexion.

Venir au bureau pour l’effet « pause-café »

A la fin de certaines réunions virtuelles, on se retrouve seul devant son écran, frustré, car les problèmes abordés n’ont pas été réglés. En présentiel, l’après-réunion est souvent indispensable. C’est à ce moment, autour d’un café, que les problématiques sont résolues. Une manière de trouver un équilibre entre réunion physique et virtuelle est peut-être de se poser la question de savoir si l’après-réunion est aussi important que la réunion elle-même.

Les bonnes idées apparaissent souvent lors d’échanges informels, au détour d’une conversation de couloir ou en prenant le temps d’aller boire un café avec un collègue. Adapter son agenda les jours où on va au bureau pour s’assurer d’avoir des plages disponibles pour des discussions informelles me semble encore plus important à l’avenir.

Réduire la complexité des activités quotidiennes

Dans un article récent, Howard Yu professeur à l’IMD décrit la caractéristique commune des entreprises qui « aiment le télétravail » :  elles sont dans une recherche constante de réduction de la complexité de leur opération. C’est une condition nécessaire pour pouvoir augmenter durablement son taux de télétravail.

De nombreuses réunions ont lieu pour informer les autres départements de ces activités courantes. Automatiser l’échange d’information et augmenter la transparence sur les projets en cours sont des moyens de réduire les tâches de coordination.

Un exemple : chez swisstopo, la plupart des projets intègrent des développements informatiques. La planification et la priorisation de ces projets s’effectuent maintenant au travers d’un système de gestion de projet accessible à tous. Les utilisateurs documentent directement leurs besoins et un tableau de bord permet de connaître les décisions prises et la date de mise en œuvre.  Cela évite les longues séances de planification trimestrielle, facilite une gestion en continu et permet de réagir plus rapidement aux changements.

Un autre aspect est la création d’interfaces qui permettent de fournir les prestations internes ou externes en mode « self-service ». Swisstopo a par exemple lancé « mySwissMap » pour créer sa carte personnalisée.  Plus besoin d’emporter plusieurs cartes pour partir en randonnée, on commande une carte sur mesure qui contient la zone où l’on souhaite se promener. Pour éviter de rendre le processus complexe, un tel service personnalisé est accessible en ligne. L’utilisateur effectue lui-même la sélection de la zone, le choix du type de carte et fournit l’image de couverture. Le résultat lui est ensuite livré par la poste quelques jours après. Cette nouvelle offre « self-service » doit évidemment s’imbriquer dans le processus de production de cartes standards.

Poursuivre les bonnes pratiques mises en place ces derniers mois

La pandémie nous a permis de développer de nouvelles formes de collaboration qu’il me semble intéressant de conserver. Parmi ces pratiques, de nombreuses entreprises ont incité leurs employés à effectuer des réunions à l’extérieur en marchant. Chez swisstopo, cette mesure a évidemment été accompagnée par la mise en place de cartes qui proposent des parcours en fonction du temps de réunion : une marche de 15 minutes, de 30 minutes et pour ceux qui ont de nombreux sujets à discuter, un parcours de 1h30. Lorsqu’on est en télétravail, on a plutôt tendance à limiter nos déplacements (certes, nous allons régulièrement vers le frigo, mais la distance est plutôt faible même si on y va 10x dans la journée). Sortir faire ces réunions en extérieur permet ainsi de combiner le temps de travail avec un peu d’exercice physique.

Et vous, quels sont les changements que vous avez effectués ces derniers mois dans votre façon de travailler et que vous allez continuer à faire lorsqu’un retour au bureau sera possible ?

Livraison par drone entre Lausanne et Coppet

Eiger, c’est le nom du nouveau-né de la start-up RigiTech. Un drone qui peut transporter des paquets de 3 kg et voler sur une distance de 100 km. Il possède aussi un parachute pour éviter qu’il s’écrase lourdement au sol en cas de problème.

Eiger devrait, dans un futur proche, rapporter votre prise de sang au laboratoire. Plus spécifiquement, si demain vous vous rendez chez votre médecin traitant à Lausanne pour effectuer une prise de sang, votre échantillon sera ensuite envoyé au laboratoire d’analyse central qui se trouve à Coppet par l’intermédiaire de ce drone. Cela réduit les coûts de logistique et c’est plus rapide (il n’y a pour le moment pas d’embouteillage dans le ciel, contrairement à l’autoroute A1 Lausanne-Genève).

Ce scénario correspond à la proposition de valeur de l’entreprise RigiTech. Avec ses partenaires, elle a obtenu des fonds européens (DHI-HERO HealthCare in Robotics) pour pouvoir mettre en place une telle solution en 2021.

Dans une région qui ambitionne d’être une « Drone Valley », avec déjà de nombreuses sociétés actives dans le développement de drones innovants telles que senseFly et Flyability, il me semble intéressant qu’on puisse également être au centre de l’expérimentation de nouveaux services.

Garantir la sécurité de vol

Les drones sont de plus en plus utilisés, notamment dans le domaine de l’agriculture et de la viticulture. On sera probablement de moins en moins surpris lorsqu’on ira faire une promenade dans les vignes et qu’on apercevra un drone comme celui de Aero41. Celui-ci sera occupé à traiter la vigne en y pulvérisant des produits phytosanitaires de manière ciblée. Dans ce type d’application, le drone ne survole pas des espaces où se trouve beaucoup de monde.

Si l’on souhaite maintenant utiliser des drones dans le domaine de la logistique, il va falloir garantir une sécurité très élevée, car ils seront amenés à survoler des zones d’habitation. C’est tout l’enjeu technologique auquel s’attaque la société RigiTech.

Le drone fonctionnant en autopilote, il doit connaître en tout temps sa position. Une redondance entre différents systèmes est nécessaire. En effet, si la position fournie par le GPS est mauvaise (ce qui est assez fréquent en milieu urbain où les bâtiments perturbent la réception des signaux satellites), le drone doit pouvoir se positionner en utilisant le réseau de téléphonie mobile. Lors du décollage et de l’atterrissage, une liaison radio doit être mise en place localement pour assurer une géolocalisation parfaite.

Un opérateur peut à tout moment prendre le contrôle du drone. Cependant, en cas de panne du système de batteries par exemple, le drone doit pouvoir déclencher automatiquement un parachute (système « failsafe »).

Les procédures et mécanismes à mettre en œuvre doivent donc être testés dans des conditions réelles, ce qui est l’objectif de ce projet.

Offrir un territoire d’expérimentation pour concevoir les services du futur

Les défis sont nombreux pour permettre à un tel service de s’établir durablement, ce qui rend d’ailleurs le projet très enthousiasmant. RigiTech, société accompagnée par l’association d’aide aux entrepreneurs Genilem, espère convaincre les autorités publiques de contribuer au projet, notamment en mettant à disposition le terrain adéquat pour permettre le décollage.

Pour pouvoir adapter le cadre réglementaire à ces nouveaux usages de manière adéquate, il est indispensable d’effectuer ce type de projets pilotes. Pour contrôler ce nouveau type de trafic aérien, des mesures ont été mises en place l’année dernière avec la publication de zones dans lesquelles les drones sont interdits. C’est une première contrainte à prendre en compte. En plus, afin d’éviter les zones à forte densité de population, l’idée est d’identifier un lieu de décollage à Lausanne situé sur les rives du lac, proche du métro, pour pouvoir acheminer les échantillons facilement depuis le centre-ville.

En attendant de pouvoir prochainement observer Eiger voler au-dessus du lac Léman, voici une vidéo de vols effectués en fin d’année dernière dans un projet au Portugal. Celle-ci permet de se projeter dans une possible vision du monde dans laquelle nous cohabiterons avec des drones.

Effectuer ses achats en ligne dès 7 ans avec Revolut Junior

Obtenir une tirelire numérique dans laquelle vos proches peuvent vous verser de l’argent de poche ou vous rémunérer pour des services rendus, c’est maintenant possible dès l’âge de 7 ans avec l’offre Revolut Junior.

Avec l’ouverture du compte, votre enfant reçoit également une carte de crédit de sa couleur préférée. Celle-ci lui permet de dépenser son argent en toute simplicité, à la fois chez son marchand de bonbons préféré, mais aussi pour effectuer des achats en ligne. En cette période où le commerce en ligne explose à cause de la pandémie, la néo-banque propose ainsi aux enfants de pouvoir faire comme leurs parents, du shopping en ligne avec leur propre carte.

Les parents conservent évidemment un certain contrôle. Ils reçoivent des notifications à chaque transaction (eh oui, encore des notifications) et ils peuvent bloquer à tout moment la carte, voir interdire certains commerçants. Vous pouvez également fixer des objectifs d’épargne à votre enfant, par exemple d’économiser 20 CHF par mois en coupant régulièrement le gazon du jardin du voisin.

Capter votre attention et maximiser le nombre de transactions

La facilité d’utilisation est déconcertante. On en oublierait presque qu’on dépense son argent :  en 3 clicks, il est possible de transférer de l’argent à un ami à l’autre bout de la planète, acheter des bitcoins (cela aurait pu être une bonne idée il y a 8 mois, avant que sa valeur s’envole) ou connecter son compte à Apple Pay pour régler ses courses avec son smartphone.

L’application reprend aussi les codes utilisés par les réseaux sociaux pour capter votre attention : elle vous propose d’inviter vos amis sur Revolut, elle affiche automatiquement les personnes qui utilisent Revolut dans vos contacts pour vous permettre de leur transférer de l’argent et elle vous envoie régulièrement des notifications pour vous donner un résumé de vos dépenses ou encore pour vous proposer d’investir en crypto-monnaie.

Apprendre à gérer son argent, mais surtout apprendre à gérer ces données numériques

« Apprenez aux enfants à bien gérer leur argent pour toute la vie » est le slogan marketing sur le site de Revolut. On pourrait débattre de ce point car je ne suis pas convaincu que ce service et les fonctionnalités développées soient complètement alignés avec cet objectif. Mais il me semble qu’une réflexion plus vaste doit être entreprise : celle d’identifier les compétences nouvelles que nous devons apprendre à nos enfants dans cette transition numérique qui s’opère.

En effet, ces nouveaux outils numériques permettent une fois de plus d’augmenter la masse de données collectées. Avec cette carte, Revolut peut effectuer un profilage de votre enfant : ils sauront notamment ce qu’il aime, où il va et quel est son pouvoir d’achat.

Apprendre à nos enfants à utiliser ces nouvelles applications est probablement utile, mais il est important de leur apprendre à gérer avec confiance et responsabilité leurs données et celles des autres. C’est ce qu’on appelle la « littératie des données » ou « data literacy » en anglais.

Une des étapes de cet apprentissage est par exemple de pouvoir répondre à ces questions :

  • Que peut-on faire avec mes données ?
  • Qu’est-ce que je veux qu’on fasse avec mes données ?
  • Qu’est-ce qui est autorisé de faire avec mes données ?

Finalement, en apprenant à gérer ces données, on apprend également à gérer son argent. Nous payons en effet de plus en plus avec nos données : lorsqu’on utilise des services gratuits tels que Google Map ou Gmail, on les rémunère en leur permettant d’utiliser nos données…ce qu’ils font avec succès. Le chiffre d’affaires de Google (qui propose essentiellement des services gratuits) était de $181 milliards en 2020. Et quand on regarde la profitabilité de ces entreprises, il semble évident qu’on sous-estime fortement la valeur de nos données et qu’on pourrait les vendre bien plus cher.

Demain, je convertis mes économies en bitcoin

PayPal vient d’annoncer que ses utilisateurs pourront bientôt acheter, vendre et payer leurs achats en cryptomonnaies sur sa plateforme. Cette annonce intervient deux semaines après que son concurrent Square a annoncé investir $50 millions dans le bitcoin et affirmé que cette devise numérique aura le potentiel d’être plus largement utilisée dans le futur.

Il n’a jamais été aussi facile d’acheter des bitcoins

Il y a encore 5 ans, il était compliqué d’acheter des bitcoins. Un nombre limité d’acteurs proposait d’utiliser un « portemonnaie numérique » qui avait une interface très médiocre. C’était un peu comme les systèmes de réservation de billets d’avion au début d’internet, tellement compliqué qu’on préférait aller les acheter dans une agence de voyages (alternative plus compliquée avec les bitcoins, indisponibles au guichet d’une succursale bancaire).

Depuis les solutions se sont améliorées. Si vous avez par exemple ouvert un compte bancaire dans une néo-banque comme Revolut pour réduire vos frais de taux de changes, vous pouvez très facilement acheter et vendre des bitcoins. Ces entreprises vous invitent d’ailleurs régulièrement à le faire, « sans aucun effort » pour reprendre leur slogan.

Cependant, au moment où il devenait plus simple d’acheter des bitcoins, le cours s’est effondré (d’une valeur de presque $17’000 fin 2017, il est tombé à moins de $4’000 début 2019). Et plus globalement, la technologie sous-jacente, la blockchain est passée de la phase d’emballement à la phase de désillusion.

Suite à l’annonce de PayPal, les 346 millions de personnes qui possèdent un compte chez eux auront la possibilité d’investir en cryptomonnaies. Alors est-ce que c’est maintenant le bon moment pour acheter des bitcoins…et éventuellement aussi de les dépenser ?

Le bitcoin, une valeur refuge comme l’or

Les sites spécialisés recommandent plutôt d’investir dans le bitcoin sur le long terme. Cette devise est un moyen de garantir son épargne, au même titre qu’on investirait dans l’or, pour se prévenir de l’inflation à venir et de la perte de valeur de la monnaie fiat (monnaie fiduciaire émise par une banque centrale comme le dollar ou l’euro).

Les derniers chiffres publiés montrent que de plus en plus de gens y croient : à l’échelle mondiale, le nombre d’utilisateurs de ces devises numériques a été multiplié par trois depuis 2018. On est passé de 35 à 101 millions d’utilisateurs selon l’étude de l’université de Cambridge sortie en septembre.

Des entreprises convertissent également leurs liquidités en bitcoins. C’est le cas de Microstrategy qui a déjà acheté pour $425 millions de bitcoins. Il y a deux semaines, Square a fait l’acquisition de bitcoins pour un montant total de $50 millions.

Le développement de Square est d’ailleurs intéressant : la société qui souhaite rivaliser avec PayPal et créer un écosystème complet de solutions de paiement, compte déjà plus de 30 millions d’utilisateurs de son application Cash App. Cette application permet entre autres d’acheter et de vendre de bitcoins. La société a publié en août dernier ses résultats trimestriels, avec une croissance de +600% sur un an du revenu généré par les transactions en cryptomonnaies (revenu atteignant les $875 millions).

Payer en bitcoin reste pour le moment limité

Revolut ou Square ne proposent pour le moment pas de faire des achats en bitcoin. PayPal est le premier acteur majeur à annoncer offrir ce service, mais la mise en œuvre n’est pas encore très claire.

En attendant, vous pouvez déjà payer vos primes d’assurance maladie en cryptomonnaie. La caisse Atupri par exemple vous le propose, au travers d’un intermédiaire financier, la fintech Bitcoin Suisse. Cette dernière effectue la transaction au cours en vigueur et garantit à l’assureur un paiement en francs suisses.

Et si vous cherchez à combiner optimisation fiscale et utilisation de cryptomonnaies, un déménagement dans le canton de Zoug est à envisager ! Dès 2021, vous pourrez payer vos impôts avec ce type de devises jusqu’à concurrence de 100’000 CHF (ce plafond me semble être assez haut, surtout que le taux de taxation y est réputé très clément).

Les annonces autour du bitcoin s’accélèrent donc ces derniers mois et son cours est à la hausse. En admettant que cette devise reste décentralisée et qu’aucun acteur n’ait les moyens de l’influencer, elle me semble en tout cas plus attractive que des projets tels que la Libra avec l’ombre de Facebook en arrière-plan. Le bitcoin va-t-il s’imposer comme le système monétaire alternatif ou une devise refuge pour ses économies ? Sujet intéressant à suivre ces prochains mois.

Evolution du Bitcoin, source coindesk.com

Amazon et son intelligence artificielle très indiscrète

Faire voler un drone d’intérieur pour protéger votre maison, payer vos courses avec la paume de votre main et écouter avec un bracelet vos conversations pour vous aider à gérer vos émotions sont les trois nouveaux produits annoncés ces dernières semaines par Amazon. Leur point commun : ils collectent tous vos données très personnelles pour « nourrir » les algorithmes d’intelligence artificielle développés par le géant du e-commerce.

Un drone filme l’intérieur de notre maison

Probablement le produit le plus surprenant des trois. Amazon propose un drone équipé d’une caméra qui vole à l’intérieur de votre habitat lorsque vous êtes absent. Il vous permet d’aller observer tous les recoins de votre maison lorsque vous êtes en déplacement. En vous connectant avec votre téléphone, vous pouvez ainsi vérifier que vous n’avez pas laissé une fenêtre ouverte ou encore oublié de rentrer votre store.

La vidéo de promotion présente un cambrioleur qui entre dans votre maison et qui décide de repartir après s’être retrouvé en face de votre drone (pourtant il n’a pas l’air bien méchant, en tout cas il me fait beaucoup moins peur qu’un doberman). La proposition de valeur mise en avant : pour $249, plus besoin d’équiper toutes les pièces de votre maison d’une caméra.

Est-ce qu’on veut vraiment qu’Amazon scanne en permanence notre intérieur ? Que va-t-il se passer ensuite ? En même temps que notre drone surveille notre intérieur, il pourra par exemple aussi identifier que notre canapé est usé et Amazon nous proposera d’acheter un nouveau modèle en cuir rouge, sur la base de nos préférences (fournis par le profilage provenant de l’historique de nos commandes sur sa plateforme d’achat en ligne).

La paume de notre main comme moyen d’identification pour payer nos courses

Prochainement, les consommateurs qui rentreront dans un magasin Amazon Go pourront payer les courses en scannant la paume de leur main. Ce système analyse votre paume (la forme, les lignes et la configuration de vos veines) pour vous identifier. C’est une technique analogue à la technologie de reconnaissance faciale, basée sur l’utilisation de nos informations biométriques. L’ambition d’Amazon va au-delà du paiement. Cette solution pourrait également remplacer les tickets de concerts ou encore permettre de faire le check-in à l’aéroport.

Est-ce qu’on veut vraiment que la paume de notre main soit enregistrée dans le cloud/nuage d’Amazon ? Si Amazon est victime d’une cyberattaque et que nos données biométriques sont volées, cela devient très critique. On ne peut pas modifier la paume de la main comme on change un mot de passe ! Pour que ce service fonctionne, les données doivent être centralisées, ce qui est différent des solutions biométriques actuelles comme la reconnaissance faciale sur un iPhone. Apple n’enregistre (pour le moment) pas ces données, elles sont uniquement conservées localement sur le téléphone.

Un bracelet pour analyser notre voix et notre corps

Halo, c’est le petit nom donné à ce nouveau bracelet connecté (encore un !). Parmi les nombreuses fonctions, il est équipé de micros pour enregistrer vos conversations. Il vous informe ainsi sur le ton de votre voix lorsque vous communiquez avec d’autres personnes. Les algorithmes d’intelligence artificielle vous indiquent ensuite si vous êtes joyeux ou bouleversés…la petite voix qu’on a normalement dans notre tête provient maintenant de notre poignet. Le bracelet est également fourni avec une application qui scanne votre corps en 3D pour calculer votre masse graisseuse et ensuite vous aider à réduire votre surpoids. Pour vous motiver, l’application montre à quoi votre corps pourrait ressembler après quelques séances d’entrainements physiques.

Est-ce qu’on veut vraiment qu’Amazon mesure notre état physique et émotionnel ? Même si Amazon indique que tous les enregistrements et les photos sont effacés, il va quand même en connaître encore plus sur nous, notre personnalité et notre condition physique. Et si Amazon lance ensuite un produit d’assurance ou effectue un partenariat avec des assurances maladie, que va-t-il se passer ?

 Amazon nous connaîtra mieux que nous-même

Ces trois produits amènent une nouvelle dimension à la transition numérique : ils combinent les données de notre monde physique (dans ce cas notre habitat), nos informations biométriques et nos actions dans le monde digital. Avec ces nouveaux « Big data » combinés, les géants de la Tech vont nous connaîtrons mieux que nous. L’historien Yuval Harari avait déjà, il y a quelque temps, mis en garde contre cette évolution, avec un exemple très parlant : une entreprise comme Amazon pourra identifier qu’une personne est homosexuelle avant qu’elle le réalise elle-même…avec le risque que cette information tombe entre les mains de gouvernements totalitaires où cette orientation sexuelle est condamnée.

En attendant une éventuelle réaction plus globale du politique, il va falloir que chacun de nous, comme consommateur, analyse ces nouveaux produits de manière critique. Si l’on reprend l’exemple du paiement avec la paume de sa main : est-ce qu’il est souhaitable de créer un mot de passe qui fait partie de notre corps ? Les avantages sont-ils suffisamment grands par rapport au risque ? De nombreuses alternatives existent et fonctionnent très bien, comme le paiement sans contact par RFID proposé par les émetteurs de carte de crédit. Il est donc préférable de ne pas utiliser un tel système biométrique.

La crise sanitaire a rendu ces entreprises technologiques encore plus puissantes (Amazon annonçait fin juillet un bénéfice net de $5.2 milliards sur 3 mois, le double du profit sur la même période l’année dernière). Elles vont donc pouvoir nous « inonder » d’innovation, en se concentrant probablement sur nos données de santé, le nouvel eldorado pour accroître leur pouvoir. Il va donc falloir être prudent, ces nouveaux produits deviennent très intrusifs pour notre sphère privée.

Amazon Ring Always Home Cam :

Amazon One

Amazon Halo