Les Américains

L’argent nerf de la guerre aux USA? Dickens le disait déjà en 1842…

Ceux qui ont l'impression qu'avec les super-PAC (groupes à but non lucratif politiquement actifs), qui soutiennent Mitt Romney ou Barack Obama, la campagne électorale pour la présidentielle 2012 révèle un amour immodéré des Américains pour l'argent, devraient remonter à 1842 pour constater que ce n'est pas une caractéristique vraiment nouvelle. Dickens

A cette époque, Charles Dickens, 30 ans, est déjà une célébrité mondiale. Il est reçu au Park Theatre de New York par plus de 3000 invités. Comme le raconte la BBC, l'écrivain anglais est tout d'abord séduit par l'Amérique, par Boston où il débarque. Son but, en tant que réformateur social engagé, c'est de voir si les Etats-Unis sont une démocratie plus avancée que l'Angleterre victorienne, une société de classes.

Pourtant, petit à petit, Charles Dickens deviendra hostile à la manière qu'ont les Américains de tenter de faire de l'argent sur le dos de sa célébrité. Il reproche ainsi à son coiffeur américain d'avoir tenté de faire de l'argent en vendant des cheveux de l'auteur anglais. Même à Washington où il visite les institutions politiques, le Capitole et la Maison-Blanche de John Tyler, il fait le même constat: les Américains sont motivés davantage par l'argent que par les idéaux.

Il y a aussi les manières des habitants du Midwest à table qui l'horripilent. "Ce sont comme des animaux", dit-il. En bref, les Américains ne sont pas assez british. Ces divergences seront à l'origine de la "Quarrel with America", de la dispute avec l'Amérique.

Les choses s'arrangeront grâce à la popularité durable des ouvrages de Dickens qui réconcilieront des Américains irrités avec l'auteur anglais. Plus tard, bien plus tard, Etats-Unis et Grande-Bretagne iront jusqu'à développer une "relation spéciale" avec Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt, puis Margaret Thatcher et Ronald Reagan, et enfin Tony Blair et George W. Bush.

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