Les entreprises, aujourd’hui et demain

Une seule langue pendant la formation professionnelle ? Absurde et contre-productif

A quoi cela sert d'apprendre l'allemand ou l'anglais quand on aspire à devenir installateur sanitaire dans le canton de Vaud? A rien, d'après le document qui réfère les métiers où une seconde langue n'est pas nécessaire de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), relayé par la NZZ am Sonntag.

Difficile de comprendre les raisons qui poussent l'association à adopter une telle posture. A part celle peut-être de vouloir réduire le taux d'échec des premières années d'apprentissage. Certains candidats au CFC échoueraient à cause de leurs mauvaises notes en langue. La solution : supprimer l'enseignement des langues. C'est donc du nivellement par le bas. Baisser les exigences pour diminuer les échecs. Une solution à très court terme. Une manière de dévaloriser l'apprentissage, alors que la formation duale d'aujourd'hui peut mener à tout. Si une personne finit son apprentissage, travaille quelques années et décide ensuite de continuer sa formation, il lui manquera les bases pour faire une maturité professionnelle. Plus d'accès aux études supérieurs. Si elle décide de monter son entreprise un jour, elle risque aussi d'être handicapée sur une partie du marché suisse juste parce qu'on a estimé, au début de sa formation, que les langues étaient inutiles. On lui enlève toutes ses chances d'évolution et marque encore plus les inégalités entres les études académiques et les apprentissages.

Il y a des domaines où les langues sont plus importantes que d'autres, soit. Mais il faut tenir compte du fait qu'on ne choisit plus une profession à vie. Les possibilités de carrière qu'offre l'obtention d'un CFC seraient largement diminuées si on limite la formation des apprentis de la sorte. On sait que, quand les entreprises recherchent des employés qualifiés, elles misent sur les personnes qu'elles ont formées elles mêmes. C'est pour cela qu'elles soignent leur attractivité auprès des jeunes. De la même manière, l'attractivité de l'apprentissage doit être soignée. Comment valoriser la voie duale si on décourage les jeunes à se lancer dans l'apprentissage? Car c'est bien de cela qu'il s'agit quand on revoit la formation à la baisse et empêche les possibilités d'évolution futures.

Nous avons la chance d'apprendre plusieurs langues dans notre pays. Remettre en cause cette valeur et particularité suisses est contre-productif, autant pour les apprentis que pour les entreprises. Et c'est oublier que la formation duale est un des piliers de la compétitivité de notre économie.

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