La Suisse manque cruellement de Data Scientists!

La révolution actuelle du numérique se caractérise par l’importance des données et leur maîtrise par les Data Scientists et autres experts en Data Analytic ou Deep Learning. En Suisse, et notamment dans le domaine de la Santé, ils font massivement défaut! Le Conseiller fédéral Scheider Ammann a raison il faut immédiatement investir dans la formation … et 150 millions c’est juste un programme d’impulsion … il faudra beaucoup plus sur la durée car tout le monde économique est en mutation pas seulement celui de la Santé…

Donc essayons de bien comprendre l’enjeu…. voici une courte introduction à la problématique:

Quelles soient structurées ou non, les données deviennent une grosse composante de toutes entités économiques, non seulement parce qu’elles sont créées en très grand nombre mais surtout parce que l’on dispose aujourd’hui d’outils permettant d’effectuer des analyses signifiantes en termes de qualités prédictives. En quelque sorte, les données commencent à “parler” et de plus, elles sont récoltées en grand nombre et sont “signifiantes”.

Pour bien comprendre ce phénomène, il est nécessaire de s’attarder quelques peu sur deux éléments forts qui ont fait changer notre rapport aux données: Le “Big Data” et le “Data Driven”.

1.- Le Big-Data, c’est ce déluge d’informations (de données non-structurées) dont parlait “the Economist” il y a déjà quelques années (25 février 2010). En peu de temps, nous avons collecté et stocké plus de 90% de l’ensemble des données jamais produites dans l’histoire humaine. Inimaginable. C’est ce que l’on appelle les Big-Data! Les On-line Data, les blogs, les tweets, les news, les notifications, les données de géolocalisation, de tracking d’activités, de diagnostic santé ou quantified-self, de e-commerce , etc. Cela est sans fin …on collecte tout et n’importe quoi. On produit toujours plus de données et nous sommes qu’au début du processus, car l’Internet des Objets va engendrer encore plus de données notamment celles qui seront produites entre robots, entre bots et autres algorithmes. Bref, comment tirer profit de cet amoncellement de données de base (raw data) ? Pouvons-nous apprendre quelque chose de ces données? Y a-t-il des caractéristiques intrinsèques (pattern) propres aux données qui pourraient servir la science, la gouvernance, la médecine, l’économie, etc. C’est ce que le Data Scientist, le Data Analytic ou le Data Mining essaient de découvrir.

Plus encore que le stock de données, c’est peut être dans la lecture du flot de données que des renseignements précieux vont nous parvenir! Si nous pouvions apprendre quelque chose sur l’avenir en lisant et interprétant le flot de données alors nous parviendrions à un nouveau niveau dans le calcul des prévisions.

2.- Le Data-Driven est justement cette démarche empirique et pragmatique qui se base sur les flots de données pour la gestion des systèmes d’information, des organismes étatiques, non-étatiques ou des entreprises. Ainsi la société digitale est d’abord caractérisée par les données puis par les algorithmes de traitement de celles-ci. Contrairement à la phase précédente d’automatisation et de robotisation des tâches humaines qui revenait à demander aux machines de réaliser automatiquement certaines travaux que l’homme effectuait auparavant… ici on évoque quelque chose de plus abstrait: la donnée. Quelles soient structurées ou non, les données doivent être collectées et surtout être traitées si possible en continu aussi!

Dès lors et même si ces dernières sont finalement stockées dans de grandes bases de données (Big Data), les données, tout comme les informations non structurées, vont composer une sorte de flux continu qu’il devrait être possible de comprendre instantanément à condition de disposer des outils adéquats.

Aujourd’hui, ces outils modernes d’analyses existent et permettent d’interpréter quasiment en temps réel ce flux de données ou d’informations en améliorant ainsi considérablement les processus décisionnels des entreprises ou des organismes étatiques. L’aide ainsi apportée par ces nouveaux outils concernent aussi d’autres domaines de l’activité humaine comme les processus de recherche (Google, Amazon, etc.) mais aussi de production, de marketing et de logistique pour ne citer que quelques domaines. Tout devient ainsi à flux tendu (ou continu) donnant au passage de nouvelles capacités prédictives aux structures dirigeantes qu’elles soient politiques, entrepreneuriales ou autres.

Regardons un instant ce qui est réellement en train de change.

D’abord, on voit bien que ce monde connecté va produire une quantité inimaginable de données, de renseignements et de connaissances nouvelles qu’il va bien falloir stocker, intégrer et analyser si possible – en temps réel – sinon cela ne servira pas à grand chose.

Le problème est dès lors bien posé: il suffirait d’appliquer une procédure de maîtrise des données! Ceci passerait par la mise en place dans les entreprises et les organisations gouvernementales d’une méthodologie systématique qui aurait comme tâche de faire fonctionner correctement cette nouvelle approche que l’on peut résumer simplement en cinq étapes:

1.- Créer un système complet d’information capable de recevoir des quantités considérables notamment non structurées (stockage)

2.- Mettre en place un réseau de capteurs physiques ou virtuels qui soient en mesure d’absorber ce flux massif et continu de données (captation)

3.- Maîtriser les outils d’analyse et de visualisation de ce flot de données tout cela temps réel (analyse)

4.- Inventer les nouvelles procédures de décision qui découle logiquement de cette nouvelle approche (assistance en intelligence artificielle)

5.- Réinventer un arsenal des procédures de contrôle, d’autocorrection ou de feedback afin de garantir une bonne gouvernance (gouvernance)

Pour la plupart des entreprises suisses … il n’y a plus qu’à se lancer dans l’aventure du Big Data en engageant ou en formant des Data Scientist … car les entreprises de demain vivront de la récolte de donnée.

référence: Data Entrepreneurs publié aux éditions G d’Encre.

 

Le concept de “Health Valley” n’existe pas !

Le concept de Health Valley qui est “vendu” depuis quelques années par quelques scientifiques et politiciens romands est un leurre.

Explications:

Dans le domaine de la Santé: la Métropole lémanique n’a ni la masse critique (aucune des 10 compagnies les plus dynamiques au Monde n’est basée dans la région) et encore moins la température critique (pas assez de start-ups y sont créées chaque année). Bref, parler de Health Valley c’est pas correct … du tout!

Donc essayons d’éviter d’utiliser des termes comme : Bio Valley, Health Valley, etc., qui renvoient à des réalités toutes autres.

Alors pourquoi pas réfléchir et agir de manière “plus large” en cherchant à associer d’autres secteurs économiques proches de la Santé comme la nutrition, le sport, le MedTech, le Quantified Self (y compris la montre connectée), l’Internet des Objets, le “machine learning” et les Big Data du Digital Health, sans oublier le bien-être ou l’hygiène de vie, etc.

Les métropoles de demain vont évoluer vers ce concept d’innovation “étendue” et tout particulièrement la Métropole lémanique. Elle va ainsi pouvoir profiter de son avantage compétitif en étant au cœur de ce nouveau changement.

En effet, plusieurs des nouveaux acteurs du secteur tels que Nestlé, l’Internet Society, le CIO et les organisations internationales du sport, de l’environnement (WWF) ou encore des régulateurs puissants comme l’OMS, l’OMC ou l’ISO sont sur son territoire.

Ces acteurs vont être tout à fait déterminants dans la manière dont le secteur de la santé, au sens large, va se transformer. 

Mais il ne faut pas pour autant parler de Health Valley mais plutôt de Health @ Large. 

Ce qui compte aujourd’hui c’est de transformer notre économie pas de la maintenir … sur d’ancienne base …

Développons:

La force représentative des mots et des concepts est fondamentale à la chose politique.

L’innovation et le développement économique n’échappent pas à la règle. Lorsque des noms comme Silicon Valley ou Cluster sont prononcés dans l’arène politique, cela peut déboucher sur des changements législatifs (lois), administratifs (ordonnances d’application) ou financiers (réallocation budgétaire).

Nous entendons par là qu’il y a des conséquences pouvant être lourdes selon l’usage de telle ou telle appellation. Il est donc très important de trouver le bon vocabulaire, le bon phrasé ou si possible le bon storytelling au vue des importants changements ou transformations en cours. Ainsi les vieilles expressions auront tendance à maintenir en place de vieux schémas politiques inadéquats.

Aujourd’hui deux termes obsolètes continuent pourtant à dominer outrageusement les politiques d’innovation et de développement économique dans la plupart des pays : ce sont les termes de Silicon Valley et de Cluster. Ils faut en finir avec eux!

Dans les années 70, le journaliste californien Don Hoefler forgea le terme de Silicon Valley pour désigner à la fois la région du sud de San Francisco et marquer la présence de nombreuses entreprises du secteur de l’électronique et de l’informatique. Le terme est resté dans l’imaginaire politique comme une métaphore de l’innovation technologique qu’il fallait absolument copier. Cependant on oublie souvent de considérer que le moteur même de l’innovation “made in Silicon Valley” est porté par un système d’ingénierie financière très particulier, basé sur le Venture Capital, les options à terme, un marché des IPO, et surtout une conception de l’enrichissement de quelques-uns autour de la valorisation souvent extraordinaire de la start-up elle-même. Il faut donc en même temps un environnement légal, juridique et administratif ainsi qu’un environnement sociétal autorisant ces mécanismes d’enrichissement, que peu de pays n’ont mis en place. Les politiques se sont souvent trompées en interprétant presque exclusivement ce processus comme un rapprochement du monde universitaire et du monde économique qu’il suffirait d’organiser pour rafler la mise. C’est un peu court. Lorsqu’il y a de belles affaires à faire, le monde économique trouve toujours son chemin. La création de parcs technologiques fut une réponse trouvée par les politiques à la question de l’innovation. N’oublions pas que Mellon Park, souvent cité comme exemple, a été précisément conçu (en 1949) pour garder des entreprises naissantes dans l’environnement de l’université de Stanford alors terriblement isolée. C’était un concept très différent de ce qui est généralement imaginé: il ne s’agissait pas d’attirer les entreprises mais de les garder !

Au bout du compte, personne ou presque n’a pu copier le modèle de la Silicon Valley ou même s’en inspirer valablement. Ce modèle est-il toujours d’actualité alors qu’un nouveau émerge ? Nous y reviendrons plus loin.

En 1990, le Professeur Michael Porter de l’Université de Harvard proposa le concept de Cluster pour désigner des pôles de compétitivité régionale basés sur une forte concentration d’entreprises et centres de recherche, notamment universitaires, dans un secteur économique précis. Le concept reposait sur deux idées-clé: une forte concentration géographique et une forte concentration de compétences sectorielles. Une émulation globale du secteur ainsi rassemblé était espérée, mettant en avant le principe de la masse critique.

Les politiques nationales et régionales se sont alors rapidement emparées du concept, car à la fois simple à comprendre et à mettre en œuvre. Pour former un Cluster, il suffisait d’identifier un territoire doté d’un domaine de compétences propres et de l’accroître en attirant d’autres entreprises et d’autres compétences de recherche. C’était du ressort des gouvernements : une politique de type exogène articulant allégements fiscaux et adaptation des conditions législatives ou administratives.

Dans un premier temps, le succès de ces politiques a répondu aux différents besoins, notamment en termes de croissance de l’emploi. Mais très vite, elles se sont avérées coûteuses et surtout porteuses de déséquilibre fiscal d’un Etat à l’autre, d’une région à l’autre. La conséquence prévisible, à moyen terme, est la montée en puissance de politiques de régulation, qui minorent la compétition fiscale et restaurent des pondérations favorisant une plus grande solidarité. Dans le même temps, de petits regroupements insignifiants, au niveau global, ont fait irruption, soutenus par des politiciens locaux et aveuglés par la nécessité de l’action publique. A tel point que la multiplication excessive de Clusters et de pôles de compétitivité, sans réel potentiel d’agrégation économique, a constitué un important écueil en décrédibilisant l’approche.

Au-delà des premières réussites, le concept s’est révélé inopérant dans la mesure où sa généralisation a dissous les particularismes propres à quelques territoires bien choisis et a estompé leurs effets compétitifs spécifiques. Certaines régions, pour des raisons d’échelle et de position dominante, continueront naturellement à profiter de l’effet de masse. Pour les autres, en revanche, le jeu est terminé.

Il faut donc maintenant passer à autre chose.

Deux nouveaux concepts déterminants émergent donc aujourd’hui : écosystème et spillover.

Ces deux concepts demandent à être compris par le monde politique et l’exemple du domaine de la santé pourrait être une occasion rêvée d’y parvenir.

Les nouvelles perspectives qui s’ouvrent sur la question de la santé — prise au sens large — permettent en effet de bien saisir la portée stratégique des écosystèmes et du spillover. Si l’on considère la Métropole lémanique – même si elle ne présente pas véritablement une masse critique, ni ne constitue un authentique Cluster, ou n’offre encore moins les caractéristiques d’une Silicon Valley – il faut néanmoins lui reconnaître la présence sur son territoire d’un nombre essentiel d’acteurs pour le futur du domaine de la santé que sont la nutrition, le sport, l’environnement, internet et les softs laws. Personne ne doute de la qualité exceptionnelle de la région.

La diversité de son tissu économique en fait une force pour demain.L’interaction entre les secteurs économiques et les domaines de connaissances priment désormais. C’est la fin du mode de la séparation, si chère à la science et à l’industrie. Demain, il n’y aura plus de grande distinction entre “soft” et “hard” (comme dans l’informatique par exemple). Les concepts d’écosystème et de spillover peuvent, mieux que n’importe quels autres, rendre compréhensible la nouvelle réalité sociétale et économique. La mise en lumière de cette transformation est fondamentale, aussi bien pour les politiques publiques que pour les populations.

Les acteurs de l’internet, de l’environnement, de la nutrition, des sports et des soft regulations seront demain les moteurs de profonds changements dans le domaine de la santé – au sens large – comme l’ont été la pharma, la biotech ou le medtech ces dernières cinquante années.

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définitions:

1.- écosystème

En écologie, un écosystème est l’ensemble de la faune et de la flore réunies dans un espace naturel. Il est composé de producteurs (les plantes), de consommateurs (les animaux) et de bio-réducteurs (micro-organismes) qui sont aidés par l’énergie du soleil. Par analogie en économie, un écosystème est composé de l’ensemble des gens, des infrastructures, des lois et des acteurs économiques et institutionnels composant un territoire. (Source Wikipedia) 

2.- Spillover

En économie, l’effet de spillover désigne une action, un transfert provoqué par un ou plusieurs facteurs externes. Cela peut être l’arrivée d’une nouvelle technologie, qui va changer les manières de faire industrielles (par exemple l’arrivée des commandes numériques dans l’industrie de la machine-outil dans les années 60-70), ou encore l’implantation d’une nouvelle entreprise, qui va créer des activités économiques nouvelles (par exemple l’implantation massive des traders de commodities à Genève dans les années 90-2000) ou enfin un transfert sociétal, organisationnel ou culturel majeur (ONU à Genève, CERN à Genève, Ballet Béjart à Lausanne). Le spillover, bien que très mal compris par les politiciens, est un facteur de changement bien plus significatif que normalement décrit. 

 

La révolution numérique a besoin de révolutionnaires … fabriquons les!

Tout le monde en convient, nous sommes entrés dans l’ère de la révolution numérique. Mais qui dit révolution doit penser aux révolutionnaires, donc à ces gens qui transgressent lois et coutumes… alors qu’aujourd’hui tout tend vers la normalité de l’innovation incrémentale, notamment dans le domaine de la Santé.

Ainsi, l’innovation dans ce domaine est surtout une innovation “officielle” provenant des grands équipementiers du medtech, des grands acteurs de la pharma ou de la recherche et de la médecine universitaire. Cette dernière est plus souvent “épaulée” mais guère “challengée” par d’innombrables petites start-ups pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant… tout ce monde est bien conforme et produit une innovation bien sage qui ne va certainement pas déboucher sur un produit de type “révolutionnaire”. La FDA et les procédures de validation veillent au grain et surtout détruisent la mauvaise graine. Ainsi, lorsque l’on parle de santé entre gens bien “pensants”, on parle d’un système de santé très organisé et institutionnalisé dans lequel l’innovation se porte très bien.

Mais ce système a ses limites: il est cher et de plus en plus cher.

Donc l’innovation dans le système ne semble pas être là où elle devrait être, à savoir s’intéresser à optimiser la performance tout en améliorant la santé des patients.  Aujourd’hui, on a plus l’impression que l’innovation favorise la préservation du système en protégeant les positions acquises plus qu’en le révolutionnant en profondeur. Or, aujourd’hui, c’est bien cette innovation de productivité qui est en berne.

Le digital ouvre à cet égard un tout nouveau chemin de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes et des “learning machines”. Bref, il y a une poussée extraordinaire en dehors du système, de ses régulations et de ses lois.

Dans l’univers de la santé, le “disruptif” viendra donc bien des données et des “protocoles algorithmiques” plus que des molécules “chimiques” ou “organiques”. Demain, c’est l’information qui va dicter sa loi.

Plus encore les protocoles seront des algorithmes auto-apprenantes et dicteront leurs lois. La médecine est affaire de protocoles et ceux-ci font finir pas avoir raison de presque tout. Comme le disait Lawrence Lessig déjà en 2000 dans le Havard Magazin: “Code is Law”. Il parlait de la force du “code” informatique. Autrement dit si on le transpose au domaine de la Santé, on peut imaginer que demain les protocoles seront issus du code informatique à savoir des algorithmes et des assistants personnels comme “Watson” et plus seulement résultant d’une autorisation de la FDA.

Il faut le rappeler: une révolution est conduite par des révolutionnaire et surtout pas par des législateurs. Donc, s’il y a bien une révolution, il ne faut pas regarder du côté de l’establishment pour comprendre mais dans les zones obscures des innovateurs “hors la loi”.

Ethereum, NetFlix, AirBnB, Oscar, les FinTech, etc. vont plus nous apprendre sur notre avenir économique et sociétal que n’importe quel projet du système actuel. En ce sens Didi est une réponse intelligente à Uber. Beaucoup plus que ce qui est proposé à Genève … par Monsieur Maudet!

La rupture doit être cherchée dans les failles du système et pas dans le système lui-même.

Ceci dit, il faudrait aussi donner quelques pistes pour sauver la métropole lémanique d’un avenir qui montre quelques signaux de faiblesses inquiétantes.

Voici donc pour une réflexion et une discussion plus large, voici quatre idées à parcourir:

 

1.- créer des filières en formation lourde de “Data Scientists”, spécialistes en “IoT”, en “Machine Learning”, etc. dans les EPF, les Unis mais aussi les HES.

2.- créer des “tiers lieux” de l’innovation disruptive autorisant et surtout encourageant le débordement des modèles de pensée (think out the box and out of the law)….

3.- encourager le “crowdfunding”, les “FFF”, les “angels”, le “local corporate funding”,  la crypto-monnaie pour le financement de projets de ruptures … et décourager le “capital venture” qui favorise des “exits” agressives détruisant ainsi la valeur notamment fabriquée localement.

4.- bypasser les systèmes de transferts de technologie, les parcs scientifiques et toutes autres formes qui pourraient être nuisibles aux processus de créativité disruptive.

 

Il y a sans aucun doute d’autres propositions à faire… mais ce qui compte pour l’instant, c’est vraiment d’abord de comprendre l’extraordinaire amplitude de la transformation en cours et ensuite de se donner les moyens d’y participer… cela donnerait de l’espoir aux jeunes au moins…

 

Et maintenant place à une médecine prédictive !

Le séquençage du génome, la digitalisation des dossiers patients, les capteurs du digital health, le self quantified, les données non structurées du Big Data, Watson, etc.,  sont tous des éléments incontestables d’une grande transformation de la médecine.

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux.

Ces informations étaient alors limitées dans la quantité et dans le temps.

Aujourd’hui et surtout demain, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce à la “data analytic”, au “data mining”, à la “machine learning”, etc. tout va changer… on entre rapidement dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

Tout a commencé avec l’apparition de la génomique

C’est à la fin du siècle dernier et grâce aux progrès technologiques que le nombre et les sources d’informations se sont diversifiés et que l’information à disposition du médecin a été considérablement enrichie notamment grâce aux progrès de la biologie et de l’imagerie médicale mais surtout de la génomique.

C’est ainsi que le médecin a commencé à disposer de données toujours plus nombreuses et précises pour l’aider dans son diagnostic et le guider dans sa prescription.

Tout cela, c’était encore avant les Big Data, le self quantified et les capteurs, … Aujourd’hui le praticien est noyé sous l’information … il va devoir faire appel à des moteurs d’analyse du genre Watson qu’IBM est en train de préparer!

Des données non-structurées … de plus en plus pertinentes

Ainsi la rencontre entre les sciences de la vie et la mathématique, celle des données massives et des algorithmes va changer profondément la médecine. Maintenant que l’on a à la fois la capacité de capter d’énormes quantités de données hétérogènes et complexes et d’en assurer le traitement pour en extraire une information pertinente les choses évolue rapidement.

Maintenant que l’on est capable d’associer des données issues des moyens traditionnels avec celles produites par la jungle des objets connectés qui est en train d’envahir nos vies, sans oublier ces milliards de données aujourd’hui sans intérêt d’ordre médical, comme les services de géolocalisation, de blog ou de tweets, d’achat commercial en ligne et de paiements électroniques ou tout simplement de nos déplacements consignés sur nos montres connectées, la médecine prend un virage massif vers le “pouvoir des données plus que des molécules.

En quelque sorte, on quitte le “driver” du vivant pour celui de l’information portant sur le vivant.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques, vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Plus seulement le résultat d’un seul examen

Demain, la donnée de santé ne sera plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus long de type algorithmique destiné à mettre à jour une information médicale permanente.

Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde des algorithmes. Il faut désormais voir les phénomènes et les bouleversements qui accompagnent le développement du numérique comme le signe d’une autre et profonde transformation, cette fois-ci sur notre vision du monde de la santé.

Médecine prédictive et personnalisée

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithme converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre.

L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui marient la vocation à combattre la maladie avec celle d’aider le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Watson veut prédire … avant de guérir !

Le Big Data, c’est enfin la possibilité non plus seulement de prévenir mais surtout de prédire. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable-

Les promesses du Big Data sont ainsi immenses et rappellent à bien des égards, celles du début de la génomique.

IBM a annoncé tout récemment vouloir racheter Truven Health Analytics pour 2,6 de milliards de dollars, pour faire de sa division santé Watson Health un des plus grands lieux de stockage de données médicales au monde.

Les données proviennent des milliers d’hôpitaux, sociétés et administrations des états fédéraux américains. Watson Health sera alimenté par les médecins, épidémiologistes, statisticiens et experts créant des données de très haute précision et valeur.

Truven possède un portefeuille de 8000 clients, comprenant hôpitaux, médecins, entreprises privées et agences gouvernementales. Elle est la troisième entreprise de données à avoit été acheté par IBM et la quatrième acquisition depuis la naissance de Watson Health,  il y a 10 mois.

L’achat de Truven permet à IBM Watson de doubler de taille et passer à presque 5 000 employés. Quand l’achat sera finalisé, IBM aura investi plus de 4 milliards et Watson Health deviendra le leader mondial des données médicales et analytiques.

L’entreprise sera la seule à pouvoir efficacement exploiter les capacités cognitives uniques de la plateforme Watson.

 

(Références: ce blog a été largement “détourné” d’anciens blogs de Noujoude.wordpress.com et de Oxana G. sur Objetconnecte.com)

 

Les plateformes de la “sur-traitance” vont désormais dominer l’économie et la société!

On avait l’habitude d’un système de production économique organisé le long de la chaîne de la valeur… avec notamment les intermédiaires commerçants et la sous-traitance qui jouaient tout deux des rôles importants … eh bien désormais deux acteurs nouveaux vont accaparer l’essentiel de la valeur… ce sont les consom’acteurs et la sur-traitance

Dans la nouvelle chaine de la valeur de la production à la consommation, le client fait une entrée remarquée. Il devient consom’acteur !

Par son activité, par sa participation, sa mise à disposition de ses avoirs (logement, voiture, etc.) sa co-créativité, son co-financement, etc. le consommateur change de statut. Il est désormais l’agent économique le plus important.

IKEA l’avait transposé dans la chaine de la valeur en lui donnant la tâche de déménageur et de monteur. En effet, en achetant un meuble IKEA, le client devait non seulement transporter le meuble du magasin au domicile qui est la partie la plus coûteuse de tout transport (le dernier kilomètre) mais également le montage du meuble en suivant les instructions d’assemblage. IKEA empochait au passage de substantielles marges mise au profit du marketing et du design. Tout le do-it-your-self fonctionne sur ce principe de mettre le client en action dans la chaine de la valeur. Des formes différenciées du do-it existent également, pensons ici au tuning pour les voitures par exemple ou aux activités nombreuses des makers, sortent de bricoleurs de génie de l’électronique qui ont tout de même récemment été les précurseurs des “drones” et autres imprimantes 3D. Justement demain l’impression 3D ira un pas plus loin que le simple do-it, en offrant la création de certains objets carrément à domicile. On peut très bien imaginer que la vaisselle soit demain produite pour un repas spécifique genre baguette chinoise ou tasse de thé, puis simplement jetée après usage.

Airbnb, BlaBlaCar représentent une seconde vague des actions participatives possibles. Il y a cependant ici à nouveau un changement majeur puisque l’on à faire à la valorisation de biens de particuliers. La maison, le chalet, l’appartement, la voiture, des outils spécifiques peuvent être désormais loués facilement sur des plateformes internet de particulier à particulier. C’est donc bien une nouvelle forme de capitalisme qui émerge puis que des biens jusqu’ici considérés à usage purement personnel, deviennent des avoirs qui rapportent des revenus! Le consom’acteur agit ainsi en investisseur.

De nouvelles activités rétribuées mais hors économie traditionnelle, apparaissent sur les plateformes Internet, c’est celle du travail complémentaire voir partagé. Faire la cuisine et recevoir à domicile contre paiement des personnes qui ont réservé leur place via Internet, jouer au concierge d’achat pour des clients pressés, faire du maquillage à domicile, donner des cours de conduite entre pairs, faire du co-voiturage payé, etc. de nouveaux “petits” métiers se révèlent par milliers ainsi à côté de ceux plus traditionnels de garde d’enfants, de leçons privées à domicile, de ménage, etc.

La sur-traitance.

Plus important encore, il y a de nouveaux acteurs majeurs qui arrivent avec force dans le champ économique : les sur-traitants. Par opposition à la sous-traitance, les sur-traitants coiffent la chaine de la valeur en s’attribuant le maximum de marges. Ce sont les exemples de Google dans la publicité, d’Apple Store pour les Apps, de Uber pour les taxis, de Facebook dans les réseaux sociaux, de Watson dans la santé qui montrent le chemin. La sur-traitance c’est le positionnement d’une entreprise au cœur même de l’écosystème qu’ils créent généralement eux-mêmes. Tous les autres acteurs de l’écosystème vont dépendre d’eux. Ils dictent le jeu et récoltent les marges. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition des plateformes digitales. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l’économie : la téléphonie, les médias, la marketing, le commerce mais aussi la santé (digital health), la maison (domotique), l’usine (industrie 4.0), etc.

La sur-traitance est la grande nouveauté économique de cette dernière décennie. C’est surtout Apple et son Apple Store (2007) qui ont donné de la visibilité à ce phénomène. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’entreprises travaillent pour créer des apps vendues sur les plateforme d’Apple ou de Google voir Samsung. Ces trois compagnies sont des “sur-traitants” de la téléphonie et des applications liées à ces dernières.

La sur-traitance crée de fait une forte dépendance pour les autres acteurs, à l’exception peut-être du consom’acteur (car il lui reste en général le choix de changer de plateforme), sont devenus largement dépendants du sur-traitant. Tout le monde est en quelque sorte devenu sous-traitant de l’écosystème à l’exception de rares entreprises qui vont dominer les autres. Cette situation est totalement nouvelle. Il n’y a pas d’équivalent dans l’histoire économique.

Si bien que certains acteurs n’y ont vu que du feu. Par exemple, Tag Heuer a offert un terminal à Google, propriétaire de la plateforme Android. A la fin c’est Google qui décide des marges de chacun, pas Tag Heuer. C’est cette dépendance nouvelle sur les marges qu’il faut saisir car avant dans l’ancien mode économique, il y avait au mieux une dépendance sur les volumes que les réseaux de distribution (y compris Amazon) ou les grands producteurs (par exemple l’automobile) pouvaient dans certain cas imposer aux entreprises de la sous-traitance productrice. Dorénavant, tout le monde va être captif de la sur-traitance.

La sur-traitance est une réalité nouvelle et la guerre économique pour obtenir se statut dominant ne fait que commencer. Les “Fintechs” vont affronter la banque traditionnelle (ils ne veulent plus être des sous-traitants mais jouer le rôle de sur-traitant). Dans l’industrie c’est la lutte pour le 4.0. Question médias, Google a déjà pris le large. Reste encore une interrogation sur la santé : Watson d’IBM semble bien placé… mais que vont faire les Roche, Novartis, Pfizer et Co. ?

La sur-traitance est donc vraiment l’enjeu clé de la décennie à venir… pour tous!

Comme on vient de le voir ces deux entités/acteurs (le consom’acteur et le sur-traitant) sont désormais ceux qui vont faire l’économie de demain. Le développement des machines-learning va ainsi amplifier le pouvoir du consommateur en le rendant acteur de sa propre vie. L’exemple des “bots intelligents” qui demain par centaines de milliers seront le bras armé de cette nouvelle réalité. La sur-traitance va améliorer sa position grâce à des plateformes de plus en plus puissantes, précises, analytiques et évolutives rendant tous les producteurs (industrie et service) dépendants de ces derniers.

Revenons un instant sur un élément clé de ce changement économique concernant le système financier et la valorisation des avoirs jusqu’à aujourd’hui détenus/répartis par le système financier (banque, poste, assurance) quasi incontournables pour le négoce, commerce, la capitalisation, les prêts à la consommation, etc. Dorénavant, les plateformes digitales (sur-traitance) vont occuper tous les champs possibles du système financier en rapprochant les consommateurs des producteurs. Ainsi le crowdfunding de Pebble sur la plateforme Kickstarter.com évitera de faire appel au venture capital ou aux banques. De nouvelles plateformes de prêts entre particuliers ou bien entre PME apparaissent tous les jours. Les Fintech ont la prétention d’être des sur-traitants. S’ils réussissent, les banques disparaitront. Airbnb, BlaBlaCar et d’autres ont montré un autre aspect de cette logique en permettant aux consommateurs de valoriser des actifs comme leur appartement, leur véhicule et même leur force de travail ou temps libre. Cet aspect de la valorisation capitalistique des avoirs individuels est une vraie révolution en soi.

L’accumulation de tous ces bouleversements nous entrainent irrémédiablement dans l’ère digitale notament du Digital Health.

Quant à l’avenir du système de santé c’est tout aussi violent… demain le second avis médical sera Dc. WATSON de IBM (un des prochains grands SUR-TRAITANT)… et qui sait ce second avis sera peut-être le choix systématique du consom’acteur !

Santé 4.0: Une innovation “disruptive”

L’innovation dans le domaine de la Santé (Life Science comme le disait Patrick Aebischer) est, en Suisse, d’abord une affaire très “conventionnelle”, conduite par des médecins, des chercheurs en médecine, des ingénieurs, des scientifiques des domaines de la pharmacie, de la chimie, de la biologie….et jamais par des révolutionnaires (il faut regarder vers les USA, Israel ou la Chine pour en voir de cette espèce là).

Aujourd’hui, ce système commence à être challengé … car non seulement les coûts de la santé deviennent prohibitifs … mais aussi parce que le numérique propose une alternative à travers une véritable innovation “disruptive”. Le modèle santé actuel va sans doute s’effondrer sous nos yeux. On commence à le percevoir avec l’émergence du Digital Health.

L’innovation “conventionnelle” dans la santé semble donc avoir atteint ses limites! Il faudrait maintenant s’intéresser davantage à l’innovation “disruptive” seule à même d’améliorer les fondements du système. Aujourd’hui, c’est bien plus l’innovation dans le système de la santé qui est en berne que l’innovation de santé. C’est donc à une “ubérisation” de la santé à laquelle il faut s’attendre!

Le constat est clair: les systèmes de santé sont partout en crise, confrontés à leurs lourdeurs, à des problèmes de financement, de déficit, d’explosion des coûts…

L’innovation “disruptive”, celle qui amène des transformations du système en lui-même, devrait maintenant prendre le relais avant que tout s’effondre en un système à plusieurs vitesses…avec plusieurs classes de traitement!

Vers une médecine prédictive de rupture

Il suffit d’observer les développements récents du domaine de la santé pour s’en convaincre: la médecine curative est en train de faire place à une médecine prédictive. Et à mesure qu’elle se déplace, elle devient de moins en moins collective et publique, et de plus en plus individualisée et privée. Les grands acteurs traditionnels se voient aussi être confrontés avec de nouveaux arrivants souvent beaucoup “plus gros” qu’eux-mêmes: les géants d’Internet. Un choc des titans s’annonce.

Les patients/malades et la société bien portante vont être au cœur de cette révolution car les données qu’ils produisent et véhiculent, seront le fondement même de la révolution en marche. La maîtrise des Big Data et des outils d’analyse de ceux-ci sont les prochains enjeux de l’innovation “disruptive” … les acteurs traditionnels ne sont pas les mieux placés pour en sortir vainqueurs.

Nous sommes à la veille d’un changement de pouvoir et tout le système santé sera revu de fond en comble. Fini le rôle du médecin en tant que pivot incontournable du système… on va voir les “protocoles” donc les algorithmes prendre le dessus… attention par n’importe quel protocole: ceux basé sur les Big Data et les programmes informatiques d’auto-apprentissage de l’intelligence artificielle et pas ceux anciens de la statistiques de grand papa… (à suivre)

 

Aujourd’hui, AlphaGo a battu, en trois manche à zéro, le meilleur joueur au monde de Go!

Vendredi AlphaGo avait déjà battu, en démonstration, une équipe de joueurs de Go formée par Chen Yaoye, Zho Ruiyang, Mi Yuting, Shi Yue et Tang Weixing. Mais aujourd’hui, une partie beaucoup plus importantes  a pris fin , en trois manche à zéro, contre le Chinois Ke Jie, considéré comme le meilleur joueur au monde. Les algorithmes auto-apprenantes de Google (DeepMind) sont imbattables. L’année dernière elles avaient déjà eu raison du coréen Lee Sedol,

Le jeu de Go est connu pour être le jeu de stratégie le plus compliqué au monde. Ainsi donc une nouvelle étape a été franchie dans la quête d’une Intelligence Artificielle Supérieure !

Maintenant on y est: l’homme passe la main … question intelligence de jeu … en sera-t-il de même pour le reste notamment en médecine?

Bref retour sur une lutte entre humains et machines:

En mai 1997, Deep Blue (IBM) a battu Kasparov au jeu d’échec. Pour la première fois de l’histoire, le champion du monde de l’époque a du s’incliner contre l’ordinateur sur le score de 2½ à 3½. A ce moment là, Deep Blue mesurait 1,80 m et pesait 1,4 tonne. Il fallait vingt personnes pour qu’il fonctionne et son logiciel fonctionnait sur la base des “systèmes experts” qui a l’époque, était ce que l’on faisait de mieux en Intelligence Artificielle. Grâce à son incroyable force de calcul, Deep Blue a joué lors de ce match quelques coups de la classe d’un grand maître dont l’un, abondamment commenté dans les revues spécialisées, a complètement déstabilisé Kasparov.

Mais aujourd’hui ce qu’a présenté Google dans l’affrontement au jeu de Go est d’un tout autre ordre… c’est une machine en réseau qui sait apprendre!

DeepMind: une machine de Turing auto-apprenante

Un des défis que tente de relever DeepMind est de réaliser une mémoire à court terme similaire à celle du cerveau humain. Le système développé est un type de réseau de neurones qui a été adapté pour fonctionner avec une mémoire externe. Le résultat est un ordinateur qui apprend en stockant des souvenirs et en les réutilisant pour effectuer des tâches logiques qu’il ne saurait faire autrement. Comme cette forme de calcul diffère de manière importante d’un réseau neuronal classique, DeepMind lui a donné un nouveau nom : une machine de Turing neurale. La machine de Turing neurale apprend comme un réseau neuronal classique en utilisant les entrées qu’il reçoit du monde extérieur mais qui apprend aussi à stocker ces informations et à les récupérer.

Deep reinforcement learning

DeepMind combine la technique d’apprentissage automatique de “machine learning” avec une technique d’apprentissage renforcée. La technique est nommée Deep reinforcement learning. Le logiciel apprend en effectuant des actions et en observant les effets et conséquences, de la même manière que les humains ou les animaux. Mais jusqu’au tournoi de Séoul, personne n’avait réussi à construire un système capable de réaliser des actions aussi complexes que jouer au Go. Une partie du processus d’apprentissage consiste à analyser les expériences passées à plusieurs reprises pour tenter d’extraire des informations plus précises pour agir plus efficacement à l’avenir. Ce mécanisme est très proche de ceux qui ont lieu dans le cerveau humain, notamment parce qu’il s’auto-alimente en savoir/expérience en jouant/réfléchissant tout seul. Un peu comme lorsque l’on dort/sommeille…l’esprit continue à travailler.

Leçon pour l’avenir de la Santé: Deep Health

Dorénavant nous avons deux approches qui s’affrontent pour prendre la position de “sur-traitance” dans l’économie de la Santé. D’un côté, Google Health qui mise avant tout sur des machines d’auto-apprentissage et de l’autre IBM/Watson Health qui a choisi, en premier lieu, le chemin des Big Data et du Data Analytic.

Ce qui s’affronte ici, c’est le savoir en mode apprentissage contre le savoir accumulé…

Devinez qui va gagner?

 

Le système “santé” est à la veille d’un grand bouleversement… voilà pourquoi?

(1) La Santé coûte cher, trop cher: la faute à l’emploi ?

Pour comprendre l’évolution du système de santé suisse, rien ne vaut un détour par les Etats-Unis où le système est le plus cher et le moins productif au monde. Une mise en perspective de deux systèmes proches mais ayant quand même des caractéristiques propres, permet de voir ce qui va mal, très mal chez eux mais chez nous aussi. Donc, si les suisses consacrent beaucoup d’argent à leur système de santé, environ 11,5% du PIB c’est encore très peu par rapport à ce que les américains subissent (17,1%). C’est inquiétant surtout pour l’avenir de notre système qui a tendance en général à suivre l’Amérique, avec un léger délai !

Pourquoi cela coûte si cher et pourquoi cela ne cesse-t-il d’augmenter?

Pour ce faire, il faudrait se demander d’abord si l’un des acteurs du système (hôpitaux, médecins, pharma, assurances, etc.) abuse du système.

La distribution des coûts est la même entre les deux pays !

Mettre ensemble les chiffres des coûts de la santé n’est pas chose facile…  les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez regarder… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (CH) :

  • Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)
  • Les médecins représentent 28% (26%)
  • Les médicaments représentent 14% (18%)
  • Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)
  • Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)
  • Les frais administratifs 7% (5%)

En comparaison, les chiffres se ressemblent beaucoup et pourtant, ce sont bien deux systèmes différents dont la distinction fondamentale est à chercher dans l’intervention de l’Etat en tant que régulateur. Même ainsi la répartition des coûts – presque semblable – ne permet pas d’accuser l’un ou l’autre des partenaires du système de santé américain ou suisse d’exagérer. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient avant tout d’une embauche exagérée!

Personne n’ose l’avouer mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué depuis deux décennies au moins, la hausse des coûts. Les changements de la démographie ou de la technologie souvent évoqués, ont créé dans le secteur de la santé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là est tout le problème!

C’est vrai aux USA mais aussi en Suisse. Près de 15 millions de jobs santé aux USA et 450’000 en Suisse (soit près de 10% des emplois) ! C’est énorme surtout que le nombre de postes de travail dans la santé n’a cessé de croître depuis vingt ans et ceci même pendant la crise de 2009. C’est clair : il y a une corrélation parfaite entre création d’emplois et coûts de la santé!

Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: « la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause ». Messieurs les régulateurs, prenez donc l’initiative d’un gel de l’emploi dans la santé et vous verrez que tout ira mieux!

(2) Les « UBER » de la Santé existent déjà !

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est caduc, car essentiellement peu productif… il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche pour plus d’efficacité, de rapidité, de coaching par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), pour moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou à distance (télémédecine), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable…

Ainsi certainement tous les domaines de la Santé vont être touchés car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont présentes dans ce secteur économique précis: peu de productivité et des marges importantes.

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le « CO-OP Health Program »). Ainsi des sociétés comme « Oscar Health » ou « ZoomPlus » vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essayent de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans « OSCAR ».

2.- « PAGER »: c’est une plateforme internet et une « apps » qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir un chauffeur de taxi débarqué, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du « Healthcare Digital » se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière). Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de « PAGER ». On peut citer rapidement des entreprises comme: « Projet IO » pour des prothèses imprimées en 3D; « Medwand » qui offre une sorte de télé-médecine très simple; « CrowdMed » c’est un service pour apprendre avec les autres; « SkinVision » pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore « PillPac »k pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y ont investi massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore la « Apple Watch » pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

Aux USA: la révolution a débuté alors qu’en Suisse, on ne fait que parler … des hausses de prime. Il est grand temps de lancer des initiatives concrètes et arrêter de se palabrer.

(3) Dr Watson vous assistera personnellement, tout le temps !

Les algorithmes et donc l »intelligence artificielle au service du patient (ou des « biens portants ») pourraient révolutionner tout le système à eux seuls car ils auront les moyens de « bypasser » le médecin!

Aujourd’hui, le programme « Watson » du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le « Big Data » médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le « Massachussetts General Hospital » pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre « premier recours/secours » médical!

Comme SIRI (Apple), NOW (Google). CORTANA de Microsoft ou encore « M » de Facebook, WATSON sont capables de répondre très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le « Big Data » des réponses intelligentes.Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

Pourtant, en quelques décennies comme l’ont fait les banques (ATM, bancomat), les agences de voyage (TripAdvisor), les cartes routières (GPS), les vidéos (streaming et fin des magasins), la vente des tickets et les enregistrements (aéroport), les taxis (UBER), la location d’appartements (AirBnb), etc.

C’est donc une toute nouvelle médecine qui va évoluer devant nos yeux.

Seul véritable problème pour la Suisse: malgré une très forte présence du domaine en Suisse notamment au niveau de la recherche (50% de nos moyens y sont consacrés) … l’innovation algorithmique se passe comme d’habitude ailleurs principalement à Boston et San Francisco.

4) Walk-In Clinic : les bobos de proximité

La santé et particulièrement les soins ont toujours été une question d’urgence, à régler en quelque sorte dans l’instant. Pourquoi souffrir et attendre. Le système de santé est pourtant lent avec ses salles d’attentes et ses multiples intervenants organisés en rendez-vous successifs. Aujourd’hui, le patient est impatient. Au temps de l’Internet, il veut une réponse immédiate! Les « Walk-in Clinic » répondent à ces nouveaux besoins de la société contemporaine.

Le concept est simple. Sans rendez-vous, vous pouvez vous faire diagnostiquer, soigner ou conseiller rapidement auprès d’une infirmière ou d’un docteur. Fixer un petit bobo ou passer un examen rapidement peut vous éviter la lourdeur des urgences de l’hôpital ou la pénible liste d’attente du médecin. Disponible partout, ouvert tout le temps et rapide, tels sont les trois éléments de la recette qui apporte aujourd’hui une grande satisfaction aux usagers américains.

C’est un véritable bouleversement des habitudes et des pratiques car les « Walk-in Clinic » sont pour la plupart gérées et situées dans les pharmacies. Les trois principaux groupes possédant des chaînes de pharmacie sur sol américain sont devenus très actifs dans ce domaine des cliniques rapides. Chez CVS, on a développé le concept de « Minute Clinic », chez Rite Aid, on a acheté « RediClinic » et chez Walgreens, on parle de « Healthcare » mais grosso modo c’est la même chose. C’est du « all in one « : soin et médicament dans le même lieu. Cela répond à un fort besoin de la clientèle américaine toujours plus pressée. Le nombre de ces cliniques n’a cessé de croître. On en dénombre aujourd’hui plus de 10’000 et le nombre de celles qui sont localisées dans les pharmacies ne cesse lui aussi d’augmenter. CVS a lui seul en détient aujourd’hui environ 900. Il pense en gérer 1’500 d’ici 2017. Walgreens et Rite Aid ne sont pas en reste avec un millier de ces cliniques ouvertes récemment. Mais Walgreens ne s’arrête pas là. Il développe une présence permanente avec une « apps » testée depuis 2014 qui permet via un smartphone d’être instantanément en contact avec un pharmacien ou un docteur pour de petits « bobos » qui arrivent malheureusement quotidiennement.

A l’avenir, ce type d’offre va être central pour le système de la Santé en général car il est bon marché, facile d’usage et répond à un nombre important de situations médicales. Par ailleurs, l’effet de proximité combiné aux réseaux communautaires, en forte extension, créera les conditions propices à leur développement à très grande échelle.

En Suisse aussi les choses bougent d’abord avec l’ouverture à Bâle en 2010 de la première « Walk-in Clinic » au nom évocateur de  » MediX Toujours »; mais c’est surtout le rachat par le groupe Migros de SantéMed qui a frappé les esprits. Désormais Migros gère directement avec Medbase et SantéMed une centaine de docteurs pour une médecine ambulatoire de proximité.

Les temps changent vraiment et les acteurs économiques aussi. On est bien à la veille d’un bouleversement sans précédent!

(5) « The Patient Will See You Now »

Un livre fait fureur aux USA depuis le début 2015, il parle de la révolution médicale. « The Patient Will See You Now » (le patient va vous recevoir maintenant) a été écrit par le Docteur Eric Topol, l’un des meilleurs futuristes mondiaux du domaine. Le livre examine ce qu’il appelle « le moment Gutenberg de la médecine ». Tout comme l’imprimerie a libéré la connaissance du contrôle d’une classe d’élite religieuse, la nouvelle technologie des algorithmes médicaux est prête à démocratiser la médecine. Dans cette nouvelle ère, les patients pourront contrôler leurs propres données et s’émanciper d’un régime médical paternaliste dans lequel  » le médecin connaît toujours le mieux les choses.  »

Les téléphones mobiles, les montres connectées, les « apps » et les « sensors » dédiés seront en notre possession. Si bien que littéralement, nous porterons sur nous (dans nos poches, nos poignets ou même dans notre corps) toutes les capacités d’un laboratoire de diagnostic et d’unité de soins rapides.

Les algorithmes des ordinateurs remplaceront les médecins pour de nombreuses tâches de diagnostic par le biais d’énormes ensembles de données (Big Data) qui vont nous donner de nouveaux moyens pour aussi prendre en charge des maladies chroniques (diabète, zona, hypertension artérielle, etc.)

En dépit de tous ces avantages, la voie à suivre s’avère très compliquée car certains dans le système de santé et les établissements médicaux vont faire de la résistance. Ces changements de la médecine digitale soulèvent de sérieuses questions entourant notamment la vie privée et la capacité des gens ordinaires à se prendre en charge.

Néanmoins, les résultats escomptés pour une telle émancipation généralisée semblent être illimités. En effet, lequel d’entre nous voudrait se passer d’un système plus efficace, moins cher, plus démocratique et plus humain avec des soins de santé accessibles à tous!

Dans un livre antérieur déjà fort remarqué: « The Creative Destruction of Medicine » de 2012, Eric Topol était alors davantage concerné par l’effet économique de la transformation technologique. Mais dans son dernier livre, il prend vraiment le point de vue du patient qu’il met au centre de la révolution actuelle.

Que s’est-il passé en moins de trois ans pour qu’il affine pareillement son approche?

C’est l’arrivée d’UBER qu’il cite souvent comme une avancée notable des écosystèmes d’algorithmes (software) qui l’a marqué. Il voit dans cette plateforme, une capacité software à résoudre des problèmes quotidiens que la technologie hardware – en quelque sorte- n’arrivait pas à maîtriser et surtout le pouvoir de changer les régulations locales (principal problème de la sclérose du système). C’est au cœur de sa pensée actuelle. Il faut saisir à quel point le monde à basculer dans un autre univers comme ce fut le cas avec l’imprimerie de Gutenberg. Désormais, la médecine ne sera plus jamais la même!

C’est définitivement cette vague profonde des algorithmes venue principalement de San Francisco qu’il faut désormais comprendre et intégrer dans notre vision du futur.

La Suisse doit ainsi penser à enseigner davantage les mathématiques que les langues car la langue de demain sera l’algorithmie…

(6) Organic Food: le premier des médicaments !

La mutation alimentaire des américains a commencé. Les supermarchés consacrent désormais des allées entières aux produits organiques, les marchés fermiers de producteurs locaux se multiplient à l’approche des villes et les restaurants affichent la liste des fournisseurs et producteurs qui composent leurs menus. Les gens sont surtout devenus soupçonneux du commerce des « Big Food », un terme fourre-tout qui sert à désigner la chaîne alimentaire classique – que ce soit vrai ou faux, tout doit être organique.

Mais de manière plus authentique, il y a un vrai désir chez les consommateurs américains de transparence. Les gens veulent savoir ce qu’ils mangent et quels effets cela peut produire sur leur bien-être ou sur leur santé.

Beaucoup de start-ups se sont lancées depuis peu dans le business. La médiatisation est forte. Et la cause du -tout organique- a permis à des personnalités comme Melissa Fox, une star du domaine aux USA, de créer leurs propres entreprises. Son entreprise « M-Jo » vit de produits de substitutions pour les repas traditionnels avec des aliments uniquement à base de plantes et des ingrédients non-OGM. Les petites entreprises alimentaires purement organique sont nombreuses à l’image de « Earth’s Best » avec des produits essentiellement pour bébé ou encore d’Amy’s Kitchen, « Organic Valley »et « Green&Black’s » qui font tous partie de ce que l’on peut désormais considérer comme des classiques de l’organique. Mais l’innovation ne s’arrête pas là et des produits nouveaux émergent comme Soylent qui se veut être une boisson nutritionnelle conçue pour couvrir à elle seule, l’intégralité des besoins alimentaires quotidiens. Enfin, le capital venture est aussi présent avec « AccelFood » à New York qui a déjà investi plusieurs dizaines de millions dans 16 start-ups. Cela bouge dans les métiers de bouche!

Les « Big Food » cherchent, eux aussi à se maintenir à flot avec ce courant d’idées nouvelles. Ainsi General Mills a promis de retirer tous les colorants et arômes artificiels de ses céréales pour 2017. McDonald vend moins de sodas avec ses « Happy Meals ». Et de nombreuses grandes entreprises de la distribution ou de la production alimentaire se convertissent rapidement pour avoir aussi une offre santé. Par exemple, General Mills a dépensé 820 millions de dollars pour l’achat d’ »Annie », une compagnie leader dans la production de produits purement organiques et Campbell a dépensé 1,56 milliard de dollars pour « Bolthouse Farms », l’autre compagnie exemplaire dans la production écologique de nourriture.

En Suisse Romande, nous avons un des plus grands acteurs de la branche qui lui aussi a décidé d’investir sérieusement le domaine. Avec « Nestlé Health Science » l’approche est quasiment thérapeutique. Le centre installé sur les hauteurs de Lausanne vise plutôt les alicaments… mais quelque part c’est la même idée: « que l’aliment soit ton premier médicament », Hippocrate l’avait dit il y a 2450 ans environ!

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Xavier Comtesse est aussi l’auteur de l’étude: « La Santé de l’Innovation Suisse », nov. 2013, Avenir Suisse

 

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’assaut des assurances !

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’instar de la pasionaria Primavera De Filippi … enflamment les salles … lors de leurs nombreuses conférences … un sujet encore peu connu du grand public c’est le rôle que pourrait jouer les blockchains pour les assurances…

Exclairage …  avec un extrait *détourné* d’un blog du site “Blockchain France” (cf. la source en bas de page).

“Si les grandes sociétés d’assurance se penchent aujourd’hui sur la blockchain, c’est parce que cette technologie permet de “bypasser” les phases de déclaration, et de construire de nouveaux systèmes d’assurance via internet et ceci sans intermédiaire. Les modèles d’assurances “peer-to-peer” existent déjà (par exemple Friendsurance ou inspeer.me), la blockchain y donne un nouvel élan grâce à des systèmes d’assurance automatisés à base de smart contracts.

Les “smart contracts” sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés. De nouvelles entités spécialisées opérant avec les blockchains, les “oracles”, permettent de gérer les données des smart contracts et de déterminer, par exemple, si les conditions sont bien remplies pour déclencher le paiement.

Ces mécanismes promettent des changements majeurs pour les systèmes d’assurance actuels. En automatisant l’exécution des contrats, ils permettent aux assurés comme aux assureurs de s’émanciper des phases déclaratives : formulaires, réclamation, vérification, déclenchement de l’indemnisation…

Le blockchain, en faisant office de tiers de confiance automatisé, ouvre la voie à une diminution des coûts de structure tout en fiabilisant et en accélérant les processus de décision. A terme, cela générerait surtout une plus grande satisfaction des assurés via la mise en place de nouveaux services plus intuitifs et plus rapides.

L’exemple souvent cité pour illustrer les modèles d’assurance basés sur les “smart contracts” est celui de l’assurance dite indicielle ou paramétrique, autrement dit l’assurance liée à un indice tel que par exemple la température ou le niveau de pluie.

Mais d’autres applications sont envisageables : en septembre dernier, une équipe du Hackaton Blockchain de la Fintech Week à Londres a ainsi construit en un week-end un programme d’assurance de voyage sur la plateforme Ethereum. Constatant que 60% des passagers assurés contre le retard de leur vol ne revendiquaient jamais leur argent, ils ont créé un système d’assurance automatisé basé sur la blockchain, via le service Oraclize. Avec ce service, les passagers sont automatiquement indemnisés lorsque leur vol est en retard, sans avoir besoin de remplir un quelconque formulaire, et donc sans que l’entreprise ne doive traiter les demandes.

Il aurait certes été techniquement possible de créer ces processus sans blockchain. Le véritable apport de la technologie blockchain consiste ici à générer la confiance et la sécurité nécessaires pour automatiser les phases déclaratives sans avoir recours à un tiers. Si par le passé les assureurs n’ont pas mis en place ce type de produits, la blockchain apporte aujourd’hui une solution qui pourrait permettre à de nouveaux acteurs de pénétrer ce marché.

Au-delà des autonomisations des processus décrites ci-dessus, une nouvelle tendance, celle de l’assurance peer-to-peer (P2P), a émergé ces dernières années. En France avec Inspeer.me, en Allemagne avec Friendsurance, ou au Royaume-Uni avec Heyguevara, des plateformes proposent des assurances d’utilisateur à utilisateur, sans intermédiaire.

Coupler la technologie blockchain avec ce modèle d’assurance P2P ouvre la voie à des systèmes d’assurance quasi-autonomes et auto-régulés, où polices d’assurance et réclamations des assurés seraient automatiquement gérées. Une évolution supplémentaire pour les assurances, mais pas si futuriste.

Blockchain et smart contracts permettent en effet la mise en place d’organisations décentralisées autonomes.

Des start-ups ont déjà été créées pour proposer ce genre de service. C’est par exemple le cas de Dynamisapp, qui propose des assurances chômage complémentaires basées sur des smart contracts via le blockchain Ethereum.

La grande question soulevée par ces modèles est celle de la régulation : avec des contrats sans territorialité et une forme de pouvoir décisionnel donné à des lignes de code, les enjeux juridiques sont considérables. Déterminer qui est légalement responsable du code contenu dans les fichiers est une problématique qui, à l’heure actuelle, n’a pas véritablement été tranchée par les systèmes législatifs.

En attendant la résolution de ces problématiques juridiques, le blockchain reste un outil robuste et efficace pour mettre en place des systèmes plus sûrs, plus intuitifs et plus collaboratifs, qui permettront de créer une assurance recentrée sur ses utilisateurs.

Les entreprises qui profiteront de la création de valeur distribuée sont celles qui suivront les nouveaux usages des “consommacteurs” et qui sauront se renouveler. Pensons à la chute de Kodak, qui en est un exemple frappant. Pour cette raison, les assureurs ont tout intérêt aujourd’hui à expérimenter autour de la blockchain afin de définir les applications qui correspondront aux usages des années à venir. Tout comme les banques, les sociétés d’assurance doivent tester cette nouvelle technologie au sein même de leurs organisations, sous peine d’être probablement sanctionnées par le marché dans quelques années. Nouer des partenariats avec des accélérateurs et des startups blockchain, créer des communautés de développeurs et oser le pari de l’open source, qui constitue un formidable catalyseur d’innovation, peuvent également être une opportunité pour les assureurs à condition de s’emparer rapidement du sujet.”

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Pour rappel ce papier est inspiré, copié et détourné du site Blockchain France http://blockchainfrance.net/2016/02/17/assurance-et-blockchain/

Le numérique pousse à la fin des territoires … comme on les a toujours connus !

“La déterritorialisation est un concept de Gilles Deleuze et Félix Guattari (cf. L’Anti-Œdipe1972) qui décrit tout processus de décontextualisation d’un ensemble de relations qui permet leur actualisation dans d’autres contextes. 

Directement associé à la notion de désir dans la philosophie de Deleuze, ce concept a rapidement été utilisé dans d’autres branches des sciences humaines, par exemple en anthropologie ou en géographie humaine, puis a été transformé par cette réappropriation. D’une certaine manière, on pourrait dire que le concept lui-même a été « déterritorialisé ».

Devenu également concept de géographie culturelle et économique, il désigne le fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire…” (extrait de Wikipedia)

Nous allons ici utiliser ce terme dans son dernier sens …celui d’une géographie économique numérique complètement déterritorialisée…

En effet, le numérique en s’emparant de l’usine (Industrie 4.0) a aussi créé les conditions pour la fin de la chaîne de la valeur territoriale. Auparavant, tout devait se jouer dans un espace des savoirs spécifiques que l’on appelait: Cluster. Aujourd’hui, c’est terminé. Les territoires n’ont plus de frontières. L’excellence est partout et contribue à façonner les produits et services sans attache territoriale d’où l’expression “déterritorialisation”.

Prenons un exemple celui de l’industrie horlogère suisse… actuellement, la montre est complétement numérisée dès sa conception en une image virtuelle (CAO). Cette représentation détaillée qui va l’accompagner tout le long de la chaîne de la valeur sans tenir compte des territoires d’intervention. Cela ira aussi bien de sa création (CAO) à sa fabrication (FAO) et à sa commercialisation (marketing, logistique, services après vente, analyse des comportements par le Big Data, etc.). Ainsi la montre sera d’abord numérique et ensuite réelle.

Avec cette décomposition avancée de l’intervention industrielle … la fabrication et la commercialisation ne dépendront plus des territoires mais des compétences.

Il en sera de même dans d’autres industries notamment dans la santé.

Avec la fin de l’importance des savoir-faire régionaux et territorialement liés, on assiste à la fin des politiques de développements économiques régionaux traditionnels:

” il n’y a plus ni priorité à fixer, ni cluster à développer “

Ainsi la conception/fabrication/commercialisation d’une montre se fera sur le territoire monde en impliquant des labos en Europe, aux USA ou en Asie puis des fabrications éclatées pour finir dans une logistique planétaire … le numérique a créé les conditions finales de la dé-territorialisation…

Il serait donc vain de poursuivre ce que l’on a toujours dit et fait, à savoir des politiques économiques dépendant des territoires… ce qu’il faut par contre entreprendre désormais, c’est des politiques que l’on pourait appeler du “lien numérique et ces noeuds”.

En effet, si le territoire perd de son importance stratégique … le lien, la chaîne et ses croisements en prennent davantage.

” c’est exister en tant que noeud de réseaux qui compte désormais “

Donc créer des “noeuds” dans la chaîne de la valeur peut désormais prendre de l’importance. Ainsi autant que les liens du réseaux les noeuds sont donc vitaux… la déterritorialisa-tion entraîne donc une révision des concepts devenus du jour au lendemain “vieux” comme ceux de “cluster” ou  “swiss made”… réinventons les mots de demain…

surtout en politique publique et régionale ….