C'est le genre de situation qu'on préfère éviter quand on est président et qu'on cherche à se faire réélire pour quatre ans. C'est
Ces révélations, qui sur le fond n'en sont pas vraiment, ont provoqué des réactions virulentes des candidats républicains à la Maison-Blanche, qui ne cessent de fustiger la politique de rapprochement d'Obama (reset button) initiée notamment à Genève en mars 2009. Mitt Romney, le favori à l'investiture républicaine, a tiré la sonnette d'alarme sur CNN: "La Russie n'est pas un ami (des Etats-Unis) sur la scène internationale, et c'est très troublant, très inquiétant de voir ce président chercher davantage de flexibilité, et qu'il n'ait pas à rendre de comptes aux Américains pour ses relations avec la Russie."
CNN a a ajouté quelques couches pour s'insurger contre l'attitude du président Obama alors que la Russie a mené une campagne "très anti-américaine" pour la présidentielle de mars et qu'elle ne coopère pas avec Washington dans la crise syrienne. CNN a l'art de traiter du détail et d'oublier le contexte général. Comment omettre de souligner que Barack Obama entend réduire beaucoup plus drastiquement les arsenaux nucléaires avec la Russie dans un avenir proche, notamment les armes nucléaires dites tactiques basées en Europe? Comment oublier l'aide qu'a apportée Moscou dans le transit de matériels américains par le territoire russe à destination de l'Afghanistan? Comment, enfin, omettre la coopération de Moscou dans les sanctions adoptées contre l'Iran, qui est pourtant un allié de circonstance?
Entre Moscou et Washington, le climat s'est plus tendu que d'habitude en raison de la crise syrienne. Même les chefs de la diplomatie américaine et russe Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, qui s'entendent plutôt bien, doivent admettre parfois de profondes divergences de vues. Mais faut-il pour autant remettre en question toute la politique de rapprochement nécessaire aux deux pays dans un monde multipolaire. Réactiver le vieux réflexe de la Guerre froide et des néoconservateurs américains est absurde. La Russie a besoin de l'Occident.