Cachez ce quotient émotionnel que je ne saurais voir !

Le fil rouge de ce blog sera l’exploration de la question du genre féminin dans le management. Etre une femme, dans un environnement fortement masculin, voire exclusivement masculin, est-ce finalement un risque, une caractéristique parmi d’autres ou une singularité à cultiver ?

Je suis convaincue que les managements mixtes sont plus riches en termes de styles, d’échanges et de variétés de pensée. En effet, les managements monochromes ont tendance à fonctionner en circuit fermé, en adoptant  sans même s’en rendre compte des codes convenus offrant peu d’espace pour l’originalité. Sans oublier que la société d’aujourd’hui a évolué. De nombreuses femmes ont des carrières ambitieuses, sont très actives et surtout représentent une part non négligeable du marché du travail. L’absence de représentation féminine revient à occulter cette évolution. 

Le suspens n’aura pas duré longtemps, vous l’aurez compris, ma conviction est que le management mixte est générateur d’une grande richesse d’idées et source d’innovation. Nous sommes donc face, sans l’ombre d’un doute, à une singularité à cultiver. Afin d’étayer mes propos, je vais explorer une série de pistes tout au long de ce blog. 

La première est en lien avec l’intelligence émotionnelle, cette capacité à se connecter à soi et  aux autres. Cette capacité aussi à reconnaitre et admettre ses émotions, et à savoir en tirer profit pour tisser des liens.  De nombreuses études citées dans le livre “L’intelligence émotionnelle” de Daniel Goleman  montrent que cette faculté ne se développe pas de  manière similaire chez les filles et les garçons. On retiendra deux raisons majeurs :

  • L’éducation : les parents abordent plus volontiers la question des émotions avec leurs filles qu’avec leurs garçons. On peut aussi imaginer qu’un garçon aura moins d’espace pour explorer ses émotions face au dictat qui veut qu’il soit fort en toute circonstance.
  • L’acquisition du langage : les filles apprennent à parler plus tôt, ce qui va leur permettre de  mettre dès le plus jeune âge des mots sur les émotions vécues. 

Cet état de fait a pour conséquence que bon nombre de ces filles continueront à développer une capacité à déchiffrer les signaux verbaux et non verbaux liés aux emotions, longtemps après avoir quitté le monde de l’enfance.

Force est de constater que dans le monde du management, l’émotion n’a pas bonne presse, n’est pas vraiment comprise et n’a souvent pas lieu d’être. 

Circuler il n’y a rien à voir… ou à ressentir ! 

J’ai longtemps pensé que les émotions  étaient  un frein à l’exercice d’un management ferme et éclairé, un talon d’Achille qu’il fallait par tous les moyens cacher sous peine d’être exclue. Aujourd’hui, mes lectures, mes formations sur le leadership bienveillant, la culture Agile qui traverse le monde de la transformation digitale et mon expérience de manager me montrent que l’intelligence émotionnelle, loin d’être une tare, est un vrai outil de management. D’ailleurs, comme l’explique Daniel Goleman, dans les dynamiques humaines, le quotient intellectuel d’un groupe n’est pas une simple moyenne des quotients intellectuels individuels. Le quotient intellectuel d’un groupe est fortement impacté par le quotient émotionnel de ce dernier. Il n’y a rien de surprenant donc à affirmer que les talents se développent mieux dans des environnements harmonieux.  Sans intelligence émotionnelle, le climat se détériore au sein du groupe et le potentiel de ce dernier se dissout au bénéfice des individus dominants qui ne sont pas forcément les plus talentueux ni les plus créatifs.

Pour conclure, les plus grands succès sont atteints quand on comprend que diriger un groupe n’est pas le dominer, mais plutôt être capable de créer des dynamiques humaines basées sur la motivation et l’engagement vers un but commun. Les femmes et les hommes qui cultivent cet état d’esprit font la différence.