Les tableaux animés d’Augustin Rebetez

Augustin Rebetez est d'abord plasticien. A moins de trente ans, ce Jurassien, qui vit et travaille à Mervelier, possède déjà un univers complexe et riche où les dessins, les photographies, les textes et les vidéos se combinent aux objets trouvés et aux machines délirantes. Un monde à la fois magique et inquiétant, peuplé de revenants, d'êtres hybrides, de signes cabalistiques et de cœurs à l'envers. A la demande du directeur du Théâtre de Vidy Vincent Baudriller, Augustin Rebetez aborde aujourd'hui la scène. Un pas de plus et un véritable défi. Un pari réussi.

Dans "Rentrer au volcan" – dont le titre est en soi tout un programme – le spectateur n'a qu'une chose à faire: se rendre disponible, se laisser prendre par la main, accepter qu'à chaque instant surgisse l'improbable. Sur scène, des musiciens, une chanteuse venue du Nord et des performeurs souvent masqués et plus ou moins contorsionnistes. Entre incantation et bruitage, comme s'ils surgissaient d'une imagination enfiévrée, se succèdent une série de tableaux animés qui voient un personnage surgir d'une paroi, un cheval se mettre à chanter et un dentier reprendre sa liberté.

Le théâtre n'est pas fait que d'espace et d'images. Il est aussi juste maîtrise des rythmes, des séquences et du temps. On craint un instant que "Rentrer au volcan" ne se transforme en parade sans fin ni tension. Augustin Rebetez et ses malicieux complices très vite nous rassurent. Et nous offrent, en guise de point final, une dernière scène étonnante et très poétique.

 

"Rentrer au volcan". Conception Augustin Rebetez. Lausanne. Théâtre de Vidy. Jusqu'au 11 décembre. Rencontre avec les artistes à l'issue de la représentation le 9 décembre. Le 11 décembre dès 21h, Aftershow Party.

"Rentrer au volcan" se prolonge sous forme d'exposition à La Kantina du Théâtre de Vidy, jusqu'au 16 décembre. 

Plan fixe sur Danilo Mondada

Le grand public connaît bien les réalisations de l'architecte Danilo Mondada, mais sans toujours les lui attribuer. A Lausanne, on lui doit, en effet, la rénovation de la gare, de la salle de l'Opéra ou la création de l'extension de la Fondation de l'Hermitage. Actuellement, son bureau travaille sur des projets de restauration-conservation au Château Saint-Maire à Lausanne et à la Collégiale de Neuchâtel. Parallèlement à ces interventions dans des hauts lieux patrimoniaux, Danilo Mondada a construit différents nouveaux bâtiments, dont la très belle école Pierrefleur. 

Créée en 1977, l'Association Film Plans-Fixes s'est donnée pour mission  de réaliser des portraits de personnalités de Suisse romande. Avec des règles strictes: des films en noir et blanc, en cinq plans fixes sans reprises ni coupures, tournés en un seul lieu et un seul jour. L'un de ces portraits est justement consacré à Danilo Mondada, Il sera présenté en première le 5 novembre à 18 h 30, à la Cinémathèque suisse, en présence de l'architecte

Dans le film, interrogé par la journaliste Florence Grivel, Danilo Mondada évoque son métier, ses choix, sa volonté de privilégier la qualité de la rencontre plus que le geste architectural. Il revient sur ses origines tessinoises, sur son goût du dessin, ses collaborations avec d'autres architectes – un partage qu'il apprécie particulièrement. Il évoque également sa foi et son émerveillement toujours aussi vif devant l'aventure du projet. Il parle enfin du futur et de l'évolution de son bureau qui a changé de nom avec l'intégration de trois associés plus jeunes. Il s'appelle désormais Mondada Frigerio Blanc Architectes, mais conserve la même exigence et  la même éthique.

 

"Danilo Mondada. Architecte humaniste". Interlocutrice Florence Grivel. Lausanne. Cinémathèque suisse. Jeudi 5 novembre à 18 h 30. Entrée libre.

Visite du bureau Mondada Frigerio Blanc Architectes, le 13 novembre de 16 h à 19 h, rue de Bourg 20A, 3e étage.

 

A Vidy, le grand art de Nicolas Bouchaud

Il est des spectacles qui ne se racontent pas. Ils se vivent, s'éprouvent et se partagent. Ils vous accueillent dans l'intensité de leur juste présence et vous habitent encore longtemps. Présenté jusqu'au 7 novembre au Théâtre de Vidy à Lausanne, "Le Méridien" de Nicolas Bouchaud, d'après le texte de Paul Celan, fait partie de ces spectacles-là. Un cheminement hasardeux, mais magique dans le territoire immense et incertain de ce que pourrait être l'art, en particulier la poésie.

Au départ, un discours. Celui que prononça Paul Celan le 22 octobre 1960, lors de la réception du prix Georg Büchner à Darmstadt. Né en 1920 en Roumanie dans une famille juive de langue allemande, l'écrivain a subi les persécutions fascistes et nazies. Il a fait de son œuvre un outil de témoignage et de lutte contre la barbarie. Dans "Le Méridien"  – c'est son titre – il recourt à tous les codes du discours de réception pour aller bien au-delà et transformer ce passage obligé en une véritable performance. Multipliant les allers et retours, les virages, les zigzags, il s'appuie sur le théâtre de Büchner et sur la complexité de ses personnages pour libérer peu à peu sa propre parole.

Mis en scène par Eric Didry dans un décor intelligemment réduit à l'essentiel, le comédien Nicolas Bouchaud s'approprie les mots et les phrases de Celan avec une fulgurante évidence. Il les mâche, les avale, les engloutit ou les recrache. Il les rythme et les danse. Il jongle avec eux comme un bateleur libéré de la pesanteur pour nous rappeler, avec Paul Celan, que "Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs, – celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui."

Lausanne. Théâtre de Vidy. Jusqu'au 7 novembre.

Le 3 novembre, rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation.

Le 4 novembre, introduction au spectacle par Eric Vautrin, une heure avant le début de la représentation.

 

A Vidy, le grand art de Nicolas Bouchaud

Il est des spectacles qui ne se racontent pas. Ils se vivent, s'éprouvent et se partagent. Ils vous accueillent dans l'intensité de leur juste présence et vous habitent encore longtemps. Présenté jusqu'au 7 novembre au Théâtre de Vidy à Lausanne, "Le Méridien" de Nicolas Bouchaud, d'après le texte de Paul Celan, fait partie de ces spectacles-là. Un cheminement hasardeux, mais magique dans le territoire immense et incertain de ce que pourrait être l'art, en particulier la poésie.

Au départ, un discours. Celui que prononça Paul Celan le 22 octobre 1960, lors de la réception du prix Georg Büchner à Darmstadt. Né en 1920 en Roumanie dans une famille juive de langue allemande, l'écrivain a subi les persécutions fascistes et nazies. Il a fait de son œuvre un outil de témoignage et de lutte contre la barbarie. Dans "Le Méridien"  – c'est son titre – il recourt à tous les codes du discours de réception pour aller bien au-delà et transformer ce passage obligé en une véritable performance. Multipliant les allers et retours, les virages, les zigzags, il s'appuie sur le théâtre de Büchner et sur la complexité de ses personnages pour libérer peu à peu sa propre parole.

Mis en scène par Eric Didry dans un décor intelligemment réduit à l'essentiel, le comédien Nicolas Bouchaud s'approprie les mots et les phrases de Celan avec une fulgurante évidence. Il les mâche, les avale, les engloutit ou les recrache. Il les rythme et les danse. Il jongle avec eux comme un bateleur libéré de la pesanteur pour nous rappeler, avec Paul Celan, que "Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs, – celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui."

Lausanne. Théâtre de Vidy. Jusqu'au 7 novembre.

Le 3 novembre, rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation.

Le 4 novembre, introduction au spectacle par Eric Vautrin, une heure avant le début de la représentation.

 

A Vidy, le grand art de Nicolas Bouchaud

Il est des spectacles qui ne se racontent pas. Ils se vivent, s'éprouvent et se partagent. Ils vous accueillent dans l'intensité de leur juste présence et vous habitent encore longtemps. Présenté jusqu'au 7 novembre au Théâtre de Vidy à Lausanne, "Le Méridien" de Nicolas Bouchaud, d'après le texte de Paul Celan, fait partie de ces spectacles-là. Un cheminement hasardeux, mais magique dans le territoire immense et incertain de ce que pourrait être l'art, en particulier la poésie.

Au départ, un discours. Celui que prononça Paul Celan le 22 octobre 1960, lors de la réception du prix Georg Büchner à Darmstadt. Né en 1920 en Roumanie dans une famille juive de langue allemande, l'écrivain a subi les persécutions fascistes et nazies. Il a fait de son œuvre un outil de témoignage et de lutte contre la barbarie. Dans "Le Méridien"  – c'est son titre – il recourt à tous les codes du discours de réception pour aller bien au-delà et transformer ce passage obligé en une véritable performance. Multipliant les allers et retours, les virages, les zigzags, il s'appuie sur le théâtre de Büchner et sur la complexité de ses personnages pour libérer peu à peu sa propre parole.

Mis en scène par Eric Didry dans un décor intelligemment réduit à l'essentiel, le comédien Nicolas Bouchaud s'approprie les mots et les phrases de Celan avec une fulgurante évidence. Il les mâche, les avale, les engloutit ou les recrache. Il les rythme et les danse. Il jongle avec eux comme un bateleur libéré de la pesanteur pour nous rappeler, avec Paul Celan, que "Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs, – celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui."

Lausanne. Théâtre de Vidy. Jusqu'au 7 novembre.

Le 3 novembre, rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation.

Le 4 novembre, introduction au spectacle par Eric Vautrin, une heure avant le début de la représentation.

 

Henning Mankell, la mort d’un conteur

En 2009, dans "L'homme inquiet", l'inspecteur Kurt Wallander prenait congé  du monde pour sombrer dans l'oubli. Atteint par la maladie d'Alzheimer, il ne reviendrait plus. Beaucoup de lecteurs ont alors pleuré la perte d'un compagnon de misère éclairé, d'un complice en désespérance habitée. Les mêmes, et beaucoup d'autres, pleurent aujourd'hui la mort de son père. L'écrivain Henning Mankell s'est éteint dans la nuit du 4 au 5 octobre à Göteborg, à 67 ans, victime de ce cancer auquel il avait consacré son dernier livre, "Sable mouvant. Fragments de ma vie", paru au Seuil il y a quelques semaines.

Mankell y parle de la maladie, de la mort, de lui et du monde, oui de lui dans le monde car l'un et l'autre étaient chez lui indissociables. Il y évoque son amour du théâtre et de l'Afrique, nous rappelant qu'il a longtemps partagé sa vie entre la Suède et le Mozambique. Parmi ses réflexions et ses riches souvenirs, il nous offre aussi, une dernière fois, l'une de ces histoires exemplaires dont il avait le secret.

Le chapitre s'intitule "Les hippopotames". L'auteur y raconte une partie de pêche sur un affluent du Zambèze qui avait failli très mal tourner. Ils étaient quatre, partis traquer le poisson-tigre, "serrés dans un petit hors bord en plastique" dont ils avaient coupé le moteur. Au moment de redémarrer, impossible. Et catastrophe! Les hippopotames étaient là, tout près, extrêmement agressifs. La mort semblait certaine. Au dernier instant, miracle, le moteur était reparti. Evoquant l'aventure des années plus tard, l'un des compagnons de Mankell y voyait l'intervention divine. L'écrivain lui répliquait: "Les bougies étaient noyées, c'est tout. La religion n'a rien à voir là-dedans." Et de conclure: "Mon ami n'a rien dit. Pour lui, l'hypothèse d'un Dieu était plus satisfaisante. C'était son choix. Ce n'était pas le mien. Dieu ou les bougies d'allumage. Nous n'avions pas fait le même."

Oui, Henning Mankell était bien plus qu'un tout grand auteur de polars. C'était un magnifique écrivain et un remarquable conteur. Qui ne se souvient pas avec émotion de son roman "Les Chaussures italiennes"? Et tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer gardent le souvenir d'un homme exigeant, voire impatient, soucieux de ne pas perdre son temps, mais d'une extrême générosité dès qu'il s'agissait de raconter.

Ce jour-là, le 29 mars 2013, Henning Mankell était l'invité du festival Quais du polar à Lyon. Devant un parterre nombreux et attentif, grand seigneur, il nous avait régalé, plein d'humour et de finesse, avec une histoire africaine. Une histoire de gendarme et de voleur. La voici:

"Cela s'est passée, il y a quelques années, à Maputo, la capitale du Mozambique. J'étais là, j'attendais quelqu'un, et  je vois passer un policier avec un voleur qu'il avait apparemment attrapé au marché. Il le tenait comme ceci (Mankell empoigne son col de chemise). Ils étaient en route pour le commissariat de la ville. Soudain, ils s'arrêtent. Le policier vient de se rendre compte que ses chaussures ont besoin d'être nettoyées. Or, justement, il y a là un cireur de chaussures.

Le policier dit quelque chose au voleur, qui a l'air tout content. Peu après, il lui donne un peu d'argent.  Le voleur s'éloigne et revient avec un journal. Le policier lit tranquillement en attendant que le cireur ait terminé, puis il empoigne à nouveau fermement le voleur par le col et l'emmène au commissariat.

J'ai trouvé cette scène très intéressante, conclut Mankell. Elle montre que dans un pays où il n'y a jamais eu de police auparavant, tant les policiers que les voleurs ont besoin d'apprendre comment se comporter."

Ayant terminé son récit, l'écrivain ajouta à l'attention de son auditoire séduit: "Vous pouvez raconter cette histoire à d'autres sans avoir à me payer de droits d'auteur."

Dont acte. Merci Henning Mankel, nous ne vous oublierons jamais.

 

A lire ou relire, outre les multiples enquêtes de Kurt Wallander et les très beaux romans:

"Mankell (par Mankell). De Kirsten Jacobsen. Seuil, 293 p.

"Sable mouvant. Fragments de ma vie". De Henning Mankell. Seuil, 352 p. 

 

 

 

Avec Gisèle Vienne, La Bâtie démarre en fumée

Marionnettiste de formation et très marquée par les arts plastiques, la Franco-Autrichienne Gisèle Vienne est cette année la grande invitée de La Bâtie – Festival de Genève. Avant d'autres interventions en cours de manifestation, la metteure en scène de 39 ans ouvrait les feux, vendredi 28 août, avec sa pièce "This is how you will disappear". Créé en 2010, ce conte amoral pour adultes au cœur tendre réunit Jonathan Capdeviellle (l'interprète fétiche de Gisèle Vienne), Nuria Guiu Sagarra et Jonathan Schatz. Au texte et au son, des complices de longue date également: l'écrivain Dennis Cooper, les musiciens Stephen O'Malley et Peter Rehberg.

Sur scène des arbres, des vrais. Une forêt archaïque et mystérieuse, anxiogène à souhait et dont la musique, expressive et très forte, sursignifie l'inquiétante étrangeté. Apparaissent deux ombres blanches blotties dans l'obscurité. Un homme et une femme. Ils s'étirent, elle exécute quelques exercices d'assouplissement avant de se lancer dans une série de figures acrobatiques. Il l'a soutient. Ou la contraint, difficile à dire. Quand elle s'en va, il menace de la tuer. Fin du tableau.

Il y en aura d'autres, similaires, toujours aux confins du réel. Evoquant aussi bien l'érotisme trouble de Balthus que les caissons lumineux du photographe canadien Jeff Wall, ce spectacle nous parle d'un monde où l'on tue comme on coupe une part de tarte, où proies et chasseurs se côtoient et se défient sans véritable enjeu. Personnage à part entière, la fumée envahit régulièrement l'espace. Elle va jusqu'à monter dans les gradins et absorber les spectateurs. On s'attend à quelque chose d'extraordinaire, d'inédit. Rien ne se produit finalement. La brume se retire, la forêt reste à sa place, le public à la sienne.

Univers interlope et très maitrisé, "This is how you will disappear" ne manque pas d'intérêt. Il reste néanmoins trop maniériste et superficiel pour que l'on adhère vraiment. Beaucoup d'effets pour finalement peu de propos. On attend la suite avec impatience. Rendez-vous les 3 et 4 septembre à la Comédie de Genève, pour découvrir "The Ventriloquists Convention".

 

Genève. La Bâtie. Du 28 août au 12 septembre. www.batie,ch

Avec et autour de Gisèle Vienne:

"This is how you will disappear".  Carouge. Théâtre de Carouge. Le 29 août.

"The Ventriloquists Convention".  Genève. Comédie. Les 3 et 4 septembre.

Gisèle Vienne, "40 portraits, 2003-2008", expo de photos. Centre d'art contemporain. Du 30 août au 12 septembre. Vernissage le 29 août à 16 h..

"Pita (a.k.a. Peter Rehberg", concert. Cave 12 . Le 2 septembre.

Jonathan Capdevielle, "Saga". Théâtre du Loup. Les 7 et 8 septembre.

"Brando", court métrage. Gisèle Vienne, Scott Walker + Sunn O ]]]. Lieu central. Du 28 août au 12 septembre.

Philippe Saire donne corps au vide

Performance pour deux interprètes, Vacuum est le troisième volet d'une série de pièces appelée Dispositifs. Le chorégraphe Philippe Saire y explore avec finesse les liens entre la danse et les arts plastiques qui depuis longtemps le fascinent. Succédant à Black out et NEONS Never Ever, Oh! Noisy Shadows, Vacuum se révèle incontestablement la pièce la plus abstraite, la plus radicale et, paradoxalement, la plus incarnée des trois.

Devant les spectateurs, deux néons flottent à l'horizontale dessinant entre leurs traits lumineux une énigmatique et fascinante page noire. Une page sur laquelle peu à peu viennent s'imprimer des images, d'abord floues puis plus nettes. On distingue un coude, un genou, une fesse, puis un tronc tout entier. On pense d'abord à une membrane  sur laquelle viendrait s'appuyer les corps des danseurs – impressionnants Philippe Chosson et Pep Garrigues. Jusqu'à ce qu'une tête, puis deux sortent littéralement du cadre comme des gargouilles de cathédrale. Pas d'écran, pas d'obstacle physique. C'est la lumière seule qui sculpte ou les formes, creuse le sillon d'un muscle, dramatise le surgissement d'un pied ou pose, comme une ombre au graphite, une tache sombre en plein milieu d'un dos.  

Avec Vacuum, Philippe Saire convoque toute l'histoire de l'art dans un grand bouquet de sensations mêlées. Respectueux et modeste, il se garde bien toutefois de références directes ou de citations précises. Vacuum n'a rien d'un quizz pour public cultivé. Chaque spectateur reste libre d'associer à sa guise les images offertes avec celle qui dorment en lui. Il en ressort un peu titubant, ébloui et muet. Chez Philippe Saire, le vide est plein, superbement plein.

 

Lausanne. Romandie Rock Club. Le 26 juin: 19 h, 20 h, 21 h. Le 27 juin: 17 h, 18 h, 19 h.

Entrée gratuite, réservations conseillée: reservation_vacuum@philippesaire.ch ou 021 620 00 11.

Le spectacle sera ensuite présenté à Genève dans le cadre du Festival de la Bâtie les 11 et 12 septembre. 

Philippe Saire donne corps au vide

Performance pour deux interprètes, Vacuum est le troisième volet d'une série de pièces appelée Dispositifs. Le chorégraphe Philippe Saire y explore avec finesse les liens entre la danse et les arts plastiques qui depuis longtemps le fascinent. Succédant à Black out et NEONS Never Ever, Oh! Noisy Shadows, Vacuum se révèle incontestablement la pièce la plus abstraite, la plus radicale et, paradoxalement, la plus incarnée des trois.

Devant les spectateurs, deux néons flottent à l'horizontale dessinant entre leurs traits lumineux une énigmatique et fascinante page noire. Une page sur laquelle peu à peu viennent s'imprimer des images, d'abord floues puis plus nettes. On distingue un coude, un genou, une fesse, puis un tronc tout entier. On pense d'abord à une membrane  sur laquelle viendrait s'appuyer les corps des danseurs – impressionnants Philippe Chosson et Pep Garrigues. Jusqu'à ce qu'une tête, puis deux sortent littéralement du cadre comme des gargouilles de cathédrale. Pas d'écran, pas d'obstacle physique. C'est la lumière seule qui sculpte ou les formes, creuse le sillon d'un muscle, dramatise le surgissement d'un pied ou pose, comme une ombre au graphite, une tache sombre en plein milieu d'un dos.  

Avec Vacuum, Philippe Saire convoque toute l'histoire de l'art dans un grand bouquet de sensations mêlées. Respectueux et modeste, il se garde bien toutefois de références directes ou de citations précises. Vacuum n'a rien d'un quizz pour public cultivé. Chaque spectateur reste libre d'associer à sa guise les images offertes avec celle qui dorment en lui. Il en ressort un peu titubant, ébloui et muet. Chez Philippe Saire, le vide est plein, superbement plein.

 

Lausanne. Romandie Rock Club. Le 26 juin: 19 h, 20 h, 21 h. Le 27 juin: 17 h, 18 h, 19 h.

Entrée gratuite, réservations conseillée: reservation_vacuum@philippesaire.ch ou 021 620 00 11.

Le spectacle sera ensuite présenté à Genève dans le cadre du Festival de la Bâtie les 11 et 12 septembre. 

Philippe Saire donne corps au vide

Performance pour deux interprètes, Vacuum est le troisième volet d'une série de pièces appelée Dispositifs. Le chorégraphe Philippe Saire y explore avec finesse les liens entre la danse et les arts plastiques qui depuis longtemps le fascinent. Succédant à Black out et NEONS Never Ever, Oh! Noisy Shadows, Vacuum se révèle incontestablement la pièce la plus abstraite, la plus radicale et, paradoxalement, la plus incarnée des trois.

Devant les spectateurs, deux néons flottent à l'horizontale dessinant entre leurs traits lumineux une énigmatique et fascinante page noire. Une page sur laquelle peu à peu viennent s'imprimer des images, d'abord floues puis plus nettes. On distingue un coude, un genou, une fesse, puis un tronc tout entier. On pense d'abord à une membrane  sur laquelle viendrait s'appuyer les corps des danseurs – impressionnants Philippe Chosson et Pep Garrigues. Jusqu'à ce qu'une tête, puis deux sortent littéralement du cadre comme des gargouilles de cathédrale. Pas d'écran, pas d'obstacle physique. C'est la lumière seule qui sculpte ou les formes, creuse le sillon d'un muscle, dramatise le surgissement d'un pied ou pose, comme une ombre au graphite, une tache sombre en plein milieu d'un dos.  

Avec Vacuum, Philippe Saire convoque toute l'histoire de l'art dans un grand bouquet de sensations mêlées. Respectueux et modeste, il se garde bien toutefois de références directes ou de citations précises. Vacuum n'a rien d'un quizz pour public cultivé. Chaque spectateur reste libre d'associer à sa guise les images offertes avec celle qui dorment en lui. Il en ressort un peu titubant, ébloui et muet. Chez Philippe Saire, le vide est plein, superbement plein.

 

Lausanne. Romandie Rock Club. Le 26 juin: 19 h, 20 h, 21 h. Le 27 juin: 17 h, 18 h, 19 h.

Entrée gratuite, réservations conseillée: reservation_vacuum@philippesaire.ch ou 021 620 00 11.

Le spectacle sera ensuite présenté à Genève dans le cadre du Festival de la Bâtie les 11 et 12 septembre.