Montres : le point sur la guerre du poignet

L’Apple Watch a été commercialisée il y a 4 ans et 4 mois

Son impact sur l’industrie horlogère suisse fait encore l’objet de controverse.

Mais voici ce que nous savons jusqu’à présent : les ventes de montres suisses – en entrée de gamme (moins de 200 CHF prix export) – ont chuté au détriment notamment de la flambée des ventes des montres connectées tandis que le segment du luxe a été largement épargnée.

Est-ce que cette tendance va se poursuivre ?

Oui et non !

Car on peut s’attendre à l’avenir : disons au cours des 5-10 prochaines années que les ventes de montres suisses d’entrée de gamme vont continuer à diminuer au profit des smart watches.

Les ventes de montres de luxe, tout particulièrement celles qui se vendent à moins de 5’000 CHF, diminueront également car l’histoire de la montre « santé » qui fait le succès actuel de l’Apple Watch va se poursuivre. Il faut voir que la santé capture désormais plus l’esprit (ou le cœur) des acheteurs que la simple montre « prestige ». Et donc une montre de luxe « santé » va certainement apparaître.

Une question demeure : y a-t-il une place pour une montre intelligente suisse à succès ?

Certainement.  Mais pour que cela se produise, il faudrait que les marques de luxe suisses abandonnent leur stratégie actuelle d’utiliser de poussiéreux O/S et des chipsets obsolètes (genre Intel) et faire un effort d’innovation soutenu pour apprendre à rivaliser dans ce nouveau monde.

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

4 réponses à “Montres : le point sur la guerre du poignet

  1. Sans faire d’anticipation démesurée, peut-on imaginer dans 20 ou 30 ans des gens avec au poignet une montre bracelet (en or, en platine, avec cuir ou croco …) mécanique avec des aiguilles désuettes qui se courent après? Dans un monde moderne, connecté, avec des drones ou des transports de marchandises automatisés, des véhicules autonomes … Peut-être encore quelques touristes égarés venus d’un autre continent, d’un autre temps ? (c’est déjà le cas maintenant, grosse voiture, SUV ou voiture de sport polluante et bruyante, grosse montre, attitude et look ringards, dépassés, totalement hors du temps et hors évolution, en retard). Et nos manufactures continuent de sponsoriser la F1, les courses de moto, les avions de voltige, les hors-bords et j’en passe … La Suisse doit être innovante, dans l’air du temps, à l’heure ou en avance de préférence!

    1. @BOTREND

      Bien sûr qu’on peut imaginer ça. Il y a bien, encore aujourd’hui, des gens qui portent des montres de poche, en or, avec répétition minute, etc. Il y a même des gens qui coninuentintent de monter à cheval, alors même que le cheval est une technologie completement obsolète. Il y a des milliers de gens qui font de la voile, alors que la marine est devenue économiquement obsolète. Ce qui était utilitaire et quotidien est devenu un luxe, ou un sport. Il en sera de même pour les belles montres mécaniques.

    2. Je corrige les coquilles:

      Bien sûr qu’on peut imaginer ça. Il y a bien, encore aujourd’hui, des gens qui portent des montres de poche, en or, avec répétition minute, etc. Il y a même des gens qui coninuent de monter à cheval, alors même que le cheval est une technologie completement obsolète. Il y a des milliers de gens qui font de la voile, et se ruinent pour participer au bol d’or ou à la coupe de l’America, alors que la marine à voile est devenue économiquement obsolète.

      Ce qui était utilitaire et quotidien est devenu un luxe, ou un sport. Il en sera de même pour les belles montres mécaniques.

  2. Merci pour vos réflections très lucides comme d’habitude. Je me rappelle en effet les années 60 quand tous les patrons de l’horlogerie méprisaient la montre à quartz produite par les Japonais. Résultat ils ont tous plongé et quand ils ont été en totale panique ils ont accepté de vendre, avec l’aide des banques, le secteur entier (ASUAG et SSIH) à Nicolas Hayek, que la plupart l’entre eux considéraient comme un métèque.

    C’est certain qu’on devrait s’intéresser à ces nouveaux produits et l’industrie suisse en a la capacité. Mais en tous cas, moi, jamais je ne porterai une de ces saloperies connectées à mon poignet.

    Toujours un plaisir de vous lire.

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