Sondage : les femmes diraient oui à une retraite à 65 ans !!

Ce dimanche 22 juillet 2018, le « Sonntagsblick » titrait en page Une « Frauen wollen Rentenalter 65 », soit les femmes veulent prendre leur retraite à 65 ans!

Les deux tiers des sondés sont favorables ou plutôt favorables à l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes de 64 ans à 65 ans, selon l’étude publiée dans le SonntagsBlick.  78% des hommes et 54% des femmes y seraient favorables. Tant la droite que la gauche soutiendraient ce relèvement de l’âge de la retraite des femmes.

L’enquête a été réalisée par l’institut gfs.bern entre le 25 mai et le 11 juin 2018 auprès de 1336 électeurs de tous les coins du pays. Elle a été mandatée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Thurgovie. Le but n’est pas de remettre en cause la représentativité de ce sondage, mais j’ai beaucoup de peine, en voyant et écoutant ce qui se passe autour de moi, à croire que d’un coup nous serions d’accord, nous les femmes d’augmenter l’âge de notre retraite.

La grève des femmes de 1991

C’est le 14 juin 1981 que le peuple suisse accepte en votation populaire de faire figurer dans la Constitution fédérale l’inscription de l’égalité hommes-femmes. Dix ans plus tard, soit le 14 juin 1991, près d’un demi-million de femmes sont descendues dans la rue pour réclamer enfin une loi sur l’égalité. Après des débats acharnés au Parlement suisse, la loi sur l’égalité est finalement entrée en vigueur en 1996, soit 15 ans après l’inscription du principe dans notre Constitution. Toutefois, un peu plus de 25 ans après la grève des femmes, celles-ci gagnent toujours environ 15% de moins que les hommes.

600 francs par mois

Les débats de ces derniers mois pour la révision de la loi sur l’égalité ont également été rudes et acharnés. Nous nous retrouvons avec une révision minimaliste bien loin de ce que nous pouvions décemment espérer ! Les femmes gagnent toujours moins que les hommes et concrètement, cela représente en moyenne 600 francs de moins par mois que les hommes pour un travail de valeur équivalente, soit un manque à gagner de plus de 7 milliards de francs par année pour les femmes.

Assez – Le ras-le-bol des femmes !

Les femmes se mobilisent à nouveau en faveur de l’égalité salariale. Et une quarantaine d’organisations féminines, masculines, religieuses, syndicales préparent une grande manifestation nationale le 22 septembre 2018 à Berne : #ENOUGH18.

Je vous donne ainsi à toutes et tous rendez-vous le 22 septembre 2018 à 13h30 à Berne pour faire entendre notre voix pour l’égalité salariale et contre les discriminations.

https://www.sciv.ch/syndicat-interprofessionnel/manifestation-nationale-septembre-2018-enough18-328.html

Carole Furrer

Carole Furrer

Carole Furrer est licenciée en sciences économiques de l'Université de Lausanne et active en politique. Ancienne secrétaire générale du PDC du Valais romand, elle est aujourd'hui présidente des Syndicats chrétiens du Valais (SCIV) et vice-présidente de Travail.Suisse, organisation faîtière indépendante des travailleurs/ses. Elle est depuis 2015 la 1ère femme à présider les SCIV, fondés en 1929.

9 réponses à “Sondage : les femmes diraient oui à une retraite à 65 ans !!

  1. D’accord avec l’équation “à salaire égal, âge de retraite égal”
    Las, j’ai peur qu’il s’agisse de la même supercherie que la retraite à 67 ans de Sieur Couchepin.

    Seuls les natis travaillent au delà de 65 ans, le reste est mis aux bord des routes à 50, 55, 60 et bientôt 45!

  2. On entend souvent cette statistique de 600 par mois même si on en voit jamais la source ni les détails de l’étude en question.
    A travail égal il doit toujours y avoir rémunération égale. Cependant, il ne faut pas oublier qu’une femme aura des enfants, pourra décider d’arrêter de travailler pour une période, pourra ne pas prendre un travail après cela aussi demandant dans un souci de passer plus de temps en famille, etc. Il y a une foule de facteurs qui font que les rémunérations peuvent varier. Un de ceux-ci est la propension qu’a un homme à vouloir faire carrière et passer de longues heures au bureau. Chose qui peut-être moins importantes chez au moins une partie des femmes professionnelles. Il peut être normal de mieux rémunérer quelque ‘un d’ambitieux qui veut prendre plus de responsabilité. Il n’y a rien de sexiste la dedans.
    C’est pourquoi je pense que ce débat est biaisé et suis vraiment curieux de voir ces analyses détaillées. Celles-ci devront aller jusque dans le détail des performances individuelles pour faire du sens.
    Ce débat part aussi du principe qu’hommes et femmes sont identiques. Ce n’est pas vrai. Il y a une psychologie différente chez chacun et est complémentaire. Il n’y a rien de mal à ça.

    1. “Une femme aura des enfants”… et les hommes pas ? Il me semblait pourtant qu’il fallait “la petite graine” de monsieur pour faire des bébés. Dire que je vis dans l’ignorance depuis plus de 20 ans ! Que j’ai pu être sotte…

      1. Il ne faut pas sortir les phrases hors de leur contexte. Bien sûr les parents s’occupent conjointement de leurs enfants. De manière générale, souvent la femme aura plus le désir d’arrêter de travailler pour quelque temps que l’homme. Ce n’est pas une question de discrimination mais une question de choix. Votre réponse démontre que vous n’avez pas compris l’argumentation.

    2. Le manque à gagner est une moyenne calculée par l’OFS et publiée aussi par le Bureau fédéral de l’égalité. Vous pouvez télécharger la brochure ici : https://www.ebg.admin.ch/dam/ebg/fr/dokumente/lohngleichheit/dokumentation/auf_dem_weg_zur_lohngleichheit.pdf.download.pdf/vers_l_egalite_dessalaires.pdf
      Voilà pour les sources.
      Aucune étude à ce jour n’a réussi à prouver que la performance était différente entre femmes et hommes en raison de leur “psychologie différente”. Si tel était le cas, ce serait sympa d’indiquer les sources de vos affirmations.
      Vous affiremez que les femmes n’ont pas autant d’ambition que les hommes (vos sources?) et que c’est cette raison qui explique qu’elles ne sont pas aux commandes (vos sources?).
      Par contre, d’autres études ont déjà démontré que le présentéisme (les lononongues heures au bureau) n’était pas l’explication des bonnes performances individuelles.
      On sait par ailleurs que les personnes qui travaillent à temps partiel (en grande majorité des femmes) sont bien plus performantes que celles qui travaillent à temps complet: chaque heure travaillé est mise à profit un maximum, les absences pour cause de maladie sont quasi inexistantes, les pauses sont raccourcies, etc.
      PWC a aussi démontré, chiffres à l’appui, que les entreprises qui avaient un personnel mixte (H/F) à tous les échellons de la hiérarchie étaient plus performantes que les mono cultures masculines.

      Le hic, voyez-vous, c’est qu’il existe encore beaucoup d’entreprises qui fonctionnent sur un modèle ancien, très hiérarchique, quasi militaire, patriarcal, dont les règles de fonctionnement (promotion, politique salariale, bonifications, gestion des absences et de la présence, etc.) ont été faites par les hommes (puisque seuls aux commandes) pour les hommes. La vôtre en fait certainement partie pour affirmer ainsi que les femmes “méritent” de moindres salaires (à travail égal) que les hommes, ne serait-ce qu’en raison d’un “risque” de maternité (ce qui est contraire à la Constitution fédérale et à la loi, soit dis en passant).
      Voici un article qui vous éclairera sur la situation des femmes actives concernées par une maternité.
      https://www.reiso.org/index.php?option=com_flexicontent&view=item&cid=22&id=3284:https-www-newsd-admin-ch-newsd-message-attachments-51309-pdf&Itemid=307&templateStyle=12

  3. Sur un sujet différent, la loi récente qui demande à ce que les sociétés aient un minimum de femmes dans les conseils d’administration et les directions.
    Le souhait est noble, mais personne ne se pose la question, combien de femmes ont véritablement envie de travailler comme senior manager d’une grande entreprise ou au conseil d’administration. Ce n’est pas une question de compétences, mais il faut avant tout se demander si le problème n’est pas ailleurs.
    J’ai travaillé pendant 20 ans dans de grandes entreprises, je n’ai jamais vu une femme toucher un plafond de verre. Il y a simplement moins d’ambition. Beaucoup sont présentes dans le management mais ne désirent pas forcément aller jusqu’au sommet.

  4. Il serait intéressant de savoir parmi les 54% des femmes sondées si une majorité d’entre elles se trouvent déjà à la retraite ou si elles n’exercent tout simplement pas d’activité lucrative. Plaisanterie à part, dire “oui” à l’augmentation de l’âge de la retraite, lorsque l’on connaît (ou pas encore selon les informations de chacun-e-s) la situation actuelle du marché de l’emploi, c’est un non-sens: regardez simplement les difficultés de retrouver un emploi après 50 ans et les licenciements plus nombreux avant l’âge de la retraite! Alors, il serait encore intéressant de comprendre pourquoi on dit “oui” à l’augmentation de l’âge de la retraite : est-ce parce qu’il n’existe pas d’autres meilleures solutions politiques pour répondre aux besoins économiques? ou est-ce que c’est parce que l’on CROIT qu’il n’existe pas d’autres solutions ?

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