Rhonestrasse

Cartels: réforme structurelle ratée

Il y a un parallèle entre l'échec de la réforme de la Loi sur les cartels en Suisse et l'incapacité de la zone euro à retrouver le chemin de la croissance. C'est celui de l'incapacité de certains pays à mener des réformes structurelles à même d'assurer leur expansion et, en principe, une amélioration du bien-être commun.

Le durcissement de la lutte contre les ententes cartellaires, au coeur du projet présenté en janvier 2012 par le Conseil fédéral et qui a été définitivement enterré par le Parlement à la mi-septembre, poursuivait un but, abaisser le niveau des prix des biens et services sur le marché intérieur. Et donc d'améliorer la compétitivité des distributeurs suisses par rapport à leurs concurrents étrangers, et partant, d'assurer des emplois durables dans le pays.

Sa dynamique était la brutale hausse du franc à l'été 2011 sous l'effet de la crise de la zone euro, qui avait manqué de peu de mettre en péril la reprise économique suisse cette année-là. Entendant siffler les balles de la crise, les acteurs politiques et économiques s'étaient entendus pour réformer le fonctionnement du marché intérieur suisse.

Malheureusement pour eux, la BNS a pris les devants en déterminant le taux plancher du franc facer à l'euro à 1,20, régime toujours valable aujourd'hui. Cette mesure a certes permis à l'économie suisse d'éviter le pire. Mais elle a éloigné le sens de l'urgence pour toute réforme en profondeur du marché intérieur, qui reste ainsi soumis à d'antiques blocages comme les ententes souterraines.

La Suisse se retrouve ainsi dans la sitiuation où une décision de politique monétaire a anihilé une réforme structurelle. A court et moyen terme, l'économie ne s'en porte pas plus mal. A long terme toutefois, elle n'a pas résolu un de ses rpincipaux problèmes, le niveaux de ses prix. Or, la BNS ne pourra pas se substituer indéfiniment au manque de volonté politique pour régler cette question.

Le paradoxe de cette affaire est que la Suisse plonge dans le même travers que celui que dénoncent les pays du nord de la zone euro envers la France et l'Italie, qui préfèrent jouer sur la monnaie plutôt que de réformer leurs fonctionnements internes afin de permettre une relance de leurs conjonctures. De ce point de vue, nous n'avons pas de leçons à donner aux autres.

Quitter la version mobile