Emily Dickinson: le plus grand poète de langue anglaise surnommé “La Reine Recluse”

Emily Dickinson: excentrique et profonde

Très jeune, Emily Dickinson limite son horizon au jardin de la demeure familiale. Puis, un jour, elle s’enferme dans la maison et n’en sort plus. Elle regarde l’extérieur de la fenêtre du salon ou de sa chambre. Ses amitiés sont épistolaires. « Si tu ne parles à personne, tu accumules des pensées qui seront d’or et de lumière », écrit-elle à Austin, son frère aîné. Samuel Bowles, rédacteur en chef du Springfield Republican l’appelle« La Reine Recluse ». Perçue comme une excentrique par les amis de sa famille, Emily Dickinson, qui de son vivant refuse que ses poèmes soient publiés – elle en publie moins d’une douzaine –  est, de nos jours, considérée comme l’un des plus grands poètes de langue anglaise. Sensible, mystérieuse et profonde, son œuvre est célébrée comme l’une des plus grandes œuvres poétiques anglophones de tous les temps. Les poèmes suivants sont issus du recueil bilingue “56 poèmes” suivi de “Trois lettres” paru aux éditions Le Nouveau Commerce. Traduction de Simone Norman et Marcelle Fonfreide.

 

Emily Dickinson: une éducation calviniste et riguoureuse

Emily Dickinson naît le 10 décembre 1830 à Amherst, une ville du Massachussets fondée par ses ancêtres. Son père, membre du Congrès et trésorier de l’Amherst College, est un avocat cultivé, austère et pieux. Sa mère, froide et distante, la pousse à chercher de la tendresse auprès de son frère Austin. Elle étudie à l’Amherst Academy et au Mount Holyoke Women’s Seminary où elle reçoit une éducation calviniste rigide qui marquera sa personnalité.

Emily Dickinson: une poétesse quasi mystique

Très vite, Emily Dickinson s’isole, ne gardant le contact qu’avec quelques amis, comme l’écrivain Samuel Boswell avec qui elle entretient une longue correspondance. À l’âge de vingt-trois ans, Emily Dickinson est déjà consciente de sa vocation de poétesse quasi mystique. A trente ans, sa distance du monde est absolue, presque monastique. Retirée dans la maison de son père, elle se consacre aux occupations domestiques et gribouille sur des feuilles de papier, qu’elle cache dans les tiroirs, ses notes et vers qui, après sa mort, s’avèrent être l’une des plus remarquables réalisations poétiques de l’Amérique du XIXe siècle. Dans son isolement, elle ne s’habille qu’en blanc. “Mon choix blanc” selon ses propres termes, trait qui exprime l’éthique et la transparence de sa poésie.

L’une de ses biographes écrit au sujet de sa nature poétique : “C’était une spécialiste de la lumière. Son écriture peut être décrite comme le produit de la solitude, du retrait de toute forme de vie sociale, y compris celle relative à la publication de ses poèmes ». Jorge Luis Borges dira d’elle : “Pour autant que je sache, il n’y a pas de vie plus passionnée et solitaire que celle de cette femme. Elle a préféré rêver l’amour et peut-être l’imaginer plutôt que de le vivre”. En effet, certains de ses poèmes, et quelques lettres adressée à un homme qu’elle appelle « Maître » mais dont on ne connaît pas le nom, révèlent sa déception amoureuse ainsi que sa sublimation. Par la suite, elle transférera cet amour à Dieu.

Bouleversée par plusieurs deuils consécutifs, en automne 1884 Emily Dickinson s’évanouit en faisant la cuisine et reste malade durant de longues semaines. En novembre 1885 sa santé se péjore au point que son frère annule un voyage pour rester avec elle. Début mai 1886 son état s’aggrave. Elle meurt le 15 du même mois à l’âge de 55 ans. C’est sa sœur Lavinia qui fait publier ses poèmes en 1890.

 

Sources: France Culture, La Croix, Biografias y Vidas,  Wikipedia

Alexandre Pouchkine : duels, littérature et politique

Alexandre Pouchkine : un fatal sens de l’honneur

Se sentant offensé lorsque son oncle lui enlève sa partenaire de danse, Alexandre Pouchkine lance son premier défi en duel alors qu’il n’a que 17 ans.

Durant sa vie, le poète aurait défié ses adversaires à plus de vingt reprises et il aurait été défié sept fois. Quatre affrontements ont lieu. Les autres sont évités grâce à l’intervention de ses amis.

Toutefois, le 10 février 1837, il meurt à St-Petersbourg des suites d’un duel avec Georges d’Anthès, un officier français servant dans la Garde russe. Ce dernier combat aurait été fomenté par ses détracteurs, qui souillent la réputation de son épouse – comme on dit à l’époque –, afin de le provoquer.

Alexandre Pouchkine est considéré comme le père de la littérature russe moderne. Ses œuvres, écrites en russe, ont influencé d’importants écrivains : Tolstoï, Gogol ou Dostoïevski, ainsi que des compositeurs tels que Tchaïkovski ou Moussorgski.

 

 

Pouchkine : un lycéen romantique

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine naît Moscou, en 1799. Selon la coutume dans l’aristocratie russe au début du XIXe siècle, ses frères et lui reçoivent une éducation basée sur la langue et la littérature françaises. A l’âge de douze ans, il est admis au Lycée Impérial nouvellement créé – rebaptisé plus tard Lycée Pouchkine – où il découvre sa vocation poétique. Parfaitement bilingue ses amis le surnomment « Le Français ».

Encouragé par ses professeurs, il publie ses premiers poèmes dans la revue Le Messager de l’Europe. Leur ton romantique relève l’influence des poètes russes contemporains et celle de la poésie française des XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier celle du vicomte de Parny. C’est également au lycée qu’il commence à écrire sa première œuvre majeure, le poème romantique Rouslan et Ludmila, qui sera publié en 1820.

Peu avant, en 1817, Pouchkine accepte un emploi à Saint-Pétersbourg, où il entre en contact avec un cercle littéraire restreint qui devient progressivement un groupe politique clandestin. Il fait également partie de La Lampe Verte, un autre mouvement d’opposition au régime tsariste qui sera finalement le germe du parti révolutionnaire qui mène à la rébellion de 1825.

Pouchkine : une vie d’exilé

Bien que sa poésie de jeunesse ait été plus sentimentale qu’idéologique, certains des poèmes écrits à l’époque attirent l’attention des services secrets tsaristes, qui ne les lisent qu’en termes politiques. Accusé d’activités subversives, il est contraint à l’exil. D’abord confiné en Ukraine, puis en Crimée, où il compose plusieurs de ses principaux poèmes.

En 1824, les autorités russes interceptent une lettre adressée à un ami dans laquelle il se déclare athée, ce qui lui vaut un nouvel éloignement, cette fois à Pskov, où sa famille a des biens. Il consacre les deux années qu’il y passe, à étudier l’histoire et à recueillir des récits traditionnels. Cela se reflète dans son travail qui se distancie du romantisme pour s’approcher progressivement du réalisme.

Pouchkine : le tsar pour censeur

En 1826, il fait une demande de visite à Nicolas Ier de Russie, qui est obligé de le recevoir, en partie parce que des preuves fiables démontrent que Pouchkine n’a pas pu participer aux révoltes anti tsaristes de 1825 – à ces dates il se trouvait à plusieurs milliers de kilomètres de Moscou – mais aussi parce qu’il craint qu’un refus n’amène le poète à utiliser sa popularité pour entreprendre une campagne anti-gouvernementale. Après l’entretien, le tsar accepte de lui accorder la grâce, à condition que lui-même, Nicolas Ier, devienne désormais son censeur privé.

En 1831, Pouchkine épouse Natalia Gontcharova avec qui il aura plusieurs enfants. En 1833, il est nommé membre de l’Académie russe. Malgré son prestige croissant, il est hanté par les dettes toute sa vie, jusqu’à ce qu’il fonde la revue Le Contemporain, qui deviendra la publication la plus influente de la littérature russe. Il écrit ses dernières œuvres principalement en prose. Pouchkine est également connu pour avoir écrit de la poésie érotique.

 

Sources :

– Russia Beyond

– Biografias y Vidas

Lecturalia

– Wikipédia

– La Terre, le Feu, l’Eau et les Vents, Edouard Glissant, Galaade Editions

Gustavo Adolfo Bécquer : un romantique inspiré par Heinrich Heine

Gustavo Adolfo Bécquer : Rimes pour la postérité

Écrivain, dramaturge et poète romantique, Gustavo Adolfo Bécquer est considéré comme le fondateur du lyrisme espagnol moderne. L’amour qu’il porte à une cantatrice, l’amène à écrire les Rimes auxquelles il doit sa renommée littéraire. Elles sont à l’origine du courant de poésie intimiste inspirée par Heinrich Heine qui s’opposait à la rhétorique pompeuse des poètes romantiques antérieurs.

 

Gustavo Adolfo Bécquer : orphelin et malade

Né à Séville le 17 février 1836, fils et frère d’artistes peintres, il devient orphelin à l’âge de dix ans. Son frère aîné, Valeriano, et lui sont adoptés par leur oncle.

A l’âge de dix ans, Gustavo Adolfo commence une carrière nautique à l’école San Telmo de Séville. Sa vocation est frustrée lorsque l’école ferme ses portes. Sa marraine, Manuela Monahay, le recueille. En femme cultivée, elle possède une merveilleuse bibliothèque ou l’adolescent passe des heures à lire des livres de toutes les époques et de tous les horizons.

En 1854, avec son frère, il s’installe à Madrid où il collabore à plusieurs publications journalistiques tout en adaptant des pièces de théâtre, des œuvres dramatiques légères françaises ou italiennes. Avec quelques amis, il fonde la revue España Artística  mais de graves problèmes économiques et de santé – il est atteint d’hémoptysie – commencent à l’affaiblir. Il se réfugie dans le monastère de Veruela afin de se rétablir. De là, il envoie ses écrits à diverses revues parmi lesquels Lettres de ma cellule.

Gustavo Adolfo Bécquer : un amour intouchable

De retour à Madrid, il éprouve un amour profond, passionnel et platonique pour la cantatrice Julia Espín. Beaucoup de ses rimes sont inspirées par elle mais c’est avec Casta, la fille de son médecin, avec qui Bécquer se marie en 1861. Avec elle, il aura trois enfants, mais le dernier d’entre eux est source de conflit entre les époux, Gustavo l’attribuant au fruit d’un amour extra-conjugal.

Gustavo Bécquer a été rédacteur en chef du journal El Contemporáneo, mais n’a jamais participé à la vie publique ou politique. La célébrité ne l’a pas accompagné de son vivant. On le disait sérieux, gentil, peu expressif et se contentait d’un cercle d’amis restreint. Il admirait Chopin et s’évadait dans la musique.

Son travail simple, chaleureux, sentimental et raffiné se compose de ses célèbres Rimes, d’un ensemble de 94 poèmes courts, de 25 légendes et de ses neuf lettres littéraires avec le titre Desde mi Celda.

Gustavo Adolfo Bécquer : père de la littérature moderne espagnole

Bien que sa renommée soit due à ses vers, sa prose est aussi merveilleuse. Dans les Légendes, il captive le lecteur en lui montrant un monde fantastique. Il n’a essayé ni de laisser des enseignements moraux, ni de s’attacher à la logique. En auteur romantique, il a donné libre cours à son imagination et à ses sentiments. Certains textes appartiennent au gothique ou au genre de l’horreur, d’autres sont de vrais poèmes, écrits en prose, d’autres sont des récits d’aventure. L’on y perçoit son admiration pour la nature et les paysages castillans.

Avec Rosalía de Castro, il a inauguré la ligne espagnole moderne et a ainsi été reconnu par des auteurs prestigieux tels que Miguel de Unamuno, les frères Antonio et Manuel Machado, Juan Ramón Jiménez, Rafael Alberti, Federico García Lorca, etc.

Ses célèbres comptines ont été écrites en 1867, mais il a perdu le manuscrit pendant la Révolution de 1868. Il l’a reconstitué de mémoire et avec l’aide de ce qu’il avait déjà publié dans les journaux de l’époque. Il l’intitule El libro de los gorriones –Le livre des Moineaux- conservé à la Bibliothèque nationale de Madrid. Dans ces versets s’entrelacent souvenirs, amour, déception, désespoir et mort.

Usé par la maladie qui l’accompagnait depuis 1858, il s’éteint à 34 ans, à Madrid, le 22 décembre 1870 quelques mois après son frère décédé en septembre.

Parmi ses dernières volontés, il demande à son ami, le poète Augusto Ferrán, de brûler ses lettres personnelles et de publier ses vers. Il pensait qu’il serait reconnu après sa mort et sa prémonition s’est réalisée.

 

Sources :

– Rimas y Leyendas, Edición Enrique Rull

– España es cultura

– Poemas del Alma

Alexis-Félix Arvers : une muse énigmatique, un sonnet et Gainsbourg pour le chanter

Alexis-Félix Arvers : un sonnet passé à la postérité

En 1906, Le Soleil du Dimanche illustré du 9 septembre annonçait que l’on venait de poser une plaque commémorative sur la maison où était né, cent ans plus tôt, Alexis-Félix Arvers. A présent oublié, cet homme de lettres doit sa réputation à l’une des poésies les plus récitées de son siècle et, surtout, au mystère qui entoure la muse qui l’aurait inspiré. La version proposée – il en existe plusieurs mais seuls quelques détails changent – est tirée de l’hebdomadaire cité plus haut. Ce poème porte comme titre Un secret  mais il est généralement nommé Sonnet d’Arvers.

 

Alexis-Félix Arvers : un dandy ami d’Alfred de Musset

Le poète et dramaturge français Alexis-Félix Arvers naquit à Paris le 23 juillet 1806, au numéro 1 de la rue Budé, dans le 4ème arrondissement.

Notaire de profession, il rêvait de devenir un homme de plume. Il y réussit en faisant jouer une douzaine de comédies légères, un genre dont raffolait le public petit-bourgeois de l’époque. Leur succès lui permit de mener une existence « de dandy » et de fréquenter d’autres auteurs, notamment Alfred de Musset dont il était vraisemblablement un proche.

Mille suppositions pour un sonnet

C’est dans le salon littéraire organisé par Marie Menessier-Nodier, poétesse et écrivaine fort connue en son temps, où il était coutume que chaque invité laissât quelques vers où phrases dans l’album de la maîtresse des lieux, qu’Alexis-Félix rendit public son sonnet titré Un secret. Presque aussitôt, il devint n°1 au « hit-parade » de la poésie et y resta longtemps. En effet l’énigmatique femme à qui s’adressait ce poème, ne cessa d’intriguer et de faire parler les contemporains du poète. Si la majorité s’accordait à penser qu’il s’adressait à Marie Menessier-Nodier, d’autres estimèrent que cette femme n’existait pas réellement, qu’il s’agissait d’une allégorie. Certains relevèrent que l’inconnue pouvait être Adèle Hugo, l’épouse de Victor Hugo. Ils s’appuyaient sur deux rimes du dernier tercet : « fidèle » et « d’elle » qui feraient écho au prénom Adèle.

De nos jours, une hypothèse penche pour qu’il s’agisse de son amour d’adolescent, une jeune fille de son âge qu’il ne put ni épouser ni courtiser, d’autant qu’elle mourut très jeune.

Quoi qu’il en fût, à l’époque, ce sonnet su et récité par toutes les femmes, et dont on parlait dans les salons les plus chics, fit la gloire de son auteur, mais lui attira aussi de nombreux ennemis, dont Prosper Mérimée qui le détestait. Souvent pastiché, y compris vers la moitié du XXème siècle, il inspira également Serge Gainsbourg qui en fit une chanson très swing, au début des années 1960.

Le 7 novembre 1850 à Paris, Alexis-Félix d’Arvers, alors âgé de quarante-quatre ans, décéda d’une maladie de la moelle épinière, pauvre et, à l’instar de son œuvre hormis son fameux sonnet, oublié de tous. Son corps repose dans le cimetière de Cézy, d’où sa famille était originaire. Il semblerait que la jeune adolescente qui l’aurait inspiré y est aussi enterrée.

Écoutez, ci-dessous, la version de Serge Gainsbourg.

 

Sources :

Le Soleil du Dimanche illustré, septembre 1906

-Un jour un poème

Bacfrançais.com

-Wikipédia

-Youtube: Chansons, folklore et variétés

Albert Mérat: l’égal de Verlaine remplacé par un bouquet

Albert Mérat: le parnassien absent

Rimbaud considérait Albert Mérat comme un talentueux visionnaire. Quasi l’égal de Verlaine. Toutefois, suite à une dispute avec le jeune et provocateur poète, Mérat qui faisait partie des Parnassiens dont il était l’un des fondateurs, refusa de poser pour le peintre Fantin-Latour qui immortalisa les hommes de lettres de ce mouvement dans son tableau « Un coin de table ». Remplacé par un bouquet de fleurs, cette absence nuisit à sa postérité.

 

 

Albert Mérat est un poète français, né à Troyes le 23 mars 1840 et décédé à Paris en 1909. Fils et petit-fils d’avocats, arrivé à Paris avec sa mère devenue veuve, il fait son Droit mais préfère vite Les Lettres.

Comme il est d’usage chez les poètes XIXe siècle, Albert Mérat voyage. Sa poésie évoque surtout le ciel et le soleil de l’Italie ainsi que ses monuments. Le plaisir du retour, son attachement au pays, sont aussi très présent dans son œuvre.

Mérat affectionne également s’inspirer des paysages qu’il connaît bien, notamment de la campagne de la région parisienne. La vie à Paris demeure l’un de ses sujets de prédilection et les femmes sont l’un de ses sujets favoris. Dans le recueil L’idole, il décrit à peu près toutes les parties de leur corps, hormis les fesses ce qui lui sera reproché par d’autres Parnassiens.

Un recueil est entièrement consacré aux Parisiennes : Triolets des Parisiennes de Paris.

 

Sources:

-La Cave à Poèmes

-Troyes d’hier à aujourd’hui

Endre Ady: l’influence de Baudelaire et Verlaine

Le symbolisme français pour décrire la Hongrie

Issu d’une famille noble désargentée, Endre Ady de Diósad né en 1877 à Érmindszent et décédé à Budapest en 1919, est un poète hongrois également connu sous le nom d’André  Ady, chef de file du renouveau de la poésie et de la pensée sociale progressiste en Hongrie au début du XXe siècle. Le poème suivant se situe à Paris où le poète a découvert le symbolisme français.

Après des études de droit, Endre Ady travaille comme journaliste puis, avec son amante, une femme mariée appelée Léda dans ses poèmes, il se rend à Paris où il reste un an, ce qui lui permet de s’initier aux nouveaux courants de la littérature européenne.

À son retour, Ady recommence à travailler comme journaliste tout en écrivant de nombreux poèmes. Il s’intéresse aussi à la politique. Grâce à ses expériences parisiennes, il élabore un nouveau style, à savoir le patriotisme critique. A travers sa poésie il souhaite révéler les problèmes socio-politiques de la Hongrie et amener une transformation politique.

Cependant Ady est âprement attaqué non seulement pour son attitude politique, considérée comme non patriotique, mais aussi pour ses poésies érotiques. Atteint de syphilis, sa créativité faiblit, ce qui ne l’empêche pas de s’insurger contre le nationalisme hongrois durant la première guerre mondiale.

La poésie d’Endre Ady est fortement influencée par le symbolisme français, en particulier par Baudelaire et Verlaine. Son œuvre reflète la décadence et les injustices sociales de la monarchie hongroise.

Rarement dans l’histoire, un poète aura autant embrasé et embrassé un pays, un peuple, une langue, tout en culminant dans l’universel. Livré à la rage d’aimer et d’être aimé, le poète sera la proie d’une angoisse existentielle, qui ne le quittera jamais : « Celui qui voit avec mes yeux le monde et soi-même dans le monde, accepte par là même la mort, le dépérissement, l’anéantissement ».

Le poème publié est issu du livre Mes poètes Hongrois, de Guillevic, aux Editions Corvina Budapest, 1967.

Sources:

– Christophe DAUPHIN dans la Revue Les Hommes sans Epaules.

– Wikipédia