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Des dettes, des dettes, des dettes…

Dans sa dernière livraison, l'hebdomadaire The Economist lance un vibrant appel à Angela Merkel pour qu'elle accepte enfin de lâcher la bride à la France, à l'Italie et à la Banque centrale européenne pour leur permettre de mener des politiques plus expansives pour éviter une nouvelle récession (la 3e en 6 ans!). Le journal des élites globales en appelle aussi à de vastes programmes d'investissement dans les infrastructures, principalement en Allemagne, mais aussi étendu à toute la zone euro, afin de créer des emplois et relancer l'économie. Sinon, le vieux continent plongera dans une déflation qui a toute les chances d'être fatale à la monnaie unique.

Le grand magazine libéral serait-il devenu keynésien? Après avoir exigé une stricte orthodoxie budgétaire des années durant, le voilà qui plaide pour un nouvel empilement de dettes sur des gouvernements déjà accablés, et qui ne savent plus comment s'en sortir. Pour rappel, l'Allemagne, la France et l'Italie, les trois premières économies de la zone euro, affichent un endettement public total représentant à peu près la moitié de celui des Etats-Unis, et non ne compte pas les pays plus modestes, mais non moins endettés, que sont l'Espagne, la Belgique, la Grèce, etc. Si on veut reporter dans le futur les problèmes insolubles d'aujourd'hui, suivons les conseils de The Economist.

Ne soyons pas rigides néanmoins et admettons que le problème de la dette sera plus facile à gérer par des économies en expansion que par la stagnation actuelle persistante. Le but n'est-il pas que chacun puisse avoir un emploi, un salaire décent et des perspectives personnelles et professionnelles? Mais celles-ci seront favorisées par une intégration plus approfondie des marchés européens (biens, services, travail), l'élimination des innombrables barrières réglementaires qui freinent la circulation des gens et l'application des idées, et le maintien d'un système social qui assure chacun qu'il ne sera pas la victime d'une globalisation sauvage.

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