Pour couper court aux spéculations, le porte-parole du Pentagone présent à Guantanamo, le lieutenant colonel Todd Bresseale a dressé un tableau beaucoup plus clair de la situation. Sur les 166 détenus encore en captivité sur la base de Cuba, 46 sont en détention illimitée. Les Etats-Unis estiment qu'ils sont trop dangereux pour être libérés, mais n'ont pas assez de preuves pour les inculper. 86 peuvent être transférés d'autant qu'aucune charge ne pèse contre eux. C'est le trou noir juridique qui existe depuis plus de trois ans. 34 détenus, selon Todd Breasseale, devraient être poursuivis. Huit d'entre eux ont déjà été inculpés.
Quant aux cinq terroristes présumés du 11 septembre 2001, les Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed et Ali
Abd al-Aziz Ali, le Yéménite Ramzi
ben al-Chaïba et les Saoudiens Wallid
ben Attach et Moustapha
al-Houssaoui ont comparu pour la première fois depuis quatre mois devant la Commission militaire de Guantanamo, dans une salle de tribunal ultra-sécurisée. KSM, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001, avec sa barbe teintée orange, est arrivé dans la salle, marchant péniblement. Mais au fil des audiences, il est apparu plus alerte. Wallid ben Attach et Moustapha al-Houssaoui semblaient eux très à l'aise, ne cessant de discuter avec l'un de leurs interlocuteurs au sein de la défense. Les débats techniques entre l'ex-patron des tribunaux militaires d'exception, l'amiral Bruce MacDonald et les avocats de la défense leur semblaient lointain. Ils étaient tous deux plongés la plupart du temps dans un livre ou des documents imprimés.