Climat : état des lieux empirique, scientifique et institutionnel

Il en va manifestement de la destructivité climatique comme d’autres enchaînements historiques. Lorsqu’il convient de livrer un combat, l’ennemi est d’abord du côté des victimes potentielles, et non exclusivement du côté de l’adversaire désigné, humain ou non-humain. Les premiers ennemis des nazis furent en effet l’incompétence et l’obstination stratégiques du caporal Hitler. Côté français, les premiers ennemis furent l’incompétence de l’état-major et le défaitisme chronique de Pétain, y compris lorsque le gros des troupes d’Hitler était en Pologne. Etc. Nous ne sommes pas stricto sensu en guerre contre le climat, mais ne devons pas moins livrer un combat à multiples facettes contre le changement climatique : nous devons en effet changer les habitudes de consommation qui nous ont conduits à une situation qui tourne au cauchemar, lutter contre les intérêts économiques et les systèmes techniques solidaires de ces habitudes, nous adapter autant que possible à un monde qui change très vite, etc. Or, des forces gigantesques, économiques et politiques au premier chef, se mobilisent pour nous persuader de ne rien faire : au nom de l’économie, comme si un climat violent était compatible avec nos économies ; au nom de l’écologie punitive, expression imbécile s’il en est ; au nom du refus de la dictature ou du socialisme Verts ; au nom de la magie des techniques ; etc. Nous assistons plus précisément à une collusion entre de puissants intérêts économiques d’un côté et, de l’autre, un désir de déni diffus, des forces populistes montantes, aptes à contrer toute percée politique écologique et efficace.

Il va sans dire que je ne répondrai pas sur ce blog aux sempiternels climato-sceptiques qui se déchaînent avec des arguments plus stupides les uns que les autres, plus ou moins assortis de mauvaise foi. Et souvent d’une arrogance grotesque.

Où en sommes-nous ?

Autant dire qu’en quelques-années la donne climatique a profondément changé. Les choses tournent même au cauchemar. De lointain – la fameuse fin de siècle et sa température moyenne auscultée par le GIEC –, le dérèglement climatique est devenu contemporain, douloureusement tangible à nos sens. Des grandes tendances telles qu’elles ressortent des modèles, nous sommes passés en quelques années, sans toujours le comprendre, à l’actualité récurrente et tendancielle d’événements extrêmes, de plus en plus extrêmes. Lorsqu’une équipe de climatologues de Météo France avait en 2017 fait paraître une étude prévoyant pour l’Est de France à la fin du siècle des maxima à 50, voire 55°[1], personne ne la prit véritablement au sérieux. Pourtant rapidement, des pointes de température, avec une hausse mondiale d’un peu plus de 1°, commencent à s’en rapprocher. Un petit village de l’Hérault a connu un maximum de 46° en fin juin, 2019, 43° en région parisienne fin juillet de la même année. Et évidemment les 49,6° de Lytton, à la latitude Nord de Vancouver auraient paru absurdes il y a quelques années à la plupart des scientifiques du climat. Des températures urbaines à 50° et plus ne sont plus exceptionnelles en Inde ou autour du Golfe Persique. Et on s’est approché récemment de ces valeurs aux USA ou en Espagne. A quoi s’ajoutent bien sûr les autres types d’événements extrêmes comme les méga-feux en Australie ou en Californie, les inondations de grande étendue comme celles consécutives au cyclone Harvey aux USA en 2017, avec des glissements de terrain et autres coulées de boue jamais expérimentés comme au Japon ou en ce moment en Allemagne, les vagues de sécheresse et autres cyclones. Ou bien encore les passages du chaud au froid comme ce printemps en France, non moins dévastateurs pour les cultures. Et il conviendra d’y ajouter dans quelques décennies les contrées touchées par des phénomènes d’accumulation chaleur-humidité saturant les capacités corporelles de régulation thermique, et condamnant en moins de 10 minutes à mort sans possibilité de refuge plus sec ou moins chaud.

Or, ce sont ces phénomènes qui à la fois nous avertissent du dérèglement climatique en cours et dont la récurrence va rendre la vie sur Terre, et au premier chef l’agriculture, de plus en plus aléatoire. Ils sont donc l’interface par excellence entre le changement climatique et nous. Or, il n’est pas facile de les appréhender à partir des grandes tendances dégagées par les modèles. Il n’en reste pas moins vrai que leur violence et leur récurrence dépendent de la température moyenne à la surface de la Terre, de l’énergie qu’elle enferme. Encore une fois, ce sont eux qui nous affectent, nous touchent et qui ont des conséquences hautement destructrices. On comprend donc l’inquiétude des scientifiques du climat rendue manifeste par les fuites récentes au sujet du prochain rapport du GIEC.

Les choses vont si vite qu’il devient par ailleurs inopportun, comme le faisait remarquer le climatologue Christophe Cassou, en dépit de la réalité statistique du climat, d’évaluer le changement sur des moyennes de 10 à 30 ans. Rappelons que la température sur Terre au sol a augmenté d’1° ces 40 dernières années, et que le phénomène s’accélère, au prorata de nos émissions passées et actuelles. Pour appréhender cette évolution, mieux vaut tabler sur les moyennes annuelles s’enchainant pour finir par ne plus retomber en-deçà d’un certain seuil. La tendance est alors hautement visible. Si comme le prévoit le Met Office, nous avons 40 % de chances de connaître une année plus chaude de 1,5° vis-à-vis de la période préindustrielle dès avant 2025, on peut alors s’attendre à vivre prochainement une année particulièrement dramatique., suivie de bien d’autres. Quant au modèle français de l’IPSL, il table sur l’avènement d’années à au moins 2° de plus, dès le début de la décennie 2040. Rappelons que la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone s’élève désormais à 420 ppm, ce qui équivaut à la valeur qui prévalait il y a 4 à 4,5 millions d’années, au Pliocène, avec une température moyenne plus élevée de 2 à 3 degrés par rapport à nos valeurs préindustrielles. Les prochaines décennies nous réservent d’ores et déjà moult événements extrêmes.

Quel contexte institutionnel ?

Face à cette situation devenue périlleuse, au moins pour ceux qui savent encore s’appuyer sur des faits, force est de constater que le contexte institutionnel change. L’Agence européenne de l’environnement appelle en effet, ni plus ni moins, à une forme de décroissance[2]. L’Agence Internationale de l’Énergie invite quant à elle à ne plus exploiter de nouveaux gisements fossiles[3]. La Cour suprême hollandaise s’était illustrée dans l’affaire Urgenda, en exigent du gouvernement qu’il augmente son objectif de réduction des gaz à effet de serre. Récemment un tribunal hollandais a condamné Shell à réduire de 45 % ses émissions d’ici à 10 ans[4]. En mai la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a imposé au gouvernement fédéral de passer de moins 55 à moins 65 % son objectif de réduction des émissions de carbone d’ici à 2030, imposant ainsi au nom du droit des générations futures un objectif plus élevé que celui voté par le parlement européen. En France le Conseil d’État a donné 9 mois, à compter de fin juin, au gouvernement français pour qu’il atteigne l’objectif qu’il s’était fixé de réduction des émissions de40 % d’ici à 2030. Certaines institutions ont donc indubitablement pris la mesure de la donne qui nous échoit.

En revanche, si l’on se tourne vers la donne politique des démocraties représentatives, la situation est beaucoup moins encourageante. On peut distinguer trois cas de figure au moins. Le premier est celui caractéristique du bipartisme nord-américain avec une ligne de démarcation qui est l’acceptation ou le déni des enjeux climatiques ; le climat, associé au populisme et à son refus, est ce qui oppose pour l’essentiel les Démocrates aux Républicains. Autre cas de figure, celui de l’Allemagne et de l’Angleterre, pour lesquelles il y a une forme de consensus droite-gauche sur l’enjeu majeur de climat. Avec la loi CO2 soutenue à droite et à gauche, la Suisse semblait s’orienter vers ce cas de figure ; après le refus de cette loi par le peuple d’une courte majorité, la situation est plus incertaine. Il reste le cas de figure français avec des Républicains qui s’opposent à toutes les décisions en faveur de l’environnement, et un Président de la République et son semblant de parti politique peu enclins à agir, comme le montre à souhait la loi climat, mais sans pour autant nier, paradoxalement, le problème. Le chemin à parcourir pour construire un consensus en creux commun à toutes ces démocraties est encore loin.[5]

Il n’en reste pas moins vrai que certains milieux d’affaires ont choisi de promouvoir, en soutenant des médias résolument populistes, le climato-scepticisme le plus grossier. Tel est le cas de CNews et désormais d’Europe n° 1 en France. Durant la canicule canadienne se succédaient sur les plateaux des pitres climato-sceptiques plus pathétiques les uns que les autres, comme dans un geste apotropaïque, afin d’exorciser l’effet potentiel de ces drames sur bon peuple. Certains journalistes cherchaient des précédents, comme si la tendance et la précipitation des phénomènes étaient inexistantes. Plus généralement, une décarbonation rapide des économies mettrait en grandes difficultés nombre d’acteurs majeurs des places financières, dont la part des investissements carbonés reste déterminante.

Enfin, le sort que réserveront les différents États européens au projet de la Commission en matière de neutralité carbone à l’horizon 2050 avec une taxe aux frontières, mais en taxant aussi les consommations fossiles domestiques, si ambitieux soit-il, n’est pas encore scellé et loin d’être acquis. Il convient également d’être attentif au fait que ce plan est aussi porteur d’une extension de la logique de marché à l’ensemble du « capital naturel », avec des marchés de compensation rendant la protection de la nature dépendante de la volatilité des prix sur les marchés.

*      *      *

Décidément la route conduisant à un réel changement de modèle, seul propre à réduire la catastrophe en cours, est encore longue, et plus encore incertaine, à la différence du cours destructeur de l’habitabilité de cette planète.

[1] Margot Bador & alii, « Future summer mega-heatwave and record-breaking temperatures in a warmer France climate », Environ. Res. Lett. 12 (2017) 074025, https://doi.org/10.1088/1748-9326/aa751c

[2] https://www.eea.europa.eu/publications/growth-without-economic-growth

[3] https://www.lemonde.fr/energies/article/2021/05/18/l-agence-internationale-de-l-energie-appelle-a-ne-plus-investir-dans-de-nouvelles-installations-petrolieres-ou-gazieres_6080549_1653054.html

[4] https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/pays-bas-shell-est-condamne-a-reduire-de-45-ses-emissions-de-co2-d-ici-dix-ans-149844.html

[5] Voir D. Bourg, « Écologie et civilisations. Fin d’un monde et nouvelles perspectives », Futuribles, n° 442, mai-juin 2021, pp. 33 – 44.

Dominique Bourg

Dominique Bourg est un philosophe franco-suisse, professeur honoraire à l'Université de Lausanne. Il dirige la publication en ligne https://lapenseeecologique.com/ et diverses collections aux Puf.

59 réponses à “Climat : état des lieux empirique, scientifique et institutionnel

  1. Bonjour,

    Dans la culture de la pensée positive, récemment, un présentateur vedette de la chaîne LCI a vu la fonte du permafrost comme une opportunité de nouveaux sols agricoles… C’est dire que tous les espoirs sont permis. Cordialement.

  2. …A titre d’exemples du point de bascule en phase d’être atteint. J’aurais ajouté la nouvelle récemment propagée par ce journal (Le Temps), de l’avènement d’une nouvelle phase dans le cycle de Carbone du bassin amazonien. Plus qu’une nouvelle, c’est la signature d’un point de non-retour inquiétant pour l’espèce humaine !

    On voit déjà se déssiner un scénario-Choc, qui serait des plus compatibles avec le modèle “Business as usual” : Quid de l’enfouissement de nos déchets radioactifs dans l’espace (et de relancer la construction de nouvelles centrales nucléaires) ?

    Afin d’analyser un minimum cette douteuse proposition (et sans compter les dangers potentiels liés à la gestion humaine de nouveaux parcs nucléaires, surtout sur une planète en proie à de plus en plus de tensions géopolitiques) , il serait nécessaire de savoir ou trouver certains chiffres tels que : 1° Energie grise et énergie consommées par l’exploitation nucléaire ? 2° Energie grise et énergie consommées par le lancement de fusées traditionnnelles (et aussi plus modernes type Space x etc) afin d’atterie et repartir de la lune/mars ?

    1. Oui vous avez de mon point de vue raison. Quant au nucléaire, bien que moins émetteur, il ne fournit que quelques % de l’énergie primaire mondiale, et ne saurait donc constituer à lui seul une planche de salut, d’autant qu’il convient de décarboner rapidement, plus rapidement que le temps de construction d’un EPR.

    2. bonjour.Le débat sur le nucleaire est en panne depuis trés longtemps,en europe,pour des raisons historico-politique(thanatocéne).Le sujet est bloqué par un dogmatisme,qui refuse d aborder la technique et sa maitrise.Ainsi,idéaologiquement coincé dans le pour ou contre depuis des décénnies,ont as trés peu aborder les faits.Mais les idéologies ne sont elles le refus des faits?Le nucleaire ,c est la maitrise d une technique.Bien maitrisé,le degagement de c02 est négligeable en rapport des autres énergies non renouvelable.Si il vrai qu il utilise du fossile(extraction,conditionement ect)c est peanuts par rapport au charbon et au petrole.Les reserves d uranium etant limités,il existe un projet scientifique européen de centrale de 4eme géneration(thorium,sodium).Il manque la volonté politique car indexe sur l opinion publique qui ne maitrise pas les connaissances nécessaires pour faire avancés le débat.C est la conséquence d une sequestration du theme par les anti et pro.Je ne suis moi meme un repentis,qui etait anti par ignorance crasse.Le débat doit étre abordés de maniéres dépassionnés et écoutons et apprenons de la science.

  3. Il est de notre devoir de tout faire pour que la catastrophe annoncée soit évitée…mais il est parfois décourageant d’observer la bête (l’hydre – dont les multiples têtes repoussent à mesure que nous la combattons). Selon la mythologie grecque, l’hydre est le concentré du mal forgée par l’humanité depuis ses origines…elle possède 9 têtes – 3 qui symbolisent les appétits instinctifs en relation avec le sexe, le confort et l’argent; 3 avec les passions émotionnelles de la peur, de la haine et du pouvoir; les 3 dernières représentent les vices du mental, l’orgueil, la division et la cruauté. Elle vit dans des marais putrides de Lerne…
    Les coups d’épées ne fait que la rendre plus agressive, et nous éclabousser de boue fétide…La conquête de l’hydre ne peut se faire qu’avec abnégation, humilité et persévérance. C’est l’aspiration (à un monde meilleur – l’air pur/ère pure) qui permet de lutter efficacement contre elle, les armes sont inefficaces car cela ne fait que la renforcer. Il ne faut pas être soucieux de tuer l’hydre – en l’exposant à la lumière du jour et au vent frais. C’est en renonçant à lutter avec les armes habituels que l’on s’élève…et l’hydre n’y survivra pas, elle s’affaiblira peu à peu…
    (Le mythe d’Hercule aujourd’hui, Trigueirinho)

  4. Je ne nie pas le bouleversement climatique.
    A mon échelle, j’ai fait tout juste, et probablement plus que vous pour réduire mon emprunte carbone.

    Mais j’ai une question.
    Quel prix êtes-vous prêt à payer pour imposer la fin de notre civilisation basée sur le carbone dans les délais que vous appelez de vos voeux? et sa décroissance?

    Macron a assumé des manifestations, puis leur répression, pour quelques centimes d’euro sur le prix de l’essence, puis a fait marche arrière (ce que vous semblez regreter).

    Lorsque le gouvernement interdira les véhicules à moteur, on pourra trouver une alternative pour se déplacer. Ok. Enfin pas pour tous.

    Lorsque le gouvernement interdira les centres de données/stockage de l’internet, on pourra trouver une alternative pour se divertir/s’informer. Ok. Enfin pas pour tous.

    Lorsque le gouvernement interdira les voyages en avion, on pourra trouver une alternative pour visiter nos familles. Pas vraiment.

    Lorsque le gouvernement interdira les chauffages, on pourra trouver une solution pour passer l’hiver. Enfin pas tous…

    Lorsque le gouvernement interdira l’agriculture intensive, on fera comment pour se nourrir ?

    Lorsque le gouvernement ordonnera la répression des émeutes de la faim, on fera quoi ?

    Vous pouvez dérouler la mise en oeuvre de vos plans et ses conséquences.

    On me rétorque généralement que le bouleversement climatique va causer des milliards de morts. Ok. Mais êtes-vous prêt à assumer concrètement de donner l’ordre de tirer sur une foule qui a faim pour imposer la mise en oeuvre d’hypothèses quant au temps qu’il nous reste pour leur mise en oeuvre. Etes-vous à ce point certain de l’absence d’alternative (en termes de temps) que vous pourriez imposer leur mise en oeuvre par la force ?

    Je suis convaincu que vous faites comme les armées françaises (“l’intendance suivra”). Mais j’aimerais savoir quel prix vous êtes concrètement prêt à payer pour imposer un calendrier rapide de mise en oeuvre de votre agenda écologique.

    Il y a les climatosceptiques, qu’il faut dénoncer, mais comment qualifierez-vous ceux qui nient les conséquences sur la vie humaine d’un changement de civilisation, de carbonnée à non-carbonnée ?
    Car il y aura un prix à payer. Et mes émeutes de la faim ne sont qu’un petit exemple. Tout ne se passera pas gaiement autour d’un feu à chanter Kumbaya.

    Et je simplifie en parlant “d’un gouvernement” mais il y aura des centaines de gouvernements qui auront leur propre agenda… Et imposer une décroissance quand d’autres profiteront de notre effacement pour accroître leurs richesses va engendrer frustration, violences…

    Ma solution? Je m’en remets, moi, à notre idéal démocratique. Sa lenteur, certes, le fait qu’il nous obligera à vivre avec des catastrophes, et donc des accélérations par a-coups vers la société décarbonnée que j’appelle de mes voeux… mais j’en ai marre de lire celles et ceux qui veulent la fin de notre société pour p. ex. 2025 (extinction rebellion) sans aucun égards pour nos mécanismes démocratiques et qui ne discutent jamais du prix qu’ils sont prêts à assumer en termes de répression de l’opposition. Il ne s’agira pas de critiquer par de bons mots la ligne éditoriale de CNews, mais d’ordonner le tir à balles réelles sur des orphelins qui meurent de faim et demandent du pain…

    La lenteur démocratique, et son prix en termes de catastrophes écologiques, est un coût que j’assume de payer le cas échéant au prix de mon confort ou de ma vie. Et votre alternative? En assumez-vous le coût ?

    1. Je comprends, mais votre raisonnement suppose qu’à ne rien faire il n’arrivera rien. Quelle illusion dangereuse ! Ne rien faire débouchera rapidement sur les calamités que vous redoutez, à commencer par la faim : l’agriculture s’est développée avec l’Holocène et son climat relativement stable, produire de la nourriture va, avec le nouveau régime climatique en train de s’imposer, rapidement devenir de plus en plus aléatoire ; à 1,2°, nous ne sommes qu’au tout début de nos difficultés.

      1. Pas exactement.

        Je postule que la lenteur démocratique, et son prix en termes de catastrophes écologiques, est un coût que j’assume de payer.

        Et vous ? Quel prix êtes-vous prêt à payer pour imposer des mesures fondées sur des modélisations statistiques ?

        Au fait, il s’agit des mêmes scientifiques de l’Imperial College de Londres qui nous parlaient de 54’000 morts de la Covid en Suisse ou de 690’000 morts en France du 2 au 29 mars 2020… Sommes-nous en train d’écouter les plus alarmistes ?

        1. Les estimations de l’Imperial College cherchaient à mesurer les effets de l’inaction. Les gestions populistes de pays comme le Brésil ou l’Inde leur donnent en un sens raison.

      2. Je pense que R. pose de très bonnes questions et je trouve frustrant que vous les éludiez (comme beaucoup de personnes et d’institutions impliquées dans le lutte contre la crise climatique dès que l’on confronte certains choix à leurs conséquences morales).

        En effet, la question du sacrifice d’une partie de l’humanité pour sauver la planète est, à mon sens, une question centrale. Vous ne pourrez pas ne pas l’affronter un jour ou l’autre les yeux dans les yeux. Glisser sur cette question comme chat sur braise et refuser de l’anticiper ne fait que retarder le moment où il faudra s’en emparer et l’assumer.

        Jacques Piccard en parlait déjà en 1972 et son propos ne s’embarrassait pas de périphrases et de circonlocutions https://www.facebook.com/watch/?v=3573018256108890

        1. Piccard père était effectivement très lucide. Je n’élude rien du tout. L’agroécologie est en mesure de nourrir la planète comme l’avait affirmé autrefois un rapport de la FAO. Réduire une forme de confort matériel et nourrir l’humanité ne sont pas la même chose.

          1. « L’agroécologie est en mesure de nourrir la planète »

            Vous touchez là au cœur de la contradiction morale de la lutte contre la crise climatique : si l’on admet que l’on peut nourrir la planète (ce qui reste à traduire dans la réalité, dire n’est pas faire) et que l’on part du principe que l’humanité ne vit pas que de pain, on peut imaginer que toutes ces populations demanderont à accéder à une certaine prospérité, fût-elle modeste.

            Le simple fait de permettre à ces populations d’accéder à une petite prospérité sera très consommateur de ressources et de matières premières (construction d’infrastructures, de logements, d’équipements en tout genre, etc.).

            Quand bien même les pays riches réduiraient leur consommation, ce qui est loin d’être acquis, les populations nombreuses des pays en développement, de par leur nombre et sans forcément atteindre le niveau de vie occidental, compenseraient largement la diminution de l’impact des pays riche sur les ressources terrestres. A tel point qu’on parle même actuellement d’un risque de pénurie de sable ( !) dû à la construction (https://www.natura-sciences.com/environnement/penurie-sable.html ) qui pourrait mettre en danger les équilibres naturels de la planète.

            Je persiste à penser que nous devrons faire face à des choix moraux incontournables.

          2. Quelques pays satisfont l’essentiel des 11 besoins sociaux fondamentaux reconnus par l’ONU avec une empreinte écologique inférieure à 0,8 planète.

      3. En fait, votre (non-)réponse traduit un embarras profond face à une alternative insoluble : si l’on ne fait rien il y aura beaucoup de mort dont tout le monde sera collectivement responsable (donc personne) et les dégâts seront irréversibles, si l’on fait quelque chose il y aura aussi beaucoup de morts avec un espoir ténu d’empêcher le pire … mais on pourra désigner les responsables.

        Cruel dilemme.

        1. Non, pseudo-alternative. Je le répète, se défaire d’un confort par trop destructeur, et le mot confort n’est pas approprié au regard du niveau délirant de nos consommations énergétiques, n’implique en aucun cas de condamner l’humanité à la famine.

          1. Sauf erreur en tant que professeur de l’Unil à la retraite, vous vivez dans un confort assez douillet. De quels éléments précis de votre confort êtes-vous prêt à prendre l’engagement (public et vérifiable) de vous priver, pour lutter contre le réchauffement climatique et pour donner l’exemple ?

          2. Vous bottez en touche. La question était posée de manière sarcastique mais elle est légitime. Vous préconisez des politiques comportant un abaissement du niveau de vie pour tous. On est donc en droit de vous demander quelles sortes de pénitences un foyer de la classe moyenne supérieure (disons celui d’un professeur d’université suisse dont le salaire est d’environ 15’000 frs suisses par mois en activité, et la retraite d’environ 10’000) doit s’infliger à soi même pour être vertueux, dans le cadre de la transition que vous pretendez imposer à tous.

            Si vous esquivez, c’est que vous êtes un Tartuffe.

          3. Je en réponds pas en général aux commentaires populistes. Vous êtes mal informé à mon sujet et ne comptez pas sur moi pour pallier ce défaut d’information. La tartufferie renvoie à un esprit tordu, mais il est bien d’autres manière d’être tordu !
            La richesse débouche généralement sur une empreinte carbone élevée, tout simplement sur un surcroît de consommation de ressources. Des écarts de richesses importants ne sont donc guère compatibles avec une société écologisée. Toutefois, au-delà d’un certain seuil, la corrélation richesse – bien-être disparait.

        2. “…dire n’est pas faire…”, dites-vous dans votre commentaire précédent.

          Faire n’est pas toujours dire non plus (et vice-versa, n’en déplaise aux malheureux disciples d’Austin et de Searle). “Faire, en français, veut dire chier. Exemple: Ne forçons point notre talent, nous ne ferions rien avec grâce.”- La Fontaine, cité par Aragon dans la préface à son Traité du Style.

  5. nous sommes à l’ère du fossile depuis +/- 400 ans(débat sur l anthropocène).La question de l aspect non renouvelable a été omis du débat pour de multiples raisons,mais principalement par la fascination projeté par la puissance développé.Nous allons être confrontés,d’une manières ou d’une autre,au fait ,que désormais, l énergie est contrainte.Dans des sociétés comme les nôtres,Hypra Dépendantes de l’énergie,au point de nous désincarnés en simple gestionnaires de flux,c est une révolution copernicienne.Au vus du peu d’intérêt pour les questions scientifique de la population,grave carence educative(choix?),l’incompréhension risques d’être de mise,facteur majeur de la coercition.
    Des solutions existent pour atterrir,plus pour planer.

  6. La situation climatique est effectivement préoccupante, comme l’est d’ailleurs la situation pandémique actuelle. Les imbéciles à la tête de FoxNews aux USA, maintenant suivis par des imbéciles européens de CNews et Europe1, inquiètent nos démocraties victimes potentielles de ces organismes populistes soutenus avec connivence par certains milieux financiers. Toutefois le funeste Trump a malgré tout et heureusement été viré démocratiquement comme d’autres populistes récents.
    On recommande donc une vigilance accrue des démocrates envers certains médias et certains partis politiques sensibles aux idées simples, aux raisonnements courts et à la mémoire déficiente. C’est mon souhait en pensant à mes enfants et petits enfants.

    1. Oui certes et le paysage actuel de l’information, avec sa fragmentation et son individualisme exacerbés, contribue hautement à la dérive actuelle.

    2. erreur ! La finance mène au contraire une propagande éhontée pour que nous plantions toujours plus d’éoliennes et de panneaux solaire quitte à raser des forêts…

  7. Pour le moment cette question est éclipsée par la volonté des états d’imposer aux gens de s’inoculer des substances dangereuses, pour mieux les asservir à un nouvel ordre orwellien. Certes, il y a une majorité qui se soumet à ces injonctions, à cause des chantages multiples (“prime au civisme” dit le porte parole du gouvernement français), de la coercition et de la propagande qui tente d’extorquer un consentement. Mais la minorité insoumise est irréductible, et elle se battra jusqu’à la victoire. Le gouvernement Macron pourrait bien être le premier à tomber, comme Charles X en 1830 et Louis-Philippe en 1848. Pendant ce temps, on oublie le climat. Il sera encore temps d’en reparler une fois que Macron sera tombé, entraînant une onde de choc antimondialiste. Pour le moment, la préoccupation climatique est portée par deux catégories d’acteurs: ceux qui sont vraiment désireux de s’occuper du problème réel qui se pose, et les gens de pouvoir mondialistes qui se foutent complètement de l’environnement, mais entendent se servir du problème, comme de la pandémie, pour imposer au forceps leur projet de dictature mondiale. Tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cette deuxieme catégorie, on ne pourra pas parler utilement du climat, ni de l’environnement

    1. Merci de votre message, mais je ne vous suis pas du tout sur votre analyse de la situation sanitaire et crains d’entendre le même genre d’argumentation pour s’opposer à des politiques climatiques sérieuses.

      1. Vous craignez cela? Peut-être faites vous aussi partie de ceux qui tiennent à tout prix à instaurer une gouvernance mondiale… Avec cette nuance que vous êtes sincère dans la préoccupation environnementaliste, alors que les autres mondialistes ne le sont pas.

        Le mondialisme fonce tête baissée dans une impasse. Il veut imposer frauduleusement et par la contrainte des solutions inhumaines, qui seront en plus impraticables. Les “vaccins” à ARN messager causent des thromboses et des myocardites. Le nombre des victimes s’allonge chaque jour. Bientôt les médias ne pourront plus cacher la vérité. Les plans de “transition” vertes sont impraticables, comme R. nous le rappelle très judicieusement. Tant qu’on ne se sera pas débarrassés de tous ces dingos mondialistes, on ne pourra jamais traiter les problèmes.

        Malheureusement, le retour au réel ne pourra pas se faire dans la joie et la bonne humeur. Pour se débarrasser du Nouvel Ordre Mondial mortifère, il faudra passer par une crise terrible car les ennemis du genre humain, qui croient tenir le couteau par le manche, et dont les Macrons de ce monde sont les valets, ne lâcheront pas prise sans employer toutes les armes à leur disposition. Selon Jacques Attali, cela peut aller jusqu’à la guerre.

    2. Vous donnez de l importance a macron,qui est le rantanplan de l histoire.Pour le reste, vous oubliez l opinion publique,trés largement ignorante des faits,et donc par voie de conséquence indifférente a la réalité.Une opinion publique qui vote pour élire des arbitres(classe politique).Le tout spéculent sans prendre en compte les faits(limites des loi physique).Notre probléme antrhopique est scientifique;donc tant que le niveau de connaissance global de la population ne seras remise a niveau,peu de chance que le débat avance.La connaissance est accessible:un exemple.Les cours de polytech mines(école ingénieur,3eme cycles)sont accessibles au commun des mortels.Ci joint le lien:sliders.pimoid.com
      Une société dont les opinions sont basés sur les faits donnerais certainement un débat constructif.Nous en avons eus la preuve:la convention citoyenne.

      1. Vous avez raison, ce serait plus facile et rapide. Certaines des réactions que je reçois et ne publie pas vous donnent totalement raison.

  8. Le contexte institutionnel: j’ajouterais à votre analyse que les différentes officines chargées des remèdes travaillent de façon beaucoup trop compartimentée. Remède, d’ailleurs, n’est pas le mot… Peu d’analyse systémique; quasi jamais de synthèse; auto-persuasion de fonctionnaires très bien payés que les dossiers ouverts attestent des objectifs à atteindre… en attendant une solution qui viendra d’en haut, un jour, peut-être. Que penser de la situation présente: plusieurs jours de graves inondations après quoi charge du canon à eau sur des manifestants, voirie qui nettoie au jet puis karcher à eau pour nettoyer des terrasses de cafés, le tout en quelques heures et dans un rayon de 2km? Les institutions existent mais se neutralisent les unes les autres, sous l’oeil non vigilant du citoyen qui peine à trouver son mode de vie autrement que dans la dépense.

  9. “Or, des forces gigantesques, économiques et politiques au premier chef, se mobilisent pour nous persuader…”
    .. de passer à l’économie décarbonée?
    Quand je vois que le G7, le G20, le FMI, la Banque mondiale, les grandes banques, les multinationales, les géants de l’automobile, les GAFAM, l’ONU, l’OMS, le WEF et tout le gratin mondial passe son temps à vanter la nouvelle économie décarbonée et électrique, je me pose des questions.
    Même BP, Shell, Total prônent à présent la nouvelle économie décarbonée.
    Durable? Equitable? Solidaire? Vraiment?
    Désolé, mais avant de dire que les opposants sont comparables à Pétain, il faudrait se poser la question: le projet soumis est-il réallement vertueux et durable?
    Or, rien ne montre qu’avec de tels alliés vous allez sauver la planète. N’est-ce pas ces acteurs qui nous ont conduit là où nous sommes?
    En revanche, en vous faisant le porte-parole de leur vision, vous perdez la posibilité de proposer une vraie alternative durable. Et c’est bien dommage.
    Or, les acteurs cités n’ont jamais rien respecté que le profit et le pouvoir. Et ils sont prêt à décarboner pour le garder, peu importe que les populations en subissent les conséquences dans un appauvrissement irrémédiable.
    Donc, quand vous proposerez une projet qui soit solidaire, vous aurez le soutien des populations. Mais si c’est le projet du WEF, éh bien, je me réjouis que les citoyens le rejettent. Et je précise que le statu quo n’est pas mon projet. Mais pour avancer, il faut d’abord arrêter de collaborer avec des imposteurs de la durabilité.

    1. Je ne me fais nullement le porte-parole de ces groupes comme la fin du papier l’affirme quasi-explicitement.L’obsession carbone déniant les autres difficultés écologiques, avec l’espoir de pures solutions techniques, n’est pas la position que je défends.

      1. J’ai lu et relu votre papier, et je me demande où est la critique du mouvement actuel, purement financier vers la bourse du carbone?
        Le problème, c’est que si l’orientation reste financière et géopolitique (et c’est l’esprit de ces réformes), nous sommes perdus. Il n’y aura aucune durabilité, juste des profits à court terme, des guerres, et beaucoup de colère parmi les populations.
        La course au profit de l’écologie bidon est la fin de l’écologie, sa complète dénaturation par les acteurs financiers. Vous êtes pour l’écologie, alors réfléchissez au milieu, et à vivre en HARMONIE avec le milieu sur le long terme.
        Les complotistes et les climato-sceptiques sont un enfumage. Ce n’est pas l’enjeu. L’enjeu est social et sociétal. Voulons-nous encore plus être dépendants des banques et des multinationales? Telle est la question. STOP!

          1. La question des finances actuelles, c’est malheureusement celle de son accaparement par des intérêts privés et absolument non-représentatifs.
            Sans le retour des secteurs financiers vers les besoins directs des populations, aucune écologie n’est possible. Aucune.
            Car comment voulez-vous que le système soit harmonieux avec l’environnement, si les secteurs financiers ne représentent pas les intérêts des populations, alors qu’ils décident de toutes les orientations stratégiques de ces mêmes populations? C’est impossible.
            La seule solution “écologique”, c’est le démontage du système financier actuel, et non son sauvetage avec l’économie décarbonée.
            Sinon, vous aurez le sauvetage du système actuel et la ruine mondiale des petites gens. Serait-ce une vision “durable” à vos yeux?

      2. Je ne suis pas sur que nous soyons dans une obsession,plutot une polarisation du débat.Si les conséquence de l activité anthropique sont spectaculaire(cyclone,dome de chaleur,pollution ect…),sur lequel on peut ciseler un pathos émotionnelle,terrain fertile a la confusion,l origine(l énergie) est beaucoup moins manipulable,car franchement moins sexy.Ainsi,l énergie,dans les pays industrialisés et de l ordre 6 a 10 % de l opinion,partant du présupposé que l énergie est disponible a profusion.Qui a envie d entendre que par contraction énergetique,il vivras moins longtemps,avec plus de difficulté ect….Pourqu oi le trans humanisme prolifère t il ?L énergie est le marqueur de toutes transformation physique sachant que nous ne produisons pas nous meme cette énergie.Le plus simple exemple a donner est le fait de se nourrir pour se mouvoir,ou réfléchir.Ce fait scientifique aussi absolu que le fait que la terre est ronde est un formidable fil conducteur pour un débat qui apporte a tous.

  10. à R. (Petite note au sujet de l’alimentation mondiale).

    L’arrivée de l’agriculture moderne à haut rendement, conséquence de la “Révolution Verte”, a fait se multiplier pas six entre 1961 et 2018 l’utilisation des engrais de synthèse. Or les plantes agricoles absorbent actuellement de moins en moins de ces nutriments, car leur capacité d’absorption sont justement altérées par la dégradation des sols dues au recours excessifs aux engrais, à la surexploitations des sols, et aux pesticides (Source : FAO)(*). Le problème n’est cependant pas si terrible, étant donné que le plus grande part de l’augmentation de productivité permise (temporairement) par le “Révolution verte” a essentiellement permis d’accroître la production industrielle de viande, laquelle accapare 80% de l’exploitation des surfaces dévolues actuellement à la production agricole industrielle et n’est pas du tout nécessaire d’un point de vue nutritif mondial (même pour les bodybuilders, dont je fais partie). Je précise que je ne suis pas non plus végétarien, mais c’est sûr, je pourrais manger encore un peu moins de viande si je le voulais vraiment (le problème à ce stade est surtout socio-culturel).

    Deux autres remarque à ce stade :
    1° L’utilisation des engrais de synthèse est estimée (Source: Programme des Nations unies pour l’environnement) comme la troisième source mondial de perte de biodiversité (ce qui peut nous laisser songeur quand au bien fondé à long terme de la stratégie de continuer sur le modèle de production alimentaire mondiale industrielle actuelle).
    2° L’augmentation des rendements depuis la “Révolution verte” a été bien documentée (env. 30à50%) et est étayée par les faits jusqu’environ en 2005 si l’on analyse globalement les données de la seconde moitié du XXè siècle. Depuis 2009 en revanche, le milieu scientifique international constate en revanche une diminution constante et inéluctable des rendements de l’agriculture industrielle pour les raisons évoquées plus haut (*).
    3° Il ne s’agit plus aujourd’hui de prendre des mesures politiques afin de changer consensuellement la donne, en effet, des mesures politiques, au niveau international, ont déjà été prises en 2019 (“Déclaration de Colombo”, .. c’est dire que le problème est bien réel et alarmant!), sur la gestion des engrais de synthèse. Malheureusement ces mesures ne sont soit pas appliquées (corruption) soit détournées (lobbying, ..ou déni de réalité, s’alimentant par ailleurs l’un l’autre). En revanche, vulgariser la réalité scientifique afin que les gens comprennent que d’ici quelques années leur mode de vie devra changer, cela n’a rien de mauvais.

    Au contraire: Plus nous seront nombreux, au quotidien, à en être conscient, et plus notre culture et nos modes de vie pourront s’y adapter. Quand à l’aspect politique, plus les politiques auront de temps (et donc s’y atelleront rapidement) au mieux les solutions seront adaptées: “Rien ne sert de courir, il faut partir à point” ( Le lièvre et la tortue, Jean de la Fontaine).

    Enfin, au niveau mondial, ne serait-ce que l’agriculture vivrière (donc la moins productive mais parmis les plus bénéfiques à la biodiversité), produit à elle seule près de 70% des besoins alimentaires primaire mondiaux.

    On voit bien que l’agriculture intensive est bien davantage le problème que la solution, surtout pour ceux qui s’intéressent à sauver des vies humaines !

    1. « Plus nous seront nombreux, au quotidien, à en être conscient, et plus notre culture et nos modes de vie pourront s’y adapter »

      Une amie proche, lors d’un conversation avec une collègue infirmière, a mentionné le réchauffement du climat. Son interlocutrice ne savait pas de quoi il s’agissait.

      Mon amie a cru d’abord qu’elle plaisantait, ou qu’elle avait mal compris, et s’est vite aperçue qu’elle était sincère : elle n’en avait vraiment pas entendu parlé.
      Cette anecdote s’est passée en Suisse romande dans un milieu de personnes éduquées qui utilisent quotidiennement les techniques d’information, ne serait-ce que pour des raisons professionnelles.

      Je crois qu’on sous-estime le nombre de personnes qui ne savent rien ou ne s’intéressent pas.

  11. “…un milieu de personnes éduquées qui utilisent quotidiennement les techniques d’information”

    “Celui qui tient les clés de la désinformation tient aussi celles de l’information. Et celui qui tient les clés de l’information tient les clés du monde.” – Vladimir Volkoff

    Les “techniques d’information” servent à désinformer, comme les moyens de communication servent à empêcher les gens de communiquer. C’est ce qu’on nous expliquait quand j’étais journaliste stagiaire. La collègue de votre amie, comme celle-ci l’a bien constaté, n’a pas pêché par ignorance, mais lui a répondu au contraire en toute sincérité.

    Quand, à mes débuts de journaliste, pour me mettre à l’épreuve, mon rédacteur-en-chef m’a demandé de lui expliquer ce qu’est une information, certain de lui en mettre plein la vue en recrachant ce qu’on m’avait appris à l’école de journalisme, je lui ai répété par réflexe de psittacisme quasi pavlovien que c’était la réponse à la fameuse grille des six questions – Qui? Quoi? Où? Quand? Comment? et Pourquoi?, base de notre métier.

    – Tu n’y es pas, m’a-t-il répondu. Quand un chien mord son maître, ce n’est pas une information. Mais quand un maître mord son chien, ça, c’en est une.

    Par chance, le mot chien, lui, ne mord pas.

    Chien! Elle est bien gardée, l’information.

      1. Rien ne vous y oblige, c’est vrai. Les mots sont faits pour mentir, disait Alain Grobbe-Grillet. Et Dieu n’a-t-il pas inventé les langues pour diviser le genre humain? Comme traducteur – donc “tradittore” (pas seulement comme ancien journaliste) -, ne suis-je d’ailleurs pas payé pour mentir?

        A. Robbe-Grillet (encore lui) me disait pendant une interview qu’il m’avait accordée à l’occasion de son passage à Genève: “Je vends, je n’achète pas”. En aparté, il m’avait confié: “Si nous autres, gens de plume, ne vivions que de la vérité, nous aurions l’occasion de crever vingt fois de faim.” La vérité ne se vend pas, elle se donne.

        A ceux qui lui reprochaient les suicides en série qu’avait provoqué dans la jeunesse allemande la parution de son ouvrage, “Les Souffrances du jeune Werther” (Die Leiden des jungen Werthers), Goethe répondait:

        – Il y aura toujours assez d’imbéciles pour y croire.

        Ceci dit, moi non plus je ne crois pas un mot de ce que j’écris.

        Cordialement,

        FT

  12. Bonjour,
    Il y a une dizaine d’années, par vos conférences et vos interventions dans les médias, vous m’avez ouvert les yeux sur la situation de notre planète due à nos comportements. Je ne sais pas si je dois vous en remercier. Parcours assez classique : déni, vérification de vos constats par d’autres sources, choc, éco-anxiété, guérison (partielle) par l’action à mon échelle et la vie spirituelle. Je vous écoute et vous lis toujours avec attention, je ne dis pas plaisir en raison du contenu. Votre article du 18 juillet courant est à nouveau éclairant sur les dernières prises de position ou promesses des politiques, toujours vassaux des milieux économiques. Lecteur de l’encyclique Laudato’si, il me semble que seul un changement profond de notre nature humaine pourrait éventuellement changer la tendance à l’autodestruction. Nous les homo-sapiens sommes devenus des supers prédateurs et destructeurs, mais est-on capable collectivement de transcender notre nature ? Je pense que c’est impossible. Le simple fait de lire vos articles en ligne font augmenter mon empreinte carbone. Professionnellement, j’utilise intensément les réseaux informatiques, prisonnier de la technique comme un serpent qui se mord la queue. De plus, je ressens une propagande et une décérébration collective orchestrée par une majorité des “élites”, certainement dans le but de conserver leurs privilèges. Les prévisions de Pierre-Henry Castel dans son livre Le mal qui vient me semblent un horizon de plus en plus probable.
    Meilleures salutations.

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