Or la capacité de récolter des informations sur les citoyens du monde ne signifie pas que l'administration américaine est à même de tout digérer et d'analyser. On en veut pour preuve un article du Washington Post qui révèle qu'au cours des dernières années, Social Security (les retraites) a versé pour 133 millions de dollars à des personnes décédés (photo AFP). Idem avec le système des retraites des employés fédéaux qui a payé pour 400 millions de dollars des rentes à des défunts. Un autre programme fédéral offrant des subventions pour le chauffage et l'air conditionné a payé pour 3,9 millions de dollars de factures à des morts… Medicare, l'assurance-maladie pour les plus de 65 ans a versé, entre 2009 et 2011, pour 8,9 millions de dollars pour des équipements médicaux demandés par des médecins qui étaient morts depuis plus d'une année.
Ce sont les aléas d'une bureaucratie vieillissante qui n'arrive plus à savoir qui est vivant et qui est mort. Comme le souligne le quotidien américain, un homme de l'Utah s'est rendu un jour dans les bureaux de Social Security pour s'insurger contre sa mort "administrative". Mais "les employés voulaient davantage de preuves". Ils ont demandé à cet Américain d'écrire sur une feuille qu'il était bien vivant.
Les autorités tentent néanmoins de rassurer. Ces cas sont des exceptions et la plupart des 2,5 millions d'Américains qui meurent chaque année sont bien rayés des répertoires de l'administration.