Les Américains

La Maison-Blanche n’est pas transparente

Oussama ben Laden est-il bien mort? La question est volontairement provocatrice. Mais il sera difficile d'y apporter une réponse claire avant longtemps. Malgré la vingtaine de demandes posées par Associated Press pour obtenir des documents liés à l'intervention des Navy Seals à Abbottabad au Pakistan pour capturer puis tuer l'ex-leader d'Al-Qaida, l'administration américaine se refuse à révéler les détails de l'opération. Ceci, malgré l'existence du Freedom of Information Act, une loi imposant au gouvernement américain une transparence de l'information.

Le Pentagone a ainsi expliqué qu'il ne pouvait trouver ni certificat de décès, ni rapport d'autopsie, ni tests ADN, encore moins des documents expliquant la manière dont les Etats-Unis disposeraient du corps de Ben Laden s'il devait être tué dans l'aventure. Ce black-out de l'information est d'autant plus regrettable que l'opération "Geronimo" est, aujourd'hui encore, entourée d'un halot de mystère. Les premières déclarations de la Maison-Blanche furent très confuses et contradictoires.

Barack Obama a certes innové en publiant plus de 2 millions de données sur les personnalités qui sont venues en visite à la Maison-Blanche. Mais plus globalement, l'administration Obama "est la pire des six dernières administrations concerrnées par le Freedom of Information Act", relève l'avocate Katherine Meyer qui s'appuie sur la loi sur la transparence de l'information pour exiger des documents de l'administration américaine. Fait aggravant: sous Barack Obama, l'administration a engagé des procédures judiciaires contre un nombre inégalé de dénonciateurs ("whistleblowers").

Or Barack Obama souhaitait être un "game changer", un réformiste. Peu après son discours d'investiture, il affirmait que son administration serait "la plus ouverte et la plus transparente dans l'histoire" des Etats-Unis. Il a encore moins d'une année pour prouver que ce n'était pas une promesse en l'air.

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