Un travail de Sisyphe. Ces dernières années, les autorités politiques américaines se sont évertuées à interdire la fumée dans les lieux publics afin de combattre le tabagisme. Conséquence: le nombre de jeunes fumeurs de cigarettes traditionnelles a fortement chuté. Mais une nouvelle tendance se fait jour et inquiète les milieux de la Santé aux Etats-Unis. Selon le Washington Post, entre 2013 et 2014, le nombre d’élèves de l’équivalent du cycle d’orientation et du collège (middle and high school) recourant à la cigarette électronique a triplé. Le directeur du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies Tom Frieden juge l’évolution “choquante”. A ses yeux, c’est d’autant plus inquiétant que tout type de nicotine peut avoir des effets nuisibles sur le développement du cerveau.
D’autres experts cités par le Washington Post sont moins alarmistes, relevant que la cigarette électronique reste un moyen pour dissuader les jeunes de fumer des cigarettes traditionnelles dont la consommation cause jusqu’à un demi-million de morts aux Etats-Unis chaque année.
Il n’y a pour l’heure aucune législation fédérale régulant la consommation de cigarettes électroniques, mais plusieurs Etats ont tout de même légiféré, interdisant par exemple de vendre de tels produits à des mineurs. Quoi qu’il en soit, les spécialistes s’interrogent. La e-cigarette est-elle vraiment moins nocive que la cigarette traditionnelle? Est-elle une alternative valable en termes de santé publique ou sape-t-elle au contraire des années de campagne anti-tabac? Une étude publiée cette semaine dans le journal Tobacco Control révèle que certains produits chimiques utilisés pour donner un arôme à l’e-cigarette pourraient être nocifs à long terme.
Selon un sondage réalisé auprès de 22000 étudiants, environ un quart des étudiants du collège et 8% des élèves du cycle d’orientation ont recouru à un produit contenant du tabac au cours des 30 derniers jours.
