Le soutien financier de la Suisse au jeu vidéo va tripler

Pro Helvetia, la fondation suisse pour le soutien à la culture, lance un nouveau programme de soutien à la création vidéoludique en Suisse – le sixième en ce qui concerne les médias interactifs. Pour l’occasion, le budget alloué pour le jeu vidéo va presque tripler et atteindra 750’000 CHF par année. Mercredi 14 juin, une délégation de trois personnes de Pro Helvetia faisait le déplacement de Zürich à Lausanne pour présenter les conditions de participation à ce nouveau programme.

 

 

La présentation était à l’ordre du jour de la rencontre mensuelle des game devs romand-e-s se tenant le deuxième mercredi de chaque mois dans le sous-sol du Qwertz, le café des gamers. Les nombreuses personnes qui avaient fait le déplacement eurent l’occasion de faire la connaissance du nouveau directeur du festival Ludicious de Zurich, Michael Reaney, d’avoir des nouvelles de l’Epic Game Jam se déroulant chaque année durant le NIFFF (mon article sur le sujet), ou d’écouter l’excellente présentation de Jeremy Spillmann du studio Blindflug sur les jeux de ce collectif, leurs succès et leurs échecs (relatifs).

 

 

Cependant, l’attraction principale de la soirée était l’annonce du nouveau programme de soutien au jeu vidéo – et plus généralement aux médias interactifs – de Pro Helvetia, très attendu par la communauté. La parole fut prise tour à tour par Sylvain Gardel, responsable des programmes d’impulsion et instigateur du tout premier programme de soutien au jeu vidéo en 2010 déjà, et par Michel Vust, en charge du programme de soutien aux médias interactifs.

 

 

La présentation, suivie avec beaucoup d’attention de la part du public, donna lieu à de nombreuses questions et un tonnerre d’applaudissements. L’annonce était très attendue par cette communauté, et l’augmentation considérable de l’enveloppe budgétaire allouée n’a pas déplu.

L’appel à projets est désormais disponible en ligne. La première date limite de dépôt de candidatures sera le 1er septembre 2017, suivie d’une date en mars 2018.

Le nouveau programme identifie trois grands axes de soutien :

  1. Un axe financier, avec des soutiens au développement de jeux déclinés en quatre catégories, allant de la réflexion autour d’un concept à la commercialisation de jeux terminés.
  2. La promotion internationale, avec une participation aux frais pour des présences dans d’importants salons et festivals et l’organisation dans plusieurs cas de délégations (GDC, Gamescom, etc.).
  3. La structuration de la branche en Suisse.

 

Les délégations suisses organisées par Pro Helvetia.

 

Les événements soutenus en Suisse.

 

Pour les soutiens au développement, soit le premier axe, quatre catégories ont été définies :

  1. Le soutien au développement d’un concept, avec une contribution maximale de 5000 CHF.
  2. Le soutien au développement d’un prototype. Dans ce cas il faut arriver avec un premier prototype jouable et un business plan. La contribution maximale est de 20’000 CHF.
  3. Le soutien à la production d’un prototype avancé. Pour cette catégorie – la mieux dotée – le dossier doit comporter un prototype, un business plan et les auteurs devront faire un pitch convaincant devant les experts. La contribution maximale est de 50’000 CHF sous la forme d’un matching grant, c’est-à-dire que pour un montant obtenu d’un investisseur, Pro Helvetia apportera au studio la même somme à concurrence de 50’000 CHF.
  4. Le soutien complémentaire pour la finition, le lancement, la promotion, la localisation… la contribution maximale étant ici de 20’000 CHF.

Pour rappel, toutes les informations sont dans l’appel à projets.

 

Cette scène du jeu vidéo suisse prend de la maturité, ainsi que le rappelait Sylvain Gardel en ouverture : « Derrière l’obtention de ces aides, il y a tout un jeu politique. Pour que ça continue, il faut qu’il y ait des success stories. Il faut du créatif, du culturel, mais aussi maintenant se tourner vers la dimension économique. »

 


L’image d’en-tête est une photo prise lors de la présentation, avec au micro Michel Vust et à sa droite Sylvain Gardel.

Yannick Rochat

Yannick Rochat

Yannick Rochat est premier assistant à l'Université de Lausanne et chercheur en digital humanities, un domaine où se rencontrent informatique, mathématiques et sciences humaines et sociales. Ses travaux portent notamment sur les réseaux, les twitterbots, les game & play studies, et les archives de journaux. Mathématicien de l'EPFL, il est également docteur en mathématiques appliquées aux sciences humaines et sociales de l'UNIL.

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