Et si Apple obtenait une certification FDA pour son Apple Watch 3 ?

L’enjeu est de taille : Apple court après les cardiologues.

Les ingénieurs de Cupertino cherchent avec la montre connectée à créer une entrée fracassante dans le domaine de la santé.

S’ils y parviennent alors tout va changer … car posséder une montre connectée sauvera des vies et peut-être même la vôtre. Alors là, cela deviendra quasi-impossible de ne pas en porter une (et adieu la montre suisse !).

Le suivi du rythme cardiaque depuis sa smartwatch est déjà au cœur des arguments de vente de la firme de Cupertino. On peut en effet s’attendre à ce que l’Apple Watch place la barre assez haut en ce qui concerne ces mesures médicales.

À la vue des résultats obtenus la semaine dernière par le développeur Brad Larson  de SonoPlot, la promesse semble avoir été tenue dans ce domaine, étant donné que la montre a permis d’obtenir des résultats extrêmement proches de ceux effectués avec le traqueur Mio Alpha, reconnu comme étant l’un des plus précis. (voir le schéma ci-dessous)

 

 

Ainsi, si Apple obtenait une certification de la part de la  FDA (Food and Drog Administration) pour son Apple Watch 3, celle-ci pourrait sans doute permettre d’être utilisée à des fins médicales, notamment pour l’étude des maladies cardiaques en se substituant à terme aux médecins.

Confiés aux patients, ces mesures accompagnées de leurs analyses (avec des outils comme les Big Data et le Deep Learning) transformeraient la médecine pour toujours.

USA : l’emploi source de la crise du système de santé !

La croissance de l’emploi dans le secteur de la santé a été la principale cause de la croissance de l’emploi aux USA depuis le début du millénaire (+40%). C’est aussi la source du problème du système de santé devenu trop cher et hors de contrôle.

Voir schéma ci-dessous.

 

 

 

C’est un déséquilibre important qui a créé aux USA, une tension énorme sur la société (dixit Warren Buffet) où les primes d’assurance sont exorbitantes pour la classe moyenne. Il faut le dire, dans ce pays, les coûts de la santé ne sont plus du tout sous contrôle.

La leçon pour la Suisse: ne laissons jamais le système s’emballer et pour y parvenir, contrôlons l’emploi dans ce secteur!

En effet, rien ne justifie la création de 100’000 postes en dix ans dans la santé en Suisse!

USA: l’augmentation vertigineuse des coûts de la santé a contribué à créer un déséquilibre social !

L’augmentation des coûts de la santé a un effet sur les équilibre économiques et sociaux. Si la proportion du PIB dédiée à la santé augmente fortement (c’est-à-dire plus que la moyenne des autres secteurs) alors c’est forcément au détriment des autres secteurs: nutrition, logement, éducation, transport, loisirs, etc.

C’est exactement ce qui est arrivé aux USA! Là-bas, la santé représente aujourd’hui plus de 17% du PIB mais il y a quarante ans, la proportion était de l’ordre de ce que l’on connaît aujourd’hui en Suisse: 11%.

Deus résultats majeurs ont alors pu être observé pendant cette période:

1.- beaucoup de gens ont fait des faillites personnelles parce qu’ils étaient incapables de payer leurs primes.

2.- les entreprises ont cessé d’offrir systématiquement des “bénéfices” en payant les primes des employés.

Une des conséquences est que beaucoup d’américains ont rejoint les quelques 65 millions de citoyens sans assurance maladie.

La situation s’est toutefois amélioré sous l’ère d’Obama: de 65 millions, on est passé à un peu moins de 35 millions. Ainsi cette réforme après un début difficile, a permis une forte diminution de la proportion d’américains sans assurance maladie, qui est tombée de 20,3% à 13,2% de la population entre 2013 et 2015.

Mais les actions répétitives de Trump au Congrès pourraient remettre en cause un bilan finalement mitigé: le déséquilibre reste flagrant et 47 millions de gens reçoivent des tickets de nourriture et 2 millions de SDF hantent les rues.

La vérité, c’est que l’augmentation vertigineuse des coûts de la santé a dans ce pays créé une tension sans commune mesure sur l’équilibre social. En quelques décennies, le rêve américain s’est stoppé net pour des millions d’habitants.

La Suisse devrait regarder tout cela de plus près avant de laisser filer les coûts de la santé comme elle le fait actuellement!

 

Monsieur Berset: un système de santé moins cher c’est possible grâce au numérique !

Les données du Big Data vont transformer la médecine plus sûrement qu’aucun règlement ne l’a jamais fait auparavant. De plus, on aura en prime une médecine meilleure et moins cher. Car il est temps d’améliorer le système tout en contenant l’explosion des coûts de la santé! C’est en tout cas la promesse d‘une nouvelle approche préventive, prédictive, personnalisée, participative et pro-active du corps (immunothérapie) qui débouchera enfin sur des progrès en productivité !

Explications:

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics, leurs traitements et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux. Ces informations étaient alors limitées en termes de quantité et de temps (durée de la prise des mesures). Aujourd’hui, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce aux “data analytic”, aux “data mining”, aux “machine learning”, etc. tout va changer… on entre dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

La Mayo Clinic qui est l’un des précurseurs en la matière, s’est lancée depuis quelques temps avec force dans le Big Data et les données non-structurées. Ces dernières sont devenues de plus en plus pertinentes avec l’interaction entre les sciences de la vie et de la mathématique algorithmique.

Maintenant on est capable d’associer de grandes quantités de données issues des moyens traditionnels avec celles produites par le flux d’information provenant d’objets connectés qui sont en train d’envahir notre quotidien. Ainsi, la médecine se tourne davantage vers le “pouvoir des données que celui des molécules”.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Demain, les données concernant la santé ne seront plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus continu destiné à mettre à jour une information médicale pertinente. Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde médical.

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithmique converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre. L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui ont à la fois, la vocation de combattre la maladie tout en aidant le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Le Big Data, c’est enfin la possibilité de prédire avant de prévenir. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable.

Mais surtout cela va remplacer bon nombre de postes de travail du système de santé et créer enfin les économies tant espérées par tous. Si l’on peut prédire alors on a moins d’urgences et d’erreurs à gérer pour plus de précision et de rapidité d’interventions, sans les doublons, ni les interventions inutiles… il y a moins de travail et donc moins besoin de personnel …

… dans un contexte de la politique de la santé suisse où l’on observe une perte totale du contrôle des coûts  -car une augmentation des primes d’assurance de 4% l’an équivaut à un doublement de celles-ci en 18 ans (1,04 puissance 18 = 2) -…  il y a mieux à faire.

Messieurs les politiciens bernois, il faut vous se ressaisir… des solutions existent!

(voir pour plus d’informations le livre: santé 4.0, éditions Georg, Genève)

 

L’avenir d’Apple passe par la santé !

L’opportunité dans le marché de la santé est énorme.

Apple considère ce domaine comme une partie essentielle de sa stratégie d’avenir. Comme l’a déclaré récemment Tim Cook, l’important économique du marché de la santé rend celui des smartphones infiniment plus petit. En fait, avec plus de 7 mille milliards de dollars de dépenses par an, il représente près de 10% du PIB mondial. Dans son discours d’ouverture (12 septembre dernier) lors de la présentation des nouveaux Apple Watch et iPhone, Tim Cook a déclaré que “le domaine de la santé est vital pour l’avenir d’Apple”.

Aux États-Unis, Apple compte plus de 80 millions d’utilisateurs d’iPhone ou d’Apple Watch, ce nombre est supérieur aux clients de n’importe quel assureur américain. Apple possède un autre avantage par rapport aux autres opérateurs historiques du secteur de la santé, comme les hôpitaux et les entreprises pharmaceutiques : Apple n’a pas à négocier avec les assureurs pour les remboursements des soins.

Au contraire, il peut se permettre d’axer sa stratégie sur l’expérience client et donc faire payer directement les patients.

L’entrée tout en douceur d’Apple dans le business de la santé date de 2014 lorsque la compagnie a proposé pour la première fois un kit de santé. L’année suivante ce fut l’Apple Watch et son traceur d’activités. Depuis lors, l’intérêt d’Apple n’a fait que croître avec des partenariats, des fusions et des acquisitions (comme Gliimpse dans le digital health). Sa volonté est d’acquérir des compétences de très haut niveau, que ce soient des entreprises, des produits ou des individus.

Apple déroule sa stratégie à partir de vos données personnelles 

1.- Apple a une grande trésorerie, une forte notoriété et une relation directe à sa clientèle qui inclut plus d’un milliard d’utilisateurs de « device » à la marque de la pomme

2.- Plus l’expérience des utilisateurs s’amplifie dans la santé, plus Apple gagne des places en collectant les données comportementales de ses clients.

3.- Apple change en douceur son modèle du bien-être vers des applications médicales. Ainsi Apple a commencé par son suivi de remise en forme via Apple Watch. Maintenant, la compagnie passe ainsi avec le partenariat avec Health Gorilla vers la possibilité d’offrir un dossier patient complet.

4.- Apple développe son intérêt pour la collecte des données de grande qualité comme en témoigne son partenariat avec la FDA pour détecter les anomalies cardiaques, la surveillance du glucose non invasive et son désir de transformer le téléphone en un outil de diagnostic.

5.- Apple avec « ResearchKit » offre aux chercheurs la possibilité d’utiliser les iPhones pour mener des études de recherche clinique à grande échelle. En établissant une relation directe avec le consommateur et en utilisant des fonctionnalités du téléphone, Apple permet aux scientifiques de changer d’échelle de réalisation pour leurs cas d’études. Le Big Data devient la norme des recherches.

6.- Les maladies chroniques sont aussi l’avenir d’Apple. Le patron d’Apple a été explicite en parlant de la participation de l’entreprise au diabète et à la gestion des maladies cardiaques, deux principaux facteurs de coût de santé aux États-Unis. Pour améliorer les résultats, Apple utilise CareKit et son partenariat avec Health Gorilla, une plateforme permettant aux cliniciens de coordonner les soins aux patients.

7.- Les nombreux brevets déposés par la compagnie de Cupertino dans le domaine de la télémédecine suggère qu’Apple veut introduire une médecine permanente, personnalisée au domicile de chacun. Cela ressemble à la vision de Steve Job des années 70 lorsqu’il prédisait qu’il y aurait un ordinateur personnel sur le bureau de chacun alors que c’était encore le règne des gros ordinateurs d’IBM !

Tout cela démontre clairement qu’Apple a l’intention de devenir votre partenaire santé en s’occupant personnellement de vos données.

Source : CB Insights

 

Les Blockchains: un défi pour les systèmes de Santé ?

Avec l’avènement des Blockchains, tous les intermédiaires ont du souci à se faire: les Notaires, les Avocats, les Banquiers, les Commerçants, etc. mais aussi les Médecins, les Pharmaciens et autres métiers de la Santé car à l’avenir la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être challengée par les blockchains.

Voici en résumé le développement de ce point de vue.

Comme tout le monde le sait maintenant, les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.

Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création. Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’absence d’intermédiaire. Imaginez-vous une société sans intermédiaire … une société purement directe à l’instar du protestantisme! On peut l’appeler de diverses façons: révolution numérique, révolution 4.0, etc. mais cela va bien au-delà, c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.

Personne ne semble prendre véritablement la mesure d’une telle Réforme. Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine pharmaceutique, il traitera immédiatement avec les fabricants et de même l’usine via l’Internet des Objets et les contrats de type blockchain n’auront plus besoin d’ “intermédiation”.

Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour le domaine de la Santé. Celui-ci va évoluer vers des pratiques digitales nouvelles et moins coûteuses. L’idée ici est que des actes médicaux de toute sorte vont être chaînés dans les blockchains.

Donc on aura d’une part, une meilleure prise en compte des actes médicaux par l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de la santé, ce qui permettra d’en diminuer les erreurs (poste inavoué mais très coûteux) mais aussi de supprimer les doublons (bonjour les économies) et enfin de diminuer les intermédiaires donc, le personnel (en Suisse en 10 ans, on a engagé 100’000 personnes dans le domaine de la Santé pour un coût de 10 milliards -pas besoin de chercher ailleurs la dérive des coûts) et ceci tout en améliorant la qualité des soins et d’autre part, permettrait une plus grande transparence des interventions.

Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des actes médicaux.

Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montres connectées).

Les “blockchains-santés” du futur, ce sont donc à la fois des actes médicaux, des données actives provenant des capteurs, et des appréciations patients (self quantified) le tout dans un grand registre historique entièrement informatisé, transparent, sécurisé et distribué.

En tous les cas demain, la donnée-patient sera au cœur du processus santé, qui lui même sera enchaîné dans des blocks !

 

La Santé est un processus … bientôt numérique?

La Santé se décline dynamiquement … c’est un véritable processus … qui sera comme tous les processus facilement transformé en “algorithme”.

Dire que : “La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social (…)*” comme l’a fait l’OMS (en 1946) paraît aujourd’hui bien réductrice … elle ne rend pas du tout compte du caractère dynamique et continu des processus de santé.

De nouvelles questions surgissent dès lors que l’on veut bien regarder les choses autrement:

Ainsi:

  • N’y aurait-il pas de nouvelles pratiques, de nouvelles visions à même de mieux exprimer ce qu’est en train d’advenir?
  • Que penser des mouvements populaires pour l’alimentation saine, les médecines alternatives, le sport, le quantified self ou encore de l’empowerment informationnel porté par Internet?
  • Que penser de “l’algorithmisation” de la société en général et de son impact sur la médecine en particulier?
  • Que penser des “apps” de nos téléphones mobile et montres connectées?

Toutes ces approches permettent de redéfinir le concept de santé dans des pratiques et processus quotidiens, donc en continu.

On quitte aujourd’hui l’usage des pratiques ponctuelles où, une fois de temps en temps, il convenait de faire un check-up.

Il s’agit à présent de se mesurer, se diagnostiquer et s’informer en temps réel. Un nouvel usage : celui du monitoring permanent de soi …

Ainsi une sorte de “quête” pour une santé nouvelle émerge.

  • Meilleure?
  • Différente?

C’est en tout les cas un changement de paradigme, comparable au passage de l’image photographique au cinéma.

On passe d’une image du corps prise sporadiquement à un film à 24 images/seconde…

C’est une approche si différente, que nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse de la même chose.

Le système de soin et de santé ne sera plus jamais comme avant.

Une révolution ou un éclairage nouveau sur nos vies en continu, à la manière des frères Lumières en quelque sorte.

 

DEVELOPMENT

Dans un monde en permanence transformé par le digital, il faut renouveler la définition du mot santé, non seulement d’un point de vue médical, mais aussi sociétal, distinguer la santé du soin, dissocier la santé au sens large, de la santé au sens étroit, permet de dépasser les limites du simple système de soin. Soigner est un acte amorcé avec la détection d’un changement d’état signalant la maladie – on reste ici dans la définition de l’OMS – tandis que la santé engage une posture proactive, un processus de recherche, la quête de la bonne forme physique et psychique ainsi que de sa conservation. Ce n’est pas la même chose : le soin se définit de manière réactive, la santé se définit de manière proactive. L’un est occasionnel, l’autre est permanent.

Dès lors, on peut dire que la santé n’est plus un état mais qu’elle est devenue un processus.

Reste à comprendre quelles transformations ce changement de paradigmes va engager sur les comportements des personnes, des familles et des institutions qui gèrent les systèmes de santé publique et quelles anticipations les acteurs professionnels de la santé sont en mesure d’apporter. Il est clair pour chacun de nous, qui avons finalement pris l’habitude de vivre dans ces seuls deux états (en forme ou malade), que les choses vont changer profondément. Nous allons connaître à présent un rapport nouveau à la santé : une situation évolutive en temps réel, avec l’impression persistante de n’être ni vraiment malade, ni vraiment en bonne santé et donc toujours à surveiller. Notre tableau de bord de santé (si l’on peut le dire ainsi) montrera une situation toujours en fluctuation, avec des hauts et des bas qui s’exprimeront sous forme de glissements de courbe à la hausse ou à la baisse !

C’est un tout nouveau contexte, qui donnera un flux d’images hétéroclites sur les composants multiples de notre santé, auquel il va falloir s’habituer ; mais, plus encore, il va falloir le comprendre. En effet, recevoir de très grandes quantités d’informations sur notre corps est une chose, mais pouvoir interpréter correctement ce qui s’y passe, en est une autre. C’est également un changement de mœurs : nous allons nous prendre en charge davantage, sans recourir forcément au système de santé. Certes, cela va évoluer lentement (sans doute des décennies avant une généralisation), mais il faut bien prendre acte de ce changement déjà en marche. Il convient aussi d’imaginer qu’une éducation massive devra nécessairement accompagner ce mouvement de prise en charge de la santé par chacun, pour chacun : Internet ne suffira pas, ni même les bracelets de santé. Un réel apprentissage, plus personnel, devra commencer dès l’enfance et être poursuivi tout au long de la scolarité. C’est un bouleversement radical, un peu comme ce fut le cas avec l’alphabétisation ou, plus prosaïquement, avec l’hygiène et la nutrition après- guerre.

Le système global de la santé tel que nous le connaissons — focalisé davantage sur les soins que sur la santé-au sens large — n’avait prévu qu’un statut passif ou subordonné au patient. Ce n’est pas pour rien qu’il est justement désigné par le terme de patient ! Celui attend, en quelque sorte. que l’on vienne le guérir, qui attend que l’on s’occupe de lui. Objet du soin et non pas héros de son aventure, il n’est pas proactif face à ce qui lui arrive, ni même censé comprendre.

Changement de perspectives ? Pas seulement !

Cela nécessite encore quelques explications.

Aujourd’hui la santé est avant tout un processus nécessitant un ensemble de comportements appropriés (activités physiques et psychiques adéquates, consommations en quantité raisonnable de nourritures saines et adaptées, hygiène de vie, conditions sociales suffisamment harmonieuse, sans oublier, chaque fois que cela est nécessaire, des soins professionnels).

Le nouvel écosystème ne met plus le patient au centre d’un diagnostic, mais l’inclut comme l’une des parties prenantes d’un processus d’appréciation. Le patient est dans le cercle, et non plus au centre de celui-ci. Ce changement de statut est important car il ouvre la perspective de partenariat, donne une place prépondérante à chacun et désenclave le patient d’une relation de subordonné. Ainsi, le système va basculer d’un système orienté “soin” vers un système orienté “santé”. En donnant un rôle nouveau au patient, ce dernier devient acteur de sa santé et non plus simple consommateur de soins Il remonte en quelque sorte dans la chaîne de production de la santé. Tout le système en sera chamboulé !

Le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laborantin, le chercheur, l’assureur, l’hygiéniste, le nutritionniste, le physiothérapeute, etc. tous devront modifier leur posture… plus de blouse blanche… cette révolution en profondeur touchera aussi bien les rapports au sein de la société que les rapports humains… La santé sera l’affaire de tous et non plus de quelques-uns !

L’évolution vers une telle “horizontalité” de l’organisation du système de santé passera nécessairement par la redéfinition des tâches de chacun. Plus un système est “plat” plus il doit être participatif, collaboratif, en co-création en quelque sorte.

Il va donc falloir s’atteler maintenant à un changement organisationnel profond.

On voit ici comment un simple changement de définition : du discontinu vers le continu, peut entraîner un changement organisationnel du système de santé – et non plus de soin – en profondeur.

Le virage vers le continu – et donc le temps réel – n’est pas simplement un changement dans l’approche santé, mais une complète inversion de celle-ci. Jusqu’à présent, le système était totalement orienté vers l’urgence, l’action dans la crise, du “hard landing” en quelque sorte… Il fallait soigner vite, opérer vite pour guérir vite… Voilà le paradigme que l’on quitte, pour celui d’une prise en charge en continu, dans laquelle la prévention et l’anticipation vont faire baisser la pression de l’état d’urgence propre à l’ancien système. Dorénavant il faudra s’habituer à la vision d’une santé mesurée en “temps réel”.

La santé doit désormais être envisagée comme un système pris au sens large, incluant la forme physique et mentale, la nutrition et l’hygiène, le stress et les activités de repos, et y compris toutes les formes d’attention à soi et ceci dans un fonctionnement organisé en permanence.

Fini le temps “haché” vive le temps continu

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* Cette définition se trouve dans le Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946 ; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats. (Actes officiels de l’Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100, 1946). En1986, la charte d’Ottawa va compléter cette approche de la santé en la définissant comme une « ressource indispensable de la vie quotidienne » qui permet : d’une part de satisfaire ces besoins et de réaliser ses ambitions et d’autre part, de comprendre le monde qui change, d’évoluer et de s’adapter à celui-ci. 

Santé 4.0 – enfin le changement?

Voilà Six “bonnes” raisons pour l’arrivée d’un changement brutal dans le domaine de la santé (extraits du Livre Santé 4.0, édition Georg, qui paraît aujourd’hui) 

(1) La Santé coûte cher, trop cher: la faute à l’emploi ?

Pour comprendre l’évolution du système de santé suisse, rien ne vaut un détour par les Etats-Unis où le système est le plus cher et le moins productif au monde. Une mise en perspective de deux systèmes proches mais ayant quand même des caractéristiques propres, permet de voir ce qui va mal, très mal chez eux mais chez nous aussi. Donc, si les suisses consacrent beaucoup d’argent à leur système de santé, environ 11,5% du PIB c’est encore très peu par rapport à ce que les américains subissent (17,1%). C’est inquiétant surtout pour l’avenir de notre système qui a tendance en général à suivre l’Amérique, avec un léger délai !

Pourquoi cela coûte si cher et pourquoi cela ne cesse-t-il d’augmenter?

Pour ce faire, il faudrait se demander d’abord si l’un des acteurs du système (hôpitaux, médecins, pharma, assurances, etc.) abuse du système.

La distribution des coûts est la même entre les deux pays !

Mettre ensemble les chiffres des coûts de la santé n’est pas chose facile…  les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez regarder… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (CH) :

  • Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)
  • Les médecins représentent 28% (26%)
  • Les médicaments représentent 14% (18%)
  • Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)
  • Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)
  • Les frais administratifs 7% (5%)

En comparaison, les chiffres se ressemblent beaucoup et pourtant, ce sont bien deux systèmes différents dont la distinction fondamentale est à chercher dans l’intervention de l’Etat en tant que régulateur. Même ainsi la répartition des coûts – presque semblable – ne permet pas d’accuser l’un ou l’autre des partenaires du système de santé américain ou suisse d’exagérer. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient avant tout d’une embauche exagérée!

Personne n’ose l’avouer mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué depuis deux décennies au moins, la hausse des coûts. Les changements de la démographie ou de la technologie souvent évoqués, ont créé dans le secteur de la santé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là est tout le problème!

C’est vrai aux USA mais aussi en Suisse. Près de 15 millions de jobs santé aux USA et 450’000 en Suisse (soit près de 10% des emplois) ! C’est énorme surtout que le nombre de postes de travail dans la santé n’a cessé de croître depuis vingt ans et ceci même pendant la crise de 2009. C’est clair : il y a une corrélation parfaite entre création d’emplois et coûts de la santé!

Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: « la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause ». Messieurs les régulateurs, prenez donc l’initiative d’un gel de l’emploi dans la santé et vous verrez que tout ira mieux!

(2) Les « UBER » de la Santé existent déjà !

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est caduc, car essentiellement peu productif… il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche pour plus d’efficacité, de rapidité, de coaching par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), pour moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou à distance (télémédecine), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable…

Ainsi certainement tous les domaines de la Santé vont être touchés car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont présentes dans ce secteur économique précis: peu de productivité et des marges importantes.

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le « CO-OP Health Program »). Ainsi des sociétés comme « Oscar Health » ou « ZoomPlus » vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essayent de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans « OSCAR ».

2.- « PAGER »: c’est une plateforme internet et une « apps » qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir un chauffeur de taxi débarqué, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du « Healthcare Digital » se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière). Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de « PAGER ». On peut citer rapidement des entreprises comme: « Projet IO » pour des prothèses imprimées en 3D; « Medwand » qui offre une sorte de télé-médecine très simple; « CrowdMed » c’est un service pour apprendre avec les autres; « SkinVision » pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore « PillPac »k pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y ont investi massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore la « Apple Watch » pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

Aux USA: la révolution a débuté alors qu’en Suisse, on ne fait que parler … des hausses de prime. Il est grand temps de lancer des initiatives concrètes et arrêter de se palabrer.

(3) Dr Watson vous assistera personnellement, tout le temps !

Les algorithmes et donc l »intelligence artificielle au service du patient (ou des « biens portants ») pourraient révolutionner tout le système à eux seuls car ils auront les moyens de « bypasser » le médecin!

Aujourd’hui, le programme « Watson » du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le « Big Data » médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le « Massachussetts General Hospital » pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre « premier recours/secours » médical!

Comme SIRI (Apple), NOW (Google). CORTANA de Microsoft ou encore « M » de Facebook, WATSON sont capables de répondre très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le « Big Data » des réponses intelligentes.Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

Pourtant, en quelques décennies comme l’ont fait les banques (ATM, bancomat), les agences de voyage (TripAdvisor), les cartes routières (GPS), les vidéos (streaming et fin des magasins), la vente des tickets et les enregistrements (aéroport), les taxis (UBER), la location d’appartements (AirBnb), etc.

C’est donc une toute nouvelle médecine qui va évoluer devant nos yeux.

Seul véritable problème pour la Suisse: malgré une très forte présence du domaine en Suisse notamment au niveau de la recherche (50% de nos moyens y sont consacrés) … l’innovation algorithmique se passe comme d’habitude ailleurs principalement à Boston et San Francisco.

4) Walk-In Clinic : les bobos de proximité

La santé et particulièrement les soins ont toujours été une question d’urgence, à régler en quelque sorte dans l’instant. Pourquoi souffrir et attendre. Le système de santé est pourtant lent avec ses salles d’attentes et ses multiples intervenants organisés en rendez-vous successifs. Aujourd’hui, le patient est impatient. Au temps de l’Internet, il veut une réponse immédiate! Les « Walk-in Clinic » répondent à ces nouveaux besoins de la société contemporaine.

Le concept est simple. Sans rendez-vous, vous pouvez vous faire diagnostiquer, soigner ou conseiller rapidement auprès d’une infirmière ou d’un docteur. Fixer un petit bobo ou passer un examen rapidement peut vous éviter la lourdeur des urgences de l’hôpital ou la pénible liste d’attente du médecin. Disponible partout, ouvert tout le temps et rapide, tels sont les trois éléments de la recette qui apporte aujourd’hui une grande satisfaction aux usagers américains.

C’est un véritable bouleversement des habitudes et des pratiques car les « Walk-in Clinic » sont pour la plupart gérées et situées dans les pharmacies. Les trois principaux groupes possédant des chaînes de pharmacie sur sol américain sont devenus très actifs dans ce domaine des cliniques rapides. Chez CVS, on a développé le concept de « Minute Clinic », chez Rite Aid, on a acheté « RediClinic » et chez Walgreens, on parle de « Healthcare » mais grosso modo c’est la même chose. C’est du « all in one « : soin et médicament dans le même lieu. Cela répond à un fort besoin de la clientèle américaine toujours plus pressée. Le nombre de ces cliniques n’a cessé de croître. On en dénombre aujourd’hui plus de 10’000 et le nombre de celles qui sont localisées dans les pharmacies ne cesse lui aussi d’augmenter. CVS a lui seul en détient aujourd’hui environ 900. Il pense en gérer 1’500 d’ici 2017. Walgreens et Rite Aid ne sont pas en reste avec un millier de ces cliniques ouvertes récemment. Mais Walgreens ne s’arrête pas là. Il développe une présence permanente avec une « apps » testée depuis 2014 qui permet via un smartphone d’être instantanément en contact avec un pharmacien ou un docteur pour de petits « bobos » qui arrivent malheureusement quotidiennement.

A l’avenir, ce type d’offre va être central pour le système de la Santé en général car il est bon marché, facile d’usage et répond à un nombre important de situations médicales. Par ailleurs, l’effet de proximité combiné aux réseaux communautaires, en forte extension, créera les conditions propices à leur développement à très grande échelle.

En Suisse aussi les choses bougent d’abord avec l’ouverture à Bâle en 2010 de la première « Walk-in Clinic » au nom évocateur de  » MediX Toujours »; mais c’est surtout le rachat par le groupe Migros de SantéMed qui a frappé les esprits. Désormais Migros gère directement avec Medbase et SantéMed une centaine de docteurs pour une médecine ambulatoire de proximité.

Les temps changent vraiment et les acteurs économiques aussi. On est bien à la veille d’un bouleversement sans précédent!

(5) « The Patient Will See You Now »

Un livre fait fureur aux USA depuis le début 2015, il parle de la révolution médicale. « The Patient Will See You Now » (le patient va vous recevoir maintenant) a été écrit par le Docteur Eric Topol, l’un des meilleurs futuristes mondiaux du domaine. Le livre examine ce qu’il appelle « le moment Gutenberg de la médecine ». Tout comme l’imprimerie a libéré la connaissance du contrôle d’une classe d’élite religieuse, la nouvelle technologie des algorithmes médicaux est prête à démocratiser la médecine. Dans cette nouvelle ère, les patients pourront contrôler leurs propres données et s’émanciper d’un régime médical paternaliste dans lequel  » le médecin connaît toujours le mieux les choses.  »

Les téléphones mobiles, les montres connectées, les « apps » et les « sensors » dédiés seront en notre possession. Si bien que littéralement, nous porterons sur nous (dans nos poches, nos poignets ou même dans notre corps) toutes les capacités d’un laboratoire de diagnostic et d’unité de soins rapides.

Les algorithmes des ordinateurs remplaceront les médecins pour de nombreuses tâches de diagnostic par le biais d’énormes ensembles de données (Big Data) qui vont nous donner de nouveaux moyens pour aussi prendre en charge des maladies chroniques (diabète, zona, hypertension artérielle, etc.)

En dépit de tous ces avantages, la voie à suivre s’avère très compliquée car certains dans le système de santé et les établissements médicaux vont faire de la résistance. Ces changements de la médecine digitale soulèvent de sérieuses questions entourant notamment la vie privée et la capacité des gens ordinaires à se prendre en charge.

Néanmoins, les résultats escomptés pour une telle émancipation généralisée semblent être illimités. En effet, lequel d’entre nous voudrait se passer d’un système plus efficace, moins cher, plus démocratique et plus humain avec des soins de santé accessibles à tous!

Dans un livre antérieur déjà fort remarqué: « The Creative Destruction of Medicine » de 2012, Eric Topol était alors davantage concerné par l’effet économique de la transformation technologique. Mais dans son dernier livre, il prend vraiment le point de vue du patient qu’il met au centre de la révolution actuelle.

Que s’est-il passé en moins de trois ans pour qu’il affine pareillement son approche?

C’est l’arrivée d’UBER qu’il cite souvent comme une avancée notable des écosystèmes d’algorithmes (software) qui l’a marqué. Il voit dans cette plateforme, une capacité software à résoudre des problèmes quotidiens que la technologie hardware – en quelque sorte- n’arrivait pas à maîtriser et surtout le pouvoir de changer les régulations locales (principal problème de la sclérose du système). C’est au cœur de sa pensée actuelle. Il faut saisir à quel point le monde à basculer dans un autre univers comme ce fut le cas avec l’imprimerie de Gutenberg. Désormais, la médecine ne sera plus jamais la même!

C’est définitivement cette vague profonde des algorithmes venue principalement de San Francisco qu’il faut désormais comprendre et intégrer dans notre vision du futur.

La Suisse doit ainsi penser à enseigner davantage les mathématiques que les langues car la langue de demain sera l’algorithmie…

(6) Organic Food: le premier des médicaments !

La mutation alimentaire des américains a commencé. Les supermarchés consacrent désormais des allées entières aux produits organiques, les marchés fermiers de producteurs locaux se multiplient à l’approche des villes et les restaurants affichent la liste des fournisseurs et producteurs qui composent leurs menus. Les gens sont surtout devenus soupçonneux du commerce des « Big Food », un terme fourre-tout qui sert à désigner la chaîne alimentaire classique – que ce soit vrai ou faux, tout doit être organique.

Mais de manière plus authentique, il y a un vrai désir chez les consommateurs américains de transparence. Les gens veulent savoir ce qu’ils mangent et quels effets cela peut produire sur leur bien-être ou sur leur santé.

Beaucoup de start-ups se sont lancées depuis peu dans le business. La médiatisation est forte. Et la cause du -tout organique- a permis à des personnalités comme Melissa Fox, une star du domaine aux USA, de créer leurs propres entreprises. Son entreprise « M-Jo » vit de produits de substitutions pour les repas traditionnels avec des aliments uniquement à base de plantes et des ingrédients non-OGM. Les petites entreprises alimentaires purement organique sont nombreuses à l’image de « Earth’s Best » avec des produits essentiellement pour bébé ou encore d’Amy’s Kitchen, « Organic Valley »et « Green&Black’s » qui font tous partie de ce que l’on peut désormais considérer comme des classiques de l’organique. Mais l’innovation ne s’arrête pas là et des produits nouveaux émergent comme Soylent qui se veut être une boisson nutritionnelle conçue pour couvrir à elle seule, l’intégralité des besoins alimentaires quotidiens. Enfin, le capital venture est aussi présent avec « AccelFood » à New York qui a déjà investi plusieurs dizaines de millions dans 16 start-ups. Cela bouge dans les métiers de bouche!

Les « Big Food » cherchent, eux aussi à se maintenir à flot avec ce courant d’idées nouvelles. Ainsi General Mills a promis de retirer tous les colorants et arômes artificiels de ses céréales pour 2017. McDonald vend moins de sodas avec ses « Happy Meals ». Et de nombreuses grandes entreprises de la distribution ou de la production alimentaire se convertissent rapidement pour avoir aussi une offre santé. Par exemple, General Mills a dépensé 820 millions de dollars pour l’achat d’ »Annie », une compagnie leader dans la production de produits purement organiques et Campbell a dépensé 1,56 milliard de dollars pour « Bolthouse Farms », l’autre compagnie exemplaire dans la production écologique de nourriture.

En Suisse Romande, nous avons un des plus grands acteurs de la branche qui lui aussi a décidé d’investir sérieusement le domaine. Avec « Nestlé Health Science » l’approche est quasiment thérapeutique. Le centre installé sur les hauteurs de Lausanne vise plutôt les alicaments… mais quelque part c’est la même idée: « que l’aliment soit ton premier médicament », Hippocrate l’avait dit il y a 2450 ans environ!

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Xavier Comtesse auteur de Santé 4.0 aux éditions GEORG, août 2017 il est aussi l’auteur de l’étude: « La Santé de l’Innovation Suisse », nov. 2013, Avenir Suisse

 

Tous docteurs … ou presque !

Le digital est “le” changement radical de notre millénaire. 

La donnée est la brique de base de cette mutation. La nouvelle société qui émerge est “conduite” par les données … il en sera ainsi pour tous les domaines économiques… la santé n’y échappera pas !

Ainsi le patient va être à la fois la principale source de création des données, celui qui va les véhiculer mais aussi bien sûr celui qui les utilisera le plus !

Ainsi presque tout le monde, dans nos pays industrialisés, va avoir la possibilité de se mesurer seul, s’auto-diagnostiquer et se soigner en partie tout seul !

Aux USA ce courant s’appelle le: QUANTIFIED SELF

Il faut saisir l’importance historique du changement sociétal et technologique actuel notamment en termes du nombre de données créées et traitées, et, par conséquent, de la consommation de masse que cela représente, notamment pour la médecine traditionnelle:

– Internet, depuis sa mise en fonction publique en 1993, a connu une évolution foudroyante. On compte aujourd’hui 3 milliards d’utilisateurs (1), soit presque un habitant sur deux. De plus ils se sont tous mis à produire des données notamment médicale. Cela démontre à quel point cette technologie a pénétré le Monde et permet aujourd’hui de s’informer sur les meilleures pratiques médicales de la planète.

– Les smartphones (ou téléphones mobiles intelligents) ont connu une progression historique encore plus rapide, surtout depuis l’apparition de l’iPhone d’Apple en 2007. Il y aurait aujourd’hui 2 milliards d’utilisateurs (2) sur 5 milliards de téléphones mobiles (eh oui, encore seulement 40% sont intelligents!). Fait remarquable, puisque cela s’est produit en moins de 10 ans. Aujourd’hui des centaines de milliers d’applications (“Apps”) nous aident dans l’accomplissement de nos différentes tâches. Dans le domaine de la santé, c’est une véritable explosion. Tout se mesure, se diagnostique et se calcule, ou presque.

– Les montres connectées (SmartWatch) vont même mettre le médecin à portée de main, si l’on peut dire ainsi! Le smartphone était dans la main, mais la SmartWatch au poignet. Elle permet de mesurer et diagnostiquer en temps réel notre état de santé. Une consultation médicale permanente avec mon laboratoire d’analyses sur le poignet! Une révolution.

Mais sommes-nous capables d’entreprendre seuls une telle aventure de l’empowerment informationnel. Sûrement pas! Il va falloir être aidé! Et c’est à partir de nouvelles applications ou de sites internet que le changement va s’opérer. A l’image de TripAdvisor pour les voyages, vont apparaître des communautés du savoir-santé regroupées localement ou dans des réseaux sociaux plus vastes, avec, bien sûr, quelques professionnels de la santé de proximité, comme certains docteurs avertis ou pharmaciens de voisinage (si l’on regarde par exemple l’évolution des CVS Health aux USA).

 

DEVELOPMENT

Facebook, fondé en 2004, a aujourd’hui 1,49 milliards d’utilisateurs actifs mensuels (3) dont 1,31 sur smartphones. Cela situe le niveau des réseaux sociaux, en particulier sur les téléphones intelligents. Mais Facebook, c’est surtout un immense réseau conversationnel dans lequel les bonnes pratiques s’échangent instantanément, comme dans le domaine de la santé par exemple..

Apple Watch a vendu 2,5 millions de montres connectées en moins de 15 jours (4). Cet appareil personnel et intime (en permanence sur le poignet) va devenir le principal véhicule du changement du rapport à la santé et aux soins, en nous faisant entrer dans le monde de l’auto-diagnostic continu. Ses capteurs d’aujourd’hui, mais surtout de demain, seront capables de nous informer en temps réel de l’évolution des principaux paramètres de santé de notre corps. On saura anticiper une attaque cardiaque ou la limite dangereuse du taux de glycémie pour les diabétiques. Mesurer en permanence, depuis le poignet, l’intérieur de son corps, c’est possible. Cela n’est plus qu’une question de temps avant que cela ne se généralise…

Voilà comment de nouvelles technologies sont en train de bouleverser le système de “soins” au niveau mondial.

Il faut ensuite anticiper la quantité d’information phénoménale que ces nouveaux dispositifs de communications et d’informations vont produire et qu’il va bien falloir traiter. On sera sans aucun doute aidé par de nombreux d’algorithmes, qui prendront en charge des activités spécifiques, notamment de santé, pour nous assister. L’information et la connaissance véhiculées seront mises en scène par les algorithmes (“Apps”) et fourniront ainsi en masse des “savoir-faire” personnalisés et actifs en temps réel. Un véritable basculement vers des pratiques émergentes et encore largement inconnues.

Ces nouveaux systèmes d’informations collaboratifs (réseaux sociaux) et en crowdsourcing sont tout simplement massifs tant en termes de quantité que de qualité. Quantité, par le nombre d’informations et de connaissances produites, mais également par le nombre d’acteurs (en fait tous les utilisateurs potentiels de ces nouvelles technologies). Qualité, grâce aux algorithmes qui pourront calculer les procédures, les protocoles d’applications plus rapidement et plus sûrement qu’aucun médecin n’a jamais pu le faire.

Enfin, le changement majeur sera le rôle joué par le “patient”, qui deviendra très “impatient” puisqu’il aura accès à un système de santé en temps réel.

“Patient” c’était l’attitude adoptée dans les salles d’attente. Désormais les capteurs de sa montre l’alerteront en permanence sur son état et les modifications de son corps. Peut- être aura-t-il besoin d’aide pour gérer cela. Le “Patient” disposera de toutes les informations et connaissances utiles, mais reste à savoir ce qu’il en fera !

C’est là que réside le principal problème : “Car on le sait bien ce n’est ni une question de technologie, ni une question de temps… mais bien une question de comment on va s’approprier le changement!”

Sommes-nous prêts ? Certainement pas. Sommes-nous en marche vers ce nouveau système ? Peut-être bien. Nous allons certainement assister à la fin de la médecine traditionnelle!

Le principal mécanisme de relève de données

Le “Quantified Self”, c’est avant tout une pratique permettant de « se mesurer ». Ceci tant d’un point de vue de l’activité journalière (mouvement, marche, etc.), de la santé (pression sanguine, pulsations cardiaques, etc.) ou de la nourriture (matière grasse, sucre ingurgité, eau avalée, fruits, etc.). C’’est ensuite un mouvement qui regroupe localement des gens autour des principes, des outils et des méthodes permettant à chacun de mesurer ses données personnelles de santé-activité-nourriture, de les analyser et de les partager.

Les outils du “Quantified Self” peuvent être des objets connectés, des applications mobiles ou des applications web. Les méthodes sont celles du Big-Data offertes par les géants des technologies comme Google, Apple ou même Amazon. Enfin, les principes sont issus des précurseurs de San Francisco, mais ils évoluent vite selon les régions.

Pour bien comprendre les nombreux aspects de notre vie quotidienne concernés, regardons rapidement les champs de mesures possibles : récolte de données de santé et gestion du comportement (activité quotidienne), suivi de sa position dans l’espace (géolocalisation), auto-évaluation sportive, autodiagnostic santé, récolte de données de nutrition, récolte d’informations historiques ou encore génétiques personnelles, etc.

Pour en savoir plus, intéressons-nous d’abord à son démarrage.

Ainsi Wikipédia nous renseigne : le mouvement a débuté en Californie il y a quelques années :

“le mouvement a été lancé en 2007 en Californie par Gary Wolf et Kevin Kelly du magazine Wired, sous la forme de rencontres entre les utilisateurs et les fabricants des outils dédiés au suivi de ses données personnelles. Alors que les rencontres se poursuivent dans la baie de San Francisco, des antennes locales ont été créés dans plus de 100 villes dans le monde. En 2010, Gary Wolf présenta le “Quantified Self” lors d’une conférence TED. En mai 2011, la première conférence internationale du “Quantified Self” eut lieu à Mountain View en Californie”.

Ce qui montre à quel point tout cela est récent.
Il semble que quelques antennes existent en Suisse, c’est notamment le cas à Genève du

Meetup Quantified Self et les recherches du groupe Quality of Life de l’Institut de Sciences des Services (http://www.qol.unige.ch/). Pour l’heure, il est clair que les grands industriels des ICT tels qu’Apple, Google ou Samsung sont très intéressés par ce développement. Il y a du matériel à vendre mais surtout des données à récolter. Evidemment, le domaine de la santé attire du monde, tant les opportunités de se faire de l’argent sont grandes.

Cependant, on se trouve avec le “Quantified Self” à la frontière de plusieurs métiers, comme la médecine, la nutrition, l’informatique, les télécoms, le medtech, le big-data, etc… On a donc affaire à une sorte d’écosystème-santé d’un nouvel ordre, complètement différent du vieux concept de “Cluster”, qui regroupait principalement les acteurs d’un même domaine. Ici, le domaine et les alliances sont larges. A en juger par l’alliance Novartis et Google sur les lentilles, ou Novartis et Intel qui créent un “venture fond” dans le domaine de l’e-santé. On a dépassé les anciennes frontières. Les alliances se font entre géants. Les enjeux dépassent les nations. Tout est global.

L’individu est au centre de cette révolution! Il se mesure tout seul! Les outils à sa disposition sont nombreux aujourd’hui et deviendront plus importants demain. Le terrain est propice à cette évolution, car le désir a été exprimé par beaucoup un peu partout. Ainsi cette volonté de se prendre en charge devient mouvement. La rencontre de cette envie et des nouveaux moyens technologiques rend la chose possible. On va en direction d’un immense mouvement d’auto-mesure, d’autodiagnostic, d’autocontrôle et finalement d’auto-prescription.

Internet l’avait déjà démontré : donnez la possibilité aux gens de faire les choses par eux-mêmes et ils s’en emparent. Regardez Facebook, YouTube et les blogs qui ont permis aux utilisateurs de devenir des sources d’informations, des médias en quelque. Cela va être exactement la même chose avec le “Quantified Self”.

Il y aura toujours des sceptiques qui penseront que tout cela est dangereux, que toutes ces données vont servir, avant tout, aux grandes industries, que les données seront volées, etc. Il y aura certainement de nouveaux risques, mais il en a toujours été ainsi. Chaque nouvelle technologie fait face à de nouveaux dangers. Ce fut vrai avec la voiture ou Internet et cela le sera également avec le “Quantified Self”. Là n’est pas la question, car comme par le passé on trouvera des “parades” aux problèmes nouveaux.

La question à se poser est : pourquoi tout cela?

La réponse n’est pas simple. D’un côté, il y a des gens qui se sont déjà mobilisés en le faisant pour eux-mêmes et de l’autre, des entreprises qui proposent des solutions hardware et software répondant à ce besoin.

Mais que va-t-il advenir des personnes qui n’ont rien demandé. Allons-nous devoir nous y mettre? Serons-nous obligés par l’Etat, les assurances ou notre médecin à suivre ce mouvement?

Cela sera-t-il un mouvement marginal ou obligatoire?

Comme toujours avec les modes, la réponse n’est pas évidente. En effet, il faudra s’y mettre si le mouvement se généralise et non si cela reste cantonné à des groupes restreints.

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(1) 
Selon l’Union internationale des télécommunications (ITU)

(2) Selon eMarketer

(3) Selon Wikipédia

(4) Selon Slice Intelligence

En Suisse, dans les écoles de médecine: Il manque cruellement de formations de “data scientists” en santé!

La révolution actuelle du numérique se caractérise par l’importance des données et leur maîtrise par les Data Scientists et autres experts en Data Analytic ou Deep Learning. En Suisse, et notamment dans le domaine de la Santé, ils font massivement défaut contrairement aux USA.  Outre Atlantique, dans les facultés de médecine, on trouve des formations de master en “data scientist” … pas en Suisse!

Il aurait fallu écouter le Conseiller fédéral Scheider Ammann lorsqu’il a proposer d’investir 150 millions dans un programme d’impulsion numérique … même si, on le sait bien … il faudra à l’avenir beaucoup plus d’argent sur la durée … car tout le monde économique est en mutation pas seulement celui de la Santé…

Donc essayons de bien comprendre l’enjeu…. voici une courte introduction à la problématique:

Quelles soient structurées ou non, les données deviennent une grosse composante de toutes entités économiques, non seulement parce qu’elles sont créées en très grand nombre mais surtout parce que l’on dispose aujourd’hui d’outils permettant d’effectuer des analyses signifiantes en termes de qualités prédictives. En quelque sorte, les données commencent à “parler” et de plus, elles sont récoltées en grand nombre et sont “signifiantes”.

Pour bien comprendre ce phénomène, il est nécessaire de s’attarder quelques peu sur deux éléments forts qui ont fait changer notre rapport aux données: Le “Big Data” et le “Data Driven”.

1.- Le Big-Data, c’est ce déluge d’informations (de données non-structurées) dont parlait “the Economist” il y a déjà quelques années (25 février 2010). En peu de temps, nous avons collecté et stocké plus de 90% de l’ensemble des données jamais produites dans l’histoire humaine. Inimaginable. C’est ce que l’on appelle les Big-Data! Les On-line Data, les blogs, les tweets, les news, les notifications, les données de géolocalisation, de tracking d’activités, de diagnostic santé ou quantified-self, de e-commerce , etc. Cela est sans fin …on collecte tout et n’importe quoi. On produit toujours plus de données et nous sommes qu’au début du processus, car l’Internet des Objets va engendrer encore plus de données notamment celles qui seront produites entre robots, entre bots et autres algorithmes. Bref, comment tirer profit de cet amoncellement de données de base (raw data) ? Pouvons-nous apprendre quelque chose de ces données? Y a-t-il des caractéristiques intrinsèques (pattern) propres aux données qui pourraient servir la science, la gouvernance, la médecine, l’économie, etc. C’est ce que le Data Scientist, le Data Analytic ou le Data Mining essaient de découvrir.

Plus encore que le stock de données, c’est peut être dans la lecture du flot de données que des renseignements précieux vont nous parvenir! Si nous pouvions apprendre quelque chose sur l’avenir en lisant et interprétant le flot de données alors nous parviendrions à un nouveau niveau dans le calcul des prévisions.

2.- Le Data-Driven est justement cette démarche empirique et pragmatique qui se base sur les flots de données pour la gestion des systèmes d’information, des organismes étatiques, non-étatiques ou des entreprises. Ainsi la société digitale est d’abord caractérisée par les données puis par les algorithmes de traitement de celles-ci. Contrairement à la phase précédente d’automatisation et de robotisation des tâches humaines qui revenait à demander aux machines de réaliser automatiquement certaines travaux que l’homme effectuait auparavant… ici on évoque quelque chose de plus abstrait: la donnée. Quelles soient structurées ou non, les données doivent être collectées et surtout être traitées si possible en continu aussi!

Dès lors et même si ces dernières sont finalement stockées dans de grandes bases de données (Big Data), les données, tout comme les informations non structurées, vont composer une sorte de flux continu qu’il devrait être possible de comprendre instantanément à condition de disposer des outils adéquats.

Aujourd’hui, ces outils modernes d’analyses existent et permettent d’interpréter quasiment en temps réel ce flux de données ou d’informations en améliorant ainsi considérablement les processus décisionnels des entreprises ou des organismes étatiques. L’aide ainsi apportée par ces nouveaux outils concernent aussi d’autres domaines de l’activité humaine comme les processus de recherche (Google, Amazon, etc.) mais aussi de production, de marketing et de logistique pour ne citer que quelques domaines. Tout devient ainsi à flux tendu (ou continu) donnant au passage de nouvelles capacités prédictives aux structures dirigeantes qu’elles soient politiques, entrepreneuriales ou autres.

Regardons un instant ce qui est réellement en train de change.

D’abord, on voit bien que ce monde connecté va produire une quantité inimaginable de données, de renseignements et de connaissances nouvelles qu’il va bien falloir stocker, intégrer et analyser si possible – en temps réel – sinon cela ne servira pas à grand chose.

Le problème est dès lors bien posé: il suffirait d’appliquer une procédure de maîtrise des données!

Ceci passerait par la mise en place dans les entreprises et les organisations gouvernementales d’une méthodologie systématique qui aurait comme tâche de faire fonctionner correctement cette nouvelle approche.

 

Pour la plupart des entreprises suisses … il n’y a plus qu’à se lancer dans l’aventure du Big Data en engageant ou en formant des Data Scientist … car les entreprises de demain et celles de la Santé en particulier vivront de la récolte de donnée.

référence: Data Entrepreneurs publié aux éditions G d’Encre.