Egocentrique, populiste, proche du Tea Party, le Géorgien Newt Gingrich est considéré par certains comme un beau parleur. Fort de son doctorat en histoire, il croit toujours mieux comprendre les défis du présent et de demain grâce à sa profondeur historique dont il a fait profiter, comme consultant, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit hypothécaire. Sa maîtrise de l'économie et du marché reste relative. Il proposait voici peu de fixer le prix du gallon (3,89 litres) d'essence à 2,5 dollars pour mieux souligner l'échec du président Obama qui n'arrive pas à arrêter l'augmentation du carburant.
A court d'argent, on aurait pu penser que le co-auteur du Contract with America, ce programme qui avait permis aux républicains de reconquérir la Chambre des représentants après des décennies dans la minorité sous l'ère Bill Clinton, aurait songé à se retirer des primaires républicaines. Ce n'est pas son style.
Dans une chronique au vitriol dans le New York Times, Frank Bruni invite l'ex-élu, qui prétend n'avoir rien à voir avec l'establishment de Washington, à abandonner le combat. Il invite les autres médias à boycotter ses meetings, il implore Fox News et CNN de fermer leurs portes au conservateur et populiste Gingrich. Il appelle à laisser celui qui est loin derrière Mitt Romney et Rick Santorum en termes de nombres de délégués, dans un anonymat qui lui sied si mal.
Le retour de manivelle est brutal. Depuis janvier, Newt Gingrich n'a cessé de fustiger les médias "libéraux" qui feraient campagne pour la réélection d'Obama et distordraient la réalité des faits.