La délocalisation/désindustrialisation de l’industrie suisse 

Une entreprise industrielle sur deux pense à délocaliser dans les trois prochaines années ou à externaliser ses activités à l’étranger, selon une enquête du “Swiss Manufacturing Survey” réalisée par l’Université de Saint-Gall (2018).

De plus, le nombre d’entreprises du secteur secondaire (hors construction) ne cesse de baisser ces dernières années : 44’648 en 2014, 43’913 en 2016 pour env. 43’000 aujourd’hui (source : OFS).

Ce n’est pas énorme mais c’est tout de même une lente érosion.

Que faire ?

A ce double mouvement de délocalisation/désindustrialisation, les autorités semblent totalement démunies. Et pourtant, il y a quelque chose à faire : accélérer la révolution numérique en favorisant la mise en place d’une industrie 4.0.

Pour ce faire, il faut d’abord changer le « logiciel » des stratégies de formations tertiaires notamment les HES mais aussi celle de la filière apprentissage ou les aides publiques comme « Innosuisse ». Penser numérique, c’est la seule porte de salut. C’est donc enseigner les algorithmes, le codage et le machine learning. Aujourd’hui, le software est aussi important que le hardware. C’est une transformation profonde de notre système de formation auquel il faudrait s’atteler. Cela n’arrive qu’une fois à chaque révolution industrielle. Il faut s’y préparer immédiatement.

Car l’industrie 4.0 est aussi une chance pour les emplois de demain et pourrait aussi favoriser une industrie locale. La 3D, l’IA et l’IoT sont par exemple des technologies de proximité.

On pourrait donc assister à une relocalisation des entreprises si l’on est capable collectivement de relever le défi du numérique.

À l’image d’Adidas qui a re-localisé une usine 4.0 en Bavière ou de Novartis à Stein-am-Rhein, on constate que des usines ultra-modernes reviennent sur les territoires à haute valeur ajoutée  (ceux à salaires élevés) parce que la 4ème révolution industrielle a besoin de gens hautement qualifié pour faire marcher ses usines (Adidas et Novartis ont fermés des usines ailleurs en Asie et en Europe pour faire ce “move”)

La solution passe par le numérique. Il faut donc accélérer le mouvement !

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

2 réponses à “La délocalisation/désindustrialisation de l’industrie suisse 

  1. Je dois dire que les réflexions de Xavier Contesse, à part celles que je trouve carrément effrayantes, comme quand il préconise de confier la médecine à des robots, sont toujours dignes d’intérêt.

    Il y a tellement d’idéologues gnangnans dans ces blogs…. Au moins Xavier Contesse, même avec son petit côté icinoclaste et par moments cabotin, nous parle de problèmes réels.

    N’étant pas moi même familier de toutes ces questions de digitalisation je ne suis pas sûr de saisir exactement le propos, mais il me semble que Xavier Contesse met le doigt sur l’essentiel, contrairement à tant de fumistes baratineurs du genre Jeremy Rifkin. Il est bien évident que cette évolution “digitale” est aussi inévitable que l’était la “mule jenny” vers 1810. Il va falloir en passer par là.

    Xavier Contesse, un esprit parfois dérangeant mais lucide.

  2. Oh pardonnez moi, comme dirait Darius Rochebin. C’est Comtesse avec un M. Toutes mes excuses posthumes au conseiller fédéral Comtesse et à toute la famille. Je ne sais pas pourquoi je pensais que le nom de famille Comtesse s’écrivait avec un N. Je me suis couvert de honte. Je suis navré.

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