CVS-AETNA: le début du grand chambardement dans la Santé?

L’accord CVS-Aetna est en réalité une réaction à Amazon, qui apparaît de plus en plus comme un « Game changer ». Nous sommes bien dans le monde d’Amazon et nous vivons juste dedans.

Démonstration:

Le géant du commerce de détail a déjà transformé la façon dont les commerçants du monde entier fonctionnent. Maintenant, les efforts d’Amazon pour entrer dans l’industrie de la Santé ont conduit deux grandes entreprises américaines (CVS ET AETNA) à faire l’une des plus grosses transactions de l’année, signalant ainsi des changements majeurs dans la façon dont les Américains achèteront à l’avenir des médicaments mais aussi comment ils seront traités face à la maladie.

La chaîne de pharmacies CVS Health a décidé hier (3 décembre) d’acheter Aetna, l’une des plus grandes compagnies d’assurance aux Etats-Unis, pour environ 69 milliards de dollars.  C’est une acquisition qui pourrait créer un nouveau modèle pour l’ensemble de l’industrie de la santé, avec CVS ​​susceptible de commencer à offrir des services de soins primaires et des suivis médicaux directement à partir de ses pharmacies et « Walk-in » cliniques sans rendez-vous (en Suisse l’équivalent c’est Medbase de Migros).

Cette affaire semble être une conséquence directe du penchant d’Amazon pour la perturbation des modèles àconomiques. Les analystes estiment que CVS a raflé Aetna pour rester compétitif face à Amazon, qui a fait plusieurs démarches cette année pour faire face à la concurrence des compagnies pharmaceutiques.

En octobre dernier, la chaîne d’information CNBC a rapporté que l’entreprise de Seattle cherchait à embaucher un directeur général pour développer une stratégie pour entrer dans le secteur pharmaceutique. Puis le mot s’est répandu qu’Amazon avait acquis des licences de pharmacie dans une douzaine d’états.  La compagnie a dit qu’elle l’a fait pour vendre des fournitures médicales, mais le mouvement positionne Amazon pour vendre des médicaments « on-ligne », au cas où. Et juste la semaine dernière, des rapports ont circulé qu’Amazon avait tenu des discussions préliminaires avec les fabricants de médicaments génériques Mylan et Sandoz.

On ne sait pas si Amazon est intéressé à vendre des médicaments aux consommateurs ou à agir en tant que grossiste en médicaments. De toute façon, les actions récentes de l’entreprise ont rendu l’industrie de la pharmacie nerveuse, très nerveuse. “CVS ne l’admettra jamais, mais c’est ce genre de pivot qu’Amazon fait”, a déclaré Trip Miller, associé gérant de Gullane Capital Partners, un actionnaire minoritaire d’Amazon, à The Street. “Ce qu’ils font maintenant est définitivement basé sur le seul intérêt d’Amazon.”

Le fait que CVS ait acheté Aetna sans avoir une idée claire des plans d’Amazon est un témoignage de la réputation du géant de la technologie qui secoue des industries allant des livres aux vêtements, en passant par la télévision et l’épicerie.

Les acteurs de l’industrie savent quand Amazon envisage une nouvelle activité, ceux qui attendent trop longtemps pour réagir vont se retrouver en position assise. A suivre…

 

(source : Quartz)

le “machine learning” remplace les radiologues: économie en vue!

Un article scientifique paru dans le prestigieux New England Journal of Medicine fait, depuis, trembler le monde des radiologues. Ecrit par le Dr Obermeyer, de la Harvard Medical School, et son collègue Emanuel, de l’Université de Pennsylvanie, il décrit comment les nouvelles techniques de l’intelligence artificielle, qui s’appuient sur le big data et le machine learning, vont remplacer très avantageusement, à terme, les médecins radiologues, en fournissant analyses et diag­nostics en temps réel et sans beaucoup de frais!

C’est sans doute par là que tout va commencer. La médecine est à la veille d’une révolution sans précédent: celle du numérique (digital health).

La radiologie qui, aujourd’hui, coûte beaucoup d’argent au système de santé, est une cible privilégiée des innovateurs du digital health. En effet, lorsque vous voulez pénétrer un métier, celui de la médecine en l’occurrence, autant commencer là où il y a des marges, de grosses marges. Ainsi, si vous entrez dans le champ des radiologues et que vous pouvez offrir un meilleur service tout en cassant les coûts, alors vous êtes sûr d’obtenir un large soutien… notamment de la population, et des politiques par conséquent.

C’est certainement comme cela que tout va commencer pour la réduction des coûts tant attendue dans le système de santé.

L’analyse des images est le champ d’activité de prédilection pour les algorithmes auto-apprenants, car ces dernières sont excellentes dans la reconnaissance de formes. Le suisse Reto Wyss, de la start-up ViDi, à Fribourg, en est d’ailleurs l’un des représentants les plus talentueux. Mondialement connu, il fait lire et interpréter à ses algorithmes autoapprenants à peu près n’importe quelle vidéo. Chercher une pièce défectueuse à la sortie d’une chaîne de production ou un globule blanc anormal au milieu de milliers d’autres fait partie de ses prouesses. Alors imaginez analyser une radio… un jeu d’enfant!

Ces algorithmes ne sont pas de type systèmes experts comme jusqu’alors, car ils ne fonctionnent pas sur une expertise préétablie et normalisée dans des bases de données. Non, ils ne cessent d’apprendre et de se perfectionner avec le flux constant de big data provenant de milliers d’expériences, car plus vous les alimentez en données provenant de cas concrets, plus ils s’améliorent. Ils finissent par fonctionner parfaitement. Ce sera fatal à l’être humain, qui atteint finalement toujours assez vite ses limites, contrairement à ce type de «machine».

Le machine learning, nom donné à cette discipline de l’intelligence artificielle, n’a pas fini de transformer notre monde car, dès le moment où vous avez besoin d’analyser et/ou d’interpréter des images numérisées, personne au monde n’est meilleur ni plus rapide que ces machines intelligentes et virtuelles.

Ainsi, la médecine fera de plus en plus appel à ces techniques et donc, demain, des métiers vont changer drastiquement, voire disparaître simplement, comme celui des radiologues!

Personne ne va pleurer la fin des radiologues, ni même celle des notaires (qui eux seront anéanti par les blockchains comme nous l’avions montré dans une chronique précédente) … mais il serait bon tout de même de faire un bilan prévisionnel de ce qui pourrait se passer à terme dans le système médical.

En effet, on est peut-être dans ce domaine à l’aube de l’une des plus grandes révolutions humaines: celle du digital! … et c’est primordial de s’y intéresser car celle-ci concerne quand même nos vies.

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Références: NEJM, 29-9-16, Vol. 375:13, pp. 1,216-1,219

 

Arc Lémanique: le concept de “Health Valley” n’existe pas !

Le concept de Health Valley qui est “vendu” depuis quelques années par quelques scientifiques et politiciens romands est un leurre.

Explications:

Dans le domaine de la Santé: la Métropole lémanique n’a ni la masse critique (aucune des 10 compagnies les plus dynamiques au Monde n’est basée dans la région) et encore moins la température critique (pas assez de start-ups y sont créées chaque année). Bref, parler de Health Valley c’est pas correct … du tout!

Donc essayons d’éviter d’utiliser des termes comme : Bio Valley, Health Valley, etc., qui renvoient à des réalités toutes autres.

Alors pourquoi pas réfléchir et agir de manière “plus large” en cherchant à associer d’autres secteurs économiques proches de la Santé comme la nutrition, le sport, le MedTech, le Quantified Self (y compris la montre connectée), l’Internet des Objets, le “machine learning” et les Big Data du Digital Health, sans oublier le bien-être ou l’hygiène de vie, etc.

Les métropoles de demain vont évoluer vers ce concept d’innovation “étendue” et tout particulièrement la Métropole lémanique. Elle va ainsi pouvoir profiter de son avantage compétitif en étant au cœur de ce nouveau changement.

En effet, plusieurs des nouveaux acteurs du secteur tels que Nestlé, l’Internet Society, le CIO et les organisations internationales du sport, de l’environnement (WWF) ou encore des régulateurs puissants comme l’OMS, l’OMC ou l’ISO sont sur son territoire.

Ces acteurs vont être tout à fait déterminants dans la manière dont le secteur de la santé, au sens large, va se transformer.

Mais il ne faut pas pour autant parler de Health Valley mais plutôt de Health @ Large. 

Ce qui compte aujourd’hui c’est de transformer notre économie pas de la maintenir … sur d’ancienne base …

Développons:

La force représentative des mots et des concepts est fondamentale à la chose politique.

L’innovation et le développement économique n’échappent pas à la règle. Lorsque des noms comme Silicon Valley ou Cluster sont prononcés dans l’arène politique, cela peut déboucher sur des changements législatifs (lois), administratifs (ordonnances d’application) ou financiers (réallocation budgétaire).

Nous entendons par là qu’il y a des conséquences pouvant être lourdes selon l’usage de telle ou telle appellation. Il est donc très important de trouver le bon vocabulaire, le bon phrasé ou si possible le bon storytelling au vue des importants changements ou transformations en cours. Ainsi les vieilles expressions auront tendance à maintenir en place de vieux schémas politiques inadéquats.

Aujourd’hui deux termes obsolètes continuent pourtant à dominer outrageusement les politiques d’innovation et de développement économique dans la plupart des pays : ce sont les termes de Silicon Valley et de Cluster. Ils faut en finir avec eux!

Dans les années 70, le journaliste californien Don Hoefler forgea le terme de Silicon Valley pour désigner à la fois la région du sud de San Francisco et marquer la présence de nombreuses entreprises du secteur de l’électronique et de l’informatique. Le terme est resté dans l’imaginaire politique comme une métaphore de l’innovation technologique qu’il fallait absolument copier. Cependant on oublie souvent de considérer que le moteur même de l’innovation “made in Silicon Valley” est porté par un système d’ingénierie financière très particulier, basé sur le Venture Capital, les options à terme, un marché des IPO, et surtout une conception de l’enrichissement de quelques-uns autour de la valorisation souvent extraordinaire de la start-up elle-même. Il faut donc en même temps un environnement légal, juridique et administratif ainsi qu’un environnement sociétal autorisant ces mécanismes d’enrichissement, que peu de pays n’ont mis en place. Les politiques se sont souvent trompées en interprétant presque exclusivement ce processus comme un rapprochement du monde universitaire et du monde économique qu’il suffirait d’organiser pour rafler la mise. C’est un peu court. Lorsqu’il y a de belles affaires à faire, le monde économique trouve toujours son chemin. La création de parcs technologiques fut une réponse trouvée par les politiques à la question de l’innovation. N’oublions pas que Mellon Park, souvent cité comme exemple, a été précisément conçu (en 1949) pour garder des entreprises naissantes dans l’environnement de l’université de Stanford alors terriblement isolée. C’était un concept très différent de ce qui est généralement imaginé: il ne s’agissait pas d’attirer les entreprises mais de les garder !

Au bout du compte, personne ou presque n’a pu copier le modèle de la Silicon Valley ou même s’en inspirer valablement. Ce modèle est-il toujours d’actualité alors qu’un nouveau émerge ? Nous y reviendrons plus loin.

En 1990, le Professeur Michael Porter de l’Université de Harvard proposa le concept de Cluster pour désigner des pôles de compétitivité régionale basés sur une forte concentration d’entreprises et centres de recherche, notamment universitaires, dans un secteur économique précis. Le concept reposait sur deux idées-clé: une forte concentration géographique et une forte concentration de compétences sectorielles. Une émulation globale du secteur ainsi rassemblé était espérée, mettant en avant le principe de la masse critique.

Les politiques nationales et régionales se sont alors rapidement emparées du concept, car à la fois simple à comprendre et à mettre en œuvre. Pour former un Cluster, il suffisait d’identifier un territoire doté d’un domaine de compétences propres et de l’accroître en attirant d’autres entreprises et d’autres compétences de recherche. C’était du ressort des gouvernements : une politique de type exogène articulant allégements fiscaux et adaptation des conditions législatives ou administratives.

Dans un premier temps, le succès de ces politiques a répondu aux différents besoins, notamment en termes de croissance de l’emploi. Mais très vite, elles se sont avérées coûteuses et surtout porteuses de déséquilibre fiscal d’un Etat à l’autre, d’une région à l’autre. La conséquence prévisible, à moyen terme, est la montée en puissance de politiques de régulation, qui minorent la compétition fiscale et restaurent des pondérations favorisant une plus grande solidarité. Dans le même temps, de petits regroupements insignifiants, au niveau global, ont fait irruption, soutenus par des politiciens locaux et aveuglés par la nécessité de l’action publique. A tel point que la multiplication excessive de Clusters et de pôles de compétitivité, sans réel potentiel d’agrégation économique, a constitué un important écueil en décrédibilisant l’approche.

Au-delà des premières réussites, le concept s’est révélé inopérant dans la mesure où sa généralisation a dissous les particularismes propres à quelques territoires bien choisis et a estompé leurs effets compétitifs spécifiques. Certaines régions, pour des raisons d’échelle et de position dominante, continueront naturellement à profiter de l’effet de masse. Pour les autres, en revanche, le jeu est terminé.

Il faut donc maintenant passer à autre chose.

Deux nouveaux concepts déterminants émergent donc aujourd’hui : écosystème et spillover.

Ces deux concepts demandent à être compris par le monde politique et l’exemple du domaine de la santé pourrait être une occasion rêvée d’y parvenir.

Les nouvelles perspectives qui s’ouvrent sur la question de la santé — prise au sens large — permettent en effet de bien saisir la portée stratégique des écosystèmes et du spillover. Si l’on considère la Métropole lémanique – même si elle ne présente pas véritablement une masse critique, ni ne constitue un authentique Cluster, ou n’offre encore moins les caractéristiques d’une Silicon Valley – il faut néanmoins lui reconnaître la présence sur son territoire d’un nombre essentiel d’acteurs pour le futur du domaine de la santé que sont la nutrition, le sport, l’environnement, internet et les softs laws. Personne ne doute de la qualité exceptionnelle de la région.

La diversité de son tissu économique en fait une force pour demain.L’interaction entre les secteurs économiques et les domaines de connaissances priment désormais. C’est la fin du mode de la séparation, si chère à la science et à l’industrie. Demain, il n’y aura plus de grande distinction entre “soft” et “hard” (comme dans l’informatique par exemple). Les concepts d’écosystème et de spillover peuvent, mieux que n’importe quels autres, rendre compréhensible la nouvelle réalité sociétale et économique. La mise en lumière de cette transformation est fondamentale, aussi bien pour les politiques publiques que pour les populations.

Les acteurs de l’internet, de l’environnement, de la nutrition, des sports et des soft regulations seront demain les moteurs de profonds changements dans le domaine de la santé – au sens large – comme l’ont été la pharma, la biotech ou le medtech ces dernières cinquante années.

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définitions:

1.- écosystème

En écologie, un écosystème est l’ensemble de la faune et de la flore réunies dans un espace naturel. Il est composé de producteurs (les plantes), de consommateurs (les animaux) et de bio-réducteurs (micro-organismes) qui sont aidés par l’énergie du soleil. Par analogie en économie, un écosystème est composé de l’ensemble des gens, des infrastructures, des lois et des acteurs économiques et institutionnels composant un territoire. (Source Wikipedia)

2.- Spillover

En économie, l’effet de spillover désigne une action, un transfert provoqué par un ou plusieurs facteurs externes. Cela peut être l’arrivée d’une nouvelle technologie, qui va changer les manières de faire industrielles (par exemple l’arrivée des commandes numériques dans l’industrie de la machine-outil dans les années 60-70), ou encore l’implantation d’une nouvelle entreprise, qui va créer des activités économiques nouvelles (par exemple l’implantation massive des traders de commodities à Genève dans les années 90-2000) ou enfin un transfert sociétal, organisationnel ou culturel majeur (ONU à Genève, CERN à Genève, Ballet Béjart à Lausanne). Le spillover, bien que très mal compris par les politiciens, est un facteur de changement bien plus significatif que normalement décrit.

 

Apple : un nouvel acteur de la santé ?

L’opportunité dans le marché de la santé est énorme.

Apple considère ce domaine comme une partie essentielle de sa stratégie d’avenir. Comme l’a déclaré récemment Tim Cook, l’important économique du marché de la santé rend celui des smartphones infiniment plus petit. En fait, avec plus de 7 mille milliards de dollars de dépenses par an, il représente près de 10% du PIB mondial. Dans son discours d’ouverture (12 septembre dernier) lors de la présentation des nouveaux Apple Watch et iPhone, Tim Cook a déclaré que “le domaine de la santé est vital pour l’avenir d’Apple”.

Aux États-Unis, Apple compte plus de 80 millions d’utilisateurs d’iPhone ou d’Apple Watch, ce nombre est supérieur aux clients de n’importe quel assureur américain. Apple possède un autre avantage par rapport aux autres opérateurs historiques du secteur de la santé, comme les hôpitaux et les entreprises pharmaceutiques : Apple n’a pas à négocier avec les assureurs pour les remboursements des soins.

Au contraire, il peut se permettre d’axer sa stratégie sur l’expérience client et donc faire payer directement les patients.

L’entrée tout en douceur d’Apple dans le business de la santé date de 2014 lorsque la compagnie a proposé pour la première fois un kit de santé. L’année suivante ce fut l’Apple Watch et son traceur d’activités. Depuis lors, l’intérêt d’Apple n’a fait que croître avec des partenariats, des fusions et des acquisitions (comme Gliimpse dans le digital health). Sa volonté est d’acquérir des compétences de très haut niveau, que ce soient des entreprises, des produits ou des individus.

Apple déroule sa stratégie à partir de vos données personnelles 

1.- Apple a une grande trésorerie, une forte notoriété et une relation directe à sa clientèle qui inclut plus d’un milliard d’utilisateurs de « device » à la marque de la pomme

2.- Plus l’expérience des utilisateurs s’amplifie dans la santé, plus Apple gagne des places en collectant les données comportementales de ses clients.

3.- Apple change en douceur son modèle du bien-être vers des applications médicales. Ainsi Apple a commencé par son suivi de remise en forme via Apple Watch. Maintenant, la compagnie passe ainsi avec le partenariat avec Health Gorilla vers la possibilité d’offrir un dossier patient complet.

4.- Apple développe son intérêt pour la collecte des données de grande qualité comme en témoigne son partenariat avec la FDA pour détecter les anomalies cardiaques, la surveillance du glucose non invasive et son désir de transformer le téléphone en un outil de diagnostic.

5.- Apple avec « ResearchKit » offre aux chercheurs la possibilité d’utiliser les iPhones pour mener des études de recherche clinique à grande échelle. En établissant une relation directe avec le consommateur et en utilisant des fonctionnalités du téléphone, Apple permet aux scientifiques de changer d’échelle de réalisation pour leurs cas d’études. Le Big Data devient la norme des recherches.

6.- Les maladies chroniques sont aussi l’avenir d’Apple. Le patron d’Apple a été explicite en parlant de la participation de l’entreprise au diabète et à la gestion des maladies cardiaques, deux principaux facteurs de coût de santé aux États-Unis. Pour améliorer les résultats, Apple utilise CareKit et son partenariat avec Health Gorilla, une plateforme permettant aux cliniciens de coordonner les soins aux patients.

7.- Les nombreux brevets déposés par la compagnie de Cupertino dans le domaine de la télémédecine suggère qu’Apple veut introduire une médecine permanente, personnalisée au domicile de chacun. Cela ressemble à la vision de Steve Job des années 70 lorsqu’il prédisait qu’il y aurait un ordinateur personnel sur le bureau de chacun alors que c’était encore le règne des gros ordinateurs d’IBM !

Tout cela démontre clairement qu’Apple a l’intention de devenir votre partenaire santé en s’occupant personnellement de vos données.

Source : CB Insights

 

Alerte: 30’000 suisses ne paient plus leurs primes d’assurances maladies!

Les primes prennent encore l’ascenseur. Cela devient pénible pour la plupart d’entre nous, car cela pèse lourdement dans nos dépenses mensuelles.Mais pour certains cela devient insupportable et ils cessent de payer. En 2014, 7’300 suisses ne payaient plus leur primes … ils ont été plus de 30’000, selon “santésuisse” l’année dernière. C’est une croissance de 300%. (source). Il faut sonner l’alerte car on va droit dans la direction des américains et on sait ce que cela signifie.

Car au niveau de la nation, cela menace d’affecter les équilibres politiques et sociaux comme aux Etats Unis. Mais quel est exactement le problème ? Et qui va arrêter cette croissance vertigineuse des dépenses ? Qui va venir au secours des familles ?

Contrairement à ce que dit le monde politique (et avec eux, certains acteurs du domaine de la santé) le problème n’est pas du tout complexe car la solution est très simple : Il suffit de contrôler l’emploi. En effet, Il faut savoir que celui-ci est responsable de près de 80% des coûts totaux et que l’embauche du personnel dans la santé s’est envolée ces dernières années : +100’000 emplois en dix ans. Cela correspond à 10 milliards de charges en plus pour le système et les assurances individuelles ont été ajustées en conséquence. On a simplement payé. Voilà la réalité crue. Le domaine de la santé semble échapper à toute rationalité et à toute recherche de productivité. Si l’on a un projet ou un problème nouveau, alors on embauche. Incroyable ! C’est ainsi que l’on fonctionne. Personne ne s’en inquiète puisqu’à la fin, c’est l’assuré qui paye !

Alors la question qu’il faudrait désormais se poser est la suivante : Qui va pouvoir contrôler les coûts en réduisant le personnel ? En tout cas, pas les politiques qui proposent la caisse unique. Pas les pharmas qui cherchent de l’argent pour la recherche. Pas les assurances qui essaient de reconstituer leurs réserves. Pas les hôpitaux qui multiplient l’offre notamment en ambulatoire. Pas les médecins qui cherchent à compenser les effets négatifs du TARMED sur leur salaire. Donc, il va falloir chercher ailleurs.

Devinez où ? Eh bien, comme toujours ce sont les entreprises orientées Internet comme les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM, Microsoft) qui vont faire le boulot. On sait comment elles vont procéder. Regardez ce qui s’est passé avec les librairies, les médias, le tourisme, etc. Ils ont été à chaque fois capables de faire effondrer les prix tout en empochant de jolies marges et en sortant la concurrence du marché. C’est exactement ce qui va arriver dans le domaine de la santé. Watson d’IBM va être notre oncologue ou notre médecin de référence. Apple, notre cardiologue (Apple Watch). Google, notre opticien (lunette augmentée). Facebook, notre réalité virtuelle. Amazon, notre cloud pour le dossier médical. Microsoft, notre analyseur de Big Data, etc., etc.

Bref, la maîtrise de la santé change de main. Et les nouveaux partenaires santé sauront sans doute faire ce que personne ne veut faire aujourd’hui : baisser les primes.

Il ne faudra pas ensuite se plaindre de leur domination, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les politiciens ?

* Xavier Comtesse est l’auteur du livre à succès : Santé 4.0, le tsunami du numérique (seconde impression en moins d’un mois), Georg, Genève

Et si Apple obtenait une certification FDA pour son Apple Watch 3 ?

L’enjeu est de taille : Apple court après les cardiologues.

Les ingénieurs de Cupertino cherchent avec la montre connectée à créer une entrée fracassante dans le domaine de la santé.

S’ils y parviennent alors tout va changer … car posséder une montre connectée sauvera des vies et peut-être même la vôtre. Alors là, cela deviendra quasi-impossible de ne pas en porter une (et adieu la montre suisse !).

Le suivi du rythme cardiaque depuis sa smartwatch est déjà au cœur des arguments de vente de la firme de Cupertino. On peut en effet s’attendre à ce que l’Apple Watch place la barre assez haut en ce qui concerne ces mesures médicales.

À la vue des résultats obtenus la semaine dernière par le développeur Brad Larson  de SonoPlot, la promesse semble avoir été tenue dans ce domaine, étant donné que la montre a permis d’obtenir des résultats extrêmement proches de ceux effectués avec le traqueur Mio Alpha, reconnu comme étant l’un des plus précis. (voir le schéma ci-dessous)

 

 

Ainsi, si Apple obtenait une certification de la part de la  FDA (Food and Drog Administration) pour son Apple Watch 3, celle-ci pourrait sans doute permettre d’être utilisée à des fins médicales, notamment pour l’étude des maladies cardiaques en se substituant à terme aux médecins.

Confiés aux patients, ces mesures accompagnées de leurs analyses (avec des outils comme les Big Data et le Deep Learning) transformeraient la médecine pour toujours.

USA : l’emploi source de la crise du système de santé !

La croissance de l’emploi dans le secteur de la santé a été la principale cause de la croissance de l’emploi aux USA depuis le début du millénaire (+40%). C’est aussi la source du problème du système de santé devenu trop cher et hors de contrôle.

Voir schéma ci-dessous.

 

 

 

C’est un déséquilibre important qui a créé aux USA, une tension énorme sur la société (dixit Warren Buffet) où les primes d’assurance sont exorbitantes pour la classe moyenne. Il faut le dire, dans ce pays, les coûts de la santé ne sont plus du tout sous contrôle.

La leçon pour la Suisse: ne laissons jamais le système s’emballer et pour y parvenir, contrôlons l’emploi dans ce secteur!

En effet, rien ne justifie la création de 100’000 postes en dix ans dans la santé en Suisse!

USA: l’augmentation vertigineuse des coûts de la santé a contribué à créer un déséquilibre social !

L’augmentation des coûts de la santé a un effet sur les équilibre économiques et sociaux. Si la proportion du PIB dédiée à la santé augmente fortement (c’est-à-dire plus que la moyenne des autres secteurs) alors c’est forcément au détriment des autres secteurs: nutrition, logement, éducation, transport, loisirs, etc.

C’est exactement ce qui est arrivé aux USA! Là-bas, la santé représente aujourd’hui plus de 17% du PIB mais il y a quarante ans, la proportion était de l’ordre de ce que l’on connaît aujourd’hui en Suisse: 11%.

Deus résultats majeurs ont alors pu être observé pendant cette période:

1.- beaucoup de gens ont fait des faillites personnelles parce qu’ils étaient incapables de payer leurs primes.

2.- les entreprises ont cessé d’offrir systématiquement des “bénéfices” en payant les primes des employés.

Une des conséquences est que beaucoup d’américains ont rejoint les quelques 65 millions de citoyens sans assurance maladie.

La situation s’est toutefois amélioré sous l’ère d’Obama: de 65 millions, on est passé à un peu moins de 35 millions. Ainsi cette réforme après un début difficile, a permis une forte diminution de la proportion d’américains sans assurance maladie, qui est tombée de 20,3% à 13,2% de la population entre 2013 et 2015.

Mais les actions répétitives de Trump au Congrès pourraient remettre en cause un bilan finalement mitigé: le déséquilibre reste flagrant et 47 millions de gens reçoivent des tickets de nourriture et 2 millions de SDF hantent les rues.

La vérité, c’est que l’augmentation vertigineuse des coûts de la santé a dans ce pays créé une tension sans commune mesure sur l’équilibre social. En quelques décennies, le rêve américain s’est stoppé net pour des millions d’habitants.

La Suisse devrait regarder tout cela de plus près avant de laisser filer les coûts de la santé comme elle le fait actuellement!

 

Monsieur Berset: un système de santé moins cher c’est possible grâce au numérique !

Les données du Big Data vont transformer la médecine plus sûrement qu’aucun règlement ne l’a jamais fait auparavant. De plus, on aura en prime une médecine meilleure et moins cher. Car il est temps d’améliorer le système tout en contenant l’explosion des coûts de la santé! C’est en tout cas la promesse d‘une nouvelle approche préventive, prédictive, personnalisée, participative et pro-active du corps (immunothérapie) qui débouchera enfin sur des progrès en productivité !

Explications:

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics, leurs traitements et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux. Ces informations étaient alors limitées en termes de quantité et de temps (durée de la prise des mesures). Aujourd’hui, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce aux “data analytic”, aux “data mining”, aux “machine learning”, etc. tout va changer… on entre dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

La Mayo Clinic qui est l’un des précurseurs en la matière, s’est lancée depuis quelques temps avec force dans le Big Data et les données non-structurées. Ces dernières sont devenues de plus en plus pertinentes avec l’interaction entre les sciences de la vie et de la mathématique algorithmique.

Maintenant on est capable d’associer de grandes quantités de données issues des moyens traditionnels avec celles produites par le flux d’information provenant d’objets connectés qui sont en train d’envahir notre quotidien. Ainsi, la médecine se tourne davantage vers le “pouvoir des données que celui des molécules”.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Demain, les données concernant la santé ne seront plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus continu destiné à mettre à jour une information médicale pertinente. Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde médical.

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithmique converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre. L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui ont à la fois, la vocation de combattre la maladie tout en aidant le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Le Big Data, c’est enfin la possibilité de prédire avant de prévenir. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable.

Mais surtout cela va remplacer bon nombre de postes de travail du système de santé et créer enfin les économies tant espérées par tous. Si l’on peut prédire alors on a moins d’urgences et d’erreurs à gérer pour plus de précision et de rapidité d’interventions, sans les doublons, ni les interventions inutiles… il y a moins de travail et donc moins besoin de personnel …

… dans un contexte de la politique de la santé suisse où l’on observe une perte totale du contrôle des coûts  -car une augmentation des primes d’assurance de 4% l’an équivaut à un doublement de celles-ci en 18 ans (1,04 puissance 18 = 2) -…  il y a mieux à faire.

Messieurs les politiciens bernois, il faut vous se ressaisir… des solutions existent!

(voir pour plus d’informations le livre: santé 4.0, éditions Georg, Genève)

 

Les Blockchains: un défi pour les systèmes de Santé ?

Avec l’avènement des Blockchains, tous les intermédiaires ont du souci à se faire: les Notaires, les Avocats, les Banquiers, les Commerçants, etc. mais aussi les Médecins, les Pharmaciens et autres métiers de la Santé car à l’avenir la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être challengée par les blockchains.

Voici en résumé le développement de ce point de vue.

Comme tout le monde le sait maintenant, les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.

Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création. Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’absence d’intermédiaire. Imaginez-vous une société sans intermédiaire … une société purement directe à l’instar du protestantisme! On peut l’appeler de diverses façons: révolution numérique, révolution 4.0, etc. mais cela va bien au-delà, c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.

Personne ne semble prendre véritablement la mesure d’une telle Réforme. Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine pharmaceutique, il traitera immédiatement avec les fabricants et de même l’usine via l’Internet des Objets et les contrats de type blockchain n’auront plus besoin d’ “intermédiation”.

Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour le domaine de la Santé. Celui-ci va évoluer vers des pratiques digitales nouvelles et moins coûteuses. L’idée ici est que des actes médicaux de toute sorte vont être chaînés dans les blockchains.

Donc on aura d’une part, une meilleure prise en compte des actes médicaux par l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de la santé, ce qui permettra d’en diminuer les erreurs (poste inavoué mais très coûteux) mais aussi de supprimer les doublons (bonjour les économies) et enfin de diminuer les intermédiaires donc, le personnel (en Suisse en 10 ans, on a engagé 100’000 personnes dans le domaine de la Santé pour un coût de 10 milliards -pas besoin de chercher ailleurs la dérive des coûts) et ceci tout en améliorant la qualité des soins et d’autre part, permettrait une plus grande transparence des interventions.

Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des actes médicaux.

Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montres connectées).

Les “blockchains-santés” du futur, ce sont donc à la fois des actes médicaux, des données actives provenant des capteurs, et des appréciations patients (self quantified) le tout dans un grand registre historique entièrement informatisé, transparent, sécurisé et distribué.

En tous les cas demain, la donnée-patient sera au cœur du processus santé, qui lui même sera enchaîné dans des blocks !