les guerres du 21ème siècle ont déjà commencé : sans soldat !

Cette semaine le monde a basculé : un drone abattu a déclenché une cyberattaque.

Le 20 juin dernier, l’Iran a été capable d’abattre un drone américain. Celui-ci appartient à la famille des Global Hawk qui sont les drones de reconnaissance historiques américains. Des engins capables d’espionner les communications au sol depuis une altitude de près de 20 km. Le RQ-4A Global Hawk qui survolait les eaux internationales selon Washington, a une envergure similaire à celle d’un Boeing 737. Il est bien plus imposant et lent que les très redoutés drones Predator ou Reaper utilisés par l’armée américaine pour des missions d’attaques ciblées.Ces drones volent lentement à dessein car leur objectif est de collecter autant d’informations que possible. C’est en fait, un avion espion sans pilote.

Le 21 juin après avoir hésité, le président américain Donald Trump a annulé en dernière minute des frappes aériennes contre l’Iran après la destruction de ce drone de surveillance. Il a en revanche autorisé secrètement des représailles sous forme de cyberattaque contre les systèmes de défense iraniens, ont affirmé Yahoo ! News et leWashington Post.

Selon le Washington Post, une des cyberattaques a visé des ordinateurs servant à contrôler des lancements de missiles et de fusées. Selon Yahoo ! News,l’autre attaque informatique a frappé un réseau d’espionnage chargé de surveiller les passages de navires dans le détroit d’Ormuz.

On savait que des avions sans pilote –les drones– pouvaient espionner, attaquer et éventuellement se défendre …on savait aussi que de petits programmes d’ordinateurs – les bots– étaient capables de détruire d’autres ordinateurs, des capteurs ou encore des dispositifs électroniques… mais ce que l’on n’avait jamais vu c’est cet échange d’attaques sans soldat.

Bref, il faudrait en Suisse réaliser un peu ce qui se passe militairement dans le monde avant d’acheter quelques avions de combat…car les nouvelles guerres du 21èmesiècle seront des guerres sans soldat. Pour un pays qui a basé sa défense sur la milice : le citoyen/soldat c’est une révision déchirante auquel il va falloir s’atteler !

Que nos états-majors militaires suisses méditent un peu la chose.

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

Une réponse à “les guerres du 21ème siècle ont déjà commencé : sans soldat !

  1. Compte tenus des épisodes précédents, la cyber guerre était déjà un état de fait des années avant cet énième déclaration de Trump qui aboie fort mais n’a pas encore mordu , tenu en laisse par des généraux plus raisonnables sachant parfaitement que les USA ne sont pas menacés par des armes classiques.
    Dans ce contexte, il est d’autant plus surprenant que la Suisse passe son temps à évaluer des avions de combat parfaitement inutiles en dehors de la police aérienne et qui ferait mieux d’investir dans la défense 4.0 (ou contre attaques) que de s’appuyer sur des des armes du XX ème siècle dépassées .
    Il serait temps de comprendre qu’il est indispensable de bâtir des forteresses numériques à l’instar des forteresses du MA ou l’on puisse stocker nos valeurs et nos données sensibles (stratégiques, administratives, médicales, financières , …) .
    Nos petits soldats restent figés dans une posture désuète parce qu’ils n’ont pas compris que les avions d’aujourd’hui sont pilotés par des logiciels. Le F35, par exemple, est complètement piloté par software et intégré au réseau informatique de l’OTAN , donc parfaitement vulnérable à des cyber attaques qui ne manqueront pas de survenir dans les années futures , ne serait-ce que pour les clouer au sol !
    Ce manque de vision est couteux pour notre sécurité qui dépend de plus en plus des outils numériques et des spécialistes qui les maitrisent , alors que les pilotes ne font que suivre les indications ou choisir un plan de vol tandis que les ordinateurs de bord calculent cent mille fois plus vite !

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