La Santé est un processus … pas un état!

La Santé se décline dynamiquement … pas statiquement.

La définition* de l’OMS qui dit que: “La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social (…)” paraît aujourd’hui plutôt réductrice que jamais et ne rend pas du tout compte du caractère dynamique et continu des processus de santé.

Cette définition n’a pas été modifiée depuis 1946. Elle est trop statique face aux nouvelles approches et méthodes qui, avec les mesures en temps réel, affectent profondément les réalités médicales.

N’y aurait-il donc pas depuis 1946 une nouvelle définition, plus dynamique de la santé?

N’y aurait-il pas de nouvelles pratiques, de nouvelles visions à même de mieux exprimer ce qu’est en train d’advenir?

Que penser des mouvements populaires pour l’alimentation saine, les médecines alternatives, le sport, le quantified self ou encore de l’empowerment informationnel porté par Internet?

Que penser de “l’algorithmisation” de la société en général et de son impact sur la médecine en particulier?

Que penser des “apps” de nos téléphones mobile et montres connectées?

Toutes ces approches permettent de redéfinir le concept de santé dans des pratiques et processus quotidiens, donc en continu.

On quitte aujourd’hui l’usage des pratiques ponctuelles où, une fois de temps en temps, il convenait de faire un check-up.

Il s’agit à présent de se mesurer, se diagnostiquer et s’informer en temps réel. Un nouvel usage : celui du monitoring permanent de soi …

Ainsi une sorte de “quête” pour une santé nouvelle émerge.

Meilleure?

Différente?

C’est en tout les cas un changement de paradigme, comparable au passage de l’image photographique au cinéma.

On passe d’une image du corps prise sporadiquement à un film à 24 images/seconde…

C’est une approche si différente, que nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse de la même chose.

Le système de soin et de santé ne sera plus jamais comme avant.

Une révolution ou un éclairage nouveau sur nos vies en continu, à la manière des frères Lumières en quelque sorte.

 

DEVELOPMENT

Dans un monde en permanence transformé par le digital, il faut renouveler la définition du mot santé, non seulement d’un point de vue médical, mais aussi sociétal, distinguer la santé du soin, dissocier la santé au sens large, de la santé au sens étroit, permet de dépasser les limites du simple système de soin. Soigner est un acte amorcé avec la détection d’un changement d’état signalant la maladie – on reste ici dans la définition de l’OMS – tandis que la santé engage une posture proactive, un processus de recherche, la quête de la bonne forme physique et psychique ainsi que de sa conservation. Ce n’est pas la même chose : le soin se définit de manière réactive, la santé se définit de manière proactive. L’un est occasionnel, l’autre est permanent.

Dès lors, on peut dire que la santé n’est plus un état mais qu’elle est devenue un processus.

Reste à comprendre quelles transformations ce changement de paradigmes va engager sur les comportements des personnes, des familles et des institutions qui gèrent les systèmes de santé publique et quelles anticipations les acteurs professionnels de la santé sont en mesure d’apporter. Il est clair pour chacun de nous, qui avons finalement pris l’habitude de vivre dans ces seuls deux états (en forme ou malade), que les choses vont changer profondément. Nous allons connaître à présent un rapport nouveau à la santé : une situation évolutive en temps réel, avec l’impression persistante de n’être ni vraiment malade, ni vraiment en bonne santé et donc toujours à surveiller. Notre tableau de bord de santé (si l’on peut le dire ainsi) montrera une situation toujours en fluctuation, avec des hauts et des bas qui s’exprimeront sous forme de glissements de courbe à la hausse ou à la baisse !

C’est un tout nouveau contexte, qui donnera un flux d’images hétéroclites sur les composants multiples de notre santé, auquel il va falloir s’habituer ; mais, plus encore, il va falloir le comprendre. En effet, recevoir de très grandes quantités d’informations sur notre corps est une chose, mais pouvoir interpréter correctement ce qui s’y passe, en est une autre. C’est également un changement de mœurs : nous allons nous prendre en charge davantage, sans recourir forcément au système de santé. Certes, cela va évoluer lentement (sans doute des décennies avant une généralisation), mais il faut bien prendre acte de ce changement déjà en marche. Il convient aussi d’imaginer qu’une éducation massive devra nécessairement accompagner ce mouvement de prise en charge de la santé par chacun, pour chacun : Internet ne suffira pas, ni même les bracelets de santé. Un réel apprentissage, plus personnel, devra commencer dès l’enfance et être poursuivi tout au long de la scolarité. C’est un bouleversement radical, un peu comme ce fut le cas avec l’alphabétisation ou, plus prosaïquement, avec l’hygiène et la nutrition après- guerre.

Le système global de la santé tel que nous le connaissons — focalisé davantage sur les soins que sur la santé-au sens large — n’avait prévu qu’un statut passif ou subordonné au patient. Ce n’est pas pour rien qu’il est justement désigné par le terme de patient ! Celui attend, en quelque sorte. que l’on vienne le guérir, qui attend que l’on s’occupe de lui. Objet du soin et non pas héros de son aventure, il n’est pas proactif face à ce qui lui arrive, ni même censé comprendre.

Changement de perspectives ? Pas seulement !

Cela nécessite encore quelques explications.

Aujourd’hui la santé est avant tout un processus nécessitant un ensemble de comportements appropriés (activités physiques et psychiques adéquates, consommations en quantité raisonnable de nourritures saines et adaptées, hygiène de vie, conditions sociales suffisamment harmonieuse, sans oublier, chaque fois que cela est nécessaire, des soins professionnels).

Le nouvel écosystème ne met plus le patient au centre d’un diagnostic, mais l’inclut comme l’une des parties prenantes d’un processus d’appréciation. Le patient est dans le cercle, et non plus au centre de celui-ci. Ce changement de statut est important car il ouvre la perspective de partenariat, donne une place prépondérante à chacun et désenclave le patient d’une relation de subordonné. Ainsi, le système va basculer d’un système orienté “soin” vers un système orienté “santé”. En donnant un rôle nouveau au patient, ce dernier devient acteur de sa santé et non plus simple consommateur de soins Il remonte en quelque sorte dans la chaîne de production de la santé. Tout le système en sera chamboulé !

Le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laborantin, le chercheur, l’assureur, l’hygiéniste, le nutritionniste, le physiothérapeute, etc. tous devront modifier leur posture… plus de blouse blanche… cette révolution en profondeur touchera aussi bien les rapports au sein de la société que les rapports humains… La santé sera l’affaire de tous et non plus de quelques-uns !

L’évolution vers une telle “horizontalité” de l’organisation du système de santé passera nécessairement par la redéfinition des tâches de chacun. Plus un système est “plat” plus il doit être participatif, collaboratif, en co-création en quelque sorte.

Il va donc falloir s’atteler maintenant à un changement organisationnel profond.

On voit ici comment un simple changement de définition : du discontinu vers le continu, peut entraîner un changement organisationnel du système de santé – et non plus de soin – en profondeur.

Le virage vers le continu – et donc le temps réel – n’est pas simplement un changement dans l’approche santé, mais une complète inversion de celle-ci. Jusqu’à présent, le système était totalement orienté vers l’urgence, l’action dans la crise, du “hard landing” en quelque sorte… Il fallait soigner vite, opérer vite pour guérir vite… Voilà le paradigme que l’on quitte, pour celui d’une prise en charge en continu, dans laquelle la prévention et l’anticipation vont faire baisser la pression de l’état d’urgence propre à l’ancien système. Dorénavant il faudra s’habituer à la vision d’une santé mesurée en “temps réel”.

La santé doit désormais être envisagée comme un système pris au sens large, incluant la forme physique et mentale, la nutrition et l’hygiène, le stress et les activités de repos, et y compris toutes les formes d’attention à soi et ceci dans un fonctionnement organisé en permanence.

Fini le temps “haché” vive le temps continu

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* Cette définition se trouve dans le Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946 ; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats. (Actes officiels de l’Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100, 1946). En1986, la charte d’Ottawa va compléter cette approche de la santé en la définissant comme une « ressource indispensable de la vie quotidienne » qui permet : d’une part de satisfaire ces besoins et de réaliser ses ambitions et d’autre part, de comprendre le monde qui change, d’évoluer et de s’adapter à celui-ci. 

L’inversion du WEB! C’est quoi encore cette histoire?

Nous étions habitués à faire des recherches sur Internet (Pull) et Google était notre principal outil dans cette quête. Mais lentemant, sans prévenir, l’Internet s’inverse… les informations viennent à nous …toutes seules ou presque! Cet effet “Push” va changer complètement notre manière de vivre le digital et en particulier le système de santé.

Récit d’une révolution silencieuse.

D’abord, personne ne nous en a informé vraiment! Et pourtant le Web nous avait accoutumé aux grandes annonces. Aux changements tonitruants annoncés avec fracas. On nous avait habitué à un récit fort autour d’événements soigneusement préparés notamment par les médias. Avant, pendant et après on en entendait parler. Prenez pour vous en convaincre des exemples récents comme l’Internet des Objets, le Big Data, les Algorithmes, l’Intelligence Artificielle… vous en avez forcément entendu parlé … même si vous ne comprenez pas tout …vous êtes au courant que quelque chose se trame … n’est-ce pas?

Eh bien, avec l’inversion d’Internet …personne ne l’a évoqué …et pourtant cela existe déjà.

Alors de quoi parlons nous?

Push: signifie que vous n’avez pas besoin de faire une requête, une recherche … l’information vient à vous … tout seule … vous le voyez bien… c’est par exemple ces bannières de publicité qui vous sont personnellement dédiées … elles sont liées à votre profil … à vos dernières actions sur Internet… tout le monde ne reçoit pas les mêmes… Ainsi Google, Facebook, Amazon, Zalando et beaucoup d’autres vous ont profilé … ils savent mieux que vous ce que vous aimez, ce dont vous avez besoin ou même ce que vous allez acheter… c’est cela le “Push” …

Plus besoin de chercher ..les systèmes de reconnaissances algorithmiques savent souvent mieux que vous ce que vous avez besoin maintenant!

La montagne vient à nous

Dans le domaine médical et grâce aux Big Data, aux Data Analytics, aux nouveaux capteurs embarqués notamment sur les “smart watches”, à l’intelligence artificielle, etc. les nouvelles plateformes de sur-traitances médicales en développement chez Google (Verily: Google Life Sciences), chez IBM (Watson Health), chez Apple (Apple Health Kit), chez Philips (Philips Health Care),etc.,etc… tout le monde s’y est mis… et surtout les géants de l’économie numérique…

Ces entreprises sont justement en train de préparer cette inversion du Web car c’est la meilleure manière d’atteindre les “patients” qui pour l’instant sont captifs (Pull) du système de santé traditionnel… en allant chercher le client potentiel par les données (Push) … les géants du numérique resteront à la fois sur le terrain qu’ils maîtrisent bien et iront sur les plate bandes des acteurs traditionnels de la santé !

Les données étant leurs armes… La guerre s’annonce rude autour de notre corps et en particulier pour les horlogers suisses autour de notre poignet…

Les places seront chèrement acquises et l’industrie de la Santé..en sortira complètement chamboulée…les grands acteurs d’hier seront des petits acteurs de demain…

Pour la Suisse qui a beaucoup misé et investi dans les sciences du vivant (voir l’étude d’Avenir Suisse sur la question) nous allons assister à un combat inégal… car même si nous avons de grandes entreprises dans la Pharma, dans la Biotech, dans le Medtech et des start-ups… nous n’en avons aucune autour du Big Data, de l’IA! …car demain l’enjeu n’est pas la molécule ou le hardware… c’est le software… les données, les algorithmes et donc les protocoles médicaux pour faire court!

Il serait temps de réagir…n’est-ce pas?

Comment?

Je prépare un livre pour y répondre … sortie prévue le 1er septembre prochain… alors un peu de patience encore!

Le concept de “Health Valley” n’existe pas !

Le concept de Health Valley qui est “vendu” depuis quelques années par quelques scientifiques et politiciens romands est un leurre.

Explications:

Dans le domaine de la Santé: la Métropole lémanique n’a ni la masse critique (aucune des 10 compagnies les plus dynamiques au Monde n’est basée dans la région) et encore moins la température critique (pas assez de start-ups y sont créées chaque année). Bref, parler de Health Valley c’est pas correct … du tout!

Donc essayons d’éviter d’utiliser des termes comme : Bio Valley, Health Valley, etc., qui renvoient à des réalités toutes autres.

Alors pourquoi pas réfléchir et agir de manière “plus large” en cherchant à associer d’autres secteurs économiques proches de la Santé comme la nutrition, le sport, le MedTech, le Quantified Self (y compris la montre connectée), l’Internet des Objets, le “machine learning” et les Big Data du Digital Health, sans oublier le bien-être ou l’hygiène de vie, etc.

Les métropoles de demain vont évoluer vers ce concept d’innovation “étendue” et tout particulièrement la Métropole lémanique. Elle va ainsi pouvoir profiter de son avantage compétitif en étant au cœur de ce nouveau changement.

En effet, plusieurs des nouveaux acteurs du secteur tels que Nestlé, l’Internet Society, le CIO et les organisations internationales du sport, de l’environnement (WWF) ou encore des régulateurs puissants comme l’OMS, l’OMC ou l’ISO sont sur son territoire.

Ces acteurs vont être tout à fait déterminants dans la manière dont le secteur de la santé, au sens large, va se transformer. 

Mais il ne faut pas pour autant parler de Health Valley mais plutôt de Health @ Large. 

Ce qui compte aujourd’hui c’est de transformer notre économie pas de la maintenir … sur d’ancienne base …

Développons:

La force représentative des mots et des concepts est fondamentale à la chose politique.

L’innovation et le développement économique n’échappent pas à la règle. Lorsque des noms comme Silicon Valley ou Cluster sont prononcés dans l’arène politique, cela peut déboucher sur des changements législatifs (lois), administratifs (ordonnances d’application) ou financiers (réallocation budgétaire).

Nous entendons par là qu’il y a des conséquences pouvant être lourdes selon l’usage de telle ou telle appellation. Il est donc très important de trouver le bon vocabulaire, le bon phrasé ou si possible le bon storytelling au vue des importants changements ou transformations en cours. Ainsi les vieilles expressions auront tendance à maintenir en place de vieux schémas politiques inadéquats.

Aujourd’hui deux termes obsolètes continuent pourtant à dominer outrageusement les politiques d’innovation et de développement économique dans la plupart des pays : ce sont les termes de Silicon Valley et de Cluster. Ils faut en finir avec eux!

Dans les années 70, le journaliste californien Don Hoefler forgea le terme de Silicon Valley pour désigner à la fois la région du sud de San Francisco et marquer la présence de nombreuses entreprises du secteur de l’électronique et de l’informatique. Le terme est resté dans l’imaginaire politique comme une métaphore de l’innovation technologique qu’il fallait absolument copier. Cependant on oublie souvent de considérer que le moteur même de l’innovation “made in Silicon Valley” est porté par un système d’ingénierie financière très particulier, basé sur le Venture Capital, les options à terme, un marché des IPO, et surtout une conception de l’enrichissement de quelques-uns autour de la valorisation souvent extraordinaire de la start-up elle-même. Il faut donc en même temps un environnement légal, juridique et administratif ainsi qu’un environnement sociétal autorisant ces mécanismes d’enrichissement, que peu de pays n’ont mis en place. Les politiques se sont souvent trompées en interprétant presque exclusivement ce processus comme un rapprochement du monde universitaire et du monde économique qu’il suffirait d’organiser pour rafler la mise. C’est un peu court. Lorsqu’il y a de belles affaires à faire, le monde économique trouve toujours son chemin. La création de parcs technologiques fut une réponse trouvée par les politiques à la question de l’innovation. N’oublions pas que Mellon Park, souvent cité comme exemple, a été précisément conçu (en 1949) pour garder des entreprises naissantes dans l’environnement de l’université de Stanford alors terriblement isolée. C’était un concept très différent de ce qui est généralement imaginé: il ne s’agissait pas d’attirer les entreprises mais de les garder !

Au bout du compte, personne ou presque n’a pu copier le modèle de la Silicon Valley ou même s’en inspirer valablement. Ce modèle est-il toujours d’actualité alors qu’un nouveau émerge ? Nous y reviendrons plus loin.

En 1990, le Professeur Michael Porter de l’Université de Harvard proposa le concept de Cluster pour désigner des pôles de compétitivité régionale basés sur une forte concentration d’entreprises et centres de recherche, notamment universitaires, dans un secteur économique précis. Le concept reposait sur deux idées-clé: une forte concentration géographique et une forte concentration de compétences sectorielles. Une émulation globale du secteur ainsi rassemblé était espérée, mettant en avant le principe de la masse critique.

Les politiques nationales et régionales se sont alors rapidement emparées du concept, car à la fois simple à comprendre et à mettre en œuvre. Pour former un Cluster, il suffisait d’identifier un territoire doté d’un domaine de compétences propres et de l’accroître en attirant d’autres entreprises et d’autres compétences de recherche. C’était du ressort des gouvernements : une politique de type exogène articulant allégements fiscaux et adaptation des conditions législatives ou administratives.

Dans un premier temps, le succès de ces politiques a répondu aux différents besoins, notamment en termes de croissance de l’emploi. Mais très vite, elles se sont avérées coûteuses et surtout porteuses de déséquilibre fiscal d’un Etat à l’autre, d’une région à l’autre. La conséquence prévisible, à moyen terme, est la montée en puissance de politiques de régulation, qui minorent la compétition fiscale et restaurent des pondérations favorisant une plus grande solidarité. Dans le même temps, de petits regroupements insignifiants, au niveau global, ont fait irruption, soutenus par des politiciens locaux et aveuglés par la nécessité de l’action publique. A tel point que la multiplication excessive de Clusters et de pôles de compétitivité, sans réel potentiel d’agrégation économique, a constitué un important écueil en décrédibilisant l’approche.

Au-delà des premières réussites, le concept s’est révélé inopérant dans la mesure où sa généralisation a dissous les particularismes propres à quelques territoires bien choisis et a estompé leurs effets compétitifs spécifiques. Certaines régions, pour des raisons d’échelle et de position dominante, continueront naturellement à profiter de l’effet de masse. Pour les autres, en revanche, le jeu est terminé.

Il faut donc maintenant passer à autre chose.

Deux nouveaux concepts déterminants émergent donc aujourd’hui : écosystème et spillover.

Ces deux concepts demandent à être compris par le monde politique et l’exemple du domaine de la santé pourrait être une occasion rêvée d’y parvenir.

Les nouvelles perspectives qui s’ouvrent sur la question de la santé — prise au sens large — permettent en effet de bien saisir la portée stratégique des écosystèmes et du spillover. Si l’on considère la Métropole lémanique – même si elle ne présente pas véritablement une masse critique, ni ne constitue un authentique Cluster, ou n’offre encore moins les caractéristiques d’une Silicon Valley – il faut néanmoins lui reconnaître la présence sur son territoire d’un nombre essentiel d’acteurs pour le futur du domaine de la santé que sont la nutrition, le sport, l’environnement, internet et les softs laws. Personne ne doute de la qualité exceptionnelle de la région.

La diversité de son tissu économique en fait une force pour demain.L’interaction entre les secteurs économiques et les domaines de connaissances priment désormais. C’est la fin du mode de la séparation, si chère à la science et à l’industrie. Demain, il n’y aura plus de grande distinction entre “soft” et “hard” (comme dans l’informatique par exemple). Les concepts d’écosystème et de spillover peuvent, mieux que n’importe quels autres, rendre compréhensible la nouvelle réalité sociétale et économique. La mise en lumière de cette transformation est fondamentale, aussi bien pour les politiques publiques que pour les populations.

Les acteurs de l’internet, de l’environnement, de la nutrition, des sports et des soft regulations seront demain les moteurs de profonds changements dans le domaine de la santé – au sens large – comme l’ont été la pharma, la biotech ou le medtech ces dernières cinquante années.

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définitions:

1.- écosystème

En écologie, un écosystème est l’ensemble de la faune et de la flore réunies dans un espace naturel. Il est composé de producteurs (les plantes), de consommateurs (les animaux) et de bio-réducteurs (micro-organismes) qui sont aidés par l’énergie du soleil. Par analogie en économie, un écosystème est composé de l’ensemble des gens, des infrastructures, des lois et des acteurs économiques et institutionnels composant un territoire. (Source Wikipedia) 

2.- Spillover

En économie, l’effet de spillover désigne une action, un transfert provoqué par un ou plusieurs facteurs externes. Cela peut être l’arrivée d’une nouvelle technologie, qui va changer les manières de faire industrielles (par exemple l’arrivée des commandes numériques dans l’industrie de la machine-outil dans les années 60-70), ou encore l’implantation d’une nouvelle entreprise, qui va créer des activités économiques nouvelles (par exemple l’implantation massive des traders de commodities à Genève dans les années 90-2000) ou enfin un transfert sociétal, organisationnel ou culturel majeur (ONU à Genève, CERN à Genève, Ballet Béjart à Lausanne). Le spillover, bien que très mal compris par les politiciens, est un facteur de changement bien plus significatif que normalement décrit. 

 

Et maintenant place à une médecine prédictive !

Le séquençage du génome, la digitalisation des dossiers patients, les capteurs du digital health, le self quantified, les données non structurées du Big Data, Watson, etc.,  sont tous des éléments incontestables d’une grande transformation de la médecine.

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux.

Ces informations étaient alors limitées dans la quantité et dans le temps.

Aujourd’hui et surtout demain, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce à la “data analytic”, au “data mining”, à la “machine learning”, etc. tout va changer… on entre rapidement dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

Tout a commencé avec l’apparition de la génomique

C’est à la fin du siècle dernier et grâce aux progrès technologiques que le nombre et les sources d’informations se sont diversifiés et que l’information à disposition du médecin a été considérablement enrichie notamment grâce aux progrès de la biologie et de l’imagerie médicale mais surtout de la génomique.

C’est ainsi que le médecin a commencé à disposer de données toujours plus nombreuses et précises pour l’aider dans son diagnostic et le guider dans sa prescription.

Tout cela, c’était encore avant les Big Data, le self quantified et les capteurs, … Aujourd’hui le praticien est noyé sous l’information … il va devoir faire appel à des moteurs d’analyse du genre Watson qu’IBM est en train de préparer!

Des données non-structurées … de plus en plus pertinentes

Ainsi la rencontre entre les sciences de la vie et la mathématique, celle des données massives et des algorithmes va changer profondément la médecine. Maintenant que l’on a à la fois la capacité de capter d’énormes quantités de données hétérogènes et complexes et d’en assurer le traitement pour en extraire une information pertinente les choses évolue rapidement.

Maintenant que l’on est capable d’associer des données issues des moyens traditionnels avec celles produites par la jungle des objets connectés qui est en train d’envahir nos vies, sans oublier ces milliards de données aujourd’hui sans intérêt d’ordre médical, comme les services de géolocalisation, de blog ou de tweets, d’achat commercial en ligne et de paiements électroniques ou tout simplement de nos déplacements consignés sur nos montres connectées, la médecine prend un virage massif vers le “pouvoir des données plus que des molécules.

En quelque sorte, on quitte le “driver” du vivant pour celui de l’information portant sur le vivant.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques, vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Plus seulement le résultat d’un seul examen

Demain, la donnée de santé ne sera plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus long de type algorithmique destiné à mettre à jour une information médicale permanente.

Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde des algorithmes. Il faut désormais voir les phénomènes et les bouleversements qui accompagnent le développement du numérique comme le signe d’une autre et profonde transformation, cette fois-ci sur notre vision du monde de la santé.

Médecine prédictive et personnalisée

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithme converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre.

L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui marient la vocation à combattre la maladie avec celle d’aider le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Watson veut prédire … avant de guérir !

Le Big Data, c’est enfin la possibilité non plus seulement de prévenir mais surtout de prédire. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable-

Les promesses du Big Data sont ainsi immenses et rappellent à bien des égards, celles du début de la génomique.

IBM a annoncé tout récemment vouloir racheter Truven Health Analytics pour 2,6 de milliards de dollars, pour faire de sa division santé Watson Health un des plus grands lieux de stockage de données médicales au monde.

Les données proviennent des milliers d’hôpitaux, sociétés et administrations des états fédéraux américains. Watson Health sera alimenté par les médecins, épidémiologistes, statisticiens et experts créant des données de très haute précision et valeur.

Truven possède un portefeuille de 8000 clients, comprenant hôpitaux, médecins, entreprises privées et agences gouvernementales. Elle est la troisième entreprise de données à avoit été acheté par IBM et la quatrième acquisition depuis la naissance de Watson Health,  il y a 10 mois.

L’achat de Truven permet à IBM Watson de doubler de taille et passer à presque 5 000 employés. Quand l’achat sera finalisé, IBM aura investi plus de 4 milliards et Watson Health deviendra le leader mondial des données médicales et analytiques.

L’entreprise sera la seule à pouvoir efficacement exploiter les capacités cognitives uniques de la plateforme Watson.

 

(Références: ce blog a été largement “détourné” d’anciens blogs de Noujoude.wordpress.com et de Oxana G. sur Objetconnecte.com)

 

Aujourd’hui, AlphaGo a battu, en trois manche à zéro, le meilleur joueur au monde de Go!

Vendredi AlphaGo avait déjà battu, en démonstration, une équipe de joueurs de Go formée par Chen Yaoye, Zho Ruiyang, Mi Yuting, Shi Yue et Tang Weixing. Mais aujourd’hui, une partie beaucoup plus importantes  a pris fin , en trois manche à zéro, contre le Chinois Ke Jie, considéré comme le meilleur joueur au monde. Les algorithmes auto-apprenantes de Google (DeepMind) sont imbattables. L’année dernière elles avaient déjà eu raison du coréen Lee Sedol,

Le jeu de Go est connu pour être le jeu de stratégie le plus compliqué au monde. Ainsi donc une nouvelle étape a été franchie dans la quête d’une Intelligence Artificielle Supérieure !

Maintenant on y est: l’homme passe la main … question intelligence de jeu … en sera-t-il de même pour le reste notamment en médecine?

Bref retour sur une lutte entre humains et machines:

En mai 1997, Deep Blue (IBM) a battu Kasparov au jeu d’échec. Pour la première fois de l’histoire, le champion du monde de l’époque a du s’incliner contre l’ordinateur sur le score de 2½ à 3½. A ce moment là, Deep Blue mesurait 1,80 m et pesait 1,4 tonne. Il fallait vingt personnes pour qu’il fonctionne et son logiciel fonctionnait sur la base des “systèmes experts” qui a l’époque, était ce que l’on faisait de mieux en Intelligence Artificielle. Grâce à son incroyable force de calcul, Deep Blue a joué lors de ce match quelques coups de la classe d’un grand maître dont l’un, abondamment commenté dans les revues spécialisées, a complètement déstabilisé Kasparov.

Mais aujourd’hui ce qu’a présenté Google dans l’affrontement au jeu de Go est d’un tout autre ordre… c’est une machine en réseau qui sait apprendre!

DeepMind: une machine de Turing auto-apprenante

Un des défis que tente de relever DeepMind est de réaliser une mémoire à court terme similaire à celle du cerveau humain. Le système développé est un type de réseau de neurones qui a été adapté pour fonctionner avec une mémoire externe. Le résultat est un ordinateur qui apprend en stockant des souvenirs et en les réutilisant pour effectuer des tâches logiques qu’il ne saurait faire autrement. Comme cette forme de calcul diffère de manière importante d’un réseau neuronal classique, DeepMind lui a donné un nouveau nom : une machine de Turing neurale. La machine de Turing neurale apprend comme un réseau neuronal classique en utilisant les entrées qu’il reçoit du monde extérieur mais qui apprend aussi à stocker ces informations et à les récupérer.

Deep reinforcement learning

DeepMind combine la technique d’apprentissage automatique de “machine learning” avec une technique d’apprentissage renforcée. La technique est nommée Deep reinforcement learning. Le logiciel apprend en effectuant des actions et en observant les effets et conséquences, de la même manière que les humains ou les animaux. Mais jusqu’au tournoi de Séoul, personne n’avait réussi à construire un système capable de réaliser des actions aussi complexes que jouer au Go. Une partie du processus d’apprentissage consiste à analyser les expériences passées à plusieurs reprises pour tenter d’extraire des informations plus précises pour agir plus efficacement à l’avenir. Ce mécanisme est très proche de ceux qui ont lieu dans le cerveau humain, notamment parce qu’il s’auto-alimente en savoir/expérience en jouant/réfléchissant tout seul. Un peu comme lorsque l’on dort/sommeille…l’esprit continue à travailler.

Leçon pour l’avenir de la Santé: Deep Health

Dorénavant nous avons deux approches qui s’affrontent pour prendre la position de “sur-traitance” dans l’économie de la Santé. D’un côté, Google Health qui mise avant tout sur des machines d’auto-apprentissage et de l’autre IBM/Watson Health qui a choisi, en premier lieu, le chemin des Big Data et du Data Analytic.

Ce qui s’affronte ici, c’est le savoir en mode apprentissage contre le savoir accumulé…

Devinez qui va gagner?

 

Le système “santé” est à la veille d’un grand bouleversement… voilà pourquoi?

6 raisons pour l’arrivé un changement brutal:

 

(1) La Santé coûte cher, trop cher: la faute à l’emploi ?

Pour comprendre l’évolution du système de santé suisse, rien ne vaut un détour par les Etats-Unis où le système est le plus cher et le moins productif au monde. Une mise en perspective de deux systèmes proches mais ayant quand même des caractéristiques propres, permet de voir ce qui va mal, très mal chez eux mais chez nous aussi. Donc, si les suisses consacrent beaucoup d’argent à leur système de santé, environ 11,5% du PIB c’est encore très peu par rapport à ce que les américains subissent (17,1%). C’est inquiétant surtout pour l’avenir de notre système qui a tendance en général à suivre l’Amérique, avec un léger délai !

Pourquoi cela coûte si cher et pourquoi cela ne cesse-t-il d’augmenter?

Pour ce faire, il faudrait se demander d’abord si l’un des acteurs du système (hôpitaux, médecins, pharma, assurances, etc.) abuse du système.

La distribution des coûts est la même entre les deux pays !

Mettre ensemble les chiffres des coûts de la santé n’est pas chose facile…  les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez regarder… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (CH) :

  • Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)
  • Les médecins représentent 28% (26%)
  • Les médicaments représentent 14% (18%)
  • Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)
  • Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)
  • Les frais administratifs 7% (5%)

En comparaison, les chiffres se ressemblent beaucoup et pourtant, ce sont bien deux systèmes différents dont la distinction fondamentale est à chercher dans l’intervention de l’Etat en tant que régulateur. Même ainsi la répartition des coûts – presque semblable – ne permet pas d’accuser l’un ou l’autre des partenaires du système de santé américain ou suisse d’exagérer. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient avant tout d’une embauche exagérée!

Personne n’ose l’avouer mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué depuis deux décennies au moins, la hausse des coûts. Les changements de la démographie ou de la technologie souvent évoqués, ont créé dans le secteur de la santé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là est tout le problème!

C’est vrai aux USA mais aussi en Suisse. Près de 15 millions de jobs santé aux USA et 450’000 en Suisse (soit près de 10% des emplois) ! C’est énorme surtout que le nombre de postes de travail dans la santé n’a cessé de croître depuis vingt ans et ceci même pendant la crise de 2009. C’est clair : il y a une corrélation parfaite entre création d’emplois et coûts de la santé!

Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: « la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause ». Messieurs les régulateurs, prenez donc l’initiative d’un gel de l’emploi dans la santé et vous verrez que tout ira mieux!

(2) Les « UBER » de la Santé existent déjà !

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est caduc, car essentiellement peu productif… il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche pour plus d’efficacité, de rapidité, de coaching par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), pour moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou à distance (télémédecine), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable…

Ainsi certainement tous les domaines de la Santé vont être touchés car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont présentes dans ce secteur économique précis: peu de productivité et des marges importantes.

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le « CO-OP Health Program »). Ainsi des sociétés comme « Oscar Health » ou « ZoomPlus » vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essayent de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans « OSCAR ».

2.- « PAGER »: c’est une plateforme internet et une « apps » qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir un chauffeur de taxi débarqué, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du « Healthcare Digital » se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière). Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de « PAGER ». On peut citer rapidement des entreprises comme: « Projet IO » pour des prothèses imprimées en 3D; « Medwand » qui offre une sorte de télé-médecine très simple; « CrowdMed » c’est un service pour apprendre avec les autres; « SkinVision » pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore « PillPac »k pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y ont investi massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore la « Apple Watch » pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

Aux USA: la révolution a débuté alors qu’en Suisse, on ne fait que parler … des hausses de prime. Il est grand temps de lancer des initiatives concrètes et arrêter de se palabrer.

(3) Dr Watson vous assistera personnellement, tout le temps !

Les algorithmes et donc l »intelligence artificielle au service du patient (ou des « biens portants ») pourraient révolutionner tout le système à eux seuls car ils auront les moyens de « bypasser » le médecin!

Aujourd’hui, le programme « Watson » du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le « Big Data » médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le « Massachussetts General Hospital » pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre « premier recours/secours » médical!

Comme SIRI (Apple), NOW (Google). CORTANA de Microsoft ou encore « M » de Facebook, WATSON sont capables de répondre très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le « Big Data » des réponses intelligentes.Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

Pourtant, en quelques décennies comme l’ont fait les banques (ATM, bancomat), les agences de voyage (TripAdvisor), les cartes routières (GPS), les vidéos (streaming et fin des magasins), la vente des tickets et les enregistrements (aéroport), les taxis (UBER), la location d’appartements (AirBnb), etc.

C’est donc une toute nouvelle médecine qui va évoluer devant nos yeux.

Seul véritable problème pour la Suisse: malgré une très forte présence du domaine en Suisse notamment au niveau de la recherche (50% de nos moyens y sont consacrés) … l’innovation algorithmique se passe comme d’habitude ailleurs principalement à Boston et San Francisco.

4) Walk-In Clinic : les bobos de proximité

La santé et particulièrement les soins ont toujours été une question d’urgence, à régler en quelque sorte dans l’instant. Pourquoi souffrir et attendre. Le système de santé est pourtant lent avec ses salles d’attentes et ses multiples intervenants organisés en rendez-vous successifs. Aujourd’hui, le patient est impatient. Au temps de l’Internet, il veut une réponse immédiate! Les « Walk-in Clinic » répondent à ces nouveaux besoins de la société contemporaine.

Le concept est simple. Sans rendez-vous, vous pouvez vous faire diagnostiquer, soigner ou conseiller rapidement auprès d’une infirmière ou d’un docteur. Fixer un petit bobo ou passer un examen rapidement peut vous éviter la lourdeur des urgences de l’hôpital ou la pénible liste d’attente du médecin. Disponible partout, ouvert tout le temps et rapide, tels sont les trois éléments de la recette qui apporte aujourd’hui une grande satisfaction aux usagers américains.

C’est un véritable bouleversement des habitudes et des pratiques car les « Walk-in Clinic » sont pour la plupart gérées et situées dans les pharmacies. Les trois principaux groupes possédant des chaînes de pharmacie sur sol américain sont devenus très actifs dans ce domaine des cliniques rapides. Chez CVS, on a développé le concept de « Minute Clinic », chez Rite Aid, on a acheté « RediClinic » et chez Walgreens, on parle de « Healthcare » mais grosso modo c’est la même chose. C’est du « all in one « : soin et médicament dans le même lieu. Cela répond à un fort besoin de la clientèle américaine toujours plus pressée. Le nombre de ces cliniques n’a cessé de croître. On en dénombre aujourd’hui plus de 10’000 et le nombre de celles qui sont localisées dans les pharmacies ne cesse lui aussi d’augmenter. CVS a lui seul en détient aujourd’hui environ 900. Il pense en gérer 1’500 d’ici 2017. Walgreens et Rite Aid ne sont pas en reste avec un millier de ces cliniques ouvertes récemment. Mais Walgreens ne s’arrête pas là. Il développe une présence permanente avec une « apps » testée depuis 2014 qui permet via un smartphone d’être instantanément en contact avec un pharmacien ou un docteur pour de petits « bobos » qui arrivent malheureusement quotidiennement.

A l’avenir, ce type d’offre va être central pour le système de la Santé en général car il est bon marché, facile d’usage et répond à un nombre important de situations médicales. Par ailleurs, l’effet de proximité combiné aux réseaux communautaires, en forte extension, créera les conditions propices à leur développement à très grande échelle.

En Suisse aussi les choses bougent d’abord avec l’ouverture à Bâle en 2010 de la première « Walk-in Clinic » au nom évocateur de  » MediX Toujours »; mais c’est surtout le rachat par le groupe Migros de SantéMed qui a frappé les esprits. Désormais Migros gère directement avec Medbase et SantéMed une centaine de docteurs pour une médecine ambulatoire de proximité.

Les temps changent vraiment et les acteurs économiques aussi. On est bien à la veille d’un bouleversement sans précédent!

(5) « The Patient Will See You Now »

Un livre fait fureur aux USA depuis le début 2015, il parle de la révolution médicale. « The Patient Will See You Now » (le patient va vous recevoir maintenant) a été écrit par le Docteur Eric Topol, l’un des meilleurs futuristes mondiaux du domaine. Le livre examine ce qu’il appelle « le moment Gutenberg de la médecine ». Tout comme l’imprimerie a libéré la connaissance du contrôle d’une classe d’élite religieuse, la nouvelle technologie des algorithmes médicaux est prête à démocratiser la médecine. Dans cette nouvelle ère, les patients pourront contrôler leurs propres données et s’émanciper d’un régime médical paternaliste dans lequel  » le médecin connaît toujours le mieux les choses.  »

Les téléphones mobiles, les montres connectées, les « apps » et les « sensors » dédiés seront en notre possession. Si bien que littéralement, nous porterons sur nous (dans nos poches, nos poignets ou même dans notre corps) toutes les capacités d’un laboratoire de diagnostic et d’unité de soins rapides.

Les algorithmes des ordinateurs remplaceront les médecins pour de nombreuses tâches de diagnostic par le biais d’énormes ensembles de données (Big Data) qui vont nous donner de nouveaux moyens pour aussi prendre en charge des maladies chroniques (diabète, zona, hypertension artérielle, etc.)

En dépit de tous ces avantages, la voie à suivre s’avère très compliquée car certains dans le système de santé et les établissements médicaux vont faire de la résistance. Ces changements de la médecine digitale soulèvent de sérieuses questions entourant notamment la vie privée et la capacité des gens ordinaires à se prendre en charge.

Néanmoins, les résultats escomptés pour une telle émancipation généralisée semblent être illimités. En effet, lequel d’entre nous voudrait se passer d’un système plus efficace, moins cher, plus démocratique et plus humain avec des soins de santé accessibles à tous!

Dans un livre antérieur déjà fort remarqué: « The Creative Destruction of Medicine » de 2012, Eric Topol était alors davantage concerné par l’effet économique de la transformation technologique. Mais dans son dernier livre, il prend vraiment le point de vue du patient qu’il met au centre de la révolution actuelle.

Que s’est-il passé en moins de trois ans pour qu’il affine pareillement son approche?

C’est l’arrivée d’UBER qu’il cite souvent comme une avancée notable des écosystèmes d’algorithmes (software) qui l’a marqué. Il voit dans cette plateforme, une capacité software à résoudre des problèmes quotidiens que la technologie hardware – en quelque sorte- n’arrivait pas à maîtriser et surtout le pouvoir de changer les régulations locales (principal problème de la sclérose du système). C’est au cœur de sa pensée actuelle. Il faut saisir à quel point le monde à basculer dans un autre univers comme ce fut le cas avec l’imprimerie de Gutenberg. Désormais, la médecine ne sera plus jamais la même!

C’est définitivement cette vague profonde des algorithmes venue principalement de San Francisco qu’il faut désormais comprendre et intégrer dans notre vision du futur.

La Suisse doit ainsi penser à enseigner davantage les mathématiques que les langues car la langue de demain sera l’algorithmie…

(6) Organic Food: le premier des médicaments !

La mutation alimentaire des américains a commencé. Les supermarchés consacrent désormais des allées entières aux produits organiques, les marchés fermiers de producteurs locaux se multiplient à l’approche des villes et les restaurants affichent la liste des fournisseurs et producteurs qui composent leurs menus. Les gens sont surtout devenus soupçonneux du commerce des « Big Food », un terme fourre-tout qui sert à désigner la chaîne alimentaire classique – que ce soit vrai ou faux, tout doit être organique.

Mais de manière plus authentique, il y a un vrai désir chez les consommateurs américains de transparence. Les gens veulent savoir ce qu’ils mangent et quels effets cela peut produire sur leur bien-être ou sur leur santé.

Beaucoup de start-ups se sont lancées depuis peu dans le business. La médiatisation est forte. Et la cause du -tout organique- a permis à des personnalités comme Melissa Fox, une star du domaine aux USA, de créer leurs propres entreprises. Son entreprise « M-Jo » vit de produits de substitutions pour les repas traditionnels avec des aliments uniquement à base de plantes et des ingrédients non-OGM. Les petites entreprises alimentaires purement organique sont nombreuses à l’image de « Earth’s Best » avec des produits essentiellement pour bébé ou encore d’Amy’s Kitchen, « Organic Valley »et « Green&Black’s » qui font tous partie de ce que l’on peut désormais considérer comme des classiques de l’organique. Mais l’innovation ne s’arrête pas là et des produits nouveaux émergent comme Soylent qui se veut être une boisson nutritionnelle conçue pour couvrir à elle seule, l’intégralité des besoins alimentaires quotidiens. Enfin, le capital venture est aussi présent avec « AccelFood » à New York qui a déjà investi plusieurs dizaines de millions dans 16 start-ups. Cela bouge dans les métiers de bouche!

Les « Big Food » cherchent, eux aussi à se maintenir à flot avec ce courant d’idées nouvelles. Ainsi General Mills a promis de retirer tous les colorants et arômes artificiels de ses céréales pour 2017. McDonald vend moins de sodas avec ses « Happy Meals ». Et de nombreuses grandes entreprises de la distribution ou de la production alimentaire se convertissent rapidement pour avoir aussi une offre santé. Par exemple, General Mills a dépensé 820 millions de dollars pour l’achat d’ »Annie », une compagnie leader dans la production de produits purement organiques et Campbell a dépensé 1,56 milliard de dollars pour « Bolthouse Farms », l’autre compagnie exemplaire dans la production écologique de nourriture.

En Suisse Romande, nous avons un des plus grands acteurs de la branche qui lui aussi a décidé d’investir sérieusement le domaine. Avec « Nestlé Health Science » l’approche est quasiment thérapeutique. Le centre installé sur les hauteurs de Lausanne vise plutôt les alicaments… mais quelque part c’est la même idée: « que l’aliment soit ton premier médicament », Hippocrate l’avait dit il y a 2450 ans environ!

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Xavier Comtesse est aussi l’auteur de l’étude: « La Santé de l’Innovation Suisse », nov. 2013, Avenir Suisse

 

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’assaut des assurances !

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’instar de la pasionaria Primavera De Filippi … enflamment les salles … lors de leurs nombreuses conférences … un sujet encore peu connu du grand public c’est le rôle que pourrait jouer les blockchains pour les assurances…

Exclairage …  avec un extrait *détourné* d’un blog du site “Blockchain France” (cf. la source en bas de page).

“Si les grandes sociétés d’assurance se penchent aujourd’hui sur la blockchain, c’est parce que cette technologie permet de “bypasser” les phases de déclaration, et de construire de nouveaux systèmes d’assurance via internet et ceci sans intermédiaire. Les modèles d’assurances “peer-to-peer” existent déjà (par exemple Friendsurance ou inspeer.me), la blockchain y donne un nouvel élan grâce à des systèmes d’assurance automatisés à base de smart contracts.

Les “smart contracts” sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés. De nouvelles entités spécialisées opérant avec les blockchains, les “oracles”, permettent de gérer les données des smart contracts et de déterminer, par exemple, si les conditions sont bien remplies pour déclencher le paiement.

Ces mécanismes promettent des changements majeurs pour les systèmes d’assurance actuels. En automatisant l’exécution des contrats, ils permettent aux assurés comme aux assureurs de s’émanciper des phases déclaratives : formulaires, réclamation, vérification, déclenchement de l’indemnisation…

Le blockchain, en faisant office de tiers de confiance automatisé, ouvre la voie à une diminution des coûts de structure tout en fiabilisant et en accélérant les processus de décision. A terme, cela générerait surtout une plus grande satisfaction des assurés via la mise en place de nouveaux services plus intuitifs et plus rapides.

L’exemple souvent cité pour illustrer les modèles d’assurance basés sur les “smart contracts” est celui de l’assurance dite indicielle ou paramétrique, autrement dit l’assurance liée à un indice tel que par exemple la température ou le niveau de pluie.

Mais d’autres applications sont envisageables : en septembre dernier, une équipe du Hackaton Blockchain de la Fintech Week à Londres a ainsi construit en un week-end un programme d’assurance de voyage sur la plateforme Ethereum. Constatant que 60% des passagers assurés contre le retard de leur vol ne revendiquaient jamais leur argent, ils ont créé un système d’assurance automatisé basé sur la blockchain, via le service Oraclize. Avec ce service, les passagers sont automatiquement indemnisés lorsque leur vol est en retard, sans avoir besoin de remplir un quelconque formulaire, et donc sans que l’entreprise ne doive traiter les demandes.

Il aurait certes été techniquement possible de créer ces processus sans blockchain. Le véritable apport de la technologie blockchain consiste ici à générer la confiance et la sécurité nécessaires pour automatiser les phases déclaratives sans avoir recours à un tiers. Si par le passé les assureurs n’ont pas mis en place ce type de produits, la blockchain apporte aujourd’hui une solution qui pourrait permettre à de nouveaux acteurs de pénétrer ce marché.

Au-delà des autonomisations des processus décrites ci-dessus, une nouvelle tendance, celle de l’assurance peer-to-peer (P2P), a émergé ces dernières années. En France avec Inspeer.me, en Allemagne avec Friendsurance, ou au Royaume-Uni avec Heyguevara, des plateformes proposent des assurances d’utilisateur à utilisateur, sans intermédiaire.

Coupler la technologie blockchain avec ce modèle d’assurance P2P ouvre la voie à des systèmes d’assurance quasi-autonomes et auto-régulés, où polices d’assurance et réclamations des assurés seraient automatiquement gérées. Une évolution supplémentaire pour les assurances, mais pas si futuriste.

Blockchain et smart contracts permettent en effet la mise en place d’organisations décentralisées autonomes.

Des start-ups ont déjà été créées pour proposer ce genre de service. C’est par exemple le cas de Dynamisapp, qui propose des assurances chômage complémentaires basées sur des smart contracts via le blockchain Ethereum.

La grande question soulevée par ces modèles est celle de la régulation : avec des contrats sans territorialité et une forme de pouvoir décisionnel donné à des lignes de code, les enjeux juridiques sont considérables. Déterminer qui est légalement responsable du code contenu dans les fichiers est une problématique qui, à l’heure actuelle, n’a pas véritablement été tranchée par les systèmes législatifs.

En attendant la résolution de ces problématiques juridiques, le blockchain reste un outil robuste et efficace pour mettre en place des systèmes plus sûrs, plus intuitifs et plus collaboratifs, qui permettront de créer une assurance recentrée sur ses utilisateurs.

Les entreprises qui profiteront de la création de valeur distribuée sont celles qui suivront les nouveaux usages des “consommacteurs” et qui sauront se renouveler. Pensons à la chute de Kodak, qui en est un exemple frappant. Pour cette raison, les assureurs ont tout intérêt aujourd’hui à expérimenter autour de la blockchain afin de définir les applications qui correspondront aux usages des années à venir. Tout comme les banques, les sociétés d’assurance doivent tester cette nouvelle technologie au sein même de leurs organisations, sous peine d’être probablement sanctionnées par le marché dans quelques années. Nouer des partenariats avec des accélérateurs et des startups blockchain, créer des communautés de développeurs et oser le pari de l’open source, qui constitue un formidable catalyseur d’innovation, peuvent également être une opportunité pour les assureurs à condition de s’emparer rapidement du sujet.”

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Pour rappel ce papier est inspiré, copié et détourné du site Blockchain France http://blockchainfrance.net/2016/02/17/assurance-et-blockchain/

Le numérique pousse à la fin des territoires … comme on les a toujours connus !

“La déterritorialisation est un concept de Gilles Deleuze et Félix Guattari (cf. L’Anti-Œdipe1972) qui décrit tout processus de décontextualisation d’un ensemble de relations qui permet leur actualisation dans d’autres contextes. 

Directement associé à la notion de désir dans la philosophie de Deleuze, ce concept a rapidement été utilisé dans d’autres branches des sciences humaines, par exemple en anthropologie ou en géographie humaine, puis a été transformé par cette réappropriation. D’une certaine manière, on pourrait dire que le concept lui-même a été « déterritorialisé ».

Devenu également concept de géographie culturelle et économique, il désigne le fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire…” (extrait de Wikipedia)

Nous allons ici utiliser ce terme dans son dernier sens …celui d’une géographie économique numérique complètement déterritorialisée…

En effet, le numérique en s’emparant de l’usine (Industrie 4.0) a aussi créé les conditions pour la fin de la chaîne de la valeur territoriale. Auparavant, tout devait se jouer dans un espace des savoirs spécifiques que l’on appelait: Cluster. Aujourd’hui, c’est terminé. Les territoires n’ont plus de frontières. L’excellence est partout et contribue à façonner les produits et services sans attache territoriale d’où l’expression “déterritorialisation”.

Prenons un exemple celui de l’industrie horlogère suisse… actuellement, la montre est complétement numérisée dès sa conception en une image virtuelle (CAO). Cette représentation détaillée qui va l’accompagner tout le long de la chaîne de la valeur sans tenir compte des territoires d’intervention. Cela ira aussi bien de sa création (CAO) à sa fabrication (FAO) et à sa commercialisation (marketing, logistique, services après vente, analyse des comportements par le Big Data, etc.). Ainsi la montre sera d’abord numérique et ensuite réelle.

Avec cette décomposition avancée de l’intervention industrielle … la fabrication et la commercialisation ne dépendront plus des territoires mais des compétences.

Il en sera de même dans d’autres industries notamment dans la santé.

Avec la fin de l’importance des savoir-faire régionaux et territorialement liés, on assiste à la fin des politiques de développements économiques régionaux traditionnels:

” il n’y a plus ni priorité à fixer, ni cluster à développer “

Ainsi la conception/fabrication/commercialisation d’une montre se fera sur le territoire monde en impliquant des labos en Europe, aux USA ou en Asie puis des fabrications éclatées pour finir dans une logistique planétaire … le numérique a créé les conditions finales de la dé-territorialisation…

Il serait donc vain de poursuivre ce que l’on a toujours dit et fait, à savoir des politiques économiques dépendant des territoires… ce qu’il faut par contre entreprendre désormais, c’est des politiques que l’on pourait appeler du “lien numérique et ces noeuds”.

En effet, si le territoire perd de son importance stratégique … le lien, la chaîne et ses croisements en prennent davantage.

” c’est exister en tant que noeud de réseaux qui compte désormais “

Donc créer des “noeuds” dans la chaîne de la valeur peut désormais prendre de l’importance. Ainsi autant que les liens du réseaux les noeuds sont donc vitaux… la déterritorialisa-tion entraîne donc une révision des concepts devenus du jour au lendemain “vieux” comme ceux de “cluster” ou  “swiss made”… réinventons les mots de demain…

surtout en politique publique et régionale ….

Warren Buffet prévient les patrons: le problème n’est pas la réduction des impôts mais l’envolée des coûts de la santé!

C’est vrai aux USA mais c’est aussi vrai en Suisse: le problème des entrepreneurs n’est pas tellement la réduction des impôts que les coûts de la santé non maîtrisés! Warren Buffet a raison les coûts de la santé son devenus un problème de compétitivité des Nations. Lire ici sa déclaration fracassante.

Explications d’un processus à la dérive et quelques propositions pour le fixer.

Le “Pricing”, c’est-à-dire la manière dont les prix sont fixés est essentiel à la bonne marche des affaires quelque soit le secteur économique considéré. En effet, la bonne santé financière des acteurs/entreprises dépend toujours des “marges” que les systèmes “autorisent”. Et donc, si les processus de “pricing” sont tendus, peu généreux, ou mis en cause dans leur stabilité ou encore dans leur fondement, alors les entreprises peuvent risquer gros, très gros. Prenons un exemple pour illustrer ceci: la non volonté ou l’incapacité de l’OPEC de maintenir des prix du baril dans une fourchette acceptable pour tous les acteurs, a eu actuellement un effet dévastateur sur les entreprises américaines extractrices de schiste bitumineux.

Dans le domaine de la Santé, les différents processus de fixation des prix (quelque soit le pays considéré) est très complexe et souvent remis en cause juste par la discussion politique. Cela tient essentiellement à plusieurs éléments qui peuvent être diversement combinés selon les pays, à savoir la régulation étatique, l’innovation notamment des modèles d’affaires, le vieillissement de la population ou le système du tiers payant, etc.

Evidemment ces facteurs conjoncturels, structurels ou systémiques représentent intrinsèquement des risques. Comme le débat sociétal est très présent dans ce secteur, la discussion peut être vive, polémique et accusatrice (et ceci dans la plupart des pays) et donc les risques, pour les entreprises, sont à chaque fois à la hausse quand le ton monte. L’exemple américain est à cet égard symptomatique de cette problématique avec un débat aujourd’hui agressif porté particulièrement par les patrons.

Demain, le véritable facteur de renouveau viendra de la révolution numérique porteur d’acteurs nouveaux ayant une volonté de tout bousculer, notamment les processus de financement et de “pricing”. Cette menace est sans doute potentiellement la plus forte ce qui va amener des acteurs importants à devoir évoluer rapidement (ou se réinventer) sinon ils vont disparaître!

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Développement:

A) le débat sur le “pricing”

A peine acquis les droits sur la molécule pyriméthamine que Martin Shkreli, CEO de la société Turing Pharmaceuticals a pris la décision d’augmenter le prix du traitement de 5.500%, passant de 13,5 dollars à 750! C’était en septembre 2015. Cela a déclenché une vive polémique aux USA qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Le débat politique amplifié par la campagne présidentiel de cette année, porte sur plus de régulation étatique notamment sur le prix des médicaments car aux USA, il n’y a pas d’autorité centrale pour la fixation du prix des médicaments remboursés comme dans la plupart des pays européens…. chez eux, ce sont plutôt les assurances qui s’en chargent.

Ce débat n’est pas nouveau dans ce pays. Il a pris juste une ampleur inégalée. Mais si l’on regarde le débat public de ces cinq dernières décennies, on peut noter que tour à tour les différents acteurs ont été tenus responsables des augmentations des coûts du système de santé.

D’abord les assurances ont été la cible des critiques dès les années 70 pour leur rôle dans les coûts de la santé et la mise en place des HMO. Ces derniers ont perdu beaucoup de leur attrait par un manque notoire de résultats pendant les décennies suivantes. L’administration d’Obama a donc profité de son programme ObamaCare pour relancer cet outil. Il s’agit essentiellement de chercher à contrôler les dépenses et le côté résolument inflationniste de ces dernières dans le domaine de la Santé. L’idée était de nommer un médecin responsable personnellement du patient (gate keeper) garant des actes médicaux qu’il prescrirait. La prise en charge étant du ressort d’un réseau soignant. Mais cette voie d’amélioration vers l’efficience ne garantit malheureusement pas la productivité du réseau car en médecine le rendement n’est jamais égal à la productivité puisque la mesure ultime est de sauver des vies étonnement quel qu’en soit le prix. Mais cette collaboration entre médecin empêche une série de doublons par exemple en évitant aux patients de remplir plusieurs fois les mêmes formulaires. Cela paraît être malheureusement un gain marginal alors le système tente toujours d’atteindre deux buts contradictoires: à savoir une réduction des coûts et une médecine de qualité! C’est en tout cas ce que le vœu du public…

Les médecins ont été accusés d’être trop nombreux à exercer (dans les années 80 avec comme conséquence l’établissement de numérus clausus pour les études de médecine) puis ensuite les hôpitaux ont été montrés du doigt dans la décennie suivante (la solution proposée a été celle d’augmenter les interventions de type ambulatoire). Aujourd’hui de nouveau, les entreprises de la Pharma sont prises à partie notamment par les organisations de défense des consommateurs …  bien que ces dernières ont toujours subi plus ou moins les foudres des organisations de consommateurs actuellement le relais politique semble plus fort …

Bref 50 ans de débat aux USA et une seule constance : les coûts ont continué à évoluer à la hausse (aujourd’hui on en est à 17,1% du PIB américain). Dans les autres pays développés, les coûts ont évolué dans la même direction mais à un niveau beaucoup plus bas (11,5% en Suisse par exemple). Malgré des systèmes plus régulés, les coûts de la Santé restent aussi problématiques pour tous. Les débats politiques sont vifs et suivent dans les grandes lignes la discussion américaine (avec souvent un décalage de quelques années).

Les grands acteurs du domaine et la distribution des coûts

Pour le débat, il est important de savoir le poids économiques spécifiques de chaque acteur du secteur. Les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez montrer… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (entre parenthèse pour la Suisse) :

•  Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)

•  Les médecins représentent 28% (26%)

•  Les médicaments représentent 14% (18%)

•  Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)

•  Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)

•  Les frais administratifs 7% (5%)

Cette comparaison montre que malgré une différence de système la répartition des coûts est assez semblable. Ceci devrait nous inciter à comprendre que ce n’est pas le poids spécifique des acteurs le cœur du problème, mais autre chose. En fait, personne ne coûte cher…mais tout le monde! Il est donc difficile d’accuser une partie prenante ou l’autre d’exagérer dans le système des coûts. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient de l’emploi!

Personne n’ose l’avouer, mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué la hausse des coûts. Les progrès technologie ont créé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là tout le problème! Par exemple, à chaque nouvelle machine IRM, de nouveaux techniciens ont été engagés.

Tout ceci s’est avéré statistiquement pour la Suisse. En gros, en janvier 2010, il y avait 529’000 emplois dans le domaine santé -au sens large- et aujourd’hui ils sont 669’000. Cela correspond à une croissance de 140’000 emplois en seulement 6 ans (de janvier 2010 à janvier 2016 selon OFS voir référence ci-dessous), soit une croissance d’environ 3,3% l’an Et cela correspond précisément à l’accroissement des coûts globaux de Santé soit environ 10 Mia sur les 5 dernières années (attention ces chiffres sont pour la période allant jusqu’à 2014 mais la progression est aussi légèrement plus de 3,3% l’an) … pour arriver en 2014 à 71,2 Mia soit 11,1% du PIB (malgré le léger décalage entre les statistiques par an de l’emploi et ceux des coûts …cela ne change rien à la démonstration… il y a un fort lien entre emploi et coût… c’est évident.

Ce qui frappe donc, c’est que l’emploi a augmenté tout à fait proportionnellement aux coûts de la santé.

C’est à vrai dire assez normal puisque dans le domaine de la santé, les coûts salariaux représentent près de 80% des coûts dans les hôpitaux , les EMS, comme dans les officines médicales, les assurances, la recherche et dans la gouvernance administrative du système. Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: “la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause”.

B) les nouveaux arrivants: des idées nouvelles de “pricing”!

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est peu productif : l’emploi y est pléthorique … il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche de plus d’efficacité, de rapidité, d’aide et de coaching personnalisée notamment par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), par de nouvelles applications de surveillance (Self  Quantified) notamment pour les activités sportives, la nutrition et l’hygiène de vie… mais aussi de nouveau service pour s’attaquer au moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou en temps réel (Doctor on Demand), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable… on parle même d’ubérisation de la Santé…

Le domaine de la Santé est prêt car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont actuellement très présents dans ce secteur économique: à savoir peu de productivité (emploi) et des marges importantes (engendrées par des coûts élevés non maîtrisés).

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le “CO-OP Health Program”). Ainsi des sociétés comme “Oscar Health” ou “ZoomPlus” vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essaient de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans “OSCAR”.

2.- “PAGER”: est une plateforme internet et une “apps” qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir débarquer un chauffeur de taxi, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du “Digital Health” se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière 2016).  Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de “Projet IO” pour des prothèses imprimées en 3D; “Medwand” qui offre une sorte de télé-médecine très simple; “CrowdMed” qui est un service pour apprendre avec les autres; “SkinVision” pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore “PillPack” pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y investissent massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore l’ “Apple Watch” pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

4.- Nestlé, Unilever, Procter & Gamble, etc. mais aussi les GE, Siemens ou autre Medtronic vont amplifier leur présence active dans le secteur santé en apportant des produits très nouveaux, sorte de mélange “concret-soft” un mixe hardware-software en somme. Avec de la nourriture bien sûr mais aussi des protocoles de santé-nutrition additionné de Big Data dans le même laps de temps. GE et les autres géants de l’industrie ont commencé leur révolution 4.0 et maîtrisent désormais le “software”. Ils vont offrir une importante palette de produits mixtes à l’avenir. Tous auront à cœur d’établir une relation client. La bataille va être rude!

5.- Les algorithmes auto-apprenantes avec l”intelligence artificielle au service du patient (ou des “biens portants”) pourraient révolutionner tout le système à eux-seuls car ils auront les moyens de “bypasser” le médecin!  Aujourd’hui, le programme “Watson” du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le “Big Data” médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le “Massachussetts General Hospital” pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre “premier” recours/secours du domaine médical.

Comme SIRI (Apple), NOW (Google), CORTANA de Microsoft ou encore “M” de Facebook, WATSON sont capables de répondre de manière ciblée et très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le “Big Data” des réponses intelligentes. Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement  intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

C) la “sur-traitance”: une force dominante du “pricing”?

On avait l’habitude d’un système de production économique organisé le long de la chaîne de la valeur… avec notamment les intermédiaires commerçants et la sous-traitance qui jouaient tout les deux des rôles importants … désormais les “sur-traitants” vont organiser la nouvelle chaîne de la valeur.

Par opposition à la sous-traitance, les sur-traitants coiffent la chaine de la valeur en s’attribuant la gestion de l’écosystème et bien sûr la distribution des marges. Ce sont les exemples de Google dans la publicité, d’Apple Store pour les Apps, d’Uber pour les taxis, de Facebook dans les réseaux sociaux, de Watson dans la santé qui montrent le chemin.

La “sur-traitance”, c’est le positionnement d’une entreprise au cœur même de l’écosystème qu’elle crée généralement elle-même. Tous les autres acteurs de l’écosystème vont dépendre de cette dernière qui dicte le jeu et récolte les marges. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition des plateformes digitales. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l’économie : la téléphonie, les médias, la marketing, le commerce mais aussi la santé (digital health), la maison (domotique), l’usine (industrie 4.0), etc.

La “sur-traitance” est la grande nouveauté économique de cette dernière décennie. C’est surtout Apple et son Apple Store (2007) qui ont donné de la visibilité à ce phénomène. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’entreprises travaillent pour créer des apps vendues sur les plateforme d’Apple ou de Google voir Samsung. Ces trois compagnies sont des “sur-traitants” de la téléphonie et des applications liées à ces dernières.

La “sur-traitance” crée de fait une forte dépendance pour les autres acteurs, à l’exception peut-être du consom’acteur (car il lui reste en général le choix de changer de plateforme) qui sont devenus largement dépendants du sur-traitant. Tout le monde est en quelque sorte devenu sous-traitant de son écosystème à l’exception de quelques rares entreprises qui vont pouvoir dominer les autres. Cette période de transformation est totalement nouvelle. Il n’y a pas vraiment d’équivalent dans l’histoire économique à part celle de la Révolution Industrielle.

La “sur-traitance” est une réalité nouvelle et la guerre économique pour obtenir se statut dominant ne fait que commencer.

Dans l’industrie, c’est la lutte pour le 4.0. Dans les médias, Google a déjà pris le large. Dans la santé le jeu est encore ouvert mais Watson d’IBM semble bien placé… Que vont faire les Roche, Novartis, Pfizer et Co. ?

La “sur-traitance” est donc vraiment l’enjeu clé de la décennie à venir… pour tous!

Le développement de nouvelles applications de machines-learning va amplifier le pouvoir des “sur-traitants”. L’exemple des “bots intelligents” qui demain par centaines de milliers seront le brasarmé de cette nouvelle réalité. La “sur-traitance” va ainsi définir sa position grâce à des plateformes de plus en plus puissantes, précises, analytiques et évolutives rendant tous les producteurs (industrie et service) dépendants de ces derniers.

L’accumulation de tous ces bouleversements nous entrainent irrémédiablement dans l’ère digitale notamment du Digital Health.

Quant à l’avenir du système de santé, c’est tout aussi violent… demain le second avis médical sera WATSON de IBM (un des prochains grands “sur-traitant”) … et qui sait, ce second avis sera à l’avenir peut-être le choix systématique (premier avis) du patient!

D) Vers un nouvel modèle de “pricing”

Le véritable facteur du changement est aujourd’hui la révolution numérique porteur d’acteurs nouveaux ayant une volonté de tout bousculer, notamment les processus de financement, de diagnostic, de protocole de traitement, de Big Data et de “pricing”.

Cette menace de bouleversement est sans doute potentiellement la plus forte, comparativement au progrès technologique de l’innovation classique car porteur de modèles économiques nouveaux, notamment de “pricing”.  Ce qui va entraîner tout le monde a évoluer rapidement et aussi à la disparition de certains acteurs historique du domaine.

Le cœur du modèle, c’est le couple “diagnostic/traitement”.

Jusqu’à maintenant, c’était le médecin qui était le nœud central de ce système. Mais le couple “diagnostic/traitement” se prête bien à la révolution numérique des algorithmes auto-apprenantes de type “deep learning” et aussi aux protocoles “intelligents” qui ne vont pas tarder à apparaître. Dès lors le médecin cèdera sa place de quasi-monopole au “Digital Heath”.

Ce changement de paradigme s’accompagnera d’un changement de “pricing” basé à l’avenir sur les nouveaux monopoles des “sur-traitants”. Comme dans le domaine de la téléphonie, du booking, de la finance ou du e-commerce, des acteurs économiques comme Alibaba, Apple, Amazon, Samsung, IBM, Google ou encore Nestlé, etc…. vont essayer de créer des plateformes de type “Digital Health” pour prendre le dessus sur les systèmes actuels de la tarification santé. Le combat risque d’être rude.

En tout les cas ces modèles d’affaires vont cibler en premier lieu “la réduction du personnel médical”. Comme nous l’avons vu précédemment c’est là qu’il y a des gains substantiel de productivité à réaliser. Et pour réussir leur percée économique, ils ont besoin de faire des gains. Ce faisant ils auront, dans un premier temps le client/patient de leur côté (cf. UBER). Réduire le personnel est chose relativement facile dans bien des aspects du domaine car pour rappel il y a aujourd’hui 16 personnes pour chaque médecin traitant… il reste donc beaucoup de marge pour améliorer la productivité. Il est bien clair que même-ci cela sera populaire auprès de la population, la résistance des acteurs historique va faire des étincelles et les pouvoirs publics vont être appelé à l’aide pour arbitrer. Chose difficile car conservateur.

Mais il n’y a pas de doute… c’est bien par là que les choses vont commencer:  “mieux servir pour moins cher”

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En résumé:

Le système complexe du “pricing” aux USA mais aussi dans les autre pays, va subir une transformation profonde qui se déroulera probablement en deux phases.

D’abord les entreprises prêtes à prendre une position de “sur-traitance” vont essayer de tisser un modèle de “pricing” parallèle en faisant payé directement les usagers mais basé sur une offre en apparence bon marché, efficace, personnalisable, rapide et  dans un esprit de la société du partage …

Puis les deux  systèmes vont s’affronter violement. Les exemples d’UBER avec la corporation des taxis dans le monde entier à montrer le chemin tout comme Airbnb avec comme conséquence des hôtels vont peinent à suivre,  puis ce sera le tour des fintech… et enfin aussi du domaine de la santé!

Le débat public risque d’être lourd et les acteurs traditionnels seront fermes voir farouches avec les nouveaux entrant (exemple de Theranos aujourd’hui mais des milliers d’autres cas historiques) … les pouvoirs publics devront à chaque fois trancher…

La transition vers le digital va être rude… pour tous…

Les Blockchains au chevet de la Santé?

Avec l’avènement des Blockchains, tous les intermédiaires ont du souci à se faire: les Notaires, les Avocats, les Banquiers, les Commerçants, etc. mais aussi les Médecins, les Pharmaciens et autres métiers de la Santé car à l’avenir la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être challengée par les blockchains.

Voici en résumé le développement de ce point de vue.

Comme tout le monde le sait maintenant, les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.

Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création. Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’absence d’intermédiaire. Imaginez-vous une société sans intermédiaire … une société purement directe à l’instar du protestantisme! On peut l’appeler de diverses façons: révolution numérique, révolution 4.0, etc. mais cela va bien au-delà, c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.

Personne ne semble prendre véritablement la mesure d’une telle Réforme. Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine pharmaceutique, il traitera immédiatement avec les fabricants et de même l’usine via l’Internet des Objets et les contrats de type blockchain n’auront plus besoin d’ “intermédiation”.

Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour le domaine de la Santé. Celui-ci va évoluer vers des pratiques digitales nouvelles et moins coûteuses. L’idée ici est que des actes médicaux de toute sorte vont être chaînés dans les blockchains.

Donc on aura d’une part, une meilleure prise en compte des actes médicaux par l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de la santé, ce qui permettra d’en diminuer les erreurs (poste inavoué mais très coûteux) mais aussi de supprimer les doublons (bonjour les économies) et enfin de diminuer les intermédiaires donc, le personnel (en Suisse en 10 ans, on a engagé 100’000 personnes dans le domaine de la Santé pour un coût de 10 milliards -pas besoin de chercher ailleurs la dérive des coûts) et ceci tout en améliorant la qualité des soins et d’autre part, permettrait une plus grande transparence des interventions.

Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des actes médicaux.

Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montres connectées).

Les “blockchains-santés” du futur, ce sont donc à la fois des actes médicaux, des données actives provenant des capteurs, et des appréciations patients (self quantified) le tout dans un grand registre historique entièrement informatisé, transparent, sécurisé et distribué.

En tous les cas demain, la donnée-patient sera au cœur du processus santé, qui lui même sera enchaîné dans des blocks !