MONTRES SUISSES : le dilemme de la nouvelle distribution

Vendre sur Internet – en direct avec le consom’acteur comme partenaire c’est bien mais cela casse du même coup les chaînes classiques de la distribution, celles qui font intervenir toutes sortes d’intermédiaires comme : les réseaux de distribution nationaux, les détaillants et magasins indépendants et aussi ses propres boutiques de marque installées, ces dernières décennies dans des emplacements prestigieux, sans oublier le marché gris (légal) de la revente des stocks d’invendus. Bref tout ce qui fonctionnait bien est perturbé par Internet : les prix, les intermédiaires, les réseaux, la vitesse et même la marketing. Tout s’effondre…d’un seul coup.

Ce que les marques horlogères suisses tentent de faire en ce moment, c’est à la fois de maintenir plusieurs systèmes en parallèle : les intermédiaires revendeurs, les boutiques propres et Internet. Mais c’est difficile car les parts de marché des uns et des autres changent sous les coups portés par Internet. Alors on va s’attaquer à un agent « curieux » : le marché gris …celui de la revente des invendus à prix cassé… c’est à peu près ce que fait Internet aujourd’hui sauf qu’on y vend aussi et de plus en plus des montres sortant des usines.

Mais toutes les marques essayent de faire du nettoyage :

Prenons l’exemple du groupe Swatch : s’il réduit en ce moment ces points de vente alors cela va peser sur ses « revenus sell in », car amputé de millions de montres non exportées. Il en résulte également une augmentation des stocks de marchandises. En fait le groupe a été obligé de passer 180 millions de francs cette année dans la comptabilité pour son stock d’invendu, cela porte celui-ci à 7,1 milliards. C’est très important car il s’agit de 18 mois de stock sur certains modèles.

Il a bien sûr d’autres solutions comme celle qu’Audemars Piguet avait – il y a quelques années – choisi pour s’attaquer à ce même problème en rachetant aux détaillants les stocks de leurs propres montres. Opération tout aussi coûteuse.

En fait, il aurait fallu repartir à zéro. Par exemple, on aurait pu privilégier Internet et trouver un accord avec les intermédiaires pour que tout le monde bénéficie de ce nouveau moyen de distribution si puissant. L’idée serait que les intermédiaires deviennent des « marqueteurs spécialisés dans le « User eXperience (UX) » et reçoivent des royalties sur tout ce qui se vend sur leur territoire. On change de dimension : on passe d’un simple acte de vente à un territoire de vente. C’est juste un exemple qui devrait faire appel à plus de créativité chez nos horlogers.

Ce d’autant que les chiffres pour 2019 sont encore très fluctuants. En juin les exportations horlogères ont enregistré une baisse de 10,7%, à 1,7 milliard de francs. Tandis que le premier semestre 2019 a vu une progression de 1,4%, avec plus de 10 milliards de francs. La tendance pour l’année n’est pas claire. Par contre dans les segments de prix « Internet » les méventes vont continuer…c’est certains.

Montres : le point sur la guerre du poignet

L’Apple Watch a été commercialisée il y a 4 ans et 4 mois

Son impact sur l’industrie horlogère suisse fait encore l’objet de controverse.

Mais voici ce que nous savons jusqu’à présent : les ventes de montres suisses – en entrée de gamme (moins de 200 CHF prix export) – ont chuté au détriment notamment de la flambée des ventes des montres connectées tandis que le segment du luxe a été largement épargnée.

Est-ce que cette tendance va se poursuivre ?

Oui et non !

Car on peut s’attendre à l’avenir : disons au cours des 5-10 prochaines années que les ventes de montres suisses d’entrée de gamme vont continuer à diminuer au profit des smart watches.

Les ventes de montres de luxe, tout particulièrement celles qui se vendent à moins de 5’000 CHF, diminueront également car l’histoire de la montre « santé » qui fait le succès actuel de l’Apple Watch va se poursuivre. Il faut voir que la santé capture désormais plus l’esprit (ou le cœur) des acheteurs que la simple montre « prestige ». Et donc une montre de luxe « santé » va certainement apparaître.

Une question demeure : y a-t-il une place pour une montre intelligente suisse à succès ?

Certainement.  Mais pour que cela se produise, il faudrait que les marques de luxe suisses abandonnent leur stratégie actuelle d’utiliser de poussiéreux O/S et des chipsets obsolètes (genre Intel) et faire un effort d’innovation soutenu pour apprendre à rivaliser dans ce nouveau monde.

les guerres du 21ème siècle ont déjà commencé : sans soldat !

Cette semaine le monde a basculé : un drone abattu a déclenché une cyberattaque.

Le 20 juin dernier, l’Iran a été capable d’abattre un drone américain. Celui-ci appartient à la famille des Global Hawk qui sont les drones de reconnaissance historiques américains. Des engins capables d’espionner les communications au sol depuis une altitude de près de 20 km. Le RQ-4A Global Hawk qui survolait les eaux internationales selon Washington, a une envergure similaire à celle d’un Boeing 737. Il est bien plus imposant et lent que les très redoutés drones Predator ou Reaper utilisés par l’armée américaine pour des missions d’attaques ciblées.Ces drones volent lentement à dessein car leur objectif est de collecter autant d’informations que possible. C’est en fait, un avion espion sans pilote.

Le 21 juin après avoir hésité, le président américain Donald Trump a annulé en dernière minute des frappes aériennes contre l’Iran après la destruction de ce drone de surveillance. Il a en revanche autorisé secrètement des représailles sous forme de cyberattaque contre les systèmes de défense iraniens, ont affirmé Yahoo ! News et leWashington Post.

Selon le Washington Post, une des cyberattaques a visé des ordinateurs servant à contrôler des lancements de missiles et de fusées. Selon Yahoo ! News,l’autre attaque informatique a frappé un réseau d’espionnage chargé de surveiller les passages de navires dans le détroit d’Ormuz.

On savait que des avions sans pilote –les drones– pouvaient espionner, attaquer et éventuellement se défendre …on savait aussi que de petits programmes d’ordinateurs – les bots– étaient capables de détruire d’autres ordinateurs, des capteurs ou encore des dispositifs électroniques… mais ce que l’on n’avait jamais vu c’est cet échange d’attaques sans soldat.

Bref, il faudrait en Suisse réaliser un peu ce qui se passe militairement dans le monde avant d’acheter quelques avions de combat…car les nouvelles guerres du 21èmesiècle seront des guerres sans soldat. Pour un pays qui a basé sa défense sur la milice : le citoyen/soldat c’est une révision déchirante auquel il va falloir s’atteler !

Que nos états-majors militaires suisses méditent un peu la chose.

 

Le numérique: principal levier de croissance selon Gartner

Pour les entreprises : la révolution numérique est un vrai défi. Créer aujourd’hui des applications numériques peut fournir des informations précieuses aux entreprises, mais cela ne sera probablement pas suffisant pour faire de celle-ci un acteur du marché (plutôt qu’un suiveur). Pour devenir une véritable entreprise axée sur le numérique, une entreprise doit repenser fondamentalement la façon dont elle travaille avec son environnement, ses clients mais aussi ses employés. Et dans le domaine du numérique un chantier est particulièrement critique : c’est celui de l’intelligence artificielle (IA). En effet d’ici peu, les dirigeants devront envisager de déployer systématiquement l’apprentissage automatique ou d’autres outils cognitifs dans les processus métier et dans les opérations de base afin de prendre en charge la prise de décision basée sur les données. De même, l’IA va créer de nouvelles offres et de nouveaux modèles commerciaux. Ce ne sont pas des étapes mineures, mais étant donné que les technologies de l’IA se normalisent rapidement dans tous les secteurs, devenir une organisation alimentée par l’IA sera probablement plus qu’une stratégie de réussite : ce pourrait être un enjeu de survie.

Pour vérifier cette vision posons quatre questions à Xavier Seyfried un grand expert de la pensée entrepreneuriale (C-level) chez Gartner (une des principales entreprises d’analyses économiques et technologies)

Question 1 Quelles sont les technologies émergentes qui vont affecter les modèles commerciaux de demain ?

Chez Gartner, au travers de nos Hype Cycles (voir  figure ci-dessous), nous capturons et analysons toutes les technologies qui affectent (horizon de deux ans) ou affecteront demain les modèles commerciaux (jusqu’à un horizon de 10 ans). Le Hype Cycle des technologies émergentes classifie plus de 30 tendances dans les détails avec leur état d’avancement.

A court-terme, les tendances telles que l’AI (weak AI à l’opposé de strong AI), le Machine Learning, la digitalisation des écosystèmes sont celles que nous retrouvons intégrées à bon nombre de projets d’entreprise.

A moyen-terme, les tendances telles que expériences immersives, digital twins, ubiquitous infrastructure, do-it-yourself biohacking (usage des technologies pour l’amélioration de l’humain) font l’objet de prototypes parfois avancés

A plus long-terme, les tendances telles que 4D printing, quantum computing, strong AI (simulation des capacités cognitives humaines) attirent toute l’attention des entreprises qui ne veulent pas prises être au dépourvu et sont régulièrement discutées et évaluées dans des comités d’innovation.

Figure 1 : Hype Cycle for Emerging Technologies, 2018

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Question 2 Le numérique doit-il être compris en profondeur par le top management ?

Le top management doit maîtriser les aspects suivants :

  • Connaitre les principales technologies et en connaitre leur maturité pour décider de leur utilisation dans son contexte et dans le bon timing/tempo. En prenant connaissance des Hype Cycles, ils peuvent ainsi obtenir une vision d’ensemble des tendances par secteurs/industries (banque, santé, etc…), par fonction de l’entreprise (RH, Gestion client/CRM), et même par initiative (Drones et Robots mobiles) et en déduire les niveaux de maturité
  • Evaluer les technologies sur la base de business cases détaillés en s’appuyant sur leurs équipes
  • Identifier à chaque instant les risques et les opportunités business qui se cachent derrière chaque technologie
    Tableau 2 : Hype Cycle for Consumer Engagement With Healthcare and Wellness, 2018

 

Question 3 : A quoi doivent penser aujourd’hui les « C-level » en urgence ?

Plus que jamais, ils doivent penser aux menaces qui pèsent sur la croissance et la rentabilité de leurs modèles d’affaires, évaluer les nouveaux entrants et les disrupteurs et décider d’investissements dans le domaine du digital afin de renforcer leur positionnement stratégique (optimisation digitale) ou changer radicalement de modèle d’affaire (transformation digitale) ou bien envisager des solutions mixtes entre optimisation et digitalisation.

Selon notre CEOSurvey 2019, les préoccupations des CEOs sont la croissance (53%) et les aspects technologiques (32%). Ce dernier sujet est relativement nouveau cette année démontrant ainsi la prise de conscience toujours plus forte que le numérique est un levier essentiel dans l’élaboration des modèles d’affaires de demain, notamment dans le développement de partenariats avec des écosystèmes. A titre d’exemple, nous pouvons mentionner les synergies digitales qui existent entre les acteurs de la santé (assurances, médecins, fournisseurs de contenu en ligne, pharmacies) et le rôle croissante des assistants virtuels comme Alexa d’Amazon qui enrichissent l’expérience client/patient.

2019 CEO Survey: The Year of Challenged Growth

Question 4 : Comment former la prochaine génération de « C-level » .

L’un des principaux défis de la transformation numérique est l’écart qui peut exister entre les compétences internes, la faculté d’adaptation des ressources et le besoin de digitaliser le business au travers d’initiatives stratégiques.

Dans de nombreuses organisations, les employés ont du mal à suivre le rythme d’évolution technologique et des attentes croissantes quant à la façon dont la technologie apporte de la valeur. Cet écart doit sans cesse être comblé et nécessite de mettre en place des programmes de dextérité digitale menés conjointement par l’IT et les RH. D’un point de vue RH cela affecte les processus de recrutement, le onboarding, la formation continue, l’engagement du collaborateur et les stratégies de plan de carrière. D’un point de vue IT, cela concerne le lieu de travail numérique comme stratégie d’entreprise visant à améliorer la dextérité numérique de la main-d’œuvre grâce à un environnement de travail attrayant et intuitif. Beaucoup d’entreprises ignorent que la dextérité digitale doit être accompagnée par des approches spécifiques.

(Définition Gartner de Digital Dexterity : La capacité et le désir d’exploiter les technologies existantes et émergentes afin d’obtenir de meilleurs résultats économiques supérieurs.)

Enfin, un élément essentiel dans la capacité des ressources d’entreprise à s’aligner avec les objectifs stratégiques est de travailler sur le changement culturel. C’est un thème que nous traitons avec grand succès sous plusieurs angles : le développement du leadership, les « peer groups », les interactions avec nos analystes, autant d’activités que nous organisons lors de nos événements en Suisse Romande, à Zurich et au niveau européen.

 

Merci à Xavier Seyfried pour cet interview

 

 

La délocalisation/désindustrialisation de l’industrie suisse 

Une entreprise industrielle sur deux pense à délocaliser dans les trois prochaines années ou à externaliser ses activités à l’étranger, selon une enquête du “Swiss Manufacturing Survey” réalisée par l’Université de Saint-Gall (2018).

De plus, le nombre d’entreprises du secteur secondaire (hors construction) ne cesse de baisser ces dernières années : 44’648 en 2014, 43’913 en 2016 pour env. 43’000 aujourd’hui (source : OFS).

Ce n’est pas énorme mais c’est tout de même une lente érosion.

Que faire ?

A ce double mouvement de délocalisation/désindustrialisation, les autorités semblent totalement démunies. Et pourtant, il y a quelque chose à faire : accélérer la révolution numérique en favorisant la mise en place d’une industrie 4.0.

Pour ce faire, il faut d’abord changer le « logiciel » des stratégies de formations tertiaires notamment les HES mais aussi celle de la filière apprentissage ou les aides publiques comme « Innosuisse ». Penser numérique, c’est la seule porte de salut. C’est donc enseigner les algorithmes, le codage et le machine learning. Aujourd’hui, le software est aussi important que le hardware. C’est une transformation profonde de notre système de formation auquel il faudrait s’atteler. Cela n’arrive qu’une fois à chaque révolution industrielle. Il faut s’y préparer immédiatement.

Car l’industrie 4.0 est aussi une chance pour les emplois de demain et pourrait aussi favoriser une industrie locale. La 3D, l’IA et l’IoT sont par exemple des technologies de proximité.

On pourrait donc assister à une relocalisation des entreprises si l’on est capable collectivement de relever le défi du numérique.

À l’image d’Adidas qui a re-localisé une usine 4.0 en Bavière ou de Novartis à Stein-am-Rhein, on constate que des usines ultra-modernes reviennent sur les territoires à haute valeur ajoutée  (ceux à salaires élevés) parce que la 4ème révolution industrielle a besoin de gens hautement qualifié pour faire marcher ses usines (Adidas et Novartis ont fermés des usines ailleurs en Asie et en Europe pour faire ce “move”)

La solution passe par le numérique. Il faut donc accélérer le mouvement !

HORLOGERIE: nouvelles du front: la guerre Apple versus les Suisses

En 2019: Apple Watch aura gagné la guerre commerciale de la montre

En effet selon Strategy Analytics, une firme d’analyse économique, Apple aurait vendu 9,2 millions d’unités au quatrième trimestre de 2018. Cela représente une hausse de 18% par rapport aux 7,8 millions du même trimestre en 2017. Au total, Strategy Analytics suggère qu’Apple aurait livré 22,5 millions d’unités de la “Apple Watch” en 2018. C’est presque autant que ce l’industrie horlogère suisse a fourni dans son ensemble (23,7 millions en 2018). Et donc au vu des chiffres du premier trimestre 2019 soit +49% pour Apple et -14,6% pour les suisses…les jeux sont faits…Apple est déjà devant !

C’est évidemment dans la tranche des montres à moins de 500 CHF qu’Apple a fait le plus mal aux horlogers suisses qui ont vu fondre leur part de marché (la chute des volumes s’est poursuivie en avril 2019, avec un repli de 17,1%, soit 330’000 pièces de moins en un mois selon les statistiques de la FHS).

Donc contrairement à ce que prétendaient certains horlogers – il y a encore deux ans – la montre connectée a bien entamé des parts de marché aux suisses. Le haut de gamme restant pour l’instant dans leurs mains … on peut cependant se demander jusqu’à quand ? On va d’ailleurs le savoir très vite car Apple planifie de revenir sur le haut de gamme avec ses montres « edition » dès cet automne. Avec des « complications » de plus en plus fiables dans le domaine médical, Apple tient le bon bout. Apple monte en gamme et les suisses vont reculer encore. Pari tenu !

Quelques chiffres : En comparaison aux 17,7 millions de montres livrées en 2017 et aux 22,5 de 2018, il semblerait que le premier trimestre 2019 soit encore meilleur. En effet, l’Apple Watch 4 cartonne depuis qu’un capteur cardiaque est intégré à la montre. Au total, le marché de la montre connectée, c’est 45 millions pour 2018 dont 50% pour Apple. Ces chiffres placent Apple au sommet du secteur des montres intelligentes avec Fitbit loin derrière avec ses 5,5 millions d’unités en 2018, Samsung est troisième avec 3,3 millions d’unités livrées, suivi de Garmin avec 3,2 millions.

En termes de part de marché des montres connectées, Apple a une avance considérable. Les suisses y sont quasiment absents !

 

L’économie se dématérialise au profit de l’IA !

avec Philippe Grize, Directeur du domaine Industrie He-Arc

Depuis la première révolution industrielle la machine a pris une part importante dans la création de richesse de nos économies avancées. Le train, la voiture, l’avion mais aussi les machines à laver, à café, la photocopieuse, le fax puis l’ordinateur, avant l’avènement du téléphone mobile, etc. l’évolution de notre société est ponctuée par l’apparition de nouvelles machines et objets dédiés à notre confort et à l’efficacité du travail. Avec la révolution numérique les choses vont encore changer drastiquement car la plupart des « machines » seront virtuelles. En effet, avec l’intelligence artificielle (IA) on aura avant tout à faire avec des algorithmes de type auto-apprenants qu’on appelle curieusement « machine learning ».

Cette appellation n’est en fait pas usurpée car ce sont de véritables machines dont les rouages sont fait d’algorithmes.

Tout se passe -symboliquement- avec des données comme matière première, comme l’acier peut l’être dans l’industrie, qui sont transformées, assemblées, packagées et valorisées sous forme de produits commercialisables. L’économie se dématérialise en quelque sorte mais les services et la création de valeur restent bien réels.

Et le plus important changement tient dans l’autonomie de la machine. Par exemple la voiture autonome, les drones sans pilote, etc. Mais attention ne pas confondre autonomie et indépendance, car ces «machines» restent pour l’instant dépendantes de l’homme en ce qui concerne leur conception, leur mise en fonction ou leur approvisionnement en énergie (l’homme pouvant heureusement toujours tirer la prise…).

Mais la machine après avoir été longtemps sous l’emprise de l’homme s’émancipe.

C’est le«marqueur» de notre époque.

Les conséquences économiques que cela peut représenter sont encore à venir mais des gains en compétitivité et en productivité vont surgir de l’application de l’IA dans l’industrie et de nouveaux produits vont voir le jour, connectant directement les clients avec les fabricants qui sauront tout de leurs habitudes, comme Google sait tout de nos déplacements et de nos centres d’intérêts. Par exemple les nouvelles machines-outils auto-apprenantes vont remplacer celles à commande numérique et planifieront leur besoin en maintenance avant que ne survienne une panne et un arrêt de production.

On change de génération !

Et les aspects économiques sont tout simplement énormes, les gains dans l’industrie sont estimés à plus de 10’000 Milliards. Il est clair que seul les industriels qui sauront maîtriser les compétences en IoT (Internet des Objets), en Big Data et en IA, donc en machine learning, seront les vainqueurs de la 4èmerévolution industrielle.

Restent encore la question de la valorisation par de nouveaux business models industriels. Ils vont aussi devoirchangerdeparadigmesàl’instardumodèle « Software as a Service », les fournisseurs seront rétribués lorsque leurs machines aura fabriqué les bonnes pièces au bon moment, ce sera l’avènement du « Machine as a Service ». En effet, les chaines de valeurs digitales et le cloud computing von également dématérialiser les modèles d’exploitation actuels. Les entreprises établies de longue date devront procéder à d’importants changements et imaginer de nouvelles façons de générer des profits basés sur les données valorisées en services. Comme les sociétés Airbnb et Uber qui ont transformé des«services traditionnels»en industries reposant sur des applications dématérialisées sur le cloud.

Il est temps que les entreprises industrielles traditionnelles fassent de même avant qu’un «nouveau parvenu» ne les déloge!

HORLOGERIE : La guerre du poignet aura bien lieu !

La fin de la montre au poignet est-elle pour bientôt?

On pourrait le croire si l’on regarde le nouveau produit présenté par ZTE, fabricant chinois de smartphones, la « Nubia Alpha ». Un nouveau dispositif de télé-communication au poignet : il s’agit bien d’un smartphone mais aussi d’une montre connectée à l’écran flexible.

Le Nubia Alpha est un smartphone hybride, à la croisée d’un téléphone et d’une montre connectée. Il se porte au poignet et dispose d’un écran Oled flexible de 4,01 pouces. La version modifiée d’Android assure une navigation fluide.

Il faut dire le Nubia Alpha embarque une navigation sans contact effectuée par geste. Révolutionnaire. Un capteur présent sur l’une des tranches facilite la détection des gestes. D’un simple mouvement de la main vers le haut ou le bas, l’utilisateur parcourt le menu. Néanmoins, quand il faut taper un SMS, il faudra utiliser un clavier T9. On peut également visionner des films dans des conditions étranges.

Si le constructeur ne le présente pas comme seulement une montre connectée. Car, Il y a donc une version smartphone et une version smartwatch. Toutefois, les deux modèles intègrent la compatibilité Bluetooth et WIFI.

Sur la tranche, une caméra de 5 mégapixels permet de faire des selfies, tandis qu’un cardio-fréquencemètre assure le relevé du pouls du porteur. Bref, le Nubia Alpha est commercialisé en Chine depuis le 25 février. Ce produit sera lancé en Europe et aux États-Unis prochainement.

Le Nubia Alpha semble être l’accomplissement d’un pur défi technique. Le produit final est loin d’être parfait, mais semble remplir ses objectifs. Apple Watch qui possède aussi les fonctionnalités « cardio » se vend très bien + 48% au premier trimestre 2019 par rapport à la même période 2018.

En silence, cette fois, la vente des montres connectées décolle.

 

Un industriel romand dépollue les bateaux de croisière

Un bateau de croisière peut émettre en une journée autant de particules fines qu’un million de voitures… sachez qu’il y existe une société suisse qui s’attaque à ce fléau: Cla-Val. Interview avec son directeur Hugo van Buel.

Pouvez-vous décrire votre méthode de dépollution des navires?

Ce sont essentiellement les émissions d’oxydes d’azote et d’oxydes de soufre qui sont très significatives pour la pollution de l’air. Les technologies employées consistent à «laver» les fumées d’échappement d’un navire pour éliminer celles-ci dont la teneur est, depuis peu, réglementée dans certaines zones du monde. Les boues générées par ces lavages doivent être traitées au même titre qu’une station d’épuration. Ce n’est à proprement parler pas une méthode de notre société de dépollution des gaz d’échappement des navires mais notre société fournit les vannes de régulation pour contrôler débit et pression de l’eau dans les unités de dépollution.

En quoi votre société a un savoir-faire spécifique?

La particularité d’un navire est qu’il se déplace, dès lors en cas de panne une intervention en pleine mer est toujours délicate. La première valeur ajoutée de nos vannes de régulation est la garantie d’un fonctionnement 24h/24h ainsi qu’un réseau de service après-vente dans la majeure partie des ports du monde. Un deuxième aspect fondamental tient au type d’eau utilisée, en effet les eaux de mer sont très corrosives et nos vannes de régulations doivent être conçues dans des matériaux nobles tel que les monels et autres aciers inoxydables.

Que peut espérer le grand public de votre action… et le politique?

Le grand public a déjà réagi aux accostages des grands bateaux de croisières dans des lieux idylliques en faisant pression pour obtenir des réductions des émissions nocives. Plusieurs réglementations ont été introduites dans diverses zones de la planète. En Europe (mer du Nord, mer Baltique), depuis le 1er janvier 2015 les émissions de soufre sont contrôlées. Depuis le 1er janvier 2016, les Etats-Unis ont introduit des réglementations dans les zones touristiques telles que les Caraïbes. Le grand public respirera un air bien meilleur en se souvenant qu’un navire de croisière pollue autant qu’un million de voitures. Plusieurs réglementations vont encore être introduites.

Cette année Cla-Val va équiper environ 400 navires, soit une masse colossale d’émissions réduites dans le monde. A l’échelle suisse, le politique n’en retire rien car ils n’ont pas saisi que l’économie verte est déjà très industrialisée au sein de leurs entreprises. D’une manière générale le politique connaît mal ses entreprises.

De manière plus générale: c’est à l’économie ou à la politique de résoudre les grands problèmes de pollution?

Je dirai que l’un ne va pas sans l’autre. Les politiques doivent définir un cadre dans lequel l’économie peut évoluer et apporter des solutions. L’exemple maritime est intéressant car tous les acteurs s’accordent à dire que des carburants à bas taux de soufre sont la clé pour la réduction massive des émissions des navires mais personne ne va bouger tant que les règles ne peuvent s’appliquer à l’entier des acteurs. Le politique a donc son rôle à jouer.

Fréquemment, et c’est surtout vrai ces dernières décennies avec les problèmes environnementaux, la tentation du politique est d’outrepasser son rôle en devenant un acteur économique ce qui fausse le marché et, paradoxalement, freine l’adoption d’une technologie environnementale, les médias s’en font régulièrement l’écho.

La technologie de l’IA libère le médecin vers plus d’humanisme !

Eric Topol, fondateur et directeur du Scripps Research Translational Institute, lors de la conférence Fortune’Brainstorm Health de San Diego a déclaré que Le «Deep learning » pourrait faire gagner du temps aux médecins dans de long processus administratifs et ainsi libérer du temps pour les patients. Tous ces efforts technologiques pourraient alors nous amener à ce que nous manquons depuis des décennies, à savoir des soins de santé plus humaniste.

La vision de Topol est le sujet de son nouveau livre « Deep Medicine » : Comment l’intelligence artificielle peut-elle rendre les soins de santé plus humains ? Pour atteindre cet avenir optimiste, il a déclaré que le secteur des soins de santé devait adopter de manière agressive l’intelligence artificielle.

Au-delà de l’humanisation des soins de santé, l Le »Deep Learning », un type d’intelligence artificielle, peut également réduire les erreurs humaines et aider les médecins à prendre de meilleures décisions, a déclaré M. Topol.

Les radiologistes effacent faussement les patients de la maladie 32% du temps, a déclaré Topol. Pendant ce temps, les gastro-entérologues oublient régulièrement de petits polypes aussi précancéreux que des plus gros.

“Nous devons admettre à quel point les choses vont mal maintenant”, a déclaré Topol. «Toutes ces choses peuvent être améliorées par le « Deep Learning » et la vision artificielle.”

L’intelligence artificielle ouvre également la porte à de nouvelles découvertes, en rassemblant des quantités énormes de données provenant de patients et de publications médicales qui auraient été trop onéreuses pour un humain. Cela permettrait aux médecins d’offrir aux patients des soins plus individualisés, tels qu’un régime plus susceptible de réussir en fonction du type de corps du patient. Cela pourrait également conduire à une technologie portable améliorée et à des innovations telles que des coachs médicaux virtuels qui conseillent les patients en matière de santé.

En combinant toutes ces choses, l’intelligence artificielle pourrait améliorer un secteur accablé par l’épuisement professionnel des médecins, les retraites anticipées et le sentiment grandissant que l’inscription à l’école de médecine est une mauvaise idée.

«Nous avons besoin d’espoir», a déclaré Topol. “Il est rassurant de savoir que nous avons un chemin, que si nous travaillons dur, nous pourrions y arriver.”

 

livre : Deep Médecine, How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again