Mon profond mépris à l’égard des manifestants de Morges

Meurtre. Assassinat. Bâtards. Crime. Prison. Tous ces mots sont parus dans la presse ou les discours de figures de gauche dans les heures qui ont suivi les événements survenus en gare de Morges ce lundi 31 août. Alors que le sang était encore visible sur le quai 4, Le Matin relançait déjà le débat sur les bavures policières, alors que la RTS titrait sur l’homme mort sous les balles de la police – le ton était donné.

J’ai coutume de respecter toutes les opinions et, a fortiori, toutes les personnes qui en expriment – c’est l’un des acquis de mes valeurs chrétiennes. J’ai ainsi l’habitude de différencier les personnes de leurs dires et de leurs actes. Aujourd’hui, je parle avec les sentiments le plus profonds que m’inspirent les comportements abjects de celles et ceux qui ont sauté sur ce terrible événement pour justifier leur idéologie antipolicière voire abolitionniste.

Aujourd’hui, j’exprime un profond mépris à l’égard des manifestants de Morges, avides de visibilité, dénués de décence.

Je méprise la conseillère communale verte Mathilde Marendaz lorsqu’elle ose prétendre, avant de se rendre à la manifestation, que la police assassine des personnes noires et alimente le racisme structurel. Je la méprise lorsqu’elle parle de police colonialiste et raciste et demande son abolition.

Je méprise la juriste chez Unia et ancienne conseillère communale socialiste (que je ne nomme pas en l’absence de fonction politique actuelle) lorsqu’elle accuse la police de meurtre et de biais racistes, avant de traiter tous les agents de police de bâtards (ACAB) – cela quelques heures à peine après les faits.

Je méprise les personnalité publiques – politiques et médiatiques – lorsqu’elles exploitent les drames qui ont eu lieu aux Etats-Unis et le désespoir des familles d’autres agresseurs décédés, notamment à Bex, pour justifier leurs actions politiques. Les personnes qui se nourrissent de sang pour rassasier un appétit dogmatique.

Comprenez-moi bien : je respecte ces personnes en tant que telles. Je respecte leurs idées en tant que croyances, opinions. Je ne respecte cependant pas l’action qu’elles mènent depuis quelques jours, la personne qu’elles sont depuis ce lundi soir.

Et maintenant, qu’en est-il ? Maintenant, prenons un peu de hauteur : attendons les résultats de l’enquête et respectons la douleur des personnes concernées. Les éléments accessibles au public et les témoignages vont dans le sens d’un cas d’école de légitime défense. Que se serait-il passé sans intervention policière ? Les récents événements de Nouvelle Zélande nous offrent une hypothèse. Qu’en est-il du temps d’attente ? Je propose aux manifestants de nous raconter l’état dans lequel ils étaient la dernière fois qu’ils ont été obligés d’ôter la vie d’un individu qui leur sautait dessus, armé d’un couteau de 26 cm. Peut-être pourront-ils nous éclairer. A défaut, encore une fois, attendons les résultats de l’enquête.

Derrière le débat idéologique, il y a des humains. Mes prières vont ainsi aux proches de l’agresseur décédé. Elles vont d’autant plus aux agents et à leurs proches ainsi qu’aux tiers impliqués. Tout le reste est vil, bas, abjecte.