Faire chanter les algorithmes, le futur de l’industrie musicale

Entrer sur scène et chanter avec la voix d’un artiste connu ou faire un duo avec un autre chanteur sans qu’il soit présent, Holly Herndon vient de le démonter il y a quelques semaines.

Dans le futur, vous pourrez écrire vos propres chansons et les faire interpréter par votre musicien favori…éventuellement sans le lui demander. Comme artiste, vous pourrez être présent dans plusieurs milliers de groupes, à chanter dans des langues différentes.

Holly Herndon a créé Holly+, son clone vocal entrainé par une intelligence artificielle. Cette technologie vous permet de chanter avec sa voix. Elle est venue récemment la présenter sur scène, dans le cadre d’un TED Talk, une série de conférences dont le slogan est « des idées qui valent la peine d’être propagées »: un musicien chante d’abord dans un premier microphone avec sa propre voix puis, au travers d’un deuxième microphone connecté à Holly+, avec la voix de Holly Herndon. Il chante ensuite dans les deux micros en même temps, donnant l’impression de faire un duo avec Holly Herndon.

Comment gérer les droits et l’utilisation des données d’entrainement de cette intelligence artificielle ?

Holly+ est disponible en libre accès, permettant ainsi à des artistes de créer de la musique avec Holly Herndon en utilisant son clone vocal. Elle souhaite avec son travail montrer les opportunités d’utiliser cette intelligence artificielle, pour élargir le champ de créativité en multipliant les collaborations. Mais cette initiative a également comme objectif de présenter les risques : avec cette solution, des entreprises pourront commercialiser une chanson en utilisant la voix d’un artiste qui n’aura pas forcément accepté d’être présent sur ce titre, si ces droits ne sont pas protégés.

La question de la propriété et de l’utilisation des données d’entrainement est donc un enjeu important pour le futur de l’industrie musicale. Les artistes devront faire attention de ne pas signer de contrats qui leur feront perdre le contrôle sur l’utilisation de leurs enregistrements.

L’industrie musicale a déjà dû se réinventer avec l’arrivée des plateformes de streaming. En attendant de voir comment les artistes vont s’organiser pour gérer cette nouvelle disruption technologique, je vous propose de passer les neuf prochaines minutes à visionner ce Ted Talk pour vous projeter dans ce futur.

(3) What if You Could Sing in Your Favorite Musician’s Voice? | Holly Herndon | TED – YouTube

Les changements climatiques en image

On n’a jamais passé autant de temps sur internet. Selon les derniers chiffres de Datareportal, la moyenne mondiale est de 7 heures par jour, soit environ 40% de notre temps éveillé. Les entreprises comme Google et Facebook redoublent d’ingéniosité pour capter notre attention et monétiser notre temps en revenu publicitaire. Elles nous proposent des contenus que leurs algorithmes ont définis comme pertinents pour nous. La recherche d’informations intéressantes est également devenue compliquée, car noyée sous un flux constant et gigantesque d’informations. Chaque minute, 5.7 millions de vidéos sont regardés sur YouTube (qui appartient à Google) et 69’000 photos sont rajoutées sur Instragram (qui appartient à Facebook).

Alors que la consommation d’images a explosé, un site propose une base de données de photographies mettant en évidence les changements climatiques. Le concept, présenter des images en libre accès, authentiques et crédibles, mettent l’humain au centre en montrant de vraies personnes en situation. Ces images racontent toutes une histoire et elles sont accompagnées d’un texte explicatif.

Comme une image veut mille mots, plutôt que de continuer d’écrire, voici ma sélection de trois photographies qui m’ont inspiré, notamment par l’esprit de résilience qu’elles véhiculent :

Crédit : Abir Abdullah / Climate Visuals Countdown
Des élèves posent pour une photo de groupe après la fin des cours devant la Horondarpur Boat School, à Faridpur au Bangladesh le 4 janvier 2016. Un tiers du pays est inondé chaque année. Selon un groupe d’experts, 17 % des terres seront perdues au profit de la mer d’ici 2050, ce qui entraînera 20 millions de réfugiés climatiques. Shidhulai gère une flotte d’écoles flottantes, de bibliothèques, de dispensaires, d’ateliers solaires et de centres de formation flottants avec accès à l’internet sans fil, au service de près de 97 000 familles dans des régions exposées aux inondations. Les bateaux eux-mêmes sont équipés de panneaux solaires qui alimentent les ordinateurs, les lumières et les équipements médicaux.
Crédit: Maurizio Di Pietro / Climate Visuals Countdown
Deux hommes chargent des panneaux solaires sur un bateau. Une épidémie de choléra a touché le village de Longech au Kenya et les pêcheurs ne sont plus autorisés à pêcher en raison du risque de contamination. De nombreuses personnes ont décidé de chercher d’autres moyens pour vivre. Au Kenya, seulement 14% de la population a accès à l’électricité, les panneaux solaires sont donc une ressource précieuse.
Crédit: Turpin Samuel / Climate Visuals Countdown
Qeqertaq Arnatassiaq et Niels Molgard poussent un iceberg avec leur bateau pour qu’il n’entraîne pas leurs filets de pêche. De plus en plus d’icebergs se détachent des glaciers en raison du réchauffement climatique. Ces icebergs dérivent et entraînent avec eux les filets des pêcheurs. Au Groenland, le secteur de la pêche représente 90 % de ses exportations et constitue le principal moyen de subsistance de la population rurale. Ces pêcheurs ont peu de possibilités de reconversion si cette activité venait à disparaître.

Une base de données remplie de photographies pour passer une partie de nos 7 heures de connexion quotidienne à saisir les effets à la fois globaux, mais avec des conséquences locales très fortes des changements climatiques dans les différentes régions du monde. Voyager au travers de ces belles images pour nous donner envie de nous reconnecter à la nature et la préserver, à notre échelle. La base de données est accessible à l’adresse suivante : https://climatevisuals.org/collections/

 

Qui fait les paris technologiques permettant d’inventer la mobilité du futur ?

Qui aurait misé sur l’essor des voitures électriques il y a 10 ans ? Le nom de Tesla vient immédiatement à l’esprit, mais ce n’est pas la seule entreprise qui a fait le pari de la mobilité électrique. En terre vaudoise, la société Green Motion a également été une des pionnières dans ce secteur, en développant des bornes de recharge électrique. La première installation a été mise en place sur le campus de l’EPFL alors qu’il n’y avait encore que 48 véhicules électriques en circulation en Suisse. Cette année, environ 110’000 voitures purement électriques sont immatriculées selon l’office fédéral de la statistique. Le 8 juin dernier, le Parlement européen a entériné la fin du moteur thermique sur son territoire en interdisant la vente de voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035.

Dans le cadre d’une série d’ateliers « Tech4growth » sur la collaboration entre start-up et grandes entreprises, le fondateur de Green Motion est venu présenter le rachat récent de sa société par un grand groupe.

Les paris technologiques de demain sont faits par des start-up

Ce sont des entreprises nouvellement créées qui font les grands partis technologiques de demain. Les sociétés établies sont dans l’incapacité de lancer de tels projets : elles craignent de cannibaliser leur revenu actuel, elle manque le plus souvent de vision et leurs processus éliminent toute prise de risque élevée.

Cependant, le rôle de la grande entreprise devient important quand il s’agit de déployer à large échelle les produits développés par les start-up. C’est la raison pour laquelle Green Motion a été rachetée dernièrement par Eaton, société leader dans les solutions de gestion de l’énergie, dont le siège européen est basé à Morges. Avec ce rachat, Green Motion bénéficie d’un réseau de distribution mondiale. Sans cette acquisition, la mise en place d’un tel réseau aurait pris des années.

Un chemin semé d’embûches nécessitant de constamment adapter son modèle d’affaires

Pour réussir un tel pari, il faut être capable d’adapter son modèle d’affaires et prendre des décisions courageuses. La vente de bornes de recharge électrique ne décollant pas, Green Motion a pris la décision en 2016 de développer son propre réseau de bornes en lançant evpass. En finançant l’infrastructure de recharges, Green Motion a ainsi pu créer le plus grand réseau de bornes de recharge publiques en suisse.

L’entreprise a aussi compris que pour augmenter l’adoption de son produit, un des éléments essentiels était la connectivité. Connaître en tout temps l’état de la borne, la gérer à distance et la connecter aux différents systèmes de paiement ont été au cœur du développement logiciel. Cela a d’ailleurs facilité le rapprochement avec Eaton. En effet, l’activité principale d’Eaton consiste à interconnecter différentes solutions pour mieux gérer la consommation d’énergie. Avec cette acquisition, il sera possible d’intégrer ces bornes connectées dans la gestion globale du système énergétique d’un bâtiment. On pourra par exemple utiliser les batteries d’une voiture électrique pour stocker l’énergie solaire produite sur les toits lorsqu’elle n’est pas consommée instantanément pas les résidents du bâtiment.

Le prochain pari technologique pour continuer à révolution la mobilité

Green Motion étant maintenant intégrée dans une grande structure, va-t-elle continuer à être pionnière dans le développement de la mobilité du futur ? Son fondateur s’est lancé dans un autre pari technologique, celui de proposer des bornes de recharge pour les avions électriques. Ce projet a été inspiré par l’aventure SolarStratos, dont l’objectif est de faire voler un avion électrique solaire dans la stratosphère. Et si la formule du succès pour accélérer la transition énergétique était de combiner :

Un aventurier qui veut réaliser ce qui semble impossible

+

Un entrepreneur convaincu de pouvoir développer une solution commerciale rentable

+

Une grande entreprise qui a les moyens de maximiser l’impact

La guerre en Ukraine visible depuis l’espace…et observable par tous

Le 24 février à trois heures du matin, un groupe de chercheurs a détecté bien avant les annonces officielles le début de la guerre en Ukraine : Google Maps indiquait un trafic perturbé entre la ville de Belgorod et la frontière ukrainienne. Ces 40 kilomètres de ralentissements étaient causés par le mouvement des troupes russes en direction de l’Ukraine.

Les chercheurs observaient cette zone car des images radar avaient montré que l’armée russe s’était positionnée en colonne le long de la route. Ces images indiquaient une formation différente d’une troupe à l’arrêt, installée pour camper plusieurs jours. Ayant constaté ces différences, les chercheurs ont alors observé le trafic visible sur Google Maps et ils ont découvert un embouteillage causé par le mouvement de ces véhicules russes en direction de la frontière. Ces déplacements de chars empêchaient les habitants de la région de circuler normalement et les GPS de leurs téléphones portables ont remonté automatiquement l’information sur l’application de Google.

Cette observation a été immédiatement communiquée par un tweet du professeur Jeffrey Lewis, membre de ce groupe de recherche du Middlebury Institute of International Studies en Californie.

La combinaison de plusieurs données ouvertes permet de montrer la situation sur le champ de bataille

La terre est en permanence photographiée par des centaines de satellites. La résolution est de plus en plus grande et les nouveaux satellites équipés de technologies radars peuvent même observer la terre lors de conditions météorologiques défavorables avec d’épais nuages.

Ces technologies de pointe ne sont plus uniquement accessibles par les gouvernements. Ce sont des sociétés privées qui opèrent ces satellites et qui commercialisent les images. Les outils d’analyse sont également disponibles pour tous. C’est ce qui a permis à ce groupe de chercheurs de publier cette information sur les réseaux sociaux. Cet institut travaille depuis quelques années sur l’analyse de ces données satellites appelées « Synthetic Aperture Radar » (SAR). Cette nouvelle génération de satellites permet d’observer la terre de nuit et sous les nuages : ils émettent des ondes radar et mesurent ensuite les signaux réfléchis en retour, principe similaire à celui utilisé par les chauves-souris pour voler dans le noir.

Ces images satellites peuvent être combinées avec d’autres données. Les réseaux sociaux sont une source importante d’informations au travers des images, vidéos et textes postés par la population. Les mouvements aériens sont aussi accessibles grâce à des réseaux communautaires d’antennes radio qui captent les signaux émis par les transpondeurs des avions. Cette approche de renseignement s’appelle « l’Open Source Intelligence » ou renseignement de sources ouvertes en français.

Une nouvelle arme pour montrer la vérité

Ces nouvelles techniques de renseignements posent certaines questions :

  • Quel est le rôle de ces chercheurs ? Leurs actions les mettent dans une situation inconfortable, ils deviennent impliqués dans cette guerre ;
  • Faut-il continuer à fournir ces données lors d’un conflit ? Les informations libres peuvent être utilisées par les deux camps et nuire à la population. Récemment, Google a par exemple décidé de bloquer certains services de Google Maps sur le territoire ukrainien ;
  • Pour les entreprises qui vendent ces données, il y a des conflits d’intérêts. Faut-il honorer un contrat avec un gouvernement qui en attaque un autre ? Si une société décide de prendre position pour une des parties, risque-t-elle d’être attaquée par l’autre ? L’armée russe ayant notamment les moyens de détruire des satellites.

Cette guerre est aussi une guerre de communication, avec la diffusion de désinformations et de « fake news ». Faire appel à ces technologies pour observer la réalité sur le terrain est une « arme » efficace pour montrer la vérité. En espérant qu’au final l’utilisation de ces outils permette d’arriver à une résolution plus rapide du conflit.

 

Image des troupes russes prise par Capella Space et le Middlebury Institute of International Studies à la frontière ukrainienne :

Peut-on créer une intelligence artificielle qui distingue le bien du mal ?

Nous interagissons, de plus en plus, parfois sans nous en rendre compte avec des agents conversationnels, chatbots en anglais. Pour les rendre plus humains, ils portent souvent un prénom. Les plus connus, Siri d’Apple et Alexa d’Amazon. On échange avec eux de deux manières, soit en leur posant des questions par écrit, soit en leur parlant, si ce sont des assistants vocaux. Leur utilisation est en forte croissance. 147 millions d’assistants vocaux ont été vendus en 2019 selon Strategy Analytics. Cela représente une croissance de 70% par rapport à 2018.

La confidentialité des données est cependant un frein à leur adoption. Selon un sondage de Voicebot.ai de 2020, 53% des personnes interrogées sont préoccupées par le risque de voir leurs données utilisées ou vendues par les entreprises qui fournissent ces solutions.

Le deuxième problème tout aussi important est les biais et l’immoralité que peuvent avoir ces agents conversationnels. Au départ, ces solutions étaient utilisées de façon très restreinte, par exemple dans un centre d’appels pour poser des questions simples afin de faciliter le triage et mettre le client en contact avec la bonne personne pour résoudre son problème. Cependant, les chatbots deviennent de plus en plus sophistiqués et ils sont capables de répondre à des questions complexes. Imaginez que demain Zoom ou Teams vous proposent, lors de votre vidéo-conférence, d’utiliser un agent conversationnel qui traduira en simultané les propos de votre interlocuteur dans votre langue. Est-ce que ce robot algorithmique devra s’abstenir de faire la traduction si les propos de votre interlocuteur sont racistes ou offensants ?

Avant de répondre à cette question, il faut savoir s’il est possible de créer une intelligence artificielle capable de faire des jugements moraux.

Développer une « machine éthique »

C’est le défi de recherche lancé par Allen Institute for AI , qui a mis en ligne en octobre dernier un prototype dans le but de comprendre les limites actuelles des algorithmes de traitement automatique du langage naturel et d’ouvrir de nouveaux axes de recherche sur ce sujet. Les questions sont notamment :

  • Quels types de principes éthiques et moraux une machine peut-elle apprendre lorsqu’on l’entraine ?
  • Comment peut-on identifier des normes génériques acceptées par une majorité de personnes sur la base de millions de données collectées ?
  • Comment peut-on définir des principes qui prennent en compte la diversité culturelle, idéologique et sociale ?

L’institut a, dans un premier temps, construit une base de données de 1,7 million d’exemples de jugements éthiques effectués par des gens. Ces informations ont été utilisées pour entrainer leur intelligence artificielle. On peut interagir avec elle par écrit, en lui posant des questions. Comme tout chabot qui se respecte, elle a aussi été baptisée, elle s’appelle Delphi.

Le résultat est loin d’être parfait et il dépend également beaucoup des données d’entrainement utilisées. Les paramètres de « moralité » proviennent du jugement de millions de travailleurs américains instruits pour cette tâche et qui l’ont effectuée entre 2020 et 2021. Ces paramètres reflètent donc une norme spécifique à une population dans la période actuelle et elle ne peut pas être généralisée. L’objectif était d’avoir un prototype de recherche et non pas une application commerciale.

Ce projet permet d’ouvrir le débat et il démontre que des systèmes qui ne sont pas entrainés pour raisonner de manière éthique ou morale acquièrent de manière implicite des principes de moralité qui sont biaisés et parfois nocifs.

Ayant testé Delphi, je trouve déjà le résultat intéressant car elle distingue certaines nuances :

  • Est-ce que c’est acceptable si je manipule le lecteur en me référant intentionnellement à des informations fausses dans mes articles ? C’est mal
  • Est-ce que c’est acceptable si je manipule le lecteur en me référant accidentellement à des informations fausses dans mes articles ? Ce n’est pas okay

Et comme l’humain, il est en constante évolution. Dans la dernière mise à jour, il a appris à répondre « ce n’est pas clair » s’il a une hésitation sur la réponse à donner.

Vers une généralisation des agents conversationnels

Les chatbots devenant omniprésents dans nos vies, il est important de comprendre les enjeux. Le développement technologique de ce qu’on appelle les « Large Language Models » est très rapide. On reproche souvent à ces assistants de résoudre des problèmes très spécifiques, mais cela va changer et l’implication sur nos vies est encore difficile à saisir. Contrairement au GPS et aux technologies de géolocalisation qui sont maintenant partout, mais pour lesquelles nous connaissons bien les risques comme l’illustre la caricature ci-dessous publiée dans le New Yorker, les chatbots, qu’ils s’appellent Alexa ou Delphi restent encore bien mystérieux. Ils rentrent cependant dans notre quotidien par de multiples canaux : le dernier rapport de Voicebot.ai indique que 127 millions d’Américains utilisent un assistant vocal dans leur voiture. Sans pouvoir maîtriser les principes moraux qu’ils acquièrent, il devient dangereux d’être assisté par ces machines.

Assistant biométrique, de Big Brother à Big Mother

Vous prenez l’avion dans quelques jours. Pour simplifier les démarches, imaginez que vous activez un assistant biométrique à reconnaissance faciale : après avoir scanné votre carte d’identité et enregistré votre profil biométrique du visage sur une application mobile, vous pouvez ensuite vous rendre à l’aéroport et être identifié à chaque étape uniquement en restant quelques secondes devant une caméra. Vous déposez ainsi vos bagages, passez le contrôle de sécurité et finalement rentrez dans l’avion sans présenter aucun document et en évitant les files d’attente. En complément à ce service d’identification, cet assistant numérique vous permet également de réserver une place de parc et de vous guider depuis votre maison jusqu’au terminal, en optimisant votre temps de voyage.

Ce service existe déjà près de chez vous, il s’appelle Mona et il est proposé par Vinci à l’aéroport de Lyon, comme l’illustre la vidéo à la fin de mon article.

 J’ai découvert cette solution il y a quelques semaines en participant au jury du concours Le Meilleur du Web. Ce concept développé par l’agence Atipik a gagné dans la catégorie Technologie. La solution technique est très bien implémentée, connectée à tout un écosystème pour simplifier la vie du client. Cependant, cet assistant biométrique pose beaucoup de questions sur le déploiement massif de ces technologies de reconnaissances faciales.

Mona m’a d’ailleurs immédiatement fait penser au lancement en octobre dernier de Face Pay, le système de paiement par reconnaissance faciale du métro de Moscou. Les six millions de passagers quotidiens peuvent maintenant prendre le métro sans utiliser de ticket ou de carte à l’entrée. Une caméra capture leur visage et le compare avec une base de données, afin d’effectuer le paiement de manière automatique et en quelques secondes. Dans ce cas également, l’objectif affiché est de désengorger les stations et de fluidifier votre parcours.

Des caméras « dopées » à l’intelligence artificielle

La reconnaissance faciale est présente dans les films de science-fiction depuis des décennies. Elle s’impose aujourd’hui comme la mesure biométrique la plus utilisée grâce aux développements des techniques d’intelligence artificielle et l’accès à des milliards de données d’entrainements de visages, facilement accessible sur internet. Selon le NIST, l’organisation américaine des standards et normes, la précision des logiciels de reconnaissance a été multipliée par 50 en l’espace de 6 ans, avec un taux d’erreur de 0.08% mesuré en 2020. Les algorithmes s’auto-améliorent en permanence.

Le débat s’oriente souvent sur les risques que l’algorithme se trompe, mais la fiabilité est de plus en plus grande et les meilleurs algorithmes n’ont plus de biais démographiques. La question est plutôt : est-ce qu’on veut banaliser cette technologie et la diffuser partout dans la sphère publique avec toutes les dérives possibles de les utiliser à des fins de surveillance ? Dans la ville de demain, est-ce que l’anonymat va disparaitre ?

De la promesse de fluidifier nos déplacements aux dérives de la surveillance de masse

L’écrivain de science-fiction Alain Damasio résume bien la situation : « La technologie ce n’est plus Big Brother, c’est Big Mother, il s’agit d’un pouvoir maternant, couvant, qui anticipe et répond à nos besoins ».

En effet, on justifie l’utilisation de ces technologies pour simplifier notre quotidien, notamment dans nos déplacements. Mais les risques de dérives sont élevés. Faut-il alors s’en passer ou plutôt essayer de l’encadrer ? Le World Economic Forum travaille depuis quelques années sur la question, pour définir une utilisation responsable des technologies de reconnaissance faciale en fonction des applications.

Il sera intéressant de suivre le débat et de voir comment le cadre législatif va évoluer. En attendant, il me semble judicieux de s’abstenir d’utiliser de tels systèmes, surtout si l’on n’est pas sûr de savoir où se trouvent nos données biométriques. Contrairement à un mot de passe, il est plus difficile de changer de visage si le système d’authentification a été corrompu ou utilisé dans un autre but que celui voulu.

La ville de demain : tous en e-bike connecté

Je commence une série d’articles qui décrypte de nouveaux modèles d’affaires innovants qui vont permettre de façonner la ville de demain. Commençons ce chemin à vélo électrique.

Imaginez que vous venez d’acheter un e-bike et qu’après quelques semaines d’utilisation, celui-ci soit volé. Aucun souci, l’entreprise qui vous l’a vendu s’occupe de tout : elle traque le voleur et si elle ne le retrouve pas, elle remplace votre vélo par un nouveau. Ce service s’appelle « Peace of Mind » littéralement tranquillité d’esprit.

Cette solution est proposée par VanMoof, une entreprise néerlandaise qui vient de finaliser un nouveau tour de financement de $128 millions dans l’objectif de passer de 200’000 vélos vendus à 10 millions d’utilisateurs dans les cinq prochaines années. Pour y arriver, elle ne se limite pas à la création de nouveaux modèles de vélos, elle réinvente également le modèle d’affaires, en proposant de nouveaux services.

Le risque de vol, un frein à l’achat d’un vélo haut de gamme

Le vol de vélos est un fléau qui n’épargne aucune ville. Sachant qu’un vélo de VanMoof coûte plus de 2000 CHF, nous sommes nombreux à hésiter à investir un tel montant. Afin de résoudre ce problème, l’entreprise a intégré une solution de géolocalisation pour pouvoir localiser votre vélo en tout temps. Elle a mis en place un réseau de « chasseurs de vélos », les bike hunters, qui se lancent à la recherche de votre vélo s’il a été dérobé. Il vous suffit de signaler le vol sur l’application mobile et des chasseurs de vélos se mettront au travail. Si après deux semaines ils ne l’ont pas retrouvé, VanMoof remplacera votre vélo par un autre dans un état équivalent.

Proposer une maintenance proactive

C’est toujours compliqué de savoir à quel moment il est judicieux de contrôler les freins ou de faire remplacer la chaine. Comme votre vélo électrique est connecté et équipé de capteurs, l’application mesure en permanence les distances parcourues et vous invite à faire un contrôle au moment opportun. Le but est d’anticiper les problèmes en effectuant des contrôles préventifs basés sur votre utilisation. Ce service s’appelle « Entretien » et il est mis en œuvre en développant un réseau de « Bike Doctors » qui s’occupe de maintenir votre vélo dans un état optimal.

Vers une économie du partage

Votre vélo VanMoof se « pilote » avec une application mobile. Vous souhaitez partager votre vélo avec un ami, vous pouvez l’inviter par email à se connecter sur l’application et lui donner l’accès, en choisissant la durée d’utilisation. Si vous êtes inquiets pour votre vélo, vous pouvez en tout temps le localiser.

Faire du vélo le moyen de transport par défaut

On observe une combinaison de plusieurs facteurs : nous devons adapter notre mode de déplacement pour réduire notre empreinte carbone. Les villes investissent dans l’aménagement de nouvelles pistes cyclables et elles renforcent la sécurité des cyclistes. Nous avons accès à une nouvelle génération de vélos connectés intégrant de nouveaux services. En conséquence, dans la ville de demain, on circulera autrement. Faire du vélo le moyen de transport par défaut dans le monde entier est d’ailleurs la mission que s’est fixée l’entreprise VanMoof.

 

Comment devenir plus résilient ?

La période actuelle est propice au développement personnel. La résilience fait partie des termes qui reviennent régulièrement, à la fois dans le contexte des villes, des entreprises mais également du point de vue individuel.

La résilience est notre capacité à faire face aux crises et aux défis de la vie quotidienne à l’aide de nos ressources personnelles et sociales et à les utiliser comme une opportunité de développement. Plus simplement, c’est notre capacité à rebondir selon l’origine latine « resilire ».

Ayant dernièrement suivi un cours sur le sujet, je souhaite partager quelques idées pratiques intéressantes.

Pour renforcer sa résilience, on peut travailler sur 8 facteurs représentés sur la roue de la résilience que je vous mets en référence en bas de l’article. Ces facteurs peuvent être regroupés en quatre axes :

  • Donner une direction : optimisme et orientation vers l’avenir
  • Maintenir un équilibre : pleine conscience et créativité
  • Être dans l’action : orientation solution et responsabilité
  • S’appuyer sur ses relations : orientation réseau social et acceptation

Commencer par identifier les facteurs importants pour soi

« Puisqu’on ne peut pas changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter ses voiles », Aristote. Cette citation utilisée par la formatrice Mélanie Hindi m’a fait réaliser que sur la base de cette roue, il fallait se concentrer sur l’essentiel et identifier ce qui avait le plus d’impact pour soi.

En effet, lorsqu’on navigue sur un voilier, on a plusieurs cordages qui nous permettent d’ajuster sa voile, par exemple le hale-bas, la bordure et l’écoute. Tous les réglages n’ont pas le même impact. L’écoute, qui permet de régler l’angle de la voile par rapport au vent est essentielle : en cas de rafales, c’est l’élément qui vous permet d’éviter de chavirer.

Par analogie, quels sont donc les facteurs essentiels sur la roue de la résilience qu’il faut actionner pour affronter la perturbation actuelle ?

Se focaliser sur son niveau d’énergie

Parmi les outils présentés, le « tonneau d’énergie » qui consiste à gérer son niveau d’énergie me semble indispensable. Cet outil intègre à la fois la notion d’optimisme, de pleine conscience et l’orientation solution.

L’objectif est de recharger et entretenir ses sources d’énergie. On s’assure chaque jour qu’on effectue des activités qui nous ressourcent et on « cultive » les émotions positives.  Par exemple en tenant un journal des expériences positives ou en prenant des pauses régulières pour respirer profondément et identifier les aspects positifs de l’instant présent.

En même temps qu’on s’occupe à entretenir son énergie positive, il faut aussi travailler sur les « voleurs d’énergies ». Tout d’abord, il est important de les identifier. On peut ensuite les catégoriser entre les problèmes que l’on ne peut pas changer et ceux que l’on peut contrôler ou au moins influencer. L’idée est de se focaliser sur ce qui est contrôlable pour y trouver des solutions. Il faut aussi accepter ce que l’on ne peut pas changer. Pour accepter les éléments frustrants sur lesquels nous n’avons pas d’influence, un ancrage avec un geste physique peut aider à lâcher prise : imaginer avoir l’objet de votre frustration dans la paume de vos mains et balancer alternativement vos deux mains par-dessus vos épaules.

Apprendre à ajuster sa voile

Cette pandémie qui affecte de nombreux aspects de notre quotidien est donc une opportunité d’apprendre de nouvelles techniques pour « naviguer » plus sereinement dans notre vie en évitant de se retrouver face au vent. Essayer de maintenir un niveau d’énergie élevé me semble être important pour affronter les défis du quotidien.

J’espère que ces idées vous inspireront à explorer d’autres éléments qui peuvent vous aider à renforcer votre force mentale. N’hésitez pas à partager vos connaissances en postant un commentaire. On deviendra ainsi collectivement plus résilient.

Source : Resilienz Zentrum Schweiz

Trois changements à effectuer lorsqu’on va retourner au bureau

Depuis maintenant plusieurs semaines, si nos activités le permettent, nous travaillons à 100% depuis notre salon (parfois aussi dans la cuisine comme je l’observe lors de certaines conférences). Cette solution nous permet de réduire les risques d’attraper le coronavirus, cependant, en passant des heures en vidéo-conférence, on n’échappe pas à un autre effet, la « Zoom fatigue ». Problème auquel des chercheurs de Stanford ont identifié les causes et proposent des moyens simples pour améliorer notre quotidien : arrêter de se regarder (effet miroir), éviter d’observer les participants en gros plan, éteindre parfois la vidéo et écouter sans regarder l’écran.

Cette situation extrême est temporaire et on se réjouit de pouvoir revenir au bureau…parfois.

Certaines entreprises ont décidé d’adapter leur règlement pour proposer une flexibilité complète. C’est le cas de Spotify qui vient d’annoncer le concept « Work from Anywhere » : chaque employé peut décider de travailler tout le temps à la maison, venir tous les jours au bureau ou faire un mixte des deux.

Mais comment décider ? Et surtout, comment faut-il adapter notre manière de travailler si l’on souhaite rester plus souvent chez soi ? Voici trois pistes de réflexion.

Venir au bureau pour l’effet « pause-café »

A la fin de certaines réunions virtuelles, on se retrouve seul devant son écran, frustré, car les problèmes abordés n’ont pas été réglés. En présentiel, l’après-réunion est souvent indispensable. C’est à ce moment, autour d’un café, que les problématiques sont résolues. Une manière de trouver un équilibre entre réunion physique et virtuelle est peut-être de se poser la question de savoir si l’après-réunion est aussi important que la réunion elle-même.

Les bonnes idées apparaissent souvent lors d’échanges informels, au détour d’une conversation de couloir ou en prenant le temps d’aller boire un café avec un collègue. Adapter son agenda les jours où on va au bureau pour s’assurer d’avoir des plages disponibles pour des discussions informelles me semble encore plus important à l’avenir.

Réduire la complexité des activités quotidiennes

Dans un article récent, Howard Yu professeur à l’IMD décrit la caractéristique commune des entreprises qui « aiment le télétravail » :  elles sont dans une recherche constante de réduction de la complexité de leur opération. C’est une condition nécessaire pour pouvoir augmenter durablement son taux de télétravail.

De nombreuses réunions ont lieu pour informer les autres départements de ces activités courantes. Automatiser l’échange d’information et augmenter la transparence sur les projets en cours sont des moyens de réduire les tâches de coordination.

Un exemple : chez swisstopo, la plupart des projets intègrent des développements informatiques. La planification et la priorisation de ces projets s’effectuent maintenant au travers d’un système de gestion de projet accessible à tous. Les utilisateurs documentent directement leurs besoins et un tableau de bord permet de connaître les décisions prises et la date de mise en œuvre.  Cela évite les longues séances de planification trimestrielle, facilite une gestion en continu et permet de réagir plus rapidement aux changements.

Un autre aspect est la création d’interfaces qui permettent de fournir les prestations internes ou externes en mode « self-service ». Swisstopo a par exemple lancé « mySwissMap » pour créer sa carte personnalisée.  Plus besoin d’emporter plusieurs cartes pour partir en randonnée, on commande une carte sur mesure qui contient la zone où l’on souhaite se promener. Pour éviter de rendre le processus complexe, un tel service personnalisé est accessible en ligne. L’utilisateur effectue lui-même la sélection de la zone, le choix du type de carte et fournit l’image de couverture. Le résultat lui est ensuite livré par la poste quelques jours après. Cette nouvelle offre « self-service » doit évidemment s’imbriquer dans le processus de production de cartes standards.

Poursuivre les bonnes pratiques mises en place ces derniers mois

La pandémie nous a permis de développer de nouvelles formes de collaboration qu’il me semble intéressant de conserver. Parmi ces pratiques, de nombreuses entreprises ont incité leurs employés à effectuer des réunions à l’extérieur en marchant. Chez swisstopo, cette mesure a évidemment été accompagnée par la mise en place de cartes qui proposent des parcours en fonction du temps de réunion : une marche de 15 minutes, de 30 minutes et pour ceux qui ont de nombreux sujets à discuter, un parcours de 1h30. Lorsqu’on est en télétravail, on a plutôt tendance à limiter nos déplacements (certes, nous allons régulièrement vers le frigo, mais la distance est plutôt faible même si on y va 10x dans la journée). Sortir faire ces réunions en extérieur permet ainsi de combiner le temps de travail avec un peu d’exercice physique.

Et vous, quels sont les changements que vous avez effectués ces derniers mois dans votre façon de travailler et que vous allez continuer à faire lorsqu’un retour au bureau sera possible ?

Livraison par drone entre Lausanne et Coppet

Eiger, c’est le nom du nouveau-né de la start-up RigiTech. Un drone qui peut transporter des paquets de 3 kg et voler sur une distance de 100 km. Il possède aussi un parachute pour éviter qu’il s’écrase lourdement au sol en cas de problème.

Eiger devrait, dans un futur proche, rapporter votre prise de sang au laboratoire. Plus spécifiquement, si demain vous vous rendez chez votre médecin traitant à Lausanne pour effectuer une prise de sang, votre échantillon sera ensuite envoyé au laboratoire d’analyse central qui se trouve à Coppet par l’intermédiaire de ce drone. Cela réduit les coûts de logistique et c’est plus rapide (il n’y a pour le moment pas d’embouteillage dans le ciel, contrairement à l’autoroute A1 Lausanne-Genève).

Ce scénario correspond à la proposition de valeur de l’entreprise RigiTech. Avec ses partenaires, elle a obtenu des fonds européens (DHI-HERO HealthCare in Robotics) pour pouvoir mettre en place une telle solution en 2021.

Dans une région qui ambitionne d’être une « Drone Valley », avec déjà de nombreuses sociétés actives dans le développement de drones innovants telles que senseFly et Flyability, il me semble intéressant qu’on puisse également être au centre de l’expérimentation de nouveaux services.

Garantir la sécurité de vol

Les drones sont de plus en plus utilisés, notamment dans le domaine de l’agriculture et de la viticulture. On sera probablement de moins en moins surpris lorsqu’on ira faire une promenade dans les vignes et qu’on apercevra un drone comme celui de Aero41. Celui-ci sera occupé à traiter la vigne en y pulvérisant des produits phytosanitaires de manière ciblée. Dans ce type d’application, le drone ne survole pas des espaces où se trouve beaucoup de monde.

Si l’on souhaite maintenant utiliser des drones dans le domaine de la logistique, il va falloir garantir une sécurité très élevée, car ils seront amenés à survoler des zones d’habitation. C’est tout l’enjeu technologique auquel s’attaque la société RigiTech.

Le drone fonctionnant en autopilote, il doit connaître en tout temps sa position. Une redondance entre différents systèmes est nécessaire. En effet, si la position fournie par le GPS est mauvaise (ce qui est assez fréquent en milieu urbain où les bâtiments perturbent la réception des signaux satellites), le drone doit pouvoir se positionner en utilisant le réseau de téléphonie mobile. Lors du décollage et de l’atterrissage, une liaison radio doit être mise en place localement pour assurer une géolocalisation parfaite.

Un opérateur peut à tout moment prendre le contrôle du drone. Cependant, en cas de panne du système de batteries par exemple, le drone doit pouvoir déclencher automatiquement un parachute (système « failsafe »).

Les procédures et mécanismes à mettre en œuvre doivent donc être testés dans des conditions réelles, ce qui est l’objectif de ce projet.

Offrir un territoire d’expérimentation pour concevoir les services du futur

Les défis sont nombreux pour permettre à un tel service de s’établir durablement, ce qui rend d’ailleurs le projet très enthousiasmant. RigiTech, société accompagnée par l’association d’aide aux entrepreneurs Genilem, espère convaincre les autorités publiques de contribuer au projet, notamment en mettant à disposition le terrain adéquat pour permettre le décollage.

Pour pouvoir adapter le cadre réglementaire à ces nouveaux usages de manière adéquate, il est indispensable d’effectuer ce type de projets pilotes. Pour contrôler ce nouveau type de trafic aérien, des mesures ont été mises en place l’année dernière avec la publication de zones dans lesquelles les drones sont interdits. C’est une première contrainte à prendre en compte. En plus, afin d’éviter les zones à forte densité de population, l’idée est d’identifier un lieu de décollage à Lausanne situé sur les rives du lac, proche du métro, pour pouvoir acheminer les échantillons facilement depuis le centre-ville.

En attendant de pouvoir prochainement observer Eiger voler au-dessus du lac Léman, voici une vidéo de vols effectués en fin d’année dernière dans un projet au Portugal. Celle-ci permet de se projeter dans une possible vision du monde dans laquelle nous cohabiterons avec des drones.