Étudier le jeu vidéo à l’Université, et pourquoi pas en sortir un pendant qu’on y est

L’Université de Lausanne fête les 30 ans de l’ouverture du BFSH2 (Bâtiment des Facultés de Sciences Humaines 2), brièvement renommé «Humense» il y a dix ans et aujourd’hui connu sous le nom d’Anthropole. Pour cette occasion, la faculté des lettres vient de dévoiler un jeu gratuit – Dédalopole – faisant référence au bâtiment et à son architecture.

Recherche scientifique et jeu vidéo

Il se passe quelque chose en ce moment à l’Université de Lausanne (UNIL) autour de la recherche sur les jeux vidéo, ces objets qu’on pouvait communément mépriser et considérer au siècle dernier comme de simples biens de consommation sans qualités. Aujourd’hui, leur valeur culturelle est reconnue, ils sont régulièrement exposés dans les musées, le game design (ou l’art de concevoir un jeu) est enseigné dans de nombreuses écoles d’art et Pro Helvetia, la fondation suisse pour la culture, les soutient depuis maintenant sept ans.

Les activités d’enseignement et de recherche autour du vidéoludique ont leur place à l’Université de Lausanne, comme l’explique la page web consacrée au jeu Dédalopole:

La Faculté des lettres de l’UNIL, qui comprend une unité d’Informatique pour les sciences humaines, a vu la création récente d’un groupe de recherche appelé «GameLab» et assume depuis peu la gestion d’un Master interfacultaire en humanités numériques et d’un programme doctoral en études numériques; l’un de ses chercheurs est par ailleurs directeur artistique du festival Numerik Games. C’est de l’essor de tels nouveaux axes d’enseignement et de recherche dont souhaite témoigner, sur un mode ludique, le jeu Dédalopole.

On mentionnera également un colloque de trois jours – Penser (avec) la culture vidéoludique – consacré au sujet,  à l’UNIL, du 5 au 7 octobre 2017. [1]

Le défi: trouver son chemin dans les couloirs de l’Anthropole

Les concepteurs ont su s’inspirer du bâtiment et de sa réputation, qui veut qu’on se perde très facilement dans ses couloirs: «un jeu de piste», comme le dit le conseiller d’État Pierre-Yves Maillard dans la vidéo réalisée pour les 30 ans du bâtiment.

 

 

Le jeu repose sur des mécaniques très simples offrant une expérience néanmoins captivante et réussie. On joue avec les deux pouces sur le téléphone ou la tablette disposée en position horizontale: des personnages entrent des bords gauche et droit de l’écran (voir illustration de l’article) et il s’agit de les rediriger d’un glissement de doigt vers une des quatre salles correspondantes. Le design à l’écran reprend la forme du bâtiment et assez rapidement toute la difficulté consiste à faire passer des personnages de la partie droite à la partie gauche, et vice versa, afin de leur permettre d’atteindre leur but.

Au moment où j’écris ces lignes, le jeu est frais de quelques jours car sa sortie coïncide avec la rentrée universitaire. Il est encore relativement simple d’arriver haut dans le classement. Toutefois, avec les cours débutant ce mardi 19 septembre, les étudiant-e-s vont découvrir le jeu et la concurrence devrait rapidement être plus rude.

Bonne chance!


Le jeu est disponible pour Android et iOS. Ont participé au développement: Sandro Dall’Aglio, Nicolas Schluchter, Matthieu Pellet et Julien Matthey.

[1] Comme mon «à propos» le suggère, je suis impliqué dans plusieurs des entités mentionnées (mais n’ai contribué en rien à la réalisation du jeu).

Yannick Rochat

Yannick Rochat

Yannick Rochat est premier assistant à l’Université de Lausanne et chercheur en digital humanities, un domaine où se rencontrent informatique, mathématiques et sciences humaines et sociales. Ses travaux portent notamment sur les réseaux, les twitterbots, les game & play studies, et les archives de journaux. Mathématicien de l’EPFL, il est également docteur en mathématiques appliquées aux sciences humaines et sociales de l’UNIL.

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