Face à ce mouvement en faveur d'une déclassification, José Rodriguez n'en démord pas. Les pratiques de la CIA ont perrmis d'obtenir des informations qui ont permis de décimer Al-Qaida et de sauver des vies américaines. Croupissant dans la prison de Guantanamo, l'un des cinq accusés du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed a été soumis à la simulation de noyade 183 fois. Il ne semble pourtant pas avoir livré des informations cruciales. Pour José Rodriguez, justifie la torture par la CIA en raison du contexte: on était après 9/11 et 3000 Américains venaient d'être tués par les djihadistes d'Al-Qaida. "Ceux qui pensent que nous aurions dû interroger Abu Zubeida (un haut responsable d'Al-Qaida) de manière plus douce n'ont jamais eu à porter le fardeau de protéger des vies."
José Rodriguez insiste aussi. Le programme de techniques d'interrogation renforcées de la CIA était efficace. Le chef du Service national clandestin de l'agence relève que celle-ci a corrigé les erreurs qui ont pu être commises. Il avance enfin l'argument définitif: le programme a été approuvé et jugé légal par les plus hautes sphères du gouvernement et le Département de la justice. Or le gouvernement de George W. Bush comprenait des figures telles que Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, qui dit aujourd'hui encore dans un film de Errol Morris "Unknown Known" qu'il n'a pas lu les documents secrets évoquant la torture qui avait "fuité" et dont le New York Times avait à l'époque largement parlé. Il refuse toujours d'admettre que l'argumentaire pour envahir l'Irak (Saddam Hussein aurait été en possession d'armes de destruction massive et abriterait des éléments d'Al-Qaida) fut l'un des plus grands mensonges de l'Amérique de ces dernières décennies. Pour rappel, José Rodriguez lui-même avait donné l'ordre de détruire des vidéos montrant des scènes de torture.
José Rodriguez espère enfin que lorsque des portions du rapport seront publiées, la CIA aura un droit de réponse. Il espère aussi que le travail de ses successeurs ne sera pas rendu plus difficile en raison de cette publication.