J’adore le dilemme du prisonnier* ! Il permet d’expliquer tout…. enfin en tous cas beaucoup de choses ! Prenez par exemple le duel Fillon-Copé en France. La solution idéale pour l’UMP ? Chacun cède, on enterre le plus vite possible ce monumental échec et on s’unit contre la gauche. Le problème est que comme montré dans le schéma ci-dessus, ce n’est pas dans l’intérêt des protagonistes. En effet, si l’un cède, l’autre peut immédiatement en tirer tous les lauriers.
Au fait, la droite devient victime de son idéologie. L’individualisme qu’elle prône l’empêche d’atteindre la meilleure situation possible, car chacun voulant défendre ses propres intérêts amène la pire issue possible : personne ne cède et toute la droite s’enfonce.
Evidemment, la droite n’a pas le monopole des égoïsmes. On a vu de nombreuses personnalités de gauche s’embourber dans le même genre de travers, particulièrement en France, ou le système est tellement centralisé qu’il ne laisse pas beaucoup de place à la coopération. Mais il est intéressant de voir à quel point, à droite, l’individualisme peut causer des dégâts. Ils démontrent par l’exemple que leurs théories anti-solidaires ne fonctionnent pas.
Malheureusement, dépasser l’individualisme est un problème que l’on trouve partout, pas seulement à l’UMP. Cela montre la nécessité d’avoir des systèmes politiques qui dépendent moins des individus qu’ils ne dépendent des valeurs, des idées et des groupes. Certes, il faut des personnalités avec des qualités, mais la personnalisation de la politique à outrance mène les partis à leur perte. La Suisse a cet avantage d’avoir un système ou le pouvoir est moins concentré. En laissant plus de place à chacun et moins d’influence à quelques un, il limite les dégâts des conflits d’égo. Bien sur, on peut encore beaucoup mieux faire…
* Le dilemme du prisonnier est un jeu économique dans lequel deux acteurs ont soit le choix de coopérer soit de se battre l'un contre l'autre. Le jeu est concu pour que la solution la meilleure pour tout le monde soit de coopérer. Par contre, chaque individu peut, en se battant, gagner un peu plus, tout en faisant du mal à l'autre. Le résultat général est que tout le monde se bat, et le résultat est le pire possible.
