Tous docteurs … ou presque !

Le digital est “le” changement radical de notre millénaire. 

La donnée est la brique de base de cette mutation. La nouvelle société qui émerge est “conduite” par les données … il en sera ainsi pour tous les domaines économiques… la santé n’y échappera pas !

Ainsi le patient va être à la fois la principale source de création des données, celui qui va les véhiculer mais aussi bien sûr celui qui les utilisera le plus !

Ainsi presque tout le monde, dans nos pays industrialisés, va avoir la possibilité de se mesurer seul, s’auto-diagnostiquer et se soigner en partie tout seul !

Aux USA ce courant s’appelle le: QUANTIFIED SELF

Il faut saisir l’importance historique du changement sociétal et technologique actuel notamment en termes du nombre de données créées et traitées, et, par conséquent, de la consommation de masse que cela représente, notamment pour la médecine traditionnelle:

– Internet, depuis sa mise en fonction publique en 1993, a connu une évolution foudroyante. On compte aujourd’hui 3 milliards d’utilisateurs (1), soit presque un habitant sur deux. De plus ils se sont tous mis à produire des données notamment médicale. Cela démontre à quel point cette technologie a pénétré le Monde et permet aujourd’hui de s’informer sur les meilleures pratiques médicales de la planète.

– Les smartphones (ou téléphones mobiles intelligents) ont connu une progression historique encore plus rapide, surtout depuis l’apparition de l’iPhone d’Apple en 2007. Il y aurait aujourd’hui 2 milliards d’utilisateurs (2) sur 5 milliards de téléphones mobiles (eh oui, encore seulement 40% sont intelligents!). Fait remarquable, puisque cela s’est produit en moins de 10 ans. Aujourd’hui des centaines de milliers d’applications (“Apps”) nous aident dans l’accomplissement de nos différentes tâches. Dans le domaine de la santé, c’est une véritable explosion. Tout se mesure, se diagnostique et se calcule, ou presque.

– Les montres connectées (SmartWatch) vont même mettre le médecin à portée de main, si l’on peut dire ainsi! Le smartphone était dans la main, mais la SmartWatch au poignet. Elle permet de mesurer et diagnostiquer en temps réel notre état de santé. Une consultation médicale permanente avec mon laboratoire d’analyses sur le poignet! Une révolution.

Mais sommes-nous capables d’entreprendre seuls une telle aventure de l’empowerment informationnel. Sûrement pas! Il va falloir être aidé! Et c’est à partir de nouvelles applications ou de sites internet que le changement va s’opérer. A l’image de TripAdvisor pour les voyages, vont apparaître des communautés du savoir-santé regroupées localement ou dans des réseaux sociaux plus vastes, avec, bien sûr, quelques professionnels de la santé de proximité, comme certains docteurs avertis ou pharmaciens de voisinage (si l’on regarde par exemple l’évolution des CVS Health aux USA).

 

DEVELOPMENT

Facebook, fondé en 2004, a aujourd’hui 1,49 milliards d’utilisateurs actifs mensuels (3) dont 1,31 sur smartphones. Cela situe le niveau des réseaux sociaux, en particulier sur les téléphones intelligents. Mais Facebook, c’est surtout un immense réseau conversationnel dans lequel les bonnes pratiques s’échangent instantanément, comme dans le domaine de la santé par exemple..

Apple Watch a vendu 2,5 millions de montres connectées en moins de 15 jours (4). Cet appareil personnel et intime (en permanence sur le poignet) va devenir le principal véhicule du changement du rapport à la santé et aux soins, en nous faisant entrer dans le monde de l’auto-diagnostic continu. Ses capteurs d’aujourd’hui, mais surtout de demain, seront capables de nous informer en temps réel de l’évolution des principaux paramètres de santé de notre corps. On saura anticiper une attaque cardiaque ou la limite dangereuse du taux de glycémie pour les diabétiques. Mesurer en permanence, depuis le poignet, l’intérieur de son corps, c’est possible. Cela n’est plus qu’une question de temps avant que cela ne se généralise…

Voilà comment de nouvelles technologies sont en train de bouleverser le système de “soins” au niveau mondial.

Il faut ensuite anticiper la quantité d’information phénoménale que ces nouveaux dispositifs de communications et d’informations vont produire et qu’il va bien falloir traiter. On sera sans aucun doute aidé par de nombreux d’algorithmes, qui prendront en charge des activités spécifiques, notamment de santé, pour nous assister. L’information et la connaissance véhiculées seront mises en scène par les algorithmes (“Apps”) et fourniront ainsi en masse des “savoir-faire” personnalisés et actifs en temps réel. Un véritable basculement vers des pratiques émergentes et encore largement inconnues.

Ces nouveaux systèmes d’informations collaboratifs (réseaux sociaux) et en crowdsourcing sont tout simplement massifs tant en termes de quantité que de qualité. Quantité, par le nombre d’informations et de connaissances produites, mais également par le nombre d’acteurs (en fait tous les utilisateurs potentiels de ces nouvelles technologies). Qualité, grâce aux algorithmes qui pourront calculer les procédures, les protocoles d’applications plus rapidement et plus sûrement qu’aucun médecin n’a jamais pu le faire.

Enfin, le changement majeur sera le rôle joué par le “patient”, qui deviendra très “impatient” puisqu’il aura accès à un système de santé en temps réel.

“Patient” c’était l’attitude adoptée dans les salles d’attente. Désormais les capteurs de sa montre l’alerteront en permanence sur son état et les modifications de son corps. Peut- être aura-t-il besoin d’aide pour gérer cela. Le “Patient” disposera de toutes les informations et connaissances utiles, mais reste à savoir ce qu’il en fera !

C’est là que réside le principal problème : “Car on le sait bien ce n’est ni une question de technologie, ni une question de temps… mais bien une question de comment on va s’approprier le changement!”

Sommes-nous prêts ? Certainement pas. Sommes-nous en marche vers ce nouveau système ? Peut-être bien. Nous allons certainement assister à la fin de la médecine traditionnelle!

Le principal mécanisme de relève de données

Le “Quantified Self”, c’est avant tout une pratique permettant de « se mesurer ». Ceci tant d’un point de vue de l’activité journalière (mouvement, marche, etc.), de la santé (pression sanguine, pulsations cardiaques, etc.) ou de la nourriture (matière grasse, sucre ingurgité, eau avalée, fruits, etc.). C’’est ensuite un mouvement qui regroupe localement des gens autour des principes, des outils et des méthodes permettant à chacun de mesurer ses données personnelles de santé-activité-nourriture, de les analyser et de les partager.

Les outils du “Quantified Self” peuvent être des objets connectés, des applications mobiles ou des applications web. Les méthodes sont celles du Big-Data offertes par les géants des technologies comme Google, Apple ou même Amazon. Enfin, les principes sont issus des précurseurs de San Francisco, mais ils évoluent vite selon les régions.

Pour bien comprendre les nombreux aspects de notre vie quotidienne concernés, regardons rapidement les champs de mesures possibles : récolte de données de santé et gestion du comportement (activité quotidienne), suivi de sa position dans l’espace (géolocalisation), auto-évaluation sportive, autodiagnostic santé, récolte de données de nutrition, récolte d’informations historiques ou encore génétiques personnelles, etc.

Pour en savoir plus, intéressons-nous d’abord à son démarrage.

Ainsi Wikipédia nous renseigne : le mouvement a débuté en Californie il y a quelques années :

“le mouvement a été lancé en 2007 en Californie par Gary Wolf et Kevin Kelly du magazine Wired, sous la forme de rencontres entre les utilisateurs et les fabricants des outils dédiés au suivi de ses données personnelles. Alors que les rencontres se poursuivent dans la baie de San Francisco, des antennes locales ont été créés dans plus de 100 villes dans le monde. En 2010, Gary Wolf présenta le “Quantified Self” lors d’une conférence TED. En mai 2011, la première conférence internationale du “Quantified Self” eut lieu à Mountain View en Californie”.

Ce qui montre à quel point tout cela est récent.
Il semble que quelques antennes existent en Suisse, c’est notamment le cas à Genève du

Meetup Quantified Self et les recherches du groupe Quality of Life de l’Institut de Sciences des Services (http://www.qol.unige.ch/). Pour l’heure, il est clair que les grands industriels des ICT tels qu’Apple, Google ou Samsung sont très intéressés par ce développement. Il y a du matériel à vendre mais surtout des données à récolter. Evidemment, le domaine de la santé attire du monde, tant les opportunités de se faire de l’argent sont grandes.

Cependant, on se trouve avec le “Quantified Self” à la frontière de plusieurs métiers, comme la médecine, la nutrition, l’informatique, les télécoms, le medtech, le big-data, etc… On a donc affaire à une sorte d’écosystème-santé d’un nouvel ordre, complètement différent du vieux concept de “Cluster”, qui regroupait principalement les acteurs d’un même domaine. Ici, le domaine et les alliances sont larges. A en juger par l’alliance Novartis et Google sur les lentilles, ou Novartis et Intel qui créent un “venture fond” dans le domaine de l’e-santé. On a dépassé les anciennes frontières. Les alliances se font entre géants. Les enjeux dépassent les nations. Tout est global.

L’individu est au centre de cette révolution! Il se mesure tout seul! Les outils à sa disposition sont nombreux aujourd’hui et deviendront plus importants demain. Le terrain est propice à cette évolution, car le désir a été exprimé par beaucoup un peu partout. Ainsi cette volonté de se prendre en charge devient mouvement. La rencontre de cette envie et des nouveaux moyens technologiques rend la chose possible. On va en direction d’un immense mouvement d’auto-mesure, d’autodiagnostic, d’autocontrôle et finalement d’auto-prescription.

Internet l’avait déjà démontré : donnez la possibilité aux gens de faire les choses par eux-mêmes et ils s’en emparent. Regardez Facebook, YouTube et les blogs qui ont permis aux utilisateurs de devenir des sources d’informations, des médias en quelque. Cela va être exactement la même chose avec le “Quantified Self”.

Il y aura toujours des sceptiques qui penseront que tout cela est dangereux, que toutes ces données vont servir, avant tout, aux grandes industries, que les données seront volées, etc. Il y aura certainement de nouveaux risques, mais il en a toujours été ainsi. Chaque nouvelle technologie fait face à de nouveaux dangers. Ce fut vrai avec la voiture ou Internet et cela le sera également avec le “Quantified Self”. Là n’est pas la question, car comme par le passé on trouvera des “parades” aux problèmes nouveaux.

La question à se poser est : pourquoi tout cela?

La réponse n’est pas simple. D’un côté, il y a des gens qui se sont déjà mobilisés en le faisant pour eux-mêmes et de l’autre, des entreprises qui proposent des solutions hardware et software répondant à ce besoin.

Mais que va-t-il advenir des personnes qui n’ont rien demandé. Allons-nous devoir nous y mettre? Serons-nous obligés par l’Etat, les assurances ou notre médecin à suivre ce mouvement?

Cela sera-t-il un mouvement marginal ou obligatoire?

Comme toujours avec les modes, la réponse n’est pas évidente. En effet, il faudra s’y mettre si le mouvement se généralise et non si cela reste cantonné à des groupes restreints.

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(1) 
Selon l’Union internationale des télécommunications (ITU)

(2) Selon eMarketer

(3) Selon Wikipédia

(4) Selon Slice Intelligence

En Suisse, dans les écoles de médecine: Il manque cruellement de formations de “data scientists” en santé!

La révolution actuelle du numérique se caractérise par l’importance des données et leur maîtrise par les Data Scientists et autres experts en Data Analytic ou Deep Learning. En Suisse, et notamment dans le domaine de la Santé, ils font massivement défaut contrairement aux USA.  Outre Atlantique, dans les facultés de médecine, on trouve des formations de master en “data scientist” … pas en Suisse!

Il aurait fallu écouter le Conseiller fédéral Scheider Ammann lorsqu’il a proposer d’investir 150 millions dans un programme d’impulsion numérique … même si, on le sait bien … il faudra à l’avenir beaucoup plus d’argent sur la durée … car tout le monde économique est en mutation pas seulement celui de la Santé…

Donc essayons de bien comprendre l’enjeu…. voici une courte introduction à la problématique:

Quelles soient structurées ou non, les données deviennent une grosse composante de toutes entités économiques, non seulement parce qu’elles sont créées en très grand nombre mais surtout parce que l’on dispose aujourd’hui d’outils permettant d’effectuer des analyses signifiantes en termes de qualités prédictives. En quelque sorte, les données commencent à “parler” et de plus, elles sont récoltées en grand nombre et sont “signifiantes”.

Pour bien comprendre ce phénomène, il est nécessaire de s’attarder quelques peu sur deux éléments forts qui ont fait changer notre rapport aux données: Le “Big Data” et le “Data Driven”.

1.- Le Big-Data, c’est ce déluge d’informations (de données non-structurées) dont parlait “the Economist” il y a déjà quelques années (25 février 2010). En peu de temps, nous avons collecté et stocké plus de 90% de l’ensemble des données jamais produites dans l’histoire humaine. Inimaginable. C’est ce que l’on appelle les Big-Data! Les On-line Data, les blogs, les tweets, les news, les notifications, les données de géolocalisation, de tracking d’activités, de diagnostic santé ou quantified-self, de e-commerce , etc. Cela est sans fin …on collecte tout et n’importe quoi. On produit toujours plus de données et nous sommes qu’au début du processus, car l’Internet des Objets va engendrer encore plus de données notamment celles qui seront produites entre robots, entre bots et autres algorithmes. Bref, comment tirer profit de cet amoncellement de données de base (raw data) ? Pouvons-nous apprendre quelque chose de ces données? Y a-t-il des caractéristiques intrinsèques (pattern) propres aux données qui pourraient servir la science, la gouvernance, la médecine, l’économie, etc. C’est ce que le Data Scientist, le Data Analytic ou le Data Mining essaient de découvrir.

Plus encore que le stock de données, c’est peut être dans la lecture du flot de données que des renseignements précieux vont nous parvenir! Si nous pouvions apprendre quelque chose sur l’avenir en lisant et interprétant le flot de données alors nous parviendrions à un nouveau niveau dans le calcul des prévisions.

2.- Le Data-Driven est justement cette démarche empirique et pragmatique qui se base sur les flots de données pour la gestion des systèmes d’information, des organismes étatiques, non-étatiques ou des entreprises. Ainsi la société digitale est d’abord caractérisée par les données puis par les algorithmes de traitement de celles-ci. Contrairement à la phase précédente d’automatisation et de robotisation des tâches humaines qui revenait à demander aux machines de réaliser automatiquement certaines travaux que l’homme effectuait auparavant… ici on évoque quelque chose de plus abstrait: la donnée. Quelles soient structurées ou non, les données doivent être collectées et surtout être traitées si possible en continu aussi!

Dès lors et même si ces dernières sont finalement stockées dans de grandes bases de données (Big Data), les données, tout comme les informations non structurées, vont composer une sorte de flux continu qu’il devrait être possible de comprendre instantanément à condition de disposer des outils adéquats.

Aujourd’hui, ces outils modernes d’analyses existent et permettent d’interpréter quasiment en temps réel ce flux de données ou d’informations en améliorant ainsi considérablement les processus décisionnels des entreprises ou des organismes étatiques. L’aide ainsi apportée par ces nouveaux outils concernent aussi d’autres domaines de l’activité humaine comme les processus de recherche (Google, Amazon, etc.) mais aussi de production, de marketing et de logistique pour ne citer que quelques domaines. Tout devient ainsi à flux tendu (ou continu) donnant au passage de nouvelles capacités prédictives aux structures dirigeantes qu’elles soient politiques, entrepreneuriales ou autres.

Regardons un instant ce qui est réellement en train de change.

D’abord, on voit bien que ce monde connecté va produire une quantité inimaginable de données, de renseignements et de connaissances nouvelles qu’il va bien falloir stocker, intégrer et analyser si possible – en temps réel – sinon cela ne servira pas à grand chose.

Le problème est dès lors bien posé: il suffirait d’appliquer une procédure de maîtrise des données!

Ceci passerait par la mise en place dans les entreprises et les organisations gouvernementales d’une méthodologie systématique qui aurait comme tâche de faire fonctionner correctement cette nouvelle approche.

 

Pour la plupart des entreprises suisses … il n’y a plus qu’à se lancer dans l’aventure du Big Data en engageant ou en formant des Data Scientist … car les entreprises de demain et celles de la Santé en particulier vivront de la récolte de donnée.

référence: Data Entrepreneurs publié aux éditions G d’Encre.

 

L’Internet des Objets au secours de la Santé

Selon un rapport de la firme CB Insights les ventures capitalistes américains s’intéressent de plus en plus aux start-ups de l’Internet des Objets du domaine médical.

Cela va de la prévention des maladies aux nombreux objets connectés pour le diagnostique quotidien en passant par l’observation des patients (ou futurs patients) !

La montre connectée va notamment jouer un rôle majeur dans cette course à l’équipement médical. Les horlogers suisses ont vraiment raté le virage! En effet la montre occupe le poignet qui est un lieu stratégique -depuis toujours- pour la médecin car on y mesure facilement toutes sortes de choses: le pouls, la pression sanguine bien sûr mais demain aussi différents composés  chimiques sanguins, etc.

Bref… la médecine va changer en profondeur par notamment un monitoring permanent, une médecine personnalisée et prédictive et par l’Internet des Objets qui va fournir des milliards de données propre à être analysées en temps réel.

C’est une toute autre médecine qui va ainsi émerger et on peut vraiment se demander qui vont être les acteurs dominant de demain: IBM, Google, Apple ou Novartis, Roche et Pfizer ….?

Est-ce que la Suisse aura encore une place dans le concert international ?… pas si sûr si l’on regarde comment les grands groupes horlogers ont réagit (ou plutôt pas réagit) à l’arrivée de la menace des montres connectées ou plus joliment dit les “smartwatches”…

En attendant… il faut plutôt s’attendre à l’arrivée d’un “smartcare” américain …une sorte de santé 4.0!

(à lire: Santé 4.0 aux éditions GEORG sortie début septembre et à pré-commander ici sur Amazon).

 

L’économie numérique est organisée en “sur-traitance” plus en sous-traitance … grosse différence !

On avait l’habitude d’un système de production économique organisé le long de la chaîne de la valeur… avec notamment les intermédiaires commerçants et la sous-traitance qui jouaient tout deux des rôles importants … eh bien désormais deux acteurs nouveaux vont accaparer l’essentiel de la valeur… ce sont les consom’acteurs et la sur-traitance

Dans la nouvelle chaine de la valeur de la production à la consommation, le client fait une entrée remarquée. Il devient consom’acteur !

Par son activité, par sa participation, sa mise à disposition de ses avoirs (logement, voiture, etc.) sa co-créativité, son co-financement, etc. le consommateur change de statut. Il est désormais l’agent économique le plus important.

IKEA l’avait transposé dans la chaine de la valeur en lui donnant la tâche de déménageur et de monteur. En effet, en achetant un meuble IKEA, le client devait non seulement transporter le meuble du magasin au domicile qui est la partie la plus coûteuse de tout transport (le dernier kilomètre) mais également le montage du meuble en suivant les instructions d’assemblage. IKEA empochait au passage de substantielles marges mise au profit du marketing et du design. Tout le do-it-your-self fonctionne sur ce principe de mettre le client en action dans la chaine de la valeur. Des formes différenciées du do-it existent également, pensons ici au tuning pour les voitures par exemple ou aux activités nombreuses des makers, sortent de bricoleurs de génie de l’électronique qui ont tout de même récemment été les précurseurs des “drones” et autres imprimantes 3D. Justement demain l’impression 3D ira un pas plus loin que le simple do-it, en offrant la création de certains objets carrément à domicile. On peut très bien imaginer que la vaisselle soit demain produite pour un repas spécifique genre baguette chinoise ou tasse de thé, puis simplement jetée après usage.

Airbnb, BlaBlaCar représentent une seconde vague des actions participatives possibles. Il y a cependant ici à nouveau un changement majeur puisque l’on à faire à la valorisation de biens de particuliers. La maison, le chalet, l’appartement, la voiture, des outils spécifiques peuvent être désormais loués facilement sur des plateformes internet de particulier à particulier. C’est donc bien une nouvelle forme de capitalisme qui émerge puis que des biens jusqu’ici considérés à usage purement personnel, deviennent des avoirs qui rapportent des revenus! Le consom’acteur agit ainsi en investisseur.

De nouvelles activités rétribuées mais hors économie traditionnelle, apparaissent sur les plateformes Internet, c’est celle du travail complémentaire voir partagé. Faire la cuisine et recevoir à domicile contre paiement des personnes qui ont réservé leur place via Internet, jouer au concierge d’achat pour des clients pressés, faire du maquillage à domicile, donner des cours de conduite entre pairs, faire du co-voiturage payé, etc. de nouveaux “petits” métiers se révèlent par milliers ainsi à côté de ceux plus traditionnels de garde d’enfants, de leçons privées à domicile, de ménage, etc.

La sur-traitance.

Plus important encore, il y a de nouveaux acteurs majeurs qui arrivent avec force dans le champ économique : les sur-traitants. Par opposition à la sous-traitance, les sur-traitants coiffent la chaine de la valeur en s’attribuant le maximum de marges. Ce sont les exemples de Google dans la publicité, d’Apple Store pour les Apps, de Uber pour les taxis, de Facebook dans les réseaux sociaux, de Watson dans la santé qui montrent le chemin. La sur-traitance c’est le positionnement d’une entreprise au cœur même de l’écosystème qu’ils créent généralement eux-mêmes. Tous les autres acteurs de l’écosystème vont dépendre d’eux. Ils dictent le jeu et récoltent les marges. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition des plateformes digitales. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l’économie : la téléphonie, les médias, la marketing, le commerce mais aussi la santé (digital health), la maison (domotique), l’usine (industrie 4.0), etc.

La sur-traitance est la grande nouveauté économique de cette dernière décennie. C’est surtout Apple et son Apple Store (2007) qui ont donné de la visibilité à ce phénomène. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’entreprises travaillent pour créer des apps vendues sur les plateforme d’Apple ou de Google voir Samsung. Ces trois compagnies sont des “sur-traitants” de la téléphonie et des applications liées à ces dernières.

La sur-traitance crée de fait une forte dépendance pour les autres acteurs, à l’exception peut-être du consom’acteur (car il lui reste en général le choix de changer de plateforme), sont devenus largement dépendants du sur-traitant. Tout le monde est en quelque sorte devenu sous-traitant de l’écosystème à l’exception de rares entreprises qui vont dominer les autres. Cette situation est totalement nouvelle. Il n’y a pas d’équivalent dans l’histoire économique.

Si bien que certains acteurs n’y ont vu que du feu. Par exemple, Tag Heuer a offert un terminal à Google, propriétaire de la plateforme Android. A la fin c’est Google qui décide des marges de chacun, pas Tag Heuer. C’est cette dépendance nouvelle sur les marges qu’il faut saisir car avant dans l’ancien mode économique, il y avait au mieux une dépendance sur les volumes que les réseaux de distribution (y compris Amazon) ou les grands producteurs (par exemple l’automobile) pouvaient dans certain cas imposer aux entreprises de la sous-traitance productrice. Dorénavant, tout le monde va être captif de la sur-traitance.

La sur-traitance est une réalité nouvelle et la guerre économique pour obtenir se statut dominant ne fait que commencer. Les “Fintechs” vont affronter la banque traditionnelle (ils ne veulent plus être des sous-traitants mais jouer le rôle de sur-traitant). Dans l’industrie c’est la lutte pour le 4.0. Question médias, Google a déjà pris le large. Reste encore une interrogation sur la santé : Watson d’IBM semble bien placé… mais que vont faire les Roche, Novartis, Pfizer et Co. ?

La sur-traitance est donc vraiment l’enjeu clé de la décennie à venir… pour tous!

Comme on vient de le voir ces deux entités/acteurs (le consom’acteur et le sur-traitant) sont désormais ceux qui vont faire l’économie de demain. Le développement des machines-learning va ainsi amplifier le pouvoir du consommateur en le rendant acteur de sa propre vie. L’exemple des “bots intelligents” qui demain par centaines de milliers seront le bras armé de cette nouvelle réalité. La sur-traitance va améliorer sa position grâce à des plateformes de plus en plus puissantes, précises, analytiques et évolutives rendant tous les producteurs (industrie et service) dépendants de ces derniers.

Revenons un instant sur un élément clé de ce changement économique concernant le système financier et la valorisation des avoirs jusqu’à aujourd’hui détenus/répartis par le système financier (banque, poste, assurance) quasi incontournables pour le négoce, commerce, la capitalisation, les prêts à la consommation, etc. Dorénavant, les plateformes digitales (sur-traitance) vont occuper tous les champs possibles du système financier en rapprochant les consommateurs des producteurs. Ainsi le crowdfunding de Pebble sur la plateforme Kickstarter.com évitera de faire appel au venture capital ou aux banques. De nouvelles plateformes de prêts entre particuliers ou bien entre PME apparaissent tous les jours. Les Fintech ont la prétention d’être des sur-traitants. S’ils réussissent, les banques disparaitront. Airbnb, BlaBlaCar et d’autres ont montré un autre aspect de cette logique en permettant aux consommateurs de valoriser des actifs comme leur appartement, leur véhicule et même leur force de travail ou temps libre. Cet aspect de la valorisation capitalistique des avoirs individuels est une vraie révolution en soi.

L’accumulation de tous ces bouleversements nous entrainent irrémédiablement dans l’ère digitale notament du Digital Health.

Quant à l’avenir du système de santé c’est tout aussi violent… demain le second avis médical sera Dc. WATSON de IBM (un des prochains grands SUR-TRAITANT)… et qui sait ce second avis sera peut-être le choix systématique du consom’acteur !

Le temps pour une médecine “disruptive”

L’innovation dans le domaine de la Santé (Life Science comme le disait Patrick Aebischer) est, en Suisse, d’abord une affaire très “conventionnelle”, conduite par des médecins, des chercheurs en médecine, des ingénieurs, des scientifiques des domaines de la pharmacie, de la chimie, de la biologie….et jamais par des révolutionnaires (il faut principalement regarder vers les USA, l’Angleterre ou Israel  pour en voir de cette espèce là).

Aujourd’hui, ce système commence à être challengé … car non seulement les coûts de la santé deviennent prohibitifs … mais aussi parce que la révolution numérique propose une alternative à travers une véritable innovation “disruptive”. Le modèle santé actuel va sans doute s’effondrer sous nos yeux. On commence à le percevoir avec l’émergence du Digital Health.

L’innovation “conventionnelle” dans la santé semble donc avoir atteint ses limites! Il faudrait maintenant s’intéresser davantage à l’innovation “disruptive” seule à même d’améliorer les fondements du système. Aujourd’hui, c’est bien plus l’innovation dans le système de la santé qui est en berne que l’innovation de santé. C’est donc à une “ubérisation” de la santé à laquelle il faut s’attendre!

Le constat est clair: les systèmes de santé sont partout en crise, confrontés à leurs lourdeurs, à des problèmes de financement, de déficit, d’explosion des coûts…

L’innovation “disruptive”, celle qui amène des transformations du système en lui-même, devrait maintenant prendre le relais avant que tout s’effondre en un système à plusieurs vitesses…avec plusieurs classes de traitement!

Vers une médecine prédictive de rupture

Il suffit d’observer les développements récents du domaine de la santé pour s’en convaincre: la médecine curative est en train de faire place à une médecine prédictive. Et à mesure qu’elle se déplace, elle devient de moins en moins collective et publique, et de plus en plus individualisée et privée. Les grands acteurs traditionnels se voient aussi être confrontés avec de nouveaux arrivants souvent beaucoup “plus gros” qu’eux-mêmes: les géants d’Internet. Un choc des titans s’annonce.

Les patients/malades et la société bien portante vont être au cœur de cette révolution car les données qu’ils produisent et véhiculent, seront le fondement même de la révolution en marche. La maîtrise des Big Data et des outils d’analyse de ceux-ci sont les prochains enjeux de l’innovation “disruptive” … les acteurs traditionnels ne sont pas les mieux placés pour en sortir vainqueurs.

Nous sommes à la veille d’un changement de pouvoir et tout le système santé sera revu de fond en comble. Fini le rôle du médecin en tant que pivot incontournable du système… on va voir les “protocoles” donc les algorithmes prendre le dessus… attention par n’importe quel protocole: ceux basé sur les Big Data et les programmes informatiques d’auto-apprentissage de l’intelligence artificielle et pas ceux anciens de la statistiques de grand papa…

(à suivre : car ce blog n’est qu’un petit “teaser” pour la sortie toute prochaine de mon livre “santé 4.0” aux éditions GEORG, Genève)

 

La révolution numérique a besoin de révolutionnaires … commençons par les fabriquer!

Tout le monde en convient, nous sommes entrés dans l’ère de la révolution numérique. Mais qui dit révolution doit penser aux révolutionnaires, donc à ces gens qui transgressent lois et coutumes… alors qu’aujourd’hui tout tend vers la normalité de l’innovation incrémentale, notamment dans le domaine de la Santé.

Ainsi, l’innovation dans ce domaine est surtout une innovation “officielle” provenant des grands équipementiers du medtech, des grands acteurs de la pharma ou de la recherche et de la médecine universitaire. Cette dernière est plus souvent “épaulée” mais guère “challengée” par d’innombrables petites start-ups pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant… tout ce monde est bien conforme et produit une innovation bien sage qui ne va certainement pas déboucher sur un produit de type “révolutionnaire”. La FDA et les procédures de validation veillent au grain et surtout détruisent la mauvaise graine. Ainsi, lorsque l’on parle de santé entre gens bien “pensants”, on parle d’un système de santé très organisé et institutionnalisé dans lequel l’innovation se porte très bien.

Mais ce système a ses limites: il est cher et de plus en plus cher.

Donc l’innovation dans le système ne semble pas être là où elle devrait être, à savoir s’intéresser à optimiser la performance tout en améliorant la santé des patients.  Aujourd’hui, on a plus l’impression que l’innovation favorise la préservation du système en protégeant les positions acquises plus qu’en le révolutionnant en profondeur. Or, aujourd’hui, c’est bien cette innovation de productivité qui est en berne.

Le digital ouvre à cet égard un tout nouveau chemin de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes et des “learning machines”. Bref, il y a une poussée extraordinaire en dehors du système, de ses régulations et de ses lois.

Dans l’univers de la santé, le “disruptif” viendra donc bien des données et des “protocoles algorithmiques” plus que des molécules “chimiques” ou “organiques”. Demain, c’est l’information qui va dicter sa loi.

Plus encore les protocoles seront des algorithmes auto-apprenantes et dicteront leurs lois. La médecine est affaire de protocoles et ceux-ci font finir pas avoir raison de presque tout. Comme le disait Lawrence Lessig déjà en 2000 dans le Havard Magazin: “Code is Law”. Il parlait de la force du “code” informatique. Autrement dit si on le transpose au domaine de la Santé, on peut imaginer que demain les protocoles seront issus du code informatique à savoir des algorithmes et des assistants personnels comme “Watson” et plus seulement résultant d’une autorisation de la FDA.

Il faut le rappeler: une révolution est conduite par des révolutionnaire et surtout pas par des législateurs. Donc, s’il y a bien une révolution, il ne faut pas regarder du côté de l’establishment pour comprendre mais dans les zones obscures des innovateurs “hors la loi”.

Ethereum, NetFlix, AirBnB, Oscar, les FinTech, etc. vont plus nous apprendre sur notre avenir économique et sociétal que n’importe quel projet du système actuel. En ce sens Didi est une réponse intelligente à Uber. Beaucoup plus que ce qui est proposé à Genève … par Monsieur Maudet!

La rupture doit être cherchée dans les failles du système et pas dans le système lui-même.

Ceci dit, il faudrait aussi donner quelques pistes pour sauver la métropole lémanique d’un avenir qui montre quelques signaux de faiblesses inquiétantes.

Voici donc pour une réflexion et une discussion plus large, voici quatre idées à parcourir (je sais bien que les EPF ont déjà commencés j’encourage ici tout le monde académique de suivre notamment les facultés de médecines) :

1.- créons des filières en formation lourde de “Data Scientists”, spécialistes en “IoT”, en “Machine Learning”, etc. dans les Unis mais aussi dans les HES et les fac de médecines (cf John Hopkins).

2.- créons des “tiers lieux” de l’innovation disruptive autorisant et surtout encourageant le débordement des modèles de pensée (think out the box et surtout out of the law)….

3.- encourager le “crowdfunding”, les “FFF”, les “angels”, le “local corporate funding”,  la crypto-monnaie pour le financement de projets de ruptures … et décourager le “capital venture” qui favorise des “exits” agressives détruisant ainsi la valeur notamment fabriquée localement et l’emploi du même coup!

4.- bypasser les systèmes de transferts de technologie, les parcs scientifiques et toutes autres formes qui pourraient être nuisibles aux processus de créativité disruptive.

 

Il y a sans aucun doute d’autres propositions à faire… mais ce qui compte pour l’instant, c’est vraiment d’abord de comprendre l’extraordinaire amplitude de la transformation en cours et ensuite de se donner les moyens d’y participer… cela donnerait de l’espoir aux jeunes au moins…

 

Une Médecine pilotée par les Patients … à l’aide d’Objets Connectés !

La médecine s’occupe en priorité des maladies et des blessés. La médecine a une sorte de monopole en la matière.

Mais attention… les patients eux veulent être en bonne santé… ce n’est pas exactement la même chose!

L’Internet aujourd’hui puis demain l’IoT (Internet des Objets) et après demain les algorithmes analytiques, prédictives et auto-apprenantes des “Machines Learning” vont changer la donne.

Apple l’a bien compris en déposant, le Vendredi 12 mars dernier, un brevet qui pourrait permettre à une montre connectée de détecter les cas médicaux urgents. Ils vont donner le pouvoir aux patients.

En plus du tracking et des mesures de santé plutôt classiques…voilà qu’Apple s’intéresse maintenant aux urgences médicales…

Cela va tout changer.

L’Internet des Objets (IoT) offre de nombreuses nouvelles possibilités

L’analyse de ces données pourrait donner l’alerte dans les situations exigeant l’intervention de médecins, pompiers ou forces de l’ordre: par exemple, un brusque mouvement, détecté par un accéléromètre, combiné à une perte de mesure du pouls pourrait être interprété comme un arrêt cardiaque.

Selon les capteurs utilisés, on pourrait ainsi détecter des accidents de voiture, des incendies ou encore des avalanches.

Les «appareils» mentionnés dans le brevet font sans aucun doute référence à l’Apple Watch: la montre «incorpore non seulement des capteurs et des logiciels avancés qui devraient être capables de contrôler ces données, mais possèderaient en plus les fonctionnalités de communication permettant de transmettre ces notifications».

Un risque d’erreur à contrôler

L’entreprise californienne est consciente du risque de fausse alerte et le brevet décrit des moyens de les prévenir en demandant par exemple, un signe de vie de l’utilisateur.

Rien ne permet à ce stade de conclure que la marque parviendra à commercialiser une telle application sans devoir faire valider tous les procédés auprès de la FDA (Food and Drug Administration): le régulateur tout puissant de la santé.

Mais si Apple y parvient … alors la montre connectée deviendra non plus une option d’achat mais une obligation… et on entrera dans un autre monde… Ce n’est qu’une question de temps … avant que le monde bascule en faveur du pouvoir des objets connectés…

Le pouvoir de la médecine connectée: c’est bon pour les patients … impatients!

La profession médicale le dit : l’analyse en continu n’est pas utile dans la très grande majorité des cas. Or il se produit avec la santé ce qu’il se produit avec les individus dans leurs relations à la vie: les outils de la médecine ne sont pas ceux du citoyen, comme le smartphone ou la smart watch qu’ils utilisent est un dispositif d’abord pour eux, pour leur santé avant tout!

Apple Watch, Google Android Wear, Fitbit ou Nokia (Withings) ne vont pas que transformer la médecine: connaître son poids en permanence ou le nombre de pas effectués par jour, ne va pas aider à développer une meilleure médecine mais une meilleure connaissance de sa santé. Ils vont donner le pouvoir aux gens ordinaires.

Comme cela s’opère dans la plupart des industries, l’avenir de la médecine repose déjà sur les données et en particulier, les Big Data que plus personne ne peut analyser sans les algorithmes de nouvelles générations. Tous nos parcours de soins sont tracés, enregistrés, conservés. Quand on arrive à l’hôpital, on nous remet des étiquettes de code-barres pour signifie que l’on intègre un système. Le système de soin est aussi une usine qui se robotise, s’optimise, s’analyse, dans une tension permanente entre la médecine et sa gestion.

Le numérique est le lieu où s’exprime cette tension entre le système de santé et les soins, entre la gestion de votre parcours de santé et les soins dont vous avez bénéficiés. L’informatique est le réceptacle de cette ambivalence entre le médical et l’économique, entre le scientifique et le social.

La révolution du système de santé ne passera donc certainement pas par un utilisateur/patient plus autonome et chargé de se surveiller lui-même afin que collectivement les coûts de santé soient mieux maîtrisés … non cela sera simplement une conséquence de ce processus mais pas une cause.

Les nouveaux outils bourrés de capteurs nous informeront d’abord de notre propre état de santé mais surtout ces instruments seront au service de l’ensemble des professionnels de santé … si le patient le désire … car pour la première fois de toute l’histoire de la santé… c’est lui qui détiendra de manière exclusive ses propres données…

Même si la plupart des capteurs inspirent encore un peu de méfiance aux spécialistes qui utilisent des appareillages toujours plus puissants et précis ainsi que des protocoles spécifiques reposant sur la qualité du matériel, la rigueur des expériences scientifiques, les statistiques créées à partir d’échantillonnages, etc, malgré tout cela ces derniers finiront aussi par y venir car c’est le client/patient qui prendra l’initiative de se mesurer… pas le médecin!

Il faut bien le reconnaitre, ces protocoles actuels sont bien loin de l’empowerment et de l’émancipation des patients auquel rêve aujourd’hui Apple.

Mais même si ces modèles sont encore bien faibles à mesurer le bien-être santé … ils vont finir par s’en approcher grâce au grand nombre des Big Data…et la connexion aux Objets de l’IoT.

 

Une médecine moins cher et de meilleure qualité … c’est possible!

Les données du Big Data vont transformer la médecine plus sûrement qu’aucun règlement ne l’a jamais fait auparavant. De plus, on aura en prime une médecine meilleure et moins cher. Car il est temps d’améliorer le système tout en contenant l’explosion des coûts de la santé! C’est en tout cas la promesse d‘une nouvelle approche préventive, prédictive, personnalisée, participative et pro-active du corps (immunothérapie) qui débouchera enfin sur des progrès en productivité !

Explications:

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics, leurs traitements et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux. Ces informations étaient alors limitées en termes de quantité et de temps (durée de la prise des mesures). Aujourd’hui, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce aux “data analytic”, aux “data mining”, aux “machine learning”, etc. tout va changer… on entre dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

La Mayo Clinic qui est l’un des précurseurs en la matière, s’est lancée depuis quelques temps avec force dans le Big Data et les données non-structurées. Ces dernières sont devenues de plus en plus pertinentes avec l’interaction entre les sciences de la vie et de la mathématique algorithmique.

Maintenant on est capable d’associer de grandes quantités de données issues des moyens traditionnels avec celles produites par le flux d’information provenant d’objets connectés qui sont en train d’envahir notre quotidien. Ainsi, la médecine se tourne davantage vers le “pouvoir des données que celui des molécules”.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Demain, les données concernant la santé ne seront plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus continu destiné à mettre à jour une information médicale pertinente. Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde médical.

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithmique converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre. L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui ont à la fois, la vocation de combattre la maladie tout en aidant le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Le Big Data, c’est enfin la possibilité de prédire avant de prévenir. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable.

Mais surtout cela va remplacer bon nombre de postes de travail du système de santé et créer enfin les économies tant espérées par tous. Si l’on peut prédire alors on a moins d’urgences et d’erreurs à gérer pour plus de précision et de rapidité d’interventions, sans les doublons, ni les interventions inutiles… il y a moins de travail et donc moins besoin de personnel …

… dans un contexte de la politique de la santé suisse où l’on observe une perte totale du contrôle des coûts  -car une augmentation des primes d’assurance de 4% l’an équivaut à un doublement de celles-ci en 18 ans (1,04 puissance 18 = 2) -…  il y a mieux à faire.

Messieurs les politiciens bernois, il faut vous se ressaisir… des solutions existent!

 

Le captivant marché des montres connectées … pas un choix, une nécessité médicale !

Pour les professionnels de l’industrie horlogère, il y a aujourd’hui trois sortes de montres connectées:

  1. les bracelets genre tracking d’activités de Fitbit
  2. les montres hybrides type Montblanc ou Frédérique Constant, etc.
  3. ou alors les vrais montres connectées d’Apple Watch, de Samsung ou de Tag Heuer

Mais demain pour le grand public, il n’y aura plus de distinction du tout.

Tout sera simplement connecté et même les montres traditionnelles le seront dans leur grande majorité d’une manière ou d’une autre … quelles soient mécaniques ou à quartz, elles seront connectées.

Car tout le monde y ajoutera une puce de connexion et au moins un capteur.

C’est le courant de l’histoire qui dicte sa règle …

La raison d’une telle affirmation est la force innovante des capteurs.

Prenons un exemple: connaître en temps réel son pouls n’a d’intérêt que si celui-ci indique un changement d’état dangereux (genre crise cardiaque en préparation ou endormissement au volant de sa voiture, etc.) … et c’est exactement ce que va faire le software intelligent de la montre connectée de demain … ainsi votre montre pourra vous sauver la vie … alors tout le monde portera une telle montre!

Ou encore un autre exemple: l’analyse par capteurs interposés des composantes chimiques de votre sueur, de votre sang pourront conduire à une interprétation fine de l’état de votre santé et vous coacher par exemple, dans vos choix alimentaires ou dans vos exercices physiques voir même vous indiquer comment vous protéger de certaines particules allergiques…

Bref en ne regardant que l’aspect médical des potentiels de la montre connectée, on comprend l’immense avenir de celle-ci mais aussi son côté définitif (en sorte: y aura pas le choix).

C’est pourquoi, demain il y aura quasiment que des montres connectées!

La médecine face à la révolution numérique … bonjour les bobos!

La révolution numérique par les multiples dimensions nouvelles qu’elle déploie sur le secteur de la santé en général et des soins de santé en particulier, est porteuse de grandes améliorations pour tous. C’est la thèse centrale défendue tout au long des blogs diffusés depuis plus d’un an sur le site de l’Hebdo et maintenant sur celui du journal Le Temps.

Aujourd’hui, en effet, la révolution numérique nous donne une opportunité sans précédent de revisiter les métiers et les pratiques, une occasion unique de recomposer un système de santé, et en particulier de soins de santé, dans le sens d’une plus grande qualité et d’une meilleure accessibilité économique. Aujourd’hui, les transformations qui se profilent promettent un rendez-vous nouveau entre productivité économique du secteur et améliorations des services apportés aux bénéficiaires du système de santé.

Le but que nous poursuivons par cette démarche d’écriture de blogs est d’inviter à une large discussion publique, les thèses développées ici ont pour vocation de susciter un tel débat.

La convergence historique des nouvelles techniques de captage d’informations, de capacité d’analyses en temps réel, de traitement assisté, voire des processus d’actes médicaux automatisés, permet a présent d’envisager ce double gain en qualité et en prix.

On sait, depuis plusieurs décennies déjà, qu’un des facteurs clés qui contribue de façon majeure à l’augmentation linéaire et constante des coûts de santé tient au recrutement toujours plus important de personnel.

Quel que soit le pays considéré, le système de soins n’a jamais vraiment été en mesure d’introduire de la productivité en son sein. La loi de Baumol[1] qui marquait l’incapacité du spectacle vivant à bénéficier d’économie d’échelle s’étend globalement à l’économie des services (notamment santé et éducation).

Certes, la question de la mesure de la productivité en matière de santé est souvent problématique et comme le note Vincent Champain : « Si le système de santé réduit de 50 % la mortalité d’un cancer pour 5 % de coûts en plus, les statistiques n’enregistrent que la hausse des coûts. »[2] Pour autant et in fine, la charge des personnels reste la grande question.

Ainsi, on compte, par exemple aux Etats-Unis, pour chaque médecin, environ 16 professionnels qui vont accomplir des tâches liées à son action. Même si le système américain est de loin le plus onéreux et le moins productif au monde, il reste aujourd’hui le système de référence. Très souvent même, il est précurseur et montre le chemin que les autres systèmes nationaux seront amené à suivre. Si chaque pays a développé son propre système de soins, il n’en reste pas moins que la tendance suit toujours l’influence américaine.

La Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et le Massachusetts General Hospital, entre autres, sont de véritables marqueurs pour le domaine. Ce sont ces institutions qui dictent le tempo du progrès. Les professionnels de santé scrutent en permanence leurs percées et leurs résultats. Et l’on peut dire que l’ensemble du système mondial converge vers la tendance de fond qui se définit outre atlantique, que ce soit en terme de pratique médicale ou d’organisation des parties prenantes du système. On peut donc s’attendre qu’il en sera encore ainsi avec la révolution numérique, d’autant plus qu’elle est dominée, là encore, par les Etats-Unis et en particulier par la Silicon Valley.

En conséquence, l’observation du système américain donne de bonnes indications sur l’évolution de nos propres systèmes.

C’est pourquoi les faits et les chiffres du système américain serviront de référence à l’argumentation développée. Nous maintiendrons évidemment tout au long de ce travail notre liberté d’interprétation. Cependant, nous allons relater en grande partie ces découvertes et discussions propres au système américain car la révolution numérique a pris beaucoup d’essor aux Etats-Unis où l’on trouve de nombreux foyers insurrectionnels notamment dans l’environnement High Tech de la Silicon Valley, de New-York, ou encore de Boston.

Elias Zerhouni, ancien directeur du NIH américain (National Institute of Health) et Directeur de la Recherche et Développement de Sanofi a développé de façon très aboutie et convaincante les quatre axes majeurs de déploiement de la médecine en proie à la révolution numérique[3] : prédiction, personnalisation, préemption, participation.

En effet, la médecine personnalisée (ADN et Digital), la médecine prédictive (Big Data, Algorithmes et Intelligence Artificielle), les médecines de préemption et de prévention, la médecine participative (dans laquelle il faut réinsérer le phénomène des réseaux sociaux) apporteront une telle quantité d’innovations au système de soins actuel que cette convergence débouchera inévitablement sur un saut qualitatif et quantitatif important, qui permettra pour la première fois d’envisager une inversion de la courbe des coûts et même une diminution réel des budgets santé.

Lorsque l’on parle de Révolution alors il faut d’abord s’intéresser aux Révolutionnaires, c’est-à-dire à des gens qui ont décidé de transgresser lois et coutumes… et qui portent des visions alternatives qui vont transformer en profondeur les états de fait et les allant-de-soi.

Aujourd’hui tout particulièrement dans le domaine de l’innovation-santé, si l’on continue de faire l’éloge des acteurs majeurs de l’ancien monde institutionnalisé, à savoir les centres hospitaliers, les universités ou les grandes entreprises de la pharma, c’est vers monde nouveau qui émerge qu’il faut se tourner. Dans la population, dont les usages sociaux changent radicalement avec le quantified self, les réseaux sociaux de soins, l’émergence du consom’acteur, etc.), et bien sûr, dans les entreprises nouvelles : les géants de la Net-économie.

Actuellement, en Europe les tenants de la médecine classique sont encore peu challengés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou les innombrables petites start-ups souvent pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant, car la maîtrise des Big Data semble encore être réservée à IBM (Watson), Google (moteur de recherche), Amazon (Echo) et Apple (montre connectée) et quelques rares autres groupes asiatiques comme Samsung ou Huawei.

Ce double mouvement issu de l’empowerment des individus et de l’offensive des entreprises du Net, jusqu’à récemment peu impliquées dans le domaine de la santé, va profondément affecter le système de santé. Tel un double tsunami, ces deux vagues vont déferler sur le monde de la santé en renversant à peu près tout sur leur passage. En effet, le système actuel avec son organisation et les marges bénéficiaires qu’il offre aux tenants des institutions en place, laisse dans le même temps une grande place aux nouveaux entrants dont les avancées sont orthogonales aux modes opératoires des organisations en place entraînant un appel d’air important. Certes, des organisations, telles que la Food and Drug Administration, ne manqueront pas d’exercer de fortes régulations qui ralentiront les deux vagues… mais sans jamais les arrêter.

Ainsi, l’organisation officielle de la santé se trouvera contournée, dépassée et apparaîtra rapidement comme désuète face aux pratiques de ces nouveaux acteurs. Les Etats qui s’impliquent rarement dans la mutation en cours, notamment de type numérique, vont devoir rapidement affronter ces problèmes de dépassement de régulation comme ils doivent le faire aujourd’hui avec Uber ou AirBnB.

Mais s’agissant de santé publique cette fois-ci, le facteur d’urgence qui s’attache au fait que des vies pourraient être mises en jeu appelle à des régulations de tout autre nature. Les pouvoirs publics devront au plus vite fixer les futures règles du jeu sans vraiment en connaître pleinement les enjeux. De sorte qu’un travail prospectif et pédagogique s’impose, particulièrement auprès des politiques et des responsables du système de santé.

Trop souvent le discours des politiciens et des décideurs sur la question de la santé se limite aux risques de dérapage incontrôlé des coûts dans le système de soins de santé institutionnalisé. Certes, on peut s’accorder sur l’idée que la recherche de gain en productivité est au point mort et que les améliorations apportées, souvent de pur type incrémental, le sont à un coût trop élevé pour les bénéfices qui en sont tirés. Mais on oublie trop volontiers de regarder ce qui se trame en coulisse, tout simplement parce que les changements disruptifsont lieu hors des murs bien délimités du champ officiel du domaine de la santé : hôpitaux et centres universitaires en tête.

Aussi, tel qu’il est, le système de santé a atteint ses limites.

Les améliorations ne semblent pas se faire là où on les attend, à savoir : centrées sur les patient et sur l’amélioration de leur santé par l’optimisation, la performance et la productivité de l’ensemble du système de soin.

On a trop souvent l’impression aujourd’hui que les transformations s’effectuent pour satisfaire à l’organisation propre du système, favorisant davantage sa préservation et sa pérennisation,  notamment par la défense des positions acquises, que pour le mettre en position de se transformer, voire de se réinventer.

Et pourtant… Il faudra bien faire face aux mutations qu’entraînent dans un même mouvement les changements de comportements sociaux et la transformation numérique. Il est urgent de voir et de comprendre les formidables poussées qui proviennent de forces exogènes, situées en dehors du système et de ses régulations.

Ces forces ouvrent de tout nouveaux chemins de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big Data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes, du Deep Learning, etc.

Dans l’univers de la santé, le disruptif viendra donc bien des données et des protocoles algorithmiques peut-être bien davantage que des molécules ou des cellules du vivant.

De sorte que demain, c’est l’information donc le code qui dictera sa loi comme l’avait écrit Lawrence Lessig en 2000 dans un article devenu célèbre de la revue Harvard Magazine : Code is Law[4]. Transposé au champ de la santé, la maxime « Code is law » nous indique que la régulation de la Santé demain sera issue du code informatique, des algorithmes et des assistants personnels comme Watson davantage que de la Food and Drug Administration ou de tout autre organisme de régulation.

Il faut le rappeler, une Révolution est conduite par des Révolutionnaire et non pas par des législateurs. Par suite, s’il y a bien une révolution, ce n’est pas du côté de l’establishment qu’il faut  regarder pour saisir le changement mais dans les zones obscures où agissent des innovateurs hors la loi. Les ruptures doivent se chercher dans les failles du système actuel.

L’observation et l’analyse de Uber, AirBnB, Oscar, Watson, du Digital Health, des FinTech, etc., nous en apprendront bien davantage sur ce qui va transformer notre avenir (et comment…) que n’importe quelle étude qui prétendra décrire la transition économique et sociale en cours.

Il s’agit pour l’heure de comprendre l’ensemble de ces multiples mouvements tous issus de la révolution digitale, puis de voir comment ils affecteront le système de santé et tout particulièrement le système de soins.

Certains s’en souviennent, les années 1950 et 1960 ont vu longuement débattu la Révolution Informatique. C’était le temps de l’introduction des premiers ordinateurs dans les entreprises, les universités et les centres hospitaliers. On parlait de calcul automatisé.

Les machines étaient lentes, la saisie des informations laborieuses et tout se faisait en batch, en temps différé. Les décennies qui ont suivi ont été marquées de progrès constants. Et, soudain, en à peine quelques années, le développement s’est accéléré résultant de la simultanéité de l’innovation technologique avec les micro-chips massivement parallèles (dédiées d’abord aux jeux vidéo puis à l’intelligence artificielle) et l’arrivée d’innovations dans les modèles économiques dont témoignent sans ambiguïté aujourd’hui Uber, AiBnb, Watson, Oscar, etc. Accélération de l’histoire.

Big Data, Data Mining, Cloud Computing, Deep Learning, Blockchain, etc. autant d’inventions récentes sont en train de totalement changer la donne. Les algorithmes neuronales ou auto-apprenants ont fait lors de ces deux dernières années de tels progrès conceptuels qu’on s’interroge sur la mesure de ce bond en avant. Fini l’intelligence artificielle des systèmes experts qui cherchaient à calquer naïvement le raisonnement humain. Nous voyons l’émergence de programmes informatiques réellement intelligents puisqu’ils sont capables de s’améliorer tout seuls. Certains diront : « Enfin l’informatique va cesser de plagier les activités humaines pour inventer son propre champ d’activité ».

A cet égard il faut se souvenir de la plupart des conquêtes de l’homme. Elles ont toujours un caractère de dépassements par le détournement. On se souvient que l’aviation n’a commencé ses progrès que lorsque les avions ont cessé de battre des ailes pour copier les oiseaux, et qu’elle ne prit son envol stupéfiant qu’en s’appuyant sur une loi physique différente, celle de la portance.

Dans le domaine des soins de santé, on est peut être bien à la veille d’une telle révolution. Le numérique est en passe d’inventer son propre destin et peut-être le nôtre.

Le numérique est potentiellement en train de revisiter toutes les activités humaines. Laisser piloter sa voiture par algorithmes interposés, fabriquer des objets avec des imprimantes 3D, visualiser l’invisible (réalité virtuelle), prendre des rendez-vous automatiquement (assistant personnel), payer sans contact humain (disparition des caissières), filmer des activités humaines comme par exemple, celles liés aux sports (drones et caméras GoPro), demander son chemin à Google, commander sa maison avec Echo d’Amazon, se faire conseiller par Siri (Apple), écrire des blogs avec des Bots, etc., voilà en quelque sorte, le monde nouveau en marche.

Peut-on seulement imaginer que le domaine de la santé et le système de soins puissent échapper échapper à cette déferlante ?

Croire que le domaine de la santé du fait de son mode de fortes relations humaines va pouvoir échapper à ce phénomène, c’est occulter les changements en marche : le profond renouvellement d’attitude des bénéficiaires du système de soins et les nouveaux outils et modèles qui viennent d’outre atlantique. Là-bas non seulement, la machine de l’innovation disruptive a démarré mais plus encore la discussion publique est déjà vive, ce qui signifie que le processus révolutionnaire a bel et bien commencé.

Il est même raisonnable de penser que c’est dans le domaine de la santé que la révolution numérique exprimera au mieux ses multiples dimensions : alors qu’initialement les Big Data, le Deep Learning ou les Blockchains n’ont pas été spécifiquement designés pour la santé, on constate pourtant qu’ils vont apporter des déploiements majeurs au domaine.

Les ignorer et croire que le système santé pourra échapper à cette révolution est vraiment une posture dangereuse.

 


[1] Perfoming Arts : The Economic Dilemma, William Baumol et William Bowen (Fondation Ford, 1966).

[2] La productivité de la santé est meilleure que vous ne croyez, Vincent Champain, Journal Les Echos, 4 mars 2013.

[3] Les grandes tendances de l’innovation médicale au XXIème siècle, Elias Zerhouni, Leçon inaugurale au Collège de France. 18 mai 2011. http ://books.openedition.org/cdf/434

[4] Code is law, Lawrence Lessig, Harvard Magazine, http://harvardmagazine.com/2000/01/code-is-law-html. Traduction en français : https://framablog.org/2010/05/22/code-is-law-lessig/