Le Nouveau Master SMT, retour sur la conférence du Prof. Bonardi

Le 9 décembre dernier, l’association des Alumni HEC a invité ses membres ainsi que la communauté de HEC Lausanne à une présentation de Enterprise for Society (E4S) par l’ancien Doyen de HEC, le Professeur Jean-Philippe Bonardi.

C’est avec son style dynamique et confiant, bien connu de tous, que le Pr. Bonardi ouvre son intervention visant à présenter Enterprise for Society, et notamment le nouveau programme de Master qui y est offert en Sustainable Management and Technology.

En tant que co-directeur de ce programme dans lequel il est impliqué dès son commencement, le Pr. Bonardi est donc la personne idéale pour nous expliquer les tenants et aboutissants de ce projet majeur.

Ce projet étant maintenant concrétisé, il est même devenu l’un des projets stratégiques de HEC Lausanne. En somme, le programme se base sur trois piliers : la recherche, l’enseignement, et la volonté d’insuffler un changement durable.

 

Le Pr. Bonardi nous offre une première perspective pour comprendre pourquoi et comment ce projet est né, en analysant les différences et similarités qui ont motivé HEC Lausanne, l’EPFL ainsi que l’IMD à unir leurs compétences dans ce projet. Et si les premières sont évidentes, ce sont les similarités qui sont frappantes.

Il est certain que nous nous trouvons à un point de bascule, avec des menaces qui pèsent sur le système, telles que le changement climatique. Alors que les premiers effets se font déjà sentir, on peut imaginer l’immensité de la tâche à laquelle chacune des trois institutions a des réponses à trouver en termes de technologies, leadership et management.

À cela se rajoute que la raison, le cœur même de l’entreprise, a changé. Aujourd’hui, pour qu’une entreprise réussisse, il ne lui suffit plus de faire son métier au mieux dans le but de servir ses actionnaires. Maintenant, elle doit aussi veiller à être durable et servir la société – la mission a donc pris une place centrale.

Afin de réussir ce pivot, les entreprises auront besoin d’une nouvelle génération de managers, de business plans qui sont informés de l’économie de demain, un domaine où l’IMD et HEC Lausanne proposent des compétences intéressantes et complémentaires à l’expertise en ingénierie de l’EPFL.

 

Ainsi, les étudiants du nouveau Master SMT, qui ont étudié auparavant soit l’ingénierie soit le commerce, se trouvent confrontés à une toute nouvelle profession. S’ils peuvent s’appuyer sur leurs compétences mutuelles et leurs spécialisation initiales, le challenge est grand, d’où une admission sélective pour ce programme de Master.

Ce qui est certain, c’est qu’avec cette approche de formation multidisciplinaire, les gradués d’E4S possèderons des compétences-clés uniques qui leur permettront d’élaborer les réponses de demain dont a besoin l’économie d’aujourd’hui.

 

Mais E4S n’est pas qu’un programme de Master, ou du moins, il n’est pas voué à rester juste cela.

Parlant sans doute pour beaucoup, un membre du public note qu’en tant que professionnel en cours de carrière, E4S l’intéresse beaucoup, mais que le programme est évidement destiné à des étudiants. La réponse est que, si en sa première année d’existence, le volet formation se limite au Master, d’autres cursus et notamment certains qui soutiendraient le lifelong learning ne sont pas exclus.

 

Au-delà de la formation et de la recherche, rappelons qu’un des pilier d’E4S est dénommé Inspire change. En effet, dans un monde où la seule chose prévisible est une grande incertitude, l’économie a besoin d’un dialogue afin de pouvoir trouver les réponses aux grandes questions qui se posent à la société, afin de la rendre plus durable, plus juste et plus inclusive.

Alors que l’on peut apercevoir une future nouvelle révolution industrielle avec une importance croissante des réseaux, aucun acteur économique ne peut se permettre de rester statique. Ainsi, de nouvelles institutions telles que E4S sont nécessaires afin d’amener des idées nouvelles dans le dialogue stratégique sur le futur du tissu économique.

 

 

Marius Gobet

Immersion entre les murs de l’université de Lausanne

Etudier à l’université, ce n’est pas uniquement être assis sur des chaises inconfortables à écouter le monologue d’un professeur tout en mettant à jour son compte LinkedIn.

Être étudiant, ce n’est pas uniquement participer au concert de cliquetis émis par les touches des claviers d’ordinateurs dans les auditoires.

L’université, ce n’est pas uniquement un bâtiment dans lequel des cours sont dispensés dans de grands amphithéâtres pleins à craquer.

C’est bien plus que cela.

Cet article a pour vocation de démontrer que l’université n’est pas qu’un centre de formation. Qu’elle est aussi un lieu de rencontre et de découverte ; un lieu de vie. Les personnes ayant arpenté ses couloirs s’en souviennent toute leur vie et pour cause, les années passées à l’université sont mémorables et gravent dans nos esprits des souvenirs inoubliables.

Que vous soyez gymnasien en pleine réflexion quant au choix de votre bachelor ; universitaire habitué de cet établissement ; ou même si cela fait belle lurette que vous n’avez pas mis les pieds dans ce lieu qui a marqué votre jeunesse, les lignes qui suivront vous permettront de vous glisser dans la peau d’un étudiant de l’université de Lausanne afin d’en découvrir tous ses secrets.

L’UNIL en communion avec la nature

L’UNIL a choisi de s’établir dans la ville de Lausanne. Vivante, animée, elle est une authentique métropole. Pourtant, l’université de Lausanne est un petit coin de verdure. Situé à l’extérieur de la ville, il a l’avantage d’être agencé tel un véritable campus. Les bâtiments se côtoient, à maximum quinze minutes de marche les uns des autres, ce qui permet les rencontres entre étudiants de facultés différentes. La distance avec la ville octroie aux étudiants la possibilité de se retrouver entre eux tout en étant préservés des bruits citadins. Il est agréable de pouvoir réviser à l’ombre d’un arbre lorsque l’ambiance de la bibliothèque devient trop pesante à l’approche des examens.

La présence d’espaces verts sur le campus permet la cohabitation des étudiants avec d’autres créatures. Il n’est en effet pas rare, lorsque l’on se balade sur le campus, de rencontrer les fameux moutons de l’UNIL. Ils sont depuis de nombreuses années maintenant, la mascotte officielle de cette université. Et aujourd’hui plus que jamais, puisqu’une bière artisanale, créée par deux anciens étudiants à partir de levure prélevée sur de la laine desdits moutons, a récemment vu le jour.

Les moutons ne sont d’ailleurs pas les seuls animaux que l’on peut croiser. Si vous laissez votre regard se perdre à travers la vitre de la bibliothèque durant vos révisions, vous pourrez avoir la chance d’apercevoir un héron profitant du soleil, vous narguant fièrement.

Dessinés par Manoël Pidoux https://www.instagram.com/explore/tags/lesdessinsdemano/

 

Ses points forts

Non loin de l’UNIL vit une autre institution estudiantine : l’EPFL. Agencée comme une petite ville, elle offre de nombreuses infrastructures et activités. Cette proximité permet aux universitaires de nouer des liens avec les membres de l’Ecole Polytechnique, et de profiter des événements qu’elle propose. Pour n’en citer qu’un, le festival Balélec, qui se déroulera en mai prochain sur le campus de l’EPFL, réunit chaque année des milliers d’étudiants. Plus régulièrement, les membres de l’UNIL, de l’EPFL, ainsi que quiconque s’y intéresse, peuvent venir assister aux expositions qui ont lieu au Swisstech. Moins scientifique, mais non moins chaleureux, le bar de l’EPFL, Satellite, est tout autant fréquenté par des membres de l’université de Lausanne que par ceux de l’Ecole Polytechnique.

L’UNIL a comme grand avantage de se trouver dans la ville de Lausanne. Sans être une mégapole, cette ville offre un large choix d’activités et de lieux idéals pour se détendre après une rude journée de cours. Le métro, qui relie l’université au centre-ville, fait rapidement oublier que l’un et l’autre ne sont pas côte à côte. Il permet aux étudiants de rejoindre la ville en une dizaine de minutes.

Outre la ville, l’université est également voisine du lac, ce qui permet d’occuper les fins de journées estivales d’une manière plutôt plaisante. Le centre sportif de l’UNIL, au pied du lac, offre d’ailleurs un florilège d’activités sportives auxquelles on peut s’adonner tout en jouissant d’une vue imprenable sur l’étendue bleutée.

 

Les meilleurs lieux de l’UNIL

Les Bibliothèques : vous trouverez rarement la bibliothèque d’Internef vide si vous n’êtes pas matinal. Elle est le lieu idéal pour se motiver. L’ambiance studieuse qui y règne vous incite à vous concentrer (pour autant que vous ne cédiez pas à la tentation d’aller à la cafétéria faire une « petite pause » qui a de fortes de chances de s’éterniser bien plus longtemps que ce que vous aviez prévu). Cette bibliothèque aux étagères colorées dispose d’un large choix d’ouvrages économiques et juridiques. De quoi ravir les étudiants en HEC et en Droit pour lesquels le bâtiment Internef est presque leur deuxième maison.

La Banane : une légende raconte que cette bibliothèque s’appellerait en réalité l’Unithèque. Sa forme de banane l’a affublée du nom de ce fruit depuis si longtemps que personne ne se rappelle qu’elle se soit un jour réellement prénommée autrement. Fidèle alliée des étudiants en médecine, elle accueille également les étudiants d’autres facultés à l’approche des fins de semestre. Avec sa vue sur le lac et surtout ses horaires d’ouvertures larges, elle est très vite prise d’assaut en période de révisions.

Les cafétérias : lieux forts propices à la procrastination lorsque vous aviez prévu une journée productive à la bibliothèque, elles sont surtout le théâtre de retrouvailles, de discussions enjouées et de brainstormings de toutes sortes. Elles permettent également de s’accorder une pause bien méritée et de reprendre des forces à l’aide d’un café ou d’une petite part de tarte.

Geopolis : incontestablement le meilleur restaurant du campus. La variété des plats satisfera tout un chacun pour un prix imbattable. La richesse des repas proposés vous fera presque oublier que vous êtes encore à l’université et non dans un restaurant hors du campus.

Anthropole : il faut du temps pour s’habituer à l’architecture atypique de ce bâtiment et ne plus s’y perde. Avec ses escaliers qui s’entrecroisent, l’Anthropole est un peu le Poudlard lausannois. Ces multiples étages, ainsi que ses couloirs qui se ressemblent à s’y méprendre, vous donnent une bonne raison d’arriver en retard en cours en début d’année.

Et enfin Zelig : parfait pour terminer la journée dans une ambiance conviviale, Zelig, le bar de l’UNIL, a enfin réouvert après deux longues années d’absence. Ses canapés, ses baby-foots et son ambiance chaleureuse avaient manqué aux étudiants. Depuis son retour, son absence a vite été pardonnée et il est à nouveau aussi animé qu’auparavant, accueillant chaque jour sa fidèle clientèle à bras ouverts.

 

Pour ne pas être trop nombriliste

Parce que l’université de Lausanne n’est pas la seule qui mérite que l’on fasse son éloge, voici une liste non-exhaustive des points forts d’autres universités suisses, pas si loin de la capitale vaudoise.

L’université de Genève : elle se trouve au cœur de la ville de Genève. Les bâtiments sont dispersés dans la ville, côtoyant ainsi restaurants et magasins. Cette situation offre aux étudiants une proximité inégalable avec la vie citadine, et leur permet de jouir des avantages qu’une grande ville peut offrir.

Son atout principal est son offre de cursus orienté vers l’international. Cela lui permet d’accueillir des étudiants venant de partout, et ainsi de bénéficier d’une grande diversité estudiantine.

L’université de Neuchâtel : l’université de Neuchâtel est quant à elle caractérisée par sa petite taille. Elle permet alors un véritable lien entre professeurs et étudiants ainsi que des cours interactifs. Elle se situe dans la petite ville de Neuchâtel, ce qui offre également aux étudiants un accès facilité aux magasins, cafés et restaurants. Les professeurs se plaisent d’ailleurs à dire que « le campus, c’est la ville. » En plus, de cela, elle est installée à peu de distance du lac, ce qui permet à ses étudiants d’étudier dans un espace naturel, tout en jouissant de la proximité des infrastructures citadines.

L’université de Fribourg : véritable carte postale, la ville de Fribourg accueille une université qui a comme principal atout le plurilinguisme. Son offre de cursus bilingues a une grande renommée et est prisée par bon nombre d’étudiants.

 

Mot de remerciement

Pendant la période de confinement en raison du coronavirus, nous étions tous cloîtrés chez nous, dans l’impossibilité de rejoindre le campus. Cette période a peut-être changé notre rapport à l’université et nous a ouvert les yeux sur sa véritable valeur. Alors oui, il arrive qu’on la maudisse, il arrive que l’on souhaite partir le plus loin possible des obligations qu’elle nous impose et du travail qu’elle nous oblige à fournir. Mais n’oublions pas toutes les aventures que nous pouvons vivre grâce à elle, et tous les souvenirs qu’elle nous crée. Finalement, malgré tout ce qu’on en dit, on l’aime bien, notre université.

 

Clara Seppey

L’intelligence en état de siège

On peut avoir différentes raisons de se lancer dans des études universitaires. Certains le font pour assouvir leurs passions dans un domaine et espérer trouver le métier de leurs rêves, celui qui leur mettait des étoiles dans les yeux étant petit enfant. D’autres le font par simple curiosité intellectuelle. Certains entreprennent courageusement des études pénibles dans l’espoir de trouver un emploi le plus rémunérateur possible. D’autres enfin, et ce sont peut-être les moins nombreux, souhaitent se lancer dans le chemin semé d’embuches mais ô combien passionnant de la recherche scientifique. La tâche du scientifique consiste à explorer, défricher et enfin découvrir. Tout cela dans le noble but de faire progresser le savoir et permettre au mieux à l’humanité de comprendre le monde et s’adapter à sa condition.

Cependant, le monde scientifique est entaché de plusieurs tares de nos jours et certains observateurs affirmeront même que la recherche traverse une crise profonde. L’objectif de cet article sera de permettre de pointer du doigt les errements du monde de la recherche pour mieux les combattre.

Au cours d’un débat, il est un argument d’autorité régulièrement asséné pour tenter de faire mouche auprès de son adversaire. C’est l’argument scientifique. Quasiment aucune discussion un tant soit peu accrochée et véhémente n’y échappe. Si on vous dit que la Science l’affirme, il n’y a pas lieu de discuter plus longtemps puisque « le consensus scientifique » a clos le débat. Et même qu’il serait malheureux de vouloir tenter une audace intellectuelle, auquel cas vous pourriez être affublé des pires qualificatifs et être mis au ban de la société tel un pestiféré, un de ceux qui refusent les Lumières.

Attention au sens des mots

Comme avec beaucoup de choses dans la vie, il est maladroit voire criminel pour l’intelligence de vouloir systématiquement désigner les choses au singulier. Il n’existe pas de Science avec un « S » majuscule. Il y a des sciences et des scientifiques, chacun travaillant dans son domaine de prédilection souvent spécialisé à l’extrême. (Nous reviendrons sur la question de l’hyperspécialisation dans la suite de l’article). Tous ces scientifiques ont évidemment besoin de collaborer entre eux pour faire avancer le savoir. Un géographe spécialisé en océanologie et plus exactement dans les courants marins océaniques aura besoin de connaissances pointues en physique et en chimie notamment, pour comprendre son sujet, et comme personne ne peut emmagasiner tout le savoir du monde, il devra faire appel à des physiciens et chimistes de formation qui partageront leurs savoir entre collègues scientifiques pour faire progresser l’humanité, dans l’idéal de manière désintéressée, vers le meilleur des mondes.

Le terme « consensus scientifique » qui est si souvent asséné lors d’un débat est, pour ainsi dire, un oxymore. Les consensus qui rassembleraient toute la communauté des scientifiques sont très rares voire inexistants, toutes sciences confondues. Toujours est-il que lorsqu’une idée devient dominante, c’est bien le devoir du scientifique de la remettre en question et de la remplacer par une nouvelle définition. Cela doit également être le but de celui-là même qui a contribué à établir le consensus actuel. Toute théorie doit être réfutable, c’est bien là un des fondements de toute méthode scientifique rigoureuse et s’il doit y avoir consensus dans le monde de la science, c’est bien sur la nécessité de la rigueur dans l’application d’une méthodologie quelle qu’elle soit.

A cet égard, une science sera évidemment basée sur des postulats, des axiomes, voire des actes de foi. Par exemple, les physiciens doivent bien se mettre d’accord sur la manière de calculer la force de gravitation. Même si l’on n’est peut-être pas convaincu de l’acuité réelle de cette équation, un consensus est nécessaire momentanément, puisque de cette équation découle tout un tas d’autres résultats. La grande différence est que dans ce cas le consensus est basé sur ce qui est avant tout un postulat de travail et non pas sur une conclusion que l’on affublerait d’un caractère définitif.

La science comme discipline visant à récolter le savoir ne date pas d’hier. L’observation de la nature constitue le fondement de toute démarche scientifique et cela depuis qu’existent des formes de vie dotées d’un cerveau suffisamment performant pour trier l’information, la synthétiser et l’utiliser. Jusqu’au XIXème siècle, la pratique de la science ne concernait qu’une poignée d’individus, environ 115 000 au XIXème siècle. Ces pionniers travaillaient de manière quasiment amateur, avec très peu de moyens. Mais c’est durant ces siècles que les plus grands génies émergèrent et que les progrès les plus significatifs furent faits.

Les sciences se sont vraiment démocratisées durant le XXème siècle. On compte aujourd’hui entre 6 et 7 millions de scientifiques professionnels dans le monde et le montant des dépenses annuelles en matière de recherche et développement (R&D) dépasse les 1 000 milliards de dollars. La recherche fondamentale quant à elle ne représente que 10 % de ce total. Nous voyons que la recherche scientifique et les scientifiques croissent quantitativement de manière considérable, et pourtant les études et découvertes véritablement impactantes se font de plus en plus rares. Quand on voit que durant les siècles passés si peu d’individus avec si peu de moyens ont tant accompli, cela laisse songeur. On peut tenter plusieurs explications à ce sujet : toute les grandes découvertes « faciles » ont déjà été faites puisque partant de rien ou pas grand-chose ; un déclin de l’intelligence et des génies ; un déclin du courage et une propension à se conformer à la doxa limitant l’innovation…

Trois problèmes majeurs

Le milieu de la science est traversé par trois phénomènes majeurs aux répercussions néfastes que nous allons développer : l’institutionnalisation, l’hypercompétition et l’hyperspécialisation.

L’institutionnalisation

Aujourd’hui, la recherche est devenue une véritable institution. Beaucoup d’argent y est investi chaque année et une quantité phénoménale d’études paraissent chaque jour dans des revues spécialisées. C’est devenu une industrie nécessitant des moyens considérables. C’est une évolution récente qui n’a commencé que timidement à partir du XIXème siècle. Avant cela, on ne faisait pas de « la recherche » à proprement parler. En tout cas, ce terme n’avait pas le sens d’une activité professionnelle en tant que telle et se suffisant à elle-même qu’il a pris aujourd’hui.

Nous avons assisté à une taylorisation du monde de la science. Son fonctionnement ressemble beaucoup à celui d’une entreprise commerciale dont les principaux pourvoyeurs sont les instances gouvernementales. Ce mode de fonctionnement est largement inspiré de ce qui s’est passé aux Etats-Unis en 1950 avec la création de la « National Science Foundation » (NSF) qui devînt, essentiellement pour des raisons militaires, le bailleur de fond principal des laboratoires aux Etats-Unis tout en orientant la recherche.

Un laboratoire est composé de différents profils de personnes. On y trouve principalement les laborantins, les doctorants et post-doc ainsi que les chercheurs permanents. Le travail de ces derniers consiste en fait davantage à chercher de l’argent et des fonds. Ils s’occupent également de la publication des papiers de recherche. Ce travail de gestionnaire est souvent mieux rémunéré que celui de chercheurs, ce qui peut généralement encourager les plus jeunes, sortant de leurs études, à bifurquer vers ces postes d’encadrement qui n’est plus vraiment de la recherche scientifique comme on l’a dit, mais bien davantage de la recherche de financement.

Justement, il est important de comprendre comment fonctionne le financement d’un laboratoire. Avant le tournant libéral vers 1979 dans le monde anglo-saxon, les financements accordés aux laboratoires l’étaient sous forme d’allocation par crédit. Cela consistait à allouer contractuellement un crédit aux laboratoires pour une certaine durée. Ces laboratoires pouvaient avec cet argent mener leurs recherches. Une évaluation avait ensuite lieu à la fin du temps de contrat, a posteriori, pour constater du sérieux et de la qualité du travail entrepris. Aucun système n’est parfait, cela dit ce mode de fonctionnement avait le mérite de laisser au plus grand nombre de chercheurs la possibilité d’entreprendre les travaux qu’ils souhaitaient et gagner de la visibilité.

Ce système a été remplacé dès le tournant libéral aux Etats-Unis et dès 2007 dans l’UE avec la création du « Conseil Européen de la Recherche ». Nous sommes passés d’un système d’allocation par crédit à un système d’allocation par projet. Les effets pervers auxquels cela mène peuvent être aisément imaginés. Entre autres, cela inverse le sens des priorités. Les chercheurs ne sont plus évalués sur ce qu’ils ont réellement découvert et produit, a posteriori, mais sur ce qu’ils promettent a priori de produire. Ceux qui font les bonnes promesses reçoivent l’argent et ceux qui ne rentrent pas dans les attentes des financeurs ne reçoivent rien.

Il sera donc réservé à certains d’occuper le haut du panier du monde de la recherche et de produire la doxa scientifique quand d’autres seront laissés impuissants. Le pilotage de la recherche se retrouve davantage entre les mains des agences de financement, bien souvent gouvernementales, et non plus dans les mains des chercheurs. La prise de risque et l’audace intellectuelle n’ont plus leur mot à dire dans un tel environnement.

L’hypercompétition

On se retrouve alors dans un environnement d’hypercompétition car de l’obtention de ces ressources découle la survie d’un chercheur et de son équipe. Il faut publier sans arrêt. « Publish or perish », comme disent les anglo-saxons. La lutte pour le débloquement de fond devient une priorité alors que ceci ne devrait certainement pas être un souci pour un laboratoire dans un environnement sain. La recherche de financement devient chronophage et nul doute que cela déteint sur la qualité des recherches : prise de risque minimum, plagiat et fraude, papiers insignifiants et résultats faux. La massification dans le monde de la science n’est pas synonyme de qualité, loin de là. Il ne faut pas confondre l’hypercompétition avec un environnement de compétition qui, lui, est sain puisqu’il stimule les idées neuves. Nous sommes actuellement enfermés dans un schéma totalement inverse où il est beaucoup plus rassurant de ne pas sortir des sentiers battus et de recycler ce qui a déjà été fait en se limitant d’en changer un peu la forme plutôt que de tenter de défricher des terres encore vierges de la science.

L’hyperspécialisation

En termes économiques, on pourrait parler de taylorisation du monde de la science. On parle d’hyperspécialisation lorsqu’une discipline grandit et se complexifie tellement qu’émergent des sous-disciplines autonomes toujours plus spécialisées et ainsi de suite, ceci potentiellement à l’infini. On se retrouve en bout de chaîne avec la figure macabre de l’expert qui connait tout sur le bout des doigts sur quasiment aucun sujet. Celui-ci s’enfermant dans une parcelle minuscule du savoir scientifique, n’en sortant que timidement. Comme avec l’hypercompétition et la compétition, la spécialisation, contrairement à l’hyperspécialisation, est quelque chose de sain et nécessaire en vue de circonscrire le champ de travail pour que celui-ci ne devienne pas tellement énorme que l’on s’y perdrait. Mais cette circonscription doit être la plus minime possible pour permettre aux scientifiques de communiquer entre eux et de se comprendre car, sans coopération, le savoir est voué à stagner. Les hyperspécialistes seront, quant à eux, autorisés à dire tout et n’importe quoi, n’ayant personne d’autre pour les contredire sur leur champ de spécialisation ultra restreint.

Le règne de la pseudo-science

Tout ce qui a été évoqué dans cet article aboutit à un certain nivellement vers le bas de la recherche scientifique. Les anglo-saxons parlent de « Junk science ». C’est l’épidémiologiste John Ioannidis qui dans un de ses articles « Why Most Published Research Findings Are False » nous mettait en garde en 2005 sur la qualité des papiers publiés. En cause, une difficulté à pouvoir reproduire les expériences mais également à une massification des données, pour la plupart insignifiantes, dans lesquelles il est de plus en plus difficile de faire du tri et de s’y retrouver.

Deux scientifiques canadiens, Funtowicz et Ravetz développèrent le concept de science post-normale. Pour le comprendre, il faut catégoriser le monde de la science en trois familles : les sciences dures (physique, mécanique…), les sciences appliquées (l’architecture…), l’expertise (par exemple un avion s’écrase, nous ferons alors appel à des spécialistes sur la question qui en définiront les causes). Ces catégories sont classées de manière croissante selon deux axes : « Complexité et incertitude » et « Enjeux et risque ». Les sciences dures en l’occurrence sont considérées comme les sciences les moins incertaines et complexes et en même temps où les risques et enjeux sont les moins élevés. Mais quand la complexité et l’incertitude et les enjeux et risque sont tels, nous entrons dans une quatrième catégorie, celui de la science post-normale.

En se basant sur le modèle de ces deux chercheurs canadiens, nous pouvons conclure qu’avec la science post-normale, typiquement le climat, nous sommes sur un terrain tellement difficile à appréhender, faisant entrer en jeu des myriades de paramètres, qu’il pourrait donner l’impression que l’esprit humain n’est tout simplement pas à la hauteur pour cerner cette complexité. Mais en même temps, les enjeux politiques et sociaux sont perçus comme importants, l’alarmisme et le catastrophisme sont donc à leur paroxysme. L’esprit scientifique et la rigueur laissent place à l’émotion et à de la spéculation ressemblant davantage à de l’art divinatoire. Emergent alors des spécialistes autoproclamés (plus assurément des affabulateurs), promus par des agences (inter)gouvernementales pourvoyeuses et orientant fortement la recherche dans une direction, pour nous assurer le salut et guider la masse vers des lendemains qui chantent.

Sadjan Islam

Une tentative d’éclater la bulle universitaire

Il est généralement admis qu’aller à l’université est hautement bénéfique, tant sur le plan financier que sur le plan professionnel. Les étudiants qui liront ceci conviendront probablement que leurs études leur permettront de trouver une bonne carrière et de mener une vie confortable, et c’est ce qui se produira probablement pour la plupart d’entre eux. Néanmoins, certaines théories prétendent que l’enseignement supérieur est dans une bulle. C’est une idée controversée, mais ses partisans avancent des arguments intéressants qui méritent d’être examinés de plus près.

L’un des défenseurs de cette idée est Peter Thiel, le milliardaire cofondateur de PayPal. Il soutient qu’une « vraie bulle, c’est quand quelque chose est surévalué et intensément cru. […] L’éducation est peut-être la seule chose à laquelle les gens croient encore aux États-Unis. Remettre en question l’éducation est vraiment dangereux. C’est le tabou absolu ».

Il est tout à fait possible que l’enseignement supérieur soit dans une bulle. En 1965, 6 millions d’Américains étaient étudiants, et ce chiffre est depuis passé à 20 millions, alors même que les frais d’écolage augmentent à un rythme deux fois plus élevé que l’inflation. De plus, les différences de revenus entre les diplômés et les non-diplômés se réduisent, même si le bénéfice acquis en étudiant à l’université est encore important.

Un diplôme d’études universitaires n’est plus une garantie de succès, car les universités produisent beaucoup plus de diplômés que ce que le marché du travail a à offrir en termes de postes bien rémunérés qui sont généralement occupés par des diplômés. Aux États-Unis, il y a 80’000 barmans et plus de 100’000 concierges titulaires d’un bachelor. Selon le Département du travail américain, 17 millions de diplômés universitaires occupent des emplois qui ne nécessitent pas de diplôme.

Se pourrait-il que l’enseignement supérieur soit davantage axé sur la sécurité et l’exclusivité que sur l’acquisition de nouvelles compétences ? Il y a une promesse implicite qu’en travaillant dur et en allant à l’université, l’avenir est assuré. C’est pourquoi tant d’étudiants accumulent des dettes immenses pour aller à l’université ; ils sont amenés à croire que c’est le seul moyen de réussir. D’ailleurs, 42 millions d’Américains ont maintenant une dette liée à un prêt étudiant, pour un total de 1,7 trillions de dollars. De plus, selon une enquête de PayScale, 27% des diplômés qui ont contracté un prêt étudiant le regrettent.

La question de la dette étudiante a été propulsée au premier plan du discours politique américain par des politiciens démocrates qui appellent le président à annuler toute dette étudiante. Le problème est que les études universitaires sont un choix et la dette qui en résulte est acquise volontairement. Ce n’est pas en faisant fonctionner l’imprimante à billets que le problème disparaîtra ; tout le système de l’enseignement supérieur a besoin d’être repensé.

Richard Vedder, professeur émérite à l’Université de l’Ohio, a publié un article intitulé Twelve Inconvenient Truths about American Higher Education. Il soutient que l’ensemble du système se livre à une inflation des qualifications, où les gens vont à l’école pendant toujours plus d’années simplement pour avoir une chance de trouver des emplois pour lesquels une grande partie de cette éducation est inutile. Étant donné que l’offre de diplômés dépasse de loin ce qui est nécessaire, les employeurs exigent de plus en plus de titres de compétences, simplement parce que cela les aide à réduire la liste des candidats.

L’université est très utile dans la mesure où elle est souvent requise pour de nombreux cheminements de carrière. Cependant, les chiffres montrent clairement qu’il y a un surplus de diplômés et que la dette étudiante est devenue un problème chronique. Il se peut que la génération actuelle d’étudiants considère l’université comme essentielle, en raison de l’influence des générations plus âgées pour lesquelles faire des hautes études était une nécessité absolue pour réussir.

Les faits démontrent que ce modèle est de plus en plus dépassé. Le secteur de la technologie est à l’avant-garde de cette refonte de l’enseignement supérieur. En effet, de nombreuses grandes entreprises comme Google, Apple et IBM ne requièrent plus de diplôme universitaire pour certains postes bien rémunérés. Par exemple, le PDG d’Apple, Tim Cook, a annoncé que la moitié des employés américains embauchés par son entreprise en 2018 n’étaient pas des diplômés.

La Suisse a également connu une augmentation massive des inscriptions à l’université : il y avait 100’000 étudiants en 2000, ce chiffre est désormais passé à 165’000. Il est possible que le marché suisse de l’emploi soit bientôt confronté à une offre excédentaire de jeunes diplômés. Heureusement, la Suisse possède un système d’enseignement supérieur incroyablement diversifié. Les apprentissages sont étroitement contrôlés par les autorités, ce qui garantit le respect des normes rigoureuses fixées pour préserver la qualité de l’enseignement. Les écoles professionnelles constituent une autre source importante d’employés qualifiés qui acquièrent des compétences concrètes pour répondre à une forte demande.

D’autres pays devraient suivre le modèle suisse s’ils souhaitent résoudre certains de leurs problèmes d’enseignement supérieur. L’université ne doit plus être considérée comme le seul moyen de trouver un bon emploi. La clé est d’offrir des alternatives qui fournissent des compétences qui, à leur tour, offrent de grandes opportunités d’emploi. Cela réduirait le besoin d’endettement étudiant et apporterait une certaine diversité bien nécessaire sur le marché du travail.

Léon Eversham

En attendant la reprise présentielle, adaptons-nous

« En tant que Rectrice, je peux aussi vous assurer que la Direction fait tout pour assurer la continuité de l’institution et la poursuite de l’enseignement. (…) Des mesures ont été mises en place pour l’enseignement à distance. Les services et les facultés travaillent d’arrache-pied pour arriver à couvrir tous les besoins. Cela prendra encore un peu de temps, je vous remercie déjà de votre patience ! »

Cette impression du temporaire laissée par la Rectrice de l’Université de Lausanne Nouria Hernandez au début de l’épidémie due au Coronavirus, dans cet extrait de son message du 17 mars 2020, semble être devenue du définitif, quoique définitif-provisoire nous l’espérons. Voici donc déjà pratiquement un an que l’enseignement à distance et le télétravail (pour les collaboratrices et collaborateurs de l’université) sont devenus la règle. Cette situation hors normes a des conséquences réelles sur toutes et tous mais il doit être aujourd’hui question, comme en 2020, de savoir tirer le meilleur de cette d’expérience.

C’est vrai, c’est difficile…

La difficulté à suivre les cours, confiné chez soi ou presque, et à étudier malgré tout, est palpable. La plupart des étudiants, sinon tous, sont d’accord avec le fait que l’effort physique qu’impliquent les réveils, préparations et déplacements vers le campus (amphis, auditoires et/ou salle de cours, de travaux pratiques, laboratoires) est plus favorable à une meilleure concentration durant les cours dispensés et donc à une meilleure assimilation de ceux-ci. Sans occulter le fait qu’il est plus aisé d’échanger tant avec les enseignants à la fin d’un cours ou pendant des pauses, qu’entre étudiants dans les couloirs des bâtiments ou sur les chemins et espaces verts paisibles du campus. Cette unanimité est également présente chez les enseignants : devoir enseigner sans avoir en face de soi les étudiants et s’assurer (même seulement parfois par leurs expressions faciales) qu’ils comprennent ou pas la leçon et, le cas échéant, revenir ou insister sur un élément plus que sur un autre, est une réalité que personne d’eux ne préfère. Au delà de ce qui est généralement connu, les inconvénients de cette crise sanitaire de la Covid-19 s’observent jusque sur le terrain de la psychologie. Pour beaucoup d’étudiants, leur santé mentale est mise à mal par la charge de travail à distance, l’inquiétude, l’isolement social, les difficultés financières qui s’accroissent. L’augmentation des demandes de soutien psychologique par rapport aux années précédentes l’atteste. En l’occurrence, les services de pédopsychiatrie du CHUV de Lausanne font état d’une hausse de 60% des hospitalisations entre juin et septembre 2020. Le Dr. Arnaud Pictet, psychologue au pôle santé à l’Université de Genève explique que les étudiants sont particulièrement à risque face aux problèmes de santé mentale parce qu’ils « sont dans une phase de transition avec plein de défis et d’enjeux dans leur vie académique, sociale et relationnelle. Ils doivent faire appel à des ressources importantes tout en devant être autonomes et en ayant à gérer le stress des études, en ayant à se constituer un réseau d’amis et éventuellement d’avoir une première relation romantique sérieuse et de construire une sorte d’avenir professionnel avec toute l’incertitude qui caractérise le monde aujourd’hui ».

Il apparaît donc clair que la vie sociale, et partant, la vie en général, en a pris un sérieux coup.

… mais, contre mauvaise fortune, faisons bon cœur.

« Contre l’adversité se prouve l’homme fort. » Cette assertion du poète français Maurice Scève nous rappelle combien nous devons être à la hauteur de cette crise. D’ailleurs allons plus loin en n’étant pas seulement à la hauteur, mais en retirant le meilleur de la situation. C’est un secret de Polichinelle de dire qu’une vie sociale existait déjà sur les réseaux sociaux. Seulement reconnaissons-le : elle était, pour la plupart, principalement tournée vers la distraction. Et si nous en profitions pour en faire une utilisation plus bénéfique : joindre l’utile à l’agréable ou carrément basculer de l’agréable à l’utile ? Chacun ira de sa sensibilité. En clair, les échanges autrefois possibles entre camarades et/ou enseignants sur tel sujet, exercice ou aspect de cours mal et/ou peu compris, peuvent se poursuivre sur les médias sociaux. Les facilités de communication aujourd’hui sont indéniables : profitons des nouvelles technologies, mettons-les à notre service. Les conférences organisées, quoique différemment, cette fois sous format distanciel, ne sont pas à négliger pour autant. Y participer est vivement recommandé, surtout qu’il est possible de bien élargir son réseau LinkedIn (par exemple) en ajoutant à chaque fois les différents intervenants et d’échanger avec eux pour apprendre de leur expérience professionnelle. Depuis le début de ce semestre de printemps, toutes les différentes associations de notre campus telle la nôtre (HEConomist) ouvrent grandement leurs portes à de nouveaux adhérents aux rythmes d’invitations virtuelles massives. Ce sont des lieux tout aussi idoines de rencontres et de partages, tout comme de développement de divers “skills” qui nous servirons toujours à affronter le grand défi de l’avenir qui nous attend.

Rappelons que, comme ceux qui peinent sur le poids du fardeau sont invités à le déposer auprès du Christ et trouver le repos, ceux qui sont dans le besoin sont les bienvenus dans les Facultés et les services de l’Unil pour tout problème à la fois psychologique, de santé, financier, ou autres. Les renseignements à propos des aides à disposition se trouvent à la rubrique “ Étudier ” du site web de l’Unil. Il est également possible de se tourner vers la Ligne d’aide 24h/24 au 147 ; la Ligne d’écoute de « La main tendue » au 143 ; la Centrale des médecins au 0848 133 133 ; ou encore le numéro d’urgence au 144.

Remarquons que nous pouvons objectivement penser que nous nous acheminons vers un retour progressif à la normalité ou du moins, à une normalité adaptée. Ce n’est pas l’espoir véhiculé par notre Rectrice dans son message de rentrée de printemps le 22 février passé, qui nous démentira : « Nous sommes prêts dès que nous le pourrons, à revenir à un mode de fonctionnement que je qualifierais de plus digne d’une université. Parce que s’il est dans la nature même des sciences de continuellement se remettre en question et donc dans la nature d’une institution comme l’Unil, qui produit et enseigne les sciences, de s’adapter encore et encore, les sciences présentent aussi certaines constantes et l’une de ces constantes est que la connaissance se crée, se transmet et s’apprend par les échanges entre membres de la communauté académique. Échanges dans les auditoires et les salles de cours, les labos, lors de congrès, de semestres de mobilité, ou encore au hasard d’une rencontre sur le campus ou à la cafétéria. Les échanges par écrans interposés nous permettent de tenir bon, de continuer à assurer l’enseignement ainsi que nos services à la communauté universitaire et à la société. Et pour le moment, il faut encore s’y résoudre. Mais il n’est pas dit aujourd’hui que le semestre aura lieu entièrement à distance. Comprenez-moi, je ne veux pas être imprudemment optimiste. En tant que biologiste, je sais quelles surprises peuvent nous réserver un virus et ses mutations. L’évolution de la situation épidémique au cours des deux ou trois prochaines semaines sera déterminante, et il est crucial que nous continuions tous à être très très prudents. Mais mon message c’est que si le virus et les autorités nous le permettent, nous sommes prêts à reprendre l’enseignement en mode hybride et à tout faire pour vous permettre chères étudiantes, chers étudiants, de renouer avec une vie universitaire dans toute sa richesse de rencontres et d’échanges. »

La communauté académique de l’Unil peut, avec un large sourire, se targuer pour rire, d’avoir une Rectrice qui possède une boule de cristal et qui est écoutée par les autorités fédérales. C’est ici le lieu de rappeler qu’au rang des propositions faites par le Conseil fédéral vendredi dernier, à mettre en consultation auprès des cantons pour prise de décision le 19 mars en vue d’un éventuel assouplissement à partir du 22 mars, figure en grande ligne l’autorisation de l’enseignement de nouveau en présentiel dans les Universités, Hautes Écoles et formations continues avec 15 personnes maximum par classe.

Seulement, en attendant l’effectivité de cette nouvelle phase d’assouplissements, ne perdons pas de vue que cette crise nous appelle aussi, plus que jamais, à un degré important de responsabilité : « Distance, distance ; masques, masques ; hygiène des mains, hygiène des mains » pour emprunter à la formule d’instance d’Alain Berset.

 

Vivien Bekam Kengne

Université en ligne : l’état à mi-semestre

Depuis le 13 mars 2020, le campus UNIL-EPFL a malheureusement pris des apparences de « petite ville fantôme ». Entre la fermeture complète des bâtiments lors du semestre précédent et la réouverture (très) modérée de ces derniers au semestre actuel, les près de 25’000 étudiant·e·s et 3000 enseignant·e·s et chercheurs·euses se retrouvent à devoir jongler entre cours en présentiel, cours en ligne « live » et cours enregistrés. C’est ensuite qu’on apprend fin octobre 2020 que, suite à la dégradation de la situation sanitaire liée au COVID-19, les cours repasseront tous à un format en ligne uniquement dès novembre 2020, sans pour autant que les bâtiments ne soient fermés.

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Louis, étudiant de première année de Master en biologie (UNIL) ; Kepler, étudiant de troisième année de Bachelor en informatique (EPFL); Sophie, étudiante de troisième année de Bachelor en sciences du sport (UNIL, Blog); Mickaël, étudiant de troisième année de Bachelor en management (UNIL, HEC) ainsi que le Prof. Montez, professeur du département d’économie (UNIL, HEC). À travers ces cinq profils, nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur l’état à mi-semestre de l’université en ligne.

 

Quel est le système d’apprentissage actuel ?

Que ce soit du côté de l’UNIL ou de l’EPFL, la stratégie a été similaire : réduire le nombre d’étudiants simultanément présents sur le campus. Comme Mickaël nous l’explique : « On est répartis en 3 groupes. Chaque groupe a un jeton qui lui est attribué. L’uni a mis en place un calendrier pour qu’il n’y ait sur le campus qu’un tiers des étudiants. Les deux tiers restants suivant les cours à la maison. »

Le prof. Montez ajoute : « Pour les classes à grand effectif, on nous a demandé de les garder sur le campus et de ne pas les passer complètement en virtuel. L’idée est que c’est important pour les étudiants de se créer un réseau social et aussi de ne pas se sentir isolé, ce qui est arrivé pendant le semi-confinement. » Ainsi, si un tiers des étudiant·e·s ont la possibilité de suivre le cours en présentiel chaque semaine, les deux tiers restants se doivent de suivre la diffusion en live ou différée.

L’Université de Lausanne, qui n’utilisait pas de système d’enregistrement des cours avant 2020, a lancé une infrastructure performante afin d’enregistrer les enseignements des professeur·e·s pour les étudiant·e·s se trouvant chez eux. « L’enregistrement ‘’type A’’ consiste en une caméra de très haute qualité au fond de la salle qui enregistre automatiquement (…) et dont la captation est faite par micro. Dans ce système, je ne fais rien sauf la coupe [des vidéos]. Tout est automatisé. (…) J’étais un peu sceptique sur ce modèle, mais le retour des étudiants est qu’ils sont contents, surtout des ‘’types A’’, qui sont des enregistrements faits avec des caméras professionnelles avec une qualité de son assez bonne. Pour moi, c’est un plaisir parce qu’on fait ça pour les étudiants, pas pour nous. », rajoute le professeur d’économie. Selon Mickaël, le système disponible sur la plateforme Moodle de l’université « est super bien fait ; la caméra zoome et suit le professeur quand il se déplace ».

 

Quelles sont les principales différences avec la situation pré-COVID-19 ?

Pour Louis, la réponse est évidente : « La différence majeure, c’est que je ne suis jamais à l’université. En temps normal, j’aurais dû passer énormément de temps sur le campus, et je me retrouve à faire presque l’intégralité de mes cours depuis la maison. »

Kepler nous explique quant à lui que la différence est aussi dans le format : « Dans mon cas, on est beaucoup passés en cours pré-enregistrés. Les conférences Zoom en live ne sont presque que des sessions de questions-réponses ou alors des sessions avec les assistant·e·s pour les exercices. (…) Ce qui fait qu’on a une meilleure base, sur laquelle on peut revenir à tout moment si besoin, comparé à avant. Tout le cours est condensé, et on s’organise autour de ça comme l’on en a envie. »

Pour notre sportive, la différence est toute autre : « La différence avant/après COVID, je dirais que ce sont les mesures de sécurité. » En effet, les cours de l’étudiante étant divisés en une partie théorique et une partie pratique, Sophie est plus dépendante de l’infrastructure universitaire que les autres. « Chaque fois que tu te regroupes avec les autres élèves, tu as le masque. Tu dois tout le temps te désinfecter les mains. Ça change un peu : les pratiques sont généralement un super bon moment où c’est familier, où tu t’entraides, et là c’est un peu plus individuel. »

Le prof. Montez nous donne le côté enseignant : « On a vécu deux expériences différentes jusqu’à présent. [Au semestre précédent], on a vécu le semi-confinement. C’était un grand challenge pour la plupart des enseignants, surtout pour ceux qui n’avaient jamais fait d’online teaching, ce qui était la grande majorité ici à HEC. C’était un peu dur pour tout le monde parce qu’on a eu plus ou moins 10 jours pour se mettre au point sur le niveau technologique et pédagogique. »

Ce semestre d’automne 2020 a, quant à lui, bénéficié de l’expérience du semestre de printemps 2020. Le défi est maintenant dans l’amélioration des cours : « Il y a une tension entre faire un cours qui est fait pour être en présentiel et un cours online. Il y a des choses qui ne sont pas faites pour être retransmises à distance. (…) Si on fait un produit uniquement destiné à être suivi à distance, qu’est-ce que l’on perd ? On perd l’interaction entre les étudiants. Je pense qu’on doit trouver une formule où l’on peut donner aux étudiants cette expérience de campus et rendre, en même temps, le produit courant encore mieux. Mais voilà… On est en train d’apprendre comment le faire. »

 

Quelles ont été les plus grosses difficultés d’adaptation au système actuel ?

Mickaël et Kepler s’accordent sur cette question. Pour les deux étudiants, la difficulté réside dans l’organisation totalement autonome de leur apprentissage. « On est passé beaucoup plus en évaluation continue, ce qui signifie qu’on doit bosser constamment pour rendre des rapports, des projets, etc. C’est réussir à concilier soi-même son organisation qui est compliqué, savoir qu’on doit bosser plusieurs cours le même jour et être complètement autonomes dans cette organisation. », nous dit Kepler. Il ajoute également que, selon lui, le format en ligne n’est pas tout à fait aussi efficace que le format présentiel. « L’ambiance d’apprentissage manque en ligne ; je n’ai pas l’impression d’être dans une ambiance d’apprentissage lorsque je travaille dans le même endroit où je vis. Je n’ai pas cette association mentale du campus où il y a une séparation claire entre l’endroit où j’apprends et l’endroit où je vis. »

« C’est le branle-bas de combat parce qu’on n’a pas tous un bureau à la maison, on doit expliquer ça à la maison. J’ai une petite sœur ; il faut lui expliquer qu’il ne faudrait pas faire de bruit de telle heure à telle heure. C’est plein de petites choses. », complète Mickaël. Néanmoins, l’étudiant à HEC Lausanne nous rassure : dans son cas, il s’agit d’une expérience positive. « Pour moi, les cours n’ont pas changé de qualité. Je pense même qu’ils sont meilleurs. Le fait de nous responsabiliser fait que l’on devient meilleur dans sa manière d’apprendre. J’ai eu un petit temps d’adaptation, mais ça a été. »

Pour notre étudiant en biologie, la situation est vécue comme une isolation. « Ce qui me manque beaucoup, c’est de pouvoir parler avec les camarades de classe. C’est fondamental pour que tout le monde soit aligné dans la même direction. Ce sont ces discussions sur le campus qui permettent cela. Depuis la maison, on n’a pas du tout de discussion de masse avec les autres, donc on a beaucoup moins ce feedback de savoir si on va dans la même direction que les autres ou pas ; on est un peu plus perdus. »

Pour le corps enseignant, les difficultés ne sont plus trop dans le côté technique. « Le système marche bien. C’est une bonne surprise. Les premiers jours, il y a eu des frictions mais la plateforme fonctionne bien maintenant, les enregistrements sont bien faits. » Les principaux défis sont dans cette nouvelle e-pédagogie. « Ce qui serait bien, c’est de réfléchir à comment engager les étudiants. Parce que regarder quelqu’un sur Zoom tous les jours, plusieurs fois par jour, ce n’est pas facile. Je suis impressionné par les étudiants parce qu’ils et elles arrivent quand même à le faire. (…) Il fallait réfléchir à comment expliquer et aussi à trouver des moments un peu plus ‘’fun’’ pour que ce soit plus digeste. C’était ça la difficulté, réfléchir en pédagogie online. »

 

Est-ce que le format en ligne a un impact sur la charge de travail, ainsi que sur l’emploi du temps ?

Les étudiants en biologie, management et informatique donnent des réponses similaires : ne pas se déplacer sur le campus représente un gain de temps bénéfique. « En dehors de l’impact sur ma santé mentale, [les cours en ligne] me laissent plus de temps, rien que sur l’économie de temps sur les trajets, qui se fait beaucoup ressentir. », nous dit Louis. Kepler complète : « Je suis beaucoup plus flexible qu’avant car je décide quel cours j’aborde et quand. Je ne pense pas que la charge de travail soit plus élevée ; la répartition de cette charge de travail est différente, mais la quantité de travail reste la même à mon avis. » Mickaël suit sur la même lignée : « Pour ce qui est du transport, je peux profiter des deux heures habituelles de transport pour faire du sport ou faire une série d’exercices que je n’avais pas le temps de faire initialement. C’est pour moi une expérience positive. »

Toutefois, pour Sophie, l’interactivité aigüe de ses cours pratiques est perdue lors des cours virtuels. « En cours, c’est assez interactif. Tu comprends sur le moment et tu sélectionnes directement sur le moment ce qui est important, mais quand tu es seule à la maison, j’ai l’impression que tout est important. »

Le Prof. Montez s’inquiète lui plutôt pour les élèves. « Ce qu’on attend de voir, c’est le niveau des étudiants, comment ils vont vivre ça et surtout quelle est la qualité de l’apprentissage. Est-ce qu’on aura la même qualité ? » Il compatit également avec les difficultés de devoir suivre les cours depuis la maison. « Des fois, je trouve que c’est très dur pour les étudiants de rester à la maison et de regarder tous les enregistrements. »

L’enseignant continue en nous parlant de la production du contenu audiovisuel. « Je pense qu’on peut faire des bons produits. Personnellement, j’en étais assez content pendant le semi-confinement mais ça m’a donné beaucoup de travail. Avec l’apprentissage, je pense que l’on peut réduire le temps de préparation de ce type de produit et de faire peut-être plus, ainsi que partager la charge de travail avec des internes ou externes. »

 

Quels enseignements pouvez-vous tirer de la mise en place de l’e-learning ?

À cette question, les étudiants interprètent l’apprentissage en un sorte de morale, de leçon. Un thème étonnant ressort unanimement : le social. L’aspect communautaire semble prédominer dans l’ensemble des réponses ; vivre avec les autres, communiquer ses idées, « apprendre des gens, des avis car c’est comme ça qu’on grandit » comme l’affirme Mickaël, paraît être indispensable pour l’ensemble des universitaires.

Le Prof. Montez nous fait part de ses difficultés et nous avoue que « côté pratique, mon enseignement a été d’éditer des vidéos, faire des coupes, de travailler avec iMovie. Je n’avais jamais fait ça. »

L’autre enseignement tiré par le professeur est la distinction au sein même de l’e-learning. Il explique : « Je pense qu’il y a 2 types d’e-learning : il y a le live et le différé. Ce que j’ai appris c’est que quand tu fais du live, les gens te pardonnent beaucoup. Dans le sens où, si tu n’es pas parfait, ta voix n’est pas parfaite, tu fais des pauses ou ta pensée n’est pas parfaitement linéaire, les gens t’excusent parce que c’est une expérience qui ressemble à une communication directe. Mais dès qu’on part dans l’e-learning différé, les gens s’attendent à un haut niveau de produit. »

Cet enseignement, il le prend comme un potentiel d’amélioration : « Étant donné où l’on est aujourd’hui, je pense que ce serait bien de mélanger les deux parties : en cours et les alterner avec des clips parfaitement lissés et polis qui ne durent que quelques minutes, où les concepts fondamentaux sont expliqués et, après cela, reprendre le live. »

 

Du coup plutôt en ligne, présentiel ou hybride ?

Là encore, l’aspect communautaire ressort dans les discours de chacun. Pour Sophie, son avis est tranché : l’optimal, c’est le présentiel. Mickaël, lui, se positionne de l’autre pôle, avec une légère réserve : « En ligne, sans hésiter. Encore plus actuellement avec les contaminations qui ne font que de grimper. Après, on perd nos liens sociaux. »

Quant à Louis, Kepler et notre professeur, leurs avis sont moins catégoriques. Louis affirme que « l’avantage du présentiel est uniquement dans le côté social, et pas dans l’apprentissage ; le format en ligne est autant efficace que le présentiel pour l’apprentissage, selon moi. Il permet surtout de gagner du temps. » Kepler ajoute à cette analyse un concept de « soutien grâce à une base digitale » qui améliorerait selon lui l’expérience du cours.

Le Prof. Montez rebondit sur cette question et y répond avec une autre : « Mais qu’est-ce qu’on est en tant qu’université ? On n’est pas là juste pour donner des cours mais on est aussi une plate-forme. C’est un petit peu comme du social networking, un endroit où les gens viennent, se rencontrent, échangent des idées, apprennent à développer de la tolérance envers les idées des autres, à débattre avec des gens qui ont des formations et intérêts similaires, mais des idées différentes. Je pense que ça, ça nous apporte énormément. »

 

Le mot de la fin : quelles sont vos visions pour le futur ?  

À ces mots, les étudiants expriment déjà une certaine inquiétude. Malgré ce brusque changement et ses adaptations qui l’ont suivi, ils semblent avoir commencé à se complaire dans ce nouveau système. Mickaël tout comme Louis prédisent un retour total au présentiel. Mickael observe : « J’ai peur que tout le monde retourne une fois qu’il n’y aura plus rien. Je me demande si [l’université] est convaincue de la qualité de l’enseignement ainsi que de nos examens. » Il ajoute : « Je vois qu’on a des bâtiments gigantesques et qu’il y a des coûts d’exploitation. Ce sont des « sunk costs ». Ils partent dans le vide. Personne n’utilise les grandes salles. (…) Je pense qu’il y a des facteurs que, nous-mêmes, nous ne comprenons pas sur l’importance d’avoir des élèves sur le campus. »

Le Prof. Montez, lui, nous fait part d’une réflexion concernant l’influence du télétravail comme un potentiel de développement personnel : « Il y a un côté positif qui va rester, une tolérance pour le télétravail. On a beaucoup ouvert les bureaux pour faire de l’open-space et, quand on est introverti, c’est très dur. La stimulation sociale fatigue beaucoup. Un introverti ne va pas s’épanouir et donner de son mieux dans un tel milieu. Le bénéfice de cette tolérance, c’est d’accepter la diversité des gens. Il y a des gens qui ont besoin de partager leurs idées à des moments, mais aussi de travailler tout seul à d’autres. Je trouve que ça, c’est super positif. »

Le professeur d’économie, toujours avec optimisme, continue : « Au niveau de l’enseignement, je pense que l’e-learning va rester avec nous. (…) Après, je pense qu’on peut encore beaucoup apprendre, mais je pense qu’il faut être humble et se dire que ça va prendre un petit moment. On ne peut pas s’attendre en 10 jours, ni en 1 semestre, à ce que l’on développe les « best practices » (…). On apprend beaucoup, mais on aura sûrement toujours une partie du cours online et une autre en présentiel. On pourra peut-être privilégier ce côté d’échange d’idées. Peut-être que l’on pourra passer les concepts et séances d’exercices online, où les interactions sont moins importantes, et privilégier le temps sur le campus pour l’échange, tel un grand open-space pour que les étudiants puissent poser des questions plus avancées. Ça va changer oui. Comment ? Je ne le sais pas encore. »

L’inquiétude qui régnait le semestre passé à l’annonce des mesures prise par la Confédération semble avoir fait place à une certaine adaptation de l’ensemble des universitaires. Toutefois, des questions restent en suspens. Le retour à la normale paraît s’éloigner, mais l’inquiétude fait place à de la curiosité. Finalement, nous ne pouvons qu’attendre et accueillir le futur tel qu’il se présente, les bras ouverts, tout en gardant (évidemment) les distances de sécurité.

                                                                                    Lilou Gaudin & Dilane Pinto

 

Vers un retour dans le programme Erasmus +

“Tout ce que vous avez à faire, c’est de décider de partir, et le plus dur est fait. ” – Tony Wheeler

 

La question de l’échange universitaire se pose nécessairement, à un moment ou un autre dans la vie de chaque étudiant·e lors de ses études. En Suisse, nous disposons de plusieurs accords : les accords généraux, facultaires et SEMP. Ces derniers sont les héritiers helvétiques du système Erasmus connu dans le monde entier.

 

A l’origine, le programme Erasmus +

Erasmus + est un programme de la Commission européenne qui couvre plusieurs domaines, tels que l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport pour la période 2014-2020. Il permet à environ 4 millions d’Européen·ne·s de vivre une expérience à l’étranger tant au niveau académique que professionnel. Ces objectifs principaux vont bien plus loin qu’une petite expérience dans un pays choisi par les soins de la personne ou qu’une aventure toute droit sortie de L’Auberge espagnole. En effet, Erasmus + est défini par la Commission européenne comme « un programme en faveur de la croissance, de l’emploi, de l’équité sociale et de l’inclusion ». Il répond aux objectifs de la Stratégie Europe 2020 et du cadre stratégique Education et formation 2020. Le programme touche à plusieurs problématiques, notamment la réduction du chômage chez les jeunes, et aide à promouvoir l’éducation des adultes (adaptation des compétences demandées sur le marché du travail). De plus, il encourage aussi la jeunesse à s’investir dans leur éducation en les encourageant à poursuivre des études. A un niveau plus global, il encourage un investissement dans la vie démocratique européenne et soutient la coopération et la mobilité avec les pays partenaires de l’UE.

Mais si nous écrivons cet article aujourd’hui, c’est pour vous parler de notre cas à nous, Suisses et Suissesses, ou tout·e étudiant·e·s d’universités suisses qui ne bénéficions pas de ce programme. Nous laisserons de côté les difficultés que rencontrent les chercheuses et chercheurs dans le cadre de la collaboration entre les pôles de recherche ainsi que le cas des échanges entre étudiants de hautes écoles afin de nous concentrer sur les échanges universitaires, qui ne sont qu’une partie du (vaste) problème.

 

Le bouleversement du 9 février

Durant l’année académique 2013-2014, ce sont plus de 7’400 étudiant·e·s qui ont participé à un échange de ou vers la Suisse grâce à Erasmus +. Ce chiffre était d’ailleurs en nette augmentation d’année en année. Et pourtant, la success story de l’échange estudiantin a bien failli s’arrêter brutalement le 9 février 2014. Suite à l’acceptation par le peuple suisse à 50,34% de l’initiative populaire dite “Contre l’immigration de masse”, une période de flou s’installe, durant laquelle les relations avec l’Union européenne se tendent, jusqu’à la rupture des négociations de la part de Bruxelles. En avril 2014, quelque 300 étudiant·e·s enterrent symboliquement Erasmus + sur la Place fédérale. La tranche d’âge 18-29 ans s’était catégoriquement opposée à l’initiative de l’UDC dans les urnes, mais l’abstentionnisme des jeunes (seuls 17% des 18-29 ans ont pris part à la votation) a contribué à faire basculer la balance en faveur d’un repli helvétique. Fort heureusement, l’affrontement entre l’Union européenne et la Suisse sera de courte durée et le Conseil fédéral conviendra d’une alternative, dite solution transitoire, laquelle prend fin en 2020.

 

La solution transitoire, SEMP

Pour permettre aux étudiant·e·s de participer aux échanges européens, la Suisse a dû trouver une solution transitoire par ses propres moyens et de ce fait est devenue un partenaire du programme Erasmus +. Être partenaire de Erasmus + veut dire que la Suisse peut participer à certaines actions du programme et sous certaines conditions. Mais cette solution n’offre pas autant d’opportunités que le programmes Erasmus + et se focalise principalement sur l’enseignement tertiaire.

Cette solution transitoire se nomme Swiss European Mobility Programme (SEMP) et bénéficie notamment aux étudiant·e·s, aux professeur·e·s et au personnel des hautes écoles et écoles supérieures.

Les accords SEMP permettent aux hautes écoles et écoles supérieures de proposer des séjours dans l’un des 33 pays européens qui participent au programme Erasmus +.

Cette solution a été mise en place par Movetia (agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité au sein du système éducatif) avec la collaboration de 38 institutions de formation suisses de l’enseignement tertiaire. Avec un budget de 19,7 millions pour l’année académique 2018-2019, SEMP est devenu le programme de mobilité Suisse le plus important et n’est donc plus seulement une solution transitoire. Mais hélas pas suffisant, puisque suite à la charge administrative supplémentaire engendrée par ce programme spécifique, certaines universités renoncent aux échanges avec la Suisse. Alors que la Déclaration de Bologne vise à inciter au moins 20% des étudiant·e·s de chaque État-membre à entamer un échange, la Suisse se situe désormais autour des 7%, ce qui peut au moins partiellement être expliqué par les difficultés administratives des accords SEMP.

 

La parole aux associations représentantes des étudiant·e·s

Nous avons contacté l’UNES, union faîtière des étudiant·e·s de Suisse, qui œuvre activement à un retour complet de la Suisse dans les accords Erasmus +. « Le mercredi 23 septembre, à Berne, aidés d’organisations de jeunesse, nous avons soumis une pétition rassemblant 10 000 signatures pour une pleine adhésion au programme Erasmus + en 2021, nous explique Florent Aymon, international officer pour VSS-UNES-USU. Cette pétition a pour but de pousser le Conseil fédéral à reprendre les négociations avec l’UE et de faire en sorte que la Suisse puisse être membre à part entière du programme européen. » Car si la solution transitoire existe, elle est jugée « insuffisante » par l’UNES et les associations représentant les intérêts des étudiant·e·s. De plus, par sa pétition, l’UNES veut alerter sur l’urgence de la situation : « Il est important de trouver un accord, afin que, lorsque la commission européenne décidera du budget en décembre prochain, la Suisse puisse se positionner. »

Même son de cloche du côté de ESN (Erasmus student network), un réseau d’associations à travers l’Europe ayant pour but de créer un environnement plus mobile et flexible pour l’éducation. Signataire de la pétition déposée à la Chancellerie le 23 septembre dernier, ESN pense qu’une association à part entière au programme Erasmus + reste primordiale. Selon Lucas Schneeberger, education officer chez ESN : « Cela ne pose pas de problème pour les institutions connues à l’étranger comme l’EPFL ou l’ETHZ mais est beaucoup plus problématique pour nos hautes écoles spécialisées, avec moins de contacts à l’international, car elles ne disposent pas de la même renommée à l’étranger pour négocier des accords ». ESN se défend également d’aller contre la volonté populaire exprimée dans les urnes le 9 février 2014 : « Les Suisses ne se sont largement pas rendu compte du changement de 2014 et n’ont certainement pas souhaité son abandon par les urnes. » Une tendance qui semble se confirmer au vu des récents échecs de l’UDC visant à limiter l’immigration.

La balle est donc désormais dans les mains du Conseil fédéral qui devra décider de la suite à donner aux échanges universitaires des étudiant·e·s suisses.

 

Sirine Chodan & Deborah Intelisano

L’interview complète de ESN est à retrouver sur notre site. 

Les étudiants et leur alimentation

Alors que la rentrée est maintenant bien entamée, nous autres, étudiants, sommes tous à la recherche de l’emploi du temps parfait, nous permettant d’étudier comme il se doit mais également de profiter de moments de détente avec nos amis.

Les premiers projets sont arrivés, accompagnés, bien sûr, de leurs deadlines plus ou moins rapprochées, et il nous faut donc réussir à jongler entre les cours, les exercices, ces projets, sans oublier nos activités extra-scolaires. Nous arrivons donc à des journées bien chargées, où chaque minute compte et où nous voulons rentabiliser notre temps au maximum. Alors bien souvent, à l’approche de l’heure des repas, le choix de la facilité est immédiatement retenu et beaucoup d’entre nous laissent la préparation de petits plats aux oubliettes.

Cuisiner nécessite de l’organisation, de la réflexion pour trouver quel plat préparer et du temps pour la préparation. Or, ce temps est bien trop précieux et nous sommes souvent réticents à le gaspiller pour des tâches que nous considérons comme ne faisant pas partie de la liste de nos priorités. Nous finissons donc par nous habituer aux repas nécessitant peu, voire pas du tout de préparation.

Ces derniers ont généralement mauvaise réputation, et beaucoup pensent que le régime alimentaire d’un étudiant se compose principalement de spaghettis à la sauce tomate. Pourtant, bien que ce stéréotype soit vrai pour certains d’entre nous, il ne l’est pas pour tous, et avec un minimum d’organisation, des repas variés et équilibrés sont rapidement préparés.

 

Le début de l’université et de l’indépendance

L’entrée en études supérieures correspond dans notre vie à une période de transition durant laquelle un grand adolescent, ou jeune adulte se détache de son cocon familial. C’est généralement le moment où nous commençons à avoir de l’indépendance, où notre liberté n’a plus aucune limite, et où nous pouvons réellement faire nos propres choix.

Le constat est le même concernant notre régime alimentaire : alors qu’il provient généralement des habitudes alimentaire de notre famille, l’entrée à l’université apporte une liberté de choix infinie. Nous n’avons plus d’obligations concernant les repas, plus besoin qu’ils coïncident avec les goûts et nécessités du reste de la famille, et nous pouvons donc choisir totalement ce que nous voulons manger.

C’est aussi un moment où certains changent leurs habitudes alimentaires pour se rapprocher de causes qui leurs sont chères (végétarisme, véganisme, régime sans huile de palme…). Ce changement peut d’ailleurs se faire de manière consciente, mais aussi inconsciente, dû par exemple à la pression sociale du monde qui nous entoure.

En termes d’alimentation, l’entrée en études supérieures peut donc être considérée comme une phase de test où nous sommes les seuls à décider, sans contraintes, de ce que nous voulons manger.

 

Le choix de l’alimentation

Nos parents et enseignants nous l’ont toujours répété : pour être en forme, il est important d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Ce mantra vaut également pour les étudiants : notre alimentation est notre carburant et il est important d’utiliser le bon pour que notre corps fonctionne correctement.

En tant qu’étudiant, notre routine est généralement particulière et notre rythme de vie est assez intense. Nous avons beaucoup de cours à suivre et à réviser, de travaux à rendre et de recherches à effectuer. Mais il ne faut pas oublier que nous voulons également profiter au maximum de la vie indépendante que nous venons d’obtenir ! Tout ceci nécessite donc de l’énergie, et cette dernière provient de notre alimentation et de notre sommeil (mais ce dernier est bien souvent laissé de côté).

Cela peut paraître étonnant, mais beaucoup de choix sur notre alimentation sont faits de manière inconsciente. En effet, beaucoup d’entre nous ne se posent pas de questions et se nourrissent comme il faut simplement pour être en forme pour suivre en cours et pouvoir enchaîner avec du travail personnel, quelques heures de sport ou de moments entre amis.

Cette référence aux choix inconscients est plus simple à imaginer à l’aide d’un exemple. Prenons un cours de 4 heures qui a lieu de 13 heures à 17 heures. Si vous mangez un plat copieux juste avant d’y aller, vous aurez très envie de faire une petite sieste car votre corps aura besoin de beaucoup d’énergie pour le digérer, et suivre ce cours sera assez compliqué. Nous en avons déjà tous fait les frais, et nous privilégions donc des plats plus légers pour pouvoir être attentifs après le déjeuner, mais aucun d’entre nous n’y a vraiment réfléchi et nous nous contentons d’appliquer cela par instinct.

 

L’importance de « bien manger »

Une alimentation saine et équilibrée permet au corps humain de fonctionner correctement et l’aide à nous maintenir en bonne santé, que ce soit intérieurement comme extérieurement. La nourriture a un effet sur notre physique (poids, peau, cheveux, ongles…) mais également sur des parties moins voyantes, comme les défenses immunitaires, la flore intestinale, le cerveau…

Bien manger nous aide à rester concentrés plus longtemps, réduit notre fatigue, et influence même notre humeur. Cela impacte également notre résistance aux maladies contagieuses comme les rhumes et les grippes, et autant vous dire que ce sont des choses que nous fuyons le plus possible. Une semaine de repos forcé et de travail perdu est vraiment quelque chose que nous souhaitons éviter à tout prix. Nous sommes donc forcés d’avoir de bonnes habitudes !

Alors nous ne faisons peut-être pas de recherches sur les caractéristiques spécifiques des aliments, et nous ne prenons peut-être pas le temps de préparer un gigot d’agneau sur son lit de légumes sautés, mais nous sommes généralement conscients de l’importance de l’alimentation dans ce passage de notre vie, et même si cela se fait de manière inconsciente, nous essayons tous de manger correctement et intelligemment pour rester en bonne santé et permettre à notre corps de fonctionner comme il faut.

India Simmenauer, HEConomist 

 

La vie associative universitaire : les coulisses d’HEConomist

Chères lectrices, chers lecteurs, salutations ! C’est un grand honneur pour HEConomist que de pouvoir inaugurer ce blog aujourd’hui, et de pouvoir vous partager nos pensées et notre expérience de la vie étudiante. Mais, selon nous, il serait malpoli de commencer cette aventure sans se présenter.

Lorsque l’on parle de vie universitaire, plusieurs concepts peuvent venir en tête : la recherche scientifique, les projets de groupe, les conférences et, bien entendu, les soirées. Ces éléments font partie de ceux qui font vivre le campus et ses étudiant·e·s. Néanmoins, il y a une partie de l’iceberg qui reste souvent cachée aux yeux du grand public : la vie associative universitaire.

 

L’UNIL et ses associations

En effet, il faut savoir que l’Université de Lausanne compte à elle seule plus d’une centaine d’associations diverses et variées. Alors que certaines représentent directement leur faculté (à l’effigie du Comité HEC, association représentative de la Faculté des Hautes Études Commerciales), d’autres rassemblent des étudiant·e·s réuni·e·s autour d’un but commun ; but pouvant être lié à l’art, à la durabilité ou au sport, à titre d’exemple.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la vie associative sur le campus, c’est votre jour de chance. Nous vous proposons de découvrir les backstages d’HEConomist, de son fonctionnement à sa hiérarchie, en passant par son processus de recrutement. Et cela tout de suite, sans aucune page de publicité.

 

Présentation d’HEConomist – le journal des étudiants

En termes formels, HEConomist est une association étudiante à but non lucratif bâtie autour de l’idée de créer un journal écrit par les étudiant·e·s et qui s’adresse aux étudiant·e·s. Depuis sa fondation il y a plus d’une dizaine d’années, cette ambition a fait d’HEConomist un acteur majeur de la vie sur le campus et du milieu associatif universitaire. Comme il est stipulé dans nos statuts, l’association est ouverte à chaque étudiant·e immatriculé·e à l’Université de Lausanne ou à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne.

Moins formellement, nous sommes une grande famille d’une vingtaine de membres passionné·e·s de lecture, d’écriture et de journalisme. Nous travaillons (volontairement) afin de faire perdurer ce rêve sur une plateforme en ligne où sont publiés entre cinq et sept articles par semaine, et ce durant toute l’année académique.

Des articles économiques, mais pas seulement

Notre ligne éditoriale est large : nous écrivons sur des sujets comme l’économie, la politique, la culture et la vie estudiantine. Nous nous exprimons aussi sur des sujets plus farfelus comme la recette de la fondue, ou encore sur le parcours professionnel de certain·e·s Alumni HEC dans notre format « Made in HEC », en collaboration avec l’association des Alumni HEC. De temps à autres, nous partageons également nos lectures préférées dans notre format « Nice to read you ».

Nous organisons également annuellement notre événement phare sur le campus : le « Focus ». Chaque année, cet événement s’intéresse à un thème d’actualité. Il a pour but d’offrir à la communauté estudiantine la possibilité de rencontrer directement les acteurs·trices concerné·e·s par des problématiques économiques, politiques et sociétales dans une ambiance conviviale. Par exemple, le Focus 2019 a accueilli notamment Stéphane Benoit-Godet (Rédacteur en Chef du Temps), Benjamin Tur (co-auteur de Leaderspritz) et la DreDelphine Waniusiow (spécialiste en neurophénoménologie) autour de la question suivante :

« Quel est l’impact de la surexposition aux informations sur notre comportement au quotidien ? »

D’autres événements sont planifiés de façon plus irrégulière, et nous travaillons sur maints projets annexes au journal. Comme vous pouvez vous en douter, toutes ces activités requièrent une organisation digne d’une petite entreprise ; et c’est bien le cas.

 

Une hiérarchie dirigée par l’amitié et la bienveillance

HEConomist dispose de son propre Triumvirat : le·la Président·e, le·la Vice-Président·e et le·la Rédacteur·trice en Chef. Ces trois rôles agissent comme les « organes suprêmes » de l’association, se partagent la direction de cette dernière et coordonnent les diverses activités. Mais il existe bien d’autres responsables : le·la responsable interne, événementiel, alumni, juridique, graphisme, et ainsi de suite. Bien évidemment, il est possible d’être simple rédacteur·trice, rôle majoritairement présent dans l’association.

La quasi-totalité des rôles a un devoir de rédaction, à l’exception de certains rôles tels que le·la dessinateur·trice, ou le·la responsable graphisme, bien occupé·e·s par leurs créations visuelles. On attendra d’un·e rédacteur·trice environ deux articles par mois, avec une date de reddition prévue plusieurs semaines à l’avance dans le calendrier du·de la Rédacteur·trice en Chef.

Ne vous laissez pas tromper par les apparences. Cette organisation peut paraître très segmentaire, mais elle est en réalité pratiquement horizontale. Comme dit précédemment, HEConomist pourrait être assimilé à une bande d’ami·e·s réuni·e·s autour d’une structure les unissant dans leur passion.

 

Pas besoin de CV pour être recruté·e ; amenez votre motivation

Lorsque les recrutements sont ouverts, ils suivent un processus simple en trois étapes.

  • Premièrement, le·la candidat·e postule sur notre site en donnant ses coordonnées, sa faculté, le poste souhaité et nous fait part de ses motivations à rejoindre le journal.
  • Un entretien est ensuite organisé avec autant de membres de l’association que possible, afin que chacun puisse se faire une idée et poser des questions, mais aussi pour que l’interrogé·e puisse rencontrer directement la plupart des membres. Cette entrevue sert autant au·à la candidat·e qu’à l’association : les deux parties se servent de ce moment pour s’assurer d’un match.
  • Enfin, une fois l’entretien terminé, les membres présent·e·s discutent de leurs impressions et votent en Landsgemeinde afin de trancher sur la décision.

Ce processus d’apparence bien officiel est en vérité assez chill, comme disent les jeunes. Nous ne demandons pas aux postulant·e·s de nous résoudre une équation quantique ou d’apporter la solution au réchauffement climatique. L’essentiel est de sentir une motivation et une passion pour l’écriture et le journalisme, ainsi qu’une envie de participer à la vie de l’association.

Au-delà du journal

En théorie, les membres se rencontrent une fois par semaine lors de la réunion hebdomadaire. Cette réunion obligatoire (durant environ une heure) a pour but de discuter des articles à paraître, de nouvelles idées de projets ainsi que de prendre les décisions y relatives.

En pratique, les membres se rencontrent bien plus que ça. Rejoindre HEConomist, c’est avoir des amis avec qui partir en vacances pour se déconnecter des cours, aller au cinéma ou au bar du coin, jouer aux jeux de société ou encore discuter de tout et n’importe quoi à la cafétéria (sans hésiter notre méthode de procrastination préférée !). Plusieur·e·s de nos membres sont également dans la même volée académique ; trouver un·e partenaire de travail n’a jamais été aussi simple.

 

Une expérience unique

Avec cette introduction et à travers notre exemple, nous espérons avoir réussi à vous convaincre de la richesse du milieu associatif de l’UNIL. Faire partie d’une association, outre une ligne sympa à rajouter sur le CV, c’est une opportunité sans égale de laisser son empreinte sur le campus.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur HEConomist ou lire certains de nos articles, nous vous suggérons de vous rendre sur www.heconomist.ch, ou de vous abonner à ce blog ici-même. Grâce au journal Le Temps, nous avons désormais l’opportunité, et ce plusieurs fois par mois, de vous (re-)plonger dans la vie étudiante et, qui sait, vous faire éprouver une certaine nostalgie.

Au plaisir de vous écrire,

 

L’équipe HEConomist