Un industriel romand dépollue les bateaux de croisière

Un bateau de croisière peut émettre en une journée autant de particules fines qu’un million de voitures… sachez qu’il y existe une société suisse qui s’attaque à ce fléau: Cla-Val. Interview avec son directeur Hugo van Buel.

Pouvez-vous décrire votre méthode de dépollution des navires?

Ce sont essentiellement les émissions d’oxydes d’azote et d’oxydes de soufre qui sont très significatives pour la pollution de l’air. Les technologies employées consistent à «laver» les fumées d’échappement d’un navire pour éliminer celles-ci dont la teneur est, depuis peu, réglementée dans certaines zones du monde. Les boues générées par ces lavages doivent être traitées au même titre qu’une station d’épuration. Ce n’est à proprement parler pas une méthode de notre société de dépollution des gaz d’échappement des navires mais notre société fournit les vannes de régulation pour contrôler débit et pression de l’eau dans les unités de dépollution.

En quoi votre société a un savoir-faire spécifique?

La particularité d’un navire est qu’il se déplace, dès lors en cas de panne une intervention en pleine mer est toujours délicate. La première valeur ajoutée de nos vannes de régulation est la garantie d’un fonctionnement 24h/24h ainsi qu’un réseau de service après-vente dans la majeure partie des ports du monde. Un deuxième aspect fondamental tient au type d’eau utilisée, en effet les eaux de mer sont très corrosives et nos vannes de régulations doivent être conçues dans des matériaux nobles tel que les monels et autres aciers inoxydables.

Que peut espérer le grand public de votre action… et le politique?

Le grand public a déjà réagi aux accostages des grands bateaux de croisières dans des lieux idylliques en faisant pression pour obtenir des réductions des émissions nocives. Plusieurs réglementations ont été introduites dans diverses zones de la planète. En Europe (mer du Nord, mer Baltique), depuis le 1er janvier 2015 les émissions de soufre sont contrôlées. Depuis le 1er janvier 2016, les Etats-Unis ont introduit des réglementations dans les zones touristiques telles que les Caraïbes. Le grand public respirera un air bien meilleur en se souvenant qu’un navire de croisière pollue autant qu’un million de voitures. Plusieurs réglementations vont encore être introduites.

Cette année Cla-Val va équiper environ 400 navires, soit une masse colossale d’émissions réduites dans le monde. A l’échelle suisse, le politique n’en retire rien car ils n’ont pas saisi que l’économie verte est déjà très industrialisée au sein de leurs entreprises. D’une manière générale le politique connaît mal ses entreprises.

De manière plus générale: c’est à l’économie ou à la politique de résoudre les grands problèmes de pollution?

Je dirai que l’un ne va pas sans l’autre. Les politiques doivent définir un cadre dans lequel l’économie peut évoluer et apporter des solutions. L’exemple maritime est intéressant car tous les acteurs s’accordent à dire que des carburants à bas taux de soufre sont la clé pour la réduction massive des émissions des navires mais personne ne va bouger tant que les règles ne peuvent s’appliquer à l’entier des acteurs. Le politique a donc son rôle à jouer.

Fréquemment, et c’est surtout vrai ces dernières décennies avec les problèmes environnementaux, la tentation du politique est d’outrepasser son rôle en devenant un acteur économique ce qui fausse le marché et, paradoxalement, freine l’adoption d’une technologie environnementale, les médias s’en font régulièrement l’écho.

La technologie de l’IA libère le médecin vers plus d’humanisme !

Eric Topol, fondateur et directeur du Scripps Research Translational Institute, lors de la conférence Fortune’Brainstorm Health de San Diego a déclaré que Le «Deep learning » pourrait faire gagner du temps aux médecins dans de long processus administratifs et ainsi libérer du temps pour les patients. Tous ces efforts technologiques pourraient alors nous amener à ce que nous manquons depuis des décennies, à savoir des soins de santé plus humaniste.

La vision de Topol est le sujet de son nouveau livre « Deep Medicine » : Comment l’intelligence artificielle peut-elle rendre les soins de santé plus humains ? Pour atteindre cet avenir optimiste, il a déclaré que le secteur des soins de santé devait adopter de manière agressive l’intelligence artificielle.

Au-delà de l’humanisation des soins de santé, l Le »Deep Learning », un type d’intelligence artificielle, peut également réduire les erreurs humaines et aider les médecins à prendre de meilleures décisions, a déclaré M. Topol.

Les radiologistes effacent faussement les patients de la maladie 32% du temps, a déclaré Topol. Pendant ce temps, les gastro-entérologues oublient régulièrement de petits polypes aussi précancéreux que des plus gros.

“Nous devons admettre à quel point les choses vont mal maintenant”, a déclaré Topol. «Toutes ces choses peuvent être améliorées par le « Deep Learning » et la vision artificielle.”

L’intelligence artificielle ouvre également la porte à de nouvelles découvertes, en rassemblant des quantités énormes de données provenant de patients et de publications médicales qui auraient été trop onéreuses pour un humain. Cela permettrait aux médecins d’offrir aux patients des soins plus individualisés, tels qu’un régime plus susceptible de réussir en fonction du type de corps du patient. Cela pourrait également conduire à une technologie portable améliorée et à des innovations telles que des coachs médicaux virtuels qui conseillent les patients en matière de santé.

En combinant toutes ces choses, l’intelligence artificielle pourrait améliorer un secteur accablé par l’épuisement professionnel des médecins, les retraites anticipées et le sentiment grandissant que l’inscription à l’école de médecine est une mauvaise idée.

«Nous avons besoin d’espoir», a déclaré Topol. “Il est rassurant de savoir que nous avons un chemin, que si nous travaillons dur, nous pourrions y arriver.”

 

livre : Deep Médecine, How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again

 

 

Il manque un nombre incalculable d’experts IA en Suisse 

Le nombre de praticiens qualifiés de l’IA dans le monde est en hausse, mais la demande de talents est encore plus forte que l’offre, selon un rapport sur les talents en technologies de l’information publié aujourd’hui par le Journal VentureBeat .

En examinant des articles publiés sur l’intelligence artificielle lors des grandes conférences, le rapport a révélé que 22 400 personnes avaient rédigé un ou plusieurs articles en 2018, en hausse de 36% par rapport à 2015 et de 19% par rapport à 2017. Ces articles couvraient des disciplines majeures de l’IA comme la vision par ordinateur et le traitement du langage naturel.

Le nombre de professionnels auto-déclarés dans le domaine de l’IA a augmenté de 66% au cours de la dernière année, passant de 22 000 en 2018 à plus de 36 000 aujourd’hui, selon les données de LinkedIn.

Pour arriver à ses conclusions, le rapport a examiné les auteurs et les publications des 21 principales conférences scientifiques acceptant des communications, telles que la Conférence internationale sur l’apprentissage automatique (ICML) et la Conférence sur les systèmes de traitement d’informations neuronaux (NeurIPS). Les données de profil LinkedIn auto-déclarées ont également été incluses.

Les technologues capables d’entraîner et de déployer des systèmes d’IA sont concentrés au Canada, en France, en Allemagne, aux États-Unis et au Royaume-Uni, les États-Unis représentant 44% des titulaires d’un doctorat. Ensemble, les cinq pays représentent plus de 70% des auteurs de recherche sur l’IA. Le rapport a également révélé que les professionnels qui forment et déploient des systèmes d’IA sont plutôt mobiles, environ un tiers des chercheurs travaillant dans un pays différent de celui dans lequel ils ont obtenu leur doctorat.

Ce deuxième rapport annuel sur les talents technologiques s’inscrit dans les efforts soutenus d’Elément AI, une société créée en partie par le récent lauréat du prix Turing Award et luminaire de l’apprentissage en profondeur, Yoshua Bengio, pour fournir des informations utiles à l’écosystème mondial de l’IA. En août dernier, Element AI avait publié un rapport révélant que 12% seulement des chercheurs en IA étaient des femmes.

L’Espagne (26%), Singapour et Taïwan (23%), l’Australie et la Chine (22%) comptent parmi les pays où le pourcentage de femmes auteurs est le plus élevé. Cependant, l’offre ne répond pas encore à la demande et notre enquête indique à quel point nous devons aller, compte tenu du peu de talents parmi les plus talentueux au monde.»

Le rapport souligne rapidement certaines des limites du recours principalement à la recherche soumise à des conférences d’élite, comme le fait que chaque conférence se déroule en anglais et que cela omet les recherches publiées par des groupes de réflexion privés et des laboratoires d’IA, comme ainsi que des recherches effectuées par des chercheurs indépendants.

La pénurie de talents disponibles a joué un rôle dans la recherche de solutions pour les scientifiques de données et les personnes ne sachant pas coder, tels que les produits d’Élément AI destinés aux entreprises, mis à disposition pour la première fois le mois dernier. Le nombre de praticiens qualifiés de l’IA dans le monde est en hausse, mais la demande de talents est encore plus forte que l’offre, selon un rapport sur les talents en technologies de l’information publié aujourd’hui.

En Suisse, les statistiques ou les estimations font défauts. Mais étant donné l’absence de la Suisse dans le classement de ce rapport on peut bien s’imaginer que la situation est pire encore!

AMAZON tisse sa toile dans la santé (la suite)

Lorsque Amazon bouge dans un nouveau secteur économique, les acteurs traditionnels tremblent. Souvenons-nous ici du livre, puis de la hi-fi et du commerce en général mais aussi des services internet comme le Cloud Computing. Amazon sait comment devenir numéro 1.

Qu’en est-il du domaine de la santé ?

Ainsi la firme de Jeff Bezos a mis en œuvre une stratégie très envahissante que l’on peut résumer ici en sept points :

1.- Fort de 400M clients et de 100M de client Prime, Amazon se doit de leur vendre autre chose que des livres. Et le secteur à fort marge est celui de la santé. C’est donc très logiquement qu’il propose diverses offres dans cette direction notamment sur leur plateforme de eCommerce.

2.- En achetant l’année dernière l’entreprise PILLPACK, la firme de Washington State est entrée plus profondément dans le ePharma, c’est-à-dire dans la vente en ligne de produit pharmaceutique, de santé ou de bien-être.

3.- En formant avec JPMorgan et Berkshire un nouveau type d’assurance, ils vont changer les règles des assureurs. Dans un premier temps, ils vont couvrir les besoins d’assurance maladie de leurs propres employés (1,2M) puis dans un second temps ils ouvriront, au marché concurrentiel de l’assurance leur offre. Cette assurance s’appelle HAVEN et se propose d’attaquer le secteur américain des assurances avant peut-être de s’attaquer au monde. Elle a engagé de grosses pointures du domaine comme Atul Gawande ou Sandhya Rao.

4.- Whole Foods Medical& Wellness Center   a été récemment acheté par Amazon. Cette chaîne d’épicerie de haute gamme se lance dans la santé – au sens large –. Amazon inaugure ainsi une présence physique dans le monde des « walk-in clinic ». Cela inquiète tout le monde sauf eux bien sûr.

5.- Une autre acquisition d’Amazon doit nous interroger quant à leur stratégie à long terme, c’est la compagnie GRAIL spécialisée dans la recherche d’informations médicales (Big Data) avec un point fort dans la détection avancée de certains cancers. Mais rassurez-vous. Cela a du sens car cette acquisition va dans la direction de la maîtrise du « Digital Health » à savoir la maîtrise des données fines et pertinentes dans le domaine de la santé.

6.- Avec AWS (Amazon World Service), qui se positionne comme le leader mondial du Cloud Computing, Amazon possède déjà une grande compétence dans les infrastructures de données mais maintenant la firme va dans deux nouvelles directions : la maîtrise des savoir-faire des données (le sens) et les algorithmes d’intelligence artificielle (les procédures ou protocoles si l’on parle médecine).

7.- Pour finir : Alexa. C’est peut-être à l’avenir l’objet le plus intéressant pour Amazon dans cette stratégie santé. En effet, Alexa est une enceinte intelligente installée dans le salon des gens et qui parle. Par exemple, Amazon propose une application (on parle de skill) de « premier secours » développée par la Mayo Clinic (numéro un mondial du monde médical). Avec Alexa, Amazon est en lien direct avec les patients sans intermédiaire et grâce à une enceinte très intelligente, elle couvre désormais presque tout le secteur. On voit qu’Amazon a beaucoup appris sur la toile (le Web) et surtout la firme a su tisser sa propre toile pour créer son propre écosystème.

 

AMAZON : un “Game Changer” dans la santé aussi !

Le géant du commerce de détail a déjà transformé la façon dont les commerçants du monde entier fonctionnent. Maintenant, les efforts d’Amazon pour entrer dans l’industrie de la Santé ont conduit l’année dernière deux grandes entreprises américaines (CVS ET AETNA) à faire l’une des plus grosses transactions de l’année, signalant ainsi des changements majeurs dans la façon dont les Américains achèteront à l’avenir des médicaments mais aussi comment ils seront traités face à la maladie.

La chaîne de pharmacies CVS Health a décidé le 3 décembre 2018 vouloir’acheter Aetna, l’une des plus grandes compagnies d’assurance aux Etats-Unis, pour environ 69 milliards de dollars.  C’est une acquisition qui pourrait créer un nouveau modèle pour l’ensemble de l’industrie de la santé, avec CVS ​​susceptible de commencer à offrir des services de soins primaires et des suivis médicaux directement à partir de ses pharmacies et « Walk-in » cliniques sans rendez-vous (en Suisse l’équivalent c’est Medbase de Migros).

Cette affaire semble être une conséquence directe du penchant d’Amazon pour la perturbation des modèles économiques. Les analystes estiment que CVS a raflé Aetna pour rester compétitif face à Amazon, qui a fait plusieurs démarches cette année pour faire face à la concurrence des compagnies pharmaceutiques.

La chaîne d’information CNBC a rapporté que l’entreprise de Seattle cherchait à embaucher un directeur général pour développer une stratégie pour entrer dans le secteur pharmaceutique. C’est chose faite il s’appelle Dr Gawande. Puis le mot s’est répandu qu’Amazon avait acquis des licences de pharmacie dans une douzaine d’états. C’est chose faite Amazon a acheté PillPack la plus grosse compagnie de vente en ligne de produits pharmaceutiques.

La compagnie a dit qu’elle l’a fait pour vendre des fournitures médicales, mais le mouvement positionne Amazon pour vendre des médicaments « on-ligne », au cas où. Des rapports ont circulé qu’Amazon avait tenu des discussions préliminaires avec les fabricants de médicaments génériques (Mylan et Sandoz). Mais, on ne sait pas si Amazon est intéressé à vendre des médicaments aux consommateurs ou à agir en tant que grossiste en médicaments.

De toute façon, les actions récentes de l’entreprise de Seattle ont rendu l’industrie de la pharmacie nerveuse, très nerveuse. “CVS ne l’admettra jamais, mais c’est ce genre de pivot qu’Amazon fait”, a déclaré Trip Miller, associé gérant de Gullane Capital Partners, un actionnaire minoritaire d’Amazon, à The Street. “Ce qu’ils font maintenant est définitivement basé sur le seul intérêt d’Amazon.” Le fait que CVS ait acheté Aetna sans avoir une idée claire des plans d’Amazon est un témoignage de la réputation du géant de la technologie qui secoue des industries allant des livres aux vêtements, en passant par la télévision et l’épicerie.

Les acteurs de l’industrie savent quand Amazon envisage une nouvelle activité, ceux qui attendent trop longtemps pour réagir vont se retrouver en position assise.

A suivre…

La fin du patient passif …

Dans un monde profondément transformé par le numérique, il faudra renouveler la définition du mot « santé », non seulement d’un point de vue médical, mais aussi du point de vue sociétal. Distinguer le mot « santé » de celui de soins, dissocier la santé au sens large de la santé au sens étroit, permettre de dépasser les limites conceptuelles du système même de la santé. Soigner ne peut plus être seulement un acte amorcé avec la détection d’un changement d’état signalant la maladie.

Alors que la santé, au sens moderne du terme, engage une posture proactive, un processus de recherche, la quête de la bonne forme physique et psychique ainsi que de sa conservation. La distinction doit être faite : les soins se définissent de manière réactive, la santé se définit de manière proactive. L’un reste occasionnel, l’autre est permanent.

Dès lors, on peut dire que la santé n’est plus un état mais qu’elle est devenue un processus.

Reste à mieux comprendre quelles transformations ce changement de paradigme engagera sur les comportements des professionnels de santé, des patients et de leurs familles, des institutions et des entreprises, organisations qui gèrent ensemble et globalement les systèmes de santé publique. Quelles contributions les acteurs professionnels de la santé sont-ils en mesure d’apporter dans un système de santé en continu ? Nous voici à présent dans un rapport nouveau à la santé : une situation évolutive suivie en temps réel, avec l’impression persistante de n’être ni vraiment malade ni vraiment en bonne santé et donc de toujours devoir surveiller et analyser le tableau de bord de nos indicateurs de santé. Auto-surveillance d’une situation toujours en fluctuation, avec des hauts et des bas qui s’exprimeront sous forme de glissements d’une courbe autour d’une moyenne souhaitable et tout à fait personnalisée !

 

Le patient fera partie intégrante du cercle de santé. 

 

C’est donc un tout nouveau contexte qui se profile, marqué par le flux incessant d’images hétéroclites sur les composants multiples de notre état de santé. Non seulement il va falloir s’y habituer, mais plus encore, il va falloir le comprendre. En effet, disposer de très grandes quantités d’informations sur notre corps est une chose, mais pouvoir les interpréter correcte-ment et comprendre ce qui s’y passe en est une autre. C’est également à l’horizon un changement de mœurs : nous allons progressivement nous prendre en charge davantage, sans recourir nécessairement au système de santé traditionnel. Toute la question est là : à quel rythme les usages sociaux s’adapteront-ils au nouveau contexte ? Une génération ? Deux générations ? Bien moins que cela ?

Il est raisonnable aussi d’imaginer qu’une éducation massive accompagnera nécessairement ce mouvement de prise en charge de la santé par chacun et pour chacun ; Internet seul n’y suffira pas, ni même la disposition généralisée de bracelets de santé. Un réel apprentissage plus personnel devra commencer dès l’enfance et être poursuivi tout au long de la scolarité. Pour prendre un point de comparaison prosaïque mais exemplaire dans le champ de la santé, il faut penser aux changements de comportement en matière d’hygiène aux XIXe et XXe siècles qui ont apporté une contribution remarquable à la longévité. Le système global de la santé tel que nous le connaissons qui focalise davantage sur les soins que sur la santé n’avait prévu rien d’autre qu’un statut passif ou subordonné au patient. Ce n’est pas pour rien qu’il est justement désigné par le terme « patient » ! Celui qui attend que l’on veuille bien venir le guérir, qui attend que l’on s’occupe de lui. Objet du soin et non pas maître de son aventure, il n’est pas proactif face à ce qui lui arrive, ni même censé comprendre. Patient, passif !

Aujourd’hui, la santé est avant tout un processus nécessitant un ensemble de comportements appropriés comme des activités physiques et psychiques répétitives, une consommation en quantité raisonnable de nourritures naturelles, une hygiène de vie faite de repos fréquents, de conditions sociales suffisamment harmonieuses notamment au travail, sans oublier, chaque fois que cela est nécessaire, des soins professionnels adéquats. Le nouvel écosystème ne met plus le patient au centre d’un diagnostic comme « objet » mais l’inclut comme l’une des parties prenantes, essentielle au demeurant, dans un processus d’appropriation complexe. Le patient est dans le cercle, et non plus au centre de celui-ci et ce changement de perspective est important car il ouvre la voie au partenariat, il donne une place équivalente à chacun et désenclave le patient d’une relation subordonnée.

Vu sous ce jour, le système tend à basculer d’un système orienté « soins » vers un système orienté « santé ». En prenant un rôle nouveau, le patient devient acteur de sa santé et non plus simple consommateur de soins. Il remonte en quelque sorte dans la chaîne de production de la santé et c’est tout le système qui en est redessiné ! Le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laborantin, le chercheur, l’assureur, l’hygiéniste, le nutritionniste, le physiothérapeute, etc. sont tous tenus de modifier leur posture. Fini la blouse blanche et les arguments d’autorité. Une révolution en profondeur s’annonce qui touchera aux rapports humains aussi bien dans la société que dans la santé.

La santé devient l’affaire de tous et non plus de quelques-uns.

Pour aller plus loin sur le sujet : « Santé 4.0 » par Xavier Comtesse, Georg Editeur.

Le match Rolex/Apple Watch tourne à l’avantage des californiens

Selon Morgan Stanley, Rolex aurait réalisé en 2018 un chiffre d’affaire de plus de 5 milliards de francs (soit près d’1 million de montres vendues) et selon les analystes de IDC, société américaine d’intelligence économique, Apple Watch aurait été achetée par plus de 15 millions de personnes (pour env. 6 milliards).

Ainsi l’Apple Watch « serait » devant Rolex en termes de chiffre d’affaire et de nombre de pièces vendues, c’est ce que Tim Cook, patron d’Apple, affirme à chaque occasion. Les chiffres connus aujourd’hui semblent lui donner raison.

Mais le plus curieux dans tout cela, c’est l’extraordinaire résistance de Rolex, qui vient de boucler sa meilleure année. Comment expliquer un tel succès dans un marché de la montre suisse plutôt stable (ou légèrement en progression pour le haut de gamme) ?

C’est le retour de la mode « vintage » chez les “urbains” et les jeunes qui semble particulièrement profiter à Rolex. Le « vintage » est à la mode et les marques bien positionnées sur ce créneau sont prises dans le tourbillon de la croissance. Plus de 10% selon Morgan Stanley, c’est énorme. Rolex flambe.

Mais dans la partie Rolex/Apple Watch, le match a tourné définitivement à l’avantage d’Apple. Les jeux sont faits. Personne dans la décennie n’arrivera plus à rejoindre la firme de Cupertino.

PS: En Suisse le marché a aussi tranché : Il y a les vainqueurs au nombre de 7 (Rolex, Omega, Cartier, Longines, Tissot, Patek Philippe, Audemars Piguet) qui font plus d’1 milliard de chiffres d’affaire et plus de 10% de croissance en 2018 et les 700 autres, qui sont à la peine. La montre suisse est donc un marché à deux vitesses : les milliardaires et les autres. Et pour ces derniers, les temps seront durs et bientôt tempétueux !

Le “VIVIER” un modèle pour la Suisse !

Il existe plusieurs modèles d’incubateur, à savoir des lieux dédiés à faire croitre de jeunes pousses (start-ups). Les plus performants aujourd’hui sont ceux liés à une entreprise. Ils paraissent plus naturels que les incubateurs des parcs scientifiques des Hautes Écoles. À l’image du grand sapin qui protège et alimente de jeunes arbres dans son entourage, l’incubateur d’entreprises veille sur sa « progéniture ». C’est efficace car ce qui manque le plus au start-up, ce n’est pas le transfert du savoir-faire technologique mais bien le transfert du savoir-faire entrepreneurial et commercial. Toute chose
qu’une Haute École ignore.

Un exemple suisse romand de ce type d’incubateur est le « Vivier ». C’est un « success story » vraiment très intéressant. Jugez-en par vous-même.

À l’origine il y avait d’abord CPAutomation, une usine spécialisée en automation et robotique puis une holding CPA Group qui vient juste de changer de nom pour devenir Nivalis Group. Cette nouvelle raison sociale s’inspire de « galanthus nivalis », soit le nom scientifique du perce neige. « Cette plante, par sa capacité de percer une faible couche de neige, est la première à sortir de l’hiver. Elle symbolise ainsi les jeunes entreprises qui transforment un environnement hostile en une opportunité », souligne Christophe Fragnière, le fondateur. Donc en 2010 le bâtiment industriel du Vivier qui héberge aujourd’hui l’incubateur du même nom est construit. Depuis, plusieurs dizaines de start-up sont fondées sous l’égide de l’entreprise mère, dont Vidi System qui a été vendue en 2017 aux américains de Cognex. Il faut dire que Vidi représente une sacrée histoire dans l’intelligence artificielle industrielle. Reto Wyss, le scientifique est un « data scientist » de l’intelligence artificielle avec un parcours brillant. Alors travaillant au CSEM, il est sollicité pour résoudre un problème de vision industrielle. Concrètement, il fallait trouver des algorithmes pour identifier visuellement des pièces fabriquées. Les ingénieurs de l’EPFL planchent deux ans sur le problème et trouvent une solution boiteuse qui ne pourra jamais être commercialisée. Reto Wyss est alors sollicité. Il lui faudra 48 heures pour résoudre l’énigme avec du « machine learning ». Vidi System sera créée dans la foulée et vendue 5 ans plus tard. Gros succès.

Mais il y a d’autres pépites au « Vivier » dont RegenHu qui construit des imprimantes 3D fabriquant artificiellement du vivant notamment de la peau humaine. Son dynamique Directeur Marc Thurner est un ancien des programmes entrepreneurials de Venture Kick à la Swissnex de Boston. Son entreprise est en phase de développement rapide et cherche de nouveaux investisseurs pour grandir encore. Avis aux amateurs de risques payants.

Un modèle pour la Suisse

Plus proche de la mentalité suisse et bien plus naturel que les incubateurs universitaires : le « Vivier » devrait servir de modèle à toute la Suisse. C’est aujourd’hui exactement ce qu’il faudrait faire. Messieurs les responsables bernois de la politique, de l’économie et de la science ou de « Présence Suisse » … pas besoin d’aller à Las Vegas ou à la Silicon Valley… le modèle est sous vos yeux à moins de 50 km de Berne !

Pour vous convaincre sachez que des géants comme Microsoft à Seattle ou SoftBank au Japon pratiquent ce genre de modèles depuis longtemps.

Cela marche pour eux … pourquoi pas pour nous … en tous les cas le « VIVIER » en est une démonstration convaincante.

Le début de la grande transformation de l’industrie horlogère suisse

Les Faits : En 2014 les exportations horlogères suisses atteignaient : plus de 28 millions de pièces pour un chiffre d’affaire (déclaration à l’exportation) de 22 milliards… aujourd’hui 4 ans après, c’est moins de 24 millions de montres exportés pour 21 milliards !

Les Conclusions : forte diminution des volumes en entrée de gamme

1.- l’industrie fabrique moins de montres surtout dans l’entrée de gamme … c’est tout de même 4 millions en moins… c’est un recul significatif de près de 20% qui annonce un changement profond

2.- en parallèle: le haut de gamme depuis 2014 est stable

3.- aujourd’hui: le haut de gamme (les montres de plus de 3’000CHF) représentaient plus de 64% du total de la valeur pour 5% des pièces fabriqués !

La question : Les chiffres montrent que la Haute Horlogerie est bien le futur de l’horlogerie suisse … mais est-ce possible sans un appareil industriel important capable de produire de tout… en d’autres termes, peut-on produire « du luxe « sans volume ?

La réponse : pas sûr ! Car il y a deux problèmes :

  • d’abord, la Haute Horlogerie s’éloigne de plus en plus du reste du marché, car ce n’est pas les mêmes valeurs véhiculées et donc pas le même business !
  • ensuite, aujourd’hui tout appareil industriel nécessite du volume pour rentabiliser les investissements… si le volume diminue ou est trop faible alors tout est en risque (cf. Rolex versus Patek Philippe)

Les véhicules autonomes créent la révolution des transports !

D’abord les taxi: Après avoir fait rouler ces voitures autonomes sur des millions de kilomètres en Californie, Waymo, le projet de conduite autonome a lancé au mois de décembre 2018 un service commercial de robo-taxi dans la région de Phoenix.

Baptisée « Waymo One », cette étape importante pour la société et le secteur naissant des technologies de conduite autonome comporte des réserves.

Le service de voiture autonome Waymo One et l’application qui l’accompagne ne seront disponibles pour personne car pour l’instant, la société a annoncé qu’elle aurait au volant des pilotes d’essai formés par Waymo (même si la société dispose déjà de véhicules sans conducteur sur la voie publique à Phoenix). Waymo invitera d’abord les résidents de Phoenix faisant partie de son programme pour débutants conçu pour donner à un groupe de personnes approuvées la possibilité d’utiliser une application pour héler un véhicule autonome. Le programme pour débutants, lancé en avril 2017, a rassemblé plus de 400 participants selon les derniers chiffres communiqués par Waymo.

Waymo invitera certains des premiers coureurs à passer au service Waymo One. Selon John Krafcik, PDG, le groupe continuera à exploiter le programme pour les premiers passagers afin de permettre à un groupe sélectionné de fournir des informations continues à Waymo.

“Ils contribueront à tester les premières fonctionnalités avant de passer à Waymo One, qui permet au public d’accéder progressivement à de nouvelles fonctionnalités”, a-t-il écrit dans un blog sur Medium. En dépit de cette restriction majeure, Waymo One est un progrès et signale la progression de l’entreprise vers un service plus large ouvert au public.Contrairement au programme précédent, les utilisateurs de Waymo One seront en mesure de partager publiquement leurs impressions sur le service. Cela ouvre également la porte au public, car les utilisateurs de Waymo One seront en mesure d’emmener un ami ou un membre de la famille qui ne faisait pas partie du programme pour les premiers usagers. Le service sera disponible dans une zone définie de Phoenix 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à compter de Chandler, Tempe, Mesa et Gilbert, a annoncé la société. Le service se développera lentement dans de nouveaux quartiers et banlieues de la grande région de Phoenix. Avant d’accepter le voyage, les cyclistes voient les prix estimés en fonction de facteurs tels que le temps et la distance qui les séparent de leur destination.Les coureurs pourront poser des questions via l’application ou une console de voiture qui leur donnera un accès instantané à un employé de Waymo.Voici une vidéo qui commercialise le service. Waymo a peu à peu opté pour un service commercial à Phoenix depuis le début de ses essais sur les mini-fourgons Chrysler Pacifica en banlieue comme Chandler en 2016, puis l’offre a été élargie l’année suivante avec son programme pour les premiers usagers. En 2017, Waymo a retiré les employés et les passagers de sa flotte de tests, envoyant des minivans autonomes dans les rues de la grande région de Phoenix.En mai de cette année, Waymo autorisait certains des premiers passagers à héler une fourgonnette autonome sans conducteur d’essai humain au volant. Plus récemment, la société a lancé à Phoenix un programme de transport en commun axé sur le transport des personnes vers les arrêts de bus, les gares ferroviaires et les trains légers. En octobre 2018, Waymo a obtenu le premier permis en Californie permettant de commencer les tests sans conducteur sur les routes publiques.

C’est parti… dans moins de cinq ans on verra des robot-taxi de Google qui s’attaqueront au marché de UBER et aux autres… un nouveau monde commence.

Ensuite : Des bus « autonomes » sillonnent la Suisse Romande

 À L’EPFL, Meyrin, Sion, Marly, et ailleurs des bus sans chauffeur transportent des passagers en Romandie. Sans chauffeur ! Cela semble banal … cela ne l’est pas du tout. Imaginez-vous le saut qualitatif en termes techniques et de programmation. Car avec ces véhicules on n’est pas avec des automates comme le métro lausannois qui roule toujours sur les mêmes voies. Ici toutes les situations sont possibles et parfois elles sont inimaginables. Il faut donc programmer l’impensable, l’imprévu. Donc pour réussir ce type d’exploits, on a eu recourt au « machine learning » … ces algorithmes auto-apprenantes capables de faire face à des situations nouvelles. Voilà le vrai changement entre déplacements automatiques et autonomes.

Regardons de plus près ces quatre projets, encore à l’état d’expérimentation :

EPFL : en décembre 2012, a été expérimenté le premier exemplaire de la navette Navya. Créée par la société française du même nom, ce véhicule est destiné au transport de personnes sur le « dernier kilomètre ». Des tests -grandeur nature- ont été réalisés à l’aide de trois navettes électriques Navya. Plus de 1800 usagers ont été ainsi véhiculés sur le campus sur un parcours d’un kilomètre reliant le Rolex Learning Center au Quartier de l’innovation. Cette démonstration a marqué une étape importante dans le déploiement des systèmes de transport innovants.

SION :Depuis juin 2016. Deuxbus autonomes de CarPostal sillonnent les rues étroites du centre historique de la ville de Sion au Valais. L’environnement est difficile mais l’expérimentation se déroule sans incident grave. Les exploitant accumule du savoir.

Fribourg/Marly : Les Transports publics fribourgeois (TPF) en collaboration avec le Marly Innovation Center (MIC), la Commune de Marly, l’Agglomération de Fribourg et l’Etat de Fribourg dévoilent en été 2017 leur première navette automatisée. Destinée à relier le quartier du Marly Innovation Center au réseau des Transports publics fribourgeois, la navette développée et construite par le spécialiste français de la mobilité intelligente NAVYA permet de tester la desserte du dernier kilomètre. Le parcours se situe entre l’arrêt de la ligne 1 « Marly, Cité » et le MIC avec quatre arrêts possibles. L’expérience progresse non sans certaines difficultés.

Meyrin :Depuis juin 2018 les TPG expérimentent un bus autonome à Meyrin. Avec ces véhicules d’un genre nouveau, les TPG ambitionnent de desservir des villages et des petites rues où les grands bus d’une capacité de 80 places sont entravés à cause de leurs dimensions. L’idée est de pouvoir couvrir tout le monde. La navette mise en service à Meyrin, aussi conçue par le fabricant français Navya, est capable de définir sa position au centimètre près. Elle est programmée pour effectuer une boucle dans le village et ses nombreux radars lui permettent de s’arrêter lorsqu’un obstacle se trouve sur son chemin.

D’autres projets en vue :à Cossonay et dans d’autres villes de Suisse Romande, des projets sont à l’étude ou en chantier. Les bus autonomes sur la voie public se généralisent à toute vitesse et dans moins de dix ans, il y en aura partout. C’est énorme, cela sera notre nouvelle réalité ! Les pouvoirs publics vont devoir sans aucun doute revoir complétement leur plan concernant la mobilité. Demain, les véhicules autonomes sans chauffeur seront la norme et ceux avec chauffeur l’exception !

A noter qu’une start-up suisse « BestMile », qui offre une plateforme informatique de gestion de véhicules autonomes, est présente dans la plupart de ces projets.

 

en collaboration avec Florian Németi, Directeur CNCI

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sources :

journal on-line techcrunch.com, agrihebdo.ch et Swissinfo.ch