Que de distinctions pour l'innovation suisse et vaudoise. Le pays, au premier rang du classement portant sur la compétitivité et l'innovation du World Economic Forum depuis 6 ans, a également été placé la semaine dernière au sommet d'un ranking de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, et ce pour la cinquième année consécutive.
La même semaine, le programme national de formation pour les start-up Venturelab et ses experts ont présenté leur palmarès des 100 sociétés les plus prometteuses du pays. Parmi elles, 29 sociétés sont établies dans le canton de Vaud, 4 des 5 premières étant vaudoises. Un succès souvent expliqués par la proximité de l'EPFL et de l'HEIG-VD (Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud), mais pas seulement. Il vient également des soutiens à l'innovation. La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie a soutenu les trois sociétés occupant les premiers rangs du classement(L.E.S.S, Abiotic,Flyability), via la Fondation pour l'innovation technologique (FIT) dont elle est la fondatrice.
Mais cette situation, d'apparence idyllique, n'est pas gravée dans le marbre. Elle est menacée par une concurrence qui est aujourd'hui internationale. Elle se situe à Boston, à la Silicon Valley, à Shanghai. Ainsi, en plus de devoir composer avec les mêmes problèmes que les PME et les multinationales en Suisse, c’est-à-dire des données incertaines, la cherté du franc, le frein à l'embauche et les incertitudes fiscales, les start-up suisses font face à une concurrence venant du monde entier. Dans un contexte pareil, avec cette concurrence internationale qui ne fait que de se renforcer, la meilleure chose à faire est de leur faciliter un peu la tâche et d'encourager la prise de risque entrepreneuriale. En tant que piliers de l'innovation, les start-up ne devraient pas souffrir de pratiques fiscales qui menacent leur existence même, comme c'est malheureusement le cas actuellement. La pratique en vigueur consiste en l'imposition des plans d'intéressement des collaborateurs en options sur actions (stock options). On ponctionne les créateurs d'entreprises et leur collaborateurs, alors que les bénéfices ne sont encore qu'une éventualité. Ce n'est pas un modèle adapté aux jeunes pousses à fort potentiel de croissance. Les start-up devraient bénéficier d'un traitement différencié, mais les autorités s'y refusent, invoquant l'inégalité de traitement qui serait instaurée entre les start-up et les sociétés déjà établies. Ainsi, on préfère éviter l'obstacle plutôt que de le franchir. Alors qu'en facilitant la création des start-up et leur développement, nous éviterions que les créateurs d'entreprises choisissent des cieux plus dynamiques et plus compréhensifs pour faire éclore leurs inventions.
Rappelons que le principal atout de la Suisse est d'être à la pointe, sa valeur ajoutée se situe dans l'innovation. Notre pays a les ressources et les compétences pour continuer à exceller en la matière, mais des efforts constants sont nécessaires pour ne pas être à la traine et risquer de se faire détrôner par une concurrence internationale féroce. En misant sur l'innovation, nous misons sur l'avenir dans un contexte économique où on ne nous fera pas de cadeau. Cela doit bien valoir une petite prise de risque au niveau fiscal.
