Agée de 19 ans en 1962 (JFK avait 45 ans), Mimi Alford dit n'avoir jamais ressenti un sentiment de culpabilité. Elle dit être convaincue que Kennedy l'appréciait beaucoup sans nécessairement l'aimer. Elle perdra sa virginité à la Maison-Blanche. JFK la fera régulièrement venir dans l'espace privé de la Maison-Blanche. Il se rendra même dans le campus de l'Université de Wheaton dans le Massachusetts, où elle retourna après son stage à la Maison-Blanche, pour la retrouver. Il se faisait passer pour un certain "Michael Carter".
De l'avis de beaucoup, John Fitzgerald Kennedy avait impressionné Washington par sa rigueur en politique et sa capacité à prendre des décisions difficiles. Mais par rapport à sa vie privée, estime-t-on, il a pris des risques "inconsidérés". Une manière de décompresser, disent les spécialistes, au vu des fortes tensions auxquelles était soumis le président à l'époque. Il agissait en privé "comme s'il était une autre personne", souligne Mimi Alford. Même en pleine crise des missiles de Cuba, en octobre 1962, il fera attendre sa jeune stagiaire à la Maison-Blanche.
L'interview de Meredith Vieira se termine sur des confessions scabreuses. Mimi Alford confesse avoir été un soir avec JFK et Dave Powers, l'un des conseillers du président. Alors que JFK jouait avec sa stagiaire dans la piscine de la Maison-Blanche, il lui demanda si elle pouvait "s'occuper de Dave Powers". Le président des Etats-Unis l'invitait à faire une fellation à son conseiller. Elle s'exécuta devant lui. Dans l'interview de NBC, Mimi Alford, mal à l'aise, estime avoir été abusée et ne cache pas sa colère, qui l'habite encore. Elle relève que le président lui fera une demande similaire pour son frère Ted Kennedy.
Ces épisodes racontés par Mimi Alford ne sont pas corroborés par d'autres sources, la plupart des gens de l'époque qui auraient pu en parler étant morts. Mais de l'avis des experts de JFK, ils ne vont pas détruire le mythe Kennedy. Le journaliste Chris Matthew, auteur d'un livre sur JFK, relève que Kennedy a transformé la politique américaine, la faisant passer du noir et blanc à la couleur. Et cela va rester, dit-il. Pour l'historienne Doris Kearns Goodwin, les Américains ont déjà "absorbé" les multiples relations extraconjugales de JFK. Les révélations de Mimi Alford ne vont pas détériorer l'image très positive qu'a l'opinion publique américaine de JFK. Richard Reeves, auteur de "President Kennedy: Profile of Power", ajoute que JFK et Jackie Kennedy sont devenus des "figures culturelles qui vont vivre bien au-delà de leur époque", car elles représentaient un certain universalisme.