Pourquoi l’initiative contre le F-35 est une absurdité démocratique

Jeudi, le Conseil des Etats a adopté le crédit d’engagement pour l’acquisition des futurs avions de combat de l’armée suisse. Aurait-il mieux fait d’attendre que le peuple vote sur l’initiative populaire « contre le F-35 », comme le souhaitait la gauche ? Non, et c’est une évidence.

Disons-le tout de suite : ma préférence personnelle n’allait pas au F-35A. Comme de nombreux citoyens et avec mes modestes connaissances en aéronautique, j’avais tendance à préférer l’un des concurrents. Je pourrais donc – en méconnaissance de cause – combattre cet achat au nom de mon appréciation politico-stratégique de la chose.

Mais là n’est pas la question : le peuple a (déjà) voté. Il a donné au Conseil fédéral la mission de « renouveler les moyens de protection de l’espace aérien par l’acquisition de nouveaux avions de combat » d’ici à « la fin de l’année 2030 ». De plus, le texte soumis au vote prévoyait noir sur blanc que le choix de l’avion se ferait « dans le cadre d’un programme d’armement », donc sans nouvelle votation populaire.

Prétendre le contraire et tenter de revenir en arrière n’est pas un acte démocratique, mais bien la négation d’une décision populaire consécutive à un débat intense et minutieux. Les avions concurrents étaient connus des citoyens, qui ont accepté en connaissance de cause de laisser le choix au gouvernement, mieux placé pour prendre une telle décision.

Les instruments démocratiques bafoués

Avec leur initiative populaire, le GSsA et la gauche jouent un jeu dangereux et malmènent l’esprit de notre démocratie directe. D’un point de vue légal, il est clair que ce texte ne peut avoir aucune influence sur l’achat des avions de combat (le dépôt d’une initiative pour contrer cet arrêté fédéral simple est un bricolage de mauvaise facture).

En revanche – et c’est là le but évident des initiants – il offre une tribune inespérée pour dénoncer une prétendue précipitation de l’armée et prédisposer l’opinion publique à traiter négativement les évolutions de ce dossier. Cette attitude de mauvais perdant est tout à fait inacceptable vis-à-vis du fonctionnement de nos institutions démocratiques.

Des calculs politiques, des coûts publics ?

Les partisans de l’initiative auront du mal à convaincre l’électeur averti que l’armée va trop vite ou qu’elle saute les étapes. Ce qui ne pourra en revanche pas être dissimulé, c’est le coût des mesures dilatoires employées à outrance.

D’une part, l’offre faite à la Suisse expire en mars 2023. Si les manœuvres des antimilitaristes devaient aboutir, rien ne garantit que nous pourrions bénéficier d’une autre proposition aussi avantageuse – il faudrait potentiellement réduire les prestations ou augmenter les coûts, ce qui irait à l’encontre de la volonté populaire.

D’autre part, rappelons-nous que, conséquemment au refus du Gripen, la Suisse a déjà dû moderniser ses F/A-18 pour 450 millions. Les coûts de mise à niveau augmentent au fur et à mesure que les appareils prennent de l’âge et d’éventuelles solutions de rechange pour pallier de nouveaux retards politiques coûteraient d’autant plus cher.

Il y a un temps pour tout. Maintenant, c’est le temps de la sécurité

Aujourd’hui, il est plus que jamais temps de combler une lacune sécuritaire tout à fait intolérable dans l’environnement géopolitique actuel. Car le retard, ici, ne se compte pas seulement en millions : une mauvaise appréciation de la menace pourrait avoir des conséquences funestes et, en la matière, les certitudes de la gauche sont déjà nombreuses à avoir été démenties par la réalité.

A l’image de Fabien Fivaz, pour qui les obusiers blindés « ne servent à rien » car datant « d’une époque où la guerre se faisait sur terre »[1], de Lisa Mazzone, selon qui « les attaques d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier et le nombre d’hommes ne fait plus la différence »[2] ou encore de Pierre-Alain Fridez, qui qualifie de logique du passé la « défense d’un territoire au moyen de matériel lourd, des lance-mines, des chars et des avions de combat »[3].

A l’approche d’un choix stratégique pour la Suisse et en l’absence d’une quelconque justification démocratique plaidant pour un nouveau vote, rappelons les paroles pleines de sens du général Douglas MacArthur : les batailles perdues se résument en deux mots – trop tard.

[1] Débat au Conseil national, 08.06.2021, https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=53136#votum9

[2] RTS, 23.03.2017, https://www.youtube.com/watch?v=iWzzFjLFz00

[3] Le Monde, 28.09.2020, https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/28/les-suisses-acceptent-du-bout-des-levres-l-acquisition-de-nouveaux-avions-de-combat_6053880_3234.html

 

Yohan Ziehli

Né à Lausanne en 1993, Yohan Ziehli a grandi entre les vignes de Lavaux et de la Riviera. Amateur de produits du terroir, lecteur compulsif et pianiste à ses heures perdues, il travaille pour le groupe de son parti au parlement fédéral en tant que juriste, spécialisé dans les questions de politique extérieure, institutionnelle et démographique. Il est conseiller communal et vice-président de l’UDC Vaud.

32 réponses à “Pourquoi l’initiative contre le F-35 est une absurdité démocratique

  1. La gauche n’a pas tout tort de faire observer que la doctrine qui consiste à acheter un avion pour faire du combat de chien au-dessus des Alpes n’a plus de sens. Les vallées peuvent être interdites par des systèmes DCA modernes. La police de l’air n’a aucune chance avec des avions qui doivent chauffer leurs moteurs avant de décoller. On se demande combien il faudrait de missiles pour clouer notre flotte aérienne au sol. Il est par contre assez logique de s’attacher à la furtivité pour casser un blocus ou bombarder les cibles militaires d’un agresseur au-delà de la frontière. De plus, nous avons vu que l’appuis du renseignement US est un atout indispensable.
    Cela dit, je regrette que les aspects tactiques et stratégiques ne soient pas discutés publiquement. Cela laisse à penser que les arguments décisifs sont en-dessous de la table ou alors qu’à force de comparer des promesses, on ne peut que finir dans les bras du plus gros menteur. Que pèsera la Suisse en Amérique lorsqu’elle voudra se plaindre?
    L’idée de demander au peuple de ne pas se prononcer sur le choix est bien joué, mais on ne saurait s’étonner que tous ne peuvent s’y résoudre car la confiance dans les compétences techniques de l’administration fédérale et tout particulièrement du DMF est proche de zéro: où sont nos drones (peut-on envisager une embuscade ou un service de renseignement au XXIe siècle sans un essaim de drones?), où est le logiciel commandé pour l’état major?
    C’est inquiétant car la guerre du XXIe siècle est technique avant tout. On attend donc que le DMF démontre le bien fondé du leadership auquel il prétend en étant compétent et visionnaire (si ce n’est pas trop demander).

    1. Sans entrer dans le détail, je peux concevoir votre point de vue. Mais, comme je le dis en introduction, ce n’est plus le sujet du débat, car le peuple a voté pour donner la compétence du choix au Conseil fédéral. Et il l’a fait en toute connaissance de cause.

      Vous donnez un certain nombre d’éléments techniques et stratégiques. Je suis ouvert à la discussion à ce sujet, tout en clarifiant un point: les mêmes personnes qui veulent faire voter le F-35 sont celles qui empêchent année après année l’acquisition de drones et d’autres armements modernes. Ce n’est pas l’un ou l’autre – c’est la question de l’existence d’une défense crédible.

      Et je ne dis pas ici un avis exagéré: lisez le programme du PS et des Verts, vous y trouverez l’abolition de l’armée.
      Heureusement, ces partis (et les Vert’libéraux) n’ont pas réussi à empêcher l’augmentation du budget de l’armée et nous pourrons enfin – probablement – moderniser nos systèmes à une vitesse presque convenable.

      1. Je me suis sans doute mal exprimé: le décret soumit en votation était une astuce: demander aux citoyens d’apporter une seule réponse (oui ou non) à plusieurs questions en même temps (budget de la défense aérienne + accepter par avance le choix du CF qui en plus prétend qu’il n’y est pour rien) est indigne d’une démocratie directe. Cela était uniquement destiné à éviter le naufrage du Grippen. Il reste que cette méfiance vis-à-vis du peuple ne peut être résorbée qu’en allant au fond du débat: quel avion pour quelle stratégie de défense. Passer du Grippen au F-35 démontre que la question n’a pas été sérieusement abordée. Par contre, le texte soumis au vote parlait beaucoup des achats compensatoires espérés… Il est nécessaire de débattre clairement d’une doctrine d’engagement crédible si l’on souhaite réconcilier le peuple avec ses forces aériennes plutôt que d’estimer que c’est là uniquement l’affaire d’experts (mot qui ne veut plus rien dire, si ce n’ai de traiter le peuple de trop incompétent pour décider).
        Le référendum à l’inconvénient de ne plus être pertinent quoiqu’il contribue sans doute à mettre la pression sur lesdits achats compensatoires. De plus s’il participait à remuer un peu les questions de fond, ce sera tout bénéfice pour notre pays.

        Il est bien question là d’une démocratie dévoyée, mais par qui?

  2. Comme vous je pense que le F-35A n’est pas l’avion de combat optimal pour nos forces aériennes compte tenu des missions qu’il aura à accomplir et des conditions d’engagement, mais comme vous également je pense qu’il est trop tard pour “corriger le tir”. J’espère seulement que l’on mettra maintenant en parallèle l’accent sur l’acquisition des armes de défense qui ont particulièrement montré leur efficacité en Ukraine (et ce ne sont pas des avions de combat, qui ont été neutralisés dès les premières heures du conflit!).

    1. En effet, l’avion n’est qu’un élément d’un concept plus global.
      Avec l’augmentation du budget que le Parlement semble prêt à accorder (enfin) à notre défense, nous devrions pouvoir aller dans le bon sens au sujet des autres équipements – y compris les armes dont vous parlez.

  3. Faire voter le peuple n’est jamais une absurdité.

    La moindre des choses est en revanche qu’ils remboursent les frais du scrutin en cas de défaite écrasante.

    NB: je n’ai aucune confiance en l’UDC pour défendre les budgets militaires. Les nombreuses alliances avec la gauche pour torpiller notre armée restent dans ma mémoire ! 😡

    1. Attention : je ne dis pas que le fait que le peuple vote est une absurdité. Je dis que la votation aura lieu après l’achat des avions. Le peuple devra donc voter pour ou contre une interdiction du F 35 après l’achat de ce dernier.

      En gros, le peuple dira simplement s’il est pour ou contre un deuxième lot d’avions, que personne ne veut. Étant démocrate, je n’ai pas de soucis avec une question qui a obtenu 100’000 signatures.

      Je critique en revanche l’absurdité de cette initiative en ce sens qu’elle est présentée comme une sorte de referendum : les signataires sont trompés et n’obtiendront pas ce qu’ils veulent.

      Lorsque les initiants joueront les Calimero il faudra bien se rappeler d’une choses : ce n’est pas l’armée qui les aura fait taire – c’est eux qui auront sciemment trompé les citoyens ayant signé le texte

  4. Nous avons connu des politiciens moins bavards après un scrutin gagné a 50.1% des voix. Surtout quand on mesure l’écart entre une votation sur une idée mal définie et passée sur des motifs émotionnels (p.ex. 02/2014 avec un oui a 50.3%), et l’opinion du peuple concernant sa mise en oeuvre (02/2016 et un non a 58.8%)….

    1. Vous pouvez réinventez les règles de la démocratie, si vous le souhaitez. Vous pouvez souhaiter l’introduction d’une majorité qualifiée (attention, cela n’irait pas toujours dans le sens que vous pensez!).

      Toujours est-il qu’une majorité a parlé pour l’acquisition, avant 2030, de l’un des quatre modèles d’avions proposé pour un montant de 6 milliards (en tenant compte du renchérissement). Si nous suivons l’initiative de la gauche, ce vote ne sera pas respecté. C’est un fait.

      PS: en ce qui concerne vos deux exemples, vous confondez l’immigration de masse (2014) et le renvoi effectif des criminels (2016). Je ne vous en tiendrai pas rigueur, mais cela tend plutôt à confirmer mon propos: j’ai toujours reconnu la volonté populaire et je m’y tiens. Cela ne semble pas être votre cas.

      1. Cher monsieur, c’est dur de vous répondre tant vous déformez mon propos… je vais néanmoims tenter de vous expliquer.

        1) Je reconnais les résultats de la votation du 09/20 et respecte la volonté du peuple.
        2) Ma critique va a votre egard M. ZIEHLI, vous qui semblez vouloir vous ériger en chevalier de la démocratie sur base d’une majorité a 50.1%. Vous apprendrez certainement à faire preuve de nuance dans votre parcours politique.
        3) Vous semblez savoir “le sens que je pense”, mais vous n’en avez pas la moindre idée. Ce genre d’insinuations est dangereux et inutile.
        4) les objets de vote que j’ai évoqués, de 2014 et 2016 (on pourrait ajouter 09/20), servaient a montrer comment votre parti arrive à amener les mêmes objets au vote à répétition, que certains objets peuvent passer à la raclette sur de l’émotionnel avec un gros budget, mais que les votes sur la mise en place des idées de votre parti ne passent pas, et ce à une forte proportion (2016 = “initiative de mise en oeuvre”)

        Bref, sur les avions, le budget doit être alloué avant 2030. Personne n’a voté pour le F35. Le choix semble malheureusement avoir été fait un peu par incompétence, et beaucoup grace au lobby de l’industrie americaine de l’armement.

        Peut-être est-ce l’occasion pour vous de prouver que vous vous battez pour vos idéaux démocratiques?

        1. 1) Excellent, nous sommes donc d’accord. (cela implique donc, clairement, que l’on ne peut pas opposer l’initiative du GSsA à l’achat des F-35)

          2) Vous semblez confondre la nuance et l’inconséquence. Je fais preuve de nuance en ce que j’expose ouvertement les enjeux et que je respecte la minorité. Pour leur part, les initiants font preuve d’inconséquence, car ils ne respectent pas le résultat – certes serré – d’une votation populaire.

          3) soit, je vous l’accorde volontiers.

          4) sauf que la votation de 2016 ne se rapportait pas au vote de 2014, mais à celui 2010, accepté par 53% de la population, ce qui n’est pas “raclette”. C’est cette erreur que je vous faisais remarquer. (J’avais par ailleurs voté contre l’initiative de 2016 tout en regrettant que le Parlement n’ait pas appliqué celle de 2010… mais c’est un autre débat)

          Pour le surplus, je peux comprendre vos réticences vis-à-vis du F-35A (et je les partage en partie, comme je l’explique dans l’article). Là où je ne suis pas d’accord, c’est que le peuple a voté pour le panel de 4 avions restés en course.

          Ainsi, remettre en cause l’arrêté fédéral qui a été adopté hier au Conseil des Etats et qui le sera probablement en automne au Conseil national serait un comportement institutionnellement infondé car contraire à la votation de 2020. C’est en ce sens que l’initiative “stop F-35” constitue une absurdité démocratique, affirmation pour laquelle je n’ai pas encore reçu de contre-argument.

  5. Il est quand même difficile d’accepter certains des arguments mis en avant pour justifier le choix du F-35 à commencer par son coût d’utilisation supposé moindre pour un avion qui n’est pas fini, qui a plus d’une vingtaine de problèmes majeurs à régler, à un taux de disponibilité extrêmement faible, à un coût de vol horaire exorbitant et qui ne tient son budget que si on prend en compte une utilisation intensive de simulateurs de vol qui n’existent pas encore (et qu’on a pas pris en compte pour ses concurrents) et des hypothèses de maintenance impossible à vérifier.

    Ce n’est pas un mal d’envoyer comme message au Conseil Federal de ne pas prendre les électeurs et les contribuables pour des imbéciles en le renvoyant à son projet.

    1. En tant que tel, je partage un certain scepticisme sur la manière dont le Conseil fédéral a amené cela. Et oui, s’il y a des soucis, il devra les assumer et je ne serai pas tendre avec. Toujours est-il qu’il n’y a plus de projet à renvoyer, car la population a déjà accepté que, dans un cadre de 6Mrd et d’ici 2030, le Conseil fédéral était libre de choisir parmi les quatre avions et qu’il soumettrait ce projet à la seule assemblée fédérale.

      Institutionnellement, nous avons bien plus à perdre si nous commençons à remettre systématiquement en cause des décisions populaires claires et les règles de la démocratie.

      Par ailleurs, s’il y a une manière de faire qui est particulièrement difficile à accepter, c’est celle du comité d’initiative qui trompe le peuple en laissant entendre que la voie constitutionnelle peut concerner les 36 avions dont nous parlons actuellement alors qu’en réalité, en cas d’acceptation, ce ne sera qu’une interdiction valable jusqu’en 2040 après l’achat de la première volée d’avions. Il ne faut pas les laisser réécrire l’histoire d’une manière qui les avantage.

      1. Pardon mais ne pensez-vous pas que la version actuelle du CF fait preuve d’un certain présidentialisme qui devrait normalement n’avoir aucun droit de cité ?

        A la décision venue d’en haut et plus que discutable sur le F-35, on peut y ajouter certaines libertés prises par le CF lors de la gestion de la pandémie, ou la décision de mettre brutalement fin aux discussions avec l’UE sans même en discuter avec le Parlement ou avoir le commencement d’un début de solution de rechange à présenter.

        La défense des institutions à bon dos. Le CF s’est bien assis dessus quand il a pris les décisions susmentionné.

        Une petite tape pour le remettre dans l’axe ne ferait pas de mal au fonctionnement politique de la Suisse.

        Je n’ai même pas mentionné les offres compensatoire dérisoires puisque les F-35 seront principalement assemblés… en Italie.

        Et ne vous leurrez pas : tout dépassement budgétaire pour financer un projet bien mal embouti viendra au détriment des autres crédits d’équipement.

        1. Je suis le premier à critiquer les conseillers fédéraux lorsqu’ils prennent effectivement trop de place, et je pense comme vous qu’ils mériteraient parfois “une petite tape pour remettre dans l’axe”.
          Il faut donc regarder au cas par cas s’il outrepasse ses compétences.

          En ce qui concerne le F-35, c’est le peuple qui a délégué au Conseil fédéral par votation populaire la compétence de choisir entre les quatre modèles d’avion. Il n’y a donc pas de “présidentialisme”.

          (Et si l’on parle de l’accord cadre, rappelons que c’est le Parlement qui s’était opposé à trois points-clés du projet. L’Europe avait refusé de les rediscuter et le Conseil fédéral a donc rejeté la proposition. En tant que tel, il n’a pas outrepassé ses droits et c’est aujourd’hui un élément largement reconnu).

          En ce qui concerne les offres compensatoires, je peux vous suivre. Mais c’est là une décision du Parlement, soumise à référendum. Cela a largement été débattu sur le moment.

          Bref. Vous l’aurez compris, je ne suis pas le plus grand fan de ce dossier. Mais la plupart des critiques sont infondées. Et ce n’est pas sur ce sujet qu’il faut faire un exemple – il est essentiel de combler maintenant nos graves lacunes en matière de défense.

    2. Ce qui cloche avec le genre d’arguments que vous avancez, c’est qu’il est possible de les utiliser pour contester n’importe quel choix de modèle d’avion par le Conseil Fédéral, quel que soit le modèle d’avion choisi.
      L’alliance de gauche (anti armée, il faut le rappeler) derrière cette initiative est d’ailleurs la même qui avait contesté le choix du Gripen, dont on ne peut pas dire que sa fiche technique et diplomatique était similaire à celui du F-35.

      Pas sûr que ce soit le Conseil Fédéral qui prend les électeurs et contribuables pour des imbéciles.

  6. encore une affaire de l’Europe et les usa, souvenez vous la vente de swissair? les socialistes voulaient absolument le vendre à l’Europe pas à l’ american airline ou singapore… même brader ou “donner”… enfin
    lufthansa l’a pris pour quelques misérables 400 million.
    si c’était rafale ou eurofighter, tout serait déjà rangé depuis longtemps.
    oh les socialos…

  7. Nous sommes le 3 juin.

    On prévoit de fortes perturbations sur l’approvisionnement électrique du pays cet hiver.

    Quelle est votre proposition pour pallier aux difficultés cet hiver ? Nous avons 6 mois. En 6 mois, on peut créer un groupe de travail ou agir.

    Comment proposez-vous d’AGIR ?

    Je suis fatigué de voir les parlementaires discuter des plats vegans ou du langage des signes, alors que des pénuries nous guettent, dans tous les domaines !

    On va rigoler lorsque les pendulaires ne pourront plus rentrer en train chaque soir; ou qu’il faudra limiter le chauffage à 16° en hiver et renoncer à des douches … Et, ça, c’est si tout se passe pas plus mal que prévu…

  8. La teneur de la motion du Conseil National du 9 mai 2022 pour “muscler” le budget de l’armée, soutenue par le Conseil fédéral, juste avant que les Etats n’engagent hier les crédits pour l’achat des F-35, était donc implicitement ratifiée par le peuple? Ou les milliards préconisés dès 2023 pour muscler en marge des avions feront-ils l’objet d’une votation populaire? L’initiative du GSSA aura au moins eu le mérite de rappeler qu’une portion non négligeable de Suisses sait à quoi s’en tenir sur les dérives des belliqueux et l’incongruité de l’arsenal envisagé face à la souffrance occasionnée par cette guerre et les autres. Il n’y a que les terroristes qui croient pouvoir négocier les armes à la main.

    1. “La teneur de la motion du Conseil National du 9 mai 2022 pour “muscler” le budget de l’armée, soutenue par le Conseil fédéral, juste avant que les Etats n’engagent hier les crédits pour l’achat des F-35, était donc implicitement ratifiée par le peuple? Ou les milliards préconisés dès 2023 pour muscler en marge des avions feront-ils l’objet d’une votation populaire?”

      C’est là un tout autre sujet. Il ne faut pas tout mélanger, par pitié. Toutefois, autant le dire ici: l’UDC milite de longue date pour l’introduction d’un référendum financier. C’est un instrument qui permettrait au peuple de se prononcer sur ces dépenses. Il a jusqu’à présent systématiquement été refusé par les autres partis (la dernière fois à ma connaissance en 2018 https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20174318)

      “L’initiative du GSSA aura au moins eu le mérite de rappeler qu’une portion non négligeable de Suisses sait à quoi s’en tenir sur les dérives des belliqueux(…)”.

      Bof. Pour l’instant, environ 1,8% du corps électoral semble avoir signé ce texte. Dans le respect des institutions, il est juste qu’il soit soumis au vote. Mais ce qui est trompeur, c’est que les initiants ont fait croire en récoltant les signatures que cela pourrait empêcher l’achat, alors qu’en réalité ils ont écrit une initiative dans le vide qui empêchera simplement d’acheter de nouveaux F-35A (pour autant que le CN valide l’arrêté fédéral en automne).

  9. “Il n’y a que les terroristes qui croient pouvoir négocier les armes à la main.”

    Et comment qualifiez-vous ceux qui croient pouvoir négocier avec les chars russes des fleurs à la main ? des lâches?

    1. Ben non, tout au contraire. Ce que je voulais dire, c’est que sur territoire suisse, plusieurs institutions financées par nos pouvoirs publics, soit par nos impôts, offrent la possibilité de rencontres et de négociations en vue de la paix. Si l’arsenal de l’armée suisse grossit, message est donné que la vocation à entreprendre en faveur de la paix diminue. Comment l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement, son Centre Albert O. Hirschman, sa Maison de la Paix et ses plateformes de “Peacebuilding” à Genève, par exemple, comprennent-ils le message d’une Suisse de moins en moins neutre, partisane et militarisée?

      1. “Si l’arsenal de l’armée suisse grossit, message est donné que la vocation à entreprendre en faveur de la paix diminue”.

        Vous confondez le fait de se préparer à la guerre et le fait de la vouloir.
        Assurer une armée crédible et bien équipée est une nécessité absolue pour pouvoir accueillir des négociations internationales et des discussions de paix. C’est l’un des principes de notre neutralité armée.

      2. Etre neutre et pacifiste n’a jamais signifié que l’on doit renoncer à se défendre. Le général Dufour en est un parfait exemple !

      3. Etre faible et désarmé n’est certainement pas la meilleure des positions pour servir de terrain de rencontre pour des négociations de paix, car alors on est inévitablement soumis au plus fort. Il est intéressant d’ailleurs de constater que dans cette affaire ukrainienne, le seul pays non partie prenante du conflit qui a jusqu’ici pu offrir ses bons offices pour permettre des discussions entre belligérants est la Turquie, qui ne jouit pas spécialement d’un statut de neutralité, est membre de l’OTAN et est candidate de longue date à l’adhésion à l’UE! Ce qui prouve que la neutralité ne se décrète pas unilatéralement; si un des belligérants ne la reconnait pas, elle est de fait caduque. Or Poutine ne reconnaît pas la neutralité de la Suisse, qui pour lui fait pleinement partie du bloc occidental qu’il méprise et considère comme corrompu. Par contre, la Turquie ne lui semble pas aussi “occidentalisée”, malgré son appartenance à l’OTAN, et a sans doute un régime qui lui convient mieux (“qui se ressemble, s’assemble”), raison pour laquelle il a accepté ses bons offices, même si ces discussions n’ont pas donné grand-chose jusqu’ici il faut le constater.

  10. Les différents commentaires laissés me replongent dans les débats qui ont précédé la votation populaire. L’enjeu du débat n’est pas sur l’avion en lui-même ou sur les moyens. Notre conseillère fédérale Mme Viola AMHERD l’a très bien dit : “Je laisse le soin aux professionnels de me rendre compte du meilleur choix à faire”. L’enjeu du débat disais-je … Il est de respecter le choix du peuple et non d’essayer par des tentatives maladroites de mauvais perdants de refaire le vote après coup. Le peuple a choisi et il a donné mandat à l’armée de renouveler son matériel de défense, laissons faire ce travail aux professionnels. Un rapport a été rendu à la demande de notre conseillère fédérale, je laisse le soin aux détracteurs d’en prendre connaissance.

  11. Plusieurs choses me rendent dinguent avec toute cette histoire :
    1- notre armée voit son enveloppe grossir, mais ses missions sont toujours floues
    2- notre armée voit son enveloppe grossir, malgré les fiascos à répétition, y compris pour des missions simples comme une gestion de stock de matériel médical
    3- on a voté sur un certain montant, passé de justesse, mais le DDPS a l’outrecuidance de demander une rallonge pour satisfaire…. je sais pas qui/quoi. Un avion de moins, on rentrait dans les clous, et vu la surface du pays, 35 avions sont largement suffisants.

    N’importe quelle société privée feraient pareil, elle serait en faillite en moins de 6 mois : pas de business plan, pas de projection de coût, pas de projet, juste “on a besoin d’argent”. Pourquoi ? Quels centres de coût ? Qu’est-ce que ces charges nous apportent ? Quelle est la vision à moyen et long terme ? Quelles sont les alternatives ? Pourquoi les écarter ? Etc, etc, etc.

    Il faut croire que notre gouvernement préfère flanquer de l’argent par les fenêtres pour des beaux (?) jouets que de s’occuper des problèmes de société interne, comme, au hasard, l’augmentation de la pauvreté, l’augmentation des “working poors”, la situation des SDF ou, allez, soyons fou, les problèmes d’énergie qui vont nous flanquer dans une M noire dès 2025. Pour ces postes, y a pas d’argent, parce qu’on veut un plan avant d’en demander. Mais l’armée ? Ouvrez les vannes, c’est bon, yollo, on veut de la défense (on sait ni quoi, ni quand, ni contre quoi, mais on en veut).

    Est-ce que les f35 (ou tout autre avion, j’avais voté “non” à chaque fois) nous permettra d’accéder à de l’électricité sans se saigner aux quatre veines ? Est-ce qu’ils vont nous protéger contre les prochaines pandémies ? Est-ce qu’ils vont nous nourrir ? Est-ce qu’ils vont aider à baisser les primes d’assurance maladie ?
    Non. Dans l’état, ils ne répondent ni à un besoin réel de la population, ni à un besoin réel de la société. Sur le long terme ? Vous pensez réellement que la Suisse va:
    – se faire menacer par voie aérienne ?
    – avoir les moyens (temps, surtout), de faire décoller la chasse pour… quoi ? Intercepter un bombardier en haute altitude ? Ce sera plutôt des missiles longue portée, vu la taille du pays !
    – faire autre chose que se planquer dans les bunkers et attendre que “ça” passe ?
    – tenter d’acheter la paix, et au pire planquer les choses importantes (en gros, nos politiques et les banquiers) ?

    Pour flinguer la Suisse, y a plus simple, moins onéreux, plus discret : quelques attaques informatiques ciblées sur certains centres de données, quelques sabotages de quelques lignes de communications bien ciblés, et hop, blackout, on disparaît.

    La Suisse n’est pas l’Ukraine, ni la France, ni l’Allemagne, et encore moins les USA.
    On est un timbre poste sur une carte du monde.

    Notre milice ne ressemble à rien – j’en ai fait partie avec la “grande” réforme Armée XXI, j’ai aussi vu le côté instructeur dans ces mêmes années, c’est bon, j’ai vu, j’ai claqué la porte, dépité de voir que c’est, encore une fois, du concours à qui a la plus grosse, du copinage pour obtenir des faveurs/avantages, en bref de la politique de cours de récréation, avec de temps en temps un peu de formation mal cadrée, mal faite. Une armée de manipulation, c’est tout ce qu’on a, juste bonne à lever le coude lors des cours de répétition.
    Les engagements réels, comme Amba Centro, relèvent de la vase blague, le mot d’ordre étant “planquez-vous en cas de grabuge, les ambassades ont leur propre service de sécurité”. Wow. So long pour l’image de l’armée !
    Et quand, enfin, elle rend service à la population (souvenez-vous des inondations en Valais), 0 avion, juste quelques hélicoptères, et du matériel du Génie au sol, avec un peu de communication.
    Dernièrement, l’engagement pour la pandémie – là encore, 0 avion, peut-être 1-2 hélicoptères pour balader les gradés, et des masques moisis, parce que les stocks étaient mal gérés, n’a pas vraiment donné une image glorieuse des formations…

    Tout cela ne me donne aucune envie d’allouer le moindre crédit supplémentaire à cette bande d’incapables (je pointe les gradés et les “hautes sphères”, la troupe n’y peut pas grand chose, vraiment).
    Pas un centime. Et de réaffecter les budgets à l’OFEV, pour, espérons-le, voir se déployer les panneaux solaires le long des routes et voies de chemin de fer – chose qui aurait dû être faite il y a des années déjà – et ainsi éviter les problèmes en 2025 !

    Quant aux arguments “respecter le choix du peuple” : avec moins de 51% de “oui”, le budget est passé au raz des pâquerettes. Il serait de bon ton, dans de telles situations, de faire preuve d’une transparence irréprochable, et d’éviter de demander des rallonges sur le budget voté ! J’sais pas, pour ma part, quand je dois me payer ma bouffe au Denner du coin, je vais pas demander une rallonge pour prendre 10 paquets de pâtes – j’en prends 9 si ça passe pas au budget !
    Quand on voit les infos passer par rapport aux “légers” problèmes avec les affaires compensatoires, censées nous aider à réduire la facture, on peut se demander si nos politiques ont négocié quoi que ce soit, ou juste dit “oui-amen” à l’Oncle Sam, soumis à quelque pression/chantage.

    Bref. Ça fait un moment que notre gouvernement fait n’importe quoi, partant dans tous les sens, navigant à vue (et si possible avec une vue à moins de 10cm), sans avoir la moindre vision d’avenir ou d’ensemble. Ça fait trop longtemps que nos politiciens sont complètement déconnectés des réalités du peuple – je parles de ce peuple qui gagne tout juste le salaire minimum, qui doivent encore payer leurs assurances, les impôts, le loyer, et se déplacer tous les jours pour aller gagner leur maigre pitance. Pas les avocats, notaires, chefs d’entreprises, actionnaires qui siègent à Berne – eux sont biens lotis, et n’ont pas de problèmes à payer plus de 500 balles de prime d’assurance, et ne dépensent pas leur argent, mais celui des autres.

    Un petit retour sur terre ne ferait pas de mal à certaines personnes.

    1. Pourquoi diffusez-vous des fakenews ?

      Que vous soyez politisé, est votre droit, mais pourquoi affirmer des faits altérés dans un but de désinformation ?

      Visiblement, vu vos références aux inondations de 2000, vous êtes un retraité. Le budget des prestations sociales est passé de :

      1995: 85.9 milliards
      2005: 125.3 milliards
      2015: 168 milliards
      2020: 205.6 milliards !

      https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/securite-sociale/comptes-globaux-protection-sociale/resultats-covid19.html

      Tandis que le budget de l’armée a été divisé par deux !

      https://donnees.banquemondiale.org/indicator/MS.MIL.XPND.GD.ZS?locations=CH

      Je vois un peuple héroïque se battre contre l’agression illégale russe, malgré les équipements militaires déficients, puis vous lis ce matin. Êtes-vous un poutinolatre ?

      1. Quelles fake news ? On augmente effectivement le budget de l’armée, que je sache – c’est passé en tous cas une des chambres, voire la deuxièmes la semaine passée !

        Quand au reste : “lol”. Parce que je cite un événement de 2000, je suis à la retraite ? Remarquez, je ne serais pas contre, hein. Mais non, j’ai encore “quelques” années à trimer, et voir mes impôts “investis” dans des trucs complètement loufoques.
        Et, parce que je remets en doute les choix et actions de notre gouvernement en pointant des “postes” qui nécessiteraient aussi, voire plus, l’attention, je serais un “poutinolatre” ? Argument implacable s’il en est.

        On verra dans 2-3 ans, quand on devra rationaliser l’électricité, que les pompes à essence seront à sec, qu’on aura bâti tellement d’immeubles et autres pour accueillir les réfugiés de tous poils au point qu’on n’aura plus un seul champ à cultiver, comment se portera la Suisse, avec ses magnifiques f35-a, sa DCA Patriot et sa milice gris-verte en valises à roulettes (comprenez, c’est lourd, faut pas stresser la recrue, hein, c’est comme les pompes – c’est interdit sauf après un rigoureux échauffement !)…. Les priorités, tout ça tout ça…..

        Venant d’un (ou d’une ?) anonyme, je ne devrais même pas prendre le temps de répondre. Sauf que, hey, c’est jour férié, j’ai du temps à perdre ;).

  12. Soyons honnête. Soit le Peuple suisse approuve l’achat de F-35 et il n’y a rien à craindre d’une initiative référendaire. Soit il le désapprouve et tout l’argumentaire contre cette initiative vise à empêcher l’exercice de la démocratie référendaire tout en revendiquant la légitimité qu’elle est censée conférer./

    /En tant que Français, je suis convaincu que le F-35A est plus performant que la Rafale dans les missions de police aérienne en dépit de ses nombreux défauts. Je suis aussi convaincu que le couple F-35A et missiles Patriot répond au besoin de la Suisse. Par contre, je me demande si le Peuple suisse est convaincu de la nécessité de renouveler l’arsenal de sa force aérienne. De fait, est-il question d’un rejet spécifique du F-35? Quelles sont les alternatives proposées?/

    /J’ai l’impression que les Suisses n’ont pas été suffisamment sensibilisé à la nécessité de maintenir des forces armées significatives et, au moins, une capacité à assurer la police du ciel suisse. Les Suisses se sentent sans doute en sécurité. Ils croient que conclure des accords de coopération avec leur voisin, notamment la France suffit dans un contexte de sanctuarisation purement imaginaire. Peut-être devraient-ils se renseigner sur la situation d’un autre pays neutre, l’Irlande, et sur les problèmes que posent les incursions de l’aviation russe à ce pays sans force aérienne…

    1. Ce n’est pas le probléme.
      Avec la guerre en Ukraine, la population est massivement pour l’achat.

      Le problème est que le comité d’initiative avait promis de se bouger et de déposer les signatures l’automne dernier afin qu’on puisse voter cette année. Or ils ont attendu mai 2022 pour déposer leur initiative, ce qui rend impossible la votation avant l’échéance de l’offre US le 31 mars 2023.

      Donc si on attend la votation, il faudra renégocier avec les Américains, sans garantie d’obtenir la même offre, et on aura perdu notre tour pour la livraison des appareils.

      La gauche sait qu’elle va perdre en votation, mais joue la montre pour rendre l’offre US caduc ! Et veut en profiter pour les éléctions générales de 2023…

      https://www.watson.ch/fr/suisse/f-35/436327858-pourquoi-le-vote-sur-les-f-35-pourrait-aussi-plaire-a-viola-amherd

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