Pourquoi ce blog ?

Aujourd’hui, je souhaiterais approfondir les raisons qui m’ont amenée à tenir un blog sur la question : Pourquoi si peu de femmes  dans le monde du management ? 

Ma motivation en rédigeant ce blog est de partager  un vécu et une expérience en transmettant  une histoire,  l’histoire d’une femme ingénieure, mère de trois enfants et qui a décidé de mener sa carrière avec la volonté de ne pas être qu’une exécutante, mais aussi une porteuse de vision. Cette histoire n’a pas la prétention de raconter toutes les histoires et de détenir toutes les vérités, elle n’a pour ambition que de raconter une perspective, la mienne. 

La question de ma motivation à écrire ce blog  m’a également conduit à me demander à qui je souhaite m’adresser ?   Deux types de personnes me viennent spontanément  à l’esprit.  Tout d’abord, je souhaite m’adresser à une femme, que nous nommerons Alice. Celle-ci aspire à avoir une carrière et elle est hantée par deux doutes : sera-t-elle à la hauteur dans un monde qui n’a pas forcément des codes qui lui sont naturels et sera-t-elle  à la hauteur en tant que mère ?  Mon second lecteur est un homme, que nous nommerons  Bob. Celui-ci ne se reconnait pas dans les discours clivants qui opposent les genres. Il comprend qu’il est dans un monde en mutation et il est prêt à faire bouger les lignes en terme de style de management. Bob ne réalise pas encore à quel point sa contribution en tant que collègue,  conjoint  ou encore de manière plus forte en tant que père peut faire la différence. 

Revenons à Alice : elle fera fatalement face à un moment ou à un autre, lors de sa carrière, à la fameuse question : y-a-t-il vraiment un problème ? Autrement dit, évoluer dans un environnement professionnel avec des codes masculins et arriver avec sa réalité de femme et de mère, est-ce que cela pose un problème ? Tout d’abord, notons que pour qu’un problème existe, il faut avoir l’opportunité de le verbaliser. Il faut qu’Alice se prenne le droit de dire :  oui, c’est parfois compliqué de gérer ma famille et ma carrière en parallèle. Or le simple fait d’oser la question constitue déjà une violation d’une règle d’or dans le code en place, règle consistant à ne jamais montrer le moindre doute. Il est évident que le problème est bien réel et de taille, car c’est précisément au moment où l’investissement pour sa carrière doit être au maximum, qu’Alice doit jongler  en permanence avec les défis de carrière et ceux de son statut de mère.

Et c’est à ce moment de sa vie qu’Alice se pose la question qui met fin à bien des carrières : faut-il renoncer  face à ce double défi ? Evidemment que non, elle ne doit pas renoncer si elle sent que son travail est une vraie source d’épanouissement et que son énergie vitale n’est pas mise en danger par ce double défi. Gérer cette épreuve va lui apprendre à faire des allers-retours  entre le monde professionnel et le monde personnel, en cherchant toujours à nourrir un monde avec ce que lui apporte l’autre monde. C’est ainsi, par exemple, qu’un jour elle découvrira qu’elle applique à ses enfants des enseignements  de communication non violente appris dans un séminaire de management. Mieux encore, face à une dispute entre ses enfants, elle sortira des post-it et animera une discussion collaborative, pour faire émerger des solutions élaborées ensemble. Elle sera aussi très réceptive au lean management, car sa vie consiste à optimiser en permanence les processus et chasser toute forme de gaspillage de temps.

A présent, quel est l’intérêt d’une entreprise à soutenir Alice, sachant qu’il est toujours plus facile de rester sur un terrain connu, c.-à-d. avec un management masculin homogène. En posant cette question, suis-je en train d’insinuer que les femmes, par leur simple présence, rendent un management meilleur ? C’est bien évidemment plus subtile que ça. La raison d’offrir du soutien à Alice tient dans le fait que la diversité est toujours porteuse de richesse. Aujourd’hui, un courant de leadership nouveau traverse le monde de l’entreprise. Le leadership collaboratif, qui a parfaitement compris que pour relever les nouveaux défis, il faut créer de l’engagement en donnant du sens aux actions et en veillant à ce que les dynamiques humaines restent les plus saines possibles.  Ce leadership réhabilite le doute, car nous avançons dans un monde incertain et mouvant et rien n’est plus dangereux que d’être pétri de certitudes. Ce leadership est également  bousculant car il nécessite de l’écoute, de l’introspection, de la remise en question et surtout de l’humilité. Il redéfinit l’autorité du chef au sens classique du terme.  Le frein à ce type de management réside souvent dans les vieux réflexes et les atavismes liés à un schéma de pensée managérial bien ancré.

Du coup, les femmes étant moins rompues à l’exercice du pouvoir, les atavismes n’ont souvent pas encore pris racine en elles. Pour la plus part, elles arrivent avec moins de schémas établis et peu de modèles d’identification.  A ce stade, si elles viennent à renforcer les rangs des nombreux hommes comme Bob qui souhaitent faire bouger les lignes du management, on se dotera alors d’une force apte à  construire une vision plus engageante et motivante du monde de l’entreprise.  Un monde en mouvement qui sera forcément différent et dans lequel chacun devra échapper aux certitudes rassurantes du groupe s’il veut être à la hauteur des défis qui se présenteront tout au long du chemin.

4 réponses à “Pourquoi ce blog ?

  1. “Pourquoi ce blog ?”

    Et pourquoi pas, allez les femmes, courage, la sortie du tunnel est en vue, comme une planète plus saine (tierra madre), je vous aime, besos
    🙂

    1. Merci Olivier pour le soutien, oui l’engagement pour la planète, la représentativité féminine la transformation culturelle des entreprises… c’est ce que j’appelle un monde en mouvement et ça rend notre époque passionnante!

  2. Bravo Assia ! Ton parcours est déjà exceptionnel et le combat ne s’arrête jamais . Il est avant tout politique tant que les solutions de garde d’enfants et d’aide financière aux jeunes familles ne seront pas des priorités les femmes ne pèteront pas ce foutu plafond de verre .
    Il faut donc s’engager politiquement et voter pour que ça bouge . Le reste suivra . Sinon il faudra faire ce choix impossible carrière ou famille . Quelle injustice par rapport aux hommes pas d’horloge biologique . Donc s’engager et voter pour que ça change et bravo pour ton blog et ton combat .
    Et le côté être à la hauteur faut lâcher aussi plantons nous on a le droit . On se relève ?

    1. Merci Zohra pour ton commentaire. Je suis d’accord c’est un sujet qui nous concerne tous et j’espère que si chacun comprend qu’il y a un intérêt collectif à faire bouger les choses alors on saura tirer bénéfice de toutes les forces.

Répondre à Zohra Mazouni Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *