Numerik Games: 10 raisons de ne pas passer à côté

Du 2 au 4 septembre se déroulera à Yverdon un festival – « Numerik Games » – consacré aux arts numériques sous de très nombreuses formes : jeux vidéo récents et anciens, concours de cosplay, musique live, artistes réalisant des esquisses en live, ateliers d’initiation à l’e-sport, ateliers de programmation, etc. Les organisateurs visent un public le plus large possible : joueurs comme non-joueurs, familles, enfants et adultes, érudits du jeu vidéo comme simple curieux, nostalgiques, etc. Leur ambition est de permettre de découvrir nombre des effets d’une révolution numérique initiée à la fin du vingtième siècle, sur notre quotidien et en particulier sur notre culture.

J’essaie d’adopter sur ce blog un ton neutre quitte à ce que le factuel l’emporte peut-être des fois sur le plaisir de lecture. La forme du blog évolue, mais les lignes principales demeurent :

  • Le jeu vidéo est à l’image de notre société comme il l’influence en retour. Il ne peut plus être considéré comme une sous-culture.
  • Qui sont les acteurs du jeu vidéo en Suisse : qui font ces jeux ? quels sont ces jeux ? comment devient-on créateur de jeu vidéo en Suisse ?
  • Quelle est la place accordée aux jeux vidéo dans la recherche scientifique, et quels sont les questions de recherche ?

Sauf que… ce festival propose un programme très riche et bien pensé qui tente de couvrir tous ces points. Alors, quitte à brusquer un peu le ton de ce blog, j’ai compilé mon topito maison [1] avec 10 raisons de venir ce week-end à Yverdon pour le festival Numerik Games.

  1. Ce festival ne ressemble à aucun autre en Suisse. Il n’est pas marchand mais comble un vide et répond à un besoin : qu’en est-il de la culture numérique en Suisse et ailleurs ? En quoi cela consiste-t-il ? Simplement jouer aux jeux vidéo ? D’ailleurs ça n’est pas réservé qu’aux enfants ? Avec des activités variées proposées à chaque fois en partenariat avec des spécialistes du domaine, le festival promet d’être instructif sur le monde qui nous entoure.
  2. Dans cette quête d’ouverture au numérique, le festival proposera des ateliers à destination de tous les membres de la famille. Quelques-uns parmi d’autres : création d’un jeu vidéo ou programmation de robots pour les enfants et les adolescents, initiation au sport électronique (« e-sport ») et à ses enjeux pour les adultes.
  3. Les organisateurs du festival ont su convaincre de nombreux soutiens dont la ville d’Yverdon. Le festival est ainsi en partie gratuit et pour le reste les billets sont proposés à un prix abordable au vu de la quantité d’activités proposées.
  4. C’est l’occasion de découvrir les jeux vidéo créés en Suisse, des jeux qui remportent de nombreux prix à l’étranger. À chaque fois, les créatrices et créateurs seront présents et à disposition pour répondre aux questions des curieux comme des intéressés.
  5. Il va y avoir du e-sport et des speedruns [2] sur la grande scène du Théâtre Benno Besson où les travaux de réfection se sont terminés il y a quelques jours seulement. C’est un lieu traditionnellement dévolu au théâtre, à la musique classique et à la danse. Le contraste sera amusant.
  6. Des conférences très diverses proposeront de découvrir des recherches et réflexions actuelles sur le monde numérique : robots, drones, problématique de la géolocalisation, enjeu et place de l’e-sport, etc. Un programme riche proposé dans la très belle salle du conseil communal, à l’intérieur de l’hôtel de ville.
  7. Pour danser en sirotant une Arkina, trois scènes proposeront de la musique électronique dont la programmation se termine à 6 heures du matin pour deux d’entre elles, le but du directeur artistique Marc Atallah étant de permettre aux clubbers de sauter dans le train du retour dès l’aube. Sans oublier la possibilité d’aller danser dans la cour du château d’Yverdon.
  8. Il y aura une scène pour le cosplay et probablement quelques visiteuses et visiteurs qui profiteront de venir costumés, en référence à l’un de leurs héros ou héroïnes. La perspective de voir les haters et autres réacs qui passeront par hasard par là s’en offusquer me réjouit au plus haut point, surtout lorsque je pense au fiel quotidien déversé sur les joueurs de Pokémon Go dans les sections de commentaires de certains journaux. Vous êtes plutôt Pikachu ou Sardou ?
  9. Du retrogaming, des flippers (un Twilight Zone !), des ordinateurs Amiga ou Atari, des tournois de Mario Kart, Super Smash Bros., Bomberman et Powerstone 2 en multi sur Dreamcast, Street Fighter II, GoldenEye et Perfect Dark, Sonic, Space Invaders, Pong, etc. Il y en a encore d’autres (voir le programme) et de toutes les époques.
  10. Le goulet du Casino est un passage très étroit au centre-ville. Il est ouvert à la circulation en double sens malgré sa grande dangerosité pour les piétons. Or, pour la duréelors des soirées du festival il sera fermé à la circulation. Le traffic au centre-ville en sera également fortement réduit, ce qui fait une raison spéciale pour les Yverdonnoises et Yverdonnois d’adopter le festival.

Premiers tests pour Benjamin Carré et Christian Scheurer 🙂 #numerikgames #comem #heigvd #videomapping

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Note : le titre de l’article a été en partie suggéré par Magali Philip.

[1] Ça ne se reproduira plus.

[2] Performance visant à terminant un jeu le plus vite possible en fonction de diverses contraintes imposées, par ex. ce monsieur qui parvient à finir Super Mario Bros. en moins de cinq minutes.

Yannick Rochat

Yannick Rochat

Yannick Rochat est premier assistant à l'Université de Lausanne et chercheur en digital humanities, un domaine où se rencontrent informatique, mathématiques et sciences humaines et sociales. Ses travaux portent notamment sur les réseaux, les twitterbots, les game & play studies, et les archives de journaux. Mathématicien de l'EPFL, il est également docteur en mathématiques appliquées aux sciences humaines et sociales de l'UNIL.

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