Les entreprises, toutes ensembles pour sauver l’humanité ?

Les nouvelles sur notre environnement naturel, y.c. le climat, font plutôt peur, ce qui ne fait pas vendre ! Se faire entendre dans ce contexte est plus facile à plusieurs. Voyons comment les entreprises se rassemblent pour être des acteurs positifs de la conservation de la nature.

Qui se souvient de l’actualité du 10 juillet 2018 ? Beaucoup se rappellent que la France l’emportait contre la Belgique en demi-finale de la coupe du monde de ⚽. Ce même jour, il y eu aussi le lancement d’act4nature, une coalition d’entreprises françaises qui s’engagèrent à améliorer leurs impacts sur la nature. Quel lien entre ces deux évènements ? Emmanuel Macron, le président de la France. Il préféra aller en Russie que rester à Paris, à la conférence de presse d’act4nature. Véridique … et compréhensible. La République envoya son ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, pour féliciter le gratin entrepreneuriale (BNP Paribas, Axa, Michelin,..) de l’Hexagone, intéressant non ? Les ennemis d’hier devenant amis.

Bon, je m’égare me direz-vous. Oui et non, car cet exemple est très instructif. Les entreprises sont prêtes à s’engager mais elles ont besoin de visibilité médiatique. Et quoi de mieux que le monde politique pour s’attirer cette visibilité. De plus, cet exemple d’engagement volontaire est scruté par la communauté des protecteurs de la nature. En effet, la question du contrôle de ces engagements n’était pas réglée en 2018. Depuis lors, des méthodes ont émergées qui permettent de suivre la performance biodiversité des entreprises (🤔 on y reviendra une autre fois, promis). Méthodes développées en partenariat avec le monde scientifique et des ONG.

Démontrer sa bonne volonté, en groupe, est une possibilité pour les entreprises. Une autre approche est de promouvoir ses besoins auprès des législateurs. Afin d’obtenir des mesures incitatives plutôt que répressives comme des taxes, amendes et interdictions. Citons ainsi la coalition d’entreprises “Business for nature” qui a développé cette année-ci des demandes à destination des gouvernements : définir des objectifs ambitieux, supprimer les subventions étatiques néfastes à la nature, collaborer avec d’autres enjeux mondiaux (pauvreté, alimentation…), demander aux entreprises de publier leurs impacts et enfin soutenir les changements de pratiques. Ces demandes sont très proches de celles de la société civile, 😂, intéressant non ? Car cette proximité permet des collaborations.

Ces belles initiatives sont jeunes. Leurs valeurs se jugera à l’efficacité des mesures prises par les entreprises qui en sont membres. Une course s’engage pour ces dernières afin de se doter d’outils de contrôle et de publication, car les grèves du climat ont démontré que les consommatrices-eurs de demain veulent des changements rapides et visibles.

Il n’empêche, la conservation de la nature ouvre un gigantesque champ de nouveaux produits et services. Le WEF a publié le 15 juillet 2020 les effets de ces nouveautés: 400 millions d’emplois en 10 ans 🤑 ; à comparer aux 25 millions que le covid-19 devrait détruire ou aux 3.3 milliards de travailleurs que la planète compte.

Ainsi donc, le secteur privé aidera à maintenir un futur agréable offrant des champs où les abeilles voleront, des forêts où les grands singes vivront et des rivières où les poissons nageront. Pour le bien de nos estomacs et de nos humeurs. Mais des collaborations seront nécessaires, afin de s’intégrer dans le paysage actuel où les services étatiques et les associations sont déjà actives. Et les règles du jeu devront être identiques pour toutes les entreprises, montrant que le législateur est encore nécessaire. Comme pour le climat, des règles mondiales seront nécessaires. On verra la prochaine fois comment les Etats comptent s’organiser mondialement pour accompagner ces entreprises qui conserveront la nature.

La nature inquiète les entreprises, ou pas ? Quelle issue à cette question ?

Le monde des affaires prend conscience que modifier ou détruire les forêts, marais, prairies, met en danger ses revenus. Cela, avant que le covid-19 nous touche ! De courageuses entreprises ont identifié que les besoins des actionnaires et des papillons sont finalement identiques.

Soutenir financièrement une “ONG écolo” ou créer sa fondation est devenu presque commun. Rendre ses infrastructures plus compatibles à la conservation de la biodiversité, cela est aussi possible. Citons Audi, le constructeur automobile allemand, qui veut exposer dorénavant ses voitures au milieu de prairies à papillons et non de gazon sans grande vie ! En terme d’images véhiculées (😉), cet engagement n’est pas anodin. Sans compter que ces mesures sont fréquemment suivies d’une hausse de la productivité des employés.

Modifier son mode de production, voilà qui est plus engageant. Mentionnons L’Occitane et ses produits cosmétiques. Elle définit le respect de la biodiversité comme son premier engagement et soutient la protection d’espèces menacées. Quel est le lien entre ses shampoings et des plantes en voie de disparition ? Le maintien de ces dernières augmente la rentabilité de la production: par une une réduction des coûts de production, une résistance accrue aux aléas climatiques provoqués par le réchauffement (climatique, toujours 😬) et une baisse des ruptures d’approvisionnement.

D’ailleurs, L’Occitane n’est pas seule, le leader du secteur cosmétique se place aussi. L’Oréal a lancé dernièrement un score environnemental et social de ses produits. A l’heure des discussions sur le score nutritionnel, certaines entreprises s’exposent auprès de leurs clients et répondent aux grévistes du climat. Cette transparence est aussi intéressée, car s’engager sur la performance environnementale, y.c. biodiversité (🤔), est un formidable moteur d’innovation. Et donc créateur d’un avantage concurrentiel.

Alors, les entreprises toutes motivées à freiner la disparition de la nature ? En tous les cas, bientôt toutes inquiètes ! Le dernier classement des risques du World Economic Forum montre que la perte de biodiversité est le deuxième souci des managers, juste après le climat. Sachant que la perte totale de biodiversité coûterait deux fois le PIB mondial, on comprend mieux. Autrement dit, il faudrait créer un secteur privé deux fois plus grand que l’actuel pour produire ce que fournit actuellement les écosystèmes tels que les forêts, marais, rivières, mers, prairies,… . Imaginez alors les coûts de notre shampoing, y.c. emballage, s’il était produit avec de l’eau, de l’air, des colorants, des parfums, un climat, des pluies, du bois créés entièrement par des entreprises !?

Dans ce contexte, les entreprises s’engagent et veulent collaborer avec les décideurs politiques. Ces exemples sont-ils isolés ? Ou bien assiste-t-on à un changement plus profond ? Suite au prochain article où nous verrons que les entreprises s’organisent mais cherchent aussi des soutiens.