URGENT : les études de médecine doivent inclure l’IA !

L’intelligence artificielle (IA), basée notamment sur des algorithmes d’apprentissage de « Machine Learning » (ML), est une branche du domaine de l’informatique qui gagne très rapidement de l’importance dans le secteur de la santé. Cependant, l’enseignement médical universitaire dans le monde n’a pas encore inclus cette technologie dans le cursus, la Suisse ne fait pas exception à la règle !

Le grand public est pourtant devenu conscient de l’impact futur de l’IA et attend aussi des résultats positifs pour les soins de santé, par exemple en fournissant aux cliniciens de meilleurs diagnostics ce à quoi les professeurs de médecine « semblent » oculter.

Vijaya B. Kolachalama, Professeur adjoint de médecine à la Boston University School of Medicine vient de publier un article * choc qui conclut que l’enseignement de l’IA est indispensable aux nouveaux médecins.

Les chercheurs ont effectué en premier lieu une recherche avec « apprentissage automatique » pour constater que le nombre d’articles publiés dans le domaine du « blanchiment de capitaux » avait augmenté depuis le début de la décennie. En revanche, le nombre de publications relatives à l’enseignement médical est resté inchangé depuis 2010.

« Il est donc urgent de sensibiliser tout le corps professoral, mais aussi les étudiants et les internes sur le campus médical de l’université de Boston », tel est le verdict du Professeur. Pour ce faire, il a conçu un cours ayant pour but de sensibiliser la prochaine génération de professionnels de la santé et de jeunes chercheurs issus des domaines du biomédical et des sciences de la vie aux nouveaux concepts et de les préparer à la révolution numérique en cours dans la science des données.

Alors que l’éducation médicale pense aux compétences classiques des médecins notamment par l’approche statistique, le « Machine Learning » ouvre la voie à la prédiction et à la médecine de précision hautement prometteuse. Les auteurs espèrent que cet article incitera les facultés de médecine à réagir rapidement face à l’évolution fulgurante de l’IA et à son utilisation dans les soins aux patients. « Une technologie sans connaissance de son potentiel et de ses applications par les médecins n’a aucun sens et ne fera que perpétuer les coûts des soins de santé. »  –

Cet article a été republié à partir de matériel fourni par le Boston Medical Center.  * Kolachalama, V. B., et Garg, P. S. (2018). Apprentissage automatique et éducation médicale. Npj Digital Medicine, 1 (1), 54. https://doi.org/10.1038/s41746-018-0061-1

 

Dispute: vers un nouveau modèle économique de Santé en Suisse ?

Le système de santé en Suisse coûte cher. Il semble même être hors de contrôle. En effet, on assiste depuis plusieurs décennies à une augmentation vertigineuse de celui-ci : doublement des coûts en vingt ans !

Tous les acteurs du système tentent plus ou moins de mettre la faute sur les autres à travers des prises de position de leurs organisations à Berne : SantéSuisse (assureurs), H+ (Hôpitaux), FMH (médecins), Interpharma (industrie pharma), CTM (commission des tarifs), CDS (conseil des directeurs cantonaux de la Santé), association des patients, etc. Tout cela paraît un processus bien vain lorsque l’on constate les résultats : une hausse nettement supérieure à celle de l’inflation. Conséquence : le niveau de vie des citoyens suisses est année après année rogné par l’augmentation des primes d’assurance.

Comment alors arrêter une telle escalade ?

Une idée, qui n’est certainement pas la panacée serait de passer à un modèle de facturation basée sur le temps et pas l’acte.

Il faut savoir qu’aujourd’hui le calcul des remboursements est basé sur l’acte médical. Ainsi la Suisse a mis en place un système fédéral (2004) de tarification extrêmement précise : le TARMED qui décrit plus de 4’600 prestations médicales (ou actes médicaux). Donc le modèle est basé sur le calcul d’une prestation indépendamment de combien de temps prend réellement celle-ci à être exécutée. C’est là que le bât blesse.

En effet, il est facile dans ce modèle de trouver le moyen d’augmenter le nombre d’actes/de prestations. Tant qu’un système est ainsi calculé … il est impossible d’en maîtriser les coûts.

Donc, on devrait imaginer plutôt un système basé sur le temps, comme celui des avocats. La tarification horaire a l’avantage de restreindre fortement les exagérations … on peut par exemple restreindre le temps de facturation légalement admis pour le travail de tous les professionnels de la santé … il ne faut pas oublier que 75% des coûts totaux du système de santé sont liés aux salaires.

Bref un modèle comme celui du tarif horaire, même aménagé en fonction des spécialités et des métiers, freinerait immédiatement l’explosion des coûts de la santé voir même les réduirait…un peu !

Il est bien clair que par rapport à ce type de modèle beaucoup de freins au changement apparaîtrait et il faudrait les lever les uns après les autres.

Vers d’autres modèles ?

La révolution numérique pourrait grandement contribuer à imaginer d’autres modèles notamment par une nouvelle approche par l’IA (voir le livre : médecine augmentée de Daniel Walch et Xavier Comtesse, éditions G d’Encre).

Bien sûr, il y aurait encore d’autres modèles comme celui de l’abonnement mensuel qui vous lirait à un unique groupe médical alliant assurance, clinique, experts et soins palliatifs comme le propose désormais Amazon et JPMorgan à leurs employés.

Changer de modèle dépendrait aujourd’hui d’une décision politique qui serait évidemment très longue à prendre.

Sauf bien sûr si un jour, un acteur majeur décide de changer la donne… songez ici à Amazon, peut-être suivi par d’autres acteurs des GAFA.

Le sort de notre modèle économique de Santé n’a jamais été aussi près … de nous échapper complètement.

Un débat s’impose !

Alain BERSET a tort, on peut faire baisser les coûts de la santé en Suisse : démonstration

1.- Les coûts des systèmes de santé sont “drivés” par les actes médicaux.

2.- Les spécialistes estiment depuis longtemps qu’environ 20% des coûts des systèmes de santé dans les pays dits avancés comme les USA, la France, la Suisse, etc. seraient dus à des actes médicaux inutiles, mal-appropriés, en surconsommation ou en sur-traitement voire carrément abusifs.

3.- Si l’on réduit le nombre d’actes médicaux inutiles on fait baisser les coûts de la santé (jusqu’à 6 mia pour la Suisse). L’intelligence artificielle peut aussi nous y aider (voir développement ci-dessous).

CQFD Monsieur le Conseiller fédéral !

Développement:

C’est donc bien là que se cache le principal gisement potentiel d’économies du système de santé.

S’il était possible de réduire le nombre de ces actes, des économies importantes seraient réalisées. Aujourd’hui, on compte sur de nouvelles procédures médicales mais qui s’appuient toutes sur le bon vouloir des professionnels (cf. le Registre de Médecine Empirique RME mis en place en Suisse dès 1999)

Pourtant, il est possible de faire autrement.

L’IA pourrait en être la solution.

A l’image des programmes informatiques faisant appel à l’IA que les grandes assurances (AXA, Allianz) ont développé pour faire la chasse aux déclarations frauduleuses (10% des déclarations de sinistre en Suisse), on pourrait facilement imaginer des programmes de référence ayant comme mission principale de réduire les actes inutiles ou excessifs entraînant du gaspillage.

Aux USA, le marché très dynamique des start-ups a déjà commencé à explorer ce champ d’activité. Ainsi, HealthJoy (une start-up de Chicago) propose un service de conciergerie médicale basé sur l’IA, pour aider les patients à prendre de bonnes décisions concernant les actes médicaux (en évitant les inutiles) tout en cherchant à optimaliser les coûts, c’est-à-dire les plus bas en rapport avec la qualité des soins. Une sorte de Trivago de la médecine en quelque sorte. Ils ne sont pas les seuls. Des compétiteurs comme ADP Workforce Now, Zest Health, Kyruus, etc. démontrent la vigueur d’un marché technologique naissant. C’est sans doute par ce chemin qui favorise « l’aide à la décision intelligente » que vont venir les solutions pour améliorer ce système défaillant des actes inutiles.

Les principes technologiques derrière cette approche sont simples : il s’agit d’analyser des grandes bases d’information (Big Data) pour chercher des figures (features) montrant des anomalies. En quelque sorte, on cherche les cas d’abus en isolant les exceptions. Ce travail doit être automatisé car les données sont nombreuses et chaque anomalie est finalement assez rare. En d’autres termes, même si les actes médicaux sont globalement nombreux : 20% des actes, ils sont très différents les uns des autres. Il n’y a donc que peu de cas typiques, genre ablation de la thyroïde mais beaucoup de situations distinctes. C’est pourquoi sans des programmes informatiques d’IA, il est relativement difficile de faire face à ce problème. En tout cas, personne n’y est arrivé jusqu’à présent. C’est un mal connu sans remède pratique. Les technologies de l’IA font office aujourd’hui de dernier recours. Certes les pratiques du corps médical devront suivre et ce n’est pas gagné d’avance.

Plus concrètement, l’on parle ici de prescrire des traitements et médicaments ayant fait leurs preuves (evidence based medecine), d’éviter les doublons de prescriptions par des professionnels différents, d’éviter les chaînages de demandes d’analyses sans réflexion, d’éviter les examens de routine.

Les exemples sont légion dans nos hôpitaux et cliniques : radio du thorax avant une opération, surprescription d’inhibiteurs de la pompe à protons (prévention des ulcères), inflation de prescription d’antibiotiques, mise en place en routine de sondes urinaires, transfusions érythrocytaires inutiles, prises de sang quotidiennes sans justification et tant d’autres.

Le corps médical occidental en a pris conscience et le mouvement « Choosing Wisely » fait des émules dans les différentes spécialités. Les multiples publications médico-économiques autour du « Does Choosing Wisely Work ? » démontrent les bénéfices et économies générés par ces mesures. Les sociétés suisses de spécialistes ne sont pas en reste et produisent leurs propres recommandations : liste « Top  5 » de la Société suisse de médecine interne générale, « Top-9-liste » de la très dynamique Société suisse de médecine intensive, etc. L’IA couplée à la philosophie du « Choosing Wisely » est une piste d’économies pleine de promesses.

Les plateformes susmentionnées développées aux USA (par ex. HealthJoy) aident directement les patients à choisir un itinéraire médical moins coûteux. Nous pourrions développer en Suisse des logiciels d’IA d’aide à la décision et à la prescription pour les médecins avec une double mission : pédagogique et économique.

Le but est clair : challenger les pratiques et les routines, provoquer la réflexion. Les médecins ciblés seraient principalement les médecins en formation pré et post-grades dans nos hôpitaux.

L’IA ne remplacera pas le médecin, elle augmentera ses capacités. Et elle génèrera des économies en évitant les prescriptions d’actes et de médicaments inutiles.

Ce partenariat entre l’IA et le corps médical, pour être accepté, nécessite que l’IA devienne « explicable ». Le fonctionnement du Deep Learning, des réseaux neuronaux profonds, doit être transparent pour les médecins.

L’IA doit donc évoluer et pouvoir expliciter ses raisonnements. Ces derniers ne sont finalement que des développements sophistiqués de type statistique dont les médecins sont traditionnellement friands ! C’est à cette condition que l’IA, sorte de prothèse qui augmentera le médecin, pourra devenir une aide à la décision au quotidien et évitera les actes inutiles.

Quel gain espérer ?

150 milliards de dollars d’économies grâce à l’IA en 10 ans aux USA, 50 milliards d’euros d’actes inutiles par an en France, plus de 6 milliards de CHF d’actes inutiles par an en Suisse, les différentes études concordent. Il est permis d’envisager une meilleure productivité de notre système de santé.

 

 

WATSON pourrait révolutionner la santé en investissant le cloud!

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

Selon une études américaines d’une association de recherche clinique les données médicales doubleront tous les 73 jours d’ici 2020. De ce fait, seuls les super-computer pourront analyser de telles quantités de données et encore s’ils seront aidés par des logiciels d’intelligence artificielle. Par ailleurs, IBM a calculé qu’une personne génèrerait une quantité écrasante d’information au cours de sa vie ( env. 1 million de gigaoctets de données – ce qui, en termes de copie papier, équivaut à plus de 300 millions de livres).

Cette croissance de données est alimentée par l’utilisation de capteurs d’activités physiques, d’appareils médicaux connectés, et d’implants, qui permettent de suivre et de capturer des informations en temps réel.

Actuellement, il est difficile de connecter toutes ces données aux data-bases existantes et très fragmentées du système de santé qui ne sont pas facilement partagées, tels que le dossier médical, la recherche clinique et les génomes individuels.

Aujourd’hui IBM possède avec Watson les capacités cognitives avancées et peut rassembler le vaste écosystème de partenaires, de praticiens et de chercheurs nécessaires au changement, tout en fournissant la plate-forme ouverte, sécurisée et évolutive nécessaire pour rendre tout cela possible.

La qualité avant la quantité

En médecine, la qualité prime sur la quantité.

Les data-bases sont polluées d’informations de faible qualité scientifique ou influencées par des fournisseurs. Le défi sera d’éviter l’effet GIGO (« garbage in, garbage out » ou si les entrées sont mauvaises, les sorties le seront aussi). L’IA devra sélectionner les données de qualité. Les algorithmes devront tenir compte du niveau de qualité des données probantes. S’appuient-elles sur des essais cliniques contrôlés ? Combien d’essais ? Sont-ils randomisés ? (p.m. une étude randomisée est une étude dans laquelle le traitement est comparé à un autre ou à l’absence de traitement ou à un placebo). Des informations exactes et fiables, des informations pertinentes qui répondent à l’objectif, des informations actuelles sont des critères incontournables pour un diagnostic et le choix d’un traitement de qualité. La performance du deep learning en médecine va augmenter de pair avec la taille des data-bases mais aussi avec la qualité de l’étiquetage des données probantes.

Watson Health investit le Cloud

IBM a jeté les bases de sa plateforme « Cloud » conçue pour aider les fournisseurs de soins de santé à prendre des décisions opportunes et fondées sur des preuves concernant les problèmes de santé. Watson Health Cloud a pour objectif de fournir aux médecins, aux chercheurs, aux assureurs et aux entreprises de soins de santé une plate-forme sécurisée et ouverte leur permettant d’avoir un aperçu plus complet des facteurs pouvant affecter la santé des personnes.Pour les personnes à qui ces données sont enregistrées, le système promet l’anonymat en retirant leurs identités des informations.

Avant de confier ses données patients à un Cloud, le prestataire de soins devra néanmoins toujours procéder à une évaluation des enjeux juridiques, organisationnels et techniques. Il devra fixer au mandataire propriétaire du Cloud des exigences précises et exercer des contrôles. L’hôpital ou le médecin restera finalement responsable du respect des prescriptions légales en matière de protection des données. Il doit veiller au traitement des données patient de leur transfert à leur effacement.

Un potentiel transformationnel des soins de santé 

Ce n’est pas la première approche de Watson dans la santé. Le système informatique avancé, en faisant appel notamment à l’IA, est utilisé depuis un certain temps dans les services de santé de bon nombre d’hôpitaux, mais aussi par les sociétés pharmaceutiques dans leur quête de nouveaux médicaments, à donner des conseils fondés sur des données mondiales aux médecins locaux et même à leur enseigner de nouvelles compétences. IBM a déposé plus de 1300 brevets dans les domaines de la santé, des sciences de la vie et des dispositifs médicaux pour asseoir son autorité en la matière. Dans cette perspective, IBM est bien placé pour combiner la technologie cloud, les capacités de l’intelligence artificielle et l’interopérabilité des systèmes de santé locaux pour aider les professionnels à prendre des décisions plus éclairées et à mieux répondre aux besoins des patients.

Ainsi la plateforme de Watson Health pourrait être vraiment un agent transformateur du système de santé partout dans le monde.

IBM, Amazon, Apple, Google, mais aussi la Migros (en Suisse) vont ainsi créer les conditions d’une rude concurrence. Espérons que le patient soit le vainqueur !

 

 

 

 

MIGROS: un acteur majeur de la Santé ?

La Migros est entrée dans le domaine de la santé il y a plus de dix ans déjà. L’entreprise poursuit deux axes de développement dans ce secteur : les « walk-in clinic » avec MedBase et le on-line pharmaceutique ou para-pharmaceutique avec Zur Rote.

Avec près de 900 thérapeutes et médecins et plus d’un millier d’employés, l’activité MedBase est devenue pour Migros très importante. C’est le « fer de lance » de sa stratégie santé. Les « walk-in clinic » ouvre les unes après les autres. Après Genève, Lausanne et Vevey en Romandie, le réseau de clinique de proximité va s’étendre encore ces prochaines années. Migros devient ainsi petit à petit un acteur majeur du système de Santé en Suisse.

L’entreprise ambitionne même d’infléchir l’augmentation des coûts de la santé. Comment ? En visant d’abord des marges plus basses que les principaux acteurs puis en établissant des coopérations avec d’autres acteurs historiques de la santé. Marcel Napierala, CEO de Medbase, affirme :« Nous voulons travailler sur la qualité, coordonner le suivi des patients, éviter des soins inutiles et des gestes superflus, en nouant des accords avec les hôpitaux, les cabinets de radiologie, les laboratoires et aussi avec le réseau Delta (plus de 200 000 Romands sont affiliés au réseau Delta) ».

Deuxième axe la pharmacie avec Zur Rose.

Le leader suisse du commerce de détail accueille depuis cette année dans ses supermarchés des médicaments fournis par le distributeur de médicaments Zur Rose. Migros a pris une part dominante dans cette société on-line et tente maintenant des synergies avec ses propres magasins.

La stratégie de Migros est claire. Elle cherche la vraie proximité tout en utilisant le numérique (virtuel) pour abaisser les coût d’approvisionnement. Par ce double développement, la coopérative entre efficacement dans un système de santé qui souffre d’un manque de gains chroniques en productivité. Bien sûr les marges sont importantes dans le secteur mais pas la productivité. C’est d’ailleurs sur ce point précis que tous les acteurs historiques vont se retrouver en concurrence avec les nouveaux entrants : Apple, Amazon, Migros, Watson, etc.

APPLE prend votre pouls pour vous sauver la vie!

La traditionnelle conférence de presse de rentrée d’Apple se tenait hier soir au siège d’Apple, au coeur du Steve Jobs Theatre de Cupertino. La firme à la pomme a dévoilé sa quatrième génération d’Apple Watch.

La montre connectée série 4 d’Apple est devenue selon le big boss Tim Cook « la montre qui se vend le plus au monde. Selon IDC, Apple aurait augmenté de 30 % ses volumes de livraisons de montres connectées au second trimestre 2018 par rapport la même période de l’année précédente…

Plus grande, plus performante

Baptisée Séries 4, la quatrième génération de l’Apple Watch veut devenir le « gardien intelligent de notre vie », selon ses concepteurs. Derrière son écran 32 % ou 35 % plus large selon la version choisie, soit en 40 mm, soit en 44 mm (contre 38 mm et 42 mm pour la précédente version), la nouvelle Apple Watch ne veut plus se satisfaire de simples fonctions de capteur d’activité. Son design à peine remodelé dissimule des composants d’une puissance supérieure. Egalement à bord, des fonctionnalités accrues comme :

La détection de chutes 

Equipée d’un processeur double-coeur (64 bits) deux fois plus performant, l’Apple Watch Series 4 intègre aussi un nouvel accélérateur et un nouveau gyroscope. Entre autres nouveautés, elle détecte les chutes… et peut donner l’alerte si la montre se trouve être immobile durant plus d’une minute à l’issue d’une chute observée.

Mesurer le cœur en temps réel.

Nouveauté intéressante : la nouvelle Watch intègre désormais un capteur électrique de rythme cardiaque (ou électrocardiographe). But : permettre à son utilisateur de réaliser un véritable électrocardiogramme (ECG). Il lui suffira pour cela de toucher le bouton latéral de la montre pour que l’opération s’effectue en 30 secondes. Ses résultats pourront alors être transmis au médecin traitant. Cette fonctionnalité a reçu l’approbation de la FDA (Food and Drug Administration) qui fait de la montre un véritable instrument médical.

De plus  la montre alertera son utilisateur en cas de détection de trouble du rythme cardiaque (arythmie). L’ensemble de ses données resteront purement confidentielles et privées.

Ces deux innovations marquantes devraient pouvoir sauver quelques vies…

« L’Apple Watch devient le gardien intelligent de votre santé », a répété à plusieurs reprises Jeff Williams, le directeur opérationnel du groupe, à l’occasion de la présentation hier de la nouvelle montre.

Ainsi désormais se pose une unique question: qui va parmi nous se priver de cet avantage ? À terme, presque personne.. cela annonce sans doute la fin de la montre suisse …non?

Apple vient – incontestablement – de franchir un « pas  décisif» vers l’eldorado de la Santé.

AMAZON s’attaque à la santé : pour vaincre?

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

Amazon pourrait utiliser son expertise du e-commerce pour tout perturber dans le domaine de la Santé. De la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique à la gestion de l’assurance-maladie.

Amazon cherche à dominer ces nouveaux secteurs d’activités.

Le géant du commerce électronique est sérieux lorsqu’il s’agit d’entrer dans le secteur des soins de santé apportant avec lui un modèle commercial non traditionnel, une infrastructure en matière de logistique et d’informatique et une connaissance approfondie des clients.

Ce n’est pas la première tentative d’Amazon de transformer le secteur.Entre 1999 et 2000, la société a commencé à investir de l’argent dans Drugstore.com avec l’intention d’étendre son activité de commerce électronique à l’espace pharmaceutique. Il s’est finalement heurté au réseau existant d’intermédiaires, de régulateurs et autres, ce qui a mis un terme à ses ambitions.

Maintenant, Amazon essaie à nouveau. Au début de l’année, elle a annoncé la création d’une joint-venture avec JPMorgan Chase et Berkshire Hathaway.

Juste avant, Amazon a acquis la pharmacie en ligne PillPack pour près de 1 milliard de dollars.Mais ce n’est pas la seule entreprise des GAFA qui s’essaie dans le domaine de la santé.

Tous avancent leurs pions dans cet espace en jouant sur leurs atouts : la vision centrée sur le patient d’Apple qui privilégie les consommateurs avec notamment sa montre connectée, tandis que Google continue de développer des applications de l’IA avec des dispositifs médicaux. Microsoft développe la gestion des données de santé sur sa plateforme cloud Azure. Sans oublier IBM et son arme à tout faire : Watson.

Mais quelle stratégie utilise Amazon pour gagner à chaque fois ?

On peut la décomposer en quatre axes :

1.- Tout d’abord, Amazon introduit chaque nouveau produit de manière conviviale en favorisant une approche centrée sur une expérience client supérieure à celles de ses concurrents.

2.- Ensuite, Amazon utilise ses propres infrastructures informatiques afin de réaliser des économies d’échelle, des effets de réseau, un usage optimal de ses infrastructures informatiques et un effet de levier pour négocier avec d’autres parties (par exemple, des fournisseurs).

3.- Ensuite, il investit dans des coûts fixes initiaux qui lui permettent de mieux fonctionner et de fournir une version externalisée des services à ses clients. Nous avons vu cela avec Amazon Web Services (AWS), qui permet aux entreprises d’utiliser des services traditionnellement coûteux (entrepôts, centres de données, etc.) sur une base de location/propriétaire.

4.- Enfin, en attirant suffisamment d’utilisateurs sur une plateforme et en offrant ses propres services externalisés, Amazon peut alors normaliser les offres des fournisseurs sur sa plateforme. Cela lui permet de créer des marchés transparents et compétitifs pour les acheteurs et les fournisseurs. Au début Amazon perd toujours de l’argent mais gagne des parts de marché.

À partir de la 4ème étape Amazon commence enfin à réaliser des bénéfices … mais à ce stade la concurrence est déjà sur la défensive et commence à perdre de l’argent.

Dans le domaine de la Santé, l’embauche d’Atul Gawande pour diriger son entreprise conjointe avec JPM et Berkshire suggère la poursuite de cette stratégie. Gawande se concentre sur l’utilisation de la normalisation comme moyen de développer les soins de santé, en particulier pour les biens et services relativement banalisés. L’absence de standardisation et l’accent mis sur l’expérience des consommateurs ont abouti à un marché des soins de santé incroyablement fragmenté et opaque, ce qui rend les intermédiaires particulièrement vulnérables à l’entrée d’Amazon. Ceux-ci qui sont des extracteurs de valeur avec des marges bénéficiaires importantes vont d’abord perdent des parts de marchés avant peut-être disparaître.

Avec environ 6’500 médicaments différents et un chiffre d’affaires pharmaceutique en 2017 de 1’015 mia USD, le marché mondial du médicament est colossal. Les GAFA ne le laisseront pas leur échapper.Les pharmaciens, les médecins dispensants et les pharmacies hospitalières ou centrales pourront-ils faire la différence en offrant un service réellement différent ?Le but est bien entendu de prodiguer le bon médicament, de la bonne manière, au bon moment et au bon patient ! L’information est à la base de la bonne utilisation des médicaments.

Les GAFA et leur intelligence artificielle seront-ils à même de répondre à toutes les questions sur l’emploi des médicaments, sur leurs interactions, sur les équivalents, sur la stabilité et la conservation des préparations galéniques ?

Il y a fort à parier que oui !

Il reste quelques années peut-être encore aux acteurs actuels de la Santé …  mais pour eux la seule question ouverte pour une survie est celle du comportement des régulateurs : vont-ils bloquer l’entrée des GAFA dans la santé ?

(sources : CBInsights ; Interpharma sur la base des données d’IQVIA Suisse, 2018)

 

« L’intelligence artificielle ne remplacera pas les médecins. Mais les médecins qui utiliseront l’IA remplaceront ceux qui ne le feront pas » 

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

À l’aube de la quatrième révolution industrielle, nombreux sont ceux qui craignent que les robots et l’automatisation ne prennent leur place de travail.

Ce type de craintes n’est pas nouveau : déjà au XIXe siècle, les membres du mouvement Luddite – ouvriers et tisserands – ont  même physiquement détruit leur appareil de production lors de la première révolution industrielle en Angleterre.

Aujourd’hui, les mêmes craintes apparaissent à propos de l’intelligence artificielle, y compris dans le secteur de la santé. Par exemple, avec l’IA qui prendrait la place des radiologues, des robots qui surpasseraient les compétences des chirurgiens, etc.

Des voix comme celle de Martin Ford (l’un des observateurs les plus avisés des mutations de la Silicon Valley) ne rassurent guère. Il a déclaré dans son récent livre : L’AVÈNEMENT DES MACHINES que les robots remplaceront 50% de tous les emplois au cours des prochaines décennies. Et qu’au niveau politique, la réponse la plus populaire est l’introduction d’un revenu de base universel qui donnerait à chacun juste assez d’argent pour vivre tout en incitant les individus à prendre des risques en créant une entreprise, en retournant à l’école ou en endossant une nouvelle carrière.

Alors que ces réponses aux défis de l’automatisation et des technologies numériques ne sont que des idées pour le moment – à l’exception de l’expérience entreprise de manière limitée en Finlande avec un revenu de base universel -, il est naturel que les gens s’inquiètent de ce changement fondamental.

En médecine aussi, des craintes se font déjà sentir alors que l’on peut s’imaginer que certaines de futures tâches assurées par l’IA libéreront du temps. Les professionnels restent souvent très sceptiques.

Pourtant il paraît inévitable qu’à l’avenir, la majorité des médecins diagnostiqueront, prescriront et suivront leurs patients grâce à l’IA avec la performance de l’acte médical augmenté par le matériel, les logiciels issus de ce dernier. C’est une situation comparable à celle du pilote en aviation. Le pilote automatique n’a pas remplacé les vrais pilotes, elle a juste augmenté leurs capacités. Sur les très longs vols, il est pratique d’allumer le pilote automatique mais totalement inutile lorsque vous avez besoin d’un jugement rapide. Ainsi, la combinaison des humains et des machines est la solution gagnante. Et ce sera la même chose dans le domaine des soins de santé.

Le GPS qui équipe nos voitures et nos téléphones portables est un autre exemple. Selon les estimations, le nombre de terminaux GPS opérationnels dans le monde est estimé autour de sept milliards. Qui souhaite encore aujourd’hui se passer de cette assistance ?

Nous n’acceptons pas une vision du monde qui s’apparenterait à une sorte de Platonisme de l’ère de l’IA ! Nous pensons erroné l’idée d’une double nature des choses : d’une part, des êtres naturels et d’autre part, des êtres artificiels. Voire une hiérarchie entre des êtres et des sous-êtres… L’IA doit être pensée comme une augmentation de l’intelligence.

Elle ne remplacera pas les médecins. Elle augmentera leur productivité et leurs performances. Elle permettra, nous l’espérons, d’augmenter le temps qu’ils consacrent aux patients en détresse pour les accueillir, les écouter et les soulager.  Hippocrate mais pas Platon !

Ainsi on peut affirmer que : « L’intelligence artificielle ne remplacera pas les médecins. Mais les médecins qui utiliseront l’IA remplaceront ceux qui ne le feront pas ».

les révolutions industrielles: l’enseignement & le “machine learning”

Les adolescents des pays développés passent plus de temps devant leurs écrans qu’en classe ! Certes, Ils ne consacrent pas ces quelques 1500 heures à suivre les MOOCs … cependant leurs manières d’échanger et d’apprendre, leur capacité à se concentrer et d’accéder au savoir, leurs activités intellectuelles et leurs rythmes cognitifs sont tout à fait remarquables

Les systèmes éducatifs d’aujourd’hui se sont développés sous l’impulsion directe des révolutions industrielles et en portent encore la marque. De la première, on a hérité d’enfants assis en rang qui doivent suivre les consignes, se montrer ponctuels et assidus, tout cela sous la houlette d’un (contre-)maître. L’éducation à grande échelle n’a pas été créée pour motiver les enfants ou pour former des savants, elle a été inventée pour former des adultes destinés à faire fonctionner un certain système productif. L’échelle était plus importante que la qualité, exactement comme dans le monde industriel d’alors. Ainsi l’insistance sur l’obéissance, la discipline et la ponctualité ne serait pas simplement un choix pédagogique mais la traduction d’enjeux sociaux et économiques reflétant les exigences de l’époque pour ordonner etorganiser les armées d’ouvriers qui allaient envahir les usines.

Dans la seconde révolution industrielle, on assiste à la naissance de « technologies éducatives », comme le test à choix multiples inventé en 1914 par Frederick J. Kelly, des outils caractéristiques de l’organisation à la chaîne du travail, propres à cette époque. La simplification et la décomposition du savoir permettent une optimisation des procédures de transmission du savoir-faire et créent des outils de mesure de l’activité. Remplir correctement des cases, telle était la performance attendue des écoliers lambda voués à devenir des travailleurs standards, avant de céder aux délices de la consommation de masse.

La troisième révolution industrielle verra éclore une pédagogie dite « nouvelle » et l’arrivée d’un cursus scolaire à option mettant en scène les apprenants. L’élève est désormais au centre des préoccupations, on va faire de lui le principal objet pédagogique en respectant ses souhaits et son rythme d’apprentissage. Il devient l’entrepreneur de son apprentissage. C’est en quelque sorte le règne de l’entrepreneuriat même à l’école ! La technologie scolaire évolue aussi surtout avec l’usage de l’ordinateur et des tutoriels automatisés. Les MOOC (Massive Online Open Courses) seront l’expression ultime de cette phase d’automatisation, c’est-à-dire de la 3èmede l’industrie.

Dans le nouveau monde émergeant de la 4èmerévolution industrielle, la rareté est remplacée par l’abondance – une abondance des données (Big Data), de l’informations (News and Fake News), des sources de connaissances (Books, Internet & Co.) et des réseaux sociaux mais aussi des interactions entre eux et surtout de l’Intelligence Artificielle (IA). On va vers une connaissance « augmentée ».

Il va falloir tout reconsidérer : aussi bien des notions fondamentales comme l’élève, l’enseignant, la classe, l’apprentissage, l’évaluation, les diplômes, etc. 

Cette abondance de la connaissance « augmentée » impose un nouveau rapport au savoir et redéfinit radicalement l’institution scolaire : on va donc abandonner petit à petit les systèmes éducatifs précédents pour adopter des outils beaucoup plus personnalisés et puissants qui nous permettront de produire une nouvelle génération de travailleurs.

L’école dans sa forme historique semble complètement datée et son avenir est compromis. Une refonte complète se profile. Tout est à réinventer !

Tentons de donner une première esquisse de cet avenir :

D’abord la forme de la connaissance va changer de nature dès lors qu’elle sera « augmentée ». Ce n’est plus une connaissance statique comme proposée par Wikipédia mais bien dynamique car on va lui attacher des procédures de « savoir-faire ». A toute connaissance, on associera un module de « machine learning » mais aussi un module de communication et de lien aux autres modules dans le même esprit de Wikipédia mais additionné d’une capacité d’auto-apprentissage propre aux « machines learning ».

Ensuite, la connaissance pourra être « packagée » sous une nouvelle forme. Anciennement elle était représentée par des concepts eux-mêmes véhiculés par des mots ou parfois un seul mot. On peut ainsi envisager à l’avenir que, grâce à l’IA, la connaissance sera éclatée en « knowledge capsule » autonome, auto programmée et s’auto-liant (création cognitive de liens entre capsules comme autant de synapses entre les neurones).

Conclusion : l’enseignement, l’apprentissage vont se transformer car le support de base de la connaissance est en train de muter. Cette transformation ressemblera plus à un tsunami qu’à une réforme ordinaire. Il faut s’attendre à un chambardement majeur. Il est donc plus que nécessaire d’y songer sérieusement.

 

Septembre annonce la hausse des primes maladies !

Comme chaque année: “les primes de l’assurance maladie prennent l’ascenseur”¨

Cela devient insupportable pour la plupart d’entre nous, car cela pèse lourdement dans nos dépenses mensuelles. Mais plus grave, au niveau de la nation, cela menace d’affecter les équilibres politiques et sociaux comme aux Etats Unis.

Mais quel est exactement le problème ?

Et qui va arrêter cette croissance vertigineuse des dépenses ?

Qui va venir au secours des familles ?

Contrairement à ce que dit le monde politique (et avec eux, certains acteurs du domaine de la santé) le problème n’est pas du tout complexe car la solution est très simple : Il suffit de contrôler l’emploi. En effet, Il faut savoir que celui-ci est responsable de près de 80% des coûts totaux et que l’embauche du personnel dans la santé s’est envolée ces dernières années : +100’000 emplois en dix ans. Cela correspond à 10 milliards de charges en plus pour le système et les assurances individuelles ont été ajustées en conséquence. On a simplement payé. Voilà la réalité crue. Le domaine de la santé semble échapper à toute rationalité et à toute recherche de productivité. Si l’on a un projet ou un problème nouveau, alors on embauche. Incroyable ! C’est ainsi que l’on fonctionne. Personne ne s’en inquiète puisqu’à la fin, c’est l’assuré qui paye !

Alors la question qu’il faudrait désormais se poser est la suivante : Qui va pouvoir contrôler les coûts en réduisant le personnel ? En tout cas, pas les politiques qui proposent la caisse unique. Pas les pharmas qui cherchent de l’argent pour la recherche. Pas les assurances qui essaient de reconstituer leurs réserves. Pas les hôpitaux qui multiplient l’offre notamment en ambulatoire. Pas les médecins qui cherchent à compenser les effets négatifs du TARMED sur leur salaire. Donc, il va falloir chercher ailleurs.

Devinez où ?

Eh bien, comme toujours ce sont les entreprises orientées Internet comme les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM, Microsoft) qui vont faire le boulot. On sait comment elles vont procéder. Regardez ce qui s’est passé avec les librairies, les médias, le tourisme, etc. Ils ont été à chaque fois capables de faire effondrer les prix tout en empochant de jolies marges et en sortant la concurrence du marché. C’est exactement ce qui va arriver dans le domaine de la santé. Watson d’IBM va être notre oncologue ou notre médecin de référence. Apple, notre cardiologue (Apple Watch). Google, notre opticien (lunette augmentée). Facebook, notre réalité virtuelle. Amazon, notre cloud pour le dossier médical. Microsoft, notre analyseur de Big Data, etc., etc.

Bref, la maîtrise de la santé change de main. Et les nouveaux partenaires santé sauront sans doute faire ce que personne ne veut faire aujourd’hui : baisser les primes.

Il ne faudra pas ensuite se plaindre de leur domination, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les politiciens ?

* Xavier Comtesse est l’auteur du livre à succès : Santé 4.0, le tsunami du numérique, Georg, Genève