La fin du patient passif …

Dans un monde profondément transformé par le numérique, il faudra renouveler la définition du mot « santé », non seulement d’un point de vue médical, mais aussi du point de vue sociétal. Distinguer le mot « santé » de celui de soins, dissocier la santé au sens large de la santé au sens étroit, permettre de dépasser les limites conceptuelles du système même de la santé. Soigner ne peut plus être seulement un acte amorcé avec la détection d’un changement d’état signalant la maladie.

Alors que la santé, au sens moderne du terme, engage une posture proactive, un processus de recherche, la quête de la bonne forme physique et psychique ainsi que de sa conservation. La distinction doit être faite : les soins se définissent de manière réactive, la santé se définit de manière proactive. L’un reste occasionnel, l’autre est permanent.

Dès lors, on peut dire que la santé n’est plus un état mais qu’elle est devenue un processus.

Reste à mieux comprendre quelles transformations ce changement de paradigme engagera sur les comportements des professionnels de santé, des patients et de leurs familles, des institutions et des entreprises, organisations qui gèrent ensemble et globalement les systèmes de santé publique. Quelles contributions les acteurs professionnels de la santé sont-ils en mesure d’apporter dans un système de santé en continu ? Nous voici à présent dans un rapport nouveau à la santé : une situation évolutive suivie en temps réel, avec l’impression persistante de n’être ni vraiment malade ni vraiment en bonne santé et donc de toujours devoir surveiller et analyser le tableau de bord de nos indicateurs de santé. Auto-surveillance d’une situation toujours en fluctuation, avec des hauts et des bas qui s’exprimeront sous forme de glissements d’une courbe autour d’une moyenne souhaitable et tout à fait personnalisée !

 

Le patient fera partie intégrante du cercle de santé. 

 

C’est donc un tout nouveau contexte qui se profile, marqué par le flux incessant d’images hétéroclites sur les composants multiples de notre état de santé. Non seulement il va falloir s’y habituer, mais plus encore, il va falloir le comprendre. En effet, disposer de très grandes quantités d’informations sur notre corps est une chose, mais pouvoir les interpréter correcte-ment et comprendre ce qui s’y passe en est une autre. C’est également à l’horizon un changement de mœurs : nous allons progressivement nous prendre en charge davantage, sans recourir nécessairement au système de santé traditionnel. Toute la question est là : à quel rythme les usages sociaux s’adapteront-ils au nouveau contexte ? Une génération ? Deux générations ? Bien moins que cela ?

Il est raisonnable aussi d’imaginer qu’une éducation massive accompagnera nécessairement ce mouvement de prise en charge de la santé par chacun et pour chacun ; Internet seul n’y suffira pas, ni même la disposition généralisée de bracelets de santé. Un réel apprentissage plus personnel devra commencer dès l’enfance et être poursuivi tout au long de la scolarité. Pour prendre un point de comparaison prosaïque mais exemplaire dans le champ de la santé, il faut penser aux changements de comportement en matière d’hygiène aux XIXe et XXe siècles qui ont apporté une contribution remarquable à la longévité. Le système global de la santé tel que nous le connaissons qui focalise davantage sur les soins que sur la santé n’avait prévu rien d’autre qu’un statut passif ou subordonné au patient. Ce n’est pas pour rien qu’il est justement désigné par le terme « patient » ! Celui qui attend que l’on veuille bien venir le guérir, qui attend que l’on s’occupe de lui. Objet du soin et non pas maître de son aventure, il n’est pas proactif face à ce qui lui arrive, ni même censé comprendre. Patient, passif !

Aujourd’hui, la santé est avant tout un processus nécessitant un ensemble de comportements appropriés comme des activités physiques et psychiques répétitives, une consommation en quantité raisonnable de nourritures naturelles, une hygiène de vie faite de repos fréquents, de conditions sociales suffisamment harmonieuses notamment au travail, sans oublier, chaque fois que cela est nécessaire, des soins professionnels adéquats. Le nouvel écosystème ne met plus le patient au centre d’un diagnostic comme « objet » mais l’inclut comme l’une des parties prenantes, essentielle au demeurant, dans un processus d’appropriation complexe. Le patient est dans le cercle, et non plus au centre de celui-ci et ce changement de perspective est important car il ouvre la voie au partenariat, il donne une place équivalente à chacun et désenclave le patient d’une relation subordonnée.

Vu sous ce jour, le système tend à basculer d’un système orienté « soins » vers un système orienté « santé ». En prenant un rôle nouveau, le patient devient acteur de sa santé et non plus simple consommateur de soins. Il remonte en quelque sorte dans la chaîne de production de la santé et c’est tout le système qui en est redessiné ! Le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laborantin, le chercheur, l’assureur, l’hygiéniste, le nutritionniste, le physiothérapeute, etc. sont tous tenus de modifier leur posture. Fini la blouse blanche et les arguments d’autorité. Une révolution en profondeur s’annonce qui touchera aux rapports humains aussi bien dans la société que dans la santé.

La santé devient l’affaire de tous et non plus de quelques-uns.

Pour aller plus loin sur le sujet : « Santé 4.0 » par Xavier Comtesse, Georg Editeur.

Le match Rolex/Apple Watch tourne à l’avantage des californiens

Selon Morgan Stanley, Rolex aurait réalisé en 2018 un chiffre d’affaire de plus de 5 milliards de francs (soit près d’1 million de montres vendues) et selon les analystes de IDC, société américaine d’intelligence économique, Apple Watch aurait été achetée par plus de 15 millions de personnes (pour env. 6 milliards).

Ainsi l’Apple Watch « serait » devant Rolex en termes de chiffre d’affaire et de nombre de pièces vendues, c’est ce que Tim Cook, patron d’Apple, affirme à chaque occasion. Les chiffres connus aujourd’hui semblent lui donner raison.

Mais le plus curieux dans tout cela, c’est l’extraordinaire résistance de Rolex, qui vient de boucler sa meilleure année. Comment expliquer un tel succès dans un marché de la montre suisse plutôt stable (ou légèrement en progression pour le haut de gamme) ?

C’est le retour de la mode « vintage » chez les “urbains” et les jeunes qui semble particulièrement profiter à Rolex. Le « vintage » est à la mode et les marques bien positionnées sur ce créneau sont prises dans le tourbillon de la croissance. Plus de 10% selon Morgan Stanley, c’est énorme. Rolex flambe.

Mais dans la partie Rolex/Apple Watch, le match a tourné définitivement à l’avantage d’Apple. Les jeux sont faits. Personne dans la décennie n’arrivera plus à rejoindre la firme de Cupertino.

PS: En Suisse le marché a aussi tranché : Il y a les vainqueurs au nombre de 7 (Rolex, Omega, Cartier, Longines, Tissot, Patek Philippe, Audemars Piguet) qui font plus d’1 milliard de chiffres d’affaire et plus de 10% de croissance en 2018 et les 700 autres, qui sont à la peine. La montre suisse est donc un marché à deux vitesses : les milliardaires et les autres. Et pour ces derniers, les temps seront durs et bientôt tempétueux !

Le “VIVIER” un modèle pour la Suisse !

Il existe plusieurs modèles d’incubateur, à savoir des lieux dédiés à faire croitre de jeunes pousses (start-ups). Les plus performants aujourd’hui sont ceux liés à une entreprise. Ils paraissent plus naturels que les incubateurs des parcs scientifiques des Hautes Écoles. À l’image du grand sapin qui protège et alimente de jeunes arbres dans son entourage, l’incubateur d’entreprises veille sur sa « progéniture ». C’est efficace car ce qui manque le plus au start-up, ce n’est pas le transfert du savoir-faire technologique mais bien le transfert du savoir-faire entrepreneurial et commercial. Toute chose
qu’une Haute École ignore.

Un exemple suisse romand de ce type d’incubateur est le « Vivier ». C’est un « success story » vraiment très intéressant. Jugez-en par vous-même.

À l’origine il y avait d’abord CPAutomation, une usine spécialisée en automation et robotique puis une holding CPA Group qui vient juste de changer de nom pour devenir Nivalis Group. Cette nouvelle raison sociale s’inspire de « galanthus nivalis », soit le nom scientifique du perce neige. « Cette plante, par sa capacité de percer une faible couche de neige, est la première à sortir de l’hiver. Elle symbolise ainsi les jeunes entreprises qui transforment un environnement hostile en une opportunité », souligne Christophe Fragnière, le fondateur. Donc en 2010 le bâtiment industriel du Vivier qui héberge aujourd’hui l’incubateur du même nom est construit. Depuis, plusieurs dizaines de start-up sont fondées sous l’égide de l’entreprise mère, dont Vidi System qui a été vendue en 2017 aux américains de Cognex. Il faut dire que Vidi représente une sacrée histoire dans l’intelligence artificielle industrielle. Reto Wyss, le scientifique est un « data scientist » de l’intelligence artificielle avec un parcours brillant. Alors travaillant au CSEM, il est sollicité pour résoudre un problème de vision industrielle. Concrètement, il fallait trouver des algorithmes pour identifier visuellement des pièces fabriquées. Les ingénieurs de l’EPFL planchent deux ans sur le problème et trouvent une solution boiteuse qui ne pourra jamais être commercialisée. Reto Wyss est alors sollicité. Il lui faudra 48 heures pour résoudre l’énigme avec du « machine learning ». Vidi System sera créée dans la foulée et vendue 5 ans plus tard. Gros succès.

Mais il y a d’autres pépites au « Vivier » dont RegenHu qui construit des imprimantes 3D fabriquant artificiellement du vivant notamment de la peau humaine. Son dynamique Directeur Marc Thurner est un ancien des programmes entrepreneurials de Venture Kick à la Swissnex de Boston. Son entreprise est en phase de développement rapide et cherche de nouveaux investisseurs pour grandir encore. Avis aux amateurs de risques payants.

Un modèle pour la Suisse

Plus proche de la mentalité suisse et bien plus naturel que les incubateurs universitaires : le « Vivier » devrait servir de modèle à toute la Suisse. C’est aujourd’hui exactement ce qu’il faudrait faire. Messieurs les responsables bernois de la politique, de l’économie et de la science ou de « Présence Suisse » … pas besoin d’aller à Las Vegas ou à la Silicon Valley… le modèle est sous vos yeux à moins de 50 km de Berne !

Pour vous convaincre sachez que des géants comme Microsoft à Seattle ou SoftBank au Japon pratiquent ce genre de modèles depuis longtemps.

Cela marche pour eux … pourquoi pas pour nous … en tous les cas le « VIVIER » en est une démonstration convaincante.

Le début de la grande transformation de l’industrie horlogère suisse

Les Faits : En 2014 les exportations horlogères suisses atteignaient : plus de 28 millions de pièces pour un chiffre d’affaire (déclaration à l’exportation) de 22 milliards… aujourd’hui 4 ans après, c’est moins de 24 millions de montres exportés pour 21 milliards !

Les Conclusions : forte diminution des volumes en entrée de gamme

1.- l’industrie fabrique moins de montres surtout dans l’entrée de gamme … c’est tout de même 4 millions en moins… c’est un recul significatif de près de 20% qui annonce un changement profond

2.- en parallèle: le haut de gamme depuis 2014 est stable

3.- aujourd’hui: le haut de gamme (les montres de plus de 3’000CHF) représentaient plus de 64% du total de la valeur pour 5% des pièces fabriqués !

La question : Les chiffres montrent que la Haute Horlogerie est bien le futur de l’horlogerie suisse … mais est-ce possible sans un appareil industriel important capable de produire de tout… en d’autres termes, peut-on produire « du luxe « sans volume ?

La réponse : pas sûr ! Car il y a deux problèmes :

  • d’abord, la Haute Horlogerie s’éloigne de plus en plus du reste du marché, car ce n’est pas les mêmes valeurs véhiculées et donc pas le même business !
  • ensuite, aujourd’hui tout appareil industriel nécessite du volume pour rentabiliser les investissements… si le volume diminue ou est trop faible alors tout est en risque (cf. Rolex versus Patek Philippe)

Les véhicules autonomes créent la révolution des transports !

D’abord les taxi: Après avoir fait rouler ces voitures autonomes sur des millions de kilomètres en Californie, Waymo, le projet de conduite autonome a lancé au mois de décembre 2018 un service commercial de robo-taxi dans la région de Phoenix.

Baptisée « Waymo One », cette étape importante pour la société et le secteur naissant des technologies de conduite autonome comporte des réserves.

Le service de voiture autonome Waymo One et l’application qui l’accompagne ne seront disponibles pour personne car pour l’instant, la société a annoncé qu’elle aurait au volant des pilotes d’essai formés par Waymo (même si la société dispose déjà de véhicules sans conducteur sur la voie publique à Phoenix). Waymo invitera d’abord les résidents de Phoenix faisant partie de son programme pour débutants conçu pour donner à un groupe de personnes approuvées la possibilité d’utiliser une application pour héler un véhicule autonome. Le programme pour débutants, lancé en avril 2017, a rassemblé plus de 400 participants selon les derniers chiffres communiqués par Waymo.

Waymo invitera certains des premiers coureurs à passer au service Waymo One. Selon John Krafcik, PDG, le groupe continuera à exploiter le programme pour les premiers passagers afin de permettre à un groupe sélectionné de fournir des informations continues à Waymo.

“Ils contribueront à tester les premières fonctionnalités avant de passer à Waymo One, qui permet au public d’accéder progressivement à de nouvelles fonctionnalités”, a-t-il écrit dans un blog sur Medium. En dépit de cette restriction majeure, Waymo One est un progrès et signale la progression de l’entreprise vers un service plus large ouvert au public.Contrairement au programme précédent, les utilisateurs de Waymo One seront en mesure de partager publiquement leurs impressions sur le service. Cela ouvre également la porte au public, car les utilisateurs de Waymo One seront en mesure d’emmener un ami ou un membre de la famille qui ne faisait pas partie du programme pour les premiers usagers. Le service sera disponible dans une zone définie de Phoenix 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à compter de Chandler, Tempe, Mesa et Gilbert, a annoncé la société. Le service se développera lentement dans de nouveaux quartiers et banlieues de la grande région de Phoenix. Avant d’accepter le voyage, les cyclistes voient les prix estimés en fonction de facteurs tels que le temps et la distance qui les séparent de leur destination.Les coureurs pourront poser des questions via l’application ou une console de voiture qui leur donnera un accès instantané à un employé de Waymo.Voici une vidéo qui commercialise le service. Waymo a peu à peu opté pour un service commercial à Phoenix depuis le début de ses essais sur les mini-fourgons Chrysler Pacifica en banlieue comme Chandler en 2016, puis l’offre a été élargie l’année suivante avec son programme pour les premiers usagers. En 2017, Waymo a retiré les employés et les passagers de sa flotte de tests, envoyant des minivans autonomes dans les rues de la grande région de Phoenix.En mai de cette année, Waymo autorisait certains des premiers passagers à héler une fourgonnette autonome sans conducteur d’essai humain au volant. Plus récemment, la société a lancé à Phoenix un programme de transport en commun axé sur le transport des personnes vers les arrêts de bus, les gares ferroviaires et les trains légers. En octobre 2018, Waymo a obtenu le premier permis en Californie permettant de commencer les tests sans conducteur sur les routes publiques.

C’est parti… dans moins de cinq ans on verra des robot-taxi de Google qui s’attaqueront au marché de UBER et aux autres… un nouveau monde commence.

Ensuite : Des bus « autonomes » sillonnent la Suisse Romande

 À L’EPFL, Meyrin, Sion, Marly, et ailleurs des bus sans chauffeur transportent des passagers en Romandie. Sans chauffeur ! Cela semble banal … cela ne l’est pas du tout. Imaginez-vous le saut qualitatif en termes techniques et de programmation. Car avec ces véhicules on n’est pas avec des automates comme le métro lausannois qui roule toujours sur les mêmes voies. Ici toutes les situations sont possibles et parfois elles sont inimaginables. Il faut donc programmer l’impensable, l’imprévu. Donc pour réussir ce type d’exploits, on a eu recourt au « machine learning » … ces algorithmes auto-apprenantes capables de faire face à des situations nouvelles. Voilà le vrai changement entre déplacements automatiques et autonomes.

Regardons de plus près ces quatre projets, encore à l’état d’expérimentation :

EPFL : en décembre 2012, a été expérimenté le premier exemplaire de la navette Navya. Créée par la société française du même nom, ce véhicule est destiné au transport de personnes sur le « dernier kilomètre ». Des tests -grandeur nature- ont été réalisés à l’aide de trois navettes électriques Navya. Plus de 1800 usagers ont été ainsi véhiculés sur le campus sur un parcours d’un kilomètre reliant le Rolex Learning Center au Quartier de l’innovation. Cette démonstration a marqué une étape importante dans le déploiement des systèmes de transport innovants.

SION :Depuis juin 2016. Deuxbus autonomes de CarPostal sillonnent les rues étroites du centre historique de la ville de Sion au Valais. L’environnement est difficile mais l’expérimentation se déroule sans incident grave. Les exploitant accumule du savoir.

Fribourg/Marly : Les Transports publics fribourgeois (TPF) en collaboration avec le Marly Innovation Center (MIC), la Commune de Marly, l’Agglomération de Fribourg et l’Etat de Fribourg dévoilent en été 2017 leur première navette automatisée. Destinée à relier le quartier du Marly Innovation Center au réseau des Transports publics fribourgeois, la navette développée et construite par le spécialiste français de la mobilité intelligente NAVYA permet de tester la desserte du dernier kilomètre. Le parcours se situe entre l’arrêt de la ligne 1 « Marly, Cité » et le MIC avec quatre arrêts possibles. L’expérience progresse non sans certaines difficultés.

Meyrin :Depuis juin 2018 les TPG expérimentent un bus autonome à Meyrin. Avec ces véhicules d’un genre nouveau, les TPG ambitionnent de desservir des villages et des petites rues où les grands bus d’une capacité de 80 places sont entravés à cause de leurs dimensions. L’idée est de pouvoir couvrir tout le monde. La navette mise en service à Meyrin, aussi conçue par le fabricant français Navya, est capable de définir sa position au centimètre près. Elle est programmée pour effectuer une boucle dans le village et ses nombreux radars lui permettent de s’arrêter lorsqu’un obstacle se trouve sur son chemin.

D’autres projets en vue :à Cossonay et dans d’autres villes de Suisse Romande, des projets sont à l’étude ou en chantier. Les bus autonomes sur la voie public se généralisent à toute vitesse et dans moins de dix ans, il y en aura partout. C’est énorme, cela sera notre nouvelle réalité ! Les pouvoirs publics vont devoir sans aucun doute revoir complétement leur plan concernant la mobilité. Demain, les véhicules autonomes sans chauffeur seront la norme et ceux avec chauffeur l’exception !

A noter qu’une start-up suisse « BestMile », qui offre une plateforme informatique de gestion de véhicules autonomes, est présente dans la plupart de ces projets.

 

en collaboration avec Florian Németi, Directeur CNCI

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sources :

journal on-line techcrunch.com, agrihebdo.ch et Swissinfo.ch

 

Les Blogs les plus lus … sur ce blog

En ce début d’année 2019, je me dois de vous remercier d’avoir aussi souvent lu et commenté … mes blogs.

Ils ont également été à la base de l’écriture de 2 Livres (Santé 4.0, éditions Georg et Médecine Augmentée, éditions G d’Encre) …

Voici le classement des 5 blogs les plus lus:  

10’594: L’Internet des Objets (IoT) au secours de la médecine !

7’268 : La médecine face à la révolution numérique …

6’872 : Santé 4.0 – enfin le changement?

4’859 : Intelligence artificielle : vers quels usages dans la santé ?

4’830 : Comment l’IA peut réduire les coûts de la Santé?

NB: j’espère pouvoir continuer en 2019 à bénéficier de vos conseils… le sujet est ” Industrie 4.0″ et un livre est en préparation sur cette thématique (et j’y citerais les meilleurs commentaires)

le Graal de l’industrie 4.0 = la maintenance prédictive

Dans la révolution industrielle actuelle, un des champs de développement majeur de l’intelligence artificielle (IA) est celui de la maintenance. Cette dernière représente un coût important pour les entreprises. Que ce soient les avions, les trains, les voitures ou les machines-outils quand ceux-ci tombent en panne – de manière inopportune – les coûts d’exploitation explosent. C’est un problème connu des entreprises qui ont essayé de le traiter depuis longtemps. Mais avec l’IA, les choses sont en train de changer. On parle désormais de maintenance prédictive.

Explication :

Selon une étude récente de McKinsey (voir référence ci-dessous), la maintenance prédictive couplée à l’internet des objets permettrait aux entreprises d’économiser 630 milliards de dollars d’ici 2025. Ces économies seront rendues possibles par essentiellement trois facteurs. Premièrement, une réduction réelle des coûts de la maintenance de 10 à 20%. Deuxièmement, une diminution du nombre de pannes par moitié ce qui n’engendrerait pas de coûts d’achat de matériel de remplacement. Et enfin, en augmentant la durée de vies des machines installées.

De la Panne à la Prévention

Avant on attendait la panne et la maintenance était de type correctif. C’était l’approche la plus basique en maintenance. Il s’agit très grossièrement de réparer – voir remplacer – une pièce une fois la panne constatée. La maintenance corrective est légitime, et recommandée dans certains cas : 

– les pièces de remplacement sont à bas coût 
– les pièces peuvent être changées rapidement 
– l’impact d’une panne de la machine est faible pour l’utilisateur final 

De l’autre côté, la maintenance préventive est proactive. Il s’agit d’anticiper les défauts et les pannes d’une machine. La maintenance préventive se manifeste sous la forme d’un calendrier d’intervention calculé. Le fournisseur planifie des venues fréquentes sur site pour s’assurer que les machines livrées ne sont pas abîmées. Le problème réside dans le coût des venues du fournisseur pour les machines sur lesquelles il n’y a pas de problème. Il y a donc un gaspillage. Aujourd’hui avec les outils issus du Big Data et de l’Intelligence artificielle – ici essentiellement le « machine learning » – on est capable d’amener beaucoup de précision dans ce type d’intervention et donc d’en diminuer drastiquement les coûts.

Tous les secteurs d’activité industrielle sont concernés

Des secteurs manufacturiers aussi divers que l’automobile, l’électronique, l’aéronautique, la pharma et la machine-outil ont tous intérêt à passer à l’analyse prédictive. Par exemple, l’usine allemande du Groupe BMW de Landshut a choisi la solution d’analyse prédictive IBM SPSS pour combiner les données de production et de qualité dont elle disposait, afin de développer un modèle capable de prévoir la qualité des pièces et des process. Ce modèle a permis à BMW de mieux connaître l’influence des paramètres du processus et de la qualité des pièces. La réussite de sa mise en œuvre a conduit à en généraliser l’application dans les processus de production. D’autres fournisseurs de solutions Big Data offrent des prestations équivalentes. La guerre des données ne fait que commencer !

Cloud versus Edge ?

On connait la maintenance traditionnelle qui consiste a réparer un équipement lorsque celui-ci est en panne. Mais, la maintenance prédictive est beaucoup moins connues et utilisées. Son principe est d’être en mesure de prévoir, et donc de programmer la gestion des problèmes. En effectuant la maintenance au bon moment, on ne subit plus les pannes et autres désagréments !

Comment ça marche :

La maintenance prédictive se base sur les faits et sur une surveillance méthodique et assidue des équipements. En surveillant et en analysant l’évolution d’une machine ou d’un composant, il est possible de programmer une intervention au moment le plus opportun : ni trop tôt (pour réduire les coûts), ni trop tard (pour éviter les pannes).

Si certaines méthodes nécessitant l’intervention de l’homme d’autres beaucoup moins. Ainsi, l’arrivée des capteurs connectés (IoT) a permis de libérer l’homme car les capteurs connectés peuvent transmettre en direct pour traitement. Il existe à ce niveau deux types d’approche : le « cloud computing » (traitement à distance des données) ou alors « at the edge » à savoir des algorithmes intelligents d’auto-diagnostiques proposés sur la machine elle-même. Deux approches différentes qui ont des conséquences opposées pour l’indépendance des entreprises !

Voici quelques exemples de techniques qui ont fait leurs preuves dans le domaine de la maintenance connectée :

  • pour surveiller les échauffements des dispositifs électriques, il est possible d’utiliser une caméra infrarouge afin de détecter les zones éventuelles d’échauffements.
  •  en analysant les composants d’échantillons d’huile prélevés sur les parties sensibles d’une machine, il est possible d’éviter les usures anormales, les casses ou des arrêts de production…).
  • l‘installation de capteurs sur les canalisations d’eau permet de mesurer les variations du débit d’eau. Il est ainsi possible de repérer les dysfonctionnements pour prévenir les incidents et intervenir au bon moment.
  • Les infrastructures ferroviaires doivent faire l’objet d’une maintenance régulière, car il est préférable d’éviter les interruptions de trafic imprévues. En surveillant, à l’aide de capteurs connectés, l’usure et la température des rails, les points de soudure…, la maintenance prédictive permet de programmer les interventions et d’allonger la durée de vie des infrastructures.
  • La mesure permanente de données provenant des nombreux éléments des avions permet à Airbus ou à Boeing d’intervenir préventivement.
  • La plupart des machines-outils modernes comportent désormais des capteurs mesurant l’usure des pièces.
  • Une société de maintenance de broche a développé une puce qui permet de remonter les données temps, vibration, choc et courant sur l’entier d’un parc machine. Elle peut ainsi intervenir aux premiers signes avant-coureurs et éviter des arrêts machines.

La collecte et l’analyse des données provenant de différentes capteurs permettent donc de déterminer les facteurs de probabilité d’un défaut ou d’une usure. Résultat: le flux de production n’est pas freiné, l’arrêt non planifié est évité, et la productivité n’est pas impactée, elle est même optimisée. 

L’industrie 4.0 c’est ça … capter d’abord les données des machines puis les acheminer par millions et les traiter ensuite dans le « cloud » ou alors sur le « edge »  en temps réelle…. et tout ça dans un seul but: améliorer considérablement la productivité pour survivre demain.

Des milliards d’économie ?

L’industrie s’apprête à faire sa révolution. Un des changements clé sera la maintenance prédictive grâce à l’Intelligence artificielle et l’analyse des données issues des machines de production elles-mêmes.

Un important congrès a récemment eu lieu à Neuchâtel sous la houlette de la GESO, de sensor.ch et de la FSRM. Regroupant plus de 80 industriels, ce dernier congrès a montré l’intérêt industriel pour ce développement technologique qui fait appel à la révolution numérique. Les choses bougent : en Suisse aussi !

Cependant, la maintenance prédictive est une chose complexe et délicate. Pour l’instant c’est surtout l’industrie spatiale et celle de l’aéronautique qui l’utilisent. Les choses sérieuses ont aussi commencé à bouger ailleurs comme dans l’industrie automobile ou dans la machine-outil. Mais il faut le dire : la maintenance prédictive qui fait notamment appel à l’Intelligence Artificielle nécessite tout un processus de mise en œuvre du numérique composé de plusieurs étapes, qui peuvent toutes durer plusieurs années.

Faisons, pour finir, le point avec un spécialiste Valéry NAULA, responsable du portefeuille des services connectés chez BOBST :

D’abord il faut se poser la question de ce que nous voulons offrir aux clients comme service et à quel prix ? Il faut aussi être imaginatif dans le modèle économique qu’on lui propose car c’est un service qui va venir en plus de l’achat d’une machine. Est-ce une assurance risque, un contrat de maintenance ou de l’intervention à façon facturable ou encore une combinaison plus sophistiquée ?

Ensuite, il faut connecter les machines de telle sorte que l’on puisse récolter les données en grand nombre. Mais comme c’est un développement qui nécessite des systèmes numériques modernes capables de traiter ces données, il faut bien maîtriser le software ce qui n’est pas toujours évident pour des ingénieurs venant du hardware.

Enfin, il faut proposer des systèmes de maintenance aux clients et ici le prédictif est vraiment la dernière étape. Avant on pouvait proposer par exemple, des solutions de maintenance à distance. Chez BOBST, on a développé une solution de « Réalité Augmentée » qui permet à nos techniciens d’effectuer à distance avec le client ses réparations. Mais il y a d’autres possibilités d’aide dès lors que l’on a accès aux données fournies par les machines. Le problème avec le « prédictif » c’est qu’il faut trouver les bons algorithmes qui fassent mieux que l’homme, qui soient tellement flexibles que l’on puisse les utiliser dans beaucoup de cas. Imaginez que chez BOBST, on a un parc de 30 000 machines installées dont 2’500 sont connectées pour environ 1’000 types de machines différentes. C’est un défi complexe. Pour l’instant, on accumule du savoir et des données. Tout le monde doit passer par cette étape.

Tout l’enjeu de demain consistera à bâtir les algorithmes susceptibles de créer de l’intelligence autour de ces données. C’est là où l’implication des métiers est réellement centrale, car ce sont eux qui détiennent la connaissance des procédés de fabrication. Des modèles algorithmiques permettent de détecter des déviations par rapport au fonctionnement des machines. La mise en place de ces nouvelles solutions numériques soulève aussi la question de l’adaptation des processus et des équipes de maintenance. Une part importante doit être dédiée à la gestion du changement dans les équipes car la révolution du numérique est d’abord celle des hommes : les véritables révolutionnaires !

 

Horlogerie suisse : les volumes, en chute libre, annonciateurs de crise?

Ernst Thomke, l’un des pères de la Swatch, l’annonçait déjà dans les années 80, l’horlogerie suisse ne doit pas perdre les volumes. A savoir la capacité industrielle de produire des montres en grand nombre. Ce n’est pas seulement une question de rentabilité pour les marques mais surtout de posséder et de maintenir un appareil de production de qualité et rentable.

Inspiré notamment par l’évolution du marché de l’automobile…les horlogers suisses devraient à nouveau y songer en période de forte baisse des volumes (-9,1% selon le dernier communiqué de presse de la fédération horlogère). Dans l’automobile donc : « d’un produit haut de gamme avec fortes marges bénéficiaires qu’il était jusqu’à la fin des années 80, l’industrie est devenue désormais une commodité, au sens économique du terme, ce qui signifie que sa marge bénéficiaire est très faible, ce qui requiert donc de forts volumes de ventes », note le professeur Pineade à HEC Montréal.

Dans l’industrie automobile, les marges bénéficiaires sont de 15 %. Donc pour une voiture à 30 000 CHF, le fabricant gagnera un maximum de 4500 CHF. Ceci avant les rabais et autres frais, si bien que sa marge bénéficiaire nette tourne plutôt autour de 1 %. C’est 300 CHF pour un véhicule d’une valeur de 30 000 CHF !

Il faut donc vendre beaucoup de voitures et, pour ce faire, il faut produire beaucoup de publicité. C’est pourquoi près de 40 % des messages publicitaires diffusés à la radio et à la télé concerne les voitures !

Cette mutation de l’industrie a aussi eu des répercussions sur le parc automobile.

En Suisse le parc a doublé en 40 ans.

Pour la montre cela se complique. Il est difficile de vendre plus. Seul la Swatch dans les années 80/90 y a réussi … donc les horlogers ont choisi de vendre plus cher. En gros, les prix ont doublé depuis l’an 2000.

Mais on arrive à la fin de ce cycle.

Donc l’équation horlogère se complique : les volumes baissent et les prix stagnent !

Il va falloir changer : l’IA va peut-être amener une solution dans sa capacité d’invention de nouveaux modèles économiques

À suivre …

 

 

APPLE WATCH pour la vie !

La nouvelle application ECG (électrocardiogramme) disponible sur l’Apple Watch série 4 sauve des vies.

Jeudi 6 décembre, la firme de Cupertino a annoncé la disponibilité de l’application ECG sur l’Apple Watch. Les premiers tests outre-Atlantique prouvent l’efficacité de cette fonctionnalité.

En septembre dernier, la marque à la pomme présentait son Apple Watch Series 4. Enfin ce quatrième modèle correspond au produit imaginé par Steve Jobs. En effet, le fondateur d’Apple poussait le concept d’une montre connectée dédiée à la santé de ses utilisateurs.

La fonctionnalité ECG est le fruit de nombreuses années de travail. Depuis le 6 décembre dernier, elle peut être utilisée par les possesseurs de la dernière version de la montre d’Alpe. Déployée par le biais de la mise à jour Watch OS 5.1.2, celle-ci permet de suivre son rythme cardiaque et possiblement repérer les anomalies les plus communes dont la fibrillation atriale.

Les retours des utilisateurs ne se sont pas fait attendre. Sur Reddit, un internaute a fait part de son expérience au sujet de la nouvelle fonctionnalité. Selon le cardiologue qu’il a pris en charge, l’Apple Watch Series 4 lui a sauvé la vie.

Commençons par le commencement. L’utilisateur surnommé edentel sur Reddit s’est empressé d’installer la mise à jour du firmware de la montre connectée. Dans la foulée, il reçoit une notification : “rythme cardiaque anormal”. Méfiant, il lance l’application ECG. Résultat : la “montre détecte une fibrillation”.

edentel refait encore et encore le test, change de poignet, le fait faire à sa femme qui elle n’a pas de problème.

Maintenant inquiet, il se dirige vers le Patient First le plus proche (une chaîne de clinique privée spécialisée dans les urgences). Dans sa voiture il refait le test : toujours le même résultat. Il rentre dans la clinique et on lui demande ce qu’il ne va pas. Gêné, il évoque l’analyse produite depuis la nouvelle fonctionnalité de l’Apple Watch Series 4.

Le soignant qui lui pose la question réagit rapidement et lui fait passer un électrocardiogramme. Sur son écran, le technicien constate tout de suite un problème. “Je vais chercher le médecin« , dit-il au patient.

Le médecin entre dans la pièce et déclare : “ Vous devriez acheter des actions Apple. La fonctionnalité vous a probablement sauvé. J’ai lu un article à son sujet hier soir (le 6 décembre NDLR) et j’imaginerai que nous verrions les premiers patients concernés la semaine prochaine. Je ne m’y attendais pas dès ce matin”.

Le cardiologue qu’il a consulté par la suite a confirmé l’existence d’une fibrillation auriculaire, l’une des deux formes de fibrillation atriale. Finalement, il lui a fait prendre un rendez-vous afin de trouver la cause de ce dysfonctionnement cardiaque.

À titre de preuve, il a joint des captures d’écran de l’application ECG et les électrocardiogrammes effectués chez Patient First. Le capteur de l’Apple Watch Series 4 est précis : les courbes sont quasi identiques.

Nous regrettons déjà que la nouvelle fonctionnalité de l’Apple Watch Séries 4 ne soit pas disponible en Suisse.

Patience … les patiens suisses….cela devra être le cas d’ici quelques années…

 

sources: extrait de Objetconnecte.com et de reddit.com

Start-ups : la Suisse (tout entière) fait juste “jeu égal” avec Stanford !

Il y a un mythe qui persiste : La Suisse est un pays des start-ups ?

Est-ce vraiment vrai ? Que disent les chiffres ?

Les statistiques le démontrent … si en 2014, on a dénombré la création d’environ 260 start-ups dans toute la Suisse … et bien c’est relativement pas beaucoup car c’est un chiffre du même ordre de grandeur que celui de la seule Université de Stanford (225) qui ne compte pourtant que 16’000 étudiants comparés aux 240’000 étudiants des hautes écoles suisses !

Donc, la vérité est crue à entendre (ou à lire) … nous ne sommes pas du tout un pays de start-ups…

Bon alors, pourquoi tout le monde s’accorde à dire que la Suisse est fortement innovante ?

Qui innove si ce n’est pas les start-ups ?

Eh bien c’est l’industrie.

En effet avec un taux 21,3 %, le secteur secondaire/industriel se porte mieux qu’en France, Etats-Unis, Japon, Angleterre et même en Allemagne. (Voir l’article de la vie économique n° 7/8 2012).

On peut y lire que la Suisse face à la désindustrialisation a fait mieux que la plupart des pays dit industrialisés.

Donc, les experts sont formels : c’est plutôt grâce à l’industrie et à sa capacité d’innover que le pays détient cette image « innovante » qu’au développement des start-ups.

Qu’on se le dise.